20 novembre 2006

Les mots (maux) de la campagne (3)

Le mot populiste a envahi le discours des médias dominants et des politiques. Il est toujours utilisé par les uns pour susciter la peur et par les autres pour discréditer un adversaire. Ce concept est-il bien assuré ? Une exploration de la littérature et de ses usages permet de répondre par la négative.

Une catégorie non-fondée

Alors que le mot populiste apparaît pour la première en Russie en 1870, il ne fait fortune que dans les années 1980. Aujourd'hui, il est utilisé pour désigner une pléiade de partis : le FTÖ de Jörg Haiger en Autriche, la Ligue du Nord d'Umberto Bossi en Italie, la liste de Pim Fortuyn aux Pays-Bas, le SVP de Christoph Blücher en Suisse, le VlaamsBlock en Belgique, le Dansk Folkeparti au Danemarck, etc. Les plus polémistes l'applique non seulement aux organisations d'extrême droite, mais à celles d'extrême gauche voire à tous les mouvements contestataires.

Margaret Canovan reconnaissait en 1981 que populisme est l'un des mots "les plus confus du vocabulaire de la science politique" [1].
Guy Hermet admet en 2001 que "Ceux qui étudient le populisme s'accordent sur un seul point. Tous reconnaissent la difficulté, voire l'impossibilité de lui trouver une définition..." [2].
Seul un idéologue, comme Pierre-André Taguieff, ose écrire une définition en 2004 : "Le populisme peut être sommairement défini par l'acte de prendre publiquement le parti du peuple contre les élites, ou par l'appel au peuple sans la médiation des instances représentatives." [3].

Un usage polémique

Alain Duhamel fournit un exemple récent de l'usage de ce discours tautologique. Il reproche aux politiques de galvauder le terme populiste et céder à la facilité de cette injure alors que "le populisme gagne chaque année du terrain et témoigne ainsi que la crise de la démocratie représentative s'approfondit".
Faute d'une définition, il utilise le langage hygiéniste, courant dans le milieu journalistique. Pour lui, le populisme serait une terrible maladie contagieuse qui "progresse spectaculairement" et "envahit de plus en plus l'Europe de l'Est, Biélorussie comme Ukraine, Slovaquie comme Hongrie ou Roumanie", mais s'arrête miraculeusement "à nos frontières".
En effet, Alain Duhamel veille : "Pour ceux qui seraient tentés de relativiser les dangers du populisme, on peut rappeler que les Français sont aujourd'hui, au sein de l'Union européenne, le peuple le plus pessimiste sur son destin, sur son identité et sur son avenir. En ce sens, la montée du populisme ne constitue ni une surprise ni certes une maladie vénielle." [4].

Injure à la mode

Une recension de l'usage du terme populisme dans l'actualité récente est révélatrice d'un courant dominant. Il est utilisé par les journalistes dans le cadre d'un discours de dénonciation d'un danger imaginaire et par les politiques sur le mode de l'injure.
On enregistre, dans les pages actualités de Google, 386 occurrences pour le terme "populisme" entre le 19/10/2006 et le 18/11/2006 ; 235 occurrences pour les termes "populisme Ségolène" entre le 20/10/2006 et le 18/11/2006. Ce qui marque une affinité particulière de Marie-Ségolène Royal à utiliser ce qualificatif contre Sarkozy [5].

À cette occasion, on remarque encore l'usage du copier-coller réalisé par les journalistes à partir d'une dépêche d'agence. Certains citent explicitement la source, d'autres implicitement (PARIS) et d'autres la passent sous silence. Tous reprennent mot pour mot le titre et le contenu de la dépêche [6].

Cette catégorie politique, au contenu incertain et arbitraire, se situe dans le registre de l'imprécation pour stigmatiser ceux qui perturbent le jeu politique convenu. Elle sert de contre-feu à tous ceux qui défendent l'ordre établi [7].

Serge LEFORT
20 novembre 2006

[1] CANOVAN Margaret, Populism, Harcourt-Brace Jovanovitch, 1981.
[2] HERMET Guy, Les populismes dans le monde - Une histoire sociologique XIXe-XXe siècle, Fayard, 2001.
Il ajoute cependant : "... capable de couvrir ce que peuvent avoir de commun ses manifestations si diverses dans le temps et dans l'espace." L'auteur consacre ainsi 450 pages à décrire les manifestations d'un phénomène qu'il ne définit jamais, sinon par ses manifestations.
[3] TAGUIEFF Pierre-André (dossier réalisé par), Le retour du populisme - Un défi pour les démocraties européennes, Encyclopaedia Universalis, 2004.
Cette pseudo-définition, non partagée par les auteurs de l'ouvrage, lui permet de désigner ses ennemis au gré de ses humeurs.
[4] Alain DUHAMEL, La contagion du populisme, Libération, 08/11/2006.
Très présent dans tous les médias dominants (presse, radio et télévision), il utilise le ton de l'autorité ponctué par des marqueurs sémantiques de la fausse évidence : "c'est un fait peu contestable", "cela va de soi", "bien entendu". Sa définition par défaut du populisme est savoureuse :
Car, bien entendu, la France échappe de moins en moins à l'emprise du populisme, avec son cortège de dénigrement systématique des élites, coupables de tous les échecs, de toutes les régressions mais jamais gratifiées des progrès ou des succès, avec aussi sa violence verbale, son autoritarisme diffus, sa démagogie affleurante, ses simplifications délibérées. Elle témoigne, cela va de soi, de ce qui est vécu comme autant de menaces, de pressions, de régressions, de dangers, de doutes, même si la réalité est infiniment plus complexe : la mondialisation, le capitalisme financier, les délocalisations, ces décisions mystérieuses et funestes prises de l'extérieur, la dépossession du pouvoir national, la persistance du chômage, l'augmentation de la précarité, la vulnérabilité face aux violences physiques, sociales, culturelles, l'essaim terrible des insécurités, l'impasse redoutée de l'intégration, de l'ascension sociale, de l'espérance. Depuis une génération, l'humus français porte en lui les germes du populisme. La pratique institutionnelle de la Ve République en dramatise encore les risques avec les blocages éternels du dialogue social, l'absence aberrante, archaïque, destructrice, de tout contrôle de l'action présidentielle et gouvernementale par le Parlement. Donc avec la confusion des pouvoirs soudés derrière un exécutif omnipotent donc fragile. Avec enfin l'absence de transparence et le refus d'une communication démocratique sur les décisions et les initiatives de ceux qui gouvernent.
[5] Recherche "populisme", Google.
Recherche "populisme Ségolène", Google.
[6] Journalisme copier-coller :
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie", Reuters.fr - 22 oct 2006PARIS (Reuters) - Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d'un...
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie", Boursier.com - 22 oct 2006PARIS (Reuters) - Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d'un...
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie, L'Express - 22 oct 2006Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d'un ministre en exercice...
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie", Capital.fr - 22 oct 2006PARIS (Reuters) - Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d'un...
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie", La Tribune.fr - 22 oct 2006PARIS (Reuters) - Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d'un...
• Royal accuse Sarkozy de "populisme" et de "déni de démocratie", Challenges - 22 oct 2006PARIS (Reuters) - Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité et estime que les promesses électorales d'un...
• Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie", Romandie.com - 22 oct 2006PARIS - Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité. La candidate socialiste à la...
• Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie", Bluewin - 22 oct 2006Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité. La candidate socialiste à la présidentielle...
• Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie", TSR.ch - 22 oct 2006PARIS - Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité. La candidate socialiste à la...
• Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie", La Liberté - 22 oct 2006PARIS - Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité. La candidate socialiste à la...
• Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie", Armées.com - 22 oct 2006Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de "populisme" sur la question de la sécurité. La candidate socialiste à la présidentielle...
[7] Lire :
• COLLOVALD Annie, Le «Populisme du FN» un dangereux contresens, Éditions du Croquant, 2004.
• COLLOVALD Annie, «Populisme : la cause perdue du peuple» in MATONTI Frédérique (sous la direction de), La démobilisation politique, La Dispute, 2005.

Le symptôme MSR

106 839 adhérents du parti socialiste, soit 60,62 % des suffrages exprimés, ont voté en faveur de Marie-Ségolène Royal. Que signifie ce plébiscite ?

Décomposition du PS

Le parti socialiste n'a pas survécu à la défaite historique de Lionel Jospin le 21 avril 2002. Pour éviter de faire le bilan de cet échec, il a préféré appeler à voter au deuxième tour pour Jacques Chirac, pourtant qualifié d'escroc. En mars 2005, il a renouvelé la même alliance avec la droite en appelant à voter pour le référendum de la Constitution européenne. Les électeurs ne l'ont pas suivi dans cet ultime renoncement.

Le parti socialiste n'a pas voulu voir que ce nouvel échec traduisait non pas un rejet de l'Europe, mais d'une Europe ancrée dans le dogme du néo-libéralisme. Il est vrai que, une fois de plus, les opposants de gauche à cette politique antisociale n'ont pas su capitaliser la victoire du non, Empêtrés dans d'interminables querelles de chapelles, ils ont donné prise à l'argument assassin de l'hétérogénéité des non. Les médias dominants ont massivement relayé ce message.

Une candidature médiatique

Les mêmes ont volé au secours d'un parti socialiste en pleine décomposition en soutenant la candidature de Marie-Ségolène Royal [1]. Le rouleau compresseur de l'industrie de la presse, des radios, des télévisions et des instituts de sondages ont quotidiennement accrédité la thèse d'un duel Sarkozy-Royal au deuxième tour de l'élection qui n'aura lieu qu'en 2007.

Cette stratégie allait dans le sens du coup d'État opéré par le couple Royal au sein du PS. Monsieur gardait la main sur l'appareil et Madame se présentait avec comme seul programme "Je suis une femme". La pression médiatique et l'absence d'une offre politique crédible dans les rangs de la gauche du PS a fait que Marie-Ségolène Royal soit sacrée le 16 novembre.

Les non-dits

Pour la direction du parti socialiste, la candidature de Marie-Ségolène Royal sur son seul nom avait l'avantage de taire les échecs passés et d'évacuer tout débat sur son alignement au néolibéralisme et son absence de programme.

De plus en plus coupé des réalités sociales du pays, le parti socialiste préférait surfer sur la vague des sondages en faveur de Marie-Ségolène Royal et sur les commentaires dithyrambiques des médias dominants en sa faveur.

Une victoire logique

Mais il restait encore trop de socialistes au PS. Pendant que Madame mobilisait les foules à coups de slogans démagogiques, Monsieur ouvrait les portes à des adhérents recrutés sur Internet à 20€. Il a retenu les leçons de Joseph Staline, qui avait noyé les vieux militants bolcheviques sous le flot de nouveaux adhérents dévoués à sa personne.

Cette logique implacable, liée à l'opportune diffusion d'une vidéo qui transformait la sainte en victime de la malveillance, forcément machiste, d'un concurrent, lui a assuré la victoire. Ce plébiscite renforce sa détermination à s'abstraire de tout programme pour ne promouvoir que la version féminine du culte de la personnalité.

La victoire de Marie-Ségolène Royal n'est que le symptôme du pourrissement d'un parti, dévoué aux intérêts du capitalisme néo-libéral. Elle signe une fuite en avant vers les pires dérives démagogiques de celle qui clame : "C'est le peuple qui m'a faite".

Serge LEFORT
20 novembre 2006

[1] Un exemple parmi beaucoup d'autres du soutien des médias dominants en faveur de Marie-Ségolène Royal :
En moins d'un an, la présidente de la région Poitou-Charentes a renvoyé Lionel Jospin à ses chères études, le forçant à faire ce qu'il avait dit qu'il ferait le soir du 21 avril 2002 : se retirer de la vie politique ; elle a obligé Dominique Strauss-Kahn à assumer franchement son étiquette sociale-démocrate, poussé Laurent Fabius à aller jusqu'au bout de sa ligne « à gauche toute » dans laquelle il s'est totalement fourvoyé. Elle a parlé sans tabou des 35 heures, de la sécurité et de la carte scolaire, introduit dans la vulgate socialiste des termes iconoclastes comme « l'ordre juste », et imposé au Parti socialiste d'entreprendre la mue idéologique qu'il ne parvenait pas à mener depuis son échec historique de 2002.
[...]
Sa légitimité s'est d'abord construite dans les sondages, puis chez les sympathisants du PS avant d'être massivement confirmée par les militants, qui se sont en quelque sorte alignés sur la demande de l'opinion, avec la neutralité bienveillante du premier secrétaire, François Hollande, qui n'est autre que son compagnon. En un an, le parti a ainsi accouché au forceps d'une nouvelle doctrine, le « ségolisme », qu'on peut aussi très bien appeler le « royalisme ».
Françoise Fressoz, Royal contre Sarkozy, c'est Jeanne d'Arc contre Bonaparte !, Les Échos, 20/11/2006.

17 novembre 2006

Les mots (maux) de la campagne (2)

Le mot peuple est à la mode dans le discours politique contemporain. Mais à quoi se réfère-t-il et de qui parle-t-on ? L'analyse de l'usage qu'en a fait Marie-Ségolène Royal dans son discours d'hier est un exemple concret des ambiguïtés d'une notion floue.

Dans les démocraties représentatives, le peuple n'est qu'une figure de style destinée à masquer la confiscation du pouvoir exercé "au nom du peuple". Alors que ce modèle subit une crise profonde de légitimité en Europe et dans le monde, les politiques ont de plus en plus souvent recours à cette figure mythologique pour mobiliser les foules en masquant leur programme à géométrie variable, mais toujours inscrit dans l'ordre mondial du néolibéralisme.

Les travaux de François Furet sur la Révolution française [1] restent incontournables pour comprendre comment le peuple fut dépossédé du pouvoir alors qu'il fut l'artisan de l'abolition de la Monarchie. Ceux de Claude Lefort sur la bureaucratie stalinienne [2] apportent des compléments indispensables pour en analyser les mécanismes à l'époque moderne. Ceux enfin de Robert Michels sur les partis [3] permettent d'en généraliser le processus à l'époque contemporaine.

L'appel au peuple est, depuis quelques années, une constante du discours politique pour relégitimer le modèle de la démocratie représentative que les politiques ont pour fonction de masquer, mais qui est devenu inopérant pour répondre à l'accroissement des tensions sociales provoquées par l'économie néolibérale.

L'aporie de discours vient du fait que cette catégorie politique résulte d'une construction au contenu polysémique. Tantôt elle évoque le peuple (populus) dans son acception nationale, tantôt le peuple (plebs) par substitution au terme connoté de classes populaires.
Dans les premier cas, la notion de peuple exclut tous ceux qui vivent sur le sol national, mais sont étrangers ou considérés comme tels parce que issus de l'immigration postcoloniale par exemple.
Dans le second cas, les critères d'inclusion sont variables : la seule classe ouvrière pour les plus dogmatiques ; à laquelle s'ajouteraient les employés, les petits artisans, les petits commerçants et les petits paysans pour d'autres ; le cas des chômeurs et des exclus demeurant souvent problématiques [4].

Face à un concept aussi hétérogène, chaque cas d'acception doit être examiné séparément en évitant bien sûr les généralisations abusives. L'actualité d'hier offre l'occasion d'étudier ce que recouvre ce terme pour Marie-Ségolène Royal.
Au soir de son élection par les militants socialistes, elle a notamment déclaré :
Je mesure aussi que le fait de recevoir cet élan, d'être choisie de cette façon-là, c'est quelque chose d'extraordinaire. Je pense que le peuple français a écrit cette histoire. C'est le peuple qui s'est mis en mouvement, ce sont les militants de base qui se sont mis en mouvement et qui aujourd'hui me donnent cette force, me donnent cet élan.

Je voudrais leur dire qu'ils ne seront pas déçus, que nous allons construire ensemble quelque chose d'extraordinaire, que la France va écrire une nouvelle page de cette histoire et que c'est le peuple français qui est en train d'écrire cette histoire.

[...]

Nous avons six mois de travail devant nous. Ces six mois vont être utilisés de façon intensive, de façon participative. Je vais, avec les militants socialistes, remettre le peuple français au coeur du projet des socialistes pour le mettre en mouvement, pour apporter des précisions, pour dire dès aujourd'hui ce que nous ferons demain si les Français m'accordent leur confiance.

L'usage qu'elle fait du terme "le peuple" paraît au premier abord assez vague pour laisser la place à des interprétations contradictoires. C'est vraisemblablement le but recherché par celle qui esquive les débats de fond. Néanmoins, le recours récurrent à l'adjectif "français" lève toutes ambiguïtés.

La catégorie politique à laquelle se réfère Marie-Ségolène Royal a un contenu strictement national et réduit à la portion congrue des Français dits "de souche". La question centrale aujourd'hui de la place des Français issus de l'immigration postcoloniale est volontairement évacuée. "La France", qu'elle évoque avec emphase, est plus mythique que réelle.

Ce discours démagogique de fin de campagne à l'investiture du parti socialiste et de pré-campagne électorale révèle un autre aspect significatif des conceptions de la candidate. Mis dans son contexte, "le peuple français" de Marie-Ségolène Royal "qui est en train d'écrire cette histoire" ne représente aujourd'hui que les 106 839 "militants de base" qui l'ont plébiscité. Ce qui exclut beaucoup de monde.

Elle compte bien sûr s'appuyer sur cette base pour conquérir les foules. Mais derrière le discours rassembleur se profile une deuxième exclusion. Le peuple de Madame Royal est l'agrégat de tous ceux qui adhèrent à sa personne. Les autres sont les ennemis du peuple. Cette dialectique inclusion-exclusion est logique et nécessaire pour galvaniser les troupes sur son nom.

Serge LEFORT
16 novembre 2006



[1] FURET François, Penser la Révolution française, Gallimard, 1978.
[2] LEFORT Claude, Eléments d'une critique de la bureaucratie, Gallimard, 1979.
[3] MICHELS Robert, Les partis politiques - Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties, Flammarion, 1971.
[4] Serge Lefort, Le prolétariat en question (1) - Le prolétariat en question (2).
L'analyse marxiste n'est pas d'un grand secours, car Marx a beaucoup varié sur cette question et ses analyses divergent selon qu'il parle de catégories économiques ou politiques.

15 novembre 2006

Les mots (maux) de la campagne (1)

Les médias dominants ont unanimement qualifié de "pirate" la vidéo, mise en ligne le 8 novembre, montrant une intervention publique de Marie-Ségolène Royal. Ce qualificatif est-il justifié ? Qui l'a utilisé la première fois et à partir de quelle source ? Pourquoi s'est-il imposé ?

Un qualificatif injustifié

Le mot pirate renvoie, à l'origine, aux aventuriers qui sillonnaient les mers pour piller les navires de commerce. Si, grâce à la littérature et au cinéma, les pirates sont devenus des personnages plutôt sympathiques, le terme a gardé aussi son pouvoir d'épouvantail, symbolisé par l'emblème de la tête de mort. Comme le loup des contes de notre enfance, le pirate est une figure qui suscite la peur.

L'époque moderne a réactualisé cette image terrifiante : "pirate de l'air" et "pirate informatique". Ces expressions évoquent une personne qui utilise des moyens criminels, voire terroristes dans le cas du pirate de l'air.
Utilisé comme adjectif ou comme substantif complément, le pirate désigne un objet illégal. Ce fut le cas des radios qui émettaient sans autorisation dans les années 1970 et qui furent légalisées en 1981.

Le qualificatif de pirate est donc double : la personne (un individu dangereux) et l'objet (illégal). Il sert ici à désigner à la fois la personne (ou le groupe) qui se cache derrière le pseudonyme de Jules Ferry et l'objet (la vidéo qui serait «tronquée ou séquencée de manière à détourner les propos de» Marie-Ségolène Royal [1]). Or, l'examen des faits, connus à ce jour, montrent qu'il s'agit d'une accusation fausse à propos de l'objet et polémique vis-à-vis de l'auteur de la diffusion. Elle vise à éviter un débat sur le contenu des propos publics de la candidate à la candidature.

Une source masquée

C'est dans une dépêche AFP que l'expression "vidéo pirate" fut utilisée la première fois [2]. Elle fut reprise unanimement par les médias dominants à l'exception notable du Monde.

L'AFP puise ses informations auprès de sources dites "autorisées" : agences gouvernementales, organisations représentatives, etc. En théorie, l'information est recoupée auprès de plusieurs sources pour garantir son authenticité. Cette pratique tend à se perdre, sauf dans les affaires sensibles, car la logique de la loi de la demande (dictature du marché) exige une réaction "en temps réel". La seule source fut le parti socialiste ou du moins la fraction qui soutient la candidature de Marie-Ségolène Royal : Serge Bardy, secrétaire fédéral du Maine et Loire, et Gilles Savary, un des porte-parole de la candidate.

On observe que l'AFP a reproduit la thèse du clan ségoliste sans préciser explicitement qu'il s'agissait d'un plaidoyer pro domo, sans mettre en doute les accusations, sans s'interroger sur l'absence de preuves et sans mettre en perspectives cette version des faits. Ainsi, le point de vue, forcément partiel et partial, de l'état-major de Marie-Ségolène Royal est promu au statut d'information certifiée par l'entremise de la très "respectable" AFP.

Des médias perroquets

Ensuite, le processus suit son cours habituel. L'industrie de médias dominants reprennent ce matériau pour construire les journaux écrits, parlés et télévisés. La presse écrite se contente le plus souvent de reproduire les dépêches d'agence sans toujours citer explicitement la source ou, de plus en plus rarement, en citent des passages comme preuves dans le corps d'un article.

Les journalistes, qui pratiquent allègrement le copier-coller, n'ont ni la volonté ni le temps de prendre le recul nécessaire pour se poser des questions. Ils éditent leur unique source, considérée comme "fiable". Ainsi, le lecteur non averti lit, dans son quotidien ou son hebdomadaire favori, les dépêches AFP mises au format typographiques du support.

L'effet boule de neige d'une pseudo-concurrence fait le reste. Tout le monde en parle. La magie de l'information-spectacle transforme une simple dépêche en produit sacralisé par Patrick Poivre d'Arvor et consorts. Ce qui n'était au départ qu'unun communiqué du PS devient, via l'AFP puis les médias dominants, une information digne de foi. Les malheureux, qui osent poser des questions, sont discrédités parce que non professionnels.

Bien évidemment, l'industrie de l'information se moque des idées de Marie-Ségolène Royal. Elle peut dire une chose un jour et son contraire le lendemain, l'essentiel est qu'elle fasse vendre. Or, elle représente un très rentable produit d'appel (gratuit) pour les écrans publicitaires (payants). La boucle est bouclée.

Serge LEFORT
15 novembre 2006

[1] Arnault Coulet, Pirates de l’information politique : votez + clair ! et roulez jeunesse..., Agora Vox
[2] Enseignants : une vidéo pirate de propositions de Royal sur internet, AFP, 10/11/2006, 11h49.
Une vidéo pirate sur les profs de collège pourrait nuire à Ségolène Royal, AFP, 10/11/2006, 14h04.

96 documents contenant les mots "pirate Royal". Source : Pressedcom
• 13/11/06 17:08 Sondages, cassettes vidéo... la tension monte au PS avant le vote AFP Multimédia
• 13/11/06 16:21 "Des centaines de mails " d'enseignants en colère après la vidéo de Ségolène Royal, selon le Snes AFP Fil Général
• 13/11/06 09:40 Strauss-Kahn: "condamnable d'accuser sans preuve" sur l'origine de la vidéo AFP Fil Général
• 13/11/06 09:10 Vidéo pirate de Royal: Strauss-Kahn déplore "qu'on accuse sans preuve" AFP Multimédia
• 13/11/06 08:46 Hollande pronostique "80% de participation" lors du vote militant AFP Fil Général
• 13/11/06 08:25 Primaire PS: Hollande pronostique "80% de participation" AFP Multimédia
• 13/11/06 Vidéo de Royal : encore du triturage FAR : L'Indépendant
• 13/11/06 PS : Une fin de campagne à couteaux tirés FAR : Le Bien Public
• 13/11/06 Ca passe où ça casse ! FAR : Le Bien Public
• 13/11/06 Royal en pleine tempête FAR : La Montagne
• 13/11/06 « Il y a un risque très sérieux de ballottage, il faut l'éviter à tout prix. » FAR : Le Journal de Saône et Loire
• 13/11/06 Election présidentielle 2007. Ségolène Royal s'explique, après la vidéo pirate La Croix
• 13/11/06 Vidéo longue mais incomplète sur le site PS de Maine-et-Loire FAR : La Nouvelle République du Centre Ouest
• 13/11/06 Ségolène Royal pugnace FAR : Midi Libre
• 13/11/06 Internet, toile de fond de la campagne FAR : La Charente Libre
• 13/11/06 Express FAR : L'Union L'Ardennais
• 13/11/06 Enseignants : Ségolène Royal riposte FAR : La Nouvelle République du Centre Ouest
• 13/11/06 L'Éducation s'invite dans le débat du PS FAR : Ouest France 1 u
• 12/11/06 18:36 Ségolène Royal: "Ma légitimité n'est plus contestable" après les débats PS AFP Multimédia
• 12/11/06 15:35 Royal : "Ma légitimité est incontestable" NouvelObs.com
• 12/11/06 13:02 Vidéo Royal: version longue mais pas complète sur le site PS Maine-et-Loire AFP Fil Général
• 12/11/06 12:05 DSK: un second tour, gage de la prise en compte de tous les avis AFP Fil Economique
• 12/11/06 11:07 DSK croit "sérieusement" à un second tour au PS NouvelObs.com
• 12/11/06 10:02 DSK: un second tour, gage de la prise en compte de tous les avis AFP Fil Général
• 12/11/06 00:00 La riposte de Ségolène FAR : Le Dauphiné Libéré
• 12/11/06 00:00 Ségolène Royal contre-attaque FAR : Le Dauphiné Libéré
• 12/11/06 00:00 Ségolène Royal contre-attaque FAR : Le Dauphiné Libéré
• 12/11/06 00:00 Ségolène Royal contre-attaque FAR : Le Dauphiné Libéré
• 12/11/06 Médias FAR : L'Indépendant
• 12/11/06 Médias FAR : L'Indépendant
• 12/11/06 Médias FAR : L'Indépendant
• 12/11/06 L'affaire Royal révèle l'impact d'internet La séquence vidéo dans laquelle Ségolène Royal "propose" les 35 h pour les enseignants des collèges, a été visionnée par des centaines de milliers ... FAR : L'Indépendant
• 12/11/06 Médias L'Indépendant
• 12/11/06 L'affaire Royal révèle l'impact d'internet La séquence vidéo dans laquelle Ségolène Royal "propose" les 35 h pour les enseignants des collèges, a été visionnée par des centaines de milliers ... L'Indépendant
• 12/11/06 Médias L'Indépendant
• 12/11/06 Médias L'Indépendant
• 12/11/06 Vidéo sur les profs: remous au PS FAR : Le Républicain Lorrain
• 12/11/06 Temps de travail des enseignants : Ségolène Royal riposte FAR : Le Progrès
• 12/11/06 Ségolène Royal riposte FAR : Les Dernières Nouvelles d'Alsace 1 u
• 12/11/06 L'impact croissant d'internet FAR : Le Républicain Lorrain
• 12/11/06 Temps de travail des enseignants : Ségolène Royal riposte Le Progrès
• 12/11/06 «Coup bas» contre Royal Le Matin
• 11/11/06 19:51 Temps de travail des enseignants : Ségolène Royal riposte (PAPIER GENERAL) Par Thierry MASURE AFP Fil Général
• 11/11/06 19:49 Temps de travail des enseignants: Ségolène Royal riposte AFP Multimédia
• 11/11/06 18:03 Vidéo pirate: Royal dénonce un "procès d'intention" AFP Fil Général
• 11/11/06 17:53 Vidéo pirate: Royal dénonce un "procès d'intention" AFP Fil Général
• 11/11/06 17:37 L'internet a un impact croissant sur la communication politique (PAPIER D'ANGLE) Par Corinne DELPUECH AFP Fil Général
• 11/11/06 17:27 Vidéo pirate: Royal dénonce un "procès d'intention" AFP Multimédia
• 11/11/06 16:49 L'internet a un impact croissant sur la communication politique AFP Multimédia
• 11/11/06 13:48 France: la vidéo pirate gênante pour Royal est un "coup bas" (porte-parole) AFP Fil International
• 11/11/06 12:39 A l'attention des rédactions AFP Fil Général
• 11/11/06 08:42 DSK compte sur un second tour NouvelObs.com
• 11/11/06 07:52 Vidéo : Ségolène Royal dénonce un "dérapage" NouvelObs.com
• 11/11/06 00:00 Une vidéo-pirate sur internet qui sème le trouble FAR : Le Dauphiné Libéré
• 11/11/06 00:00 Une vidéo-pirate sur internet qui sème le trouble FAR : Le Dauphiné Libéré
• 11/11/06 Les profs se défoulent sur leurs blogs La vidéo-pirate de Ségolène Royal, diffusée sur internet, où FAR : Nord Eclair
• 11/11/06 Les profs se défoulent sur leurs blogs La vidéo-pirate de Ségolène Royal, diffusée sur internet, où Nord Eclair
• 11/11/06 Royal veut doubler le temps de travail des profs Le Figaro
• 11/11/06 Ségolène Royal à Lille : une « petite musique » tonitruante FAR : La Voix du Nord
• 11/11/06 Ségolène Royal défie les enseignants à son insu Le Progrès
• 11/11/06 L’HISTOIRE FAR : La Voix du Nord
• 11/11/06 Une vidéo de Ségolène Royal sur le Net fait des remous Le Monde.fr
• 11/11/06 Education. Royal trahie par une vidéo pirate FAR : Le Télégramme de Brest
• 11/11/06 Le Royaume-Uni serait menacé par trente complots terroristes Tribune de Genève
• 11/11/06 Collèges : le plan caché de Ségolène FAR : L'Est Républicain 1 u
• 11/11/06 Blogs de profs : le spectre du mammouth FAR : L'Est Républicain
• 11/11/06 PS La vidéo pirate qui pourrait coûter cher à Ségolène Royal FAR : L'Alsace
• 11/11/06 Vidéo pirate Un « dérapage ». Ségolène Royal a qualifié hier sur France 3 de « dérapage » la vidéo pirate FAR : Sud-Ouest
• 11/11/06 Ségolène Royal à Lille : une « petite musique » tonitruante La Voix du Nord
• 11/11/06 Ségolène Royal défie les enseignants à son insu FAR : Le Progrès
• 11/11/06 L’HISTOIRE La Voix du Nord
• 11/11/06 Les blogs des enseignants déchaînés contre « Ségo » Midi Libre
• 11/11/06 Enseignants : une vidéo pirate de Ségolène Royal sur internet FAR : Les Dernières Nouvelles d'Alsace
• 11/11/06 Education: vidéo pirate de Royal FAR : Le Républicain Lorrain 1 u
• 11/11/06 Education. Royal trahie par une vidéo pirate Le Télégramme de Brest et de l'Ouest
• 11/11/06 Une vidéo riche d'enseignements FAR : La Charente Libre
• 11/11/06 Une vidéo riche d'enseignements La Charente Libre
• 11/11/06 Les profs se défoulent sur la vidéo Royal dans leurs blogs AFP Documentaire
• 11/11/06 Les blogs des enseignants déchaînés contre « Ségo » FAR : Midi Libre
• 10/11/06 21:49 Présidentielle française: la campagne interne s'achève chez les socialistes (ACTUALISATION, PAPIER GENERAL) Par Ingrid BAZINET AFP Fil International
• 10/11/06 20:08 La France en bref à 20H00 AFP Fil International
• 10/11/06 20:06 Une vidéo pirate sur les profs de collège pourrait nuire à Ségolène Royal (ACTUALISATION, PAPIER D'ANGLE) Par Dominique BRULE AFP Fil Général
• 10/11/06 19:24 Fabius : "pas une bonne idée" de dire que les enseignants ne travaillent pas AFP Fil Général
• 10/11/06 17:53 Quand Royal voulait 35h de présence au collège NouvelObs.com
• 10/11/06 17:51 Les profs se défoulent sur la vidéo Royal dans leurs blogs (ENCADRE) AFP Fil Général
• 10/11/06 16:46 Présidentielle française: la campagne interne s'achève chez les socialistes (ACTUALISATION, PAPIER GENERAL) Par Ingrid BAZINET AFP Fil International
• 10/11/06 16:30 France: diffusion d'une vidéo pirate potentiellement gênante pour Mme Royal AFP Fil International
• 10/11/06 16:09 "Les réalités du métier sont méconnues" NouvelObs.com
• 10/11/06 15:29 Montebourg (PS) dénonce la "marchandisation du soutien scolaire" AFP Fil Général
• 10/11/06 15:01 Montebourg (PS) dénonce la "marchandisation du soutien scolaire" AFP Multimédia
• 10/11/06 14:42 Une vidéo pirate sur les profs de collège pourrait nuire à Ségolène Royal (PAPIER D'ANGLE) Par Dominique BRULE AFP Fil Général
• 10/11/06 12:58 Sur une vidéo pirate, Ségolène Royal s'en prend aux enseignants AFP Fil International
• 10/11/06 11:33 Enseignants: une vidéo pirate de propositions de Royal sur internet AFP Fil Général
• 10/11/06 10:43 Enseignants: une vidéo pirate de propositions de Royal sur internet AFP Multimédia
• 10/11/06 Une vidéo pirate sur les professeurs de collège pourrait nuire à Ségolène Royal L'Orient - Le Jour
• 10/11/06 Ségolène Royal victime de la vlogosphère Neteconomie.com

62 articles contenant les mots "pirate Royal". Source : Google
• PS : à la recherche du diffuseur de la vidéo de Ségolène Royal ..., Les Échos - Publié depuis 1 heure
• Les profs dans le collimateur de Ségolène Royal, Témoignages.re - Il y a 9 heures
• Le SNES demande à Ségolène Royal de "renoncer" à ses ..., La Tribune.fr - Il y a 13 heures
• Royal : les profs font part de leur colère par mails, Nouvel Observateur - Il y a 13 heures
• Le SNES demande à Ségolène Royal de "renoncer"à ses ..., Euroinvestor - Il y a 13 heures
• Le SNES demande à Ségolène Royal de "renoncer" à ses ..., Nouvel Observateur - Il y a 13 heures
• AP | 13.11.06 | 17:22. PARIS (AP) -- Le SNES, principal syndicat des collèges et des lycées, demande à Ségolène Royal de renoncer ...
• Le SNES demande à Ségolène Royal de "renoncer"à ses ..., Boursorama - Il y a 13 heures
• Dépêches de l'Education, VousNousIls.fr - Il y a 14 heures
• Une vidéo casse-tête pour Royal, Libération - Il y a 14 heures
• Coups bas et vidéos sur Internet enveniment la fin de campagne au ..., Le Monde - Il y a 16 heures
• Une nouvelle vidéo de Ségolène Royal rappelle ses propos sur ..., Le Monde - Il y a 17 heures
• Postée samedi 11 novembre sur Dailymotion, une nouvelle vidéo reprend des propos de Ségolène Royal dans l'émission "Mots croisés" du 16 mai 2005, sur ...
• Une nouvelle vidéo de Ségolène Royal rappelle ses propos sur ...
• Le Monde - Il y a 17 heures
• Ségolène Royal veut imposer les 35 heures aux enseignants, SOS Éducation - Il y a 21 heures
• Coup bas au Parti socialiste autour d'une vidéo de Ségolène ..., Les Échos - 12 nov 2006
• Une vidéo casse-tête pour Royal, Libération - 12 nov 2006
• La campagne se prend les pieds dans la Toile, 20minutes.fr - 12 nov 2006
• Ségolène Royal, la vidéo qui fait mal, France 3 - 12 nov 2006
• Polémique au PS après la vidéo de Royal, Nouvel Observateur - 11 nov 2006
• une avalanche de réactions aux propos injustes de royal, Collectif Bellaciao - 11 nov 2006
• Ségolène Royal s'empêtre dans les 35 heures, France Matin - 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du ..., Reuters.fr - 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du ..., Capital.fr - 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du ..., L'Express - 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du ..., Libération - 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du ..., La Tribune.fr - 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du ..., Capital.fr - 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du ..., Reuters.fr - 11 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal cristallise la fin de campagne du ..., L'Express - 11 nov 2006
• Rien de nouveau sous la vidéo d’Angers, AgoraVox - 11 nov 2006
• Une vidéo pirate sur les profs de collège pourrait nuire à ..., Tageblatt - 11 nov 2006
• La vidéo piratée de Ségolène Royal est un coup bas selon ses ..., Culturefemme.com - 11 nov 2006
• Propos injustes et injustifiés de royale, Collectif Bellaciao - 11 nov 2006
• Education : les propos "révolutionnaires" de Royal dans une ..., TF1 - 11 nov 2006
• Mme Royal dénonce "une intention de nuire" mais assume son projet ...
• Le Monde - 11 nov 2006
• Dénonce un "dérapage", Nouvel Observateur - 10 nov 2006
• Des propos de Royal alarment les syndicats enseignants, Libération - 10 nov 2006
• Des propos de Royal alarment les syndicats enseignants, Libération - 10 nov 2006
• Une vidéo pirate sur les professeurs de collège pourrait nuire ..., L'Orient-Le Jour - 10 nov 2006
• Investiture socialiste, Canoë - 10 nov 2006
• Une vidéo pirate de Ségolène Royal jette un pavé dans la mare, Matinternet - 10 nov 2006
• Vidéo pirate: Ségolène Royal dénonce un "dérapage" et une " ..., Nouvel Observateur - 10 nov 2006
• Vidéo pirate: Ségolène Royal dénonce un "dérapage" et une " ..., La Tribune.fr - 10 nov 2006
• Une vidéo de Ségolène Royal sur le Net fait des remous, Le Monde - 10 nov 2006
• Ségolène Royal : vidéo pirate polémique, M6.fr - 10 nov 2006
• "Une méthode de manipulation", 20minutes.fr - 10 nov 2006
• Vidéo pirate: Ségolène Royal dénonce un "dérapage", Nouvel Observateur - 10 nov 2006
• AP | 10.11.06 | 19:45. PARIS (AP) -- Ségolène Royal a qualifié vendredi sur France-3 de "dérapage" la vidéo-pirate diffusée ...
• Dépêches de l'Education, VousNousIls.fr - 10 nov 2006
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur ..., Nouvel Observateur - 10 nov 2006
• AP | 10.11.06 | 19:10. PARIS (AP) -- Une vidéo pirate dans laquelle Ségolène Royal propose que les professeurs de collège restent ...
• Vidéo pirate de Ségolène Royal : fini les 17 heures de travail ..., Paroles de militants - 10 nov 2006
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur ..., La Tribune.fr - 10 nov 2006
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur ..., Nouvel Observateur - 10 nov 2006
• AP | 10.11.06 | 17:44. PARIS (AP) -- Une vidéo pirate dans laquelle Ségolène Royal propose que les professeurs de collège restent ...
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur ..., Nouvel Observateur - 10 nov 2006
• AP | 10.11.06 | 16:18. PARIS (AP) -- Une vidéo pirate dans laquelle Ségolène Royal propose que les professeurs de collège restent ...
• "Les réalités du métier sont méconnues", Nouvel Observateur - 10 nov 2006
• Pour Ségolène Royal : les profs devraient rester 35h au collège, Zescoop - 10 nov 2006
• Sur une vidéo pirate, Ségolène Royal s'en prend aux enseignants, Cyberpresse - 10 nov 2006
• Dépêches de l'Education, VousNousIls.fr - 10 nov 2006
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur ..., La Tribune.fr - 10 nov 2006
• Sur une vidéo pirate, Ségolène Royal s'en prend aux enseignants, Cyberpresse - 10 nov 2006
• Education: une vidéo pirate de Ségolène Royal diffusée sur ..., Nouvel Observateur - 10 nov 2006
• AP | 10.11.06 | 12:40. PARIS (AP) -- Une vidéo pirate enregistrée par un anonyme lors d'une réunion à Angers en janvier 2006, dans ...
• La vidéo, Ségolène, et les 35 heures au collège, Libération - 10 nov 2006
• Royal s'attaque aux profs dans une vidéo, Le Figaro - 10 nov 2006
• Quand Mme Royal propose de "faire les 35 heures au collège", Le Monde - 9 nov 2006