8 octobre 2008

World Policy Conference à Evian

L'IFRI (Institut français des relations internationales) organise à Évian une World Policy Conference.

Première "World Policy Conference" à Evian, tsr.ch
"Le sentiment dominant est que le monde n'est pas gouverné", indiquent les organisateurs sur leur site internet. Le monde de 2008 est "confronté à l'hétérogénéité croissante des intérêts particuliers. La diffusion mal contrôlée des technologies, l'affrontement des représentations culturelles, la répartition inégale des ressources, les dérèglements financiers, les menaces sur la santé et l'environnement, les mouvements de populations, sont autant de problèmes perçus comme menaçants", estime l'IFRI.


Ouverture à Evian de la World policy conference, RIA Novosti
Leaders mondiaux, chefs de gouvernement, secrétaires d'organisations internationales et experts sont attendus lundi à Evian qui accueillera jusqu'au 8 octobre la World policy conference, organisée par l'Institut français des relations internationales (IFRI).

Ce forum sera l'occasion de passer en revue les problèmes du monde contemporain et la responsabilité endossée par les Etats en vue de leur règlement.


World Policy Conference à Evian : comment rendre le monde plus stable ?, RIA Novosti
Le forum de Davos rassemble des intellectuels du monde des affaires et les leaders de la pensée économique, afin de procéder à des discussions avec les leaders économiques de différents pays et organisations. Les idées formulées tous les ans au mois de janvier dans cette station de ski suisse "fonctionnent" par la suite à l'échelle globale pendant toute l'année. Le seul meeting analogue aujourd'hui est le forum annuel de l'APEC, dont l'événement central est également la conférence des dirigeants des plus grands groupes des pays de l'Asie-Pacifique, une réunion très sérieuse et normalement fermée aux étrangers.

Jusqu'ici, il n'existait pas de forum politique analogue à celui de Davos, à l'exception peut-être d'une semaine en septembre qui réunit, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, les chefs d'Etat et leurs ministres des Affaires étrangères. Or, leurs interminables et ennuyantes palabres officielles ne servent qu'à "remettre les pendules à l'heure" une fois par an. Les interventions, qui amusent tout le monde, des présidents iranien ou vénézuélien ne contiennent elles non plus rien de nouveau.

Est-il possible de rendre ce monde chaotique et dangereux quelque peu contrôlable? C'est précisément ce dont on parle aujourd'hui à Evian.


La crise et le déclin de l'Occident, Blog NouvelObs
Hier, lors de la première édition de la World Policy Conference à Evian, l'excellent Dominique Moïsi de l'Ifri a tiré les premières leçons géopolitiques de la crise financière :
1/ "Le choc accélère le déclin relatif des Etats-Unis et le passage d'un monde unipolaire à un monde multipolaire."
2/ Le flambeau de l'Histoire passe l'Ouest à l'Est.
3/ "Le cataclysme révèle la profondeur de la crise d'identité non seulement aux Etats-Unis mais aussi en Europe."
4/ "La crise financière a ébranlé la Russie et a montré le fossé entre son ambition de retrouver son statut de superpuissance et les capacités rélles de ce pays qui ne tire sa richesse que de l'énergie."
5/ Les Emirats pourraient bien commencer à acheter en masse "les joyaux dévalués du capitalisme occidental".
6/ "La crise boursière de 1929 a conduit à la seconde guerre mondiale. Si nous ne parvenons pas à la résoudre, la crise financière de 2008 va, elle, accélérer le déclin comparatif de l'Ouest comme force d'aujourd'hui et comme modèle pour le reste du monde demain."


World Policy Conference : Medvedev évoquera la crise financière et le pacte de sécurité, RIA Novosti
Le président russe Dmitri Medvedev, attendu mercredi à Evian (France) à l'occasion de la World Policy Conference, entend évoquer la recherche de solutions collectives face à la crise financière mondiale et l'élaboration d'un pacte de sécurité européenne.

"Les problèmes de la politique internationale et la crise du système financier mondial nécessitent des actions communes et urgentes. Il est absolument évident que le temps des décisions nouvelles est arrivé", a-t-il déclaré dans son premier message vidéo à la nation publié mardi sur son site Internet.

"Pour ma part, je voudrais présenter ma vision des choses et mes idées sur la façon dont on pourrait régler les problèmes mondiaux contemporains", a promis M. Medvedev.


Diatribe de Dmitri Medvedev contre les Etats-Unis, Le Point
Le président russe Dmitri Medvedev estime que la prétention américaine à être la puissance dominante dans le monde a mis en danger la sécurité internationale.

Le président russe a en revanche rendu un hommage appuyé à l'Union européenne pour ses prises de position dans le conflit géorgien.


Fin de la "World Policy Conference" d'Evian, tsr.ch
Dmitri Medvedev a d'emblée annoncé le retrait "avant minuit" mercredi des forces russes des zones tampons en Géorgie. Un départ qui en fait intervenu dès le milieu de l'après-midi. Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, s'est empressé de remercier son homologue d'avoir "tenu parole".

Nicolas Sarkozy a ensuite rendu la politesse à son invité en effectuant un geste de taille: le chef d'Etat français s'est prononcé pour la participation de "tous les acteurs concernés" aux discussions qui doivent s'engager le 15 octobre à Genève, laissant ainsi entendre que les Ossètes du Sud et les Abkhazes pourraient être associés à cette réunion, alors que leur déclaration d'indépendance, reconnue par la Russie, a été rejetée par les Occidentaux.


GUETTA Bernard, La planète en quête d’une direction, Libération
L’affaiblissement américain sera-t-il bref, durable ou irréversible ? La renaissance de la Russie va-t-elle se confirmer ou bien être relativisée par son déclin démographique, la vétusté de ses infrastructures et le recul du cours des matières premières dont elle avait tiré tant de forces ? La Chine va-t-elle poursuivre son envol ou buter sur une dépression mondiale qui fera chuter ses exportations et sa croissance avant de la menacer de troubles politiques et sociaux ? Le Brésil va-t-il vraiment s’imposer sur la scène internationale ? L’Union européenne va-t-elle se désunir dans la crise ou s’y forger au contraire ?


Commentaires : Au moment où des chefs de gouvernement, secrétaires d'organisations internationales et experts se réunissent pour discuter du gadget d'une "gouvernance mondial", les bourses s'écroulent malgré le plan Paulson qui devait rassurer les marchés. La réalité est terrible : les politiques sont dépassés par la crise.

La guerre des classes

La crise est bien là, mais le futur ressemblera t-il pour autant à ça ?

Source : Festival des Très Courts - Dailymotion


Le rythme est soutenu, Dedefensa
Les événements d’hier ont montré que l’action économique du pouvoir US, – le Congrès ayant approuvé le plan de $700 milliards décidé par le gouvernement, – était insuffisante pour combattre le désarroi psychologique causé par la crise. Depuis que ce plan a été voté par la Chambre, vendredi après-midi, Wall Street a chuté deux fois (vendredi en fin de journée et lundi). Le but principal du plan qui était son effet psychologique (le «Vous me demandez mon avis en tant qu'économiste. Malheureusement, c'est une question de psychologie.» du président de la Fed Ben Bernanke), – ce but n’est pas atteint.

La globalisation de la crise est un fait acquis. On s’en réjouit en général parce qu’on y voit la corrélation des intérêts, la solidarité et la coopération nécessaires et/ou forcées, – c’est-à-dire, au bout du compte, l’ancrage de l’économie globale dans l’idéologie du laisser faire qui est développée par les USA, – puisque la globalisation c’est un faux masque pour l’américanisation.

Aujourd’hui, tout le monde est touché, et en plus à mesure de l’engagement dans la doctrine, qui ne peut plus être présenté comme une protection mais qui apparaît comme un risque que le bon sens jugera vite insupportable. Dès ce moment, la globalisation permet à qui le veut, à tout le monde peut-être, sauf les USA sans doute, de mettre en cause la doctrine, – comme cela est déjà fait, à l’ONU ou avec les Français et les Allemands. La mise en cause de la doctrine devient légitime, au nom même de la globalisation qui donne à tout le monde voix au chapitre.



Critique du livre de François Ruffin, « La Guerre des classes », Bakchich
Si la gauche « moderne » a un problème avec le concept, les riches, eux, parlent sans retenue de lutte des classes. Warren Buffett (l’homme le plus riche du monde), déclare : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ». Les nantis quant à eux, vivent dans la crainte. Le « découplage entre faible progression des salaires et profits historiques des entreprises fait craindre (…) une montée du ressentiment, aux Etats-Unis comme ailleurs, contre le capitalisme et le marché ». Cette phrase est signée Alan Greenspan, qui en conclut qu’il faut augmenter les salaires.

Écouter :
  • "La guerre des classes" de François Ruffin, Europe1
  • 9,3% : Un hold-up géant, Là-bas si j'y suis

    Lire :
  • RUFFIN François, Insolite face-à-face entre ouvrières et actionnaires, Le Monde diplomatique
  • RUFFIN François, Les sons du face-à-face, Le Monde diplomatique
  • RUFFIN François, Articles, Le Monde diplomatique
  • RUFFIN François, Articles, Acrimed
  • Bibliographie de Jack London


  • Beaucoup de textes publiés ces dernières semaines reprennent des analyses anciennes, qui s'avèrent être des critiques générales et à peine actualisées du capitalisme. Ainsi, les staliniens d'hier se refont une virginité pseudo-révolutionnaire par la dénonciation verbale du système en se gardant bien de rappeler que le PCF a participé à la victoire du néo-libéralisme en France dans les années 80 (voir par exemple : La crise du capitalisme mondial, La Riposte ou Qu’est- ce qu’une crise systémique, et en quoi cela concerne-t-il l’Europe, Changement de société).

    D'autres s'accrochent désespérément à la bouée des promoteurs d'un capitalisme régulé, qui sont tantôt à gauche et tantôt à droite ce qui revient au même aujourd'hui (voir par exemple : Crise économique, crise d'un système, A voix autre). Rappelons en effet que la plan Paulson n'est en rien une nationalisation, mais le rachat par l'État de créances pourries.

    Curieusement presque personne ne défend plus, du moins ouvertement, les Trente glorieuses du néo-libéralisme, qui s'achève dans la déroute de grands établissements financiers et la panique du sacro-saint marché. Il est donc réjouissant de lire cette défense du capitalisme : Le capitalisme n'est pas en crise !.
    A la moindre turbulence économique, si importante soit elle, le capitalisme en prend pour son grade. Aujourd’hui il est devenu le bouc émissaire de toutes les unes de journaux essayant de faire croire aux français que le capitalisme est devenu fou et qu’il faut l’enterrer.

    Cette méfiance, voire haine, envers tout ce qui touche au capital est surtout le fruit de l’ignorance : non seulement ils [les Français] ne savent pas à quoi il sert mais en plus ils ne savent pas ce que c’est.

    Le train de vie du monde de la finance et les salaires honteux de certains grands patrons ont permis à des démagogues de réveiller ces vieilles chimères sur les plateaux télévisés, surtout en l’absence de toute contradiction.

    Alors que la capitalisme est un système mondialisé de production et de distribution des richesses, l'auteur le réduit au capital des petits épargnants français.
    Au total, ce sont 12,5 millions de français qui possèdent un contrat assurance vie, 2,2 millions qui possèdent des revenus locatifs, 11 millions qui détiennent valeurs mobilières. Quelle étrangeté de voir un peuple si épargnant cracher sur son propre capital.

    Puis, troublé par la crise, ce puritain en économie rejoint les altermondialistes.
    Cette crise montre que les marchés financiers doivent être surveillés de très près parce que leur rôle est justement primordial pour l’économie dite « réelle ». Les abus doivent être sanctionnés et les marchés financiers devront désormais évoluer dans des cadres de liberté surveillés par des gendarmes vigilants et postés aux bons endroits.

    Enfin, sans le vouloir mais image à l'appui, il fait la pub du Nouveau Parti Anticapitaliste.
    Vouloir tuer un système économique innocent en faisant croire qu’il est responsable de tous les défauts que porte la terre est très dangereux, surtout quand ceux qui demandent sa mort explosent dans les sondages et vont même jusqu’à créer un parti entièrement dédié a sa destruction avec le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

    7 octobre 2008

    Chaos, panique et catastrophe... la Chine reste stoïque

    Evolution Dow Jones sur 5 jours

    Source : Yahoo! Finance


    Revue de presse française, NouvelObs
    L'EST REPUBLICAIN
    Sur les marchés, l'irrationalité a pris le pouvoir, la défiance est devenue la règle. Et la peur des contagions se généralise. D'abord, la contagion financière. Elle est avérée. La quasi-faillite de l'allemand Hypo Real State ou les déboires de la première banque d'Italie, Unicredit, prouvent - s'il le fallait encore - que le chaos américain n'épargnera pas l'Europe. A qui le tour ? Ensuite, la contagion économique. Elle est attendue. Avant même de publier ses nouvelles prévisions, demain, le FMI a annoncé un ralentissement de la croissance sensible. Enfin, la contagion psychologique. C'est la grande inconnue. Les investisseurs vacillent sans avoir fait perdre leur sang-froid aux ménages. Pour l'instant, les épargnants résistent.

    LE PROGRES
    Pendant le krach, la vie continue. Avec son lot de nouvelles bonnes et mauvaises, son chaos d'informations tragiques, réjouissantes, dérisoires et historiques. Un Nobel de médecine récompense enfin les travaux de Luc Montagnier et de Françoise Barré-Sinoussi. Un séisme tue au moins 74 personnes au Kirghizstan. Les syndicats français mobilisent dans le désordre. Johnny Hallyday, 65 ans, repart en tournée et nous fait croire que c'est la dernière. Laure Manoudou, 22 ans, part chercher un deuxième souffle à Marseille, déjà. Une enseignante se pend dans son école. La BNP Paribas enlève Fortis, la Caisse d'Epargne et la Banque Populaire songent au mariage. Les footballeurs professionnels maintiennent leur appel à la grève. Le loto inaugure son tirage du lundi... Les bourses ont craqué, partout dans le monde. Demain, après le krach, la vie continuera. Plus dure, pour la plupart d'entre nous.


    La presse française couvre l'actualité de la crise financière avec un certain optimisme, Bakchich
    Si le CAC 40 a connu, lundi, la chute la plus forte de son histoire, de nombreux experts annonçaient encore récemment l’imminence de la sortie de crise.


    Revue de presse européenne, euro|topics
    La crise financière qui se poursuit dans toute l'Europe a des répercussions étonnantes au niveau national. Les opposants politiques sont contraints d'agir ensemble. Les partis en difficulté connaissent un nouvel élan. Un coup d'œil à la presse européenne nous révèle qu'aucun pays en Europe ne reste seul face à ses problèmes.


    Crise financière : l’Europe dans la tempête, EurActiv
    Les bourses mondiales ont connu une baisse spectaculaire, lundi 6 octobre, le CAC 40 enregistrant un recul historique de 9,04% en clôture. Malgré le sommet G4 du week-end dernier, les Etats européens peinent à proposer un front uni face à la crise. Du côté des économistes, les appels à la régulation de la finance internationale se multiplient.

    Commentaires : Les économistes sont vraiment très drôles, ils préconisent la régulation de la finance internationale au moment où la crise plonge tout le système vers l'abîme...
    «Le système semble être hors de contrôle, rien de ce qui n’a été entrepris depuis 3 semaines n’a opéré, ni les milliards de dollars injectés dans les circuits, ni les plans de sauvetage au coup par coup, ni les propos rassurants des responsables politiques.» Paul Garcin.


    L'automobile allemande bute contre la crise financière, L'Expansion
    Suite à l'effondrement des commandes, Opel stoppe la production dans deux usines pendant que Daimler, Volkswagen, Ford et BMW réduisent singulièrement les cadences.


    Crise financière : "Chaos, panique et catastrophe", RIA Novosti
    En dépit de l'adoption du plan de sauvetage américain "Paulson", les acteurs du marché des valeurs continuent de vendre des actifs à travers le monde. La Russie a battu tous les records concernant l'écroulement des bourses: les indices MMVB et RTS, indices-clés du marché des valeurs russe, ont plongé de 18,66-19,10%. Les investisseurs paniquent, les créanciers vendent les actifs nantis pour des prix dérisoires, ce qui entraîne une nouvelle chute du marché.

    "Auparavant, un "lundi noir" avait lieu une fois par décennie. A présent, cela arrive plus souvent que le passage d'un autobus londonien", indique Manoï Ladva, trader en chef de ETX Capital.


    La Chine, nouveau moteur de l'économie mondiale, Agence Chine nouvelle Xinhua
    Calculé sur le produit intérieur brut (PIB), l'agrégat économique chinois se classe maintenant au troisième rang dans le monde.

    La Chine pourra devenir le premier exportateur et la première usine de fabrication en 2009, a souligné le secrétaire général adjoint de l'ONU, chargé des affaires socio-économiques.

    Malgré ces progrès, le revenu par habitant en Chine reste toutefois au-dessous de la moyenne mondiale, et il est très éloigné par rapport au niveau des pays développés.


    La Chine refuse de payer pour les erreurs de Wall Street, RFI
    La Chine n’injectera pas d’argent pour sauver les marchés américains de la crise du crédit. Malgré l’adoption par le Congrès américain du plan Paulson de 700 milliards de dollars, la presse chinoise publie ouvertement les réticences des milieux d’affaires à Pékin quant à investir aux Etats-Unis. Le fonds souverain chinois a préféré ne prendre aucune participation dans les établissements touchés par la crise. La Chine veut rester à l’écart de la tourmente financière internationale. Sans surprise, elle a accueilli timidement l’initiative lancée par Séoul d’un sommet régional avec le Japon et la Corée du Sud.


    La Chine reste stoïque au milieu de la tourmente financière, Challenges
    La plupart des experts estiment que le fait que les marchés financiers chinois soient encore relativement peu ouverts explique la bonne tenue du pays dans la crise.


    Crise financière : La Chine réitère ses appels à une coopération pour en sortir, Romandie News
    Rappelant que la crise n'était pas celle "d'un seul pays", un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a affirmé que la "communauté internationale devait s'unir pour la gérer".

    Ce porte-parole, Qin Gang, a également affirmé que la contribution de la Chine serait de maintenir le cap de la croissance et de la stabilité de ses marchés financiers, réitérant ainsi la position officielle de Pékin.


    MÉLENCHON Jean-Luc, Le lundi noir qui pleure, Blog
    Comprendre est un enjeu. Ceux qui croiront avoir compris qu’il s’agit d’une crise de «la finance dérégulée» formeront le bataillon des prochains gogos du système.

    La crise de la finance ne peut pas être séparée du corps qui la porte, c’est-à-dire l’économie capitaliste. Ce système n’a jamais été stable. Pour fonctionner il doit sans cesse étendre le domaine du marché et de l’accumulation. Mais il produit ses freins en même temps que son moteur. L’instabilité est une propriété de ce système et non une exception ou un dérèglement de sa mécanique. De 1816 à 1929 le capitalisme a connu 14 crises. La suite, on connaît. Les deux suivantes ont donné deux guerres mondiales.

    Je plaide pour la mise en place d’un bouclier social face à la déferlante. C’est en protégeant l’économie réelle qu’on se donne les meilleures chances de résistance et de rebond. Et sans doute cette économie réelle commence par la protection de ceux qui la font tourner.

    Commentaires : Ensuite l'atypique Mélenchon parle d'Hervé, condamné pour injure contre le Président de la République française à Laval, puis de l'Afghanistan...


    Crise financière : quand la réalité dépasse la fiction, Contre-Feux
    L’origine de la crise remonte aux années 80. La baisse rapide des taux d’intérêts et l’autorisation de rémunérer les dépôts à vue ont eu pour effet de commencer à laminer les comptes d’exploitation de la plupart des banques.

    Ce double mouvement de déréglementation et d’intermédiation s’est trouvé amplifié par les possibilités sans précédent de gains individuels, à tous les niveaux. C’est ainsi que 30 milliards de dollars furent distribués par une grande banque d’affaires à ses collaborateurs en quelques années.

    Les conditions furent ainsi réunies pour que le marché croisse de façon fulgurante. Les chiffres dépassent l’entendement. Ils proviennent pour l’essentiel de la banque des règlements internationaux et de plusieurs centres de recherche et d’analyse privés. Rappelons-les : en décembre 2007, les encours globaux de l’ensemble des produits dérivés dépassaient le million de milliard de dollars !


    Crise économique, crise d'un système, A voix autre
    Commentaires : Un article basé sur les écrits de Frédéric Lordon, qui croit que le plan Paulson est un plan socialiste.

    Les dégâts de l’occupation israélienne

    Bernard Kouchner, Israël, l'Iran et les confusions phonétiques, Rue89
    Frapper l'Iran, ou l'avaler » ? Il y a certes une différence dans la graduation de l'éventuelle riposte israélienne à l'obtention par l'Iran de l'arme atomique...

    Mais sur le fond, la position du ministre, qui est en visite en Israël et dans les territoires palestiniens, reste identique. Dans cette interview à Haaretz, il demande simplement à Israël de laisser du temps à la diplomatie face à l'Iran avant de passer à l'acte...


    Kouchner, l'Iran et le Proche-Orient..., IRIS - IRIS - Dailymotion
    Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS répond à nos questions :
    - Quels sont les enjeux de la visite de Bernard Kouchner au Proche-Orient ?
    - Que pensez vous de son optimisme quant au processus de paix alors que la signature d’un accord de paix au Proche-Orient avant la fin 2008 semble de moins en moins envisageable?
    - L’approche prônée par Bernard Kouchner envers Téhéran, associant «offre de dialogue et sanctions», a t-elle des chances d’aboutir ?


    Rapport : 15.000 colons se sont installés en Cisjordanie en 2008, Maan News
    15.000 Israéliens se sont installés dans des colonies illégales en Cisjordanie depuis le début de l'année 2008, en dépit d'un engagement pris par le Premier Ministre Ehud Olmert de mettre un terme à la construction de colonies, il y a un an, a indiqué lundi le journal israélien Ma'ariv.


    WARSCHAWSKI Michel, Nouvelle direction, vieille politique, Rouge
    En bref, l’État d’Israël vient de changer de conducteur, mais le plan de route reste le même, qui indique du surplace au moins jusqu’à l’intronisation du nouveau président des États-Unis. Et ensuite ? Les deux candidats à la Maison Blanche ont annoncé qu’il y a des crises beaucoup plus graves que le conflit israélo-palestinien et, qu’en conséquence, le règlement de ce dernier ne serait pas une priorité pour la nouvelle administration.


    RIONDÉ Emmanuel, En Cisjordanie, les dégâts de l’occupation israélienne, Les blogs du Diplo
    Une lente strangulation. C’est ce que subissent depuis huit ans les habitants de Naplouse, plus importante ville de Cisjordanie, cernée de checkpoints, même lorsque l’armée israélienne semble avoir atteint ses objectifs « sécuritaires ». Les plus démunis, vivant dans les camps de réfugiés et la vieille ville, éprouvent des difficultés grandissantes à assurer le quotidien. Au plan psychologique, l’occupation, avec son cortège d’humiliations et de brutalités, fait des ravages.

    Les conséquences géopolitiques de la crise financière

    Leur religion en lambeaux, leur Foi pulvérisée, Dedefensa
    Nous ne connaissions pas l’acronyme “TINA” (There Is No Alternative), qui fut effectivement le moteur terroriste de la Foi interdisant la pensée alternative, mais nous connaissons bien le triomphalisme qui a accompagné les commentaires sans cesse et sans fin qui rythmèrent d’un champ martial la marche en avant du néolibéralisme. Entre ces deux armes dialectiques, – “rien d’autre n’est possible” et “le néolibéralisme triomphe”, – fut effectivement établi un terrorisme de la pensée comme il n’en exista jamais auparavant, sans le moindre doute possible. Ce terrorisme réussit à imposer cette formule orwellienne selon laquelle le conformisme de la pensée c’est la liberté de la pensée, et cela marcha à tombeaux ouverts. Ce fut ce que nous avons désigné comme le diktat. Nous devons effectivement à cette crise et à la peur qu’elle suscite au sein du clergé de la chose qu’effectivement le voile est soulevé. Le roi est nu, comme on dit.

    Cette mise en lambeaux de leur religion et cette pulvérisation de leur Foi sont, sans aucun doute là non plus, le grand événement de ce mois de septembre 2008, bien plus important que la crise elle-même, et il s’agit du plus grand événement depuis 9/11 qu’il surpasse évidemment en conséquences. De celles-ci, de ses conséquences, nous ne savons rien. L’événement ne nous promet rien, ni dans un sens ni dans l’autre, il accomplit cet acte fondamental de libérer la pensée de ses chaînes, – il déchaîne la pensée. Nul ne sait ce qu’il résultera de ce déchaînement. Il suffit d’admettre que l’acte se suffit à lui-même pour arguer de son importance fondamentale. Il suffit de l’admettre pour se tenir désormais prêt à tout.


    JAMES Harold, Les conséquences géopolitiques de la crise financière, L'Économiste
    Les premières étapes de la crise du crédit de 2007 ont été gérées apparemment sans douleur parce que des fonds souverains du Moyen-Orient, mais surtout de Chine, étaient volontaires pour entrer dans le jeu et recapitaliser la dette des institutions américaines et européennes.
    Le moment clé des événements actuels est survenu quand le fonds d’investissement souverain chinois China Investment Corp (CIC) a refusé d’aller plus loin dans son exploration de la possibilité de racheter Lehman Brothers. Son recul marquera à l’avenir le moment où l’histoire aurait pu prendre une autre tournure.


    Robert Zoellick espère que la réunion du G7 calmera les marchés, Le Point
    "Le G7 ne fonctionne plus", a-t-il déclaré. "Il faut un nouveau groupe pour une nouvelle ère. Le nouveau multilatéralisme, s'accordant à notre époque, aura besoin d'être un réseau flexible et non pas un système figé ou unitaire".

    Il a jugé que les ministres des finances de Chine, d'Inde, du Brésil, d'Afrique du Sud, d'Arabie saoudite et de Russie devraient être associés à ce comité de pilotage. En outre, ce groupe ne devrait pas être limité en nombre de participants et devrait être flexible afin d'évoluer avec le temps.


    Anthologie révisée sur la crise, Huyghe (PDF)
    Crise est une notion si englobante qu’il devient plus facile d’énumérer ce qui n’est pas en crise que ce qui l’est (de l’éducation ou des relations internationales, à la modernité et du logement à la filière bovine). La définition la plus générale qu’on puisse en donner est la rupture brusque d’un ordre considéré comme normal (considéré, car il n’y a, au final, rien de plus normal que d’aller de crise en crise).


    VOLKOV Vladimir, La crise financière mondiale révèle l’instabilité de l’économie russe, Mondialisation
    L’onde de choc qui secoue le système financier international et dont l’épicentre se trouve dans l’effondrement financier aux Etats-Unis a conduit à la mi-septembre à une forte chute des marchés boursiers russes. Le pays connaît sa plus grave crise bancaire depuis le défaut de paiement d’août 1998 manifestant ainsi l’énorme vulnérabilité de l’économie russe aux fluctuations des marchés mondiaux.


    En Russie, du jamais vu depuis plus de 10 ans, RFI
    Moins 19,1 % en une seule journée. C’est un véritable plongeon, la chute la plus forte en tout cas qu’ait connu le principal marché boursier russe depuis sa création en 1995. Les responsables de la bourse ont pourtant essayé de limiter les dégâts, en suspendant les cotations à deux reprises.

    Mais rien y fait : le cours des actions n’en finit pas dégringoler. Un analyste respecté sur la place financière moscovite résume l’atmosphère dans les salles des marchés : le cours des actions s’effondre et tout le monde se dit que ça va tomber encore plus bas.

    Les dernières déclarations d'un des plus hauts responsables du ministère ne vont pas apaiser les esprits. « C'est beaucoup plus grave qu'on le croyait, dit-il, on en a au moins pour trois ans de crise. »


    Articles en anglais :
  • L’Inde, relativement protégée face à la crise, Boulevard Exterieur
  • Nuages sur la croissance et la stabilité en Chine, Boulevard Exterieur
  • Une crise qui menace les économies de l’Amérique latine, Boulevard Exterieur

    Le Venezuela s’allie avec l’Iran, la Russie et la Chine, RFI
    Le président vénézuélien Hugo Chavez a affirmé dimanche que son pays mettait en place «un nouveau système financier» fondé sur une alliance avec l'Iran, la Russie et la Chine, ses partenaires stratégiques, et avec l'aide des conseils de son proche allié, le Cubain Fidel Castro.


    PARIENTY Arnaud, Le plan Paulson est-il un plan ?, Blog Alternatives Economiques
    Pendant une ou deux semaines, Wall Street a cru que les fonds souverains chinois ou arabes allaient jouer les chevaliers blancs, mais la situation est désormais trop mauvaise pour qu’ils s’y risquent. Conclusion : seul l’Etat américain peut recapitaliser les banques américaines. D’où le plan Paulson.

    Au final, il apparaît que le plan Paulson est d’abord un message envoyé aux marchés, selon lequel l’Etat ne laissera pas tomber les banques, qui méritent donc la confiance. Mais ce message est brouillé par la décision prise il y a quelques semaines de laisser tomber Lehman Brothers, qui a créé un précédent difficile à effacer.
  • 6 octobre 2008

    Lundi noir... pour les Bourses mondiales

    L'expression lundi noir fait référence :
  • au 28 octobre 1929, troisième journée du krach de 1929, et à Wall Street, baisse la plus importante, en pourcentage, jamais auparavant enregistrée en un jour sur un marché d'actions : 13 % ;
  • au 19 octobre 1987, journée la plus violente du krach d'octobre 1987 à Wall Street, et nouvelle baisse la plus importante, en pourcentage, jamais enregistrée en un jour sur un marché d'actions : 22,6 %.
    L'expression se dévalue chaque jour en s'appliquant :
  • au 15 septembre 2008,
  • au 29 septembre 2008,
  • au 6 octobre 2008...
    Google - Google Actualités.

    Les Bourses mondiales s'effondrent, asphyxiées par la crise, AFP - Yahoo! Actualités
    Paris a ainsi connu la plus forte baisse depuis la création de son indice CAC 40 avec un recul de 9,04%. Londres a chuté de 7,85%, Francfort de 7,07%, Zurich de 6,12%.

    Sur les autres places européennes, les dégâts étaient aussi considérables, voire pires: Copenhague a dégringolé de 11,06%, Dublin de 9,91%, Lisbonne de 9,86%, Amsterdam de 9,14%, Milan de 8,24%, Vienne de 8,22%, Stockholm de 7,24%, Zurich de 6,12%, Madrid de 6,06%...


    Bourse de Paris : le CAC 40 enregistre la plus forte chute de son histoire, NouvelObs
    "C'est la panique générale. Tout le monde espérait après l'adoption du "plan Paulson" aux Etats-Unis et les opérations de sauvetage en Europe que les choses se calmeraient. Mais en réalité, il y a toujours des craintes d'effet domino", a déclaré Adrian van Tiggelen, stratégiste principal chez ING Investment à Amsterdam.
    Le plan Paulson de sauvetage bancaire adopté par le Congrès américain vendredi "fait peu pour soulager la contraction du marché du crédit", car il "ne s'attaque pas directement aux problèmes de fond des marchés financiers, mais simplement aux conséquences de la crise", relevaient les analystes de BNP Paribas.
    S'ajoutaient à l'anxiété générale les déboires de la banque allemande Hypo Real Estate (HRE) en Allemagne, renflouée in-extremis dimanche soir par le gouvernement et les autres banques allemandes grâce à un apport en liquidités de 50 milliards d'euros. Cela n'empêchait pas le cours de HRE de chuter de plus de 35% lundi à Francfort.
    Les difficultés de cette banque font craindre une propagation à l'ensemble du secteur bancaire européen alors que celui-ci connaît une phase de consolidation accélérée.


    En perdant 370 points en une seule séance, le Dow Jones retrouve son cours d'octobre 2004 (sous les 10.000 points), Yahoo! Finance.


    Etats-Unis et Europe en ordre dispersé : marchés disloqués, Chronique Agora
    A Wall Street, les experts de Goldman Sachs anticipent une sévère récession de l'économie américaine au deuxième semestre 2008 et sur l'ensemble de l'année 2009. Difficile de prendre ces prévisions pour argent comptant : les Etats-Unis se retrouvent confrontés à un scénario susceptible de dégénérer en dépression, à l'image de l'Argentine au début de l'année 2002, après le gel des dépôts bancaires en décembre 2001.

    Aux Etats-Unis, il s'agit des transactions interbancaires mais les effets pourraient s'avérer tout aussi dévastateurs. En effet, de nombreux pays créanciers -- d'Asie et du Golfe Persique, notamment --, pourraient cette fois-ci ne pas prendre le risque de financer les banques américaines de peur de voir leurs actifs disparaître dans le trou noir des CDS (qui étaient justement censés protéger les prêteurs... et qui risquent de conduire tout le système à sa perte).

    Comme l'affirme avec raison le Prix Nobel Joseph Stieglitz, le marché des dérivés de crédit n'a pas géré le risque : il n'a cessé de l'accroître au fil des années. Et le plan Paulson fraîchement voté ne semble déjà plus en mesure d'enrayer la catastrophe... car le Congrès américain, une fois le devoir accompli, est maintenant en congé jusqu'aux élections du 4 novembre.

    Wall Street se retrouve seul face à ses démons.


    Crise financière : que faire ?, Telos
    Le texte le plus drôle de ce jour : l'appel angoissé de plus de deux cent cinquante économistes pour que les dirigeants européens unissent “leurs efforts pour mettre un terme à cette crise avant qu'elle ne devienne incontrôlable, cela leur évitera d’avoir ensuite à se disputer sur la manière d’en gérer les conséquences”.


    Revue de presse française, NouvelObs
    LIBERATION
    En ces jours de stress où l'on oublie de célébrer les 50 ans de la Constitution, il n'est pas inutile de se poser la question: politiquement, à qui profite la crise financière? Au Président, bien sûr.

    L'HUMANITE
    Le service de presse de l'Élysée avait bien fait les choses pour que des cris d'extase accueillent les chefs d'État ou de gouvernement - français, allemand, anglais et italien - à l'issue de leurs travaux. Face au krach, une claque !

    L'UNION
    On a peut-être sous-estimé la portée du mini-sommet parisien de samedi. [...] Sans doute faut-il alors chercher du côté de la communication que suppose un tel exercice, tant il était important de montrer que l'Europe - et singulièrement sa présidence française - veut prendre ce dossier à bras-le-corps.

    LE TELEGRAMME
    L'argent, qui manquait si cruellement pour financer le RSA, coule à flots pour sauver les banques. C'est qu'il y a urgence.

    LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE
    Dire que la semaine qui s'ouvre est cruciale tient du doux euphémisme. On va s'apercevoir très rapidement si le plan de sauvetage américain est capable de restaurer une valeur-phare : la confiance. On saura très vite également si le mini sommet de Paris a été à la hauteur des dangers qui menacent l'Europe.

    OUEST-FRANCE
    a crise confirme le passage du flambeau de l'Occident vers l'Asie. Et cela d'autant plus que l'Europe se retrouve très affaiblie. Certes, sa culture économique et sociale la prépare mieux que l'Amérique au retour del'État protecteur, à l'exception, bien sûr, de la Grande-Bretagne. Mais, même si la zone euro constitue une protection supplémentaire pour ses membres, la montée des nationalismes - sinon les tentations populistes - affaiblit en profondeur notre continent.


    Revue de presse européenne, euro|topics
    Les chefs d'Etat et de gouvernement d'Allemagne, de France, de Grande-Bretagne et d'Italie ont rejeté le week-end dernier un plan de sauvetage commun pour les banques européennes. Ils réclament certes une collaboration plus étroite entre les différents gouvernements, mais chaque pays de l'Union européenne doit pouvoir décider lui-même des aides à accorder à ses propres banques. La presse européenne critique cette solution jugée insatisfaisante.


    “Entretien” avec Marx (Socialisme Mondial, 1983), La Bataille socialiste
    Pour rendre hommage à Marx nous ne pouvons mieux faire que de le laisser parler lui-même. Nous avons donc imaginé l’interview qui suit, dont les réponses sont toutes tirés des divers écrits de Marx.


    COLLIN Denis, Nous entrons dans un monde nouveau, La Sociale
    Si la crise pose la question du capitalisme, il est à craindre que les « marxistes », tout contents de ressortir du trou, n’y voient à nouveau la preuve que les contradictions internes du mode de production capitaliste le condamnent irrémédiablement à disparaître. En 1929, on a cru le moment venu de la « crise finale ». Mais il n’y a pas de crise finale du capitalisme. Ni chez Marx ni dans la réalité. Il y a plutôt, pour reprendre l’expression de Gianfranco La Grassa, des « transitions de phase » entre deux modes de fonctionnement du capitalisme.

    Au-delà des extravagances financières, le problème des États-Unis tient tout simplement en une formule, schématique, mais utile : la Chine produit et grâce à ses bénéfices prête aux USA de quoi acheter les produits chinois. D’ores et déjà les institutions financières chinoises jouent un rôle majeur et on espère d’elles qu’elles contribueront à sauver non seulement « Freddie » et « Mae » mais tous les autres. À côté de la Chine, il y a l’Inde, mais aussi ce qui se passe en Amérique du Sud.

    Toute cette crise a fait un mort : Hayek. [...] Hayek mort, les capitalistes se pressent de ressortir le cadavre momifié de Lord Keynes. Car Hayek et Keynes personnifient les deux grandes variétés de médication du capitalisme malade. Mais dans tous les cas il s’agit de sauver le capitalisme.

    On ne manquera pas d’être frappé par l’apathie apparente des travailleurs, des pauvres, des chômeurs, etc., qui se préparent à subir la crise comme s’il s’agissait d’une catastrophe naturelle. Tout se joue entre fractions capitalistes et les règlements de comptes se font entres fractions capitalistes. C’est qu’en effet la vision marxiste orthodoxe qui voit la crise précipiter le mouvement des masses et permettre le renversement presque automatique du capitalisme ne tient pas debout. Pour que la crise puisse être l’occasion d’une transformation globale, il faut ne faut pas seulement que les contradictions du capitalisme atteignent un point explosif, il faut aussi qu’une partie des classes dominantes rompe avec l’ancien ordre des choses, qu’une alliance solide se noue entre ouvriers, jeunes, intellectuels et cadres et surtout qu’on sache où aller, c’est-à-dire quelle société future nous voulons. Tant qu’il n’existe aucune perspective crédible d’une rupture radicale, le capitalisme trouvera toujours les moyens de se sauver, quel que soit le prix qu’en paiera la société dans son ensemble.

    Commentaires : Curieusement ce texte fait l'éloge de Frédéric Lordon, un économiste très keynésien et partisan d'un capitalisme régulé. Lire par exemple des extraits de Jusqu’à quand ? - Pour en finir avec les crises financières
  • «La guerre est ingagnable»

    «La guerre est ingagnable», RFI
    C’est l’avis d’un haut responsable militaire britannique qui rentre d’Afghanistan. Comme à l’OTAN ou dans les milieux diplomatiques, le général souhaite qu’un dialogue s’instaure avec les talibans, ce que refusent ces derniers.


    Afghanistan : un échec programmé, Info-Palestine
    Samedi, le gouvernement britannique a nié l’information selon laquelle le Royaume-Uni estimerait que la campagne militaire en Afghanistan était condamnée à l’échec, après qu’un journal français ait rapporté que l’ambassadeur de Londres à Kaboul avait déclaré que les troupes étrangères ajoutaient aux problèmes de l’Afghanistan en aidant à maintenir en place un gouvernement incapable.

    Le Canard Enchainé, hebdomadaire français, a publié ce qu’il a présenté comme un télégramme diplomatique consignant des entretiens entre Sherard Cowper-Coles, ambassadeur britannique à Kaboul, et un fonctionnaire français.

    Le journal a cité Cowper-Coles comme ayant affirmé que « la stratégie américaine est destinée à échouer » et que l’Afghanistan devrait plutôt « être régi par un dictateur acceptable ».

    Le journal, une publication hebdomadaire connue pour ses enquêtes, publie des extraits du télégramme dont un passage citant l’ambassadeur britannique qui critique les deux candidats présidentiels américains à propos de leur engagement d’envoyer plus de troupes en Afghanistan.

    « Les candidats présidentiels américains devraient être dissuadés d’aller s’embourber encore plus en Afghanistan, » selon les propos de Cowper-Coles cités par le journal.

    Le journal a indiqué qu’il avait obtenu une copie du télégramme de deux-pages, lequel a été envoyé de Kaboul à Paris le 2 septembre. Le journal a aussi indiqué que le télégramme avait été rédigé par Jean-Francois Fitou, adjoint de l’ambassadeur français en Afghanistan, à la suite de sa réunion avec Cowper-Coles.


    L'ONU estime la guerre afghane ingagnable militairement, Reuters - Yahoo! Actualités - NouvelObs
    "Nous savons tous que nous ne pouvons pas gagner militairement", estime le représentant spécial de l'Onu en Afghanistan. "Nous avons besoin d'une perspective plus large incluant la dimension politique" plaide-t-il.


    Guerre pour le contrôle de l'opium en Afghanistan : la vérité sortirait-elle de la bouche de Julie Couillard ?, Bloc Pot
    Mme Couillard n'a pas manqué de souligner ce que Maxime Bernier pense réellement de l'intervention canadienne en Afghanistan : il s'agit d'un conflit qui n'a rien à voir avec la restauration de la démocratie dans ce pays, et tout à voir avec le contrôle du lucratif marché de l'opium !


    Un frère du président afghan Karzaï pourrait être mêlé à un trafic de drogue, AFP- Yahoo! Actualités
    Citant des responsables américains anonymes, le journal [New York Times] indique que l'ambassadeur américain en Afghanistan, le chef d'antenne de la CIA et leurs homologues britanniques ont évoqué dès 2006 avec le président Karzaï ces accusations au sujet de son frère, Ahmed Wali Karzaï.


    Des militaires français : "Nous n’irons pas en Afghanistan", BELLACIAO
    es militaires d’une base militaire en France se sont opposées à leur déploiement en Afghanistan retirant leur appui à la présence de troupes françaises.

    Selon des médias français, des militaires du 27ème Régiment basé dans le Sud de la France ont déclaré vendredi qu’ils ne voulaient pas aller en Afghanistan dans le cadre d’une mission de la France en Asie Centrale.

    5 octobre 2008

    Un basculement stratégique de l'économie

    L'Argent Dette de Paul Grignon

    Source : Vimeo
    Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. Kenneth E. Boulding


    Les Etats vont intervenir, RFI
    Il n’y aura pas de plan à l’américaine pour résoudre la crise financière en Europe. Le sommet des quatre pays européens membres du G8 a cependant l’intention d’intervenir pour stopper la crise. Angela Merkel, la chancelière allemande, Gordon Brown, le Premier ministre britannique, Silvio Berlusconi, le président du Conseil italien et Nicolas Sarkozy, chef de l’Etat français et président en exercice de l’Union européenne se sont mis d’accord, malgré des approches différentes de l’économie, sur un certain nombre de thèmes pour enrayer la crise.

    Commentaires : En clair, les principaux états de l'Europe s'empresse de rassurer les banques : «les profits seront toujours privatisés et les pertes toujours mutualisées» - un système dans lequel le capital est toujours gagnant, et les travailleurs toujours perdants.


    Europe désunie à l’Elysée, Libération
    L’épisode du «fonds de secours européen» doté de 300 milliards d’euros, qui «s’est évaporé avant même d’avoir été proposé», selon l’expression d’un diplomate européen, a montré que Berlin et Paris n’étaient pas sur la même longueur d’onde : «Il faut faire attention aux effets d’annonce que l’on ne peut pas honorer car cela ajoutera la panique à la panique.» D’où la sortie préventive de Berlin qui a voulu tuer dans l’œuf toute idée d’un plan Paulson à la sauce européenne. Outre-Rhin, on se méfie comme de la peste de tout ce qui pourrait contraindre un jour les Allemands à payer pour les banques des autres. «Si vous mettez au centre d’une pièce un sac d’or, tout le monde va trouver une raison pour piocher dedans», ironise un diplomate.

    Commentaires : Tout est dit : c'est la course au pactole des plans de “sauvetage” des banques en faillite... pour soi-disant sauver l'économie.


    Le plan Paulson creusera la dette américaine à 70% du PIB, NouvelObs
    La dette américaine devrait ainsi passer de 9.646 milliards de dollars au 31 août, à plus de 10.000 milliards en 2009.
    L'analyste David Song, de DailyFX, avait, pour sa part, jugé que le plan "pourrait aider à restaurer la confiance dans les marchés financiers, mais à un prix très élevé pour le gouvernement, qui va augmenter sa dette à 11.315 milliards de dollars".

    Commentaires : Les chiffres de la dette américaine sont sous-estimés.
    «La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, s'était déclarée "très contente" de l'adoption de ce plan de sauvetage», car ce sont aussi travailleurs des pays créditeurs (le Japon et la Chine, mais aussi la France) qui paieront la facture.


    La Chine prête à coopérer avec les Etats-Unis pour stabiliser le marché financier international, Chine Informations
    Un porte-parole de la Banque populaire de Chine, banque centrale chinoise, a déclaré samedi à Beijing que la Chine était prête à renforcer la coordination et la coopération avec les Etats-Unis afin de surmonter les récentes difficultés et stabiliser le marché financier international.

    Commentaires : On nous disait le contraire il n'y a pas très longtemps (RFI). Marc Fiorentino pronostiquait, à la même époque (janvier 2008), qu'il fallait «s’attendre à une récession en Chine, qui ne tiendra sans doute pas jusqu’aux Jeux olympiques» (20 Minutes).

    Il est plus que probable que «cette crise sonne le début d’un bouleversement mondial annoncé, l’actuelle troisième puissance économique mondiale (la Chine) et créancière de la première (les Etats-Unis) se positionnant pour prendre le leadership économique du monde de demain» (Rue89).


    Géo-économie mondiale : Un basculement stratégique, René Naba
    Sur fond d’un paysage sinistré de l’économie occidentale, marqué par de faillites retentissantes de grands établissements de renom tant aux Etats-Unis qu’en Europe, un basculement stratégique s’est opéré en 2008 au niveau de la «géo-économie» mondiale avec la recomposition de la carte bancaire américaine, l’entrée spectaculaire des fonds souverains arabes ou asiatiques dans le capital de grandes sociétés américaines ou européennes et l’affirmation de plus en plus marquée des grands pays du Sud, les pétromonarchies du Golfe et le groupe Bric (Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud) comme acteurs majeurs de la scène mondiale.

    Le nouvel ordre international tant célébré depuis l'effondrement du bloc communiste, c'est à dire depuis l'effondrement du monde bipolaire au début des années 1990, reposait sur le «consensus de Washington», une notion inventée en 1989 par l'économiste John Williamson visant à substituer aux régulations keynésiennes en vigueur depuis le krach boursier de 1929, les six nouveaux paramètres de la Mondialisation, à savoir: rigueur monétaire, rigueur budgétaire, libre-échange, privatisations, déréglementation et relance par l'investissement privé. De gré ou de force, sous l’égide du Fonds Monétaire International (FMI), des politiques d'«ajustements structurels» ont été imposées à bon nombre de pays en développement en vue de leur adaptation aux nouvelles règles du jeu, ainsi qu’à l’Union Européenne, via le «Consensus de Bruxelles».

    Le sauvetage des établissements de crédit, au mépris des règles de l’orthodoxie libérale, justifiée certes par l’état de l’économie américaine, constitue une trahison de la doctrine Bush, à proprement parler un reniement qui retentit comme un camouflet. Mais la plus grande crise économique de l’époque contemporaine a confirmé, par là même, l’hypocrisie du dogme de la libre entreprise, qui se révèle être, en fin de compte, un principe sélectif et élitiste de l’interventionnisme de l’état visant exclusivement à «privatiser les gains et à socialiser les pertes», c'est-à-dire à faire supporter les pertes des spéculateurs capitalistes par la collectivité nationale des contribuables.

    Quoiqu’il en soit, le constat est irréfutable: l’injection massive des capitaux de renflouage en provenance des états concurrents et non amis des économies occidentales (Chine, Inde et Japon pour l’Asie ainsi que la Russie et le Moyen-orient) aura marqué «peut être le début de la fin de l’empire américain» [...] et, à défaut d’une «guerre décisive», [...] les avatars militaires des Etats-Unis en Afghanistan et en Irak et la faillite du néo-capitalisme de l’ère post-soviétique signent, en toute hypothèse, la fin de cinq siècles de domination absolue de l’Occident sur le reste de la planète.


    TERNISIEN Thierry, Une réaction en chaîne non maîtrisée, Blog LeMonde 31/01/2007 - Mediapart 05/10/2008
    En pleine crise (financière, de la finance, du capitalisme ?), il est intéressant de relire la description saisissante faite en 1995 par Jean-François Billeter, dans son livre, Chine, trois fois muette. L’idée directrice est qu’à l’époque de la Renaissance s’est déclenchée une réaction en chaîne non maîtrisée. Cette réaction en chaîne a d’abord été locale, elle s’est ensuite étendue à l’Europe, puis au monde. Elle a eu des effets positifs puis de plus en plus problématiques, puis de plus en plus désastreux. Elle se poursuit sous nos yeux.

    4 octobre 2008

    Le long déclin des USA

    KRUGMAN Paul, Au bord du gouffre, ContreInfo
    Il devient de plus en plus évident que cet effondrement de la finance se propage sur Main Street. Les petites entreprises ont du mal à lever des fonds et se voient couper leurs lignes de crédit. Les chiffres de l’emploi et de la production industrielle se sont fortement aggravés, ce qui suggère qu’avant même la chute de Lehman l’économie, déjà en ralentissement depuis l’an dernier, était en chute libre.

    La Chambre va probablement voter vendredi sur la dernière version du plan de sauvetage. A l’origine, c’était le plan Paulson, puis c’est devenu le plan Paulson Dodd-Frank. Désormais il faudrait sans doute écrire le plan Paulson-Dodd-Frank-Clientèlisme (la dernière version contient encore plus de cadeaux fiscaux que la précédente).

    Le plan Paulson a clairement été rédigé dans la précipitation et la confusion. Et les fonctionnaires du Trésor n’ont toujours pas fourni d’explication claire sur la façon dont ce plan est censé fonctionner. Sans doute parce qu’ils n’ont eux-mêmes aucune idée de ce qu’ils font.

    La solution à nos difficultés économiques devra d’abord passer par un sauvetage du système financier bien mieux conçu. [...] Il est pourtant difficile d’imaginer que l’administration Bush franchisse ce pas.

    Nous avons également désespérément besoin d’un plan de relance économique pour lutter contre la baisse de la consommation et de l’emploi. [...] Il est difficile d’imaginer que l’administration Bush sur le départ crée une agence chargée de grands travaux à l’image de ce qu’avait fait Roosevelt.

    Si l’élection n’est plus éloignée que de 32 jours, il faudra cependant près de quatre mois jusqu’à ce que la prochaine administration entre en fonction. Bien des choses peuvent - et vont sans doute - mal se passer durant ces quatre mois.

    Publication originale New York Times - International Herald Tribune.
    Article commenté par Dedefensa.

    Commentaires : Ce professeur d’économie défend le plan Paulson, mais regrette seulement la lenteur de réaction de l'administration pour sauver Wall Street avec l'argent des travailleurs américains et des autres pays (grâce à l'exportation de la dette).
    C'est un des rares analystes des médias dominants qui soulignent que la crise financière s'accompagne d'une crise politique, mais il se garde bien de remettre en cause la politique militaire des États-Unis en Irak et en Afghanistan qui amplifie les crises.


    GOLUB Philip S., Le long déclin, Alternatives International
    Les Etats-Unis ont en général agi depuis 1945 de façon non prédatrice en Europe. Ils y ont assumé un rôle hégémonique, suivant la définition gramscienne, plutôt qu’impérialiste, c’est-à-dire le rôle d’un acteur central dans un ordre interétatique hierachisé mais caractérisé pour l’essentiel par la coopération et le consentement. Hautement institutionnalisé avec les Etats-Unis à son sommet, l’ordre translatlantique post-1945 se distinguait en ligne générale par la mutualisation des intérêts de ses différentes composantes, les élites des Etats subordonnés étant plutôt consentantes face à une autorité jugée légitime et leur fournissant des biens publics internationaux : paix, sécurité et stabilité économique.

    Le premier cycle : imbrications impériales et pulsions impérialistes L’expansionnisme américain s’inscrit dans le mouvement général d’expansion occidentale et dans les rythmes de la transformation capitaliste glocale du XIXe et du XXe siècles.

    L’expansionnisme territorial et commercial des Etats-Unis a débouché à la fin du XIXe siècle à une forte pulsion impérialiste. [...] Brooks Adams, personnage influent partisan d’un empire américain mondial, estimait que « l’impérialisme était la passion la plus noble qui ait jamais enflammé l’esprit humain » et prévoyait, avec raison, que les Etats-Unis allaient bientôt obtenir la « suprématie » économique et commerciale mondiale. Selon la formule d’un journaliste de premier plan : « Nous sommes une grande république impériale destinée à exercer une influence déterminante sur l’humanité et à façonner l’avenir du monde comme aucune autre nation, y compris l’empire romain, ne l’a jamais fait ».

    Le deuxième cycle : supplanter la Grande-Bretagne et l’Europe Là où les élites étatsuniennes ont divergé n’était pas sur la question de savoir si l’empire international était souhaitable ou non (car pour la majorité écrasante il l’était), mais sur la question de savoir s’il fallait l’établir en partenariat avec l’empire britannique ou tout seuls. [...] Le centre de gravité économique du monde se déplaçait vers les Etats-Unis qui assuraient en 1900 environ 23,5% de la production manufacturière du monde (pour la Grande-Bretagne : 18,5%) et qui pouvaient se vanter d’un PNB équivalent à celui de la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne réunies.

    La première guerre mondiale, la dépression mondiale du début des années 1930, la formation de blocs protectionnistes et l’effondrement du commerce international ont ouvert la voie à la deuxième guerre et à l’émergence, selon l’expression de Karl Polanyi, de « nouveaux empires dans une mer de sang ». Les contours du nouvel empire américain – empire mondial de capital soutenu par une structure militaire planétaire – étaient devenus apparents avant même l’entrée des Etats-Unis en guerre en 1941.

    Les Etats-Unis ont ainsi soutenu pendant un temps certains Etats impériaux européens en les intégrant dans des sphères régionales de gestion du nouveau système mondial. [...] Dans le même temps, les Etats-Unis fixaient des limites strictes à l’action souveraine des Etats impériaux européens. Lors de la crise de Suez de 1956, ils ont signifié à la Grande-Bretagne et à la France les limites précises de leur autonomie d’après-guerre.

    Les Etats-Unis ont, tout au long de la guerre froide, cautionné de façon consistante l’autoritarisme ou même le despotisme chez leurs Etats-clients et leurs protectorats extra-européens. Si la Pax Americana a encouragé et soutenu le pluralisme politique en Europe (la Grèce, l’Espagne et le Portugal étant des exceptions notables), dans les tiers-mondes elle a préféré s’appuyer sur des dictatures et des régimes autoritaires.

    Depuis la deuxième guerre mondiale le Golfe arabo-persique a joué un rôle de plus en plus important dans la Pax Americana. [...] Aujourd’hui, le Golfe arabo-persique est devenu une des clés de voûte de l’édifice impérial, comparable à l’Inde pour l’empire britannique. Cela ne veut pas dire que le pétrole constitue la seule variable explicative de l’aventure coloniale désastreuse de l’administration Bush en Irak : l’invasion et l’occupation de ce pays faisait partie d’un effort beaucoup plus ambitieux pour établir un ordre mondial sous le contrôle disciplinaire exclusif des Etats-Unis.

    Le braquage du siècle !

    Evolution Dow Jones sur 1 an

    Evolution Dow Jones sur 5 ans

    Source : Yahoo! Finance


    USA : le plan de sauvetage bancaire promulgué par le président Bush, Yahoo! Actualités
    Le président américain Bush a immédiatement jugé ce plan vital "pour aider l'économie américaine à survivre à la tempête financière" mais a averti que "cela prendrait du temps" avant que les effets du plan ne se fassent sentir.


    Un vote de résignation acheté par une corruption massive, Dedefensa
    Le vote a été obtenu par les procédés habituels, c’est-à-dire qu’ils ont été achetés littéralement par des promesses de subventions locales, sectorielles, etc., selon l’habitude du système, c’est-à-dire une opération de corruption massive.


    Revue de presse française, NouvelObs
    LIBERATION
    La tourmente de ces derniers jours sonne le glas d'une hégémonie idéologique, celle des maîtres à penser du laisser-faire économique. Hayek et ses épigones ont une nouvelle fois échoué. Le vieux Keynes prend une revanche amère et éclatante. Il est temps de reconnaître officiellement que la dépense publique n'est pas toujours un gaspillage (elle sert en tout cas à sauver le système bancaire en perdition). Il est temps d'admettre que la réglementation n'est pas toujours diabolique, surtout lorsqu'elle a pour but de prévenir les "crises systémiques".

    LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST
    Alors, heureuses ? Flux financiers coupés, capacités financières haletantes, la France retenait son souffle. Rongée par ses angoisses bancaires, l'Europe déboussolée allait s'abandonner, dès ce matin à Paris, à un G4 vraisemblablement impuissant. Finalement, devant le dieu des banques -- qu'il soit loué, s'il respire encore ! -- Henry Paulson et Oncle Sam se sont dit " oui " hier soir ! Après le coup de tonnerre du "non", lundi dernier, spectaculaire et ravageur "coïtus interruptus", renvoyant à la Maison Blanche son matelas de 700 milliards de dollars et aux enfers les économies du monde entier, le coup de foudre du "oui", hier soir, était un retournement indispensable pour tous.


    Crise à Wall Street ? Warren Buffet fait ses courses, Rue89
    Dans un entretien à la chaîne CNBC, le célèbre investisseur explique qu'il investirait bien à hauteur de 1% dans le plan Paulson de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars. Investir ? C’est bien le mot qu’il a employé. Car il ne faut pas selon lui voir ses 700 milliards de dollars comme des dépenses fédérales mais comme un investissement dont les retours se matérialiseront dans cinq à dix ans.


    Crise financière ? Le braquage du siècle !, Bakchich
    Tous les gouvernements contributeurs ont un flingue sur la tempe : «Vous casquez ou on s’arrange pour que tout s’écroule, avec les dizaines de millions de chômeurs, les suicides en masse et l’extension radicale de la misère que ça va entraîner !» La bourse ou la guerre mondiale ?

    La lutte des classes reprend ses droits en Amérique latine, où l’Oncle Sam a de plus en plus de mal à tenir ces peuples bouillonnants, elle s’invite à Wall Street avec le refus du plan Paulson par tous les syndicats américains qui font pression sur le Congrès, elle couve dans cette Europe qui voit son industrie partir en vrille et son porte-monnaie en déliquescence, en Inde et en Chine qui connaissent chaque jour des émeutes ouvrières et paysannes d’une violence à faire passer la CGT pour le pire des syndicats jaunes…


    Libéralisme et Etat-Providence, Attac Wallonie-Bruxelles
    Libéralisme pour les pauvres et Etat-Providence pour les riches : la faillite des analystes financiers.

    Le plan de sauvetage du gouvernement américain inaugure une nouvelle forme de capitalisme, où les profits seront toujours privatisés et les pertes toujours mutualisées, un système dans lequel le capital est toujours gagnant, et la collectivité toujours perdante. Au lieu de se féliciter de ce plan de sauvetage, ne peut-on pas se demander si celui-ci est juste et approprié ? Ne va-t-il pas dédouanner les responsables de leurs actes ? Ne donne-t-on pas au marché un message d’impunité ? ... Beaucoup d’analystes, une fois de plus, restent muets face à ces interrogations. Le plan américain est la seule solution de relance possible, croient-ils aujourd’hui. Demain, ils se rendront compte que ce plan n’aura contribué qu’à appauvrir l’Etat sans relancer l’économie. Et si pour une fois, l’Etat remboursait les dettes des gens, plutôt que celles des banques. A côté de la déroute du secteur bancaire, cette crise marque aussi la débâcle des analyses des spécialistes.


    La gabegie capitaliste, La Bataille socialiste
    La crise , c’est ainsi que le capitalisme désigne ses périodes d’indigestion du profit accumulé d’un argent volé aux producteurs et aux consommateurs ; qui par ailleurs sont les mêmes. Des sommes faramineuses sont sorties des circuits habituels et provoquent la crise. Ce qui manque provoque l’insolvabilité de quelques banques et un effet « domino » sur d’autres . C’est un « phénomène en chaîne » qui n’en est pas un, puisque cela ne tient pas du miracle ni du surnaturel. Ou est donc passé l’argent disparu ? Dans des coffres de quelques uns qui ne sont pas recherchés, ni inculpés pour le détournement et le vol de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les PDG de quelques unes de ces banques complices d’opérations maffieuses seront grassement remerciés avec des « parachutes dorés » alors qu’il conviendrait, comme pour tout délinquant d’être en garde à vue et pour le moins d’être saisis de leurs biens. Au lieu de rechercher les vrais coupables et leurs complices politiques, les biens pensants stigmatisent les pauvres qui s’endettent sans pouvoir rembourser et qui seraient les responsables de la crise. Qui va payer ? Les victimes du systèmes, directes et indirectes, les salariés, les contribuables sans « bouclier » les consommateurs et dernièrement annoncé l’épargne populaire au travers du livret A, au détriment de l’habitat toujours populaire des HLM. Des détournements de sommes colossales sont également organisées pour renflouer les sommes volées par ce qu’il convient d’appeler « la racaille financière » car n’est pas racaille qui l’on croit.

    La crise entraîne la cohorte des pleureuses avec leurs incantations à la régulation et leurs prières à la déesse déontologie et tous les vœux pieux à la moralisation du capitalisme dont on sait depuis sa naissance qui ne date pas d’hier qu’il est antinomique avec toutes ces prétentions. Nous n’en sommes pas à la première crise, elles se répètent au rythme des profits et des opérations spéculatives, de structurations en restructurations et la mondialisation libérale est une phase prévisible de crise de grande envergure. Il n’y a que les imbéciles et les coquins pour le nier et ces derniers mobilisent toujours les premiers et en toutes circonstances. A qui vont-ils déclarer la guerre pour dégager des ressources nouvelles et de nouveaux profits tout en durcissant la guerre de l’exploitation sociale et humaine.

    Vouloir réguler le capitalisme, c’est prétendre réguler la gabegie, c’est maintenir le système qui la produit tout en limitant ses excès mais gabegie tout de même. Encore faut-il préciser avec quels moyens internationaux dans une « économie libérée de toute contrainte » comme le précise le TCE au niveau européen. Tous ceux là n’ont cessé de vanter les mérites du marché. Se sont-ils trompés ou ont-ils menti, dans les deux cas ils sont disqualifiés pour proposer des solutions de régulation et de moralisation dans la même veine de leurs affirmations antérieures. Les gabegies du capitalisme, on sait toujours qui en dernier comme en premier ressort paye.

    3 octobre 2008

    "Je me suis trompé pendant 35 ans"

    Olmert : "Je me suis trompé pendant 35 ans", Continental New
    Sur les compromis territoriaux avec les Palestiniens

    « Nous nous trouvons à un moment où il faut décider, mais nous ne sommes pas prêts à nous l’avouer à nous-mêmes. Mais c’est ce que nous devons faire. Nous devons arriver à un accord avec les Palestiniens, ce qui veut dire que nous devons concrètement nous retirer de presque tous les territoires si ce n’est de tous. Nous garderons un petit pourcentage de ces territoires, mais il faudra donner aux Palestiniens une équivalence territoriale, car sans cela il n’y aura pas la paix. Cela comprend aussi Jérusalem. Avec des solutions particulières que j’imagine bien pour le Mont du Temple et les Lieux Saints et historiques. Toute personne qui parle sérieusement de la sécurité à Jérusalem et veut que les bulldozers et les pelleteuses ne viennent pas couper les jambes de ses meilleurs amis, comme cela s’est passé avec un de mes amis proches (l’avocat Shouki Karmer) qui a perdu une jambe parce qu’un bulldozer l’a renversé, doit renoncer à des parties de Jérusalem. »

    « Celui qui veut garder toute la ville de Jérusalem doit intégrer 270 000 habitants arabes à l’intérieur des frontières d’Israël. C’est impossible. Alors il faut décider. Et cette décision est difficile, terrible. Elle est à l’opposé de notre instinct naturel, de nos émotions, à l’opposé de notre mémoire collective et à l’opposé de la prière du peuple d’Israël pendant 2000 ans. Je suis le premier à avoir voulu imposer la souveraineté israélienne à toute la ville. Je le confesse. Je ne viens pas pour justifier rétroactivement ce que j’ai fait pendant 35 ans. Pendant de nombreuses années, je n’étais pas prêt à regarder la réalité dans sa profondeur. »

    Sur le processus de paix avec la Syrie

    « Comme avec les Palestiniens, avec la Syrie il nous faut nous décider. Je veux voir un homme sérieux en Israël pouvant croire qu’il est possible de faire la paix avec les Syriens sans renoncer en fin de parcours au plateau du Golan. »
    « Je pose la question : Supposons que dans un an ou deux éclate une guerre régionale et que nous soyons obligés de nous affronter militairement avec la Syrie. Nous sommes plus forts qu’eux. Israël est le pays le plus fort du Proche-Orient. Nous avons la capacité de nous confronter avec chacun de nos ennemis ensemble et de gagner. Mais je m’interroge : Que se passera-t-il lorsque nous aurons vaincu ? Tout d’abord, nous aurons payé cher et cela aura fait mal. Après avoir payé ce prix, que leur dirons-nous ? Venez ! Parlons. Et que nous dirons les Syriens ? ‘Discutons du plateau du Golan’. Alors je pose la question : Pourquoi entrer en guerre avec les Syriens, causer des pertes, des destructions, des dommages pour arriver au même résultat sans payer un prix aussi lourd ? »

    « Quand il n’y a pas de paix, les risques d’une guerre sont toujours plus importants. Quand un homme est assis sur le fauteuil de Premier ministre, il doit s’interroger sur les efforts à fournir : Faire des efforts en vue de la paix ou faire en sorte d’être toujours le plus fort en vue de gagner la guerre ? »

    « C’est vrai qu’un accord avec la Syrie est un risque. Celui qui veut agir sans prendre de risques qu’il aille habiter en Suisse ou en Islande. Celui qui veut faire la paix au Proche-Orient doit savoir prendre des risques. Je ne propose pas de prendre des risques inconsidérés, je propose de prendre des risques qui peuvent apporter des changements fondamentaux. »

    A propos de l’Iran : « Adopter un profil bas »

    « L’Iran est une très grande puissance qui constitue une menace pour la communauté internationale. Celle qui est chargée du dossier iranien est d’abord et avant tout la communauté internationale. Parfois la folie des grandeurs et la perte des proportions se révèlent dans certaines de nos prises de paroles. Nous sommes un pays qui a perdu le sens de qui il est réellement. Si nous disons que les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande Bretagne et l’Allemagne ne savent pas comment agir, mais que nous, nous agirons, c’est que nous avons perdu le sens des proportions. Je le dis, soyons plus sobres. Faisons ce que nous sommes capables de faire avec nos capacités réelles, c’est-à-dire d’agir avec la communauté internationale. »

    Etat trop providence pour Wall Street

    Obama s’envole dans les sondages, RFI
    « Il est difficile de trouver une course présidentielle moderne où l’on constate un écart aussi considérable, rapide et net, en fin de campagne », estime Peter Brown, le vice-directeur de l’institut de sondage de l’université de Quinnipiac. « Au cours des 20 derniers jours, le sénateur Obama est passé de sept points de retard à huit points d’avance en Floride, il a accentué son avance dans l’Ohio et mène de 15 points en Pennsylvanie.

    Pour John McCain, la situation se complique sérieusement. Il semble désormais presqu’impossible pour le candidat républicain de retourner la situation en sa faveur. C’est en tout cas ce que pensent certains analystes. « Pour John McCain, ça sera maintenant effectivement difficile de revenir, parce qu’on ne voit pas ce qui pourrait lui permettre un tel retour, à part une nouvelle crise internationale qui ferait que la présence de John McCain à la Maison Blanche paraîtrait indispensable pour beaucoup d’Américains », explique Charlotte Lepri de l’IRIS. Un avis partagé par Peter Brown : « Il n’y a pas d’exemple d’un tel retour au cours des 50 dernières années ».


    LEPRI Charlotte, Palin/Biden : un débat sans conséquence ?, IRIS
  • La presse ironise beaucoup sur les nombreuses gaffes des deux candidats à la vice-présidence. Quel est leur impact sur la campagne américaine ?
  • Dans ce contexte, que doit-on retenir du débat ayant opposé Joe Biden à Sarah Palin ?
  • Barack Obama semble aujourd’hui être le grand favori pour devenir le prochain président américain. Pensez-vous que John McCain puisse encore gagner cette élection ?


  • L'échec du plan Paulson à la Chambre des représentants : douloureux révélateur des tensions futures, IRIS
    Le plan de sauvetage du secteur financier n’est que le premier volet d’un vaste plan d’interventionnisme de l’Etat dans l’économie américaine. Parallèlement, les observateurs le reconnaissent de façon unanime, le chômage va augmenter, la consommation reculer, et la confiance continuer de sombrer. Bref, plus personne ne nie aujourd’hui que les Etats-Unis sont en crise, que cette crise sera longue et difficile, et que les mesures adoptées par la future administration devront être importantes. Certains parlent d’un nécessaire New Deal, en référence à la politique économique et sociale de Franklin Roosevelt pour répondre à la crise économique des années 30.


    Les autorités politiques américaines approuvent le plan de sauvetage, Chronique Agora
    Selon la théorie -- et là, nous employons un terme trop flatteur, car il n'y a pas de théorie... rien que des gens qui prennent leurs désirs pour des réalités -- les autorités gardent la tête froide tandis que tout le monde panique. Les huiles de Wall Street déclarent désormais que les prix de leurs actifs "n'ont aucun sens". Selon eux, M. le Marché a perdu son sang-froid. Voilà pourquoi de vaillants fonctionnaires américains sont censés pouvoir racheter les produits de Wall Street à si bon prix qu'ils sont quasiment assurés d'en tirer profit.

    Crise ou crises ?

    Revue de presse française, NouvelObs
    LE PROGRES DE LYON
    Ca y est, le gros mot est lâché: récession. Du bout des lèvres, certes, et seulement par l'Insee. Il n'empêche, on y est. L'Insee annonce le même jour une hausse du chômage. Et pour ceux qui douteraient encore, qui auraient l'illusion d'observer de loin la dépression des autres, Jean-Claude Trichet enfonce le clou: la crise est d'une ampleur jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale. Récession, chômage, guerre... Les mots s'empilent et s'entrechoquent, les mots font peur.


    Récesssion, un mot tabou, Le Monde - Dailymotion
    Récesssion, C dans l'air - France 5
    «Récession» ? Où ça ?, Libération
    Le gouvernement et la majorité UMP ont tenté hier soir de minimiser les chiffres de l’Insee prévoyant une baisse de 0,1 point au troisième trimestre, après 0,3 point de baisse au deuxième trimestre, synonyme de récession – la récession est le plus souvent définie par au moins deux trimestres consécutifs de recul du PIB.


    REBOUR Thierry, Crise ou crises ?, Cafés Géographiques
    Depuis quelques mois, l’économie mondiale est entrée dans une phase de crise. Tout a commencé aux Etats-Unis par la crise immobilière dite des subprimes, laquelle s’est propagée vers l’Europe assez rapidement. Une forte inflation, en particulier des matières premières, coexiste avec une déprime paradoxale des prix industriels apparemment d’origine structurelle. En outre, des crises financières récurrentes qui vont de bulles spéculatives en krach secouent les indicateurs économiques mondiaux depuis plusieurs dizaines d’années.
    En réalité, il s’agit de l’interaction de plusieurs crises au tempo différent :
    une dépression longue qui touche essentiellement les pays développés depuis plus de 40 ans, où prix et volumes divergent à long terme ;
    une crise de surproduction (ou/et de sous-consommation), conséquence de la précédente, liée à un ajustement par le bas des revenus du travail dans le monde à cause de la concurrence internationale entre pays de niveau de développement très différent ; enfin une crise financière, de court terme mais dont les racines sont pluridécennales et dont la conséquence se manifeste par un surinvestissement sur les marchés des matières premières, en particulier les marchés à terme.

    La crise courte inflationniste qui résulte en partie de la crise des subprimes est, en fin de compte, une conséquence à long terme de la Crise des pays développés. C’est la logique inverse de la dynamique économique dans une partie du monde et dans l’autre qui en est la cause. Dans les pays développés, où le capital tente de contrecarrer les rendements décroissants par une baisse des volumes, la conséquence ultime en est pénurie et inflation. Dans les pays en voie de développement, les rendements croissants mêlés aux inégalités provoquent surproduction et déflation. La stratégie de fuite du capital des pays développés vers les pays sous-développés - en réponse à la crise longue des premiers - fait ainsi s’affronter deux logiques économiques strictement inverses. Aucune politique économique néo-classique n’est plus alors capable d’inverser ce processus.


    RAMONET Ignacio, La crise du siècle, Mémoire des luttes
    Le croulement de Wall Street est comparable, dans la sphère financière, à ce qu’a représenté, dans le champ géopolitique, la chute du mur de Berlin. Un changement de monde et un tournant copernicien. Selon Paul Samuelson, Prix Nobel d’économie : « Cette débâcle représente pour le capitalisme ce que la chute de l’URSS a été pour le communisme. » Une phase s’achève qui avait commencé, en 1981, par la formule de Ronald Reagan : « L’Etat n’est pas la solution, c’est le problème. »

    L’administration néolibérale du président Bush a été contrainte de renier ce dogme. Et de faire appel, massivement, à l’intervention de l’Etat. Les principales entités de crédit immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac, ont été nationalisées.

    On fait payer aux pauvres les excentricités irrationnelles des banquiers, en les menaçant, au cas où ils rechigneraient à payer, de les appauvrir davantage.
    Malgré les réticences du Congrès, l’Administration américaine ne regarde pas à la dépense à l’heure de venir à la rescousse des « banksters » (banquiers gangsters). Il y a quelques mois, le président Bush a refusé de signer une loi qui offrait, pour un montant de 4 milliards d’euros, une couverture médicale à neuf millions d’enfants pauvres. « Une dépense inutile. », selon lui. Aujourd’hui, pour aider les ruffians de Wall Street, rien ne lui semble suffisant. C’est le monde à l’envers : le socialisme pour les riches, et le capitalisme sauvage pour les autres.

    Une telle débâcle se produit à un moment de vide théorique total des gauches européennes. Qui se retrouvent dépourvues de « plan B » pour tirer parti de la déconfiture. En particulier la social-démocratie, elle-même largement contaminée par les thèses néolibérales, et qui semble en état de choc, prise au dépourvue par la crise.


    Eclairage : la France, l'économie et la financiarisation depuis 1970, La Forge - Think Tank
    Celia FIRMIN, économiste, revient dans cet article sur la financiarisation du capitalisme en France et en Europe à l’oeuvre depuis les années 70. Un éclairage indispensable dans le contexte de la crise actuelle de ce capitalisme financier.


    Bienvenue à bord du Titanic financier !, Là-bas si j'y suis
    Entretien avec Frédéric Lordon autour de la crise venue d’Amérique qui s’approche à grands pas de l’Europe. Mais, comme le nuage de Tchernobyle, elle contournera bien sûr l’Hexagone !

    "Personne en Afghanistan n'imagine un avenir sans les talibans"

    Parler avec les talibans ?, Le Monde
    La démarche du président afghan, Hamid Karzaï, qui a demandé à l'Arabie saoudite de servir d'intermédiaire avec le mollah Omar, le chef des talibans, contraint à fuir l'Afghanistan à l'automne 2001, est un aveu d'impuissance. Sous la protection des forces de la coalition internationale, les autorités afghanes n'ont pas réussi à établir leur pouvoir bien au-delà de la région de Kaboul. La construction d'un véritable Etat, au sens moderne du terme, se heurte aux divisions claniques ancestrales. Les chefs de guerre font la loi dans les provinces. Après avoir subi des échecs militaires, les talibans harcèlent les troupes de l'OTAN et les soldats afghans. L'"afghanisation" de la guerre, qui est l'objectif officiel affiché par la communauté internationale, marque le pas.

    Commentaires : Cet éditorial est un aveu de l'échec de la guerre que poursuit la France en Afghanistan derrière les États-Unis.


    Quand Bernard Kouchner défend les « barbares afghans », Les blogs du Diplo
    Comme l’explique un responsable britannique au numéro 2 de l’ambassade de France à Kaboul, « la présence, notamment militaire, de la coalition est partie du problème, non sa solution. Les forces étrangères assurent la survie d’un régime qui, sans elles, s’effondrerait rapidement » (cité dans Claude Angeli, « La réalité afghane que Sarko décide d’ignorer », Le Canard enchaîné, 1er octobre 2008). Tout le monde le reconnaît : la présence occidentale fait affluer là-bas des volontaires du monde musulman en nombre...

    La domination économique américaine est révolue

    Pour Medvedev, la domination économique américaine est révolue, AFP - Yahoo! Actualités
    "L'ère de la domination d'une économie et d'une devise a été reléguée au passé une bonne fois pour toutes", a déclaré M. Medvedev lors d'un forum bilatéral animé par des représentants de la société civile, avant le sommet proprement dit entre M. Medvedev et Mme Merkel, à Saint-Pétersbourg (nord-ouest).

    "Nous devons travailler ensemble à la création d'un nouveau système économico-financier plus juste, basé sur les principes de la multipolarité, la suprématie de la loi, et la prise en compte des intérêts mutuels", a-t-il ajouté.


    La Chine critique la politique financière des Etats-Unis, Investig’action
    Le quotidien du Parti communiste chinois estime qu’il faut un nouvel ordre financier mondial qui ne soit plus dépendant des États-Unis et du dollar. La politique financière américaine est responsable de la crise, écrit l’éditorialiste. La question sous-jacente est celle-ci : Pourquoi le monde devrait-il payer l’addition ?

    Les deux bourses pétrolières dominantes dans le monde sont celles de Londres et de New York. Les deux sont aux mains d’entreprises américaines. Le pétrole, cela va de soi, est traité en dollars. Mais, à la mi-février de cette année, une bourse iranienne du pétrole s’est ouverte. L’or noir n’y est plus traité en dollars, mais en rial, la monnaie iranienne.

    D’autres pays producteurs de pétrole ne faisant pas partie de l’OPEP, telles la Norvège et la Russie, sont également prêts à laisser tomber le dollar. La décision de deux ou trois autres pays supplémentaires de passer à l’euro, au yen ou à une corbeille de monnaies est sans doute suffisante pour envoyer par le fond le navire amiral de l’hégémonie du dollar dans le monde, c’est-à-dire le pétrodollar.


    Combien de guerres, combien de défaites ?, Dedefensa
    Avec un sarcasme désenchanté, William S. Lind envisage une hypothèse stratégique concernant la situation US dans “l’arc de crise”, avec les engagements US effectifs en Irak et en Afghanistan, et les engagements possibles au Pakistan et en Iran.

    La première appréciation fondamentale que Lind fait réaliser à son exacte signification est la situation catastrophique des forces armées US et la crise profonde de la puissance militaire US.

    La puissance militaire US est enfermée dans une situation qu’on doit qualifier de statique. La puissance US est aujourd’hui définie comme une statique. La seule dynamique de la structure US dans cette situation opérationnelle, comme l’illustre Lind avec son analogie des deux fronts, est aujourd’hui celle de l’impuissance: seule l’impuissance progresse…