25 septembre 2008

Revue de presse Palestine/Israël

Israël : l'historien Zeev Sternhell blessé dans un attentat chez lui à Jérusalem, AFP - Yahoo! Actualités
Le président Shimon Peres a appelé "l'ensemble des citoyens de droite et de gauche à faire front comme un seul homme pour dénoncer cet acte criminel", selon un communiqué de la Présidence.

Le Premier ministre du gouvernement de transition Ehud Olmert a vivement condamné cet acte grave et demandé d'accélérer l'enquête afin que les responsables soient jugés rapidement, selon la radio militaire.

Dans un communiqué, la Paix Maintenant a condamné "une tentative d'attaque meurtrière" contre l'un de ses membres et dénoncé le laxisme des autorités envers les colons juifs extrémistes.


Communiqué : Attentat contre Zeev Sternhell, La Paix Maintenant
Il est clair que ceux qui n’imposent pas la loi aux colons violents dans les territoires occupés se retrouveront face à une organisation terroriste juive au sein même d’Israël.

Aujourd’hui encore, nous constatons que des groupes extrémistes au sein de la droite sont prêts à utiliser n’importe quel moyen pour parvenir à leurs fins. Les colons qui, hier, ont attaqué des Palestiniens et des soldats israéliens en Cisjordanie, sont les mêmes que ceux qui attaquent des Israéliens en plein Israël.


Le quotidien Ha'Aretz avait publié en mars 2008 une interview dans laquelle Zeev Sternhell définissait son engagement politique, Courrier international
Avec l'occupation de 1967, le danger est réel de voir le sionisme devenir a posteriori un mouvement colonial. Nous sommes dans une situation semi coloniale dont nous ne parvenons pas à nous libérer. Si nous n'avons pas le courage de nous retirer de larges parts de ce qui existe au-delà de la "ligne verte", nous courrons à notre perte. Nous serons forcés de choisir entre le colonialisme intégral et le binationalisme [un Etat unique israélo-palestinien]. Or, chacune de ces deux options ne signifie ni plus ni moins que la liquidation du sionisme. Un Etat colonial entraînera à terme une révolte terrible de la population occupée, et un Etat binational ne résoudra rien et entraînera un bain de sang. Le temps nous est compté, mais notre niveau de vie nous fait vivre dans l'illusion. Cela ne peut pas durer éternellement.


Lire aussi : Liens internes et externes du NouvelObs

Revue de presse Moldavie

Moldavie : la Gagaouzie reconnaît l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, Le Courrier des Balkans
La crise géorgienne continue d’accentuer les tensions entre le pouvoir moldave et les représentants des régions autonomistes du pays. Trois semaines après les autorités séparatistes de Transnistrie, les députés de la région autonome de Gagaouzie ont reconnu, lundi 22 septembre, l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, appelant dans la foulée Chişinău à suivre leur exemple.

En reconnaissant l’indépendance des deux républiques séparatistes géorgiennes, la Gagaouzie s’aligne sur les positions de la Russie, du Nicaragua, du mouvement palestinien Hamas, du parti radical libanais Hezbollah, de la Transnistrie et par le gouvernement en exil de la République serbe de Krajina (Croatie).

Revue de presse Russie

Revue de presse russe, RIA Novosti
Les troupes des Etats-Unis et de leurs alliés n'ont jamais obtenu de résultats tangibles dans la lutte contre les talibans, a souligné Ajdar Kourtov, expert de l'Institut russe d'études stratégiques. Déjà fin 2001, ceux-ci avaient été déclarés vaincus, et pourtant, ils ont continué d'agir sur l'ensemble du territoire du pays et ont même élargi leurs activités". Dans de telles conditions, échanger l'Iran contre l'Afghanistan semble être une variante tout à fait acceptable pour les Etats-Unis.


APPAKOVA Maria, Guerre du Caucase : Moscou ne laissera pas passer sa chance, RIA Novosti
La guerre caucasienne s'est révélée n'être qu'une partie d'un jeu géopolitique dont le Grand Proche-Orient représente une autre scène.

Pour Evgueni Satanovski, président de l'Institut du Proche-Orient à Moscou, la présence d'importantes quantités d'armements israéliens en Géorgie pourrait avoir pour conséquence d'entraîner une "certaine croissance des arsenaux d'armes russes en Syrie".
"Nous avons toujours suivi attentivement l'équilibre des relations entre nos partenaires", a-t-il fait remarquer.

Cependant, dans ce contexte, la Russie mais également les Etats-Unis sont perdants. L'administration sortante de George W. Bush avait promis d'obtenir la paix entre les Israéliens et le Palestiniens avant la fin du mandat de celui-ci. Or, la situation n'a guère progressé, alors que Washington est le seul à pouvoir exercer une influence sur Israël.


CHIESA Giulietto, Refaire les comptes avec la Russie, Voltaire
L’eurodéputé Giulietto Chiesa, spécialiste reconnu de la Russie, a participé aux discussions du très fermé Club Valdai. Des débats avec le président Dmitry Medvedev et le Premier ministre Vladimir Poutine, il a retenu quelques idées fortes sur la nouvelle politique étrangère du Kremlin.


Ossétie du Sud : l'agression a été déclenchée par la Géorgie (sénateurs belges), RIA Novosti - Le Figaro

Revue de presse Afghanistan

Revue de presse russe, RIA Novosti
Les troupes des Etats-Unis et de leurs alliés n'ont jamais obtenu de résultats tangibles dans la lutte contre les talibans, a souligné Ajdar Kourtov, expert de l'Institut russe d'études stratégiques. Déjà fin 2001, ceux-ci avaient été déclarés vaincus, et pourtant, ils ont continué d'agir sur l'ensemble du territoire du pays et ont même élargi leurs activités". Dans de telles conditions, échanger l'Iran contre l'Afghanistan semble être une variante tout à fait acceptable pour les Etats-Unis.


Le "bourbier structurel afghan", AgoraVox
Extrait du compte-rendu de M. Régis Koetschet, ambassadeur de France en Afghanistan (16 avril 2008) :
"Parallèlement aux opérations militaires de sécurisation du pays, une séquence politique doit être engagée, qui doit conduire au rapprochement des diverses parties aujourd’hui impliquées en Afghanistan. Sans aller jusqu’à évoquer une réconciliation avec les talibans, il faut chercher à prendre en compte une partie importante de la population afghane, qui se reconnaît dans les « chefs tribaux » ou se sent proche des « talibans modérés ». Une telle évolution doit aller de pair avec un renforcement de la gouvernance".


PAKZAD Karim, La France pèse très peu en Afghanistan, IRIS
La France, présente depuis le début des opérations, a renforcé cette année sa présence dans le pays. Mais avec 700 hommes supplémentaires, elle n'atteint que le chiffre de 3.300 soldats. Cela ne représente que 5% des effectifs de la coalition : c'est très peu. Par ailleurs, la France, 5e puissance économique mondiale, n'est que 21e pour l'aide humanitaire et l'aide au développement. Elle pèse très peu dans ce qui se passe en Afghanistan.

Le problème est qu'il y a une méconnaissance totale, ou en tout cas une vision très réductrice, de ce qui se passe en Afghanistan. Bernard Kouchner et Hervé Morin se sont réjouis du fait que les femmes se sont rendues aux urnes pour la première fois en 2005. Mais c'est complètement faux! Elles votaient dès les années 1960, il y avait même des femmes politiques afghanes célèbres. Une telle ignorance est scandaleuse à ce niveau de responsabilités. Autre erreur : on assimile les talibans aux terroristes. Mais on ne peut les résumer à al Qaida. C'est un mouvement fondamentaliste et même obscurantiste, composé d'une majorité de Pachtouns, présent de l'ouest jusqu'à l'est, et autour de Kaboul, sur les deux tiers du territoire. Leur objectif est de reconquérir le pouvoir perdu en Afghanistan.

A chaque 'accrochage' avec les talibans, la coalition ne s'aventure pas dans un face-à-face prolongé. Elle bombarde, et tue des civils, poussant la population dans les bras des talibans.
En plus des talibans, il y a d'autres chefs résistants, et enfin des éléments étrangers liés à al Qaida dans les zones tribales (notamment des talibans pakistanais). Le danger est que toutes ces composantes s'unissent, voire que le Pakistan explose et que l'unité pachtoune se réalise.


Afghanistan : les députés approuvent, C dans l'air - France 5

Revue de presse Crise économique

Revue de presse française, NouvelObs
LE JOURNAL DE LA HAUTE MARNE
Les parlementaires américains ne sont pas vraiment chauds pour libérer un plan de sauvetage représentant la modique somme de 700 milliards de dollars. On les comprend. Ce plan revient stricto sensu à demander aux contribuables de mettre la main à la poche. D'une certaine manière, ce serait l'hommage de la vertu au vice. Difficilement acceptable.

SUD-OUEST
Le chef de l'Etat devrait procéder aujourd'hui, à Toulon, port de guerre, à un nouveau lancement d'anathèmes contre les malfrats du système capitaliste, responsables de la déroute actuelle, mais il pourrait bien, sans le savoir, atteindre au passage quelques amis de ses amis, de ceux, par exemple, qui fêtaient son élection au Fouquet's, un soir du printemps 2007. On ne sait jamais. (...) Aujourd'hui à Toulon, le président fustigera l'économie casino pratiquée par les banques d'investissement, mais le retour au réel auquel il invitera le capitalisme devrait lui rappeler qu'il a lui-même joué avec le feu en brûlant, sans résultat probant, quelques 15 milliards d'euros peu après son installation à l'Elysée. Lorsque les caisses sont vides, il est difficile de rassurer l'opinion. Et de faire la leçon au monde.


Naomi Klein critique la réaction à la crise financière, euro|topics
En période d'essor il est même utile de prêcher le laissez-faire puisqu'un Etat presque absent tolère la croissance des bulles spéculatives. Si celles-ci éclatent, cette idéologie devient un piège et on la range au placard, tandis que le 'grand gouvernement' accourt à l'aide. Mais que personne ne se trompe : l'idéologie sera ressortie dès que les actions de sauvetage seront achevées.
Autres articles

Commentaires : Les salariés paieront deux fois la crise financière. Laurence Parisot ne s'est pas privée de répéter son message: il faut protéger les entreprises pour sortir de la crise. Et pour cela, rien de tel que de s'attaquer au «fardeau fiscal et social qui pèse sur les entreprises», en diminuant les prélèvements obligatoires. (Libération - France-Inter - Dailymotion)


USA et Europe : confrontations de solutions pour sortir de la crise financière, Chronique Agora
Limiter le grand ménage aux seules banques ayant pignon sur rue à Wall Street ne résoudrait que la moitié du problème -- en étant optimiste. De nombreuses voix, et parmi les plus éminentes, s'élèvent pour réclamer plus de transparence. Mais aux Bermudes ou aux îles Caïman, la seule chose qui soit transparente, c'est l'eau des lagons et les cocktails à base de rhum ou de vodka.

Même en imaginant que le contribuable américain, européen ou chinois sauve les pauvres banques de l'Oncle Sam dans le besoin, cela redonnera-t-il un coup de fouet à la consommation outre-Atlantique ? Il est permis d'en douter. Le premier à le faire c'est Ben Bernanke et il l'a encore réaffirmé hier : la toile de fond macroéconomique est des plus sombre.

Les Européens prennent quant à eux leurs distances avec le Trésor US en expliquant qu'il n'est pas nécessaire d'envisager le rachat des actifs pourris pour soulager les banques. Ils estiment en outre que la priorité doit être accordée à l'amélioration de la régulation des marchés et au renforcement des ratios de solvabilité des établissements de crédit.

Joaquin Almunia critique le manque de transparence des institutions bancaires... mais il vaudrait mieux s'interroger sur les moyens de contrôler la nature des flux de capitaux transitant par des entités offshore.


CHANEY Eric, La récession mondiale est-elle évitable ?, Telos
En réalité, la cause première de la crise actuelle est l’excès d’endettement des ménages américains – leur dette a augmenté de près de 30% du PIB entre 2001 et 2007. A moins d’imposer une taxe inflationniste massive aux ménages, ce que la Réserve Fédérale ne tolèrera pas [...]. A ce stade, rien ne prouve que le plan Paulson suffise à financer la première étape de cette feuille de route.

Du point de vue de l’économie réelle, le reste du monde développé ne va guère mieux. L’Europe et le Japon sont probablement aussi entrés en récession, à la suite du choc d’offre entraîné par l’augmentation des prix des matières premières et de la raréfaction du crédit provoquée par la crise du crédit.


De l’origine de l’instabilité financière... (1/2), AgoraVox
Le passage d’un capitalisme fordiste, ou industriel, à un capitalisme financier se traduit entre autres par la modification des modes de régulation économique et institutionnelle. Cette évolution trouve sa source dans la mutation des modes d’accumulation. La montée en puissance des acteurs financiers et la constitution de marchés plus puissants ont mis à mal le système de Bretton Woods. L’accroissement des liquidités sur les marchés ne pouvait se combiner avec des changes fixes et la limitation de la mobilité des capitaux. De plus, la crise structurelle du capitalisme, traduit par la baisse de la productivité ainsi que la chute des taux de profit, a engendré une mutation radicale des modes d’accumulation. Il était nécessaire de renouer avec des taux de profit pour que le capitalisme puisse survivre. Les années 1970 sont caractérisées par une crise typique de ce mode de production comme l’a théorisé Marx. En effet, l’économie est entrée dans une situation de surproduction et les taux de profit diminuent. Ces deux processus, crise structurelle et accroissement de la sphère financière, ont joué sur l’évolution du modèle d’accumulation et de régulation.


Jean-François Jacq, ancien SDF, publie un second livre Hémorragie à l’errance - Génèse, AgoraVox
Mon travail d’écriture se doit d’être mené au quotidien. Il faut jeter, empoigner les mots, ne pas se compromettre, écrire au plus juste de ce que l’on est. Transparaître. La douleur de la vie est toujours forcément latente. Oui, j’ai été SDF. Plusieurs années. Sans domicile fixe. Ce mot n’est pas, dans ma bouche, une revendication, mais une interpellation permanente. Je vis au quotidien avec "ça". Marqué en moi, à tout jamais. Pire qu’au fer rouge.
Je prolonge ce que je parviens à publier via mon site où je mets en ligne mon journal de bord. Soit la continuation littéraire de mon errance.

Revue de presse Palestine/Israël

Israël après Olmert, Boulevard Exterieur
Où en est Israël après la démission d’Ehoud Olmert et la désignation de Tzipi Livni à la tête du parti Kadima ? Cette dernière se retrouve à la tête d’une coalition largement fissurée. De l’équilibre probablement précaire qui sera trouvé dépendra la possibilité ou non de faire avancer les négociations de paix avec les Palestiniens.

Il fait peu de doute que le Likoud attaquera sans ménagement tout accord proposé par la coalition actuelle, jouera de la fibre nationaliste et sécuritaire d’autant plus violemment que les élections approcheront et apportera un soutien sans faille aux colons de Cisjordanie pour rendre leur expulsion encore plus traumatisante que celle des colons de Gaza, qui a déjà laissé des traces profondes. Le Hamas de son côté se fera un plaisir de rappeler à Mahmoud Abbas, déjà bien affaibli, que son mandat expire en janvier prochain et qu’il ne dispose pas de légitimité pour se maintenir au-delà (même si des élections sont impossibles à tenir actuellement), et de pointer les incursions israéliennes qui n’ont jamais cessé (presque 500 morts palestiniens depuis la conférence d’Annapolis en novembre dernier), l’accélération de la colonisation qui rend chaque jour plus difficile un retrait israélien, et la situation humanitaire à Gaza qui alimente le désespoir et la rancœur.

24 septembre 2008

Revue de presse Russie

Revue de presse russe, RIA Novosti


Amérique latine/Russie : un nouvel axe géopolitique ?, Chronique Agora
L'Amérique latine est soudain devenue très intéressante. Des difficultés s'y entrecroisent - locales et géopolitiques. Il y a une manière générale de l'exprimer. En temps de crise entre les grandes puissances, les problèmes locaux sont renforcés par le conflit international. Les changements entre les relations américano-russes ont des répercussions dans des régions du monde qui ont été négligées depuis la Guerre froide. Beaucoup de changements se produisent un peu partout. Concentrons-nous sur l'Amérique latine cette semaine. C'est une région qui n'était guère passionnante par le passé, géopolitiquement parlant, mais les choses sont en train de changer.


GRAZIANI Tiberio, Le temps des continents et la déstabilisation de la planète, Résistants au nouvel ordre mondial
La réaffirmation de la Russie comme acteur mondial, avec la puissante croissance économique des deux colosses asiatiques, Chine et Inde, semble avoir définitivement marqué, dans le cadre des relations internationales, la fin de la saison unipolaire sous conduite étasunienne, et posé les conditions, minimales et suffisantes, pour la construction d’un ordre planétaire articulé sur d’avantage de pôles. Les entités géopolitiques qui caractérisent ce nouveau cycle ne seront pas, vraisemblablement, les nations ou les puissances régionales mais bien les grands espaces continentaux.

La crainte d’une jonction des intérêts géopolitiques entre les grandes puissances eurasiatiques (Russie, Chine et Inde) et les tendances continentalistes de certains gouvernements sud-américains ont éveillé, ces derniers temps, une attention ravivée du Département d’Etat des USA et de certains think tank atlantiques, chargés d’identifier les zones de crise et de définir des scénarios géopolitiques qui soient en syntonie avec les desiderata et les intérêts globaux de Washington et du Pentagone ; une attention vers ces régions de la masse continentale eurasiatique – et du sous-continent indio-latin – qui seraient plus exposées aux déchirures, causées par des tensions endogènes historiques et encore irrésolues.

En instrumentalisant les tensions locales de certaines aires géostratégiques, les USA, avec leurs alliés occidentaux, ont lancé un processus de déstabilisation – de longue période - de tout l’arc himalayen, véritable charnière continentale, qui va impliquer huit pays de l’espace eurasiatique (Népal, Pakistan, Afghanistan, Myanmar, Bangladesh, Tibet, Bhoutan et Inde).

Revue de presse Afghanistan

Pour le moral des troupes

Source : Bakchich blogs


Chronologie selon Force Internationale d'Assistance à la Sécurité (en Afghanistan), FIAS

Analyse : Extension du conflit au Pakistan (VO), ContreInfo
Les liens entre les talibans et les pachtounes pakistanais qui s’identifient à leurs frères Afghans forment un sérieux obstacle aux visées de Washington et de l’OTAN. Les talibans et les pachtounes sont motivés par des valeurs distinctes. Les premiers défendent leur interprétation de l’Islam, alors que les seconds agissent par loyauté à leurs tribus et détestent traditionnellement les intrusions étrangères, tout spécialement quand il s’agit d’une agression occidentale venant de puissances liées à l’ère coloniale. Mais ces différences sont moins importantes que leur objectif commun qui est de repousser les tentatives de l’occident chrétien à les soumettre aux volontés des USA et de l’OTAN.


La guerre en Afghanistan: prochaine victoire des Taliban ?, Geopolitis - TSR
Après sept années de guerre, les Taliban sont toujours une menace. Geopolitis décrypte ce conflit qui n'en finit pas.


GRAZIANI Tiberio, Le temps des continents et la déstabilisation de la planète, Résistants au nouvel ordre mondial
La réaffirmation de la Russie comme acteur mondial, avec la puissante croissance économique des deux colosses asiatiques, Chine et Inde, semble avoir définitivement marqué, dans le cadre des relations internationales, la fin de la saison unipolaire sous conduite étasunienne, et posé les conditions, minimales et suffisantes, pour la construction d’un ordre planétaire articulé sur d’avantage de pôles. Les entités géopolitiques qui caractérisent ce nouveau cycle ne seront pas, vraisemblablement, les nations ou les puissances régionales mais bien les grands espaces continentaux.

La crainte d’une jonction des intérêts géopolitiques entre les grandes puissances eurasiatiques (Russie, Chine et Inde) et les tendances continentalistes de certains gouvernements sud-américains ont éveillé, ces derniers temps, une attention ravivée du Département d’Etat des USA et de certains think tank atlantiques, chargés d’identifier les zones de crise et de définir des scénarios géopolitiques qui soient en syntonie avec les desiderata et les intérêts globaux de Washington et du Pentagone ; une attention vers ces régions de la masse continentale eurasiatique – et du sous-continent indio-latin – qui seraient plus exposées aux déchirures, causées par des tensions endogènes historiques et encore irrésolues.

En instrumentalisant les tensions locales de certaines aires géostratégiques, les USA, avec leurs alliés occidentaux, ont lancé un processus de déstabilisation – de longue période - de tout l’arc himalayen, véritable charnière continentale, qui va impliquer huit pays de l’espace eurasiatique (Népal, Pakistan, Afghanistan, Myanmar, Bangladesh, Tibet, Bhoutan et Inde).

Revue de presse Crise économique

Crise financière : Sarkozy "aime la justice" même s'il n'a jamais été "de gauche", Le Point
Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois réclamé mardi soir à New York que les responsables de la crise financière internationale en assument "les conséquences". "Quand les affaires vont bien, il est normal que beaucoup de gens gagnent beaucoup d'argent. Mais quand les affaires vont mal, il est normal que ceux qui se sont si lourdement trompés en assument les conséquences et les responsabilités", a insisté le président de la République.

Commentaires : Une déclaration faite en recevant le Prix de l'homme d'État 2008 décerné par la fondation Appeal of Conscience du rabbin Arthur Schneier. Ce prix récompense chaque année un responsable politique engagé dans la promotion de la liberté religieuse.


Nicolas Sarkozy et la crise financière : propositions, incantations et non-dits, Boulevard Exterieur
Faute d’avoir à disposition une réponse claire et une stratégie économique définie, Nicolas Sarkozy paraît avoir choisi de conjuguer plusieurs registres [technique, populiste, l’incantation et non dit].

Nicolas Sarkozy s’est imprudemment autoproclamé le président du pouvoir d’achat. Celui-ci a chuté de 0,3% au deuxième trimestre. Le chef de l’Etat a promis d’aller chercher la croissance avec les dents. Celle-ci a été négative au deuxième trimestre de – 0,3% et notre pays pourrait bien être prochainement déclaré formellement en récession.

Derrière ce propos bravache, se profile de plus en plus clairement, bien que non dite pour telle et inavouée, une politique de rigueur.


Revue de presse française, NouvelObs
L'HUMANITE
En dix ans, les banques françaises ont vu leurs profits multipliés par 7 pour le Crédit agricole ou par 25 pour BNP-Paribas, parce qu'elles consacrent plus de 60 % de leurs activités dans les opérations financières et non dans le soutien à l'économie réelle, étranglant du même coup les PME, elles-mêmes sous la coupe des donneurs d'ordres du CAC 40.

LA PRESSE DE LA MANCHE
Le capitalisme sauvage, sans règle, sans contrôle, n'est pas plus le capitalisme que le soviétisme stalinien n'était le véritable socialisme. Capitalisme sauvage et soviétisme sont les exemples de déviance qui transforment un type de société en dérive honteuse.

LE PROGRES
La confiance n'y est plus, le système ne tient plus. Que faire ? demandait déjà Lénine. Que faire ? demande à son tour notre Président. Et il répond, plus léniniste que Lénine : il faut faire rendre gorge aux spéculateurs, sanctionner les responsables.


Revue de presse européenne, euro|topics
Süddeutsche Zeitung - Allemagne
Ce sont les citoyens qui ont finalement fait les frais, sous forme de chômage, de hausse d'impôts ou d'inflation.

Tygodnik Powszechny - Pologne
La crise actuelle peut avoir également des conséquences à long terme. Aux yeux de l'opinion publique, les Etats-Unis incarnent le capitalisme du marché libre. Les politiques américains ont volontiers donné une leçon aux autres pays en leur disant à quel point il est important que l'Etat se tienne à distance de l'économie. Et ce sont justement les Etats-Unis qui ont toléré en premier le quasi effondrement du marché financier mondial pour ensuite intervenir avec force sur le marché. Ils sont allés tellement loin qu'ils ont nationalisé les institutions menacées de faillite et ont rejeté les importantes obligations des entreprises financières privées sur les épaules des contribuables. Ce fossé entre la théorie et la pratique peut entraîner une diminution du succès du concept du marché libre.

Népszabadság - Hongrie
Le chaos règne, aussi bien dans le monde de la finance que dans les esprits. Des économistes de renom déclarent même que le gouvernement conservateur de Bush [en annonçant une aide financière de 700 milliards de dollars aux banques américaines concernées] a choisi une méthode socialiste pour sauver le capitalisme américain basé sur la libre concurrence.


Les habits divers de la crise, Dedefensa
C’est un moment intéressant : la crise financière va-t-elle, sans être résolue bien sûr, se transformer en crise politique, – ou, plutôt, s’élargir à la crise politique ? Le plan de sauvetage de l’administration GW Bush, qui doit être entériné par le Congrès, se heurte à une forte opposition des démocrates en même temps qu’à une fort mauvaise humeur des républicains.

Pour l’heure, il est impossible de dire si la tension actuelle débouchera sur une crise majeure ou si elle sera contenue dans les normes des arrangements du système.

Le terme de “crise” n’est employé que pour la facilité, en l’absence d’un autre terme de même poids; on devrait plutôt parler de “soubresauts” pour mieux décrire le processus, c’est-à-dire les “soubresauts sectoriels” d’une crise systémique générale, qui est en même temps une crise de civilisation puisque le système a investi la civilisation elle-même. Ainsi, ce que nous nommons “la crise du pouvoir à Washington” est en fait un état de décadence accélérée du système politique, très marqué depuis 9/11 par des soubresauts successifs, par l’enfermement du monde politique washingtonien dans ses compromissions, ses contradictions, etc.


Point de vue d’André Gerin sur la crise financière, Changement de société
La crise du capitalisme financier, qui secoue les places boursières, a donc créé cette situation quasi surréaliste, digne d’une fable de la Fontaine, au cœur de laquelle les apôtres du libéralisme à tout crin des années 80-90 se voient obligés –de force, pas de gré, pour sauver la face et le radeau, tout en faisant sécher les SICAV- d’en appeler à la figure tutélaire de l’Etat-providence vingt ans plus tard. Curieuse ironie de l’histoire, où le modèle anglo-saxon tant vanté redécouvre les vertus d’une administration collectiviste ! Comme disait Karl Marx : « l’histoire se répète toujours deux fois. La première en tragédie, la seconde en farce… ».

Qu’on ne se trompe pas sur les suites de cette crise. Les Pays émergents, le monde du travail, les petits épargnants, salariés licenciés au nom du CAC 40 et de la cote des actions qu’il faut maintenir à flot, voilà ceux qui seront priés de payer la note. Les ogres de la finance se remplissent les poches quand tout va bien, et vident celles des autres quand tout va mal. Le retour de l’interventionnisme du trésor américain se paiera cash car ce sont les finances publiques et les contribuables qui sont appelés à absorber les hérésies et dérives de l’impérialisme financier. La dette américaine se rembourse sur tous les continents.

Commentaires : Très drôle car le PCF a abandonné “la lutte des classes” depuis longtemps (sur le terrain comme dans ses statuts) et est resté au gouvernement quand Maurois a lancé le "tournant de la rigueur" - politique qui a fait le lit du néolibéralisme en France.

Revue de presse Afghanistan

Revue de presse française, NouvelObs
Le doute s'installe sur l'opportunité de prolonger la participation de l'armée française dans la guerre en Afghanistan - y compris dans l'éditorial du Monde.


Sarko va t'en guerre dans le bourbier afghan

Source : Rive-gauche - Dailymotion


Un consensus historique mis à mal, Libération
En votant «non» à la prolongation de l’intervention des forces armées en Afghanistan, le Parti socialiste a fissuré hier un certain consensus sur les affaires de défense. Il existait depuis trente ans.

Si le consensus est en train de se fissurer, c’est d’abord à cause du rapprochement de la France avec l’Otan, vécue comme un alignement sur les Etats-Unis. Cette politique passe mal dans une partie importante de l’opinion, et pas seulement à gauche. Or, l’envoi de renforts en Afghanistan a été annoncé par Sarkozy, à l’occasion du dernier sommet de l’Alliance atlantique, en avril à Bucarest. Difficile d’afficher les choses plus clairement. On a vu hier les premiers effets de cette politique.


Impossible retrait, illusoire victoire, Libération
Les rapports de l’ONU sont accablants pour l’armée américaine qui va de bavure en bavure. L’une des plus graves a été commise le 22 août, avec le bombardement par l’aviation d’un village dans le district de Shindand qui a provoqué la mort de 92 civils, pour la plupart des enfants. Le 6 juillet, 47 villageois ont trouvé la mort dans le Nangrahar, les pilotes ayant confondu une fête de mariage avec un groupe de rebelles. Depuis le début de l’année, ce sont 395 civils afghans qui sont morts dans des frappes aériennes. Ces bavures ont d’ailleurs entraîné une sourde polémique entre le président, Hamid Karzaï, et les Américains.


BADIE Bertrand, "Avec la guerre en Afghanistan, il existe un risque d'effondrement indo-pakistanais", Chat - Le Monde
Ce type de situation, qui rappelle, mais seulement en partie, les guerres coloniales, s'est durablement installé dans la mémoire comme forme de conflit qui ne donne jamais le dernier mot à la puissance. On peut même redouter l'inverse : un renforcement mal contrôlé des moyens militaires de la coalition alimente ce conflit ainsi que la force même des talibans et de tous ceux qui leur sont associés.

Enfin il faut admettre que ce n'est pas la double panoplie du plus fort et de l'unique porteur des normes applicables au système international qui pourra, par ces méthodes, régler tout cela. Depuis le début de la seconde guerre afghane, il était clair que nous avions affaire à une guerre pakistanaise, peut-être demain s'agira-t-il d'un effondrement indo-pakistanais. N'oublions pas de prendre en compte les formes multiples de violence qui essaiment sur le territoire indien, de la frontière pakistanaise jusqu'à l'Orissa (Etat du nord-est de l'Inde).

Les talibans sont loin d'être les seuls acteurs de la "guerre afghane" : aux talibans se joignent quantités d'autres combattants venus d'un peu partout et expression des multiples crises de la région. Au-delà encore, les solidarités entre les combattants afghans et la population pakistanaise sont extrêmement nombreuses et diversifiées. Elles sont certes de nature ethnique, comme vous le rappelez, mais elles sont aussi de nature religieuse. La flambée de l'islamisme radical au Pakistan dépasse la seule population pachtoune, et a fortiori le monde des talibans. Elle irrigue toute la zone baloutche, et notamment sa capitale, Quetta, mais aussi les grandes métropoles comme Karachi au sud et les villes du Nord (d'Islamabad à Lahore).

Quelques mots à propos de la guerre en Afghanistan

Le 18 août dix soldats français, appartenant au 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) de Castres, sont tués par des talibans en Afghanistan. Dans un premier temps, l'armée dissimule voire nie les faits pour dégager sa responsabilité. Après le doute exprimé publiquement par certaines familles, le témoignage de soldats blessés au cours de cette embuscade et surtout le reportage de Paris-Match, l'armée accuse les journalistes de faire jeu des talibans en révélant les faits. Les médias dominants, plus empressés de soutenir le gouvernement que de poser la question de la légitimité de cette sale guerre et de défendre la liberté de la presse, se font les porte-paroles serviles de l'état-major.

Chronologie des faits selon Force Internationale d'Assistance à la Sécurité, FIAS.

  • 6 août 2008, La France a pris hier le commandement de la région centre de l’Afghanistan.
  • 7 août 2008, Des centaines de soldats français se déploient dans la province d’Uruzgan. Ceux-ci étaient à bord de 94 véhicules mais leur nombre exact et leur provenance n’ont pas été divulgués. La France a promis d’envoyer 700 soldats supplémentaires en Afghanistan d’ici 2009.
  • 19 août 2008, Une embuscade tendue par près de 100 talibans a tué 10 soldats français hier et en a blessé 21 dans le district de Saroubi, à 50 km de Kaboul. Le président français, Nicolas Sarkozy, part pour l’Afghanistan pour démontrer son soutien. Il s’agit de l’incident le plus meurtrier pour l’armée française depuis celui à Beyrouth en 1983.
  • 20 août 2008, Le président français, Nicolas Sarkozy, déclare devant des soldats français que « la meilleure façon d’être fidèles à vos camarades c’est de continuer le travail ». Selon son ministre de la Défense, Hervé Morin, « les talibans sont capables de mener des opérations nettement mieux organisées » et l’embuscade de lundi « était extrêmement bien préparée ». Des soldats blessés font état de victimes causées par des tirs amis et critiquent le temps de réaction et la coordination.
  • 20 août 2008, Le président afghan, Hamid Karzaï, reçoit son homologue français, Nicolas Sarkozy, et déclare que « la recrudescence de la violence est à attribuer directement à notre manque, les alliés et nous tous, à prêter attention aux sanctuaires, aux centres d’entraînement et aux ressources financières des terroristes et des talibans ». Le quotidien gouvernemental Anis estime que les Américains n’attaquent pas ces sanctuaires au Pakistan afin de justifier leur présence en Afghanistan.
  • 21 août 2008, Le président français, Nicolas Sarkozy, estime que la France « défend la liberté du monde en Afghanistan ».
  • 22 août 2008, Le Premier ministre français, François Fillon, annonce qu’il y aura un débat sur la participation française en Afghanistan devant le Parlement français le 22 septembre. Par la suite, celui-ci décidera lors d’un vote si cette participation doit être prolongée.
  • 25 août 2008, Le commandant des forces françaises pour Kaboul, le général Michel Stollsteiner, indiquant que les bataillons bénéficieront maintenant d’appuis à proximité, estime qu’il y a eu « péché par excès de confiance », ce qui a mené à l’embuscade ayant tué 10 soldats français et en ayant blessé 21. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, déclare que « la stratégie militaire indispensable dans un premier temps ne suffira pas, il faut l’Afghanisation ».
  • 26 août 2008, Le chef d’état-major de l’armée française, le général Jean-Louis Georgelin, examine les options « pour optimiser l’efficacité du contingent français et de la FIAS », dont l’envoi des forces spéciales.
  • 29 août 2008, Les ministres français des Affaires étrangères et de la Défense, Bernard Kouchner et Hervé Morin, déclarent que la France restera en Afghanistan « aussi longtemps que cela sera nécessaire ».
  • 4 septembre 2008, Le chef d’état-major de l’armée française, le général Jean-Louis Georgelin, visite l’Afghanistan. Un responsable taliban impliqué dans l’embuscade qui a tué 10 soldats français le 18 août, le commandant Farouki, a déclaré hier à la revue Paris-Match que « tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous ». Le responsable des forces françaises de la province de Kapisa, le colonel Jacques Aragonès, accuse les talibans de mener des « opérations de propagande ».
  • Le chef d’état-major de l’armée française, le général Jean-Louis Georgelin, visite l’Afghanistan. Un responsable taliban impliqué dans l’embuscade qui a tué 10 soldats français le 18 août, le commandant Farouki, a déclaré hier à la revue Paris-Match que « tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous ». Le responsable des forces françaises de la province de Kapisa, le colonel Jacques Aragonès, accuse les talibans de mener des « opérations de propagande ».
  • 7 septembre 2008, Le porte-parole adjoint du ministère français de la Défense, le général Christian Baptiste, explique son silence sur l’embuscade du 18 août ayant causé la mort de dix soldats français par le fait que les talibans « scrutent » les réactions occidentales, soutenant qu’ils ont « une véritable stratégie de communication ».
  • 13 septembre 2008, Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, accompagné des familles des soldats français tués le 18 août, ont rencontré à Kaboul le commandant français dans la région, le général Michel Stollsteiner.
  • 19 septembre 2008, Avant un débat au Parlement français sur la présence française en Afghanistan, un groupe de 18 ONG demande à être reçu par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, pour promouvoir un changement dans la stratégie en Afghanistan. Le collectif rappelle « qu’aucune armée n’a jamais gagné de guerre en Afghanistan », soulignant « les limites d’une solution purement militaire dans un pays en état de conflit quasi-permanent depuis 30 ans ».
  • 21 septembre 2008, Le quotidien canadien, The Globe and Mail, déclare avoir mis la main sur un rapport secret de l’OTAN sur les détails de l’embuscade qui a mené à la mort de dix soldats français le 18 août dernier. Ce rapport soutient que les soldats étaient « mal préparés ».
  • 21 septembre 2008, Des milliers de personnes ont manifesté samedi en Allemagne en France et en Grande-Bretagne contre la présence de militaires en Afghanistan. Un des organisateurs des manifestants à Berlin, Jens-Peter Steffen, estime « qu’il existe une autre stratégie de paix en Afghanistan qui n’implique pas l’armée, et cette stratégie doit être essayée ». Les manifestants réclamaient que leurs soldats quittent l’Afghanistan pour « donner une chance à la paix ».
  • 22 septembre 2008, L’Assemblée nationale française se prononce en faveur du maintien des troupes en Afghanistan. Le Premier ministre français, François Fillon, indique que la France déploiera d’ici quelques semaines une centaine de militaires supplémentaires en Afghanistan, ainsi que « des hélicoptères Caracal et Gazelle, des drones, des moyens d’écoute (et) des mortiers ». L’annonce vise à prévenir des évènements similaires à l’embuscade ayant tué 10 soldats le 18 août.


Les Français n’avaient pas assez de munitions pour tenir face à des talibans très bien armés, ni de moyens de communication adaptés. C’est ce qu’affirme un rapport "secret" de l’OTAN que s’est procuré Eric de Lavarène, correspondant de France Info au Pakistan. Un rapport qui "n’existe" pas selon le ministère français de la Défense.

Source : France Info


Le 22 septembre 2008, Hervé Morin avoue finalement l'existence d'un document confidentiel sur l'embuscade ayant tué dix soldats français le 18 août près de Kaboul relevant un sous-équipement côté français (AFP - Yahoo! Actualités).

Le ministre de Défense et le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, s'étaient succédé pour répondre aux révélations du journal canadien Globe and Mail.

Le quotidien anglophone de Toronto avait relancé samedi la polémique sur les circonstances de l'embuscade, faisant état d'un rapport "secret" de l'Otan faisant état d'un manque de munitions et d'équipements de communication. Dimanche, il avait maintenu ses informations et ajouté des détails sur l'identification du document.

Un responsable de l'Otan avait révélé anonymement dimanche à l'AFP qu'un courrier électronique, rédigé par un officier de l'Isaf à l'adresse du QG de Kaboul, avait fait l'objet d'une fuite.

Finalement, M. Morin a admis lundi sur RTL l'existence d'un "compte-rendu d'un officier du JOC (Joint Operation Center, ndlr), le centre opérationnel" de l'Alliance atlantique, introduisant une nuance sémantique pour contester qu'il s'agisse d'un "rapport".

Ce "compte-rendu parcellaire a été effectué à chaud le lendemain ou dans les 48 heures après l'opération, à partir des éléments dont disposait cet officier", a-t-il argué.

Selon le Globe and Mail, les soldats français se sont trouvés à court de munitions, après 90 minutes de combat avec les talibans.

Le ministre a fermement contesté le fond du document: "C'est archi-faux, les forces françaises avaient leur dotation et même plus".

Le général Georgelin, sur Europe 1, a parlé d'un "compte-rendu à chaud", mais l'a attribué aux forces spéciales américaines associées à l'opération du 18 août.

La presse et certaines familles de soldats tués avaient déjà mis en cause l'équipement et la préparation des Français pris dans l'embuscade du 18 août.

Jean-François Buil, père du soldat Damien Buil tué lors de l'embuscade, a déclaré lundi à l'AFP se poser "énormément de questions".

"Je croyais qu'on nous avait tout dit. Ce qui m'intéresse maintenant, c'est de discuter avec les blessés qui étaient sur le terrain", a-t-il dit.

Pour M. Morin, la polémique sur cette embuscade pourrait faire le jeu des talibans face à une "opinion occidentale fragile".

Le ministre en a appelé à "l'union nationale" alors que le Parlement se prononce sur le maintien des forces armées françaises en Afghanistan, un vote qui devrait être favorable.


Lire :

23 septembre 2008

Revue de presse Géorgie-Adjarie-Abkhazie-Ossétie

Entretien avec Salomé Zourabichvili

Source : Touteleurope - Dailymotion


ZOURABICHVILI Salomé : "l'UE est l’organisation la plus appropriée pour garantir à la Géorgie ce dont elle a besoin", Toute l'Europe
Salomé Zourabichvili estime que l’Union européenne peut garantir la sécurité dans la région du conflit, et ce beaucoup mieux que ne le ferait l'Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), dont les critiques vis-à-vis de la Russie sont bien plus prononcées. Selon l'ancienne ambassadrice, "le rapprochement de l’OTAN dans la région est quelque chose qui, objectivement, tend la situation".


Commentaires : Lire dans le Dossier documentaire "Géorgie-Adjarie-Abkhazie-Ossétie" d'autres articles de Salomé Zourabichvili.

Pékin - Sotchi : même combat ? Retour sur la crise russo-géorgienne, AgoraVox
Force est de constater que la très grande majorité des médias occidentaux – états-uniens en premier lieu – a fait le choix de souligner, parfois jusqu’à la caricature, la virulence de la riposte russe, au point d’en arriver au fil des semaines à déformer totalement la réalité et à faire de Moscou l’unique agresseur. Sous la plume des journalistes, et par voie de conséquence dans une bonne part de l’opinion publique mondiale, la jeune démocratie géorgienne est la victime du terrifiant grizzly russe. Ce qui serait considéré dans un contexte différent comme un mensonge éhonté prend sur l’échiquier international les formes troubles d’une stratégie élaborée de manipulation psychologique et de désinformation.

Lorsque dans la nuit du 7 au 8 Août, vers 1h du matin Saakachvili décide de lancer l’offensive sur Tskhinvali, il compte vraisemblablement mettre un terme à deux semaines de tensions et d’escarmouches sanglantes via milices interposés entre ossètes et géorgiens et mise visiblement sur une victoire éclair pour rétablir la stabilité dans la région ; la justification officielle de l’opération militaire est d’ailleurs le « rétablissement de l’ordre ».

Si la Russie ne réagit pas – comme cela est déjà arrivé – il ne se sera passé rien d’autre qu’une opération de maintien de l’ordre en territoire ossète et abkhaze à un moment où l’attention médiatique est focalisée sur le début des Jeux Olympiques. Si la Russie décide de réagir militairement à l’offensive géorgienne, elle doit obligatoirement rompre la « trêve olympique » et risque de subir les foudres de la presse et de l’opinion publique mondiale, relayés par les inquiétudes des pays de l’ancien pacte de Varsovie (on a très vite parlé d’un risque de réaction en chaîne avec l’Ukraine et les Pays Baltes) et la réactivation étonnamment fertile des vieux démons de l’Europe (Münich).

Revue de presse Russie

Revue de la presse russe, RIA Novosti
Moscou et Kiev resteront "amis et partenaires"
En dépit de nombreux griefs réciproques, Moscou et Kiev envisagent toutefois de le prolonger par défaut, pour une nouvelle période de dix ans.

Il était facile de prédire que l'Ukraine et la Russie, en fin de compte, ne pousseraient pas l'affaire jusqu'à rompre un "grand" traité, un tel dénouement présentant des avantages pour les deux parties.

Gazprom en phase de pénétrer le marché américain du gaz
L'expansion de Gazprom en Amérique latine ne cesse de s'accélérer: le géant russe pourrait lancer son premier site de production de gaz liquéfié à l'étranger au Venezuela, lit-on mardi dans les quotidiens Gazeta et Vedomosti.

Certains experts estiment que la coopération avec d'autres fournisseurs de gaz aiderait le monopole russe à pénétrer le marcher américain.

Les analystes soulignent que le projet vénézuélien rapproche Gazprom d'un vieux rêve: participer à l'élaboration d'un projet de construction d'un système transcontinental de pipelines en Amérique latine qui réunirait le Venezuela, le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay et la Bolivie en un réseau énergétique commun.


KRAMNIK Ilia, La guerre des hydrocarbures, RIA Novosti
De nombreux spécialistes sont prêts à chercher des "dessous énergétiques" dans la plupart des guerres du XXe siècle. Sans tomber dans le radicalisme, on peut cependant reconstituer, en effet, au fil des années, le rôle et l'importance des ressources énergétiques et de l'énergie dans les guerres.

Le rôle du pétrole se justifie également par l'histoire des conflits au Proche-Orient: les intérêts des grandes puissances ont transformé cette région en un foyer ardent de conflits où le premier prix est la "barrique pétrolière de la planète". Des "discussions" non moins houleuses ont eu lieu à l'époque autour du Vietnam, dans la zone économique duquel sont concentrées d'importantes réserves d'hydrocarbures. Ces débats se poursuivent encore de nos jours: les plus grands pays d'Asie du Sud-Est se disputent activement les parties du plateau continental riches en ressources naturelles.

C'est seulement en prenant conscience de cela que l'on peut comprendre les préoccupations des pays européens pour les livraisons de combustible en provenance de Russie. Les hydrocarbures fournis par les gisements de la mer du Nord, du Golfe persique et d'autres régions ne suffisent plus, depuis longtemps déjà, pour assurer un fonctionnement sans à-coups de l'économie européenne. Une telle interdépendance des deux parties suppose de modérer les discussions et de rapprocher les positions, quelle que soit la forme que prend ce rapprochement dans la bouche des hommes politiques et diplomates.


Sarkozy propose un "espace économique commun" entre la Russie et l'UE, AFP - Yahoo! Actualités
"C'est parce qu'elle veut la paix que l'Europe dit à la Russie qu'elle veut avoir avec elle des liens de solidarité, qu'elle veut bâtir avec elle un avenir partagé, qu'elle veut être son partenaire. Pourquoi ne pas construire, à l'échelle de tout le continent, un espace économique commun qui unirait la Russie et l'Europe ?", a déclaré M. Sarkozy.

"Je vous rappelle que la Russie nous vend 80% de son énergie, que ce qu'elle nous vend représente 40% de nos besoins (en énergie). N'avons-nous pas là un espace fantastique de collaboration et de travail en commun ?", a-t-il ajouté.


Pékin - Sotchi : même combat ? Retour sur la crise russo-géorgienne, AgoraVox
Force est de constater que la très grande majorité des médias occidentaux – états-uniens en premier lieu – a fait le choix de souligner, parfois jusqu’à la caricature, la virulence de la riposte russe, au point d’en arriver au fil des semaines à déformer totalement la réalité et à faire de Moscou l’unique agresseur. Sous la plume des journalistes, et par voie de conséquence dans une bonne part de l’opinion publique mondiale, la jeune démocratie géorgienne est la victime du terrifiant grizzly russe. Ce qui serait considéré dans un contexte différent comme un mensonge éhonté prend sur l’échiquier international les formes troubles d’une stratégie élaborée de manipulation psychologique et de désinformation.

Lorsque dans la nuit du 7 au 8 Août, vers 1h du matin Saakachvili décide de lancer l’offensive sur Tskhinvali, il compte vraisemblablement mettre un terme à deux semaines de tensions et d’escarmouches sanglantes via milices interposés entre ossètes et géorgiens et mise visiblement sur une victoire éclair pour rétablir la stabilité dans la région ; la justification officielle de l’opération militaire est d’ailleurs le « rétablissement de l’ordre ».

Si la Russie ne réagit pas – comme cela est déjà arrivé – il ne se sera passé rien d’autre qu’une opération de maintien de l’ordre en territoire ossète et abkhaze à un moment où l’attention médiatique est focalisée sur le début des Jeux Olympiques. Si la Russie décide de réagir militairement à l’offensive géorgienne, elle doit obligatoirement rompre la « trêve olympique » et risque de subir les foudres de la presse et de l’opinion publique mondiale, relayés par les inquiétudes des pays de l’ancien pacte de Varsovie (on a très vite parlé d’un risque de réaction en chaîne avec l’Ukraine et les Pays Baltes) et la réactivation étonnamment fertile des vieux démons de l’Europe (Münich).

Revue de presse Crise économique

Sarkozy à l'Onu : "Reconstruisons un capitalisme régulier et régulé", Le Point
À la tribune des Nations unies, à New York, Nicolas Sarkozy a évoqué la crise financière. "Ma conviction, c'est que le devoir des chefs d'État et de gouvernement des pays les plus directement concernés est de se réunir avant la fin de l'année pour réfléchir ensemble aux leçons à tirer de la crise financière la plus grave qu'ait connue le monde depuis celle des années 1930", a assuré le chef de l'État, sans préciser le format de la réunion qu'il souhaite. "Reconstruisons ensemble un capitalisme régulier et régulé où des pans entiers de l'activité financière ne sont pas laissés à la seule appréciation des opérateurs de marché, où les banques font leur métier. Le métier des banques, c'est de financer le développement économique plutôt que la spéculation."

Commentaires : Le discours de la "régulation du capitalisme" est aussi celui des altermondialistes...


GOLSTEIN Fred, Qui va payer la crise à Wall Street ?, Investig’action
La crise des banquiers a rempli la une des journaux de gros titres sensationnels, avec des comptes rendus à l’heure près de l’agonie d’une poignée de millionnaires et de milliardaires à Wall Street. Mais les médias capitalistes ont laissé de côté le véritable drame des saisies et licenciements affectant la vie de millions de travailleurs.

Des centaines de milliards de dollars ont été refilés à des banquiers qui se sont retrouvés dans une crise en raison de la rapacité des prêts hypothécaires et de la revente de ces hypothèques sur le marché mondial des capitaux. Aucun secours n’est venu pour les victimes de l’industrie bancaire des hypothèques.

Cette dernière crise constitue une énorme dégringolade pour le capital financier américain, habitué à faire la leçon aux autres gouvernements capitalistes à propos des inconvénients des interventions gouvernementales. Brusquement, toutefois, les banquiers et les patrons sont tous unis, de la droite aux modérés et aux libéraux, dans leurs applaudissements à l’adresse du Trésor et de la direction de la Banque centrale des USA pour leur intervention au moment opportun. Ils se soumettent, à contrecœur mais de façon évidente, au regard et au contrôle du gouvernement, soucieux de sauver leur système de la dégringolade.

Avec cette crise, la structure du capitalisme américain entre dans une nouvelle phase. Le gouvernement capitaliste a commencé, fragmentairement d’abord mais peut-être systématiquement à l’avenir, à absorber les obligations et mauvaises dettes de l’oligarchie financière boursière et spéculatrice. À long terme, cela ne peut qu’approfondir la crise en la faisant pénétrer plus au cœur encore de l’organisme du capitalisme américain.


SAPIR Jacques, Sept jours qui ébranlèrent la finance, Recherche en histoire visuelle
La crise financière a connu un tournant majeur dans la semaine qui s’est écoulée entre le dimanche 14 septembre et le vendredi 19 septembre 2008. L’accélération brutale des événements a provoqué leur changement de nature. L’accumulation quantitative des chocs a induit leur transformation qualitative. Les représentations des acteurs se sont révélées tout comme elles se sont brutalement transformées. En ce sens les six journées dramatiques qui vont de l’après-midi du dimanche 14 à la clôture de la séance à Wall Street le vendredi 19 constituent un de ces «moments» historiques où sont testées tout autant les stratégies que les doctrines et les théories qui les sous-tendent.

Il ne fait aucun doute que cette «folle semaine» laissera des traces profondes non seulement dans l’économie, mais aussi dans les représentations. Le retour de l’État a signifié un brutal retour du principe de réalité. Ceci n’implique pourtant pas que le travail d’excuse et d’auto-justification ne soit en place. Il implique donc de bien préciser les leçons que l’on peut tirer des événements de ces derniers jours.

Les dérives de la finance américaine qui ont contaminé une bonne partie de la finance mondiale sont d’abord et avant tout le produit de la crise d’un modèle de développement, celui du neo-libéralisme américain qui prétend développer une économie capitaliste en comprimant toujours plus les salaires et en conduisant une fraction toujours plus grande de la population de la paupérisation relative à la paupérisation absolue.

Quand on comprime les revenus salariaux pour toujours plus de profits et que l’on cherche dans la financiarisation de l’économie une porte de sortie à la contradiction qui veut que toute compression des revenus induira celle de la demande solvable, donc celle du niveau d’activité et donc celle du volume des profits, alors la dérégulation financière et l’emballement de la machine à crédit au delà de toute borne prudentielle – au point où l’on en arrive à parler de prêt «prédateurs» – deviennent logiques.

L’origine de la crise financière n’est pas à chercher dans la finance mais dans des modes de répartition, d’ouverture à la concurrence internationale, et des procédures de déréglementation – sociales, financières, industrielles - qui caractérisent un modèle particulier de capitalisme, que l’on peut caractériser par ses pathologies dans le domaine macroéconomique, institutionnel et idéologique. Le néo-libéralisme est une totalité qui fait système.

Cette crise n’est pas un simple cycle, un moment banal de difficultés passagères comme on l’ont prétendus nombre d’économistes soi-disant avisés, tel Alan Greenspan, avant de se contredire devant la bourrasque de cette folle semaine et de qualifier la crise de «plus importante depuis un siècle».

Cette crise est bien structurelle. Elle correspond à un moment que la théorie régulationniste qualifie de « grande crise », soit la rupture d’un ensemble ayant acquis une cohérence dynamique. L’un des enjeux de cette crise sera donc, bien au-delà de réglementations techniques, de s’attaquer aux fondements du néo-libéralisme.

Au point où elles en sont aujourd’hui, les autorités américaines ne peuvent plus se permettre de perdre la moindre bataille, de faire la moindre erreur de stratégie et de communication. L’hégémonie monétaire du Dollar, fondamentalement contestée, est à la merci de la moindre erreur et ceci sans qu’une solution de rechange ne soit disponible à court terme.


13 questions sur les mécanismes de la crise financière, Chronique Agora
Alors que chacun connaît désormais l'origine du problème -- le surendettement des ménages les moins fortunés à qui l'administration Bush a fait miroiter le mirage du "tous propriétaires" -- pourquoi le premier réflexe de la Fed et du Trésor a-t-il été de voler au secours des plus riches (les banques, les compagnies d'assurances du secteur privé) et non des municipalités ? Quitte à dépenser 1 000 ou 1 500 milliards de dollars, elles auraient alors pu acquérir le plus beau parc locatif de la planète et ainsi éviter à l'immobilier -- puis aux créances à risque -- de s'effondrer.

Ne valait-il pas mieux nationaliser dès le printemps 2007 quatre ou cinq millions de logements ? Ils auraient été convertis en HLM, et leurs occupants auraient été maintenus en place -- même avec des loyers symboliques, en 30 ans, c'est amorti. Tout ça plutôt que de nationaliser 1 000 milliards de dollars -- et encore, c'est une estimation très "conservatrice" -- de créances pourries (produits dérivés virtuels) dont personne ne pourra jamais profiter d'aucune façon concrète.

Revue de presse Afghanistan

Vers une redéfinition de la stratégie française en Afghanistan ?
Source : IRIS - Dailymotion


FISK Robert, Illusions guerrières, ContreInfo
Deux siècles après l’aventure coloniale, l’occident est à nouveau victime de la même illusion et du même mensonge : ceux d’une mission civilisatrice dont les hauts faits s’écriraient à la pointe du fusil. Mais la victoire annoncée comme acquise en 2001 en Afghanistan se dérobe toujours plus, tout aussi insaisissable qu’elle l’était hier pour l’armée Soviétique ou aujourd’hui en Irak pour les USA. Il faut le répéter, encore et toujours. La guerre n’est pas la solution. La guerre c’est le problème.

On nous a également infligé depuis des années ces mêmes non-sens sur la situation dans le sud-ouest Asiatique. Tout d’abord, en 2001, nous avions gagné la guerre en Afghanistan en renversant le régime talibans. Puis nous nous sommes remis en mouvement pour gagner la guerre en Irak. Aujourd’hui - avec au moins un attentat suicide à la bombe par jour et une nation divisée en enclaves confessionnelles antagonistes - nous avons gagné la guerre en Irak et revenons sur nos pas pour re-gagner la guerre en Afghanistan où les talibans - complètement battus par nos gars il y a sept ans - ont démontré l’ampleur de leur faillite morale et politique en reconquérant la moitié du pays.

Après les progrès « inimaginables » effectués en Irak - je cite l’humoriste qui occupe encore la Maison Blanche - les Américains vont extraire 8000 soldats de Mésopotamie et en déverser 4700 sur les flammes infernales de l’Afghanistan. Trop peu, trop tard, trop lentement, commente sur un ton acide l’un de mes collègues français. Il faudrait au moins 10 000 soldats supplémentaires pour espérer venir à bout de ces diables de talibans qui sont maintenant équipés avec des armes plus sophistiquées, mieux formés et de plus en plus - amer constat - tolérés par la population civile locale.


PAKZAD Karim, Afghanistan : Pour changer de stratégie, changer de vision, IRIS
Redéfinir une nouvelle stratégie d’ensemble en Afghanistan, à supposer qu’il y en ait déjà une, tant cette guerre était mal conçue et mal conduite dès son origine, aussi bien sur le plan militaire que politique. Pour changer de stratégie, il faut d’abord réviser notre vision très réductrice de la réalité afghane qui, elle, est complexe. Une approche purement idéologique qui ignorerait la réalité politique, sociale, ethnique et historique de l’Afghanistan pourrait nous conduire à l’échec, si ce n’est déjà le cas. On n’attend pas des hommes politiques de connaître toute l’histoire sociale et politique de ce pays, mais on ne peut que s’étonner de la façon simpliste dont ils justifient la guerre en Afghanistan.

Le mécontentement vis-à-vis de la coalition internationale et de l’OTAN gagne de plus en plus de terrain, surtout ceux qui sont hostiles aux Talibans. La façon dont cette guerre est menée, les bombardements inconsidérés contre des villages entiers dès qu’il y a des coups de feu tirés par les Talibans, augmentent le nombre des civils tués. En 2006, près de 1700 civils sont morts. Les sept premiers mois de cette année, 540 civils ont été tués dont 173 sous le bombardement de l’aviation de l’OTAN. Les fouilles des maisons et l’arrestation arbitraire des villageois (comment distinguer un simple villageois d’un taliban ?) sont devenues insupportables pour la population. Quelques jours après la mort des soldats français, 91 civils, en majorité des femmes et des enfants, ont été tués dans la province de Shindand à l’Ouest de l’Afghanistan victimes des bombardements de l’aviation américaine. Est-ce la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ? Toujours est-il que trois jours après, le 26 août, le Conseil des ministres, présidé par Hamid Karzaï, publie une déclaration solennelle pour « condamner fermement des opérations militaires illégales des forces étrangères » et demander aux ministères de la défense et des Affaires étrangères « d’entamer des négociations sérieuses avec la coalition internationale pour faire respecter le droit à la souveraineté nationale » de l’Afghanistan.

Ce n’est pas un hasard si les Etats-Unis, à eux seuls, consacrent, rien que pour entretenir leur 30 000 soldats en Afghanistan, trois milliards de dollars par mois, alors que l’aide humanitaire en Afghanistan ne dépasserait pas 200 millions de dollars par mois. La culture du pavot et le trafic de drogue (plus de 90 % de l’héroïne consommée en Europe vient de l’Afghanistan) sont directement liés à cette situation.


MYARD Jacques [Député UMP, Président du Cercle Nation et République], Sortir du guêpier afghan !, Questions critiques
La démocratie et les droits de l’Homme sont, malheureusement, pour les 4/5ème des peuples de la planète un grand projet d’avenir et il n’est pas du tout certain qu’ils puissent être propagés dans le monde les armes à la main. Les pays occidentaux feront d’ailleurs un grand progrès dans la promotion de leurs valeurs le jour où ils auront compris qu’on ne les impose pas à d’autres peuples qui vivent avec une culture différente de la leur.

Il est clair, en outre, que la conduite de cette guerre sur le plan stratégique est totalement contrôlée, maîtrisée, imposée par les Américains sur lesquels nous n’exerçons aucune influence. Voilà une nouvelle preuve que la volonté de certains de voir la France réintégrer l’OTAN pour peser sur Washington est une douce illusion...

22 septembre 2008

Revue de presse Géorgie-Adjarie-Abkhazie-Ossétie

GÉRONIMO Jean, Géorgie : le point de non retour, Mondialisation
Depuis la chute du communisme en 1991, la Géorgie apparait comme un double symbole géopolitique : d’une part comme celui de l’avancée américaine en zone post-soviétique, d’autre part, comme celui du déclin de la puissance russe dans sa zone de domination historique. Globalement, la Géorgie est le symbole de l’extension post-guerre froide de la sphère euro-atlantique, doublement centrée sur la compression de la puissance russe et le contrôle des ressources énergétiques. Cela s’inscrit, sur long terme, dans une stratégie américaine structurellement anti-russe et visant à réduire l’influence eurasienne de Moscou par l’intégration des ex-républiques soviétiques.

Aujourd’hui, cet Etat post-soviétique se retrouve au cœur d’une lutte pour le contrôle de l’Eurasie, zone stratégique pour la domination du monde.
La Géorgie apparait véritablement comme un pivot géopolitique dans la stratégie américaine du “rôle back” (reflux) de la puissance russe, prônée par Brzezinski.

La Géorgie (avec l’Ukraine et l’Azerbaïdjan) espère bientôt intégrer le bloc occidental par le biais des institutions de l’UE et de l’Otan. Et c’est surtout cette intégration à l’Otan que redoute Moscou, dans la mesure où elle élargirait la zone d’intervention potentielle de l’Otan - bras armé de l’Amérique - aux portes de la Russie.

En définitive, c’est le statut post-impérial de la Russie qui se joue. Depuis la phase post-communiste, la Russie cherche d’une part à s’insérer dans le nouvel Ordre mondial qu’elle espère “plus juste” et d’autre part, à reconstruire son identité internationale. Mais face à l’hostilité américaine, elle veut garder un droit de regard sur son espace périphérique, source potentielle d’instabilités politique et sécuritaire. Cela explique et justifie son acharnement à défendre les causes ossète et abkhaze, au nom de principes moraux supérieurs et ce, quels qu’en soient les coûts. Sa survie, et son retour comme grande puissance, en dépendent.

Revue de presse Ukraine

Crise politique en Ukraine, RIA Novosti

Vulnérable Ukraine : quel avenir ?, Contre-Feux
L’avenir de l'Ukraine est plus que jamais incertain. Russes et Américains en ont des visions opposées, alors que l'UE, encore une fois divisée, a proposé le service minimum le 9 septembre. En dernier ressort, c'est l'opinion ukrainienne qui devra trancher...

Présenter l’Ukraine comme une sorte de future victime de l’expansion russe et du maniement par Moscou de l’arme énergétique, est erroné : l’Ukraine est profondément divisée entre une sympathie culturelle et historique pour la Russie et une identité européenne, entre une institution orthodoxe et une appartenance à l’église uniate qui relève de l’autorité du Vatican. L’Ukraine est à la fois proche de la Pologne et de la Russie !

Revue de presse Médias

Entre les lignes : avenir des médias et fin du journalisme selon le rapport Giazzi, Novövision
Entre les lignes du rapport Giazzi sur les médias et le numérique se dessine un avenir de l’information à deux vitesses, cohérent et sans états d’âme : d’une part un paysage dominé par de grands groupes multimédias (associant presse écrite, radio, télévision et internet) fusionnant les industries de l’information et du divertissement, d’autre part la liberté laissée à un journalisme professionnel indépendant et pluraliste de tenter de se développer à la marge sur internet.

Face au danger de marchandisation générale d’une information réduite à des dépêches d’agences, diluée dans une logique marketing d’infotainement (fusion de l’information et du divertissement), les garanties apportées au respect d’une déontologie, du pluralisme de l’information et d’une indépendance éditoriale des journalistes, sont purement anecdotiques.


Le 11-Septembre de France 24, AgoraVox
"Trois langues, un seul langage". Telle était la devise caractérisant la spécificité de France 24 à son lancement : la synergie d’une rédaction composée d’une trentaine de nationalités et chargée de relater les informations en français, anglais et arabe. Deux ans plus tard, il faudrait rajouter "et d’une seule voix".

Au-delà des griefs comportementaux formulés à leur encontre (rudesse, autoritarisme, mauvaise foi, etc.), l’affaire révèle une tendance lourde, constatée depuis l’arrivée de Christine Ockrent, passée des ménages au "grand ménage", à la direction de l’audiovisuel extérieur : la volonté politique d’une épuration idéologique.

A sa manière, l’affaire Deniau, au-delà des luttes de pouvoir au sein de France 24 et de la purge politique par une direction plus atlantiste (ou "sarko-kouchnero-compatible"), témoigne d’autre chose, qui émerge à peine : la nervosité d’une corporation hybride (patrons de médias, chroniqueurs influents, journalistes, faiseurs d’opinion) à l’endroit de toute parole publique "dissidente" sur le 11-Septembre. L’unanimité incroyable pour fustiger violemment un pitre inoffensif comme Jean-Marie Bigard révèle le décalage saisissant entre les acteurs des médias et l’opinion publique, plus indulgente envers le comique amateur de films "conspirationnistes". Même le référendum sur l’Europe en 2005 n’avait pas connu un tel alignement de la part des journalistes hexagonaux.


Livre : POLITKOVSKAÏA Anna, Qu’ai-je fait ?, Buchet Chastel, 2008, Rue89
Dans ce texte en friche, probablement destiné à un public occidental, Anna Politkovskaïa s’interroge sur ce qu’est le métier de journaliste en Russie. « Presque tous les journalistes et les médias russes de la génération actuelle sont des Koviorny », écrit-elle. Le Koviorny est une sorte de clown qui sur la piste du cirque amuse le public entre deux numéros.

Ceux qui ne jouent pas le jeu de ce cirque en Russie, ceux qui ne sont pas des « nôtres » sont des ennemis, des proscrits. On se méfie d’eux, on les fuit, on les surveille, on ne les invite pas aux voyages et aux conférences de presse, on les marginalise, on leur colle des flopées de rumeurs infondées sur le dos.

Revue de presse 11 septembre 2001

11/09 : symbole de nouvelles dérives sécuritaires ?

Source : IRIS - Dailymotion


Le 11-Septembre de France 24, AgoraVox
"Trois langues, un seul langage". Telle était la devise caractérisant la spécificité de France 24 à son lancement : la synergie d’une rédaction composée d’une trentaine de nationalités et chargée de relater les informations en français, anglais et arabe. Deux ans plus tard, il faudrait rajouter "et d’une seule voix".

Au-delà des griefs comportementaux formulés à leur encontre (rudesse, autoritarisme, mauvaise foi, etc.), l’affaire révèle une tendance lourde, constatée depuis l’arrivée de Christine Ockrent, passée des ménages au "grand ménage", à la direction de l’audiovisuel extérieur : la volonté politique d’une épuration idéologique.

A sa manière, l’affaire Deniau, au-delà des luttes de pouvoir au sein de France 24 et de la purge politique par une direction plus atlantiste (ou "sarko-kouchnero-compatible"), témoigne d’autre chose, qui émerge à peine : la nervosité d’une corporation hybride (patrons de médias, chroniqueurs influents, journalistes, faiseurs d’opinion) à l’endroit de toute parole publique "dissidente" sur le 11-Septembre. L’unanimité incroyable pour fustiger violemment un pitre inoffensif comme Jean-Marie Bigard révèle le décalage saisissant entre les acteurs des médias et l’opinion publique, plus indulgente envers le comique amateur de films "conspirationnistes". Même le référendum sur l’Europe en 2005 n’avait pas connu un tel alignement de la part des journalistes hexagonaux.

Revue de presse Russie

Revue de la presse russe, RIA Novosti


Livre : POLITKOVSKAÏA Anna, Qu’ai-je fait ?, Buchet Chastel, 2008, Rue89
Dans ce texte en friche, probablement destiné à un public occidental, Anna Politkovskaïa s’interroge sur ce qu’est le métier de journaliste en Russie. « Presque tous les journalistes et les médias russes de la génération actuelle sont des Koviorny », écrit-elle. Le Koviorny est une sorte de clown qui sur la piste du cirque amuse le public entre deux numéros.

Ceux qui ne jouent pas le jeu de ce cirque en Russie, ceux qui ne sont pas des « nôtres » sont des ennemis, des proscrits. On se méfie d’eux, on les fuit, on les surveille, on ne les invite pas aux voyages et aux conférences de presse, on les marginalise, on leur colle des flopées de rumeurs infondées sur le dos.

Revue de presse Palestine/Israël

L'héritage inachevé d'Ehoud Olmert, Le Figaro
Olmert considère que le temps presse et que le salut d'Israël en tant qu'État juif démocratique passe par le retrait des territoires occupés et la création d'un État palestinien, avant que la croissance démographique arabe ne remette en cause cette solution. Il est partisan de la création d'un État palestinien, comme seule solution pour sauvegarder l'idéal sioniste, quitte à sacrifier une partie de la terre revendiquée par les partisans du Grand Israël.


Tzipi Livni saura-t-elle se montrer à la hauteur ?, RIA Novosti
Concernant les négociations avec les Palestiniens, la position d'Israël diffère guère de celle des Etats-Unis jusqu'à présent, et elle restera sans doute la même. Il s'agit de soutenir l'idée de créer un Etat palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Tzipi Livni est prête à dialoguer uniquement avec l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas et refuse catégoriquement tout contact avec le Hamas.

Les perspectives de paix en matière de négociations avec les Palestiniens restent extrêmement floues même avec un nouveau premier ministre. Il en va de même pour les Syriens. Il est peu probable que Tzipi Livni parvienne à convaincre la société israélienne de rendre à Damas les hauteurs du Golan, occupées par Israël depuis la guerre de 1967.


L'ombre de Golda Meir sur la politique israélienne, CCIPPP
Kadima ne disposant que d’un quart des sièges à la Knesset, elle devra composer avec le Parti travailliste d’Ehoud Barak sur sa gauche et les partis religieux sur sa droite pour former un nouveau gouvernement et prendre le poste laissé vacant par Ehoud Olmert éclaboussé par des soupçons de corruption. Parmi les défis figurent « les menaces extérieures » sur la sécurité d’Israël, la nécessité d’« exploiter les chances » de faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens et les « incertitudes économiques », dues aux retombées de la crise mondiale.

Autant de raisons qui font dire à de nombreux observateurs que Tzipi Livni aura bien du mal à éviter l’organisation d’élections anticipées, sauf à céder aux volontés des uns et des autres. Elle-même n’étant pas vraiment une colombe (elle dirige les négociations avec les Palestiniens, sans avancées réelles), c’est peu dire, dans ces conditions, que l’élection d’une nouvelle dirigeante à la tête de Kadima et peut-être du pays ne permet pas d’espérer une quelconque embellie sur le front de l’occupation pas plus que dans la perspective de création d’un État palestinien. Les références à Golda Meir, première femme israélienne premier ministre, ne sont pas non plus pour rassurer !


Entretien avec Gilles Kraemer : ''Ce n'est pas rendre service à Israël que de refuser de dire les choses'', Nonfiction
Un professeur d’université de Birzeit m’a apostrophé un jour : "Qu'auriez vous dit si, pendant l'occupation nazie de la France, on vous avait encouragé à collaborer entre Français et Allemands ?" Il voulait protester contre la façon qu’ont les Européens et les Occidentaux à toujours "forcer" les Palestiniens et les Israéliens à se serrer la main alors que sur le terrain il n’y a aucun accord ni aucune amélioration. Cette phrase reflétait un état d’esprit que j’ai rencontré plusieurs fois, et il m’a semblé important de ne pas la censurer, au nom de je ne sais quel tabou.

Ce n’est pas rendre service à Israël que de refuser de dire les choses. D’ailleurs les journaux israéliens écrivent avec beaucoup plus de liberté que nous. Ils rapportent et utilisent des termes que personne en France n’oserait écrire.

Je pense qu’il faut dire les choses, parce qu’il y a quelque chose de maladif dans ce conflit. Israël ne sera un pays normal que quand la Palestine existera. C’est ce que j’ai compris au cours de mes trois ans en territoires palestiniens. C’est ce que je veux dire au travers d’une parole sans interdits.

Revue de presse Crise économique

Pour comprendre la crise financière

Source : Libération


Une recette éternelle contre les crises financières : nationaliser les dettes et privatiser les profits, Bakchich
Si le capitalisme triomphe, c’est grâce à une technique qu’il a mis au point au XIXe siècle, arnaquer l’Etat et ses contribuables. La méthode est défendue par les experts médiatisés, qui aident la crise financière à passer comme une lettre à la poste. Bien joué.


Tsunami financier, Alternatives International] - Le Grand Soir
Nombreux sont ceux qui savent, et les autres sont en train de le découvrir, qu’au cours de ce mois de septembre turbulent les Etats-Unis sont en train de connaître un 11 septembre financier, probablement pire que celui de 2001, tandis qu’une série de développements catastrophiques secouent notre système économique tout en envoyant des ondes de choc dans le monde entier. Des mots tels que « Armagedon » sont désormais prononcés même entre gens de bonne compagnie.


La crise financière, tremplin pour la Chine ?, Rue89
Les Etats-Unis vivent à crédit : le taux d’épargne des ménages, c’est à dire les économies réalisées sur le revenu disponible, est négatif (alors que, en France par exemple, il est actuellement de 15%).

Mais lorsque les ménages consomment, ils achètent majoritairement des produits fabriqués en Chine qui trouvent en Amérique du Nord 25% de leurs débouchés à l’exportation. Dans ces conditions, l’intérêt bien compris de la Chine consiste à permettre aux Américains de continuer à vivre à crédit pour que ses usines tournent. Ce qui explique pourquoi Pékin détient aujourd’hui quelque 800 milliards de dollars en réserves et presque autant en bons du Trésor américain.

Et si la fièvre est retombée sur les places boursières, il se pourrait que cette crise sonne le début d’un bouleversement mondial annoncé, l’actuelle troisième puissance économique mondiale (la Chine) et créancière de la première (les Etats-Unis) se positionnant pour prendre le leadership économique du monde de demain.


JORION Paul, La compréhension des crises financières et de leur répétition, Fondation Copernic
Paul Jorion fait ici le lien entre les défaillances de la doctrine économique dominante, ses fondements sociaux et institutionnels et son incapacité à comprendre les processus en cours. Sous son influence, la politique monétaire américaine a oublié les enseignements de la crise de 1929 et a laissé libre cours à la spéculation financière. La crise financière est aussi la crise d’une science économique qui oublie les enseignements du passé à travers un processus de sélection entre les différentes explications possibles, où la fausse a éliminé la vraie.


Livre : LAVAL Christian, L’homme économique - Essai sur les racines du néolibéralisme, Gallimard, 2007, Mouvements
Dans L’homme économique, Christian Laval, chercheur en histoire de la philosophie et de la sociologie à Paris X, livre le produit d’une réflexion érudite sur l’histoire du libéralisme, sans jamais perdre de vue les implications critiques et politiques de ses analyses. La clarté et la rigueur de la démonstration en font un ouvrage accessible à un lectorat qui cherche à nourrir sa réflexion politique d’analyses précises d’auteurs trop souvent méconnus.

La pertinence politique de L’homme économique n’en est pas moins évidente. Les nombreuses citations qu’il propose à l’appui de sa thèse marquent de façon frappante la proximité idéologique entre les auteurs des siècles passés et les discours qui dominent aujourd’hui. Rien de nouveau dans l’éthique de responsabilité individuelle et de travail qu’on nous présente aujourd’hui comme "’en rupture" avec notre tradition nationale. Management et gouvernance ne sont que les avatars d’une conception de la société comme ensemble de volontés rationnelles et autonomes.

Quelles alternatives proposer à la lame de fond libérale qui emporte l’Occident depuis près de cinq siècles ? Un autre monde est-il possible ? La réponse de Laval à cette question est à chercher dans son ouvrage précédent, L’ambition sociologique (La Découverte, 2002), où il examine les étapes de la formation d’un discours sociologique qui, au XIXe siècle, met en cause les fondements anthropologiques de la modernité libérale des économistes classiques. C’est sur le terrain sociologique qu’il faut repenser l’opposition politique et idéologique au libéralisme, les discours économiques et politiques ayant été phagocytés par l’ontologie libérale.


La vérité sur la crise financière, L'économie en questions - France Culture
Rencontre avec George Soros, président du Soros Fund Management et fondateur d’un réseau mondial de fondations philanthropiques, notamment dans le domaine des droits de l’homme. Auteur de La vérité sur la crise financière,Denoël, 11 septembre 2008.
• George Soros, Wikipédia
• George Soros, spéculateur et philanthrope, Voltaire
Archétype du spéculateur et prophète du « post-capitalisme », le financier et philosophe George Soros est à la fois craint et adulé. Responsable de krachs boursiers et mécène dans une cinquantaine de pays, il détient aujourd’hui une fortune évaluée à sept milliards de dollars et se propose de financer les campagnes contre George W. Bush alors même qu’il sauva Junior de la faillite en 1990 et continue à travailler avec son père au sein du Carlyle Group. Simultanémment actif dans de nombreux changements de régime, il est accusé d’être un paravent de la CIA.

20 septembre 2008

Revue de presse Palestine/Israël

"L’idée du rêve du Grand Israël est terminée", AgoraVox
Dans un discours qualifié d’historique et d’adieu, le premier ministre israélien Ehud Olmert déclare :
« L’idée du rêve du Grand Israël est terminée »
« Depuis 40 ans (depuis la guerre de 1967), nous avons inventé des prétextes et des arguments afin de justifier notre politique de négligence de pas vers la paix selon le principe [deux peuples, deux états]. Notre politique n’a pas été dans l’intérêt d’Israël, car en refusant le principe de [deux peuples, deux états], nous sommes restés [un état pour deux peuples].»
« Beaucoup de palestiniens, désespérés par les négociations, ont commencé à penser à cette solution [un état pour deux peuples] et même nos amis en Europe et aux Etats-Unis ont aussi à leur tour réfléchi à cette solution. En effet, nous avons refusé de voir la réalité, nous avons refusé de lire la feuille de route qui nous dit clairement que le temps ne tourne pas en notre faveur…. »
« Je croyais que la terre entre la méditerranée et la rivière de la Jourdan est à nous, à nous seuls, les juifs. Je croyais que nous disposions d’un droit historique….Mais en fin de compte, et après beaucoup de réflexion et d’hésitation, je suis arrivée à une conviction : nous devons partager la terre, nous ne voulons pas un [état pour deux peuples]. »


Commentaires : Cette information a été peu reprise par les médias dominants et surtout elle n'a pas été mise en contexte (nous y reviendrons). Curieusement, l'abandon du rêve sioniste du Grand Israël est repris par tous les commentateurs à propos de Tzipi Livni.

12/09/2008, Trois ans après, l’échec du retrait de Gaza hypothèque tout départ des Territoires, Libération
C’est un péril d’une toute autre nature qui inquiète le reste de la classe politique israélienne, des centristes de Kadima à l’extrême gauche. Celle de voir la poursuite de la colonisation empêcher la création d’un Etat palestinien. «La partition est en train de devenir impossible», constate mi-lucide, mi-navré un éditorialiste de Haaretz. Dès lors, l’avènement d’un Etat binational deviendrait inéluctable et, compte tenu de la démographie, les juifs pourraient rapidement y devenir minoritaires. Cauchemardesque pour la plupart des Israéliens, cette option séduit une partie de l’élite palestinienne convaincue qu’un retour aux lignes de 1967 est désormais exclu.


14/09/2008, Cisjordanie : un plan d'indemnisation des colons présenté au cabinet, AFP - Romandie News
Le Premier ministre Ehud Olmert a soutenu le plan lors de la réunion du cabinet et demandé à M.Ramon de présenter un projet de loi au gouvernement estimant que le maintien de l'occupation de la Cisjordanie risquait à terme de mettre en péril le caractère juif d'Israël en le transformant en un Etat "pour deux peuples".
"L'idée du Grand Israël a disparu. Celui qui soutient autre chose trompe les Israéliens", a déclaré M. Olmert ajoutant que ce débat "est aussi un moyen de préparer le public aux nécessaires compromis qui devront être faits dans le futur".


14/09/2008, Olmert dresse son bilan, Aroutz7
Olmert a profité de cette occasion pour présenter son bilan, estimant notamment qu'il fallait renoncer définitivement au "rêve du grand Israël" et prétendant que ceux qui y croyaient encore "se berçaient d'illusions". Il a encore déclaré que 40 ans après la Guerre des Six-Jours, les dirigeants israéliens s'étaient montrés plutôt créatifs alors que dans l'autre camp, on semblait de plus en plus obstiné. Il a ajouté que le temps "ne travaillait pas pour Israël".
 
Et d'admettre : "Je n'ai pas toujours adopté de telles positions, et j'avais même dit à l'époque à Ehoud Barak que les concessions territoriales qu'il était prêt à accepter à Camp David étaient excessives. Mais finalement, après un processus douloureux, je suis arrivé à la conclusion que nous devons partager avec nos partenaires si nous ne voulons pas devenir un Etat binational".


14/09/2008, Abbas / Olmert : « Cherche paix désespérément », Guysen News
Ce matin, lors du conseil hebdomadaire des ministres, Ehoud Olmert a déclaré que « l'idée du Grand Israël est terminée et celui qui persiste à croire en cette idée se berne lui-même ».

« Lors des discussions de Camp David je pensais que les concessions accordées par Ehoud Barak étaient excessives et que tout nous appartenait, du Jourdain à la mer méditerranée, mais après une période douloureuse je me suis résigné à penser que nous étions forcés de partager cette terre si nous ne voulons pas devenir un Etat binational » a-t-il ajouté.


15/09/2008, Revue de la Presse israélienne de l'Ambassade de France en Israël, UPJF
Olmert : la notion de « Grand Israël » a perdu toute pertinence
Hier, lors de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, le Premier ministre, Ehud Olmert, bientôt démissionnaire, a exposé l’essentiel de son credo politique, qu’il n’a finalement pas pu réaliser, écrit Haaretz. « La notion de grand Israël n’est plus valable. Elle n’existe plus. Ceux qui emploient ce terme se font des illusions », a déclaré le Premier ministre.

M. Olmert s’est prononcé lors du premier débat au conseil de ministres, consacré au projet de loi proposé par le vice-Premier ministre, Haïm Ramon, et intitulé « évacuation-compensation ». Ce projet de loi prévoit de mettre en place un dispositif qui versera des indemnités à des colons habitant à l’est de la barrière de séparation, en échange de leur bonne volonté à quitter leurs maisons pour se réinstaller en Israël.
Selon les données présentées par H. Ramon, environ 62.000 colons vivent à l’est de la barrière dont 18% (11.000) sont désormais prêts à déménager en Israël, en échange d’indemnités. Selon son projet, l’Etat versera 1.1 million de NIS à chaque famille qui sera d’accord pour évacuer, avec une prime de 15% à 25% pour les familles souhaitant s’installer dans le Néguev ou en Galilée. Le coût du projet s’élève à 2.5 milliards de NIS. Ce plan n’a pas été voté hier par le gouvernement, mais le vice-Premier ministre a annoncé qu’il le soumettrait à l’approbation du nouveau gouvernement qui sera formé après les primaires à Kadima.

Le journal note qu’au cours de la réunion d’hier, les ministres Tzipi Livni et Shaoul Mofaz, candidats favoris à la tête de Kadima, se sont prononcés contre le projet de Haïm Ramon. Selon Mme Livni, il est trop tôt pour aborder la question de l’évacuation, car cela pourrait compromette les positions israéliennes dans le cadre des négociations avec les Palestiniens sur les frontières permanentes. M. Mofaz, quant à lui, a soutenu que la promotion de ce projet avant la signature d’un accord permanent ne ferait que renforcer les revendications palestiniennes envers Israël. Les deux autres candidats à la tête de Kadima, les ministres Avi Dichter et Meïr Shitrit, ont exprimé, eux aussi, leurs objections à ce projet.


16/09/2008, Olmert formule ses dernières volontés politiques, Le Figaro
À défaut, Ehoud Olmert a tiré les conclusions de ses deux années et demie de pouvoir : «L'idée du Grand Israël est finie, ceux qui l'évoquent encore se font des illusions.» Si le constat n'est pas nouveau, il marque la différence avec le Likoud et l'opposition de droite menée par Benyamin Nétanyahou.

Histoire de bien marquer les points sur les «i», Ehoud Olmert déplore que «depuis quarante ans nous n'avons cessé de multiplier les arguments pour ne faire aucune concession aux Palestiniens» et de confesser qu'«après bien des tourments et des hésitations, je suis arrivé à la conclusion que nous devons partager avec ceux qui vivent à nos côtés (les Palestiniens)». Le premier ministre ajoute avec une certaine amertume : «Nous refusons de voir la réalité alors que le temps ne joue pas en notre faveur.»


17/09/2008, Nassrallah : "Nous avons liquidé la super-puissance israélienne", DesInfos
Rappelons qu’en début de semaine, le Premier ministre, Ehud Olmert, avait affirmé que « la communauté internationale est en train de changer de perspective concernant la transformation de l’Etat juif en un Etat binational », ce qui selon lui doit inciter Israël à « prouver que ses dirigeants ont toujours été plus inventifs et pris davantage d’initiatives diplomatiques que ceux du camp adverse, lesquels ont trop longtemps persisté dans leur intransigeance ».


17/09/2008, Le legs d'Ehoud Olmert : impasses diplomatiques et fiasco militaire, Le Monde
Mais il est désormais trop tard pour cet homme qui reconnaît aujourd'hui qu'"il fut un temps où il s'est battu contre ces idées". Au cours de son mandat, il n'a cessé de dire que la création d'un Etat palestinien était une nécessité pour éviter la perte d'identité juive dans un Etat binational. Il a toujours reconnu que le rêve du Grand Israël était une notion dépassée et qu'il fallait faire de la place aux voisins palestiniens. Mais il n'a pas réussi à traduire ces idées en réalités.


Lire aussi :
"Grand Israël", Google - Actualités Google

27/05/2007, Le Processus de Paix, à quand le réveil ?, SaphirNews
Pour l’Ambassadeur israélien, la plus belle occasion de « couloir ou porte ouverte » a été 1947, avec la résolution de partage. Mais « l’offre » s’est détériorée avec le temps. Et la violence, l’insécurité, la souffrance des peuples ont mis le processus en berne.
Avec Réalisme, Daniel Sheck ajoutera « … qu’il est temps de part et d’autre, d’ôter certains tabous, pour laisser ses rêves dehors ». Pour le diplomate israélien, il faut arriver à un véritable sens du compromis. Les israéliens ont appris à accepter une réalité : celle de la construction d’un Etat palestinien. Ce qui est une grande avancée en soi, « … car le Grand Israël au sens biblique, n’est plus … ». Même si ajoute-t-il, une certaine minorité, y croit encore.

Mais la ligne dure sans langue de bois se trouvera dans le dernier panel, réunissant Marek Halter, romancier et essayiste et Ivan Levaï, Directeur de la publication La Tribune Juive, qui reviennent à la thèse du grand Israël. Un discours plus modéré s’est ensuivi avec Noël Bouttier, directeur de la publication témoignage chrétien qui rappelle à la nécessité de solutions justes et équitables pour le peuple palestinien et israélien.


Commentaires : Les sionistes sont plus intégristes en France qu'en Israël !