Confiscations de terres, attaques du bétail, profanations des lieux saints, menaces de mort et de déportation.
Dans Fasl al-Maqâl (hebdomadaire du Rassemblement national démocratique), Walid Ayyûb écrit, sous le titre : «ils confisquent les terres qui nous restent encore».
Les gouvernements successifs israéliens poursuivent l'étouffement des Arabes jusqu'à leur appauvrissement, afin de faire pression sur eux et exécuter leurs plans de vols des terres arabes. Nous affirmons que toutes les larges étendues des terres confisquées appartiennent aux propriétaires originaires de cette terre, les Arabes de ce pays. Mais cela n'a pas suffi à calmer son appétit et sa convoitise des terres qui restent aux portes de nos maisons. Il n'est pas étonnant que le gouvernement confisque les terres de Yânuh, Kisra, Jitt et Kfra Sami' ou n'importe quelle autre terre arabe, mais ce qui étrange est que cela se prépare précisément au cours de la guerre et la dernière agression contre le Liban, comme si le gouvernement voulait montrer qu'il se venge de son échec au Liban en spoliant une terre arabe !
Les villages druzes n'ont pas été plus chanceux, même pas d'un iota, que les autres villages arabes. Certains dirigeants de cette confession ont fait croire aux gens que si les arabes druzes acceptaient le service militaire obligatoire, cela servirait leur confession, qui serait distinguée des autres en accédant à l'égalité avec les citoyens juifs. Certains exploiteurs, même, sont allés jusqu'à chanter l'alliance de sang entre les druzes et l'Etat.
Mais de nombreux arabes druzes se sont levés, en face, et sous la bannière du «Pacte des Maaroufiyins libres» ont repoussé les traîtres, agissant et s'activant au sein des arabes druzes et notamment parmi les jeunes, pour leur faire prendre conscience et empêcher leur chute vers l'israélisation et la rupture avec leurs racines arabes.
Actes de brigandage
En exemple, Yânûh, qui possédait en 1948 près de 13.500 dunums de terres variées, des champs cultivés ou non. L'épée des confiscations n'a laissé que 2800 dunums. Mais cette épée n'est pas fatiguée. Elle a été prise par une autre institution, récemment, pour couper des centaines et des milliers de dunums de quelques villages arabes druzes, dont Yânûh.
La découverte de ces plans de confiscation ont suscité une grande colère dans ces villages visés, et de plus, ils ont été concoctés en «pleine nuit, comme des brigands !», au cours de l'agression et la guerre contre le Liban. Les plans n'ont été publiés que récemment. Selon ce plan, les meilleures terres de Kisra et près de 2500 dunums et 300 autres vont être coupées des terres de Yânûh-Jitt pour être données à la région des colonies juives.
Sheikh Mahmûd Sayf Abu Wahib, anciennement maire du village Yânûh (entre 91 et 96) considère que la population est consciente et qu'elle s'opposera par tous les moyens à ces confiscations : le vol des terres a commencé dans les années 60, lorsque le pouvoir a commencé à négocier avec certains et ont réussi, en s'appuyant sur leur naïveté, à faire un accord sur le fait que toute terre rocheuse deviendrait propriété de l'Etat, et c'est ainsi qu'ils ont volé 70% des terres. Bien que Yânûh n'a plus que 2800 dunums, l'institution israélienne veut prendre 350, selon son dernier plan. D'ailleurs, toute la zone industrielle Tifin a été installée sur les terres de Yânûh, ce sont des propriétés privées, appartenant aux habitants de Yânûh.
Actuellement les jeunes de Yânûh réclament les terres antérieurement confisquées du fait de la naïveté de leurs pères. Ils s'opposent et s'organisent pour faire face à ce nouveau plan de déracinement, comme l'affirme Abu Wahîb : «La terre est nos racines, et nous en sommes les arbres, et par conséquent, nous ne pouvons pas vivre sans nos racines. Nous lutterons sans relâche pour supprimer cette décision tyrannique du ministère de l'intérieur.»
Abu Jawad, maire du village Jitt, tout proche et menacé également par les confiscations, considère que la décision du ministre israélien de l'intérieur est un acte de brigandage en plein jour, profitant de la période de la guerre contre le Liban pour le faire passer en douce.
«Mais nous allons lutter, nous ne nous arrêterons pas. Il n'y a pas longtemps, l'institution israélienne a essayé de tracer une route dans les terres de Jitt, afin que les terres de la colonie proche, Ghita, ne soient pas touchées. Nous nous sommes opposés au projet, ils ont reculé et l'ont stoppé» et il compare la situation entre la colonie et le village, disant : «40 maisons ont été construites dans la colonie sans autorisation, mais aucune n'a été encore démolie».
Les patrouilles vertes tuent le bétail dans le Naqab
Les célèbres patrouilles vertes de l'Etat d'Israël (nommées « vertes » parce qu'elles sont sensées protéger la nature et que les Palestiniens appellent patrouilles noires, parce qu'elles détruisent la terre, l'habitat et l'homme palestiniens) ont lancé une attaque dimanche dernier (18 février), soutenues par des hélicopères, sur la région de pâturage en cette période de l'année, dans la région al-Khabu. 30 000 têtes de bétail ont été encerclées dans une zone réduite avant de lancer un ultimatum à la population du Naqab afin de l'obliger à régler le problème avec les autorités militaires et le bureau de l'agriculture.
Hussayn Rafay'a, président du conseil régional des villages non reconnus, a déclaré : «cela fait des mois que nous essayons de discuter avec le bureau de l'agriculture afin de ne pas arriver à cette situation, pour permettre l'entrée du bétail dans cette zone, la dernière réunion ayant été tenue le 24 janvier dernier. Le conseil régional a fait appel au tribunal il y a un mois réclamant de l'Etat une zone spéciale pour le bétail. L'attaque a eu lieu alors que nous poursuivons nos discussions avec les concernés. Mais ils ont attaqué pour faire pression. Nous allons organiser une manifestation, avec le bétail, jusqu'à la Knesset, pour faire pression sur le gouvernement pour trouver une solution. Il faut savoir que l'Etat accorde aux propriétaires juifs de bétail des zones de pâturage tout au long de l'année, alors que les Arabes n'avaient que 3 mois, et depuis l'année dernière, même ces trois mois sont remis en cause.»
Les propriétaires palestiniens de bétail se sont organisés, ils ont un comité qui les représente pour organiser leur résistance.
Le comité et le conseil régional avaient organisé une manifestation devant le bureau sioniste de l'agriculture l'année dernière, pour réclamer la réouverture de zones de pâturages notamment dans les zones Um Khashram et al-Khabu, et pendant deux jours, ils avaient organisé une protestation populaire en faisant entrer dans ces zones plus de 20 000 têtes de bétail. La patrouille verte était intervenue pour les obliger à quitter les zones, mais ils avaient réclamé des discussions, pour finalement obtenir satisfaction, et le bétail a pu rester dans ces zones pendant quelques mois.
Cette année, les autorités sionistes reviennent à la charge. En réalité, le but est de détruire le bétail de la population palestinienne du Naqab afin de l'obliger à quitter la terre. En détruisant le bétail, l'institution israélienne chercher à réduire encore plus les régions encore habitées ou utilisées par les Palestiniens dans cette partie de la Palestine occupée en 48, mais non incluse dans la zone juive du plan de partage de 47.
Le bétail est une des causes du maintien des populations palestiniennes dans le Naqab, il constitue une source de revenus tout comme il lui permet d'être présent sur une superficie relativement large de terres. Lorsque le bétail est détruit, la population serait plus facilement « transférable » vers d'autres régions, selon les autorités sionistes.
Commentant les événements, Hussayn Rafay'a a déclaré que le plan israélien vise à déraciner la population de sa terre, en détruisant la richesse animale des Palestiniens, il vise à réduire les chances de leur maintien dans le Naqab. Les Arabes du Naqab sont conscients de la gravité de ces mesures et attaques, ils savent que le but final est leur expulsion. C'est ce plan que les diverses institutions israéliennes étudient et planifient, jour et nuit.
Profanation des cimetières et lieux saints : Kfar Bir'im, Bîsân
A Kfar Bir'im, c'est le cimetière chrétien qui a été visé par les barbares il y a quelques jours. Une délégation du Rassemblement national démocratique s'est déplacée pour réconforter la population, réfugiée à Haïfa et dans le village al-Jish, puisque l'armée sioniste a déclaré le village zone militaire, empêchant ses habitants d'y revenir malgré les multiples décisions juridiques prononcées en leur faveur.
En effet, les habitants de Kfar Bir'im ont été expulsés de leurs villages deux ans après la Nakba, en 1950, mais la cour suprême de justice de l'Etat d'Israël a autorisé leur retour. En attendant ce jour, ils continuent, bien que réfugiés à Haïfa et à Jish, à enterrer leurs morts dans le cimetière et à fréquenter l'église, qu'ils visitent et entretiennent régulièrement. Des croix ont été cassées, les cercueils fracassés, mais les médias israéliens n'ont pas rapporté les faits.
Dr. Azmi Bishara, président du Rassemblement national démocratique, a d'ailleurs remarqué : «Quand des tombes juives sont profanées, Israël ameute le monde entier et les dirigeants des Etats du monde font des déclarations fracassantes, mais en Israël, bien que la profanation a eu lieu depuis une semaine, aucun média n'en a parlé, bien que les journalistes soient venus et aient pris des photos. La police n'a arrêté personne. » Il a ajouté : « C'est la résistance et la détermination des habitants de Kfar Bir'im, leur attachement à leur village et à leur nationalité qui suscitent l'admiration, c'est l'écho de leur souffrance qui fait peur à l'institution. Le complot du silence sur la profanation des cimetières et des lieux saints chrétiens en Israël se poursuit».
Profanation du cimetière musulman à Bîsân
La Fondation al-Aqsa a fait état le 19 février dernier de la profanation du cimetière musulman dans la ville de Bîsân dont la population palestinienne a été complètement expulsée en 48.
Les extrémistes sionistes ont cassé et arraché plus de trente stèles dans le cimetière.
Une équipe de la fondation s'est dirigée vers Bîsân pour constater les dégâts et a accusé la police israélienne de connivence avec les extrémistes, n'ayant pas jugé utile de poursuivre les profanateurs.
Sheikh Raed Salah : menacé de déportation
Les autorités sionistes ont menacé Sheikh Raed Salah, président du mouvement islamique à l'intérieur de la « ligne verte » de déportation s'il poursuivait ses actions pour sauver la mosquée al-Aqsa. Des députés extrémistes juifs ont demandé l'interdiction du mouvement islamique et des appels au meurtre ont été lancés. Ces cris et menaces visant sheikh Raed Salah font partie d'une tentative sioniste de briser le mouvement populaire autonome palestinien qui se consolide dans les parties de la Palestine occupée en 48. Après l'arrestation de plusieurs membres de la direction du mouvement Abnaa al-Balad et les menaces contre les dirigeants du Rassemblement national démocratique, les nouvelles menaces contre sheikh Raed Salah et son mouvement montrent que l'institution sioniste abandonne, là aussi, ses gants de velours pour montrer son vrai visage d'Etat usurpateur, colonialiste et raciste.
Cirepal (Centre d'Information sur la Résistance en Palestine), Le gouvernement sioniste poursuit son nettoyage ethnique envers les Palestiniens de 48, CCIPPP.
21 février 2007
17 février 2007
La faillite de la gauche antilibérale
Lors du référendum sur la constitution européenne, on avait beaucoup glosé sur le plan B, comme alternative possible au texte rejeté par les électeurs, surtout chez les adeptes du « Non ». Par parenthèses, ces derniers avaient souvent oublié qu'il existait aussi un « Non » de droite, et même un « Non » d'extrême droite, ce qui rendait pour le moins hasardeuses les conjectures politiques alors esquissées dans le camp antilibéral, où l'on rêvait déjà de lendemains qui chantent. Aujourd'hui, on est passé du plan B au plan trois B (Buffet, Besancenot, Bové), et tout le monde déchante. D'autant que si l'on ajoute l'inamovible Arlette Laguillier (LO) et Gérard Schivardi (Parti des Travailleurs), la gauche de la gauche a des allures de club des cinq. Pour quel résultat si, à l'arrivée, il faut se partager les miettes du festin électoral ?
Cette situation ubuesque confirme les pesanteurs idéologiques, ainsi que le poids des appareils qui bloquent toute velléité de recomposition. La chute du mur de Berlin a beau être déjà loin, de nombreux murs de Berlin sont encore dans les têtes de ceux qui tiennent les clés des maisonnettes de la gauche antibérale. Précisons que ce constat vaut également pour les trotskystes, aussi sectaires et dogmatiques que les héritiers des staliniens de naguère. Tous, d'une manière ou d'une autre, sont l'expression d'une révolte authentique. Tous portent une souffrance sociale qu'il faut entendre. Mais tous, en même temps, s'avèrent incapables de sortir de l'archaïsme, d'abandonner les vieilles lunes idéologiques, et de sortir des luttes de clans dévastatrices. La LCR rêve de faire la peau du PCF, comme s'il fallait encore venger la mémoire du coup de pioche contre Trotsky. Le PCF persiste à rêver d'un rassemblement illusoire autour de son étoile pâlissante, malgré une implantation militante affaiblie mais réelle. Quant à José Bové, il s' imagine jouer les Nicolas Hulot de l'altermondialisme, ce qui risque de s'avérer plus délicat que le fauchage d'un champs de maïs transgénique.
La peur du 21 avril aidant, la gauche de la gauche risque de se retrouver, sauf surprise, en état de décomposition avancée au soir du premier tour. Certains en tireront la conclusion que rien de neuf ne peut se construire tant que subsisteront les traces des anciennes structures. D'autres se féliciteront d'un délitement qui fait place nette aux tenants de l'ordre injuste qui règne en ce pays. Mais une chose est sûre : à force de rater les étapes, on finit forcément par perdre la course.
Jack Dion
14 Février 2007
Marianne
Cette situation ubuesque confirme les pesanteurs idéologiques, ainsi que le poids des appareils qui bloquent toute velléité de recomposition. La chute du mur de Berlin a beau être déjà loin, de nombreux murs de Berlin sont encore dans les têtes de ceux qui tiennent les clés des maisonnettes de la gauche antibérale. Précisons que ce constat vaut également pour les trotskystes, aussi sectaires et dogmatiques que les héritiers des staliniens de naguère. Tous, d'une manière ou d'une autre, sont l'expression d'une révolte authentique. Tous portent une souffrance sociale qu'il faut entendre. Mais tous, en même temps, s'avèrent incapables de sortir de l'archaïsme, d'abandonner les vieilles lunes idéologiques, et de sortir des luttes de clans dévastatrices. La LCR rêve de faire la peau du PCF, comme s'il fallait encore venger la mémoire du coup de pioche contre Trotsky. Le PCF persiste à rêver d'un rassemblement illusoire autour de son étoile pâlissante, malgré une implantation militante affaiblie mais réelle. Quant à José Bové, il s' imagine jouer les Nicolas Hulot de l'altermondialisme, ce qui risque de s'avérer plus délicat que le fauchage d'un champs de maïs transgénique.
La peur du 21 avril aidant, la gauche de la gauche risque de se retrouver, sauf surprise, en état de décomposition avancée au soir du premier tour. Certains en tireront la conclusion que rien de neuf ne peut se construire tant que subsisteront les traces des anciennes structures. D'autres se féliciteront d'un délitement qui fait place nette aux tenants de l'ordre injuste qui règne en ce pays. Mais une chose est sûre : à force de rater les étapes, on finit forcément par perdre la course.
Jack Dion
14 Février 2007
Marianne
16 février 2007
Démagogie nationale-socialiste
Le discours-programme de Marie-Ségolène Royal est peu commenté et encore moins analysé, excepté le sempiternel chiffrage dont personne ne peut vérifier la pertinence. Il semble que sa réception, pour le moins mitigée, ne réponde pas aux attentes de ses promoteurs.
Marie-Ségolène Royal a suscité une certaine curiosité par le biais des "débats participatifs". En fait, il s'agissait plus de groupes de parole que de débats c'est-à-dire la confrontation de propositions. Elle écoutait, en mère bienveillante, les plaintes de "vrais gens" des difficultés de leur vie quotidienne. Cette énarque, qui paye l'ISF, a certainement eu ainsi l'occasion de se rendre compte de la violence d'une réalité que les chiffres et la novlangue contournent.
La mise en scène de son discours-programme a révélé l'écart entre la candidate de l'appareil du PS et les espoirs de changement qu'elle avait suscités. L'omniprésence dans les premiers rangs de tous les responsables et des anciens ministres PS, excepté celui qui s'est retiré dans l'île de Ré après sa défaite du 21 avril 2002, et le long exposé d'un catalogue de 100 propositions mitterrandiennes ont remisé au placard le gadget des fameux "débats participatifs".
Marie-Ségolène Royal pleurniche aujourd'hui sur le désastre social du néolibéralisme sans dire que les socialistes en furent les ardents promoteurs en 1982-83. En rupture complète avec les promesses électorales de 1981, le PS et le PCF ont fait le lit de la précarité de l'emploi, le recours aux bas salaires, l'exclusion des plus de cinquante-cinq ans et la mise sous tutelle des jeunes par le biais des emplois aidés.
Avec la famille centrée sur la mère, MSR décline le thème national-socialiste de l'embrigadement éducatif de la jeunesse dans l'armée ou le sport : «Le sport est un combat. Pour une société meilleure», explique-t-elle dans Libération.
Ségolène Royal, poing sur le ventre et regard humide : « Je veux, en tant que mère, pour tous les enfants qui naissent et grandissent en France, ce que j'ai voulu pour mes propres enfants. » Aux jeunes, elle annonce 500 000 « emplois tremplins », des prêts gratuits de 10 000 euros, des allocations d'autonomie, des programmes de logement, des permis de conduire pour les diplômés du CAP, la gratuité des soins pour les moins de 16 ans, la contraception offerte. Une berceuse, en somme.
C'est un monde infantilisé, pantouflard, égoïste qu'exalte la candidate, en usant des ficelles du jeunisme : une flatterie qui a conduit Royal à édulcorer, dans la 78e proposition de son pacte, le choix du projet socialiste pour un service civique obligatoire de six mois. Les Jeunes Socialistes ayant refusé son aspect contraignant, ce dernier n'apparaît plus. Quand la gauche vante la « jeunesse fiévreuse », c'est pour lui distribuer des bouillottes.
En arrivant à Airaines, dans la Somme, hier, Ségolène Royal a balayé d'un revers de main les questions des journalistes sur la démission d'Éric Besson de son poste de secrétaire national du PS à l'économie. Venue visiter une usine, Royal a pris les salariés à témoin : « Mais qui connaît M. Besson, ici ? Moi, je m'occupe des vrais problèmes : de l'emploi, du maintien des entreprises, de la politique industrielle ! »
« Dans tous les domaines, il faut que tout le monde ait un peu de discipline », a ajouté la candidate, avant de risquer : « Il faut de l'ordre juste dans le domaine du Parti socialiste comme dans le domaine du développement économique »...
Serge LEFORT
16/02/2007
Lire aussi :
• Le Gadgetogramme, AgoraVox
• La pragmatitude de Démagolène, AgoraVox
• Programme de Ségolène Royal : vœux pieux et contraintes du réel, AgoraVox
• Le programme Royal couronne une stratégie générale de vide politique, AgoraVox
Marie-Ségolène Royal a suscité une certaine curiosité par le biais des "débats participatifs". En fait, il s'agissait plus de groupes de parole que de débats c'est-à-dire la confrontation de propositions. Elle écoutait, en mère bienveillante, les plaintes de "vrais gens" des difficultés de leur vie quotidienne. Cette énarque, qui paye l'ISF, a certainement eu ainsi l'occasion de se rendre compte de la violence d'une réalité que les chiffres et la novlangue contournent.
La mise en scène de son discours-programme a révélé l'écart entre la candidate de l'appareil du PS et les espoirs de changement qu'elle avait suscités. L'omniprésence dans les premiers rangs de tous les responsables et des anciens ministres PS, excepté celui qui s'est retiré dans l'île de Ré après sa défaite du 21 avril 2002, et le long exposé d'un catalogue de 100 propositions mitterrandiennes ont remisé au placard le gadget des fameux "débats participatifs".
Marie-Ségolène Royal pleurniche aujourd'hui sur le désastre social du néolibéralisme sans dire que les socialistes en furent les ardents promoteurs en 1982-83. En rupture complète avec les promesses électorales de 1981, le PS et le PCF ont fait le lit de la précarité de l'emploi, le recours aux bas salaires, l'exclusion des plus de cinquante-cinq ans et la mise sous tutelle des jeunes par le biais des emplois aidés.
Avec la famille centrée sur la mère, MSR décline le thème national-socialiste de l'embrigadement éducatif de la jeunesse dans l'armée ou le sport : «Le sport est un combat. Pour une société meilleure», explique-t-elle dans Libération.
Ségolène Royal, poing sur le ventre et regard humide : « Je veux, en tant que mère, pour tous les enfants qui naissent et grandissent en France, ce que j'ai voulu pour mes propres enfants. » Aux jeunes, elle annonce 500 000 « emplois tremplins », des prêts gratuits de 10 000 euros, des allocations d'autonomie, des programmes de logement, des permis de conduire pour les diplômés du CAP, la gratuité des soins pour les moins de 16 ans, la contraception offerte. Une berceuse, en somme.
C'est un monde infantilisé, pantouflard, égoïste qu'exalte la candidate, en usant des ficelles du jeunisme : une flatterie qui a conduit Royal à édulcorer, dans la 78e proposition de son pacte, le choix du projet socialiste pour un service civique obligatoire de six mois. Les Jeunes Socialistes ayant refusé son aspect contraignant, ce dernier n'apparaît plus. Quand la gauche vante la « jeunesse fiévreuse », c'est pour lui distribuer des bouillottes.
En arrivant à Airaines, dans la Somme, hier, Ségolène Royal a balayé d'un revers de main les questions des journalistes sur la démission d'Éric Besson de son poste de secrétaire national du PS à l'économie. Venue visiter une usine, Royal a pris les salariés à témoin : « Mais qui connaît M. Besson, ici ? Moi, je m'occupe des vrais problèmes : de l'emploi, du maintien des entreprises, de la politique industrielle ! »
« Dans tous les domaines, il faut que tout le monde ait un peu de discipline », a ajouté la candidate, avant de risquer : « Il faut de l'ordre juste dans le domaine du Parti socialiste comme dans le domaine du développement économique »...
Serge LEFORT
16/02/2007
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