5 novembre 2008

Réactions à la victoire "historique" de Barack Obama

«Un Américain du nom de Barack Hussein Obama, fils d’une femme blanche et d’un homme noir qu’il a à peine connu, élevé par ses grand-parents à l’écart du mouvement de puissance et de richesse américain, est élu 44e président des Etats-Unis.»
Éditorial du New York Times

Présidentielle américaine : les résultats en direct Etat par Etat, NouvelObs - TV5 - RFI - CBS

Election américaine : le jour d'après, Libération

Le discours Barack Obama :
• Extrait vidéo et verbatim traduit en français, NouvelObs
• Vidéo intégrale traduite en français, Public Sénat - Libération - Public Sénat - Dailymotion
• Vidéo intégrale traduite en français, France 24 - Agoravox
• Verbatim traduit en français, ContreInfo

Discours de John McCain traduit en français, INFOCOM - Dailymotion

La joie profonde des Démocrates, l'amertume des Républicains, RFI
Extrait du discours de Barack Obama devant ses supporters réunis à Chicago (Illinois).
Extrait du discours de John McCain devant ses supporters réunis à Phoenix (Arizona).
Extrait de l'allocution de Nancy Pelosi, la leader démocrate des Démocrates à la Chambre des représentants.



Source : Blog de Siné


Revue de presse internationale, France 24
La revue de presse de Télématin, France Télévisions
La revue de presse de France Inter, Radio France
Revue de presse européenne, euro|topics
Revue de presse américaine, NouvelObs
Revue de presse britannique, NouvelObs
Revue de presse italienne, NouvelObs
Revue de presse française, NouvelObs
Revue de presse américaine, Libération
Tour d’horizon des sites de presse américains, Libération

Les réactions dans le reste du monde, NouvelObs - Challenges
Asie
• Taro Aso, Premier ministre japonais, a félicité Barack Obama et promis de renforcer les relations avec les Etats-Unis, principal allié du Japon.
• Hu Jintao, président chinois, félicite Barack Obama, indiquant vouloir élever les relations entre la Chine et les Etats-Unis à un nouveau niveau.
• Les Philippines ont félicité le démocrate Barack Obama pour sa victoire "historique" à l'élection présidentielle américaine, appelant à une plus étroite coopération entre les deux pays.
• Kevin Rudd, premier ministre australien : "Il y a 45 ans, Martin Luther King avait fait le rêve d'une Amérique où hommes et femmes seraient jugés non pas sur la couleur de leur peau mais sur leur personnalité".
• Helen Clark, Premier ministre travailliste néo-zélandais, félicite Barack Obama, attendant de "travailler avec lui" sur les questions de la crise financière et du réchauffement climatique.

Amérique latine
• Michelle Bachelet, présidente chilienne a "publiquement salué l'élection de Barack Obama comme nouveau président des Etats-Unis" et exprimé, au nom du Chili, ses "vœux de succès pour son administration".
• Luiz Inacio Lula da Silva, président brésilien : "L'élection du premier noir de l'Histoire des Etats-Unis est un fait extraordinaire, surtout celle d'une personne qui a démontré sa compétence politique, comme le président (élu) Obama".
• José Miguel Insulza, secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA) : "Les Etats-Unis vont changer après (l'élection de Obama) hier, cela ne fait aucun doute". "Il va y avoir un changement fondamental, un revirement de la politique nord-américaine de ces dernières années, mais cela se produit en un moment difficile de crise économique".
• Jorge Taiana, ministre des Affaires étrangères d'Argentine : "C'est un message d'espoir. C'est la confirmation de la fin d'un cycle dans le monde, dominé par le néolibéralisme".
• Hugo Chavez, président vénézuélien a félicité Barack Obama pour son "élection historique" et exprimé sa volonté d'établir de "nouvelles relations" avec les Etats-Unis et relancer "un agenda bilatéral constructif" pour le bien-être des deux peuples.
• La Colombie félicite Barack Obama, à qui elle "réitère sa disposition à continuer à travailler sur des thèmes communs".
• Felipe Calderon, président mexicain, adresse un courrier à Barack Obama pour le féliciter de "son triomphe" et l'inviter à visiter "prochainement" le Mexique.

Moyen-Orient
• L'Iran : "L'élection d'Obama à la présidence américaine est un signe évident que le peuple de ce pays exige des changements de fond dans la politique nationale et étrangère américaine".
• L'ancien président du Parlement iranien, le conservateur Gholam-Ali Hadad-Adel : "Pour sortir du bourbier dans lequel ils ont été plongés par Bush, les Américains doivent changer de politique.
• Ehud Olmert, le Premier ministre israélien sortant a salué la victoire "éclatante et historique" de Barack Obama, émettant l'espoir d'un "resserrement" des relations bilatérales et des progrès dans le processus de paix.
• Benjamin Netanyahu, chef de l'opposition de droite et candidat au poste de Premier ministre en Israël, s'est dit convaincu qu'il pourra œuvrer à la paix au Proche-Orient avec le nouveau président américain Barack Obama.
• Le mouvement islamiste palestinien Hamas : Barack Obama "doit tirer la leçon des erreurs des précédentes administrations, notamment celle de Bush qui a détruit l'Afghanistan, l'Irak, le Liban et la Palestine.
• Mohsen Bilal, ministre syrien de l'Information, dont le pays est en froid avec les Etats-Unis, a exprimé l'espoir que l'élection de Barack Obama à la présidence américaine contribuerait à "un changement de la politique extérieure" de Washington.
• Amr Moussa, le secrétaire de la Ligue arabe a salué l'élection "historique" de Barack Obama à la Maison Blanche et a appelé le nouveau président à être un "médiateur honnête" de la paix au Proche-Orient, contrairement à l'administration américaine actuelle.
• Yousuf Raza Gilani, Premier ministre pakistanais a félicité Barack Obama pour sa victoire à la présidence des Etats-Unis, en estimant que cette élection allait promouvoir "la paix et la stabilité" dans la région.
• Mahmoud Abbas, dirigeant palestinien: "Le président Abbas félicite le président américain élu Barack Obama en son nom et au nom du peuple palestinien et espère qu'il va accélérer les efforts déployés en vue de parvenir à la paix, d'autant que le règlement du problème palestinien et du conflit israélo-arabe est la clef de la paix mondiale".
• En Afghanistan, le président Hamid Karzaï a déclaré que "l'élection du sénateur Barack Obama à la présidence des Etats-Unis a fait entrer le peuple américain et avec lui le reste du monde dans une ère nouvelle".
• Le Soudan, par la voix du porte-parole des Affaires étrangères, a exprimé l'espoir mercredi que la victoire de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis introduirait "un changement réel" dans les relations très tendues entre les deux pays.

Afrique
• Abdoulaye Wade, le président sénégalais : "Il va y avoir quelque chose de changé au niveau mondial. Mais je souhaiterais surtout que cela amène un changement en France".
• Kofi Annan, l'ancien secrétaire général de l'Onu : "C'est un changement radical à la tête des Etats Unis d'Amérique".
• Nelson Mandela, le premier président noir d'Afrique du Sud, a félicité le démocrate Barack Obama pour son élection à la présidence américaine, un exemple, selon lui, que tout le monde pouvait "rêver" de changer le monde. "Votre victoire a démontré que personne, partout dans le monde, ne devrait avoir peur de rêver de changer le monde pour le rendre meilleur".
• Zine El Abidine Ben Ali, président tunisien a adressé mercredi un message de félicitation au président élu Barack Obama.

États-Unis
• John McCain, candidat républicain battu, reconnaît sa défaite et indique avoir téléphoné à son adversaire démocrate Barack Obama pour le féliciter. "Le peuple américain s'est exprimé", déclare-t-il en direct à la télévision. "Cet échec, c'est le mien, pas le vôtre". "Le peuple américain a parlé, et il a parlé clairement".
• George W. Bush, président américain, appelle Barack Obama pour le féliciter de sa victoire lors d'une "superbe" soirée électorale, a indiqué la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino.
• Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat américaine a jugé "exaltante" l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche et dit qu'elle était fière que les Etats-Unis aient élu leur premier président noir.
• Colin Powell, ancien secrétaire d'Etat américain dans la première administration de George W. Bush : "Le président-élu Obama sera le président de toute l'Amérique". "Il se trouve également qu'il est noir, ce qui en fait un événement vraiment, vraiment historique".

Europe
• José Manuel Barroso, président de la Commission européenne : "Nous devons tranformer la crise actuelle en opportunité. Nous avons besoin d'un 'new deal' pour un nouveau monde.
• Horst Köhler, président allemand, a félicité Barack Obama pour sa victoire à l'élection présidentielle américaine, indiquant dans un communiqué qu'il pouvait compter sur l'Allemagne "comme partenaire fiable et ami de longtemps".
Angela Merkel, chancelière allemande : "Je vous félicite pour votre victoire historique à l'élection présidentielle" . "Soyez convaincu que mon gouvernement est conscient de l'importance et de la valeur de notre partenariat transatlantique".
• Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères: "Je félicite Barack Obama du fond du coeur, avec sympathie et respect," affirme Steinmeier, ajoutant qu'il connaissait le candidat démocrate en tant "qu'homme qui sait surmonter les difficultés" et "qui sait écouter". "L'Amérique a voté pour le changement, en politique intérieure comme extérieure".
• Gordon Brown, premier ministre britannique, a félicité Barack Obama pour son élection à la présidence américaine, saluant ses "valeurs progressistes et sa vision pour l'avenir".
• Lech Walesa, chef historique du syndicat polonais Solidarité: "Je le félicite même si c'est une grande inconnue" qui nous attend. "Il a défendu les règles économiques capitalistes tout en représentant un populisme social". "Il y a bien des choses qu'il connaît pas mais peut-être grâce à cela il saura découvrir de nouvelles formules de gouverner cette puissance mondiale". Selon lui, les Etats-Unis restent une puissance militaire mais leur situation économique est moins bonne et leur "situation politique encore moins bonne".
• Mikhaïl Gorbatchev, ex-numéro un soviétique : "J'ai déjà dit il y a deux ou trois ans que l'Amérique avait besoin d'une perestroïka, et cela a toujours été accueilli par des hourras aux Etats-Unis".
• Dmitri Medvedev, président russe : "Nous espérons que nos partenaires, la nouvelle administration des Etats-Unis, feront le choix de bonnes relations" avec la Russie.
• Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères : "La volonté de changement a donné (à Barack Obama) un appui majoritaire dans la société nord-américaine.
• Brian Cowen, Premier ministre irlandais : "L'extraordinaire histoire personnelle de Barack Obama --associée à son éloquence et à ses énormes talents politiques-- adresse un message d'espoir puissant aux amis de l'Amérique à travers le monde".
• Mary McAleese, présidente irlandaise : Une élection qui constitue une "source d'espoir, pas seulement en Amérique, mais également dans le reste du monde, notamment en ces temps troublés marqués par l'angoisse et l'incertitude".
• Silvio Berlusconi, chef du gouvernement italien : "Je suis absolument convaincu que l'amitié et la coopération entre nos deux pays continueront à croître et à se renforcer".

France
• Jacques Chirac, ancien président : "Alors que votre élection suscite dans le monde émotion et espoir en ces temps difficiles, je ne doute pas que la France et le peuple français auront à coeur d'entretenir et d'approfondir avec votre pays et le peuple américain, les liens d'amitié et de coopération si intenses qu'une longue histoire commune a forgés".
• Nicolas Sarkozy chef de l'Etat français : "Quel que soit le pays, quelle que soit la région du monde, c'est le changement qui avait gagné, qu'Obama avait dans cette campagne incarné la rupture.
• François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem) : "Après le désastre des années Bush (...), l'élection de Barack Obama fait que le monde respire mieux". "Nous savons que le nouveau président n'aura pas une baguette magique, qu'il ne résoudra pas tous les problèmes en un jour", et que "dans l'ombre, de puissants intérêts ne se laisseront pas oublier".

• Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR : "Ce qu'on peut espérer en tous les cas, c'est que la classe politique française ne se rue pas sur l'effet Obama pour en faire un effet marketing, et nous sortir un belle unanimité qui ne sera qu'une unanimité de façade".
• Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF: "Pour celles et ceux qui se battent contre le racisme, les discriminations, dans le combat pour l'égalité, il y aura un avant et un après 4 novembre 2008.
• Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de gauche : "La victoire historique de Barack Obama est celle de la générosité, de la fraternité et de l'espoir de paix dans le monde.
• Les Verts : "C'est un symbole d'une portée immense pour un pays marqué par l'histoire de l'esclavage et la discrimination, et pour le monde entier.
François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste a salué l'élection "si symbolique" de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, et appelé à "un dialogue nouveau" de l'Europe et de la France avec l'Amérique.

Commentaires : En bref, beaucoup de platitudes à quelques exceptions près (Lech Walesa et François Bayrou).


Alors que la Chine poursuit sa politique de "coexistence pacifique" avec les États-Unis, la Russie durcit le ton.

Obama ou McCain, Pékin veut une relation stable avec Washington, Aujourd'hui la Chine
La Chine suit de près la campagne électorale américaine, et quelle que soit l'issue du duel entre le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, la priorité pour Pékin est la stabilité de sa relation avec Washington.


Présidentielle américaine: un événement majeur pour la Russie, RIA Novosti
L'élection d'un nouveau président aux Etats-Unis et le départ de l'administration Bush revêtent une importance colossale pour Moscou, indique mercredi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

L'angoisse s'accroît car les élections du 4 novembre se sont déroulées sur fond de rhétorique antirusse accentuée, caractéristique ces derniers temps des interventions des élites politiques américaines.

"La Russie aura du mal à coopérer avec le nouveau président des Etats-Unis, quel qu'il soit. Ceci est dû en premier lieu au fait que c'est dorénavant la Russie que l'establishment américain présente comme un ennemi, et non plus le monde islamique, comme le faisait l'administration Bush", affirme Evgueni Mintchenko, directeur de l'Institut international d'expertise politique.

Les experts sont convaincus que dans la définition de sa politique vis-à-vis de Moscou, Barack Obama accordera davantage d'attention aux problèmes de politique intérieure russe, notamment au pluralisme politique et à la liberté d'expression.

Dans le même temps, les experts estiment qu'il aurait été plus facile [pour la Russie] de s'entendre avec les républicains, qui sont pragmatiques par nature. Barack Obama, lui, bien qu'il n'ait pas de raisons personnelles de haïr la Russie, est un homme dont on ne sait qu'attendre. "Il sera difficile de travailler avec Obama, car c'est un idéaliste [...] Mais compte tenu de son âge, il lui sera plus facile qu'à John McCain, un homme âgé, d'entrer en contact avec le président russe Dmitri Medvedev", estime Evgueni Mintchenko.

Le député russe Andreï Kokochine, qui a plusieurs fois participé à des négociations avec des représentants de l'administration américaine, affirme que les relations russo-américaines, après l'arrivée d'une nouvelle équipe à la Maison Blanche, seront marquées dans les premiers temps par les retombées de la crise financière. "Cette fois-ci, c'est la situation économique et financière qui dictera l'ordre du jour dans les relations russo-américaines".


ABM : Dmitri Medvedev dévoile son plan de riposte, RIA Novosti
Le président russe Dmitri Medvedev a durci le ton face aux Etats-Unis, promettant mercredi des "mesures de rétorsion" en cas de déploiement du bouclier antimissile américain.

Dans son premier message annuel adressé à l'Assemblée fédérale (parlement russe), quelques heures seulement après l'annonce de la victoire du sénateur démocrate Barack Obama à l'élection présidentielle américaine, M. Medvedev a d'abord espéré bâtir un partenariat constructif avec Washington.

Sans citer nommément M. Obama, le chef du Kremlin a ensuite étalé les "mesures de rétorsion" qu'il comptait mettre en oeuvre pour le cas où le nouveau locataire de la Maison Blanche poursuivrait la politique de l'administration Bush, notamment relative à l'extension de l'OTAN et au déploiement du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque.

[...]


Medvedev cible les États-Unis dans son discours à la Nation, Reuters - Yahoo! Actualités
Dmitri Medvedev a donné la mesure des défis qui attendent Barack Obama en annonçant le déploiement par Moscou de missiles dans son enclave de Kaliningrad pour "neutraliser" le projet de bouclier antimissile américain.


McCain ou Obama, qui est le meilleur pour l’Inde ?, Aujourd'hui l'Inde
Comme partout dans le monde, les Indiens semblent avoir succombé à l’Obamamania. Alors que l’élection américaine passionne la presse indienne, une question demeure : qui de McCain ou d’Obama serait le meilleur président américain pour servir les intérêts de l’Inde ?


Optimisme prudent au Proche-Orient après l'élection d'Obama, Reuters - Yahoo! Actualités
Pour Thabet Salem, journaliste syrien en vue, le monde arabe doit se réjouir de l'élection du sénateur métis, "non pas parce qu'il a gagné mais parce cela signifie le départ du président George W. Bush, véritable sangsue, et de sa clique".

La politique proche-orientale de Bush a suscité, de la Syrie à l'Irak en passant par les territoires palestiniens et le Liban, un fort ressentiment et sa "guerre contre le terrorisme" a été interprétée comme une croisade déguisée contre l'islam.

Barack Obama aura pour tâche de 'réparer les pots cassés' par son prédécesseur au sein des mondes arabe et perse, tout en s'efforçant de convaincre ses compatriotes qu'il saura éviter une répétition du 11 septembre 2001.

[...]

Seuls les responsables israéliens veulent croire à la continuité entre la politique de l'administration Bush et celle d'Obama, bien qu'ils se méfient de la quête de changement du sénateur métis.

"Nous ne doutons pas que la relation spéciale entre Israël et les Etats-Unis se poursuivra et se renforcera sous l'administration Obama", a déclare le Premier ministre israélien sortant Ehud Olmert.

Sa ministre des Affaires étrangère, Tzipi Livni, et le leader de l'opposition de droite, Benjamin Netanyahu, ont formulé des commentaires analogues.


Réactions françaises à l'élection d'Obama en France : les politiques, le sociologue et les citoyens, Agoravox TV
Trois types de réactions françaises à l’élection de Barack Obama au poste de président des Etats-Unis : des hommes politiques (Laurent Fabius, Alain Juppé et Nicolas Dupont-Aignan), un sociologue (Emmanuel Todd) et des citoyens interviewés dans la rue.

Victoire "historique" de Barack Obama

CNN prédisait la victoire de Barack Obama dès 21H (heure New York)

Source : CNN México


Barack Obama, premier Noir à la Maison Blanche, AP - Yahoo! Actualités
"Le changement est arrivé en Amérique", a déclaré Barack Obama, qui avait fait campagne pendant près de deux ans sur la nécessité de rompre avec l'ère Bush. Venue écouter dans un parc de Chicago son premier discours de président élu, la foule a célébré sa victoire en applaudissant, en criant de joie et en agitant des drapeaux américains. Beaucoup de sympathisants avaient les larmes aux yeux, dont le révérend Jesse Jackson, militant historique des droits civiques et candidat à deux reprises à l'investiture démocrate.
[...]
La victoire d'Obama marque l'avènement d'une nouvelle génération d'hommes politiques qui n'ont pas été marqués par la guerre du Vietnam. Obama était encore enfant lorsque la plupart des soldats américains en sont revenus, alors que John McCain, 72 ans, a été prisonnier au Vietnam.

Elle marque également le rejet final de la politique de Bush. La popularité du président sortant avait augmenté après les attentats du 11 septembre 2001 mais s'était effondrée lorsque son administration avait échoué à venir efficacement en aide aux populations sinistrées par l'ouragan Katrina. La guerre en Irak et la crise financière avaient achevé de l'enfoncer.


Les résultats de la présidentielle Etat par Etat, TV5 - RFI - CBS
A 11h00 GMT, d'après les résultats de 48 Etats et du district fédéral (Washington DC, la capitale), le démocrate Barack Obama avait obtenu 349 mandats de grands électeurs contre 163 à son adversaire républicain John McCain. Pour être élu, il devait obtenir la majorité des mandats (270) sur 538. Après le nom de chaque Etat figure le nombre de ses grands électeurs. Le vainqueur de chaque Etat remporte la totalité des mandats, à l'exception du Maine et du Nebraska qui les répartissent à la proportionnelle.


Victoire d'Obama : une élection saluée par la presse mondiale, AFP - Yahoo! Actualités
Les journaux du monde entier ont salué mercredi à l'unisson l'élection "historique" de Barack Obama à la Maison Blanche, estimant qu'elle allait non seulement transformer la face des Etats-Unis mais également la planète.


Obama : Pourquoi il risque de nous décevoir, Agoravox - Yahoo! Actualités
1. Il est le président des Etats-Unis d’Amérique. Et pas de l’Europe, ne nous en déplaise.
2. La crise économico-financière est insoluble à court-terme.
3. L’Afghanistan reste une priorité militaire.
4. Nos attentes sont disproportionnées
5. Un messie qui n’est pas prophète.
[...]
Les dictatures de l’émotion et de l’immédiateté sont les principaux ennemis du premier mandat de Barack Obama. Dans un premier temps, tout lui sera permis. Qu’il demande et il sera exaucé. Le second temps sera celui du contre-coup. Où ceux qui ont cru en lui demanderont des comptes. Leur croyance et leur confiance contre un bon retour sur investissement, si possible rapide et sans efforts.


Evidemment historique mais il faut savoir pourquoi, Dedefensa
Les qualificatifs sont à mesure de l’événement mais c'est dans l'événement qu'il faut chercher sa véritable mesure. Rien de ce qui s’est passé hier aux USA n’aurait été possible si la situation n’y était pas celle d’une crise tragique. Ce vote historique est celui d’une période tragique de l’Histoire, nullement le renforcement des arguments intéressés des idéologues habituels de notre temps. Ce vote historique est celui de notre crise générale, et, cette crise, ces mêmes “idéologues habituels de notre temps” en portent la responsabilité qu’ils ont reprise avec entrain de leurs prédécesseurs.


Autres points de vue critique : Les origines et les implications de la crise financière : une analyse marxiste, WSWS
Première partie
Deuxième partie
Troisième partie

4 novembre 2008

Déposséder les possédants

Chaque conflit social de grande ampleur voit resurgir le mot d’ordre de grève générale. Cette idée, apparue à la fin du XIXe siècle, fit l’objet de vifs débats entre syndicalistes révolutionnaires et socialistes. Miguel Chueca publie un recueil de textes de l’époque qui permet de restituer les enjeux de cette controverse intellectuelle et politique.

[...]

L’intérêt de ce livre est de proposer un retour aux sources en présentant les différentes opinions émises sur la grève générale à la Belle Époque. En partant des textes de l’époque et des paroles des acteurs, on évite les jugements à l’emporte-pièce et les simplifications caricaturales auxquels on réduit souvent la grève générale. Néanmoins, plus qu’une fidèle restitution des positions qui s’exprimèrent à l’époque, l’éditeur a privilégié le point de vue de ses partisans puisque seuls deux textes (ceux de Jean Jaurès et du socialiste néerlandais Henri Van Kol) présentent le point de vue de ses adversaires. La perspective militante du livre privilégie donc les partisans de la grève générale, ceux que l’histoire a rejetés dans le camp des vaincus. C’est l’un des intérêts de ce livre que de donner la parole à des acteurs largement méconnus du syndicalisme révolutionnaire.

Pour reconstituer le débat et les différentes opinions qui s’exprimèrent, l’auteur a regroupé les textes de l’époque en quatre parties. Il donne d’abord la parole aux partisans de la grève générale comme Émile Pouget, Fernand Pelloutier ou le groupe des étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes. La deuxième partie présente le débat sur la grève générale en donnant la parole à Jean Jaurès, qui en formule la première critique construite et systématique en 1901, et aux syndicalistes révolutionnaires qui lui répondent. La troisième partie présente les tensions qui divisent les socialistes sur la question de la grève générale : face à ceux qui n’y voient qu’une « utopie anarchiste » dangereuse, d’autres comme Paul Louis, plus proche du mouvement syndical, s’efforcent de développer des positions plus conciliantes. Enfin, la dernière partie donne la parole à Hubert Lagardelle et Georges Sorel, les théoriciens du syndicalisme révolutionnaire. Après 1901, en effet, la grève générale est considérée comme un acquis du mouvement syndical. Les syndicalistes ne croient plus nécessaire de s’étendre sur le sujet et il revient alors aux intellectuels d’en proposer une traduction plus théorique.

[...]

Ce livre, doté par ailleurs d’un riche appareil critique et d’un très utile glossaire, permet donc au lecteur de plonger au cœur des débats qui traversent le mouvement syndical et socialiste au tournant du XXe siècle et de retrouver la passion qui animait les révolutionnaires du temps. L’éditeur affirme dans son introduction que le mot d’ordre de grève générale a disparu avec la guerre et qu’après 1918 « il ne cessera plus de perdre du terrain » (p. 35). Cette disparition rapide serait due au triomphe des deux modèles de socialisme politique – le modèle insurrectionnel et le modèle réformiste – auxquels la grève générale et le syndicalisme révolutionnaire s’étaient opposés.

Pour ou contre la grève générale ?, La vie des idées.

L'Allemagne s'oppose à Sarkozy

Sarkozy veut la nationalisation partielle des « entreprises stratégiques », WSWS
Le gouvernement allemand a fait savoir qu’il était « très sceptique » face à la tentative de Sarkozy de « jouer cavalier seul ». Le ministre allemand de l’Economie, Michael Glos (Union chrétienne-démocrate, CDU) a dit que les projets de Sarkozy contredisaient « tous les principes d’une politique économique couronnées de succès. »

Le secrétaire du groupe parlementaire CDU-CSU au Bundestag a mis en garde contre le protectionnisme. « L’Europe est un espace économique qui est résolument contre le protectionnisme, » a-t-il dit au quotidien FAZ. Il a réclamé que la France « surmonte les différences traditionnelles dans le domaine de la politique économique et ne les cultive pas au quotidien. »

[...]

Le journal économique Financial Times Deutschland a affirmé que Sarkozy a « trouvé son sujet et qu’il avance à présent avec persistance même à l’encontre de la résistance d’importants partenaires tels l’Allemagne : un revirement fondamental, et fondamentalement faux, de la politique économique européenne. » Le journal a instamment pressé le gouvernement allemand de s’opposer à Sarkozy : « Il ne peut pas y avoir de compromis de la part de l’Allemagne quant à cette tentative du président de jeter par-dessus bord le modèle économique européen. »

Le magazine allemand Wirtschaftswoche a placé la proposition de Sarkozy dans la « tradition du légendaire ministre des Finances de l’époque de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, dont la théorie de base, "l’Etat doit tout contrôler et avant tout l’économie et les finances" a été depuis la prière secrète de presque tous les politiciens français. » L’Europe devant être protégée contre le capital étranger par le protectionnisme, et ce, dans une crise financière où le semi-continent Europe ne peut se permettre de renoncer au moindre investisseur financier.

[...]

Une autre proposition faite par Sarkozy à Annecy a été refusée par l’Allemagne : la création d’un « gouvernement économique européen ». Selon Sarkozy, un tel organisme devrait émerger des « pays du groupe euro au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement ». L’Europe a besoin d’une politique commerciale, industrielle et économique. Désormais, « la politique jouera un plus grand rôle parce que l’idéologie de la dictature des marchés et de l’impuissance de l’Etat est morte avec la crise financière », a déclaré Sarkozy.


Présidence de l'Eurogroupe : Juncker s'oppose à Sarkozy, L'Express - 7 sur 7
Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro a séchement recadré le président de la République. Nicolas Sarkozy a plusieurs fois émis l'idée de mettre en place un véritable gouvernement de la zone euro. Mais pour Jean-Claude Juncker, une telle "structure permanente" n'a pas lieu d'être.


Crise financière : l'Europe veut "des mesures ciblées et temporaires", Le Monde - Yahoo! Actualités
Après le succès du plan européen de sauvetage des banques, adopté le 12 octobre sous l'égide de Nicolas Sarkozy, le "gouvernement économique" que le chef de l'Etat français appelle de ses voeux a cependant du mal à se concrétiser face à la récession. Défendue lundi à Paris par le premier ministre François Fillon, l'idée du président français d'institutionnaliser des réunions au sommet de l'Eurogroupe, suscite toujours de fortes réticences. Le président de l'Eurogroupe, le premier ministre et ministre des finances du Luxembourg Jean-Claude Junker, s'est posé lundi, avec le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel, en "président naturel" de la zone euro, en jugeant "peu utile d'institutionnaliser" de tels sommets.


Eurogroupe, Yahoo! Actualités

L'histoire ne se répète pas

Crise : doit-on craindre une montée des extrémismes comme en 1929 ?, Marianne
Crise : attention à la tentation de rechercher un «sauveur», Marianne

Commentaires : Marianne s'appuie habilement sur les propos d'un historien pour attisée la peur... d'un retour de l'extrême-droite. Cet hebdomadaire a l'habitude de surfer sur les fantasmes qui constituent son fond de commerce..

Les sauveurs de la crise : Chine et pays du Golfe

La France appelle à la coopération étroite avec la Chine face à la crise financière mondiale, Xinhua - Le Quotidien du Peuple
La France appelle à la coopération étroite entre la Chine et l'Union européenne afin de vaincre la crise financière mondiale, a déclaré lundi à Beijing l'ambassadeur français en Chine Hervé Ladsous.

[...]

M. Ladsous a souligné qu'il fallait renforcer le rôle de la Chine dans les institutions financières car la monnaie chinoise Renminbi est un grand acteur dans le système monétaire actuel.


L'Union Européenne et la France souhaitent travailler en étroite collaboration avec la Chine dans la résolution de la crise financière, Le Quotidien du Peuple
Hervé Ladsous a rappelé à quel point la Chine était un « acteur incontournable » dans la résolution de la crise financière et que la France, tout comme l'Union Européenne, attendait une « contribution active et positive » de sa part. Toutefois, il a tenu à souligner que les discussions devaient se faire dans un « esprit gagnant-gagnant » et qu'il était important d'adopter une « vision mutuelle et à long terme ». L'Ambassadeur a souhaité rappeler que le CIC, le fond chinois souverain, ne souhaitait pas une « prise de contrôle stratégique » mais plutôt des « placements rentables et à long terme». Pierre Mongrué, conseiller financier de l'Ambassade, a d'ailleurs précisé que les pays disposant de fortes réserves, tels que la Chine, devaient jouer un rôle complémentaire et non se substituer aux institutions financières internationales au détriment des pays pauvres.


Le président chinois Hu Jintao se rendra au sommet du G20 à Washington, AFP - Aujourd'hui la Chine - RIA Novosti
Le président chinois Hu Jintao assistera au sommet du G20 le 15 novembre à Washington sur la crise financière qui doit réunir les dirigeants des grands pays industrialisés et émergents, a annoncé mardi le ministère des Affaires étrangères.

Le numéro un chinois se rendra au sommet avant d'entamer une tournée en Amérique latine, notamment pour participer au Pérou au sommet de l'Apec, le Forum de coopération économique Asie-Pacifique (22 et 23 novembre), a déclaré le porte-parole, Qin Gang.


Gordon Brown "optimiste" sur une aide financière des pays du Golfe au FMI, AFP - Yahoo! Actualités - NouvelObs
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, s'est dit optimiste dimanche quant à la possibilité d'obtenir des monarchies pétrolières du Golfe une aide envers le FMI, dans le but de secourir les pays victimes de la crise financière.

"Je pense que les Saoudiens vont contribuer, comme d'autres pays, et que nous aurons un fonds mondial plus important", a déclaré M. Brown à la presse à Ryad, estimant que d'autres Etats du Golfe suivront.

"Les gens veulent investir à la fois pour aider le monde à traverser cette très mauvaise passe mais aussi pour travailler avec nous afin que nous soyons moins dépendants du pétrole et que nous ayons des prix du pétrole plus stables", a-t-il ajouté.

[...]

"J'ai bon espoir que vous et d'autres Etats du Golfe aurez la volonté de vous joindre à d'autres pays pour empêcher la crise de s'étendre, en aidant à renforcer le fonds international pour les économies affectées", avait-il dit.

1 novembre 2008

Les pauvres dans la tourmente

Controverse après un vote des députés sur l'âge de la retraite, Reuters - Yahoo! Actualités
Un vote nocturne à l'Assemblée nationale entérinant la possibilité que la retraite soit repoussée à 65 ans dans le transport aérien et 70 ans dans d'autres secteurs suscite samedi les protestations de la gauche et des syndicats.


Les salariés, face aux faibles retraites, pourront travailler jusqu'à 70 ans, AFP - Yahoo! Actualités
Les salariés, confrontés au risque de percevoir une faible retraite, pourront continuer à travailler jusqu'à 70 ans, si une mesure votée dans la nuit de vendredi à samedi par les députés, et critiquée par la CGT et l'opposition, est définitivement adoptée par le Parlement.


Les pauvres dans la tourmente aux Etats-Unis, OFCE
Qu’en est-il de la crise actuelle ? La récession économique annoncée va de pair avec une montée du chômage et cette fois-ci c’est bien l’ensemble du marché du travail qui est touché. Entre septembre 2007 et septembre 2008, le taux de chômage est passé de 4,7% à 6,1% et les durées de chômage s’allongent (environ 17 semaines contre 12,5 en 2000). Les personnes les moins qualifiées sont en première ligne car elles sont les plus sensibles aux cycles économiques. La montée du chômage est suivie de près par celle de la pauvreté. Selon Rebecca Blank (2008), une augmentation de 2 points du taux de chômage devrait conduire à un accroissement de 0,9 point du taux de pauvreté, soit environ 2,7 millions de pauvres en plus.

Géopolitique et géostratégie de la Chine

Les jeux olympiques de Beijing d'août 2008 auront eu pour objectif de faire rentrer la Chine dans le système international du XXIème siècle en tant que grande puissance partenaire. Cependant, la préparation de l'événement, avec de nombreuses crises régionales et internationales, aura permis de déceler plus facilement les failles géopolitiques actuelles du pays. De plus, la participation de la Chine à de nombreuses crises externes et internes de manière quasi-simultanée (Corée du Nord, Soudan, Zimbabwe, Tibet, Birmanie, Sichuan, Xinjiang), et les relations diplomatiques évolutives avec ses principaux partenaires (Taïwan, Japon, Russie, Etats-Unis, UE, UA et Unasur), auront transformé la position géostratégique de la Chine au cours du premier semestre 2008. Dire que cette année est charnière pour la Chine, marquant le début d'une nouvelle ère, avec l'affirmation de la présence d'un géant géopolitique, à l'échelle mondiale, et non plus seulement régionale, n'est donc pas une exagération. Cependant, les actions géopolitiques (au sens large) menées par la Chine actuelle ne peuvent être dissociées de sa longue et complexe histoire. Nombre de réflexes politiques actuels découlent du "géojuridisme intérieur" et de la géoéconomie.

Ce billet a pour objectif de décrire les différents niveaux d'analyse géopolitique nécessaires pour comprendre la Chine, qu'il soient nationaux (un pays, cinq systèmes, onze langues, et les crises identitaires), régionaux (avec six zones de tension, une stratégie de gestion des détroits de la région, une diaspora chinoise conséquente dans la sous-région, et un phénomène d'intégration en cours avec l'ASEAN Plus Trois, l'OCS, l'ASEM et l'APEC), et internationaux (les intérêts chinois sont mondiaux et se font sentir dans toutes les crises internationales de ce début de siècle). Contrairement à une idée répandue, la Chine n'use pas uniquement de son hard power, mais plutôt d'un soft power, dont elle se sert pour élargir son influence mondiale, et s'ouvrir progressivement aux pratiques internationales, en gardant l'option de revenir en arrière sans jamais devoir remettre en cause l'assise du pouvoir politique post-communiste... (en cas de crise, si les occidentaux, les démocrates des zones spéciales, les forces non étatiques des "zones autonomes", et/ou les nouvelles puissances financières du pays la poussent trop loin, ou à l'inverse, si les contre-pouvoirs du parti communiste résistent). Phénomène de plus en plus visible, la réintégration de la Chine dans le système international (dont son histoire nationale et régionale si particulière l'avaient tenu à l'écart au cours du dernier demi-siècle), remet au devant de la scène sa géopolitique singulière (avec ses composantes géoéconomiques et géojuridiques) et les phénomènes identitaires régionaux (ou nationaux, ethniques, religieux, selon la perspective). Une analyse détaillée de ces phénomènes permettra de prévoir les multiples évolutions de ce géant géopolitique. La réintégration de ces facteurs dans l'analyse géopolitique intérieure, avec une gestion globale de la question des "nationalités" et des "régions autonomes", sans buter exclusivement sur la question tibétaine, usant des différents acteurs régionaux, permet d'envisager une politique étrangère européenne cohérente envers la Chine, celle d'un partenariat stratégique (dans les domaines de la sécurité régionale, alimentaire, sanitaire, environnementale, énergétique, financière, de l'administration publique et des coopérations en tous genres) et non pas uniquement d'une concurrence stratégique (sécuritaire, commerciale, et monétaire); une politique étrangère européenne faite de hard power et soft power, réalisme et multilatéralisme, et usant pleinement les acteurs étatiques, régionaux, et non-étatiques prônant des réformes (démocratiques, sociales, environnementales et de gestion des minorités) sans déstabilisation de la puissance chinoise, avec toutes les conséquences imprévisibles que cette dernière impliquerait.

Géopolitique et géostratégie d'une puissance mondiale qui se dévoile: la Chine du début du XXIème siècle, Quindi.

Les fronts de la guerre

La crise financière mondiale est en train de provoquer un exode sans précédant des Mexicains qui travaillaient aux Etats-Unis et qui retournent chez eux. Depuis août dernier 150 000 Mexicains sont déjà revenus au pays ce qui inquiète terriblement le gouvernement qui ne sait que faire de cette main d'œuvre en pleine récession économique.
RFI

L'engagement des Etats-Unis en Afghanistan et en Irak génère de l'activité économique. Les dépenses liées au militaire ont progressé de 5,8%, apportant 1,15 point à la croissance.
Le Temps

Le général américain David Petraeus, crédité des progrès réalisés en Irak, s'est vu confier vendredi le commandement chargé de superviser de concert les guerres en Irak et en Afghanistan.
RTL

Présent à la cérémonie, le secrétaire à la Défense, Robert Gates, a salué en Petraeus "l'homme qu'il faut en ce moment à ce poste".
"Sous son commandement, nos soldats ont porté des coups terribles à nos ennemis en Irak. Maintenant, nous allons nous occuper de nos adversaires en Afghanistan", a-t-il ajouté.
Reuters - Yahoo! Actualités

Le 30 septembre 2008, The Army Times révélait que la 1ère brigade de combat de la 3ème division d’infanterie US avait été rapatriée d’Irak et affectée au maintien de l’ordre intérieur aux États-Unis. Devant le tollé général, le journal a publié un démenti de son propre article.
Voltaire

Le monde vote Obama ! déclarait il y a quelques semaines un grand quotidien international. Le même monde qui dans sa majorité est analphabète, illettré et perdu dans les fouillis du zapping politique. Ce monde-là, sans s’en rendre compte, se cherche des héros, des idoles pour croire en quelque chose et fuir la misère de son quotidien. Le brouhaha autour de cette élection est affligeant surtout qu’à côté les souffrances des marginaux sociaux sont toujours sévères, mais restent inaudibles. On parle trois secondes du tremblement de terre au Pakistan avec ses centaines de morts, on passe furtivement sur les atrocités au Congo, l’euphorie atteint des sommets vertigineux, ainsi que les donations massives en direction de deux candidats, qui seront élus pour renforcer l’impérialisme américain, sont de plus en plus importantes. Le changement a un prix, il faut donc se serrer la ceinture et vider son épargne pour envoyer son champion s’asseoir dans un siège appartenant à l’establishment. Le plus dramatique dans cette histoire c’est que tout ce carnaval traduit au fond l’état de ce monde définitivement atteint d’une sorte d’ivresse du désespoir.
AgoraVox

Les énormes réserves en dollars dans le Golfe et en Chine pourraient être utilisées pour renflouer le front est européen et dans d’autres pays émergents qui sont devenus dépendants de leur dette extérieure durant la dernière décennie.
Mais cet argent ne sera pas accordé sans contreparties. Les nouveaux contributeurs voudront disposer d’une voix au chapitre au sein de l’institution. Le FMI était un club composé des Américains, des Européens et des Japonais. Mais les réserves de dollar se trouvent aujourd’hui dans les États pétroliers et en Chine, et désormais ils s’attendent à obtenir plus de poids dans la gestion de l’économie mondiale.
ContreInfo

Le premier ministre chinois a déclaré que la Russie et la Chine pourraient lutter contre la crise financière mondiale en conjuguant leurs efforts. Vladimir Poutine a invité, pour sa part, à renoncer au dollar dans les transactions commerciales entre les deux pays.
Cette idée ne date pas d'hier. Un accord "cadre" à ce sujet était déjà intervenu entre la Russie et la Chine fin novembre 2007. [...] Au premier semestre de cette année, ce fut au tour du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et de son homologue vénézuélien Hugo Chavez de partir en guerre contre le dollar, en invitant leurs partenaires au sein du cartel pétrolier à renoncer à la monnaie américaine dans le commerce du pétrole, affirmant que le billet vert était en bout de course et que l'heure était venue de songer à une monnaie plus stable et prévisible.
RIA Novosti

La forte hausse des taux décidée par la Hongrie pourrait enclencher un processus où, en tentant de rivaliser en ordre dispersé pour attirer les capitaux, l’ensemble des pays de l’Europe de l’Est aggraveraient la récession. Avec des ratios d’endettement à court terme qui dépassent pour certaines nations les 50% du PIB, le risque d’hécatombe est bien réel.
ContreInfo

Les Israéliens se trouvent enfermés dans un cercle vicieux: des dirigeants prêts à tels ou tels compromis, mais n'ayant aucune chance de faire adopter leurs promesses par la Knesset sont remplacés par d'autres, plus réservés au cours des négociations, mais qui, en fin de compte, cédant à la pression des circonstances ou des Etats-Unis (le plus souvent), en arrivent à la nécessité de rechercher des compromis. Le nouveau leader israélien parviendra-t-il à rompre ce cercle vicieux? Personne ne le sait vraiment.
RIA Novosti

Où est la gauche ? L’officielle, celle qui a accompagné le libéralisme, déréglementé la finance pendant la présidence du démocrate William Clinton, désindexé les salaires avec François Mitterrand avant de privatiser avec MM. Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn, taillé à la hache dans les allocations versées aux chômeurs avec M. Gerhard Schröder, n’a à l’évidence d’autre ambition que de tourner au plus vite la page d’une « crise » dont elle est coresponsable.
Le Monde diplomatique

Crimes de guerre en Afghanistan

Afghanistan : la logistique française est aussi en première ligne, AFP - Yahoo! Actualités
"Ca n'a rien à voir avec la Bosnie, le Kosovo, le Liban ou le Tchad. Ici en Afghanistan, le danger est permanent" : l'adjudant-chef français Pascal X. vient de conduire son convoi jusqu'à la base avancée de Nijrab, une mission logistique parmi 700 menées depuis juin.

Commentaires : Le récit de ce militaire, qui découvre que la guerre est dangereuse, est involontairement drôle : «l'imagination des insurgés sans limite : jeudi, un âne piégé a tué un policier afghan à Kandahar, dans le sud».


La guerre en Afghanistan est une "impasse", estime un rapport parlementaire français, AFP - Yahoo! Actualités
La guerre en Afghanistan est dans "une situation d'impasse", a estimé jeudi le député UMP Pierre Lellouche, co-rapporteur de la mission d'information et d'évaluation de l'Assemblée nationale.

"Sur le plan purement militaire, ça s'apparente à une situation d'impasse", a noté le député parisien lors de la présentation d'un rapport d'étape sur la situation en Afghanistan. Une coalition internationale d'une quarantaine de pays affronte dans ce pays des insurgés afghans et fondamentalistes musulmans. "Nous les empêchons de se regrouper et donc de prendre Kaboul et d'amener dans leurs valises Al-Qaïda (...), mais nous ne sommes pas aujourd'hui capables de les réduire", a-t-il observé.

Pour Pierre Lellouche et François Lamy (PS), la "guerre anti-insurectionnelle difficile" menée dans le pays n'a pas de solution militaire mais politique, qui ne peut s'appuyer que sur la reconstruction du pays, la coopération du Pakistan voisin et la lutte contre la production d'héroïne qui alimente les combattants.

Commentaires : Le point de vue de Pierre Lellouche est d'autant plus intéressant qu'il fut un ardent partisan de la guerre contre l'Afghanistan en 2001 et contre l'Irak en 2003.
Les résistants à l'occupation militaire sont naturellement désignés comme «des insurgés afghans et fondamentalistes musulmans» puis curieusement comme des «combattants».


Sur qui tirent les soldats français en Afghanistan ?, Investig’action
300 soldats français se sont retrouvés encerclés par la résistance afghane le week-end dernier dans la province de Kapisa en Afghanistan. Ils ont dû battre en retraite et abandonner deux missiles anti-tanks Milan et le lanceur.

Ce qui n'est pas très clair dans ces articles relatant toute cette opération, c'est comment 14 Talibans ont pu encercler 300 soldats français, et pourquoi ces soldats d'unités de forces spéciales françaises ont dû battre en retraite après avoir tué tous leurs assaillants ?

Ce qui n'est pas non plus très clair c'est pourquoi ils étaient équipés de missiles anti-tanks Milan inefficaces contre des tanks "fantômes" puisque les Talibans n'en utilisent plus. Les Talibans avaient des tanks mais ils ont tous été détruits en 2001 lors de l'invasion US/OTAN de l'Afghanistan. Et depuis, personne n'a fait état d'attaques menées par la résistance afghane à l'aide de tanks.

Les soldats français sont équipés de missiles anti tanks Milan non pas pour tirer contre des tanks inexistants mais bien pour tirer contre des maisons, les missiles anti tanks Milan étant particulièrement efficaces pour détruire le genre de constructions qu'on trouve en Afghanistan, provoquer leur effondrement et tuer toutes les personnes qui se trouvent à l'intérieur.


Le plan média des Talibans, Mediapart
Quelle agence de communication conseille les Talibans ? Devant les progrès de la propagande des combattants afghans, la question est presque posée dans ces termes par les stratèges de l’OTAN et de ses gouvernements impliqués en Afghanistan qui voient les Talibans gagner la bataille de l’image.

Sur le même thème :
• Les talibans qui ont tué les soldats français vivent au Pakistan, Le Monde.
• Pakistan : rencontre avec les talibans d'Uzbin - «Nous avons achevé les blessés français», Nouvelobs.

Commentaires : La question du journaliste signe un point de vue typiquement colonialiste. Toute guerre s'accompagne de propagande, mais les médias dominants découvrent avec effroi que les résistants afghans, qu'ils nomment «insurgés afghans et fondamentalistes musulmans» ou «islamistes aux allures préhistoriques», sont des combattants et qu'ils utilisent les mêmes armes que les troupes d'occupation.


Récit de Florence Aubenas de l'embuscade d'Uzbin, Nouvelobs.
En Afghanistan, l'obsession de tout soldat français est de se démarquer des Américains. Ils répètent sans cesse qu'ils ne feront pas comme eux. Ils ne fouilleront pas les maisons, ce qui effraie, humilie et radicalise la population. Ils ne pratiqueront pas la politique de la terre brûlée en détruisant les villages. Ils ne feront pas de prisonniers qui «disparaissent dans des centres secrets, style Guantanamo, ma femme l'a vu sur internet», dit un sous-officier. Ils expliquent qu'ils vont conquérir «les coeurs et les esprits».

Commentaires : «conquérir les coeurs et les esprits» fut, mot pour mot, le slogan de l'armée française en Algérie pour justifier la guerre coloniale. La riposte de l'armée française à une attaque de la résistance est aussi la même aujourd'hui en Afghanistan que hier en Algérie : par un crime de guerre.

Quatre missiles Milan ont été tirés contre le village, deux autres hameaux ont été détruits dans un raid aérien le lendemain. L'agence Pajhwok estime qu'il y aurait plusieurs dizaines de civils morts. «Je ne suis pas certain qu'ils étaient directement impliqués dans l'attaque contre les Français, dit le colonel Rumi Nielson-Green, porte-parole de la coalition. Ca n'a aucune importance. Ils étaient certainement au moins complices.»


Pour aller plus loin :
• Afghanistan, Yahoo! Actualités.
• Mission d'information en Afghanistan, Assemblée nationale.
• Rapport sur la situation en Afghanistan, Rapport d’étape (PDF).
Évaluation de l'opération militaire en Afghanistan
La mission veut s’attacher à informer nos concitoyens sur le pourquoi, le comment, la durée de l’engagement des troupes françaises dans ce pays.
Trois axes de réflexion sont privilégiés : l’examen des moyens de notre armée ; l’appréciation de la stratégie et des objectifs poursuivis tant par l’OTAN que par les États-Unis ; la recherche des voies de sortie du conflit qui implique d’évaluer la reconstruction du pays (au plan politique, social, économique), les possibilités d’une réconciliation nationale, et enfin les enjeux stratégiques régionaux.

Chine-USA

La Chine est devenue le deuxième pays du monde en termes de part des publications scientifiques mondiales, Sciences Blogs.liberation
Avec près de 8% du total, la Chine n'est dépassée que par les Etats-Unis, dont la part se situe à près de 27%, bien loin des 34% d'il y a 20 ans. Dans son sprint de longue durée - entamé au début des années 1980 alors qu'elle ne pesait que 1% du total mondial - la Chine a d'abord rattrapé des petits pays. Puis laissé sur place des pays moyens. A rattrapé le peloton de tête - grands pays européens, Japon - pour enfin les dépasser. L'Allemagne (6,1%), le Japon, (7,6%), le Royaume-Uni (6,2%), la France (4,4%)... aucun n'a résisté, tous perdant du terrain. Pendant ce temps, d'autres ont aussi augmenté leur part des publications mondiales. L'Espagne (2,7%), la Corée du Sud (2,5%), l'Italie (3,6%)... mais aussi l'Inde (2,5%) et le Brésil (2%).
[...]
Quelle leçon de long terme, concernant les relations internationales, faut-il tirer de cette évolution majeure ? La première, celle qui sera d'abord mise en avant par la plupart des responsables politiques, sera de l'analyser en termes de concurrence, de jeu à somme nulle où si l'un gagne l'autre perd. Bref, on nous dira : il faut craindre les Chinois, et c'est pour cela qu'il faut réformer le système de recherche français, archaïque, trop libre, où le mérite n'est pas assez récompensé. Un raisonnement fondé sur l'idée que les relations internationales ne peuvent être que rapports de forces, intérêts divergents, opposition éternelle entre dominants et dominés.

Il existe une autre leçon possible, plus délicate à mettre en oeuvre. Celle qui nous dit que la seule solution viable à long terme, c'est la coopération et non la concurrence. Alors que la problématique de la finitude d'une part au moins des ressources naturelles s'impose, il s'agit de savoir si l'on va se battre pour en accaparer la meilleure part où si l'on va coopérer pour trouver des solutions qui permettent de les économiser au maximum dans une répartition la plus égalitaire possible.


La mort de l’Empire américain, Mondialisation
Tout a commencé au début du 20e siècle. En 1907, J.P. Morgan, un banquier privé de New York, a propagé une rumeur voulant qu’une grande banque concurrente, sans dire laquelle, était sur le point de sombrer. C’était une fausse accusation, mais les gens sont tout de même accourus à leur banque pour retirer leur argent, craignant que celle-ci ne soit l’objet de la rumeur. Comme ils retiraient leurs fonds, les banques ont perdu leurs dépôts en argent et ont dû rappeler leurs prêts. Les clients devaient alors payer leurs hypothèques afin que les banques aient des revenus, un processus qui les menait à la faillite. La panique de 1907 a provoqué un krach incitant à la création de la Réserve fédérale, un cartel bancaire privé avec le vernis d’une organisation gouvernementale indépendante. En réalité, c’était un coup des banquiers d’élite dans le but de contrôler l’industrie.

Le tiers-monde face à la crise financière

Les pays pauvres risquent d'être les plus touchés par la crise financière, AFP - Yahoo! Actualités
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, en visite en Inde, a dit jeudi redouter que les pays les plus pauvres soient les plus frappés par les conséquences de la crise financière mondiale, notamment si l'aide au développement devait se réduire.

"Les pays les moins avancés, les plus pauvres du monde pauvre, leurs enfants et leurs personnes âgées, risquent de souffrir le plus", a dit M. Ban dans un discours devant le mémorial Rajiv Gandhi à New Delhi, du nom de l'ancien Premier ministre assassiné en 1991.

"Je suis très inquiet que l'aide au développement pâtisse (de la crise) et que des investisseurs se retirent des marchés émergents", a ajouté M. Ban, craignant que "des populations qui se sont battues si durement pour se sortir de la pauvreté retombent dans le dénuement".


Conséquences de la crise des marchés financiers, AFP - Libération
American Express supprime 7.000 emplois.
Zone euro : la confiance économique au plus bas depuis quinze ans.
Crise de l'automobile : une fonderie bretonne bloquée.
BASF va supprimer 1.000 emplois dans le monde.
Hugo Boss fait moins de bénéfices et baisse ses prévisions.
Pioneer : la perte nette annuelle sera 4 fois pire que prévu.


Effets de la crise sur le tiers-monde, Investig’action
Il va sans dire que les pays développés imposeront des mesures encore plus restrictives à l’encontre des immigrants, punissant les pays qui dépendent de l’argent envoyé par ceux-ci à leurs proches. En 2004, les transferts vers l’Amérique latine et les Caraïbes s’élevaient à 45 milliards de dollars (Mexique, Brésil et Colombie: 60%; Salvador, Guatemala et République dominicaine: 20%; autres: 20%). Ils représentaient 24% du PIB de Haïti, 11% de celui du Honduras, 14% de celui du Salvador et 10% de celui de la République dominicaine (CEPAL 2005,13). Les envois d’argent depuis l’Union européenne – deuxième source de revenus de l’Equateur – diminueront également. En conséquence, de nombreuses entreprises vont fermer leurs portes et congédier leurs employés.

31 octobre 2008

Les petits secrets du sauvetage des banques américaines

Les petits secrets du sauvetage des banques américaines, WSWS
Dans un article exceptionnellement honnête publié dans le New York Times de samedi, l’éditorialiste de la section économique, Joe Nocera, a révélé ce qu’il qualifie de « petits secrets de l’industrie bancaire », soit « qu’elle n’a pas l’intention d’utiliser l’argent [du sauvetage gouvernemental] pour faire de nouveaux prêts ».

Comme l’explique Nocera, le plan annoncé le 13 octobre par le secrétaire du Trésor Henry Paulson qui consiste à offrir 250 milliards $ d’argent des contribuables aux plus grandes banques, contre des actions non-votantes, n’a jamais vraiment eu pour objectif d’inciter ces dernières à recommencer à prêter aux entreprises et aux consommateurs, le but officiel du sauvetage. Son but premier était plutôt d’engendrer une rapide consolidation du système banquier américain en subventionnant une série d’acquisitions de plus petites firmes financières par les plus puissantes banques.

[...]

Toutes les raisons invoquées pour justifier le sauvetage des banques ont été exposées comme étant des mensonges. Les dirigeants démocrates au Congrès et Barack Obama se sont joints au président Bush, au président de la Réserve fédérale Ben Bernanke, et à Paulson pour insister que le sauvetage devait être accepté par le Congrès, et accepté immédiatement, malgré l’immense opposition populaire. Ceux qui se sont opposés au plan ont été dénoncés comme une menace pour le bien commun de la population américaine.

Dans un discours télévisé de par tout le pays le 24 septembre, avant que le Congrès ne vote sur le plan de sauvetage, Bush a dit que ce plan « aiderait les consommateurs et les hommes d’affaires américains à obtenir du crédit d’après leurs besoins quotidiens et afin de créer des emplois ». Si le plan était rejeté, a-t-il averti, « [d]’autres banques pourraient faire faillite, y compris certaines dans votre communauté. La bourse pourrait perdre encore plus de valeur, ce qui diminuera la valeur de vos épargnes en vue de la retraite… D’autres compagnies pourraient être forcées de fermer leurs portes et des millions d’Américains pourraient perdre leur emploi… au bout du compte, notre pays pourrait connaître une longue et douloureuse récession. »

Un mois plus tard, le sauvetage était voté et tous les sombres développements dont Bush avait menacé le peuple américain et dont ce dernier devait être protégé, la fermeture de banques et de compagnies, l’effondrement de la bourse, l’augmentation en flèche du chômage, tout cela est arrivé et s’accélère.


Commentaires : Dedefensa (De la difficulté de ne plus être) reprend cette information, la croise avec un texte de Paul Jorion
Les citoyens américains dans leur quasi-totalité considèrent le système économique qui est le leur comme idéal, n’envisageant sa réforme possible que sur des aspects mineurs. Suggérer à un Américain que certaines des institutions de son pays pourraient être améliorées si l’on s’inspirait de l’expérience d’autres nations, produit toujours chez lui la même consternation: s’il lui paraît admissible que certains détails soient révisables, l’idée que d’autres nations auraient pu faire mieux à ce sujet est pour lui inacceptable. Et c’est pourquoi on pourrait être tenté de qualifier le capitalisme tel qu’on le trouve aux États-Unis non pas de “sauvage”, mot qui suggère un certain archaïsme, mais de “fondamentaliste”.

et poursuit l'analyse
Quoi qu’il en soit, l’épisode décrit par Joe Nocera est caractéristique de la réalité de la situation. D’une part, il nous dit que, jusqu’à maintenant, le système n’a pas lâché un pouce de son terrain idéologique malgré la formidable pression de la catastrophe.
[...]
D’autre part, ce même récit de Nocera nous dit parfaitement que la même catastrophe continuera à être alimentée par les agissements que nous nommons “marginaux” ou parasitaires (combines, irresponsabilités, etc.) des acteurs bancaires et autres, qui, eux aussi, maintiennent ferme le cap idéologique et entendent en profiter sans aucun esprit de culpabilité.
[...]
Les conséquences vont se poursuivre à bon train, sur un double plan:

• A l’intérieur des USA, où la crise va se poursuivre, mettant de plus en plus à l’épreuve l’idéologie, les défenseurs de l’idéologie, contre les partisans d’une réforme de l’idéologie (sorte de “pré-gorbatchéviens” du système), – accentuant “la discorde chez l’ennemi”, selon le mot de De Gaulle.

• Entre les USA et leurs alliés, ou bien entre les USA et le reste. Cela vaudra évidemment pour Sarkozy, de plus en plus maintenu en état de surpression qui le pousse à développer une politique du plus grand intérêt pour nos esprits ébahis de plaisir ironique. Dans ce cas, l’axe de confrontation entre la France (l’Europe) et les USA est tracé droitement. Sarkozy se fera sans doute réélire sur un programme anti-américaniste de belle facture, et sans doute le soupçonnera-t-on alors d’être un ex-appointé du KGB.

…En attendant quoi, le débat a de fortes chances, au rythme des tambours de la crise, et en présence sans doute des mésententes persistantes, de se diriger vers des mises en cause fondamentales. Là aussi, c’est un de nos classiques : la montée aux extrêmes. Si le réflexe idéologique est aussi fort que nous le croyons aux USA, alors que les USA sont nécessairement des acteurs du monde “globalisé” (sic), le débat sur le fondement de la doctrine ne pourra être écarté dans un geste d’apaisement. Les positions vont se polariser, monter aux extrêmes. C’est la meilleure chose qui puisse arriver.

Crise financière ou guerre secrète ?

Le 14 octobre 2008, le gestionnaire de fonds et analyste financier Mostafa Belkhayate a accordé une interview au site Capital.fr.
Curieusement l’une des questions et l’analyse de Mostafa Belkhayate sur des possibles causes profondes de cette crise, a complètement disparu sur le site de Capital ! Cependant, Capital a laissé un lien vers le site de Belkhayate où l’on peut lire ce qui suit :

Capital.fr : Qu’est ce qui vous fait penser que la chute n’est pas terminée ?

Mostafa Belkhayate : Lorsqu’il y a un crime, cherchons le coupable du côté de celui qui en profite. Washington a résolu en moins d’une semaine le grave problème des créances américaines : en faisant croire que Freddie Mac et Fannie Mae, deux organismes américains de financement, risquaient la faillite, les financiers yankee ont coupé l’herbe sous les pieds des Chinois, qui possèdent près de 400 milliards de dollars d’obligations émises par ces institutions. Ces dernières, aujourd’hui loin de leur valeur initiale, ne peuvent plus être revendues. Tous ceux qui pourraient en acheter en ont déjà ; les Japonais, les Européens, les Russes, les Arabes,… Voilà comment on peut dissoudre des milliers de milliards de dollars de dette. Pour moi, c’est la seule explication du sacrifice de Lehman Brothers. C’est ingénieux, d’autant plus que Washington a manipulé le prix du pétrole à la hausse à partir d’avril 2008 pour "offrir" sur un plateau venimeux un maximum d’obligations aux Arabes, qui leur ont toujours fait une confiance aveugle. Une fois le plein fait, on lâche le pétrole et les obligations. Le mécanisme a parfaitement marché puisque aujourd’hui les créanciers amis de l’Amérique n’ont que du papier sans valeur entre les mains. Voilà la vraie guerre ! Sauf qu’il me semble qu’on ait sous-estimé la réaction de "ces amis". Leur réaction sera violente, foudroyante…car ils ne vont pas se laisser faire. La crise boursière ne fait que commencer. On va assister à une attaque en règle sur le billet vert…

Source : Tlaxcala.

La (périlleuse) métamorphose du monde

En février de cette année [2008], la revue nord américaine Forbes a publié un long article qui qualifiait la Chine de «pays le plus important de la planète», non seulement à cause de son énorme population, mais du développement accéléré de son économie, en citant comme exemple de sa puissance, le fait qu’une entreprise d’État, Petrochina, s’était convertie en la plus grande entreprise du monde, et que selon toute probabilité la Chine dépasserait, à la fin de 2008, l'Allemagne en devenant le plus grand pays exportateur du monde. Il aurait pu ajouter que les réserves de devises chinoises sont les plus grandes du monde (1.550.000 millions de dollars) et que de ses universités sortent chaque année plus de quatre millions de diplômés. De même la Chine compte la plus grande banque du monde (ICBC), la plus grande entreprise de téléphonie mondiale (China Mobile), le plus grand nombre d’internautes et de téléphones de la planète, elle est le principal fabriquant mondial de téléviseurs plats et d’ordinateurs, et elle a le plus élevé taux de croissance annuel du PIB. Si en 2007, l’économie nord-américaine dépasse 21,36% du PIB mondial et l’économie de la Chine 10,83% (toujours en parité de pouvoir d’achat), on calcule que dans cinq ans les États-unis produiront 19,22% du PIB mondial et la Chine 14,69%. Tandis que les États-unis déclinent, la Chine continue de croître.

Forbes a conclu sons article en affirmant que le XXIe siècle va être celui de la Chine. Cette conviction, qui fait son chemin dans la pensée politique nord-américaine, est très présente dans les objectifs stratégiques de Washington et s'accompagne de plaintes constantes de la part des États-Unis contre la puissance asiatique. Ainsi, le déficit commercial avec la Chine est utilisé pour justifier les problèmes croissants de l’économie nord-américaine et l’augmentation du chômage aux États-unis (bien que la Chine s’acquitte scrupuleusement de ses obligations envers l’OMC) ; l’augmentation du prix du pétrole est justifié par la croissance des importations chinoises, malgré l’évidence de l’auto-approvisionnement chinois. De plus, la Chine a cessé d’être exclusivement un pays exportateur de produits bon marché pour se convertir aussi en exportateur de biens de haute technologie.

Cette nouvelle réalité économique commence à avoir des répercussions politiques et elle induit des changements dans les relations internationales et dans la force militaire relative des grandes puissances planétaires. Ainsi le mois de juin dernier, le Stockholm International Peace Research Institute, SIPRI, a publié son rapport 2007 où il déclaré que le budget militaire chinois est le troisième en importance du monde. Le IISS (The International Institute For Strategic Studies, de Londres), avance des opinions similaires. De ce fait, en 2007, toujours selon le rapport du SIPRI, pendant que les États-unis consacrent 547.000 millions de dollars à leur budget militaire, suivi de la Grande Bretagne avec 59.700 millions, la Chine apparaît déjà derrière ces deux pays, en destinant à sa défense 58.300 millions. La conclusion la plus importante de ce rapport était l’émergence de la Chine était justement la nouvelle d’une Chine en troisième position des dépenses militaires mondiales. Il ne faut pas oublier que ces deux instituts forment la partie du conglomérat idéologique occidental que dirige Washington, et que sous couvert d’un langage académique, ils appuient la vision nord américaine du renforcement militaire chinois.

En 2000, les États-unis ont commencé à publier un rapport annuel sur la force militaire de la Chine (Annual Report to Congress, du secrétariat de la Défense, sur le Military Power of the People’s Republic of China), qui dans ses dernières éditions, s’emploie à souligner fortement l’augmentation du potentiel militaire et stratégique chinois, la modernisation et le développement de sa technologie spatiale. Robert Gates, secrétaire de la Défense nord-américaine, a souligné dans la présentation du rapport 2007 les risques de renforcement de Pékin, en donnant corps à la “menace supposée militaire chinoise”, idée qui court toutes ces dernières années dans les rapports du Département de la Défense, dans les think tank conservateurs et dans beaucoup de publications académiques.

En effet, la Chine a augmenté son budget de la Défense et sa force militaire s’est renforcée, mais la “menace supposée militaire chinoise” est un mensonge total. Il est certain que les changements dans l’équilibre militaire en Asie, avec la consolidation de l’Organisation de Coopération de Shanghai et les sommets des pays d’Asie centrale et du sud-est asiatique avec la Chine, les accords de coopération avec Moscou et les efforts de la diplomatie chinoise jusqu’en Afrique, qui se sont concrétisés par un sommet sino-africain à Pékin, constituent des motifs d’alarme pour Washington, mais Pékin n’est absolument pas intéressé par l’idée de commencer un affrontement stratégique avec les États-unis et préfère suivre une politique internationale prudente qui vise à son renforcement économiques, ce qui nécessite des relations pacifiques et pas de tensions internationales et de guerres, bien que la Chine n’en néglige pas pour autant les impératifs défensifs du pays : rien à voir par conséquent, avec l’urgence d’une “menace militaire chinoise”, dont les inventeurs ont objectifs politiques évidents en vue de la contention du géant asiatique.

Washington ne craint pas de critiquer la politique extérieure chinoise avec des mensonges grossiers en expliquant que, pour réussir à être approvisionné en ressources énergétiques, Pékin a des relations «avec les pays qui violent les droits de l’homme», qui «soutiennent le terrorisme international» et qui «impulsent la prolifération nucléaire». Avec une bonne dose d’hypocrisie, en passant sous silence la complicité évidente nord-américaine avec des dictatures féroces, comme l’Arabie saoudite, plus encore l’occupation militaire d’un pays riche en pétrole comme l’Irak, son appui aux organisations terroristes qui favorisent ses intérêts (comme les groupes des muyahidin iraniens), et sa complicité ou son acceptation tacite avec l’augmentation des arsenaux atomiques d’Israël ou du Pakistan, Washington se permet des références critiques aux accords énergétiques des Chinois avec l’Iran et de sa recherche de conventions avec les nations africaines. Malgré sa prudence, Pékin en est arrivé arrivé à dénoncer publiquement la “grossière ingérence [américaine] dans les affaires internes chinoises”. Hong Yuan, le responsable de l’agence qui contrôle la prolifération des armements dans l’Institut d’Études Nord-américaines de l’Académie chinoise de Sciences, a souligné que les États-Unis s’en prenaient avec véhémence aux “nouvelles armes chinoises”, sans tenir en compte de la différence du potentiel militaire entre les deux pays, et le fait que la supposée «menace de la Chine» que décrit le rapport du Département de la Défense a omis de souligner que la Chine poursuivait la politique de ne pas être la première à utiliser les armes nucléaires.
À son tour, le gouvernement chinois a rappelé que, entre 2001 et 2007, les États-Unis avaient augmenté presque de soixante pour cent leurs dépenses militaires, et que celles-ci étaient passé de trente-six pour cent du total des frais militaires de la planète à presque moitié du total mondial. Pékin mettait le doigt sur la plaie après avoir remarqué que les États-Unis dépensent dans leur armement et leurs armées autant que presque le reste des deux cents pays du monde réunis. Il faut remarquer que la dépense militaire chinoise représente, à peu près, neuf pour cent du budget militaire américain, et que 1,4 pour cent du PIB chinois est consacré à la défense, en face d’une moyenne de 3 pour cent des pays principaux capitalistes [Dépenses militaires, Wikipédia - SIPRI].

En novembre 2007, le secrétaire nord-américain de Défense, Robert Gates, a voyagé à Pékin pour aborder avec le gouvernement chinois la situation en Asie, les conflits internationaux et la relation bilatérale centrée sur les questions militaires. Sa mission n’a pas contribué faire baisser le ton des accusations nord-américaines. Au contraire, en mars 2008, Gates déclarait que le budget militaire chinois était plus élevé que ce que Pékin reconnaissait, sans autres précisions. Le journal The Washington Post, en arrivant à la rescousse de son gouvernement, répandait en même temps l’idée de ce que l’investissement chinois dans sa défense était “deux ou trois fois plus grand que ce qui était déclaré”, bien qu’il s’abstînt d’offrir des preuves et de tirer des conclusions pertinentes, puisque même si la dépense militaire chinoise eut été le triple de celle déclarée par Pékin, et elle représenterait encore à peine trente pour cent du budget militaire nord-américain. C’est ainsi, qu’en utilisant comme preuve leurs propres chiffres et arguments, et en leur octroyant le rôle de juge et parti, les États-Unis proclamaient, de nouveau, le danger de la “menace chinoise”. La présentation d’un nouveau Rapport du Pentagone, en mars 2008, avec des idées similaires aux antérieures, suggérait à de plus que Pékin réalisait une politique d’intrusion dans les réseaux informatiques du gouvernement nord-américain et des occidentaux, et on a laissé filtrer dans la presse internationale des nouvelles qui spéculaient même sur l’idée que Pékin pourrait avoir engagé des pirates informatiques pour saboter les systèmes des pays occidentaux, accusation qui a amené le gouvernement chinois à présenter une protestation formelle à Washington, en insistant sur le fait que la Chine, comme cela peut être vérifié dans les relations internationales, ne représente une menace pour aucun pays. Le Ministre chinois des Affaires extérieures a fait publier un communiqué où il exhortait les États-unis à respecter l’idée de «Une seule Chine», de cesser la vente d’armes à Taiwan et d’abandonner sa politique erronée face au séparatisme taïwanais. Il n’y avait pas encore eu la dernière opération conçue à Washington pour nuire au prestige et aux relations de la Chine avec le reste du monde : la campagne internationale sur le Tibet, en mettant à profit la répercussion des Jeux Olympiques de Pékin.

Dans le même mois de mars dernier, à l’occasion de la réunion du parlement chinois, l’Assemblée populaire Nationale, le président Hu Jintao (qui dirige également la Commission centrale Militaire et qui portai, significativement pour l’occasion, un habit militaire Mao) s’est réuni avec la délégation de l’armée pour insister sur la nécessaire modernisation militaire de son pays pour «garantir le progrès du socialisme chinois» et pour «contribuer au maintien de la paix mondiale». Conscient des accusations nord-américaines, les références que Hu Jintao a faites à l’utilisation progressive d’une technologie plus moderne pour répondre aux menaces possibles contre son pays, étaient la conséquence de l’analyse chinoise des dernières guerres menées par les États-Unis, depuis la première guerre du golfe contre l’Irak, jusqu’à l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, en passant pour l’agression contre la Yougoslavie, où l’ambassade chinoise elle-même a été détruite par les missiles nord-américain, conséquence d’une «erreur» supposée.

En avril, à partir de sources des services secrets nord-américains a filtré dans les médias une alarmante nouvelle, où, à partir d’une image obtenue par le satellite par la compagnie nord-américaine DigitalGlobe et reproduite sur des publications spécialisées en questions militaires, on spéculait sur l’agrandissement d’une base supposée de porte-avions et sur la construction de hangars et de quais pour des sous-marins nucléaires chinois dans l’île de Hainan, au sud de la Chine. La photographie, où à peine le profil de quelques quais était aperçu, était censée apporter la preuve du renforcement militaire chinois et l’émergence d’une nouvelle menace dans la mer de Chine méridionale. Ce n’était pas un hasard, si le mois précédent, les États-Unis et le Japon avaient organisé à Washington une réunion pour examiner le renforcement de leur déploiement militaire dans la zone … pour boucler les issues de la Chine dans l’Océan Indien depuis de la Mer de Chine Méridionale. Il faut rappeler que cette mer, qui baigne presque moitié des côtes chinoises, est fermée en grande partie par l’arc que forment Taiwan, les Philippines (les deux territoires facilitent le déploiement militaire nord-américain y compris avec des bases), la grande île de Bornéo et la péninsule de Malacca, où les États-unis sont en train de renforcer leur base dans Singapour. Par le Nord, la base nord-américaine de l’île japonaise de Okinawa et l’archipel japonais lui-même érigent une barrière pour le développement de la marine chinoise et le passage de ses sous-marins. Un des accords de la rencontre entre les États-unis et le Japon a porté sur l’établissement permanent dans l’archipel nippon du porte-avion nord-américain Washington et le renforcement des patrouilles de la VIIe flotte des États-Unis agissant dans la zone. Il est évident que Pékin observe avec préoccupation ces mouvements.

En mai, le directeur de la CIA, Michael Hayden, faisait remarquer à Washington que la Chine (un “pays communiste et une puissance nucléaire” selon ses mots) était un rival sérieux économique et politique des États-Unis et alertait sur le développement de sa puissance militaire, bien qu’il considérât que cela n’impliquait pas nécessairement un affrontement à court terme. Peu de jours après que Hayden ait prononcé ces paroles, le responsable du Commandement Stratégique nord-américain, le général Jeffrey Horne, dans la réunion de un des groupes d’étude du Congrès, accusait la Chine de développer «des technologies spatiales dans des buts agressifs». Horne a alerté sur la capacité chinoise d’abattre des satellites et de développer des systèmes militaires d’alerte pour “rendre aveugle” et “ensorceler” l’ennemi et il a suggéré la nécessité que les États-Unis “protègent ses unités spatiales”. Il était évident que les mots de Horne (avec en toile de fond de la preuve fournie par la Chine, en janvier 2007, qui avait alors abattu un satellite avec un missile balistique) n’étaient pas seulement la réflexion d’un général, outrepassant un peu son rôle militaire, mais un avis du gouvernement nord-américain à la Chine et une espèce de pression sur les alliés nord-américains en Asie orientale et en Europe, devant la nouvelle force chinoise. La délibérée et systématique pression nord-américaine s’est accompagnée, à la fin de mai, de la présentation publique du rapport du département d’État sur la démocratie et les droits humains, dans lequel Washington critiquait avec dureté la politique gouvernementale chinoise, décision qui a entraîné la réplique du Ministère des Affaires Etrangères Chinoise en recommandant aux États-unis qu’ils se préoccupent de la violation des droits humains sur leur propre territoire et qu’ils cessent de les utiliser comme prétexte à propagande pour intervenir dans les affaires internes d’autres pays.

Au milieu du dernier mois de juin, le vice-président lui-même, Richard Cheney, proclamait dans une séance de la Chambre nord-américaine de Commerce que la Chine extrayait du pétrole à soixante milles de la Floride, grâce à un accord avec Cuba. Avec son orgueil habituel, Cheney s’est permis de mépriser au Parti communiste Chinois et ses mots furent interprétés comme un sérieux avis sur la croissante agressivité chinoise, qui opérait déjà à proximité des côtes nord-américaines. Malheureusement pour Cheney, et devant l’évidence du caractère erroné de ses informations, étant donné qu’aucune compagnie chinoise n’est en train de perforé des puits pétrolifères dans cette zone des Caraïbes, le vice président s’est vu obligé de rectifier quelques jours après. Mais ses paroles furent révélatrices de l’attitude du gouvernement nord-américain face à la Chine. L’ancien secrétaire nord-américain à la Défense, Donald Rumsfeld, était partisan d’une politique agressive contre la Chine, qui a été suivi, pour l’essentiel, par son remplaçant, mais Pékin ne veut pas répéter les erreurs de l’URSS et n’a pas l’intention de se laisser entraîner dans une nouvelle course aux armements mais veut concentrer ses ressources dans son développement économique.

A l’ “hypothétique menace militaire chinoise” mise en circulation par Washington Pékin a répondu en parlant de la défense de la paix et de la collaboration internationale, et de son appui aux principes de sécurité et de confiance mutuelle. De fait, depuis les années de Deng Xiaoping, la Chine a impulsé une politique extérieure de coexistence pacifique, basée sur cinq principes : premièrement, le respect mutuel de la souveraineté et l’intégrité territoriale ; secundo, l’adoption d’une politique de non agression ; tertio, la non ingérence dans les affaires internes des autres pays ; quarto, l’égalité dans les relations ; et cinquo, le mutuel avantage. Le président Hu Jintao applique ces principes, qui, avec le renforcement du pouvoir économique global de Pékin, a porté la conception stratégique chinoise à formuler la thèse de «l’émergence pacifique» de la Chine. Si historiquement la naissance de nouvelles puissances planétaires est toujours allée avec la conquête, la guerre et du colonialisme, Hu Jintao nourrit la thèse de ce que la Chine a besoin d’un climat pacifique de concorde internationale pour assurer son développement économique, parce que, dans les relations avec les États-Unis, elle opte pour une politique qui a promu la confiance entre les deux pays, sur des bases égalitaires, dans une tentative de compréhension des intérêts stratégiques d’une autre partie. Au XVIIe Congrès du Parti communiste Chinois, Hu Jintao a répondu aux accusations sur la supposée «menace chinoise», en optant pour une politique de développement pacifique, en défendant le multilatéralisme, et en repoussant la tentation de chercher les seuls intérêts chinois.

Face aux accusations nord-américaines, il est certain que la Chine prend en compte les intérêts stratégiques étasuniens, dans la conviction qu’il s’agit là de l’unique chemin susceptible de consolider les relations pacifiques internationales (bien qu’elle n’ait cessé de répondre avec fermeté aux tentatives extérieures pour stimuler des processus d’indépendance au Taiwan, au Tibet et Xingjiang : ce sont les lignes rouges que Pékin ne permettra pas qui que ce soit de franchir). Elle continue de faire délibérément profil bas dans la politique internationale (malgré une plus grande présence diplomatique chinoise dans tous les forums) pour assurer la paix. C’est une évidence que face aux guerres nord-américaines de conquête et son expansion militaire constante dans le monde (de nouvelles bases pour son armée en Europe, en Asie et à l’Afrique, un agrandissement de l’OTAN, une augmentation du budget de Défense, etc.), mêmes les stratèges les plus durs de la «supposée menace militaire chinoise» ne peuvent alléguer un seul cas d’acte agressif (et encore moins militaire) de Pékin envers d’autres pays, puisqu’ils se voient obligé de recourir à la “question du Taiwan” qui, évidemment a une claire dimension interne chinoise a pour spéculer sur les propos de Pékin.

À la fin juin, lors de la réunion récente de Condoleezza Rice et de son homologue chinois, le ministre des Affaires Etrangères Yang Jiechi, Rice a déclaré publiquement l’opposition nord-américaine à l’“indépendance du Taiwan”, mais les États-Unis ne renoncent pas à utiliser cette carte à leur convenance dans leurs relations avec Pékin. Tandis que, une fois de plus, Yang Jiechi démontrait l’effort chinois pour améliorer sa communication avec les États-Unis, en contribuant ainsi au développement de relations pacifiques internationales, Rice ne s’est pas privée de rappeler les différences qui subsistent entre Washington et Pékin. Cependant, la réalité têtue complique, bien qu’elle ne l’empêche pas, l’effort de propagande nord-américain. La CIA elle-même, qui élabore une partie des programmes de harcèlement vers la Chine (au Tibet, Xingjiang, en Afrique et dans d’autres lieux) s’est vu obligée d’admettre le budget de défense de Pékin pour 2008 (d’environ 65.000 millions de dollars, selon l’agence), est à peine la dixième partie du budget militaire nord-américain. Il n’y a pas il doute malgré tout que la grande lutte pour la supériorité entre les États-Unis et la Chine explique les différentes opérations de propagande (conçues par les services secrets nord-américains). Les accusations, portées contre la Chine pour sa responsabilité supposée dans la crise du Darfour au Soudan, occultent le fait Pékin a conseillé au gouvernement soudanais la pleine collaboration avec l’Union Africaine et avec l’ONU pour la résolution de la crise et qu’elle a nommé même un représentant spécial pour le Darfour avec une fonction semblable à la médiation que Tony Blair réalise sur la question palestinienne. Sans oublier que la présence croissante chinoise en Afrique trébuche sur des incidents confus et des provocations : en janvier 2007, neuf travailleurs chinois d’une entreprise pétrolière sont morts au Nigeria, et en avril de la même année, un groupe obscur querillero de Somali a attaqué les installations de la société pétrolière chinoise Zhongyuan Petroleum Exploration à Abole, Ogaden éthiopien, en causant soixante et quatre morts [Abole oil field raid]. Ce sont quelques exemples, mais il est évident que ces incidents et d’autres semblables d’origine confuse, cherchent à rendre difficile la présence chinoise en Afrique et la consolidation de sa présence internationale.

Washington a eu une réaction alarmiste contre l’essai d'un satellite météorologique réalisé par la Chine au début de 2007, sans se préoccuper du fait que les États-unis ont depuis plus de vingt ans fait la preuve, avec des armes similaires, qu’ils avançaient de fait dans la militarisation de l’espace, et en se refusant à considérer la proposition chinoise et russe de négocier un traité pour limiter la recherche en matière d’armement spatial et pour empêcher le déploiement de ces systèmes dans le cosmos. A la critique de l’essai chinois, lié au refus de négocier l’interdiction, Washington était en train d’exiger, de fait, de la Chine et de la Russie leur assentiment au monopole spatial nord-américain, ce qui évidemment était inacceptable pour Pékin et Moscou. Cette politique du fait accompli, poursuivi par Washington, cherche l’avantage stratégique sans se préoccuper des intérêts du reste des puissances mondiales. En février 2008, on a pu le constater à l'occasion de la destruction d’un satellite espion nord-américain par un missile lancé depuis un croiseur étasunien, dans l’océan pacifique à proximité de Hawaii. Pour réaliser le lancement, conçu comme un essai pour l’installation du système antimissile nord-américain, Washington a utilisé l’excuse de ce que son satellite espion courrait le risque de choir à terre. C’est-à-dire, qu’il exige que Pékin et Moscou s’abstiennent de faire la même chose que Washington considère légitime de développer.

Pour cela, les États-Unis poursuivent leurs plans pour déployer un système antimissile centré sur leur propre territoire, avec des bases en Europe centrale (la Pologne et Tchéquie) et en Asie orientale (le Japon et la Corée), et avec des installations pour le lancement de missiles stratégiques. Ce plan peut détruire l’architecture stratégique de contrôle des arsenaux atomiques et impulser une nouvelle course aux armements, qu’aussi bien Moscou que Pékin ne veut pas entamer. Dans le même temps, les États-unis se refusent à ratifier le Traité de prohibition des essais nucléaires et rejettent l’adoption de la résolution de ne pas être le premier pays à utiliser les armes nucléaires, à la différence de ce qu’ont proclamé la Chine et la Russie. Au contraire, ils se réservent le droit du «recours préventif» de l’utilisation de la bombe atomique. Face à cette réalité, lors du sommet entre la Chine et la Russie organisé en mai à Pékin, Hu Jintao et Dmitri Medvédev ont signé un communiqué en avertissant que «la création du système global de défense antimissile nord américain altérera l’équilibre stratégique et la stabilité dans le monde», alors qu’eux établissaient les relations internationales sur le respect des «buts et des principes de la Charte des Nations Unies» sur la coexistence pacifique. Le renforcement des noeuds entre Moscou et Pékin et leur exigence de respect de la souveraineté et de l’intégrité de tous les pays était une critique implicite faite aux États-Unis, sans les citer, étant donné qu’ils sont le seul pays, dans dernières années, qui a envahi et occupé d’autres pays. Parmi les questions sur lesquelles Hu Jintao et Medvédev Hu ont manifesté l’accord de leur gouvernement, il y avait aussi le rejet de ce que les droits de l’homme soient invoqués comme prétexte pour intervenir dans les affaires internes d’autres pays, leur appui au maintien de la politique de non prolifération nucléaire au monde, à l’utilisation pacifique de l’espace, et son opposition à ce que des systèmes d’armes se déploient dans le cosmos. Il était évident que ces positions sont contradictoires avec la thèse de la «menace militaire chinoise».

En dernière instance, la périlleuse métamorphose du monde cache la tentative nord-américaine d’arrêter sa décadence constante mais lente et de limiter l’avancement chinois. Par cela, ils perçoivent avec hostilité l’appui ouvert de Pékin à Cuba, ses relations avec le Venezuela et d’autres pays de l’Amérique latine, et le développement d’échanges avec l’Afrique, où la Chine s’est engagée à donner des aides de la valeur de dix milliards de dollars. A cela il faut ajouter, les difficultés nord-américaines avec l’Inde, où le gouvernement de Manmohan Singh n’a pas pu approuver l’accord de coopération nucléaire avec les États-Unis grâce à l’opposition communiste indienne (qui considère le dit accord comme contraire aux intérêts nationaux et à une politique extérieure indépendante), font douter de la viabilité du plan nord-américain d’être appuyé en Inde pour limiter la puissance chinoise.

La Chine bouge. Après les avancée sur la “question dite nucléaire dans la péninsule coréenne”, où ils participent aux négociations la Chine, les États-Unis, la Russie, le Japon et les deux Corée, le gouvernement de Pékin a recommencé à avancer un pion. La proposition chinoise à Séoul d’ouvrir des conversations avec la Corée du Sud pour consolider la paix dans la région, a été accompagnée par le porte-parole chinois des Affaires Extérieurs de la considération de ce que la présence militaire nord-américaine dans la zone est «obsolète». Pékin poursuit l’amélioration des relations de la Chine avec le Japon (qui est son principal partenaire commercial) depuis la visite de Weng Jiabao a Tokyo en avril 2007.

Malgré tout, la Chine comprend qu’elle continue d’avoir un développement insuffisant de son industrie militaire et que ses ressources ne peuvent pas être comparées à celles des Nord-Américains et des Russes. Son Aviation et sa Marine ont peu d’ importance en regard d’un pays de la taille de la Chine, mais elle compte sur des sous-marins nucléaires et sur une force appréciable de missiles balistiques intercontinentaux, bien qu’en nombre beaucoup plus réduit que les arsenaux russes et nord-américains. Pékin dispose d’environ quatre cents ogives nucléaires, alors que les États-Unis possèdent environ cinq mille quatre cents, qui se réduiront à quatre mille cinq cents à la fin de 2012 (bien que celles qui sont retirées ne seront pas détruites mais seront stockées !). Au contraire du passé, quand elle considérait la collision inévitable, aujourd’hui la pensée stratégique chinoise ne table pas sur la possibilité d’affrontements militaires avec d’autres pays, sans que par autant Pékin perde de vue que le harcèlement en Iran, et la guerre secrète qui y a déjà commencé, peut altérer la situation mondiale.

La Chine représente un double défi pour les États-unis : par sa condition de pays émergent appelé à devenir, si Washington ne peut pas l’empêcher, l’économie la plus puissante de la planète, et par son pari, qui se maintient en vigueur, pour un “socialisme avec des caractéristiques chinoises”. Si la réforme initiée par Deng Xiaoping présente des risques évidents et des contradictions selon la théorie traditionnelle du socialisme que nous ne pouvons pas traiter ici on ne peut nier que son succès a porté le développement et la consolidation du pays et l’émergence de la Chine comme nouvelle grande puissance, dans un monde dangereux qui observe en retenant son souffre sa propre métamorphose.

Higinio Polo
20/10/2008
Traduit par Danielle BLEITRACH pour Changement de société.
Traduction modifiée par Serge LEFORT pour Monde en Question.
Publié par Rebelión.