10 novembre 2008

Obamania : basta !

« Historique », « révolution », « changement », « espoir » : la vague de superlatifs enthousiastes qui accueillent depuis quelques heures la victoire de Barack Obama s’apparente à un tsunami charriant toute objection sur son passage, où se mélangent naïveté et cynisme, propagande et approximations, incohérences et stéréotypes.

Bon, d’accord, Obama est noir, il est jeune, il est beau, il est intelligent, il a une voix de crooner et il a promis le changement. Et alors ?



Désolé de nager contre ce tsunami, mais je voudrais simplement poser douze questions :

1 – Obama va-t-il retirer les troupes qui occupent l’Irak ?
2 – Obama va-t-il retirer les troupes qui occupent l’Afghanistan et attaquent le Pakistan ?
3 – Obama va-t-il ratifier le protocole de Kyoto ?
4 – Obama va-t-il ratifier le traité instituant la Cour pénale internationale ?
5 – Obama va-t-il lever le blocus imposé à Cuba ?
6 – Obama va-t-il normaliser les relations avec le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur ?
7 – Obama va-t-il cesser de soutenir politiquement, militairement, policièrement, financièrement et diplomatiquement le président félon colombien Uribe ?
8 – Obama va-t-il fermer une seule des 1000 bases militaires US installées en dehors du territoire US ?
9 – Obama va-t-il annuler le scandaleux « plan de sauvetage » de 700 milliards à des requins de la finance ?
10 – Obama va-t-il diminuer les impôts ?
11 – Obama va-t-il instaurer un système d’assurance-maladie accessible à tous les citoyens US ?
12 – Obama va-t-il mettre un terme au soutien inconditionnel apporté à Israël ?

Excusez-moi d’avoir refroidi votre enthousiasme et bonne journée.

PS : la palme du meilleur cocktail de poncifs et de platitudes revient, comme il se doit à Laurent Joffrin, le directeur social-libéral du quotidien rotschildien Libération. Je ne résiste pas à l’envie de reproduire son éditorial. Un véritable concentré de « pensée » unique en 3184 signes.

Fausto Giudice
5/11/2008
Publié par Basta ! - Tlaxcala.

L'effet Hu Jintao pour l'économie américaine

Conversation téléphonique entre Hu Jintao et Obama, Xinhua - Le Quotidien du Peuple en ligne
Il a souligné que depuis l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les Etats-Unis il y a 30 ans, les relations entre les deux parties n'ont cessés d'avancer en dépit de certains revers, ce qui leur a apporté des bénéfices tangibles.

En tant que le plus grand pays en développement et le pays le plus développé, la Chine et les Etats-Unis partagent de larges intérêts communs dans des problèmes concernant la paix et le développement du monde, et tous les deux pays assurment une importante responsabilité à cet égard, a indiqué le président chinois.

Il a affirmé que la Chine est prête à matinenir les échanges à haut niveau et les contacts à tous les niveaux avec les Etats-Unis, à continuer le dialogue stratégique, à élargir les échanges et la coopération entre les deux pays dans tous les domaines et renforcer les échanges d'opinions et la coordination sur les problèmes internationaux et régionaux essentiels.

Les deux pays doivent se respecter mutuellement, s'accommoder au souci d'autrui, et régler convenablement les problèmes sensibles, notamment celui de Taiwan, afin de porter les relations de coopération constructive sino-américaine à un niveau plus élevé, a dit le président Hu Jintao.

[...]

Il a déclaré que la Chine attache une grande importance au sommet de Washington prévu le 15 novembre et est prête à discuter, avec les autres pays participant à ce sommet, des mesures efficaces pour rétablir au plus tôt la confiance du marché, empêcher la prolifération de la crise financière, réduire son impact sur les économies réelles et éviter une récession économique globale.

La crise financière a montré beaucoup de points faibles du système financier mondial, a poursuivi le président chinois, la communauté internationale doit tirer les leçons de cette crise et adopter les réformes nécessaires sur le système financier global, sur la base des consultations entre toutes les parties intéressées.

Le président chinois a souligné qu'il faut notamment étudier les moyens de renforcer la supervision financière internationale, et d'améliorer le système des institutions financières internationales et du système monétaire international.




Wall Street en nette hausse grâce au plan de relance chinois, AFP - Google
"Dans le monde entier, les investisseurs saluent le plan de relance de 586 milliards de dollars annoncé par la Chine, qui pour de nombreux intervenants va soutenir la demande de matières premières malgré les craintes de récession mondiale", ont relevé les analystes de Schaeffers.

La Chine a annoncé dimanche un plan de relance budgétaire de 4.000 milliards de yuans (586 milliards de dollars) jusqu'à la fin 2010, visant à stimuler la demande intérieure pour parer au ralentissement de sa croissance et à la stagnation de ses exportations provoqués par la crise financière mondiale.


Le plan de relance chinois et la coopération du G20 salués par les marchés, AFP - Yahoo! Actualités
Les marchés ont été ragaillardis lundi par le plan de relance économique massif de la Chine et la coopération naissante entre pays émergents et avancés face à la crise financière, à quelques jours du sommet du G20 à Washington sur la réforme du système financier mondial.


Face à la crise, le Big Deal de Pékin, RFI
Le gouvernement chinois a annoncé, dimanche 9 novembre 2008, un plan de relance de 455 milliards d’euros sur les deux prochaines années pour soutenir son économie. L’objectif est de dynamiser la consommation intérieure pour compenser la chute des exportations. L’essentiel de cet argent public sera consacré à des grands travaux d’infrastructures et à des politiques sociales. Les Bourses asiatiques et européennes ont accueilli favorablement cette annonce.


La Chine est sur tous les fronts :
• La Chine et la Russie souhaitent plus de coopération régionale, Xinhua - China Internet Information Center
• Le ministre chinois de la Défense visite les Emirats, Oman, Bahrein et le Qatar, Xinhua - Le Quotidien du Peuple
• Les trains de fabrication chinoise roulent pour la première fois en Amérique du Sud, Le Quotidien du Peuple

L’agression géorgienne du 7 août 2008

Le site WSWS.org, commentant un article du New York Times du 7 novembre, expose le 8 novembre des développements intéressants concernant la crise géorgienne d’août dernier. Ces développements peuvent également concerner les relations des USA avec la Russie, avec l'arrivée de l'administration Obama.

Au départ, il y a un rapport de l’OSCE, objet de l’article du NYT, qui conclut à la responsabilité complète de la Géorgie dans le conflit du 7 août dernier. Ironie sympathique, un qualificatif employé par la catéchisme américaniste, et d'ailleurs repris par les obligeants Européens, pour caractériser la “riposte” russe dans cette crise (“disproportionné” ou “disproportionate”), est employé dans ce cas pour caractériser l’agression de là Géorgie. Le NYT épouse complètement les conclusions du rapport de l’OSCE, dans cet article placé pour qu’il soit vu et lu, en première page du quotidien.

[...]


Source : RFI


Plusieurs points peuvent être observés à la suite de tous ces développements.

• Si l'on accepte la thèse de WSWS.org, ce que l'attitude du NYT semble effectivement pousser à faire, on observerait que la nouvelle équipe Obama semble déjà prendre la mesure des capacités US dans les circonstances présentes, avec le constat que les USA ne peuvent rien faire en Europe s’ils veulent maintenir leur position, voire augmenter celles-ci en Afghanistan. C’est la reconnaissance des limites désormais bien marquées de la puissance US, à la suite des guerres en Irak et en Afghanistan, et des diverses autres activités du genre, du désordre budgétaire du Pentagone et de la crise financière et économique.

• Il apparaît assez probable que cette réévaluation était déjà en cours avant l’élection d’Obama, et qu’elle était faite en coordination avec l’actuelle administration, pour faciliter la transition et le changement de politique. Il y a manifestement un marché qui apparaît entre l’équipe Obama et l’administration Bush, la seconde préparant certaines dispositions politiques et stratégiques pour faciliter certaines mesures de restrictions dans la politique d’engagement US. En échange, il semblerait qu’Obama s’engage à ne pas faire trop d’ombre aux dernières semaines de représentation de GW Bush, par exemple en acceptant de ne pas être présent au sommet du G-20 sur la crise financière du 15 novembre 2008 à Washington. Bush pourra au moins conserver l’illusion d’avoir servi à quelque chose jusqu’au bout. C’est bon pour le moral.

• La démonstration semble faite qu’une attitude ferme et se démarquant clairement des réactions extatiques du reste du monde au moment de l’élection d’Obama est payante. Les Russes ont accueilli cette élection avec froideur et l’annonce de mesures militaires peu engageantes selon le point de vue US (annonce du déploiement de missiles Iksander à Kaliningrad). Résultat: les USA semblent conduits à lâcher du lest sur la Géorgie et sur les relations avec la Russie, y compris éventuellement le système BMDE. La démonstration serait ainsi complète.

Publié par Dedefensa le 8 novembre 2008.
Lire aussi : Revue de presse Géorgie-Adjarie-Abkhazie-Ossétie 2008, Monde en Question.

9 novembre 2008

Une nouvelle configuration de l’ordre international

Et l’Amérique latine dans la crise ?, Géopolitique
Dans le tourbillon des mauvaises nouvelles qui ont retenu l’attention des médias en France et en Europe, peu d’échos nous sont parvenus d’Amérique latine. Or, l’évolution du continent reflète des changements géopolitiques majeurs liés naturellement aux glissements de terrain que l’on observe sur le plan économique.


La Chine a publié son premier document sur sa politique vis-à-vis de l'Amérique latine et des Caraïbes, Xinhua - Le Quotidien du Peuple
Yang Jiechi, le ministre chinois des Affaires étrangères, a indiqué mercredi qu'il s'agissait d'une importante affirmation diplomatique montrant que la Chine attache une grande importance à ses relations avec ces régions.


La Chine en Amérique latine, Perspectives chinoises
Pendant un demi-siècle la République populaire de Chine n’a porté qu’un intérêt limité à l’Amérique latine, une région où les Etats-Unis exerçaient une véritable hégémonie politique et économique. Cette époque d’indifférence est révolue. Depuis cinq ans, la Chine multiplie les investissements du Rio Grande à la Terre de feu et figure désormais parmi les premiers partenaires commerciaux du Brésil, de l’Argentine et du Chili. Cette présence suscite toutefois inquiétudes et interrogations tant en Amérique latine qu’aux Etats-Unis peu enthousiastes à l’idée de voir Pékin s’immiscer dans cette région. La Chine se heurte aussi aux ambitions de l’Inde, également préoccupée par son approvisionnement en matières premières.


La crise économique : causes et effets, RIA Novosti
A l'heure actuelle, les experts économiques cherchent fiévreusement une réponse à la question de savoir quel pays sera le moins touché par cette tempête économique, mais aussi quelle économie constituera un "havre de paix" pour les investisseurs. L'Extrême-Orient avec la Chine en tant que leader régional ont été les premiers candidats à ce rôle.

En effet, pourquoi pas ? Il y a un an, on prédisait que la Chine pourrait jouer le rôle de nouveau centre mondial, et le yuan chinois devrait devenir, dans les 30 années à venir, au moins la troisième monnaie mondiale après le dollar et l'euro. Au cours de ces vingt dernières années, l'économie de "l'Empire Céleste" croissait à raison de 10% par an; cette région recèle 80% du potentiel mondial de production. A la fin de l'année dernière, cinq "blue chips" chinois et seulement trois entreprises américaines faisaient partie du Top-10 des compagnies ayant le niveau de capitalisation le plus élevé. Enfin, Jim Rogers et Warren Buffet, des hommes parmi les plus riches du monde, ont converti en yuans et en actions de compagnies chinoises les actifs en dollars qu'ils détiennent.

[...]

L'Asie s'est révélée mal préparée à devenir un débouché de réserve, qui s'avère tellement important lorsqu'une crise financière risque de dégrader la capacité d'achat des habitants du Vieux et du Nouveau monde. La population pauvre de la Chine et de l'Inde n'est tout simplement pas prête à consommer. Au début du XXIe siècle, les dirigeants chinois ont déployé de grands efforts en vue d'accroître les échanges commerciaux de détail à l'intérieur du pays. Il leur a fallu augmenter les salaires ainsi que la masse monétaire. Mais la population a consacré la plupart de ces sommes supplémentaires à faire des économies et non à consommer. Selon certaines estimations, la croissance des dépôts bancaires dans le pays dépasse non seulement celle des échanges commerciaux, mais également celle de la masse monétaire. La majorité des Chinois économisent pour s'assurer une vieillesse sécurisée, pour payer l'éducation de leurs enfants et les soins médicaux, et 70% du PIB chinois sont réalisés en dehors du pays.


Opep : une nouvelle baisse de la production envisagée si le baril reste sous les 70 dollars, AFP - Google
"Nous avons toujours dit que notre objectif c'est un baril entre 70 et 90 dollars. Si le baril n'atteint pas ce niveau il y aura probablement une autre réduction. Mais il faut un consensus entre douze membres (de l'Opep). Et chacun à des intérêts", a dit M. Khelil au cours d'une conférence-débat à Alger au forum du quotidien gouvernemental El Moudjahid.
[...]
Pour M. Khelil, les pays industrialisés sont entrés "en phase de récession en raison de la crise financière qui les affaiblit et qui devrait se poursuivre en 2009", entraînant "une forte contraction de la demande pétrolière" et obligeant l'Opep à "ajuster sa production".
[...]
Mais "ne comptez pas sur nous pour vous renflouer parce que nous sommes pour la plupart des pays pauvres. Nous ne pouvons pas sortir (les autres pays) de la crise", avait prévenu le 28 octobre Abdallah el-Badri, secrétaire général de l'Opep au cours d'une conférence à Londres.


Golfe arabo-persique : Les pétromonarchies arabes face à un triple péril, René Naba
Première partie :
Le G20, une nouvelle configuration de l’ordre international.
L’anglosphère Wasp (white anglo saxon protestant) ne constitue plus le centre de l’Amérique, pas plus que les Etats-Unis ne constituent plus désormais le centre de l’Occident, ni l’Occident, le centre du monde.
Deuxième partie :
I - les pétromonarchies : Une préfiguration futuriste des cités marchandes de l’avenir, rivaux contemporains de Hong-Kong et de Monte Carlo.
II- Le péril démographique: Abou Dhabi et Doubaï, les deux plus jolies villes indiennes du Monde.
Troisième partie :
III- Le péril militaire : la présence militaire américaine, un paratonnerre ou un détonateur ?
IV - Le péril domestique : les frasques monarchiques, une gangrène qui sape les assises du pouvoir pétromonarchique.


Brésil, Russie, Inde et Chine

Source : Wikimedia


Les pays du G20 réclament une "nouvelle architecture mondiale", Le Monde - Yahoo! Actualités
"Nous avons besoin d'une nouvelle gouvernance, plus ouverte et participative", a déclaré le président brésilien qui a réclamé une "plus grande participation" des pays émergents dans la gouvernance économique. Il a souligné que "l'heure était venue de conclure un pacte entre les gouvernements pour une nouvelle architecture mondiale, capable de promouvoir la sécurité et le développement de tous sur un pied d'égalité".


Lula veut réformer finance mondiale lors du sommet du G20, Reuters - Yahoo! Actualités - AFP - Yahoo! Actualités
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva réclame une refonte du système financier international qui "s'est effondré comme un château de cartes" lors de la crise du crédit, et il affirme que les pays émergents devaient avoir davantage la parole dans la prise des décisions importantes.

L'ancien dirigeant syndical a souligné que des millions de personnes risquaient de perdre leur emploi et que la pauvreté risquait de s'accroître dans de nombreuses économies émergentes.

"Cette crise a débuté dans les économies développées", a souligné Lula. "Elle est la conséquence d'une foi aveugle dans la capacité des marchés à s'autoréguler et, dans une large mesure, au manque de contrôle sur les acteurs financiers."

Réuni la veille à Sao Paulo, le groupe dit des "BRIC" - Brésil, Russie, Inde et Chine - avait adopté pour la première fois une position commune en réclamant une réforme des institutions comme le Fonds monétaire international afin de prendre en compte leur place grandissante dans l'économie mondiale.

Des géants de l'exportation tels que la Chine et les Etats pétroliers du Golfe ont amassé des centaines de milliards de dollars de réserves qui pourraient aider le FMI à soutenir des pays plus petits à surmonter la crise qui a ébranlé les marchés financiers et leurs monnaies.


G20 :
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De nouvelles frontières se dessinent

L'Amérique décline-t-elle ?

La crise financière que traverse le monde incite très naturellement à s’interroger sur l’avenir de la puissance américaine puisque c’est au fond son modèle financier qui est durement attaqué et donc remis en cause. L'heure du déclin américain a-t-elle sonné ?

[...]

Sur le plan matériel, la puissance américaine connaît une impressionnante stabilité. En PPP (parité de pouvoir d’achat), le PNB américain représente 19 % du PNB mondial en 2008 contre 21,2 % en 1980. Or, pendant la même période, la part de la Chine est passée de 3,2 % à 16,6 %. Ce qui veut dire que matériellement la montée en puissance matérielle de la Chine affecte peu la puissance américaine. Elle affecte nettement plus l’Europe, dont le poids est passé de 29 % à 20 %, et bien évidemment tout le monde non asiatique (Amérique latine, Afrique). On est donc dans une logique de multipolarisation économique lente, que l’on retrouve à l’OMC. Là on est passé d’un monopole euro-américain (au sein du GATT) à une multipolarité complexe où, selon les sujets, les pôles dominants ne sont pas forcément les mêmes mais où, en tout état de cause, aucun pays ou groupe de pays ne peut plus imposer sa loi.

[...]

Le caractère relativement apaisé de la compétition mondiale n'est pas exempt de réels déséquilibres. Mais ceux-ci ont un caractère fonctionnel. Prenons l’exemple du déficit courant américain qui atteint 5,5 % du PNB contre 1,6 % en 1996. On y a vu très souvent la marque d’un pays vivant au-dessus de ses moyens puisque consommant plus qu’il ne produit. On y a vu aussi la marque d’un processus intenable à long terme, qui obligerait un jour les États-Unis à s’ajuster comme un membre ordinaire du FMI. Or cet ajustement que l’on dit inévitable et qui, s’il se produisait, exposerait les États-Unis à un recul indiscutable, n’a toujours pas eu lieu. Non seulement il n’a pas eu lieu mais il n’a, pour le moment, aucune raison d’avoir lieu. À cela il y a une raison simple : le monde regorge d’épargne. Or les flux de cette épargne défient toutes les règles de l’économie classique. Au lieu d’aller des pays riches vers les pays pauvres ou émergents, où la rentabilité du capital est en théorie plus forte, ils se dirigent vers le pays le plus puissant du monde. Pourquoi ? Parce que les États-Unis sont un vaste marché où les opportunités sont considérables, où les garanties juridiques apportées à la création de valeurs ne sont pas moins grandes et où tous les facteurs économiques favorables à la création et à l’innovation sont renforcés par la croyance en la puissance politico-stratégique des États-Unis. Ces derniers sont donc à la fois un grand marché et une grande puissance et ces deux facteurs se renforcent mutuellement. Ils se renforcent aux yeux des investisseurs privés mais également des investisseurs publics, et en particulier des États étrangers qui placent leurs excédents en bons du Trésor américain. Le paradoxe est que cette confiance en l’Amérique est très largement déconnectée de l’image politique des États-Unis.

[...]

Mais les statistiques n’expliquent pas tout. S’y ajoute un élément essentiel : la disponibilité économique et politique des deux grands bailleurs de fonds de l’Amérique, le Japon et la Chine, à accepter ce schéma. Or rien ne semble indiquer son altération rapide ou radicale. Le Japon a un intérêt stratégique vital à la stabilité des États-Unis pour recycler ses excédents colossaux et sa forte propension à l’épargne et pour garantir sa sécurité. Et ce n’est pas le fait d’être devenu le premier pays au monde où l’âge moyen atteint désormais 40 ans qui incitera Tokyo à prendre des risques politiques ou stratégiques nouveaux.


Source : Betapolitique


Quant à la Chine, elle a fait de sa croissance par les exportations le moteur de son développement. Ce modèle la rend naturellement vulnérable au ralentissement de la croissance mondiale et au protectionnisme. Mais en même temps, il lui permet de garder le contrôle sur le fonctionnement interne de son système économique et financier. Le paradoxe ici est que la puissance américaine repose moins sur la conversion du reste du monde à son modèle économique et financier qu’à l'existence d'immenses pays entretenant un rapport très différent des États-Unis à l'épargne (Japon) ou à la croissance (Chine). Le fait que les Chinois et les Japonais soient de « grandes fourmis » convient à une Amérique qui serait une grande cigale. La cigale américaine a besoin des fourmis asiatiques, mais celle-ci ont terriblement besoin d'elle. Ce qui nous ramène à la question de la multipolarité et de ses conséquences politiques. Structurellement la multipolarité, comprise au sens d’une répartition plus large de la puissance, est d’ores et déjà à l’œuvre. Et tout porte à penser qu’elle ne peut que s’intensifier. La vraie question est cependant de savoir quelles seront les conséquences politiques de cette redistribution. Et là, rien n’est acquis.

[...]

Restent les cas de la Chine et de la Russie. Ces deux pays ont un point commun : ils ont du monde une vision stratégique de ses enjeux et souhaitent y contribuer en utilisant tous les instruments classiques de la puissance. Mais ce pouvoir intentionnel n’en fait pas des challengers irréductibles des États-Unis. La Chine par exemple cherche à s’affirmer sur le plan politique mondial, mais elle n’est pas stratégiquement mue par le besoin de contrecarrer ou d’affaiblir systématiquement la puissance américaine. Sa priorité est de sécuriser son territoire, son accès aux ressources énergétiques et au marché américain. Or, en dehors des questions de Taïwan et du Tibet qui sont à ses yeux politiquement non négociables, aucun de ces objectifs n’implique aux yeux de Pékin une confrontation directe avec les États-Unis. En matière économique et financière, on sent plus une Chine conservatrice qu’une Chine révolutionnaire décidée à tirer profit de la situation pour contrecarrer les États-Unis. La Chine a besoin de stabilité et tant que les États-Unis pourront y pourvoir elle n'a aucune raison de vouloir y faire obstacle.

Zaki LAÏDI
04 novembre 2008
Publié par Telos.

Les frontières géostratégiques mondiales se radicalisent

Constat inquiétant : depuis deux mois, nous assistons à une accélération des positionnements géostratégiques, des déploiements militaires, des alliances énergétiques. Une carte bipolaire se dessine nettement, et les pays qui s’y positionnent semblent placer leurs derniers pions. Jamais, dans l’histoire du monde, des engagements ne se sont conclus si rapidement.

Une géostratégie de l’énergie

Lors de la seconde invasion de l’Irak, les Etats-Unis, en dépit de toutes les « preuves » qu’ils avaient présentées pour justifier leur intervention, n’ont rien trouvé d’autre qu’un petit Saddam Hussein et un grand gisement de pétrole. Loin de faire profil bas, loin de s’expliquer sur la légitimité des preuves, non seulement l’ingérant s’installe, non seulement il demande l’aide internationale, après avoir court-circuité sa plus haute instance, l’ONU, mais il montre son appétit pour le voisin, l’Iran, dont le gisement de pétrole n’a rien à envier au premier. Et de venir brandir le même type de preuves, et de venir crier au loup à nouveau. Mais l’affaire est plus corsée, l’Iran n’est pas sans relation.

L’Iran a en effet signé avec la Russie, le 27 février 2005, la mise en route de la première centrale nucléaire, à vocation civile, début d’un programme énergétique, réaffirmé le 17 octobre 2007, pour lequel Poutine n’entend pas recevoir de leçons des Etats-Unis. La Russie a par ailleurs souhaité étendre ce type de programme à d’autres pays. L’Iran est aussi engagé dans la constitution d’un Cartel, avec la Russie et le Qatar, qui détiendrait le monopole mondial du gaz. Déjà en 2004, l’Iran avait confié l’exploitation de son gaz à la Chine, qui devient dès lors son premier client, rendant tout boycott commercial international dérisoire. En outre, la Chine, dont on connaît les besoins grandissants en pétrole, s’est déjà assuré 15 % de son approvisionnement en Iran.

La crise récente en Géorgie a montré la sensibilité du problème énergétique. La Russie, qui voit l’Otan comme une coalition contre ses intérêts, veut empêcher la Géorgie d’y entrer et renforcer sa présence dans cette région, véritable zone de transit énergétique. La Russie, ayant la mainmise sur ce pays, pourrait ouvrir une liaison avec le Proche-Orient et l’Iran. Le Caucase est une région riche en enjeux énergétiques, notamment en Azerbaïdjan, le Dubaï de la Caspienne, lié directement à l’Occident par un pipeline. Point d’intérêt central des Etats-Unis et de la Russie, empoisonné par le vieux conflit du Haut-Karabakh, qui n’est pas sans rappeler celui de l’Ossétie, en rivalité avec son voisin, l’Arménie (disposant de bases russes), le pays vient d’assister à la démonstration de force de Moscou en Géorgie et préfère adopter un profil bas en privilégiant les négociations sur fond d’achat d’armement israélien. Peut-être un second conflit du Caucase en vue, même si un pacte de stabilité est en cours d’élaboration.

Dans l’optique d’une crise majeure, la Russie et la Chine viennent de signer, pour alléger leur dépendance aux incertitudes mondiales, une série d’accords : en premier lieu sous forme d’un échange de pétrole russe contre un financement chinois de 25 milliards de dollars des réseaux d’oléoducs russes, ensuite sous forme de construction d’un oléoduc direct Sibérie-Chine, enfin sous forme d’un projet de coopération nucléaire. Ce partenariat enterre la désuète guerre froide qui pouvait encore subsister entre les deux pays, et annonce leur rapprochement par le biais de l’OCS, ou groupe de Shanghai, qui met les bouchées doubles pour mettre en place une indépendance énergétique régionale, fort de ses pays membres, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, la Russie, Tadjikistan, ainsi que de ses pays observateurs, l’Iran, l’Inde et le Pakistan. Selon une source russe, l’Iran pourrait être admise très prochainement à l’OCS.

Le spectre de l’abysse financier

Les organisations se concertent. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, lors du conseil du groupe de Shanghai à Astana, a déclaré le 30 octobre : « La crise mondiale va s’amplifier, c’est pourquoi nous devons agir en nous concertant, notamment en renforçant le contrôle des finances ». D’après la Chine, « l’économie mondiale est sur le point de s’effondrer ». Lors de leur rencontre, Vladimir Poutine et Wen Jiabao ont même envisagé de « renoncer au dollar dans les transactions commerciales entre les deux pays ».

Devant le refus de l’Opep de consentir à des efforts (que l’on pourra comprendre, puisque des analyses affirment que cette crise était destinée à affaiblir les fonds souverains fruits du pétrole), c’est la Chine, déjà courtisée par l’Occident, qui pourrait devenir leader du sauvetage du système financier mondial, devant les faibles ressources du FMI, estimées à 250 milliards de dollars, et, par le biais de l’alliance de l’OCS et ses observateurs (dont l’Iran), la Russie, qui a déjà signé des accords bilatéraux avec la Chine. La coopération de la Russie avec la Chine, via l’OCS, pourrait lui être salutaire, car elle est réellement menacée de se faire emporter par la crise. Il est peu probable que la Chine accepte de se substituer au FMI sans compensation, et son appartenance à l’OCS, dans laquelle elle a des engagements, et dans laquelle l’Iran est en cours d’intégration, ne va pas arranger les affaires de Washington.

La course aux alliances s’emballe

Les ballets internationaux, d’ordre diplomatique, économique ou commercial, s’emballent, accentuant les tendances que le conflit entre la Russie et la Géorgie avaient révélées. Consciente des dangers qui pourraient survenir du prolongement de ces tendances, l’UE, grande consommatrice d’énergie russe, tente une marche arrière : Le 28 octobre, l’agence Reuters annonçait que l’Union européenne « étudiera un calendrier pour la relance des pourparlers sur un partenariat stratégique avec la Russie lors d’un sommet bilatéral ». Ceci en dépit « d’Etats-membres divisés » et d’une presse résolument diabolisante.

L’opéra commence le 20 août, lorsque Al Assad, président de la Syrie, proche de l’Iran, part à la recherche de la coopération militaire de la Russie, qui lui vend déjà de l’armement. La « coopération » porterait sur l’acquisition de missiles sol-air Pantsir-S1, ainsi que de missiles à moyenne portée BUK-M1. La Russie avait déjà envisagé, en juin, de réhabiliter le port de Tartous, en Syrie, pour y établir sa flotte. C’est dans ce cadre que les Etats-Unis ont établi des sanctions contre 13 entreprises ou organismes étrangers « susceptibles d’aider l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie, à mettre au point des armes de destruction massive ou des systèmes de missiles », sanctions condamnées par la Russie.

Début septembre, « en réponse à l’intégration de la Géorgie et de l’Ukraine au sein de l’Otan », la Russie annonce la livraison de plates-formes anti-aériennes et anti-missiles à l’Iran, puis les deux pays annoncent le renforcement de leur « relation de bon voisinage ».

Les choses alors s’accélèrent : le Venezuela, dont on connaît la capacité à irriter la Maison-Blanche et dont on connaît la capacité de production de pétrole, s’allie avec la Russie et l’Iran dans le cadre d’un projet financier, engage avec la Russie un programme d’achats d’armes et des manœuvres militaires aériennes et navales. Pour rappel, l’armée de l’air vénézuélienne est largement équipée en Sukhoi Su-30, 24 au total, ce qui est énorme pour ce petit pays, tout comme la Chine, une centaine, qui les fabrique elle-même sous licence. Ces manœuvres ont, bien entendu, provoqué un froid sur les relations américano-russes, d’autant quand l’on sait que 15 % du pétrole américain dépend de Chavez. Celui-ci entame en octobre sa tournée diplomatique en Russie, en Chine et à Cuba, dont on apprendra qu’il va bénéficier de l’aide russe en matière de défense anti-aérienne.

A la fin du mois de septembre, Ban Ki Moon aurait signé un accord derrière le dos russe mettant l’ONU au service de l’Otan. La Russie a demandé une enquête, toutefois cet événement témoigne pour le moins de l’état de délabrement terminal dans lequel se trouvent les plus hautes instances mondiales.

Le 1er novembre, Kadhafi rencontre Poutine, en vue de résolutions de certains accords sensibles. En contrepartie de l’effacement de la dette de la Libye, la modique somme de 4,5 milliards de dollars, Moscou pourrait être autorisé à stationner des bâtiments de sa flotte dans le port militaire libyen de Benghazi. En outre, la Russie pourrait développer son commerce de nucléaire civil avec Tripoli, « en particulier dans la conception et la construction des réacteurs et leur approvisionnement en combustible nucléaire », ainsi que son commerce d’armement, notamment en missiles sol-air et en avions de chasse Mig 29 et SU-30

Annonce : « Un élément déclencheur est demandé à l’accueil »

Les tensions géostratégiques, à flux tendu, sont au taquet de leur marge d’élasticité. Le 28 octobre, Thom Shanker du New York Times publie un inquiétant article, qui fait mention de déclarations du secrétaire d’Etat à la Défense, Robert M. Gates. On y trouve la notion « d’auto-défense étendue » qui justifie n’importe quelle intervention américaine dans n’importe quel pays, comme celle du 26 octobre contre la Syrie, en regard de critères propriétaires et unilatéraux. La gâchette devient plus sensible, et les conflits passent les frontières, comme cela s’est déjà traduit au Pakistan. Avec cette belle cerise sur le gâteau : « Interrogé sur le fait de savoir si ces moyens pouvaient inclure l’usage d’armes non-conventionnelles et notamment nucléaires, Robert Gates a répondu que “toutes les options sont sur la table, nous n’excluons rien et ne nous soucions que de l’efficacité opérationnelle” ».

En novembre, la marine russe déploie sa flotte dans diverses parties du monde, l’océan Indien, la mer d’Oman, « après avoir visité une série de ports étrangers », et en Méditerranée, pour « des exercices conjoints avec des bâtiments de la Flotte de la mer Noire ». Selon une source russe, un système antiaérien soviétique serait en cours d’élaboration à Cuba, en réponse à l’ABM américain en Pologne.

Les Etats-Unis, quant à eux, sont en bout de course. Militairement enlisés en Afghanistan et en Irak, ils n’ont même pas pu apporter leur appui matériel à Saakachvili. Au bord du gouffre financier, et potentiellement tributaire de la Chine – et donc de l’OCS – qui pourrait se substituer aux carences du FMI (voir ci-dessus), ils sont condamnés à très court terme à perdre leur rôle de premier plan.

Devant l’issue de la crise financière, incertaine, voire incontrôlable, l’énergie prend une place de premier choix, en vertu de ses caractéristiques sonnantes et trébuchantes, autrement plus aguichante que l’économie virtuelle, devenue monnaie de singe. Il en va de même pour l’armement, monnaie bien physique fortement appréciée. La Russie vient de budgéter son enveloppe militaire : une augmentation de 50 %, rien que ça, sur la période 2009-2011, un budget astronomique et fortement inquiétant. C’est en ce sens que les alliances se sont multipliées ces deux derniers mois.

Les Etats-Unis n’accepteront jamais de modifier leur politique de fuite en avant. En ce jour du 2 novembre 2008, où j’écris cet article, la poudrière mondiale est en place, même si quelques alliances de dernière minute peuvent encore survenir. Il ne manque que l’allumette. Le premier qui tire la ficelle tire aussi tout le sac de nœuds. Il est malheureusement à craindre que le monde connaisse un incident international majeur dans les mois qui viennent, prétexte à mettre le feu aux poudres. Avec un inconvénient de taille, bien résumé par ce mot d’Emmanuel Todd : « Le gouvernement français me fait penser à un rat qui monterait sur un navire en train de couler ».

John LLOYDS
mardi 4 novembre 2008
Publié par Agoravox.


Source : Le Grand Soir


Immanuel Wallerstein : dans un moment de crise, tout, ou presque tout, est à saisir

Les choix, dans un moment de crise, sont plus importants parce que leurs répercussions peuvent être tout à fait décisives pour faire bouger les choses dans une direction ou dans une autre. Que le système-monde capitaliste ait atteint ses limites ne signifie pas qu’au sein même de ces limites il n’y ait pas des choix à effectuer. La création, l’innovation, l’imagination ont un rôle à jouer. Il importe donc d’analyser froidement quelles sont les possibilités réelles et quels sont les choix. Quand un système entre dans cette plage de temps qui marque l’époque de sa mort ou de sa mutation - et celle-ci, par définition, ne survient qu’à son terme -, tout ou presque tout est à saisir. Pour les acteurs sociaux, l’éventail des choix s’élargit. La liberté de décision prédomine sur la nécessité, mais l’issue reste indéterminée. Nous sommes aujourd’hui entrés dans une telle transition.

Immanuel Wallerstein
23 avril 1997
Publié par Le Grand Soir.

7 novembre 2008

L'Obamania éclipse la crise et les guerres

Obama va tenir sa première conférence de presse à Chicago, AFP - Yahoo! Actualités
Deux jours après avoir été brillamment élu président des Etats-Unis, Barack Obama commençait jeudi à mettre en place l'équipe dirigeante d'un pays qui mène deux guerres de front et se débat dans une grave crise économique.


Revue de presse française, NouvelObs
L'EST REPUBLICAIN
"Barack Obama a gagné, mais les marchés financiers continuent de perdre. Des milliards de dollars et des tonnes d'illusion. Un temps rassérénés par la perspective d'une victoire du démocrate, les investisseurs se remettent à déprimer. Hier, ils craignaient un crash du système financier. Ils redoutent maintenant des faillites en chaîne. Ou plutôt, ils les attendent. Car la récession n'est plus une menace, c'est une réalité. Et elle s'annonce d'une violence inouïe. En attendant de refonder le capitalisme du XXIe siècle, le FMI a enterré tout espoir de rebond pour 2009. Dans les pays riches, la production se contractera sur l'année. Une première depuis 1945 ! Pour la seconde fois en un mois, la Banque centrale européenne a tenté de redonner de l'oxygène à l'économie. Rien n'y fait : réclamée pendant des mois, la baisse des taux d'intérêt passe inaperçue ou presque. Moins d'emplois, moins d'investissement, moins de consommation... Le toujours moins s'installe."

LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
"Effet Obama ? Dans le sillage de Wall Street, les places financières recommencent leur chute. Non pas que les marchés ne fassent pas confiance au président élu mais ils attendent les choix de la nouvelle administration américaine. Durant la campagne électorale, trop de promesses ont été faites, quelquefois contradictoires, tant le désir de changement était grand. Or, les décisions ne tomberont que l'année prochaine sous forme d'une politique " interventionniste ", une " politique de gauche " sur l'échelle des valeurs américaines. Face à l'inconnu, la finance joue la prudence.


Back to the Future, Dedefensa
Les marchés servent-ils à quelque chose? Cette fois, dans tous les cas pour cette fois par l'effet politique et psychologique direct, sans aucun doute, – par la rapidité avec laquelle les réactions des marchés ramènent l’attention de l’interprétation médiatique du monde de l’élection d’Obama à la situation économique.



Source : La Croix


Revue de presse française, NouvelObs
LE MONDE
"Dans l'arrivée du premier Noir à la Maison Blanche, le symbole est essentiel pour changer une image de l'Amérique ternie par huit ans de présidence Bush. (...) L'unilatéralisme qui a servi de doctrine diplomatique à George W. Bush cédera la place à une attention plus grande portée aux avis des partenaires. Mais, en dernière analyse, ce sont les intérêts strictement américains qui dicteront la conduite du président Obama. Ceux qui, aujourd'hui, entonnent sans discernement ses louanges pourraient être les premiers à déchanter. En Afghanistan, le nouveau président réclamera plus de troupes à ses alliés. Il soutiendra le rapprochement de l'Ukraine et de la Géorgie avec l'OTAN, quitte à irriter les Russes et à mettre dans l'embarras les Européens. On pourrait aussi ajouter les tentations protectionnistes renforcées par la crise économique."


Insurgés irakiens et afghans s'adressent à Barack Obama, Reuters - Yahoo! Actualités
"Les groupes taliban ne sont ni contents ni tristes de l'élection de Barack Obama à la présidence américaine", déclare Qari Mohammad Yousuf, porte-parole des taliban afghans, dans un message consulté par l'Institut de recherche sur les médias au Moyen-Orient (MEMRI).

Les Etats-Unis et leurs alliés "ont commencé la bataille et ils doivent y mettre fin en retirant leurs troupes. Si ce n'est pas fait, les Afghans feront preuve d'une forte résistance à toute occupation étrangère", ajoute-t-il.

Yousuf y affirme en outre que les islamistes sont prêts à dialoguer avec la future administration Obama, mais à la condition préalable que les forces armées occidentales quittent l'Afghanistan.

Des messages similaires ont été publiés par un porte-parole des taliban au Pakistan et d'autres groupes dans la région.

De son côté, le Conseil politique pour la résistance irakienne, une organisation derrière laquelle se rassemblent des insurgés sunnites, a publié une lettre ouverte à Obama dans laquelle il rappelle: "Vos promesses électorales reposaient sur le changement (...) Nous disons avec vous que c'est le moment."

Dans ce message repéré par le Groupe de renseignement SITE, l'organisation se dit "flexible" quant au plan de retrait mais prévient qu'il ne doit pas être accompagné d'un accord de sécurité avec un "gouvernement artificiel".

Les insurgés réclament en outre des compensations pour les dégâts matériels et humains et la libération des détenus irakiens.

Commentaires : Les médias dominants traduisent "résistants" par "insurgés" pour justifier la guerre contre l'Irak et l'Afghanistan.


Khodorkovski : une perestroïka mondiale comme réponse à la crise, RIA Novosti
Nous sommes au seuil d'un changement de paradigme s'agissant du développement mondial. L'époque actuelle, ouverte il y a 30 ans par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, s'achève. En me plaçant sans doute dans la partie libérale de la société, je vois qu'un tournant à gauche nous attend. Une perestroïka mondiale sera inévitablement la réponse à la crise mondiale.

Nous avons tout droit moral et professionnel de constater que ces 30 années de règne des idées libérales touchent à leur fin. Il est vrai qu'au début des années 1980 les nouveaux leaders américain et britannique, Reagan et Thatcher, ont compris que le "socialisme réel" perdait sa compétitivité dans le domaine économique, politique et social. Ce qui signifiait que le monde bipolaire n'était pas perpétuel et qu'il était possible de gagner la guerre froide. De plus, il fallait le faire en s'appuyant sur le bon vieux libéralisme, car la social-démocratie ne pouvait pas s'opposer aussi distinctement et explicitement au communisme, auquel elle reconnaissait beaucoup de traits productifs et positifs. En outre, les gauches américaines et européennes de cette époque estimaient que le camp communiste était éternel et que la lutte ne devait pas viser une victoire décisive et sans appel.

Aujourd'hui, le monde voit naître la situation inverse. La reaganomie s'est épuisée à ce moment historique après plus d'un quart de siècle d'heureuse destinée. Un néo-socialisme franchit le seuil de l'époque contemporaine. Dans un avenir proche, les idées de Keynes seront plus populaires que celles de Friedman ou Hayek. Les mains tangibles des Etats et des alliances internationales auront plus d'importance que la main invisible du marché.

Le tournant à gauche sera cette fois mondial et non national ou régional. Il représentera une réponse du monde au défi de la crise, et notamment aux problèmes qui se sont accumulés pendant les 25 années précédentes.

Irak, Afghanistan, Pakistan, Iran, Palestine/Israël...

Afghanistan, Irak, Iran... Des défis d'une ampleur inédite attendent Obama, AFP - Yahoo! Actualités
Guerres en Irak et en Afghanistan, Pakistan instable, Iran menaçant... Barack Obama va hériter à la Maison Blanche d'une série de défis internationaux d'une ampleur inédite pour un nouveau président, qu'il compte gérer en se démarquant de son impopulaire prédécesseur.


Obama et le général Petraeus le 21 juillet 2008 à Bagdad

Source : Yahoo! Actualités


Le président iranien Ahmadinejad félicite Obama pour sa victoire, AFP - Yahoo! Actualités
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a félicité jeudi Barack Obama pour son élection à la présidence des Etats-Unis, mais en lui demandant un changement radical de la politique des Etats-Unis, a rapporté l'agence de presse officielle Irna.


Tzipi Livni met en garde Barack Obama contre des négociations avec l'Iran, AFP - Yahoo! Actualités
La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a déclaré jeudi que Barack Obama ne devrait pas ouvrir des négociations avec l'Iran dans l'immédiat, estimant que cette volonté de dialogue pourrait être interprétée par le régime de Mahmoud Ahmadinejad comme un signe de "faiblesse".


Rice de nouveau au Proche-Orient avant de léguer le dossier à Obama, AFP - Yahoo! Actualités
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a admis implicitement jeudi l'impossibilité d'un accord de paix entre Israël et les Palestiniens en 2008, appelant à consigner les progrès accomplis avant de léguer le dossier à l'administration de Barack Obama.


Moscou – Washington : vers une épreuve de force ?, RFI
C’est une véritable salve d’artillerie qui a salué, à Moscou, l’élection de Barack Obama. Mais le but n’était pas vraiment de le féliciter. Dans son discours à la nation, Dmitri Medvedev a tiré contre les Etats-Unis avec une intention manifeste d’avertir, voire de causer des dégâts.

[...]
Le ton est donné. Qu’est-ce qu’il signifie ?
[...]
Il s’agit sans doute d’au moins trois objectifs. Le premier, à court terme, paraît très direct et immédiat : intimider les alliés des Américains dans le voisinage de la Russie et les décourager de faire de nouvelles concessions à Washington dans le domaine militaire.
[...]
Le deuxième objectif – tactique, à moyen terme – découle d’un constat, bien exprimé dans le quotidien Viedomosti par un autre spécialiste, Boris Chmielov : « La Russie ne croit pas en l’avenir de relations russo-américaines et estime que la nouvelle administration continuera la ligne de celle de George W.Bush, visant à déployer des éléments du bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque ».
[...]
Le troisième objectif est stratégique et vise le long terme. Il découle du regard que la Russie porte sur la situation globale dans le monde. Qu’est-ce que l’on voit de Moscou, en termes de rapports de forces ? Eh bien, les Russes voient d’abord que les Etats-Unis sont très affaiblis par la crise financière, par les interventions en Irak et en Afghanistan et par la période transitoire au sommet de l’Etat. Les spécialistes moscovites risquent de l’analyser très froidement. Pour eux, cet affaiblissement constitue un cadeau inespéré à tous ceux qui rêvent de priver l’Amérique de son leadership dans le monde.


Projet de déploiement de missiles Iskander : Medvedev met Obama à l'épreuve, RIA Novosti
En évoquant la possibilité de déployer des missiles Iskander dans l'ouest du pays, le président russe Dmitri Medvedev a sans doute décidé de mettre son homologue américain Barack Obama à l'épreuve, estime l'analyste politique grec Constantinos Filis, directeur du centre Russie-Eurasie à Athènes.

[...]

"Tout président doit savoir adopter une attitude réaliste envers les problèmes qui se posent. Les Etats-Unis mènent actuellement une campagne militaire en Afghanistan et ils n'ont pas d'interlocuteur valable au Pakistan. Ils sont également obligés de tenir compte de l'Iran avec son programme nucléaire et son influence grandissante au Proche-Orient. Enfin, l'Irak où il faudra définir les conditions et les délais de retrait des troupes américaines", a affirmé M. Filis.


Sous Obama, Washington aura un besoin accru de coopération avec Pékin, AFP - Yahoo! Actualitése
La relation entre Washington et Pékin, après le triomphe de Barack Obama, devrait être relativement sereine au moment où Washington aura un besoin accru d'une coopération, notamment sur le front économique, avec une Chine de plus en plus puissante, estiment des experts.


La Chine prête à oeuvrer avec les Etats-Unis au renforcement de leurs relations bilatérales, Xinhua - Le Quotidien du Peuple
"La Chine est prête à travailler avec les Etats-Unis, pour renforcer encore davantage le dialogue, les échanges et la coopération dans tous les domaines et approfondir la compréhension mutuelle et la confiance réciproque sur la base des trois Communiqués conjoints sino-américains. Ceci, pour bâtir les relations constructives et une meilleure coopération dont profiteront nos deux pays et le reste du monde," a ajouté le porte-parole [Qin Gang].


L'élection d'Obama vue par la presse kényane, NouvelObs
L'élection d'Obama vue par la presse du Proche-Orient, NouvelObs
L'élection d'Obama vue par la presse russe, NouvelObs
L'élection d'Obama vue par la presse allemande, NouvelObs
L'élection d'Obama vue par la presse britannique, NouvelObs
L'élection d'Obama vue par la presse japonaise, NouvelObs
L'élection d'Obama vue par la presse française, NouvelObs

Obama : les cinq raisons de la victoire, Boulevard Exterieur
Aux Etats-Unis, les urnes ont produit un tournant historique. C’est la fin de 232 années de gouvernement par les Blancs, 24 années de domination des idées conservatrices (y compris sous Bill Clinton) et 25 années de prospérité pratiquement ininterrompue. Au-delà de la personnalité et du charisme de Barack Obama, cinq raisons expliquent son succès.
• Le ’’facteur Bush’’
• La crise du conservatisme
• La guerre en Irak
• La crise économique
• Le facteur McCain


Les hommes de Barack Obama, RFI - Diaporama L'Express
Ce trio est composé de John Podesta, ancien secrétaire général de la Maison Blanche entre 1998 et 2001, à l'époque de Bill Clinton. John Podesta dirige aujourd'hui un centre de réflexion, de centre gauche. Autres nominations, celle de Valérie Jarrett, une proche du président élu et Peter Rouse, qui était le chef de cabinet d'Obama au Sénat.


Un israélien à un poste-clé dans la future équipe d’Obama, Info-Palestine
Apparemment, le futur président compte bien s’entourer des anciens de l’ère Clinton mais aussi de républicains.Premier nom à être annoncé : celui de Rahm Emanuel. Un israélien d’origine.
[...]
Le quotidien israélien Yediot Aharonot rapporte d’un des proches de Rham, que ce dernier n’aurait pas accepté ce poste, s’il n’était pas convaincu qu’Obama est l’homme d’Israël. Tandis que le quotidien Maariv révèle que le futur secrétaire générale du président Obama s’était porté bénévole pour combattre avec l’armée israélienne sur le front nord d’Israël au cours de la première guerre du Golfe.
 
Lire aussi : Bruits de cabinet, Dedefensa.

L’enthousiasme fou du désespoir, Dedefensa
L’enthousiasme a déferlé sur les USA avec l’élection d’Obama, après être monté dans les derniers jours de la campagne. Cet enthousiasme est nettement marqué d’affectivité et d’émotivité et caractérise une montée, – ou bien certains pourrait suggérer une plongée comme dans une ivresse, après tout, – dans une représentation idéale de l’homme (Obama), de la situation et des possibilités de cette situation.

[...]

Contrairement à la description lyrique, mais justifiée pour le domaine psychologique, qu’Engelhardt fait de la campagne, cette campagne n’a pas eu lieu. Entendons-nous: la tension de cette campagne qui explose avec l’élection d’Obama était ailleurs pendant une phase importante en durée et en intensité de cette campagne. Du 15 septembre au 20 octobre (cette dernière date approximative, pour fixer les idées), cette tension était réservée à la “terreur” soudaine éprouvée par les citoyens, électeurs et consommateurs, devant la crise financière et ce que cette crise amenait de déstabilisation au terme d'une période très déstabilisée elle-même. La dernière séquence (disons 20-octobre-4 novembre) a vu un formidable transfert de cette tension, et sa couleur est passée de la terreur et du désespoir à l’exubérance et à l’enthousiasme. Ce transfert d’un extrême à l’autre a été vécu comme un intense soulagement. Ainsi sommes-nous passés, en un laps de temps incroyablement court, de la réalité (le crise, la déstructuration) à laquelle est confrontée l’affirmation originelle de l’Amérique à cette affirmation originelle réaffirmée avec tous les moyens formidables de la communication, avec toute la puissance d’une psychologie collective s’appréciant soudain comme libérée du carcan de la crise.

[...]

Obama a été élu comme un outil, un instrument de réaffirmation désespérée de l’Amérique originelle, encore plus que comme un symbole. Il a peut-être été plus manipulé par les événements qu’il ne les a manipulés, – nous dirions même “sans doute”, sinon “sans aucun doute”. C’est une ambiguïté grosse d’évaluations erronées. Notre sentiment est qu’Obama sera accaparé bien plus qu’on ne croit par la situation intérieure des USA, à commencer par leur situation psychologique. Jamais la psychologie n’a été autant celle des extrêmes, jamais l’enthousiasme n’a été plus proche du désespoir, pour en être né avec une gestation comptée en jours, par conséquent menacé d’y retomber aussitôt.


Obama : Une Amérique post-raciale ?, Cri du Peuple 1871
Avant même d'avoir pris la moindre initiative, Barack Obama est assuré de laisser son nom dans les livres d'histoire comme l'homme qui a fait sauter, 143 ans après l'abolition de l'esclavage, la dernière chaîne qui limitait encore, symboliquement du moins, la progression des Américains de couleur. Le 20 janvier prochain, il entrera en maître des lieux dans une Maison-Blanche où la présence du dirigeant noir Booker T.Washington, invité par le président (républicain) Theodore Roosevelt, avait fait scandale, il y a un siècle. Le 4 novembre 2008 restera assurément comme la troisième grande date de l'histoire de l'intégration des Africains Américains, après le 22 septembre 1862 et la signature de la Proclamation d'Émancipation par Abraham Lincoln, et le 28 août 1963 et la marche pour les Droits civiques durant laquelle Martin Luther King a proclamé son "rêve".

6 novembre 2008

Analyses de la victoire "historique" de Barack Obama

Avant l'élection

septembre/octobre 2008, Obama et l'empire, Alternatives International
La candidature d’Obama est historique pour ce qu’elle symbolise : l’élection potentielle d’un candidat noir à la tête de la super-puissance mondiale. Cela n’a rien à voir avec une remise en cause du « droit » de cette super-puissance à dominer le monde - pour le bien de celui-ci bien entendu. La perspective globale d’Obama est fermement ancrée au cœur du consensus établi depuis longtemps dans la classe dirigeante sur les prérogatives des États-Unis à intervenir n’importe où et n’importe quand pour rendre le monde sûr pour le capital ; perspective énoncée, comme toujours, dans une rhétorique de la « liberté », de la « démocratie » et de la « stabilité ».

Commentaires : La plus intéressante critique de gauche sur les illusions de changement.


27 octobre 2008, Ce que pourrait être l'Amérique d'Obama, IRIS
Qu'est-ce qui pourrait changer dans la politique étrangère ?
A. L. Pas grand-chose. En Irak, il est trop tard pour perdre une guerre que Bush a gagnée à force d'obstination. Obama retirera l'armée, comme l'aurait fait McCain, une fois l'Irak apaisé. L'Iran va continuer à crier " Mort à l'Amérique ", et en Afghanistan Obama devrait renforcer l'effort de guerre. Quant à l'Alliance atlantique, elle restera ce qu'elle est. Au Proche-Orient, les États-Unis continueront d'inciter au compromis. Et cela ne deviendra pas plus facile avec Obama. Ce qui peut changer, c'est que la crise ait comme effet une réduction du budget de l'armée. Cela n'empêchera pas ce pays de rester la principale puissance mondiale.
P. B. Ceux qui pensent que la politique américaine va changer du tout au tout se trompent. Les vraies révolutions en politique étrangère sont rares. Il y aura une continuité sur l'Irak et l'Afghanistan. Mais Obama peut faire la différence sur l'Iran et au Proche-Orient, en s'impliquant personnellement dans le dossier palestinien. Réintégrer l'Iran dans la communauté internationale représenterait une grande réussite. Obama était au départ le candidat que les Israéliens craignaient dans le camp démocrate. Mais il a créé la surprise le jour de son investiture devant l'Aipac (American Israel Political Action Committee) et a fait une déclaration de soutien total à Israël. Il est allé au-delà de ses convictions pour des raisons électorales.
Et en politique intérieure ?
A. L. Il a beaucoup promis en matière de réforme du système de santé. Hillary Clinton a essayé de le réformer au début des années 1990 et elle n'a pas réussi. Le système de santé américain est très cher pour des résultats assez moyens, et il y a beaucoup à faire. Je ne suis pas antibushiste, mais du point de vue de la politique financière, les dix dernières années ont aggravé la situation, et Obama va, contrairement à ce qu'il dit, devoir augmenter les impôts.
P. B. C'est une tâche de Titan qui attend le nouveau président, et ce d'autant plus que les déficits sociaux et budgétaires énormes mettent en cause le modèle social américain. Ce qui se traduit par l'affaiblissement de la classe moyenne, comme l'a montré l'économiste Paul Krugman. Pour tenter d'influer sur cette situation, Obama va avoir un immense capital de sympathie, il va bénéficier d'un état de grâce qui va conforter l'image des États-Unis. Ce que je crains, c'est une déception liée à une attente trop forte. On va attendre de lui qu'il ait une baguette magique. Il pourra modifier les choses dans la durée mais n'aura pas le pouvoir de tout changer.

Commentaires : Armand LAFERRÈRE et Pascal BONIFACE accréditent la thèse de l'effet Bradley sans remettre en cause les sondages car ils croient aux sondages !


29 octobre 2008, Les origines et les implications de la crise financière : une analyse marxiste, WSWS
Première partie
Deuxième partie
Troisième partie

1er novembre 2008, AVNERY Uri, Notre Obama, Mondialisation
Il y a ceux qui rassurent les gens qui ont peur d'Obama à Jérusalem. Même s'il veut changer les choses, disent-ils, il ne le pourra pas. Les supporters d'Israël (officiel) dominent le parti démocrate, qui jouit du soutien et de dons généreux des électeurs juifs dans ces élections elles-mêmes. Les supporters d'Israël (officiel) domineront le nouveau Congrès, comme ils dominaient le précédent. Comme par le passé, un homme politique qui ne soutiendra Israël qu'à 100% au lieu de 110%, fera un harakiri politique.

[...]

Quand Obama et ses gens – et j'espère que ce seront des nouveaux, pas les épaves de l'ère Clinton – examineront ce sujet, ils seront obligés d'arriver à une conclusion qui va de soi : que la haine des États-Unis qui bouillonne du Maroc au Pakistan est inextricablement liée au conflit israélo-palestinien ? C'est ce qui a tout empoisonné. C'est une carte maîtresse dans les mains du sunnite Osama Ben-Laden et du chiite Mahmoud Ahmadinejad. Cette conclusion était déjà claire dans le rapport Baker-Hamilton, que Bush a jeté dans la corbeille à papier.

Cette conclusion en entraîne une autre : qu'il est dans l'intérêt de l'Amérique de tourner une nouvelle page dans notre région et de travailler vraiment à une paix israélo-palestinienne, israélo-syrienne, israélo-arabe et peut-être israélo-iranienne. Cette conclusion était apparente dès le lendemain du 11 septembre. J'ai écrit à l'époque que ceci arrivait, d'une minute à l'autre, comme l'inévitable leçon d'un désastre. J'ai eu tort. Bush et les bushistes sont allés dans la direction opposée, et ont rendu la situation dix fois pire. J'espère que cela arrivera maintenant.

En d'autres termes, j'espère de tout mon cœur qu'Obama continuera de soutenir Israël, mais pas l'Israël des tyrans, des imposteurs et des hypocrites, qui prétendent être en train de négocier pour la paix alors qu'ils étendent les colonies, durcissent l'oppression dans les territoires occupés et parlent du bombardement de l'Iran. Ce n'est pas cet Israël-là qui devrait être soutenu par le nouveau président, mais l'Israël qui est prêt à faire la paix, prêt à payer le prix pour la paix, et qui réclame une Administration américaine qui donne l'élan décisif à l'initiative.

Commentaires : Obama ne changera rien au Moyen-Orient car la domination des États-Unis est vitale du point de vue économique, politique et stratégique. Ehud Olmert disait hier que la relation spéciale entre Israël et les Etats-Unis se poursuivra et se renforcera sous l'administration Obama".


2 novembre 2008, Obama et ses hommes d'influence, Huyghe
Comment un sénateur quasiment inconnu jusqu'en 2004 (jusqu'au discours au congrès démocrate qui l'a rendu célèbre) est-il arrivé à deux pas de devenir l'homme le plus puissant du monde ?

[...]

Dans les jours qui viennent, on apportera des dizaines de réponses à cette question. Elles se référeront dans des proportions diverses à la crise économique, au retour du rêve américain, au métissage et à la globalisation, à la postmodernité, aux ruses de l'histoire, à des facteurs sociologiques, culturels ou autres et la plupart comporteront une part de vérité. Nous laisserons de plus savants examiner les raisons "nobles" de cette victoire.

Mais il est deux facteurs beaucoup plus terre à terre, qui auront contribué à faire d'Obama ce qu'il est : l'argent et la technique [le marketing politique] (la seconde procurant en grande partie le premier).

Commentaires : L'auteur pose la question essentielle de l'origine des soutiens financiers à Obama et la réponse est éclairante. «Les Républicains (qui, il est vrai, ne critiquaient pas le système quand il marchait en leur faveur) pointent du doigt les 5 millions de dollars versés à Obama par la banque d'investissements Goldman-SachsHenry Paulson fut président et directeur de cette banque.
Lire aussi
L'argent des élections américaines
Cinq vérités de gauche sur l’élection présidentielle américaine et sur Barack Obama.


2 novembre 2008, ERAMO Marco, L' « Obomanie » et la gauche critique, Le Grand Soir
« Contre Obama » est le titre de la rubrique d’Alexander Cockburn publiée le 22 octobre par The Nation, l’hebdomadaire le plus important de la gauche américaine.

«Toutes les positions progressistes qu’il avait prises aux primaires pour conquérir la base de gauche, il les a ensuite reniées. Pour limiter la corruption électorale, il s’était engagé à limiter ses dépenses au financement public. McCain a tenu sa promesse, mais Obama dès qu’il a vu qu’il était en train de recueillir le triple des fonds de McCain a dit qu’il n’allait pas utiliser le financement public pour pouvoir avoir les mains libres. En février, il s’était déclaré contre les interceptions non autorisées par un juge et ensuite, en juin, il a voté pour, en soutenant que « la capacité de surveiller et pister des gens qui veulent attaquer les Etats-Unis est un outil vital de l’anti-terrorisme ». Il s’était légèrement rapproché des palestiniens, mais en juin dernier il a couru discuter avec le lobby juif pour déclarer son soutien sans faille à toute politique israélienne. Il avait promis un retour immédiat d’Irak, maintenant il se dit prêt à un retrait responsable, c’est-à-dire dilué dons le temps et partiel. Surtout, il s’est engagé à augmenter de 90.000 unités les forces armées et à augmenter encore plus le budget de la défense. Tiens compte du fait que, avec 635 milliards de dollars, le budget de l’an dernier a été en termes réels le plus haut de toute l’histoire américaine et que les Etats-Unis dépensent déjà maintenant pour le Pentagone plus d’argent que tout le reste du monde n’en dépense en budget militaire. Et Obama promet de bombarder une nation souveraine comme le Pakistan, et son vice-président Biden a déjà dit que les relations avec la Russie seront le premier test important de la nouvelle administration».


3 novembre 2008, Venezuela / Etats-Unis : Chavez prie "l'homme noir" (Obama) d'être "à la hauteur de l'histoire", LatinReporters
"Qu'un noir arrive à la présidence des Etats-Unis (...) ce n'est pas peu de chose. Que l'homme noir soit à la hauteur de l'histoire, nous l'espérons" a déclaré le président Chavez, deux jours avant l'élection américaine.

"A l'homme noir qui est sur le point de devenir président des Etats-Unis, nous ne lui demandons pas d'être un révolutionnaire, nous ne lui demandons pas d'être socialiste, nous lui demandons seulement qu'il se situe à la hauteur du moment que vit le monde" a insisté Hugo Chavez.

[...]

"Plût au ciel que le prochain gouvernement des Etats-Unis soit à l'écoute non seulement de la morale, de l'éthique et des temps actuels, mais aussi à l'écoute du mandat des Nations Unies qui, il y a quelques jours, votait une fois de plus la levée du blocus sauvage contre Cuba" a poursuivi Hugo Chavez. Il rappela que "seuls trois pays ont voté en faveur du blocus: les Etats-Unis, Israël et un autre dont je ne me souviens pas" [les îles Palaos, appelées aussi Palau; NDLR].


3 novembre 2008, MANISCO Lucio, « Brocko » devrait y arriver mais des doutes persistent, Le Grand Soir
L’inconnue la plus grave, celle qui motive depuis une année le pessimisme de l’auteur de ces lignes sur une probable et néfaste victoire d’un candidat républicain névrosé, mentalement instable et guerroyeur et, malgré les récentes distances qu’il a prises récemment avec Bush, ultraconservateur, cette inconnue reste celle du racisme, camouflé par les mass medias et par les sociologues et psychologues étasuniens de renom sous des dénominations diverses. Comme celle d’ « effet Bradley », du nom du maire afro-américain de Los Angeles qui, donné comme ultra favori des sondages grâce aux consensus progressistes dans la course pour le gouvernorat de Californie, fut ensuite battu de façon fracassante dans les urnes.

Commentaires : Lucio MANISCO accrédite la thèse de l'effet Bradley, qualifiée de raciste, mais sans remettre en cause les sondages !


4 novembre 2008, Le principal conseiller d’Obama est un faucon anti-Iran, Bakchich
Lorsque Obama a dévoilé qu’il l’accompagnait comme conseiller principal lors de son voyage en Israël en juillet dernier, Time a intitulé son article sur cet énergumène de la sorte : « Le choix conservateur d’Obama pour le Moyen-Orient » et a relevé que, compte tenu de son passé, il était « surprenant de le voir devenir un membre officiel de l’équipe d’Obama ».

Commentaires : Si les informations sur Dennis Ross sont intéressantes, il est présomptueux de prédire son avenir au gouvernement avant même que Obama ne soit élu. Le problème de Bakchich est le même que celui de Marianne.


4 novembre 2008, Un sénateur à la Maison-Blanche, affaires-strategiques.info
Dès lors que le prochain président des Etats-Unis sera un ancien sénateur, il convient de s’interroger sur les effets que cela pourrait avoir en terme de manière de diriger la première puissance mondiale. Il est indiscutable que l’arrivée à la tête de l’Exécutif d’un ancien sénateur aura pour effet de favoriser les relations entre les deux pouvoirs, après plusieurs années de crispation, et la prochaine administration verra un dialogue plus étroit entre l’Exécutif et les parlementaires. Cela pourrait également marquer une plus grande reconnaissance des travaux parlementaires, notamment sur les questions de politique étrangère. Plutôt que de s’emmurer, comme c fut trop souvent le cas sous la présidence de George W. Bush, la Maison-Blanche pourrait donc s’ouvrir au Congrès, et se montrer plus à l’écoute de ses prérogatives autant que de ses idées. De même, les tensions partisanes très nettes au cours des deux dernières années pourraient être réduites dans le cas d’une victoire d’Obama et d’un maintien de la majorité démocrate au Congrès, mettant ainsi un terme au gridlock (cohabitation Congrès-Exécutif à l’américaine).


4 novembre 2008, Dernier film de campagne ou premiers chantiers du prochain président ?, Le Monde diplomatique
L’essentiel des quelques mots consacrés, le 29 octobre dernier, à la situation internationale se résument à ceci : « Président, je reconstruirai notre potentiel militaire de manière à affronter les défis du XXIe siècle. Je renouvellerai la diplomatie ferme, directe, qui empêchera l’Iran de se doter d’une arme nucléaire et qui endiguera les menées agressives de la Russie. Et je réorienterai nos efforts afin de finir le travail engagé contre Al-Qaida et les talibans en Afghanistan. » Voilà qui n’est guère précis, qui peut paraître étrange (« reconstruire » le potentiel militaire des Etats-Unis est d’une urgence relative quand ce pays consacre déjà à son armée presque autant que tous les autres Etats du monde réunis), enfin qui laisse de côté l’essentiel.

L’Irak, par exemple. Dans sa (longue) publicité, dont la diffusion a coûté plus de 3 millions de dollars, M. Obama parle du pays que les Etats-Unis ont envahi et détruit, mais presque uniquement sous l’angle d’un gisement d’économies à consacrer à d’autres priorités, économiques et sociales : « L’une des plus grosses économies que nous pouvons réaliser sera de changer notre politique en Irak. Nous y dépensons 10 milliards de dollars par mois. Si nous voulons être aussi forts à l’intérieur que nous le sommes à l’extérieur, nous devons regarder comment conclure cette guerre. » Aucune échéance précise pour le rapatriement des troupes américaines n’était indiquée dans le spot, aucun engagement relatif au retrait des bases militaires en Irak.


4 novembre 2008, Le jour où rien ne changea, Le Monolecte
Alors que les mauvaises nouvelles économiques tombent avec la régularité et la violence d'une averse orageuse, le monde entier (enfin, ceux qui ne sont pas en train de crever de faim, de froid, de guerre, du SIDA, de pauvreté...) suspend son souffle et attend, figé, que le verdict tombe des urnes américaines. Cette attente est d'autant plus forte que la candidature de Barack Obama est présentée depuis la fin des primaires comme une révolution intrinsèque, la quasi-promesse d'une révolution profonde et douce à la fois. En fait, l'Occident qui titube sous le poids de ses propres turpitudes attend son homme providentiel, son sauveur... ce qui, l'Histoire nous l'enseigne, est toujours une très mauvaise idée en soi.

[...]

Parce que, selon toute vraisemblance, la déception sera à la hauteur de l'espoir insensé qui va probablement donner à Obama le job le plus pourri de la planète : celui de président d'un pays totalement ruiné, lessivé, avec une population qui s'enfonce dans la misère, des retours de manivelle annoncés en cascade, que ce soit du point de vue social, politique, géostratégique, diplomatique, environnemental et bien sûr économique. [...] Pour sortir élégamment de ce piège à con, il faudrait quelque chose de totalement inédit, nouveau, imprévisible. Pas juste une rupture de casting, mais un véritable changement de société, le renoncement immédiat et définitif à un système mortifère, injuste, vorace et malsain, mais qui se trouve être le pilier de l'imaginaire de ce pays : le rêve américain, l'aspiration matérialiste à l'accumulation du superflu et au confort bourgeois.

Commentaires : Dire que les États-Unis sont "un pays totalement ruiné" est excessif car ce sont les pays créditeurs qui paient la facture de la casse.


4 novembre 2008, Cinq vérités de gauche sur l’élection présidentielle américaine et sur Barack Obama, Blog + rouge + vert
1. Obama prône une politique économique de droite
2. Il existe une gauche socialiste aux Etats-Unis
3. Il existe un mouvement écologiste conséquent aux Etats-Unis
4. Obama prône la poursuite du militarisme et de l’impérialisme étasunien
5. Le financement privé de la campagne d’Obama fragilise la démocratie américaine


Après l'élection


Source : ContreInfo


Deux ans de campagne, deux ans de pronostics foireux, Rue89
L’Amérique n’est pas prête pour un président noir. Les supporters d’Hillary Clinton aigris par la nomination d'Obama vont voter McCain. De toute façon, c'est l'argent qui décide… Pendant deux ans, les élections ont été l’occasion d’un feu d’artifices de grandes vérités et de pronostics… Ils sont tous ou presque tombés à l'eau.

[1] [2] Commentaires : De toutes les "prévisions foireuses", la plus drôle fût celle qui affirmait que Obama ne sera pas élu à cause du soi-disant effet Bradley accrédité par les médias.


Obama, auréolé de sa victoire, se réveille face à des défis colossaux, AFP - Yahoo! Actualités
Dès son discours mardi soir à Chicago, Barack Obama soulignait "l'immensité de la tâche" à laquelle il va devoir s'atteler, au moment où les Etats-Unis traversent leur plus grave crise financière depuis celle de 1929.

La récession menace, le chômage atteint déjà 6,1% de la population active et le déficit public est proche des 500 milliards de dollars. Le pays est aussi engagé dans des conflits qui s'éternisent en Irak et en Afghanistan.

"A l'heure où nous célébrons la victoire, nous savons que les défis de demain sont les plus importants de notre existence - deux guerres, une planète en péril, la plus grave crise financière depuis un siècle".

"La route sera longue. Le chemin sera escarpé. Nous n'atteindrons peut-être pas notre but en un an ou même en un mandat, mais (...) le peuple américain y arrivera", a-t-il promis.

Commentaires : Barack Obama devra faire "le sale boulot", c'est-à-dire faire accepter les mesures anti-sociales pour sauver l'économie américaine et poursuivre la guerre en Afghanistan.


Crise financière : Obama et les démocrates attendus au tournant, AFP - Yahoo! Actualités
Le futur président, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, va pouvoir s'appuyer sur une forte majorité démocrate dans les deux chambres du parlement. Mais faute de résultats rapides, la sanction des électeurs pourrait tomber rapidement sur les démocrates, comme l'a déjà montré l'histoire politique du pays.

Commentaires : Andrew Taylor se présente comme "professeur de sciences politiques à l'université de Caroline du Nord" pour crédibiliser ses propos partisans.


Afghanistan : la victoire d'Obama assombrie par une nouvelle bavure, AFP - Yahoo! Actualités
Notre première et plus importante demande (au président Obama), notre priorité, c'est de mettre fin aux frappes visant les civils en Afghanistan. La guerre contre le terrorisme ne doit pas être livrée dans les villages afghans", a souligné Hamid Karzaï, au cours d'une conférence de presse.

"Au moment même où je vous parle, nous avons de nouveau des victimes civiles. Dans le district de Khah Wali Kot de la province de Kandahar, des civils ont été tués dans un bombardement. Il faut y mettre un terme", a-t-il poursuivi.

Dans le village de Wacha Bakhta, un correspondant de l'AFP n'a trouvé que désolation, bâtiments en ruines et morceaux de chair, les cris et la douleur ayant brutalement succédé à la joie de célébrer ensemble un mariage.

Le président afghan Hamid Karzaï a affirmé que 40 civils, y compris des femmes et des enfants, avaient été tués dans un bombardement des forces internationales lundi sur un village du sud de l'Afghanistan, l'armée américaine évoquant de son côté un "incident".

Commentaires : On peut sérieusement douter d'une victoire militaire en Afghanistan "contre Al-Qaïda et les talibans" (AFP - Yahoo! Actualités) et plus encore de la légitimité politique de cette guerre.


L'élection d'Obama est une victoire extraordinaire pour la démocratie américaine - Economie et bourse, Capital
Capital.fr : Obama va-t-il pouvoir mettre en place ce fameux changement ?
Charlotte Lepri : Ce sera très compliqué. Barack Obama ne dispose que d’une faible marge de manœuvre. D’un côté le nouveau président doit affronter la crise économique et l’explosion des déficits. De l’autre il doit composer avec les puissants lobbys et le Congrès qui sont autant de contre pouvoirs. [...] les membres du Congrès défendent d’abord les intérêts locaux et peuvent donc s’opposer à la politique d’Obama.

Commentaires : Contrairement à ceux qui disent que Obama ne pourra rien faire, il est important de tenir compte de l'importance de sa victoire (taux de participation, majorité des d'électeurs, majorité des des grands électeurs, majorité à la Chambre des députés et au Sénat). Dans la même configuration, on parlerait en France d'"État Obama". Malgré la crise financière, Obama a les moyens mais pas la volonté politique d'un changement.


Obama plébiscité, affaires-strategiques
Dans les chiffres, la victoire de Barack Obama est écrasante, et conforme aux prévisions circulant depuis plusieurs semaines.

[...]

Les défis qui attendent le nouveau président sont multiples, que ce soit sur la scène intérieure (crise économique et sociale, baisse de la confiance, crise du logement…) ou sur la scène internationale (guerres en Irak et en Afghanistan, enjeux globaux comme l’environnement ou l’énergie, et détérioration de l’image de Washington).


Evidemment historique mais il faut savoir pourquoi, Dedefensa
Les qualificatifs sont à mesure de l’événement mais c'est dans l'événement qu'il faut chercher sa véritable mesure. Rien de ce qui s’est passé hier aux USA n’aurait été possible si la situation n’y était pas celle d’une crise tragique. Ce vote historique est celui d’une période tragique de l’Histoire, nullement le renforcement des arguments intéressés des idéologues habituels de notre temps. Ce vote historique est celui de notre crise générale, et, cette crise, ces mêmes “idéologues habituels de notre temps” en portent la responsabilité qu’ils ont reprise avec entrain de leurs prédécesseurs.


Obama : Pourquoi il risque de nous décevoir, Agoravox - Yahoo! Actualités
1. Il est le président des Etats-Unis d’Amérique. Et pas de l’Europe, ne nous en déplaise.
2. La crise économico-financière est insoluble à court-terme.
3. L’Afghanistan reste une priorité militaire.
4. Nos attentes sont disproportionnées
5. Un messie qui n’est pas prophète.
[...]
Les dictatures de l’émotion et de l’immédiateté sont les principaux ennemis du premier mandat de Barack Obama. Dans un premier temps, tout lui sera permis. Qu’il demande et il sera exaucé. Le second temps sera celui du contre-coup. Où ceux qui ont cru en lui demanderont des comptes. Leur croyance et leur confiance contre un bon retour sur investissement, si possible rapide et sans efforts.


Victoire d’Obama, victoire de Piolin ?, La Sociale
Commentaires : Un article intéressant sur les latinos, majoritairement Mexicains, qui travaillent sans papiers aux États-Unis.


Et si l'élection d'Obama ne changeait rien ?, Contre-Feux
Barack Obama devient le 44ème Président des Etats-Unis. Le moment est historique : c'est la première fois qu'un afro-américain occupe ce poste, et, a fortiori, celui d'homme le plus puissant de la planète.

Après l'administration Bush, le changement semble démesuré. Pourtant, à y regarder de plus près, la fin de campagne du candidat démocrate a pris un virage à droite, passé sous silence par la presse européenne. Condamné à rassembler pour être élu, Obama a multiplié les déclarations, notamment en politique étrangère, qui laissent perplexe quant à sa volonté de changement.

La crise financière pourrait de surcroit l'empêcher d'appliquer son programme économique et social. Si le candidat Barack a redoré l'image de l'Amérique dans le monde, le président Obama pourra-t-il réformer le pays en profondeur ?

Commentaires : Un dossier qui n'apporte pas grand chose à ce que d'autres ont déjà dit, notamment Alternatives International.

5 novembre 2008

Réactions à la victoire "historique" de Barack Obama

«Un Américain du nom de Barack Hussein Obama, fils d’une femme blanche et d’un homme noir qu’il a à peine connu, élevé par ses grand-parents à l’écart du mouvement de puissance et de richesse américain, est élu 44e président des Etats-Unis.»
Éditorial du New York Times

Présidentielle américaine : les résultats en direct Etat par Etat, NouvelObs - TV5 - RFI - CBS

Election américaine : le jour d'après, Libération

Le discours Barack Obama :
• Extrait vidéo et verbatim traduit en français, NouvelObs
• Vidéo intégrale traduite en français, Public Sénat - Libération - Public Sénat - Dailymotion
• Vidéo intégrale traduite en français, France 24 - Agoravox
• Verbatim traduit en français, ContreInfo

Discours de John McCain traduit en français, INFOCOM - Dailymotion

La joie profonde des Démocrates, l'amertume des Républicains, RFI
Extrait du discours de Barack Obama devant ses supporters réunis à Chicago (Illinois).
Extrait du discours de John McCain devant ses supporters réunis à Phoenix (Arizona).
Extrait de l'allocution de Nancy Pelosi, la leader démocrate des Démocrates à la Chambre des représentants.



Source : Blog de Siné


Revue de presse internationale, France 24
La revue de presse de Télématin, France Télévisions
La revue de presse de France Inter, Radio France
Revue de presse européenne, euro|topics
Revue de presse américaine, NouvelObs
Revue de presse britannique, NouvelObs
Revue de presse italienne, NouvelObs
Revue de presse française, NouvelObs
Revue de presse américaine, Libération
Tour d’horizon des sites de presse américains, Libération

Les réactions dans le reste du monde, NouvelObs - Challenges
Asie
• Taro Aso, Premier ministre japonais, a félicité Barack Obama et promis de renforcer les relations avec les Etats-Unis, principal allié du Japon.
• Hu Jintao, président chinois, félicite Barack Obama, indiquant vouloir élever les relations entre la Chine et les Etats-Unis à un nouveau niveau.
• Les Philippines ont félicité le démocrate Barack Obama pour sa victoire "historique" à l'élection présidentielle américaine, appelant à une plus étroite coopération entre les deux pays.
• Kevin Rudd, premier ministre australien : "Il y a 45 ans, Martin Luther King avait fait le rêve d'une Amérique où hommes et femmes seraient jugés non pas sur la couleur de leur peau mais sur leur personnalité".
• Helen Clark, Premier ministre travailliste néo-zélandais, félicite Barack Obama, attendant de "travailler avec lui" sur les questions de la crise financière et du réchauffement climatique.

Amérique latine
• Michelle Bachelet, présidente chilienne a "publiquement salué l'élection de Barack Obama comme nouveau président des Etats-Unis" et exprimé, au nom du Chili, ses "vœux de succès pour son administration".
• Luiz Inacio Lula da Silva, président brésilien : "L'élection du premier noir de l'Histoire des Etats-Unis est un fait extraordinaire, surtout celle d'une personne qui a démontré sa compétence politique, comme le président (élu) Obama".
• José Miguel Insulza, secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA) : "Les Etats-Unis vont changer après (l'élection de Obama) hier, cela ne fait aucun doute". "Il va y avoir un changement fondamental, un revirement de la politique nord-américaine de ces dernières années, mais cela se produit en un moment difficile de crise économique".
• Jorge Taiana, ministre des Affaires étrangères d'Argentine : "C'est un message d'espoir. C'est la confirmation de la fin d'un cycle dans le monde, dominé par le néolibéralisme".
• Hugo Chavez, président vénézuélien a félicité Barack Obama pour son "élection historique" et exprimé sa volonté d'établir de "nouvelles relations" avec les Etats-Unis et relancer "un agenda bilatéral constructif" pour le bien-être des deux peuples.
• La Colombie félicite Barack Obama, à qui elle "réitère sa disposition à continuer à travailler sur des thèmes communs".
• Felipe Calderon, président mexicain, adresse un courrier à Barack Obama pour le féliciter de "son triomphe" et l'inviter à visiter "prochainement" le Mexique.

Moyen-Orient
• L'Iran : "L'élection d'Obama à la présidence américaine est un signe évident que le peuple de ce pays exige des changements de fond dans la politique nationale et étrangère américaine".
• L'ancien président du Parlement iranien, le conservateur Gholam-Ali Hadad-Adel : "Pour sortir du bourbier dans lequel ils ont été plongés par Bush, les Américains doivent changer de politique.
• Ehud Olmert, le Premier ministre israélien sortant a salué la victoire "éclatante et historique" de Barack Obama, émettant l'espoir d'un "resserrement" des relations bilatérales et des progrès dans le processus de paix.
• Benjamin Netanyahu, chef de l'opposition de droite et candidat au poste de Premier ministre en Israël, s'est dit convaincu qu'il pourra œuvrer à la paix au Proche-Orient avec le nouveau président américain Barack Obama.
• Le mouvement islamiste palestinien Hamas : Barack Obama "doit tirer la leçon des erreurs des précédentes administrations, notamment celle de Bush qui a détruit l'Afghanistan, l'Irak, le Liban et la Palestine.
• Mohsen Bilal, ministre syrien de l'Information, dont le pays est en froid avec les Etats-Unis, a exprimé l'espoir que l'élection de Barack Obama à la présidence américaine contribuerait à "un changement de la politique extérieure" de Washington.
• Amr Moussa, le secrétaire de la Ligue arabe a salué l'élection "historique" de Barack Obama à la Maison Blanche et a appelé le nouveau président à être un "médiateur honnête" de la paix au Proche-Orient, contrairement à l'administration américaine actuelle.
• Yousuf Raza Gilani, Premier ministre pakistanais a félicité Barack Obama pour sa victoire à la présidence des Etats-Unis, en estimant que cette élection allait promouvoir "la paix et la stabilité" dans la région.
• Mahmoud Abbas, dirigeant palestinien: "Le président Abbas félicite le président américain élu Barack Obama en son nom et au nom du peuple palestinien et espère qu'il va accélérer les efforts déployés en vue de parvenir à la paix, d'autant que le règlement du problème palestinien et du conflit israélo-arabe est la clef de la paix mondiale".
• En Afghanistan, le président Hamid Karzaï a déclaré que "l'élection du sénateur Barack Obama à la présidence des Etats-Unis a fait entrer le peuple américain et avec lui le reste du monde dans une ère nouvelle".
• Le Soudan, par la voix du porte-parole des Affaires étrangères, a exprimé l'espoir mercredi que la victoire de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis introduirait "un changement réel" dans les relations très tendues entre les deux pays.

Afrique
• Abdoulaye Wade, le président sénégalais : "Il va y avoir quelque chose de changé au niveau mondial. Mais je souhaiterais surtout que cela amène un changement en France".
• Kofi Annan, l'ancien secrétaire général de l'Onu : "C'est un changement radical à la tête des Etats Unis d'Amérique".
• Nelson Mandela, le premier président noir d'Afrique du Sud, a félicité le démocrate Barack Obama pour son élection à la présidence américaine, un exemple, selon lui, que tout le monde pouvait "rêver" de changer le monde. "Votre victoire a démontré que personne, partout dans le monde, ne devrait avoir peur de rêver de changer le monde pour le rendre meilleur".
• Zine El Abidine Ben Ali, président tunisien a adressé mercredi un message de félicitation au président élu Barack Obama.

États-Unis
• John McCain, candidat républicain battu, reconnaît sa défaite et indique avoir téléphoné à son adversaire démocrate Barack Obama pour le féliciter. "Le peuple américain s'est exprimé", déclare-t-il en direct à la télévision. "Cet échec, c'est le mien, pas le vôtre". "Le peuple américain a parlé, et il a parlé clairement".
• George W. Bush, président américain, appelle Barack Obama pour le féliciter de sa victoire lors d'une "superbe" soirée électorale, a indiqué la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino.
• Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat américaine a jugé "exaltante" l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche et dit qu'elle était fière que les Etats-Unis aient élu leur premier président noir.
• Colin Powell, ancien secrétaire d'Etat américain dans la première administration de George W. Bush : "Le président-élu Obama sera le président de toute l'Amérique". "Il se trouve également qu'il est noir, ce qui en fait un événement vraiment, vraiment historique".

Europe
• José Manuel Barroso, président de la Commission européenne : "Nous devons tranformer la crise actuelle en opportunité. Nous avons besoin d'un 'new deal' pour un nouveau monde.
• Horst Köhler, président allemand, a félicité Barack Obama pour sa victoire à l'élection présidentielle américaine, indiquant dans un communiqué qu'il pouvait compter sur l'Allemagne "comme partenaire fiable et ami de longtemps".
Angela Merkel, chancelière allemande : "Je vous félicite pour votre victoire historique à l'élection présidentielle" . "Soyez convaincu que mon gouvernement est conscient de l'importance et de la valeur de notre partenariat transatlantique".
• Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères: "Je félicite Barack Obama du fond du coeur, avec sympathie et respect," affirme Steinmeier, ajoutant qu'il connaissait le candidat démocrate en tant "qu'homme qui sait surmonter les difficultés" et "qui sait écouter". "L'Amérique a voté pour le changement, en politique intérieure comme extérieure".
• Gordon Brown, premier ministre britannique, a félicité Barack Obama pour son élection à la présidence américaine, saluant ses "valeurs progressistes et sa vision pour l'avenir".
• Lech Walesa, chef historique du syndicat polonais Solidarité: "Je le félicite même si c'est une grande inconnue" qui nous attend. "Il a défendu les règles économiques capitalistes tout en représentant un populisme social". "Il y a bien des choses qu'il connaît pas mais peut-être grâce à cela il saura découvrir de nouvelles formules de gouverner cette puissance mondiale". Selon lui, les Etats-Unis restent une puissance militaire mais leur situation économique est moins bonne et leur "situation politique encore moins bonne".
• Mikhaïl Gorbatchev, ex-numéro un soviétique : "J'ai déjà dit il y a deux ou trois ans que l'Amérique avait besoin d'une perestroïka, et cela a toujours été accueilli par des hourras aux Etats-Unis".
• Dmitri Medvedev, président russe : "Nous espérons que nos partenaires, la nouvelle administration des Etats-Unis, feront le choix de bonnes relations" avec la Russie.
• Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères : "La volonté de changement a donné (à Barack Obama) un appui majoritaire dans la société nord-américaine.
• Brian Cowen, Premier ministre irlandais : "L'extraordinaire histoire personnelle de Barack Obama --associée à son éloquence et à ses énormes talents politiques-- adresse un message d'espoir puissant aux amis de l'Amérique à travers le monde".
• Mary McAleese, présidente irlandaise : Une élection qui constitue une "source d'espoir, pas seulement en Amérique, mais également dans le reste du monde, notamment en ces temps troublés marqués par l'angoisse et l'incertitude".
• Silvio Berlusconi, chef du gouvernement italien : "Je suis absolument convaincu que l'amitié et la coopération entre nos deux pays continueront à croître et à se renforcer".

France
• Jacques Chirac, ancien président : "Alors que votre élection suscite dans le monde émotion et espoir en ces temps difficiles, je ne doute pas que la France et le peuple français auront à coeur d'entretenir et d'approfondir avec votre pays et le peuple américain, les liens d'amitié et de coopération si intenses qu'une longue histoire commune a forgés".
• Nicolas Sarkozy chef de l'Etat français : "Quel que soit le pays, quelle que soit la région du monde, c'est le changement qui avait gagné, qu'Obama avait dans cette campagne incarné la rupture.
• François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem) : "Après le désastre des années Bush (...), l'élection de Barack Obama fait que le monde respire mieux". "Nous savons que le nouveau président n'aura pas une baguette magique, qu'il ne résoudra pas tous les problèmes en un jour", et que "dans l'ombre, de puissants intérêts ne se laisseront pas oublier".

• Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR : "Ce qu'on peut espérer en tous les cas, c'est que la classe politique française ne se rue pas sur l'effet Obama pour en faire un effet marketing, et nous sortir un belle unanimité qui ne sera qu'une unanimité de façade".
• Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF: "Pour celles et ceux qui se battent contre le racisme, les discriminations, dans le combat pour l'égalité, il y aura un avant et un après 4 novembre 2008.
• Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de gauche : "La victoire historique de Barack Obama est celle de la générosité, de la fraternité et de l'espoir de paix dans le monde.
• Les Verts : "C'est un symbole d'une portée immense pour un pays marqué par l'histoire de l'esclavage et la discrimination, et pour le monde entier.
François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste a salué l'élection "si symbolique" de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, et appelé à "un dialogue nouveau" de l'Europe et de la France avec l'Amérique.

Commentaires : En bref, beaucoup de platitudes à quelques exceptions près (Lech Walesa et François Bayrou).


Alors que la Chine poursuit sa politique de "coexistence pacifique" avec les États-Unis, la Russie durcit le ton.

Obama ou McCain, Pékin veut une relation stable avec Washington, Aujourd'hui la Chine
La Chine suit de près la campagne électorale américaine, et quelle que soit l'issue du duel entre le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, la priorité pour Pékin est la stabilité de sa relation avec Washington.


Présidentielle américaine: un événement majeur pour la Russie, RIA Novosti
L'élection d'un nouveau président aux Etats-Unis et le départ de l'administration Bush revêtent une importance colossale pour Moscou, indique mercredi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

L'angoisse s'accroît car les élections du 4 novembre se sont déroulées sur fond de rhétorique antirusse accentuée, caractéristique ces derniers temps des interventions des élites politiques américaines.

"La Russie aura du mal à coopérer avec le nouveau président des Etats-Unis, quel qu'il soit. Ceci est dû en premier lieu au fait que c'est dorénavant la Russie que l'establishment américain présente comme un ennemi, et non plus le monde islamique, comme le faisait l'administration Bush", affirme Evgueni Mintchenko, directeur de l'Institut international d'expertise politique.

Les experts sont convaincus que dans la définition de sa politique vis-à-vis de Moscou, Barack Obama accordera davantage d'attention aux problèmes de politique intérieure russe, notamment au pluralisme politique et à la liberté d'expression.

Dans le même temps, les experts estiment qu'il aurait été plus facile [pour la Russie] de s'entendre avec les républicains, qui sont pragmatiques par nature. Barack Obama, lui, bien qu'il n'ait pas de raisons personnelles de haïr la Russie, est un homme dont on ne sait qu'attendre. "Il sera difficile de travailler avec Obama, car c'est un idéaliste [...] Mais compte tenu de son âge, il lui sera plus facile qu'à John McCain, un homme âgé, d'entrer en contact avec le président russe Dmitri Medvedev", estime Evgueni Mintchenko.

Le député russe Andreï Kokochine, qui a plusieurs fois participé à des négociations avec des représentants de l'administration américaine, affirme que les relations russo-américaines, après l'arrivée d'une nouvelle équipe à la Maison Blanche, seront marquées dans les premiers temps par les retombées de la crise financière. "Cette fois-ci, c'est la situation économique et financière qui dictera l'ordre du jour dans les relations russo-américaines".


ABM : Dmitri Medvedev dévoile son plan de riposte, RIA Novosti
Le président russe Dmitri Medvedev a durci le ton face aux Etats-Unis, promettant mercredi des "mesures de rétorsion" en cas de déploiement du bouclier antimissile américain.

Dans son premier message annuel adressé à l'Assemblée fédérale (parlement russe), quelques heures seulement après l'annonce de la victoire du sénateur démocrate Barack Obama à l'élection présidentielle américaine, M. Medvedev a d'abord espéré bâtir un partenariat constructif avec Washington.

Sans citer nommément M. Obama, le chef du Kremlin a ensuite étalé les "mesures de rétorsion" qu'il comptait mettre en oeuvre pour le cas où le nouveau locataire de la Maison Blanche poursuivrait la politique de l'administration Bush, notamment relative à l'extension de l'OTAN et au déploiement du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque.

[...]


Medvedev cible les États-Unis dans son discours à la Nation, Reuters - Yahoo! Actualités
Dmitri Medvedev a donné la mesure des défis qui attendent Barack Obama en annonçant le déploiement par Moscou de missiles dans son enclave de Kaliningrad pour "neutraliser" le projet de bouclier antimissile américain.


McCain ou Obama, qui est le meilleur pour l’Inde ?, Aujourd'hui l'Inde
Comme partout dans le monde, les Indiens semblent avoir succombé à l’Obamamania. Alors que l’élection américaine passionne la presse indienne, une question demeure : qui de McCain ou d’Obama serait le meilleur président américain pour servir les intérêts de l’Inde ?


Optimisme prudent au Proche-Orient après l'élection d'Obama, Reuters - Yahoo! Actualités
Pour Thabet Salem, journaliste syrien en vue, le monde arabe doit se réjouir de l'élection du sénateur métis, "non pas parce qu'il a gagné mais parce cela signifie le départ du président George W. Bush, véritable sangsue, et de sa clique".

La politique proche-orientale de Bush a suscité, de la Syrie à l'Irak en passant par les territoires palestiniens et le Liban, un fort ressentiment et sa "guerre contre le terrorisme" a été interprétée comme une croisade déguisée contre l'islam.

Barack Obama aura pour tâche de 'réparer les pots cassés' par son prédécesseur au sein des mondes arabe et perse, tout en s'efforçant de convaincre ses compatriotes qu'il saura éviter une répétition du 11 septembre 2001.

[...]

Seuls les responsables israéliens veulent croire à la continuité entre la politique de l'administration Bush et celle d'Obama, bien qu'ils se méfient de la quête de changement du sénateur métis.

"Nous ne doutons pas que la relation spéciale entre Israël et les Etats-Unis se poursuivra et se renforcera sous l'administration Obama", a déclare le Premier ministre israélien sortant Ehud Olmert.

Sa ministre des Affaires étrangère, Tzipi Livni, et le leader de l'opposition de droite, Benjamin Netanyahu, ont formulé des commentaires analogues.


Réactions françaises à l'élection d'Obama en France : les politiques, le sociologue et les citoyens, Agoravox TV
Trois types de réactions françaises à l’élection de Barack Obama au poste de président des Etats-Unis : des hommes politiques (Laurent Fabius, Alain Juppé et Nicolas Dupont-Aignan), un sociologue (Emmanuel Todd) et des citoyens interviewés dans la rue.