12 novembre 2008

L'administration Obama (2)

Mise au point après les rumeurs sur l'équipe d'Obama, AFP - NouvelObs - AFP - Google - AFP - Yahoo! Actualités
Il y a beaucoup de désinformation", regrette encore le communiqué de l'équipe du nouveau président. "Nous travaillons dur pour mettre sur pied l'équipe d'évaluation des agences (gouvernementales) et nous espérons qu'elles seront annoncées cette semaine et seront dans les agences d'ici à la fin de la semaine", est-il précisé.
Hormis Rahm Emanuel, que le nouveau président a choisi pour secrétaire général de la Maison Blanche, Barack Obama n'a, jusqu'à présent, nommé aucun responsable de sa future administration.


L'équipe de transition d'Obama s'apprête à évaluer la situation dans les ministères, AFP - Google - AFP - Yahoo! Actualités
Concernant les nominations de membres du futur gouvernement, c'est Barack Obama lui-même depuis Chicago qui les annoncera. Mais aucune n'est prévue dans les prochains jours.
"Je crois qu'il est très important de faire le bon choix pour les postes clés de l'économie et de la sécurité nationale, et de ne pas se presser, afin de ne pas faire d'erreur", avait dit M. Obama lors de sa première conférence de presse en tant que président élu vendredi.
Mais les spéculations vont bon train sur les noms des personnes qui sont appelées à jouer un rôle dans le processus de transition et dans la future administration.


Le choix de Rahm Emanuel par Obama douche l'enthousiasme arabe, Reuters - Yahoo! Actualités
La région avait mis ses espoirs dans une politique plus équilibrée de la part de Barack "Hussein" Obama, mais le président élu a semé le doute en choisissant comme chef de son cabinet Rahm "Israël" Emanuel, représentant juif de l'Illinois, ayant de fortes racines familiales dans l'Etat juif.

"Pour des millions d'Arabes qui avaient donné libre cours à leur allégresse lors de la monumentale victoire d'Obama, cette nomination a fait l'effet d'une douche froide après une fête éphémère", écrit mercredi l'éditorialiste Oussama al Charfi dans le quotidien saoudien Arab News.

[...]

Ces préventions sembleraient confirmées par le journal israélien Maariv, qui a présenté Rahm Emanuel la semaine dernière comme "notre homme à la Maison blanche" et publié une interview de son père Benjamin prédisant qu'il convertira Obama à la cause israélienne.


Les "Une" de la presse US

Source : Obama2008


Maison Blanche : administration, cabinet, secrétaires, bureau exécutif, c'est quoi ?, americapolyphony
Durant cette transition, il s'agit pour le nouveau président élu de choisir sa nouvelle équipe, son administration, c'est-à-dire à la fois son gouvernement (le cabinet), soit quinze ministres pour autant de "Departement" (aux Etats-Unis, ils sont appelés secrétaires, "Secretary", sauf celui de la Justice, appelé "Attorney General") et à la fois les personnes directement à son service à la Maison Blanche, soit le Bureau exécutif du président des Etats-Unis ("Executive Office of the President"), des postes administratifs (environ 1800) qui ont rang au cabinet pour six d'entre eux seulement (dont le vice-président des Etats-Unis, par exemple). Ces six hauts fonctionnaires officiels ne sont donc pas en charge d'un département (ministère), mais sont autorisés à assister aux réunions du cabinet (gouvernement). Aux côtés de la Maison Blanche et du cabinet, il faut encore ajouter des dizaines et des dizaines d'agences gouvernementales (CIA, FBI, etc.).

[...]

Je reviendrai dans une prochaine note sur les désignations par Barack Obama à trois de ces postes-clés (pas tous encore confirmés d'ailleurs): son chef de cabinet, donc le secrétaire général de la Maison Blanche, le "White House Chief of Staff" (Rahm Emanuel, parlementaire démocrate et proche ami d'Obama; seule désignation officialisée), poste souvent méconnu mais fondamental et hautement stratégique; son adjoint au secrétaire général, le "Deputy White House Chief of Staff" (David Axelrod, chef stratégique de la campagne d'Obama), souvent un des plus hauts et proches conseillers du président (souvenez-vous de l'influent Karl Rove avec George W. Bush, son "éminence grise"); ainsi que le chef de la communication, le porte-parole de la Maison Blanche, le "White House Press Secretary" (Robert Gibbs, porte-parole de la campagne d'Obama).


Pour que Bush démissionne, Libération
Ne serait-il pas souhaitable, étant donné les circonstances exceptionnelles que les Etats-Unis et le monde traversent, que Bush et son vice-président démissionnent immédiatement au nom de l’intérêt national et que le XXe amendement soit révisé (afin que désormais l’installation du nouveau président se fasse aussi rapidement qu’en France).

A défaut de quoi la présidence Obama pourrait dès le départ débuter sur un faux rythme (celui du surplace) et l’attente (imposée parce que légale) jusqu’au 20 janvier créer un désenchantement dans l’opinion publique proportionnel à l’immense espoir suscité par son élection.

Le dernier pillage du clan Bush

Le hold-up américain des richesses financées par le public, sans aucune contrepartie : une véritable aubaine pour les grandes entreprises. Bienvenue au capitalisme sans risques.

Durant les derniers jours de la campagne présidentielle, beaucoup de républicains semblent avoir abandonnés la lutte pour le pouvoir. Mais ne vous y trompez pas : cela ne signifie pas qu’ils se reposent. Si vous voulez voir le véritable travail actif des républicains, vérifiez l’énergie qu’ils utilisent pour distribuer de gros paquets des 700 milliards de dollars qu’ils jettent par la fenêtre. Lors d’une récente audition d’un comité sénatorial bancaire, le républicain Bob Corker s’est vu assigné cette tache, et avec une date butoire très claire en vue : l’investiture. "Combien pensez-vous qu’il soit possible environ de dépenser actuellement avant le 20 janvier ?" demandait Corker à Neel Kashkari, le banquier âgé de 35 ans qui était avant lui en charge du butin.

Quand les colonialistes européens ont réalisés qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de redonner le pouvoir aux citoyens indigènes, ils ont souvent concentré toute leur attention à dérober les trésors locaux de l’or et de tout le bétail qui avait de la valeur. S’ils étaient vraiment cruels, comme les portugais au Mozambique dans la moitié des années 1970, ils allaient jusqu’à verser du béton dans les ascenseurs des puits des mines.

Rien d’aussi barbare en ce qui concerne le clan Bush. Plutôt que d’utiliser le pillage ouvert, ils préfèrent les outils bureaucratiques, comme les actions "des actifs précaires" et le "programme d’achats de capitaux". Mais ne vous méprenez pas : le but est bien le même que celui utilisé par les portugais vaincus - un dernier pillage frénétique des richesses publiques avant qu’ils ne rendent les clés du coffre fort.

Comment autrement expliquer les décisions étranges qui ont dominé lors des discours sur l’argent du renflouement ? Quand l’administration Bush a annoncé qu’elle voulait investir 250 milliards de dollars dans les banques américaines en échange de crédits, le plan était alors largement mentionné comme une "nationalisation partielle" - une mesure radicale indispensable pour que les banques puissent encore donner des emprunts. Henry Paulson, le Ministre de l’Economie et des Finances, a eu une idée de génie, nous a-t-on dit, et suivait l’exemple de Gordon Brown.

En fait, il n’y a jamais eu aucune nationalisation, partielle ou autre. Les contribuables américains n’ont gagné aucun contrôle significatif sur les banques, et c’est pourquoi les banques sont libres de dépenser ce nouvel argent comme bon leur semble. Chez Morgan Stanley, il semblerait que la plus grande partie du butin servira à payer les primes annuelles. Citigroup a fait comprendre qu’ils utiliseraient leur 25 milliards pour acheter d’autres banques, alors que John Thain, le directeur général de Merrill Lynch, disait aux analystes financiers : "au moins pour le prochain trimestre, cela va juste nous servir de coussin". Pendant ce temps, le gouvernement américain, est réduit à supplier les banques pour qu’elles utilisent au moins une partie du butin des contribuables pour des prêts - officiellement, la raison de tout le programme.



Quel est alors le véritable objectif du renflouement ? Mes craintes sont que cet empressement de transactions est quelque chose de bien plus ambitieux qu’un cadeau unique aux grandes entreprises : mais que la version de Bush d’une "nationalisation partielle" est une manipulation pour transformer le trésor américain en un distributeur de billets géant et sans fond pour les banques dans les années à venir. Souvenez-vous que la préoccupation principale parmi les acteurs des grands marchés, en particulier des banques, ce n’est pas le manque de crédits mais le prix des crédits "toxiques". Les investisseurs ont perdu toute confiance dans l’honnêteté des grands acteurs financiers, et avec de bonnes raisons.

C’est là que le renflouement du trésor public paie un maximum. En achetant des intérêts dans ces institutions financières, le trésor public envoie un signal au marché en disant que c’est un pari sûr. Pourquoi sûr ? Non pas parce que leur niveau de risque a été finalement évalué avec précision. Ni parce qu’ils auraient renoncés aux sortes d’outils exotiques et aux taux variables à outrance qui ont créé la crise. Mais parce que le marché va maintenant être assuré que le gouvernement américain ne laissera pas ces entreprises particulières faire faillite. Si ces entreprises se mettent en difficultés, les investisseurs vont dorénavant assumer que le gouvernement continuera à trouver toujours plus d’argent pour les renflouer, puisque leur permettre de faire faillite signifierait perdre totalement l’investissement du capital initial, et pour beaucoup d’entre elles, cela se chiffrera en billions. (Il suffit d’observer le géant des assurances AIG, qui s’est déjà retourné vers les contribuables pour une rallonge, et qui semble apparemment prêt à en demander une troisième fois.)

Ce fait de relier les intérêts publics aux entreprises privées est le véritable objectif du plan de renflouement : Paulson choisit toutes les entreprises qui sont admises à ce programme - un nombre d’environ plusieurs milliers - une garantie implicite du Ministère de l’Economie et des Finances. Pour les investisseurs capricieux et frileux qui cherchent des placements sûrs pour conserver leur argent, ces transactions de capitaux seront encore plus sécurisants qu’un triple A de l’agence d’évaluation Moody.

Une telle assurance est inestimable. Mais pour les banques, la meilleur partie du cadeau c’est que le gouvernement les paie pour qu’elles acceptent sa certification. Pour les contribuables, de l’ autre côté, la totalité du plan est extrêmement risquée, et pourrait vraisemblablement leur coûter bien plus que l’idée originale de Paulson d’acheter pour 700 milliards de dollars de dettes toxiques. Dorénavant les contribuables ne sont pas seulement dépendants pour les dettes, mais probablement, aussi pour le destin de chaque entreprise qui leur vend ces crédits.

Il est intéressant de voir que les géants des fonds hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, ont tous les deux bénéficié de ce genre de garantie tacite avant qu’ils ne soient "nationalisés" au début de cette crise. Durant des décennies, le marché avait compris que, puisque ces acteurs privés étaient impliqués avec le gouvernement, on pouvait faire confiance à l’Oncle Sam pour sauver la mise. C’était, comme beaucoup l’ont dénoncé, le pire de tous les maux de la terre. Non seulement les profits sont privatisés alors que les risques sont socialisés, mais le soutien implicite du gouvernement créait ainsi une incitation des systèmes de primes puissantes pour des pratiques d’affaires dangereuses.

Avec le nouveau programme de rachat des emprunts, Paulson a utilisé le modèle discrédité de Fannie et Freddie et l’a appliqué à une majeur partie du système industriel privé bancaire. De nouveau, il n’y a aucune raison de s’écarter des paris dangereux, particulièrement depuis que le Ministère de l’économie et des finances n’a posé aucune exigence aux banques (apparemment, ils ne veulent pas d’un "controle minimum").

Pour stimuler plus encore la confiance du marché, le gouvernement fédéral a également annoncé des garanties publiques illimitées pour beaucoup de comptes bancaires de dépots. Oh, et comme si ce n’était pas suffisant, le Ministère de l’économie et des finances a encouragé les banques à se regrouper, certifiant que les seules entreprises qui resteront seront "trop grandes pour faire faillite", et garantit ainsi leur renflouement. De trois façons différentes, le marché est informé haut et fort que Washington ne permettra pas que les institutions financières subissent les conséquences de leur comportements. Il est possible que cela soit l’innovation de Bush la plus créatrice : un capitalisme sans risques.

Il y a une étincelle d’espoir. En réponse à la question du sénateur Corker, le Ministère de l’économie et des finances a en effet des difficultés à distribuer les fonds du renflouement. Jusqu’à présent environ 350 milliards de dollars ont été demandés sur les 700, mais la plus grande partie n’est pas encore sortie des caisses de l’état. Cependant, il devient de plus en plus clair chaque jour que le renflouement a été "vendu" à la population sous de faux prétextes. Clairement, cela n’a jamais vraiment concerné la fluidité des emprunts. C’était depuis toujours pour mettre en place ce qui est fait : tranformer l’état en une agence d’assurance géante pour Wall Street, un filet de sécurité pour les personnes qui en ont le moins besoins, subventionnés par les populations qui auraient le plus besoins de la protection de l’état dans la tornate économique qui arrive.

Cette duplicité est une opportunité politique. Qui gagnera les élections le 4 novembre aura une autorité morale énorme. Elle devrait être utilisée pour exiger un moratoire et l’arrêt de la distribution des fonds, non pas après l’investiture, mais dès le départ. Tous les contrats devraient être renégociés, cette fois l’obtention de garanties du public.

Il est risqué bien sûr d’interrompre le processus du renflouement. Rien ne pourrait être plus dangereux, cependant, que d’autoriser le clan Bush à faire ce cadeau d’adieu aux grandes entreprises - le cadeau qui va continuer à vider les caisses publiques.

Naomi KLEIN
29 octobre 2008
Version originale publiée par The Nation.
Version française de Anik publiée le 8 novembre 2008 par robin-woodard à partir de la version publiée le 31 octobre 2008 par The Guardian.
Articles de Naomi Klein :
The Nation
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Le mirage Obama

Obama, un rêve américain ?, AgoraVox
Je crois que Obama est un mirage, un rêve, un de plus, qui a été créé de toute pièce pour parer à une situation, et en installer une autre, encore plus profitable, et plus confortable, pour ceux qui l’ont initiée, et dont les coûts se limiteront à un changement de décor, sans même qu’il soit besoin de changer de style.

Le meilleur révélateur de cette orchestration, menée de main de maître, se trouve dans le financement de la campagne de Monsieur Obama. Plus de 600 millions de dollars, dont probablement plus de 400 viennent de lobbies et de groupes financiers. L’un de ces généreux donateurs est Goldman Sachs,la plus grande banque d’investissement au monde. Goldman Sachs est l’archétype même des groupes de pression qui installe dans toute les institutions américaines et dans le monde enier, des "agents" chargés de servir ses stratégies.

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L’autre indice qui nous renseigne clairement sur la marge de manœuvre qui a été laissée à Obama, se trouve être dans le choix de ses collaborateurs. L’un d’eux, par exemple, est Dennis Ross. C’est lui qui a été chargé du dossier Iran. Avant même l’élection de Obama. Cet homme, fortement imprégné du néo con Paul Wolfowitz, dont il a été un collaborateur zélé, fait partie du petit groupe d’extrémistes américains qui ont fondé, avec l’aide de l’AIPAC, le "Washington Institute for Near East Policy", un Think-tank qui distille une propagande israélienne jusqu’auboutiste. A côté de Dennis Ross et de ses discours belliqueux sur l’Iran, Condoleeza Rice fait figure de pacifiste béate.
Dennis Ross est résolument, et publiquement partisan d’une attaque"préventive" contre l’Iran, avec la collaboration d’Israël, et l’assistance des "pays amis du golfe" et du Caucase.


Les conseillers d’Obama discutent des préparatifs de guerre contre l’Iran, WSWS
A la veille de l’élection américaine, le New York Times faisait prudemment remarquer l’émergence d’un consensus entre le Parti démocrate et le Parti républicain pour une nouvelle stratégie agressive envers l’Iran. Alors que presque rien n’a été dit à ce sujet pendant la campagne électorale, de hauts conseillers des camps Obama et McCain ont discuté de l'escalade rapide de la pression diplomatique et de sanctions punitives contre l'Iran, soutenues par des préparatifs pour des frappes militaires.

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Un des principaux membres du groupe de travail de ce centre a été le haut conseiller d’Obama concernant le Moyen-Orient, Dennis Ross qui est connu pour ses points de vue belliqueux. Il a soutenu l’invasion américaine de l’Irak et il est étroitement lié à des néo-conservateurs comme Paul Wolfowitz. Ross a travaillé sous Wolfowitz dans les administrations de Carter et de Reagan avant de devenir l’envoyé en chef au Moyen-Orient sous les présidents Bush père et Clinton.

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L’émergence d’un consensus sur l’Iran dans les cercles de la politique étrangère américaine souligne, une fois de plus, le fait que les différences entre Obama et McCain étaient de nature purement tactique. Tandis que des millions d’Américains ont voté pour le candidat démocrate croyant qu’il allait mettre fin à la guerre en Irak et répondrait à leurs besoins économiques urgents, des sections puissantes de l’élite américaine se sont mises derrière lui, le considérant comme un meilleur véhicule pour poursuivre les intérêts économiques et stratégiques au Moyen-Orient et en Asie Centrale — y compris avec l’usage de la force militaire contre l’Iran.




Barack Obama : Une victoire programmée par le Nouvel Ordre Mondial ?, Mondialisation
« Je construirai une armée du XXIe siècle et un partenariat aussi puissant que l’alliance anticommuniste qui a remporté la guerre froide, afin que nous demeurions partout à l’offensive, de Djibouti à Kandahar. » Barack Obama

Il s’était opposé à l’agression de l'Iraq en 2002, et s’était prononcé pour le retrait des troupes US pendant les primaires, mais son calendrier est devenu de plus en plus flou au fil des mois. Il admet que dans certaines circonstances il pourrait décider de prolonger l’occupation. Il estime que les menaces contre les Etats-Unis ont grandi, de l’Afghanistan à l’Iran et qu’il faut se concentrer sur la lutte contre les Talibans, « responsables des attaques du 11 septembre ». Dans le cadre de cette « guerre juste », il estime que le pays a besoin d’y « renforcer les troupes…, de plus d’hélicoptères, de services de renseignements plus performants… pour accomplir (sa) mission là-bas » (cité dans le New York Times, 14 juillet 2008).

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Si la politique extérieure reste aussi agressive que celle de ses prédécesseurs, on se demande où Obama trouvera l’argent pour rétablir un minimum de justice sociale dans son pays. Les sept années de croissance ininterrompue des États-Unis n'ont profité qu'à la petite minorité des plus riches, au détriment des travailleurs pauvres, des chômeurs, des Africains-Américains et de tous ceux qui sont expulsés par milliers de leur maison qu’ils ne peuvent plus rembourser. Les inégalités se sont creusées et les conditions de travail se sont détériorées. C’est pourquoi beaucoup de pauvres, parmi lesquels de nombreux anciens électeurs républicains, ont placé tous leurs espoirs dans Barack Obama, bien qu’il ait voté avec les Républicains pour le plan Paulson, ce cadeau monstrueux de 700 milliards de dollars fait aux « banksters » - la plus grande escroquerie financière de l’Histoire.

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Comme l’écrit justement Serge Halimi : Obama « paraît donc mieux armé qu’un autre pour « renouveler le leadership américain dans le monde ». C’est-à-dire réhabiliter la marque Amérique, rendre plus performantes parce que mieux acceptées — et plus accompagnées — les interventions des Etats-Unis à l’étranger… Pour ceux qui rêvent encore qu’un président « multiculturel » né d’un père kenyan serait le signe de la venue d’une Amérique new age et la farandole d’une ronde où tous les gars du monde se donneraient la main, le candidat démocrate a déjà dit qu’il s’inspirerait moins des Pink Floyd ou de M. George McGovern que de la politique étrangère « réaliste et bipartisane du père de George Bush, de John Kennedy et, à certains égards, de Ronald Reagan ».


Obama est-il prisonnier de “Gitmo” ?, Dedefensa
Les circonstances, les supputations et diverses déclarations ont conduit à faire du sort du centre de détention de Guantanamo [Guantanamo, dit “Gitmo” dans le langage acronymique du Pentagone, fameux pour son illégalité, pour le traitement des prisonniers, la pratique de diverses formes de torture] un test de la présidence Obama.

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Nous considérerons cette affaire de Guantanamo comme un avant-goût des obstacles qui attendent Obama s’il veut réellement mener une action réformatrice, notamment dans le domaine de la sécurité nationale. Contre lui, il y a Moby Dick, The House of war comme le décrit James Carroll, le Pentagone, avec sa bureaucratie si justement (et ironiquement à la lumière des forces en présence) dénoncée par Rumsfeld le 10 septembre 2001. Mais que peut faire Obama sinon effectivement affronter le monstre, d’abord sur cette affaire de “Gitmo”, pressé comme il est par ceux qui ont applaudi son élection comme un symbole de sa gloire et de tant de promesses de changement, et qui exigent qu’il tienne ses engagements, au moins sur le premier d’entre tous les symboles ?

11 novembre 2008

Un "New Deal" à la chinoise

BULARD Martine, Un « New Deal » à la chinoise, Les blogs du Diplo
Cette volonté des autorités chinoises de marquer un grand coup tient à plusieurs raisons.

La première est la réduction sensible des exportations, l’un des moteurs-clés de la croissance. Cette chute est liée bien sûr à la récession dans les pays industrialisés (Etats-Unis, Europe, Japon, Corée…), mais aussi à la perte de fiabilité d’une partie des produits « made in China », suite aux scandales à répétition (jouets dangereux, denrées alimentaires frelatées…) qui arrivent au plus mauvais moment. Nombre d’entreprises, notamment dans les zones exportatrices du sud, ont dû fermer leurs portes. Au total, la croissance est passée à un rythme annuel de 9 % ( contre 11,4 % l’an dernier) et certains économistes tablent sur une chute à 7 ou 8 %.

Or, à la différence de nations jusqu’à maintenant donneuses de leçons (Etats-Unis et France en tête), la Chine a les moyens d’une relance. Son excédent budgétaire atteint 1 181 milliards de yuans (134 milliards d’euros). Elle possède d’importantes réserves (2 000 milliards de dollars) dont une partie est conservée dans des fonds souverains et utilisée pour assainir le système interne (industriel et bancaire) tout en impulsant un renouveau. L’ensemble des décisions prises suffira-t-il à donner un nouveau souffle à l’économie du pays ? Il est évidemment trop tôt pour le dire.

La deuxième raison de ce « New Deal à la chinoise » est plus directement politique. Le parti communiste et ses dirigeants savent qu’ils conservent le pouvoir principalement parce qu’ils ont pu enrôler les couches moyennes naissantes – qui pourraient rompre le consensus en cas de chute de leur niveau de vie – et parce qu’ils ont réussi à maintenir l’espoir d’une vie meilleure pour les enfants des couches les plus défavorisées. Que la croissance chute en deçà des 6 % et 7 %, bouchant toute perspective d’avenir, et c’est tout l’édifice qui s’effondrerait. Les autorités sont particulièrement attentives aux populations des campagnes, qui ont vu leur pouvoir d’achat régresser et qui sont de plus en plus actives dans les mouvements sociaux.

La troisième raison est à rechercher du côté des ambitions géopolitiques de Pékin. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement a fait connaître son plan avant le sommet du G20 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie (le G8), représentants de l’Union européenne, Afrique du sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique et Turquie). La Chine veut ainsi faire la démonstration qu’elle a les moyens de peser sur les affaires, de contribuer à la stabilité de l’économie mondiale, et qu’il faut donc compter avec elle. Elle entend également montrer qu’elle peut agir seule, en toute indépendance, sans l’injonction ni même l’imprimatur d’un groupe de pays à géométrie variable dont la composition dépend de l’administration américaine et qui n’est pas habilitée à décider quoi que ce soit.




Russie-Chine : deux sommets d'ici fin 2008, RIA Novosti
Deux sommets russo-chinois sont programmés d'ici la fin 2008, a déclaré jeudi à Moscou le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev.

"Nos rencontres deviennent régulières, parce que nous sommes des partenaires stratégiques. Cette année, il y a eu trois rencontres au plus haut niveau, et il y en aura au moins deux encore d'ici la fin de l'année", a-t-il déclaré à l'ouverture de la 3e série de consultations russo-chinoises sur la sécurité stratégique.

Selon M. Patrouchev, les consultations russo-chinoises interviennent après un événement important dans la vie politique en Russie, le message annuel du président à l'Assemblée fédérale (parlement). "Ce message fait actuellement l'objet d'un débat actif dans le pays. Nous allons évoquer certains thèmes du message, notamment relatifs à la politique extérieure, à la sécurité et aux événements dans le Caucase", a-t-il indiqué.


Russie-Iran-Qatar : la "troïka" du gaz vise à stabiliser les prix, RIA Novosti
"Les ententes intervenues entre la Russie, l'Iran et le Qatar en vue de mettre en place une "troïka" du gaz sont le résultat des efforts conjoints des pays producteurs et exportateurs de gaz", a-t-il argumenté.

Selon M. Lavrov, tous les pays liés à la production d'hydrocarbures ont intérêt à ce que le marché du gaz et du pétrole soit stable.

"Je pense que cela est également dans l'intérêt des consommateurs. Nous voulons bâtir notre partenariat avec les pays producteurs d'hydrocarbures dans la plus grande transparence. Il n'y aura pas d'ordres du jour secrets. Nous voulons stabiliser le marché et déboucher sur un niveau des prix acceptable aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs et les pays de transit", a-t-il ajouté.


Moscou aura du mal à s'implanter en Amérique latine, RIA Novosti
La tournée s'est soldée par la signature de trois grands contrats, qui pourraient cependant ne pas être mis en oeuvre en raison de la situation politique dans certains de ces Etats. La concurrence de la Chine et l'élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis pourraient également mettre à mal les plans de Moscou.

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Ces trois pays présentent cependant des risques politiques. Cela concerne en premier lieu le Venezuela, qui organisera le 23 novembre des élections régionales. Les autorités régionales vénézuéliennes, surtout au niveau des Etats, dispose d'une grande autonomie par rapport au gouvernement central, c'est pourquoi aucun grand projet ne peut être réalisé sans soutien politique de la part des autorités locales. Les prochaines élections pourraient renforcer considérablement l'opposition, car les Vénézuéliens perdent confiance en la politique de leur président, tandis que la baisse des prix du pétrole supprime pour le pouvoir la possibilité d'amadouer les électeurs par des projets sociaux de milliards de dollars.

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La concurrence de la Chine, qui s'implante avec succès en Amérique latine depuis dix ans, affaiblit également les positions de la Russie. Par exemple, Pékin et Caracas ont signé en 2006 un accord sur l'achat par le Venezuela de 18 pétroliers chinois pour 1,3 milliard de dollars. Les négociations entre les deux pays sur la construction de nouveaux pétroliers sur les chantiers navals chinois sont déjà en cours. Dans ces conditions, les déclarations d'Hugo Chavez sur la construction de pétroliers en Russie pourraient très bien n'être qu'un argument dans la discussion des prix avec les Chinois.

En outre, le résultat des élections présidentielles aux Etats-Unis menace lui aussi les plans de Moscou sur une implantation de grande échelle sur les marchés sud-américains. L'élection de Barack Obama a été saluée par tous les leaders d'Amérique latine, notamment Hugo Chavez et Daniel Ortega, ainsi que les frères Fidel et Raul Castro. On sait très bien que les tensions, qui ont régné pendant les huit dernières années dans les relations entre ces pays et les Etats-Unis, s'expliquent pour la plupart par la politique du président George W.Bush. Si Obama tient sa promesse préélectorale d'entamer des négociations avec Raul Castro et d'autres leaders de gauche de la région sans préalables, ce sont les relations d'affaires qui seront restaurées en premier lieu. Les compagnies russes pourraient alors faire face aux concurrents américains, qui possèdent de bonnes ressources financières et technologiques et connaissent parfaitement le marché.


Là-bas si j'y suis : novembre 2008, Le Monde diplomatique - Là-bas si j'y suis
Rendez-vous mensuel avec l’équipe du Monde Diplomatique autour du numéro de Novembre.
Avec, au sommaire, les réactions de l’équipe du Diplo à la suite de l’élection de Barak Obama, mais aussi la crise financière avec :
- Serge Halimi
- Martine Bulard sur le thème de "Finance, puissances... le monde bascule"
- Akram Belkaïd sur l’"Affaissement de deux grandes places boursières"
- et, Maurice Lemoine qui nous parlera du Mexique, de Cuba et du Honduras.


BULARD Martine, Finance, puissances... le monde bascule, Le Monde diplomatique
Les uns après les autres, les chiffres de l’emploi tombent : 6 000 suppressions chez Renault, 1 600 chez Nissan, 3 500 chez Daimler-Benz. Dans la construction, les licenciements s’accélèrent. Alors qu’aux Etats-Unis 159 000 postes sont passés à la trappe en septembre, en Chine le ralentissement est patent. Selon le Bureau international du travail (BIT), le chômage devrait toucher 210 millions de personnes dans le monde d’ici à la fin 2009 ; 20 millions de plus qu’actuellement. La « crise », on le voit, a des implications concrètes, quasiment ignorées des plans de sauvetage gouvernementaux, lesquels se contentent de renflouer les banques. Si le sommet entre les pays industrialisés et les pays émergents (G20), prévu le 15 novembre, est exceptionnel par sa composition, il vise surtout à « nettoyer » le système des excès — et non à le remettre en cause. Pourtant, tout y invite : l’articulation de la finance et des services à la production matérielle, aujourd’hui complètement déconnectés ; l’ardente obligation de préserver la planète qui pousse à modifier modes de fabrication et styles de vie ; la prise en considération d’une nouvelle géopolitique des capitaux — la Chine est devenue le banquier des Etats-Unis — et de rapports de forces internationaux en ébullition.


LORDON Frédéric, Les disqualifiés [Elie Cohen, Nicolas Baverez, Jacques Attali], Le Monde diplomatique
Après le krach boursier, la faillite intellectuelle : au nombre des victimes collatérales du naufrage financier figurent la poignée d’économistes qui dispensent la bonne parole dans les médias. Libéralisation, déréglementation, privatisation : leur credo tenait en trois mots. Quand bien même une pendule arrêtée donne l’heure juste deux fois par jour, ces « spécialistes » ont étalé leur constance dans l’erreur. En détailler le menu évite que leur ardoise se trouve subitement effacée, à l’instar de celle des banquiers.

Le sionisme est-il un obstacle à une paix juste ?

La guerre entre Israéliens et Palestiniens a commencé il y a un siècle avec le début de la colonisation sioniste et avec la dépossession des Palestiniens de leur terre. Cette guerre a connu des périodes très différentes : le colonialisme britannique, l’arrivée massive de nouveaux immigrants juifs après 1945, la Nakba avec l’expulsion de 800000 Palestiniens de leur propre pays, la deuxième conquête sioniste en 1967, l’Intifada, les accords d’Oslo, l’échec total de ce processus, la division de la Palestine en « bantoustans » …

La question centrale

Cette guerre dure inexorablement. D’autres diront bien mieux qu’un membre de l’Ujfp l’insupportable situation du peuple palestinien : des gens et leurs descendants qui sont des réfugiés depuis plusieurs générations. Des millions de personnes qui vivent quotidiennement l’occupation, l’enfermement, la pénurie organisée, les assassinats dits « ciblés », les arrestations arbitraires (plus de 600000 prisonniers en 40 ans), les check points, les humiliations, les souffrances, une annexion qui n’est même plus rampante, une confiscation incessante, un pillage de l’eau et de la terre, l’impossibilité de vivre normalement… Sans oublier ceux qu’on appelle improprement les Arabes Israéliens ou les Bédouins du Néguev réduits à l’état de sous-citoyens dans un « Etat Juif » qui ignore ouvertement toute idée de citoyenneté.

Je limiterai mon propos à donner le point de vue d’un Juif Français ayant une histoire personnelle « classique » (celle de l’antisémitisme et du génocide nazi que les sionistes instrumentalisent pour justifier leur fuite en avant).

Pourquoi n’y a-t-il pas de paix juste à brève échéance ?

Qu’on le veuille ou non, d’un point de vue juif, la question centrale, c’est le sionisme. Les Israéliens forment aujourd’hui un peuple. La Nakba a été un crime et il faudra que ce soit reconnu. Mais on ne reviendra pas en arrière. Il n’y a pas d’autre solution qu’une paix entre Palestiniens et Israéliens. Il ne peut pas y avoir de paix sans une égalité totale des droits et avec le sionisme, c’est impossible. D’un côté, le sionisme a engendré (et on doit considérer que c’était inéluctable) un courant (laïque ou religieux) prônant la « purification ethnique » et le « transfert » des Palestiniens au-delà du Jourdain. Mais ceux qui feignent de croire qu’il existe un « sionisme à visage humain » sont incapables d’expliquer pourquoi Oslo a échoué et pourquoi il y a aujourd’hui 4 fois plus de colons qu’au moment de la signature de ces accords.

Le sionisme a engendré un monstre : une société « autiste » qui s’est convaincue qu’elle a tous les droits et que c’est elle la victime. Il n’y aura pas de paix sans une rupture de la société israélienne avec le projet sioniste ou sans un dépassement du sionisme, un passage au « post-sionisme », une « sécularisation » de la société israélienne. Sans un tel processus, les aventures militaristes ou colonialistes et les crimes contre les Palestiniens se poursuivront.



Un programme ininterrompu de destruction de la Palestine

Il est symptomatique de voir que les prochaines élections israéliennes se sont d’abord jouées à l’intérieur d’un parti (Kadima) que l’on ose qualifier de « centriste ». C’est une ancienne du Mossad (Tzipi Livni qui a probablement du sang sur les mains) qui l’a emporté sur un dirigeant de l’armée (Shaul Mofaz poursuivi pour crimes de guerre). Toute la classe politique est corrompue ou poursuivie pour délits sexuels. L’élection se jouera donc désormais entre Livni et Nétanyahou, dont les programmes d’annexion et de démembrement de la Palestine ne diffèrent que sur des détails : la quantité de territoires annexés.

Au moment de la signature des accords d’Oslo, la direction palestinienne a fait un compromis incroyable : entériner la décision prise dès 1988 à Alger en limitant le futur Etat Palestinien à 22% de la Palestine historique. Dans l’esprit des signataires palestiniens, les dirigeants israéliens allaient accepter l’idée de « la paix contre les territoires » et se retirer. Ce processus est aujourd’hui totalement enterré. Pourquoi ? À cause du sionisme. Rabin, lui-même avant son assassinat a installé 60000 nouveaux colons. Aujourd’hui, il y a 500000 Israéliens qui vivent dans les territoires conquis en 1967. La moitié sont dans le « grand Jérusalem » qui couvre 4% de la Cisjordanie entre Ramallah et Bethléem et rend totalement non viable toute idée d’Etat palestinien. La première chose qui frappe quand on visite la région, c’est « où est la frontière » ? Elle a disparu : les routes de contournement, les nouvelles banlieues installées sur des terres palestiniennes, les colonies dites « légales » ou illégales sont omniprésentes. Aucune carte n’indique la « ligne verte », c’est-à-dire la frontière d’avant 1967.

Manque de chance ? Occasion loupée ? Non. Dans le projet sioniste, les Palestiniens sont des étrangers dans leur propre pays. Autrefois, ils n’existaient même pas, on disait « les Arabes ». Les délires sur « Jérusalem capitale unifiée » ou sur le Grand Israël sont partagés par la majorité de la société israélienne. La propagande israélienne présente de façon permanente le Palestinien comme un terroriste qui rêve d’achever le génocide hitlérien, ce qui permet aux dirigeants de prétendre « nous n’avons pas de partenaire pour la paix » .

Tous les courants du sionisme, de droite ou dits « de gauche » ont perpétré des crimes contre les Palestiniens. La droite, héritière de Jabotinsky et Begin, n’a jamais rompu avec les méthodes expéditives. Elle prône ouvertement le « transfert » (au-delà du Jourdain) au nom de théories ouvertement racistes. Mais la « gauche », celle des héritiers de Ben Gourion ou de Golda Meïr a toujours utilisé les mêmes méthodes avec un discours présentant les Israéliens comme des victimes. Cette gauche a programmé l’expulsion du peuple Palestinien au moment de la Nakba. Elle a prémédité et réalisé les conquêtes et les annexions de 1967. Elle est à l’origine de la décision politique de coloniser en 1967, même si elle a dû faire appel au courant National-Religieux pour réaliser cette colonisation. Elle était au pouvoir quand Barak et Clinton ont sommé Arafat de capituler. Et c’est encore un ministre travailliste qui est à l’origine de la construction du Mur de l’Apartheid. Le sionisme a gommé les différences idéologiques et il n’y a que des nuances entre ses courants. Même la gauche sioniste qui a signé les accords d’Oslo et l’initiative de Genève n’a jamais considéré les Palestiniens comme des égaux. Pour elle, il y a une priorité absolue : sauver le projet sioniste et elle exige des Palestiniens qu’ils se soumettent à cette exigence.

Un projet multiforme

Il est difficile de réduire le sionisme en le comparant à d’autres idéologies. Aujourd’hui Israël est incontestablement un pion avancé de l’Occident et de l’impérialisme américain au Moyen-Orient. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Plus de 60 ans après, les Palestiniens continuent de payer pour un crime qu’ils n’ont pas commis : l’antisémitisme européen et le génocide nazi. Mais en 1948, il y avait un consensus incluant l’URSS et ses satellites pour la création de l’Etat d’Israël et sa victoire militaire. Aujourd’hui, la direction israélienne, même si elle est très dépendante de l’énorme aide militaire et financière américaine, a une autonomie certaine. Aucun dirigeant américain, Obama compris, n’est en situation de s’opposer à une décision qui ferait consensus en Israël. Le pays est devenu un exportateur d’armes sophistiquées, de « villes sécurisées » et de divers produits utilisés par les armées, les polices et les milices. Il y a des conseillers militaires israéliens un peu partout et le gouvernement israélien joue un rôle actif (attesté par la guerre contre le Liban) pour le maintien des troupes occidentales en Irak et en Afghanistan ou pour déclencher une agression contre l’Iran. Il est fortement aidé par un courant millénariste et antisémite (les « Chrétiens Sionistes ») dont les fidèles ont déversé des milliards de dollars pour la colonisation. Bref, Israël est en mesure d’empêcher toute rupture avec l’idéologie du « choc des civilisations » et de la « guerre du bien contre le mal » si chère à l’ancien président Bush.

Le sionisme est bien sûr une forme de colonialisme. L’acquisition des terres dès la fin du XIXe siècle, l’expulsion progressive des Palestiniens, la confiscation du pays et de ses richesses, l’enfermement de la population indigène dans des camps, la séparation (Apartheid) rigoureuse entre les nouveaux arrivants et la population autochtone, tout ceci rappelle fort des phénomènes semblables à ce qu’a connu l’Algérie avec la colonisation française ou plus généralement l’Afrique. Mais le colonialisme sioniste a une grande spécificité. Sauf peut-être pendant une courte parenthèse entre 1970 et 1990, il ne vise pas à asservir le peuple autochtone en le transformant en peuple de travailleurs bon marché ayant pour seul avenir le statut d’auxiliaire du projet colonial. Le sionisme vise à expulser le peuple autochtone et à le remplacer. Les sionistes ont rêvé du crime parfait, celui réussi aux Etats-Unis ou en Australie où la population autochtone n’est plus en mesure d’exiger ses droits. Sur ce plan, les sionistes ont échoué.

Le sionisme a triomphé à cause du génocide nazi (en exploitant la mauvaise conscience occidentale) et il a toujours prétendu être LA réponse à la persécution séculaire des Juifs. Il y a là une propagande insidieuse et hélas efficace qu’il faut contrer. D’abord, pour les Juifs Orientaux venus du monde arabo-musulman, c’est exactement l’inverse. Il n’y a pas eu de persécution des Juifs avant l’avènement du sionisme. C’est essentiellement l’apparition de cette idéologie (née en Europe), l’appel de la direction sioniste à l’émigration des Juifs et l’expulsion des Palestiniens qui a rompu une cohabitation millénaire, certes loin d’être parfaite, mais en tout cas exempte des drames que les Juifs ont connus en Europe. Pour les Juifs européens, on est en plein paradoxe : le sionisme, minoritaire jusqu’à 1945, a partagé assez largement les mêmes thèmes que les antisémites. Il a affirmé que les Juifs ne peuvent ni s’émanciper, ni se mélanger, ni s’assimiler, qu’ils ne peuvent vivre qu’entre eux, que l’antisémitisme est inéluctable et qu’il est vain de vouloir le combattre, bref que la seule solution est la disparition des Juifs disséminés et leur regroupement en Israël.

L’Europe a été ravie de se débarrasser de la « question juive » (sur le dos du peuple palestinien). Il est symptomatique de constater l’absence des sionistes dans l’engagement massif des Juifs dans tous les combats émancipateurs du XXe siècle (résistances diverses, citoyenneté, mouvements révolutionnaires ou anticolonialistes …). Il est symptomatique de voir leur connivence avec des antisémites avérés pour favoriser le départ des Juifs vers le Proche-Orient et la création de leur Etat Juif.

Israël n’est pas un « havre de paix » pour les Juifs, il faut le dire avec force : la politique israélienne n’est pas seulement criminelle pour les Palestiniens, elle est aussi suicidaire pour les Juifs. Comment imaginer que les crimes incessants perpétués depuis des décennies seront sans conséquence ? Alors que les Juifs américains ou européens ne subissent aucune forme de discrimination, s’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il en sera ainsi tant que durera la tentative d’écraser la Palestine. La politique israélienne provoque dans le monde entier un « antiisraélisme » (pour reprendre une formule d’Edgar Morin) parfaitement justifié. Quand la propagande sioniste mélange sciemment et délibérément juif, sioniste et israélien, elle met en péril le « judaïsme » dans sa totalité, laïque ou religieux.

Comment le sionisme a inventé une nouvelle « identité » juive ?

Il n’y a pas de différence fondamentale entre le colon fanatique qui affirme que Dieu a donné cette terre au peuple juif et l’Israélien moyen, élevé avec le complexe de Massada, que l’on a dressé dans « la peur de ne plus avoir peur ». Tous sont le fruit d’une réécriture de l’histoire et d’une identité falsifiée.

Le sionisme n’est pas un nationalisme comme les autres. Il puise ses sources dans le terreau de l’explosion de tous les nationalismes européens, ceux qui propagent l’idée simple et incroyablement dangereuse : 1 peuple= 1 Etat. Il reprend les théories raciales en vigueur à l’époque (les Aryens, les Sémites …) aussi fausses que dangereuses en imaginant qu’il y a une race juive descendante des Hébreux.

Tous les nationalismes ont fabriqué des « histoires politiquement correctes ». L’enseignement en France a inventé des actes fondateurs (le sacre de Clovis, Roland de Roncevaux, le chêne de Saint-Louis, Jeanne d’Arc…) dans le but évident de donner une raison d’être à une certaine conception de la nation. Il n’y a pas si longtemps, on ne pouvait pas avoir son certificat d’études sans connaître toutes les dates des guerres contre l’ennemi héréditaire allemand.

Les sionistes ont été confrontés à la nature même des communautés juives dispersées. Une communauté de destin liée à la situation de minorité religieuse, mais des langues, des cultures et des situations sociales très différentes. Les sionistes ont fait une construction intellectuelle. Pour l’historien Shlomo Sand, ils ont inventé la notion de peuple juif. Cette idée fait débat dans l’Ujfp. Personnellement, elle me paraît pertinente.

Alors que dans l’Europe des années 1900, la croyance religieuse est en très forte diminution, les sionistes (même les non-croyants) reprennent comme vérité historique le récit biblique. S’il y a encore aujourd’hui des discussions de détail dans la communauté des archéologues et des historiens, il est avéré que l’épisode d’Abraham (l’arrivée des Hébreux depuis la Mésopotamie), celui de Moïse (une entrée puis une sortie d’Egypte), celui de Josué (la conquête sanglante de Canaan) et celui du royaume unifié de David et Salomon sont des légendes. À l’époque présumée de Salomon, Jérusalem était un village et les royaumes d’Israël et de Juda ont probablement toujours été des entités distinctes. On se trouve dans une situation ahurissante. Prenons l’exemple du créationnisme. Certes, cette croyance a un pouvoir de nuisance énorme. Ses adeptes parviennent à s’infiltrer un peu partout. Mais scientifiques ou dirigeants conviennent qu’il est impossible ou dangereux de mettre sur le même pied créationnisme et Darwinisme. Prenons l’exemple de l’Iliade et l’Odyssée. Ce texte est magnifique et fondateur, mais tout le monde sait que ce qu’il raconte est très largement légendaire. Dans le cas de la Bible, le texte est pris pour argent comptant. Il est enseigné comme une vérité dans les manuels scolaires. Il sert à justifier le nouveau royaume unifié (l’Etat d’Israël), l’expulsion des Palestiniens sur le mode de la conquête de Josué et la colonisation. Il est à la base du projet sioniste dans toutes ses versions, laïque ou religieuse. Pourtant il est avéré que ce texte est très largement légendaire.

Shlomo Sand va plus loin. Il explique qu’il n’y a pas eu d’exil et qu’il n’y a donc pas de retour. Bref, il met par terre tout ce qui est au centre du projet sioniste. Qu’on accepte ou non la notion de peuple juif, il rappelle une vérité largement connue des historiens : il n’y a pas eu d’exil. L’existence de communautés juives à Babylone, Alexandrie ou Rome est antérieure à la guerre menée par Titus. Ce n’est pas le peuple juif qui est parti avec la conquête romaine, ce sont les élites religieuses. Les Romains n’ont pas chassé les peuples qu’ils occupaient et ils n’avaient pas les moyens de déporter toute une population. C’est la religion qui s’est dispersée.

Pendant des siècles, le judaïsme a été prosélyte et en concurrence avec d’autres religions. Les descendants des Hébreux de l’Antiquité sont donc en grande partie les Palestiniens et les Juifs d’aujourd’hui sont assez largement les descendants de populations converties de l’Empire Romain. Si on peut parler de peuples séfarade, judéo-berbère, yiddish ou falasha (peuples qui étaient souvent en relation entre eux), selon Sand il n’y a pas de peuple juif. Cette construction intellectuelle a été le résultat de la persécution des Juifs d’Europe.

Les sionistes se sont acharnés à présenter la diaspora comme une parenthèse, alors qu’elle est l’essence du judaïsme. Ils se sont acharnés à détruire tout ce qui évoquait la diaspora. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu tuer le Juif, le cosmopolite, l’universel, le minoritaire luttant pour l’égalité des droits. Il a fallu détruire les langues, les cultures, les mémoires, les histoires et les identités juives. À la place, on a créé un peuple artificiel sans passé, militariste et colonialiste.

Tous les Israéliens, de gauche comme de droite, s’imaginent être les descendants d’une histoire illustre, unique, extraordinaire. Tous s’imaginent avoir survécu à une suite ininterrompue de persécutions, achevée avec le retour du peuple élu en terre promise. Belle histoire, mais c’est tout faux. On a appris aux Israéliens que personne n’aimait les Juifs, que tout le monde voulait les détruire, qu’ils ne pouvaient vivre qu’entre eux et qu’ils devaient tous venir en Israël. On les a élevés dans la peur de l’anéantissement et dans l’ignorance totale de « l’autre », le Palestinien assimilé aux pogromistes. Dans cette histoire-là, il n’y a pas de place pour deux peuples dans la région et la fuite en avant criminelle ne peut que continuer.

Il ne faut pas confondre sionisme et religion. Dans la conception juive religieuse, l’exil est symbolique, il ne suppose à aucun moment un quelconque « retour ». D’ailleurs au cours des siècles, les Juifs ont eu de nombreuses occasions d’émigrer en Palestine et ils ont en général fait d’autres choix. Il y a eu chez les religieux comme chez les laïques une réécriture rendue nécessaire pour justifier le projet sioniste et la colonisation.

Une rupture du « front intérieur » ?

Soutenir le peuple palestinien, c’est bien sûr lutter contre son étouffement (en particulier à Gaza) et son isolement. C’est aller là-bas pour témoigner et apporter une solidarité concrète. C’est populariser la cause palestinienne. C’est aider à renverser le rapport de force politique et militaire. C’est exiger de nos gouvernants et de l’Europe la fin de l’impunité de l’occupant. C’est exiger des sanctions politiques, économiques et culturelles contre Israël (et donc le boycott) tant que durera l’occupation. C’est exiger le désinvestissement, par exemple celui d’Alstom Véolia qui viole le droit international en construisant le tramway entre Jérusalem et la colonie de Pisgat Zeev. C’est affirmer la primauté du droit international et de l’égalité contre toutes les arguties qui visent à justifier l’injustifiable.

Pour l’instant, rien ne bouge. En Israël, la petite minorité anticolonialiste qui avait réussi à enclencher un mouvement de masse contre la première guerre du Liban (1982) n’arrive pas à remuer l’opinion. La société israélienne ne souffre pas des crimes commis en son nom. Certes, le libéralisme a entraîné une explosion de la pauvreté, mais la majorité des citoyens vit avec le train de vie des classes moyennes occidentales. Les Israéliens peuvent savoir sans problème ce que leur armée ou les colons font et ils s’en moquent. C’est le résultat de « l’homme juif nouveau » que les sionistes ont réussi à fabriquer. Les Israéliens se vivent en victimes, pas en bourreaux.

Le terrain de la lutte idéologique contre le sionisme a été en partie déserté et les Palestiniens en subissent les conséquences. On a trop facilement laissé les sionistes parler au nom du judaïsme et utiliser l’antisémitisme et le génocide comme bouclier. La société israélienne vit une forme de névrose ou de psychose collective. Rares sont celles et ceux qui s’attaquent à cette mise en condition de masse.

Parmi ceux qui participent (souvent consciemment) à la propagande israélienne, certains croient faire œuvre de philosémitisme en voulant interdire toute critique d’Israël ou en assimilant antisémitisme et antisionisme (voir Philippe Val, Alain Finkielkraut, BHL …). C’est tout aussi stupide que de croire (pour prendre l’exemple français) que pour soutenir les Pieds Noirs, il fallait soutenir l’OAS. En soutenant une politique criminelle et en laissant ses instigateurs parler au nom du judaïsme, on met en danger tous les Juifs et on fait acte d’antisémitisme.

Pour une paix juste fondée sur l’égalité des droits, il faudra une « rupture du front intérieur » en Israël et dans les « communautés juives organisées » à l’image de la rupture qui a accompagné la chute de l’Apartheid sud-africain quand la direction politique des Blancs a compris que cette rupture était obligatoire pour assurer le maintien sur place de la population blanche comme composante du peuple sud-africain. Pour l’instant on est loin d’un dépassement du sionisme ou d’une rupture, mais rien n’interdit une modification brutale du contexte.

Pierre Stambul
9 novembre 2008
Pourquoi la paix au Proche-orient est-elle si difficile ?
Le sionisme est-il un obstacle à une paix juste ?
Intervention de Pierre Stambul, membre du Bureau National de l’UJFP à Rochefort Samson (Drôme) le 9 novembre 2008.
Publié par UJPF.

Maudite soit la guerre

Revue de presse française, NouvelObs
MIDI LIBRE
Objet de la guerre de tranchée verbale : le nombre trop important (12) de commémorations. Excès de "communautarisme", multiplication des journées de repentance pour "satisfaire des groupes de victime" pour les uns et "concurrence néfaste des mémoires" pour les autres. Pas de drapeau blanc sur le front des petites phrases. Initier le débat, susciter la réflexion avec des morts tombés pour la France réduirait à donner des échelles de valeurs inacceptables. La mémoire d'un poilu vaut-elle davantage que celle d'un Français pris dans le piège indochinois ? Les familles qui se souviennent de Diên Biên Phu tous les 8 juin le penseront. Les Harkis aussi le 25 septembre. Et les rapatriés également le 5 décembre. Pour eux, il n'y a pas de petite guerre, ni de grande guerre. Il y a des morts. Revenir en arrière et caler nos commémorations sur trois dates comme le préconise le rapport de l'historien André Kaspi apparaît désormais inconcevable. Politiquement trop dangereux.

Yahoo! Actualités :
Première Guerre mondiale
Afghanistan
Irak
Israël-Palestine

Que maudite soit la guerre
Monument aux morts d’Equeurdreville (Manche)

La Bataille socialiste


20 avril 1915 : les “fusillés pour l'exemple” étaient des ouvriers maçons de la CGT, Libération
Les fusillés pour l'exemple de Flirey s'ajoutent à ceux de Vingré, Fontenoy, Fleury, Mouilly, Montauville... En quatre ans, 2.400 poilus auront été condamnés à mort et 600 exécutés, les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés.


11 novembre : le sacrifice oublié des « poilus d’Orient », Le Courrier des Balkans
Alors que les commémorations des 90 ans de l’armistice de la Première Guerre mondiale battent leur plein en Europe, tout le monde semble avoir oublié l’histoire et le sacrifice des « poilus d’Orient ». En septembre 1918, alors qu’à l’Ouest on s’épuise dans d’inutiles sacrifices, les forces françaises et serbes enfoncent le front de Salonique et défont les armées bulgare, turque, autrichienne et hongroise. Retour sur l’histoire peu connue de l’armée d’Orient, surnommée avec mépris celle des « Jardiniers de Salonique ».


Le champ de bataille des historiens, La vie des idées
Quatre-vingt-dix ans après, que dire de neuf sur la Grande Guerre ? Jean-Yves Le Naour revient sur les conflits d’interprétation qui divisent les historiens. Consentement ou contrainte, culture ou pratiques, histoire ou mémoire : la guerre de 14-18 est loin d’être terminée !


La Guerre 14-18 : La couleur des larmes - Les peintres devant la Première Guerre mondiale, Art
La Grande Guerre a duré quatre ans. Elle a provoqué la mort de huit millions d'hommes. Elle a déterminé l'effondrement de trois empires, à Berlin, à Vienne et à Moscou. Elle a ruiné des provinces sur les fronts occidental et oriental. Elle a été la première guerre industrielle, celle des inventions techniques incessantes, des productions massives, des mobilisations générales de toutes les ressources humaines, économiques, mécaniques. Ses victimes étaient de toutes nationalités et de toutes origines, d'Europe, d'Amérique du Nord, des nations du Commonwealth et des peuples colonisés, en Inde, en Indochine, en Afrique. Elle s'est faite partout, sur terre et sous terre, sur l'eau et sous l'eau, dans les airs. Elle s'est faite par tous les moyens, des charges de cavalerie aux corps à corps des tranchées, des bombardements aux chars d'assaut, des gaz au phosphore. Le guerrier n'y a plus guère été que le serviteur et la victime de la machine.


Nouvel album de Jean-Pierre Gibrat sur la guerre de 14-18, Bakchich
Le dessinateur Jean-Pierre Gibrat fête à sa manière les 90 ans de la guerre de 14-18 avec un album saisissant, « Mattéo ». Une nouvelle série sur les conflits du XXème siècle.


KOSSYREV Dmitri, L'Armistice de 1918 comme prémisse de la Seconde Guerre mondiale, RIA Novosti
C'est qu'à l'heure actuelle, les principales puissances mondiales font précisément ce qu'elles ont fait après 1918. Elles sont en train de créer un nouveau système global de gestion des relations internationales. Il est clair que les années qui ont suivi l'année 1991 étaient du temps perdu. Si à l'époque de la guerre froide, la gestion du monde était plus ou moins contrôlée (grâce à la peur ainsi qu'aux accords entre les Etats-Unis et l'URSS qui étaient respectés), aujourd'hui, il semble être complètement chaotique, et les Nations unies n'y peuvent rien. En voici seulement deux exemples. Les Américains ont formé les Talibans pour qu'ils affaiblissent l'URSS en Afghanistan. Par la suite, les Talibans ont retourné leur colère contre leurs anciens maîtres, ce qui s'est achevé par le 11 septembre 2001. Dans le même objectif, les Américains ont préparé le régime de Saakachvili en Géorgie, mais ce dernier leur a joué un sale tour en attaquant l'Ossétie du Sud les 7 et 8 août dernier. Dans les deux cas, les deux grandes puissances étaient incapables de faire quoi que ce soit pour remédier à ce genre de situation.


Retrait d'Irak : Washington capitule, Cyberpresse
Dans les jours qui ont suivi les élections du 4 novembre, les États-Unis ont perdu la guerre d'Irak.
La défaite n'est pas militaire, elle est politique : face au durcissement du premier ministre Nouri al-Maliki, Washington a dû accepter de retirer toutes ses troupes d'Irak en 2011, de les voir tomber sous les lois irakiennes, et de n'y laisser aucune force après 2011, même pas pour former les Irakiens.

La guerre en Afghanistan

L'Otan n'en finit pas d'essuyer des pertes en Afghanistan : deux soldats espagnols sont morts, Euronews - Yahoo! Actualités
Deux soldats espagnols ont été tués ce dimanche dans un attentat-suicide dans l'ouest du pays Quatre autres ont été blessés, dont un gravement. Ils appartenaient à la brigade légère aéroporté basé en Galice. Leur véhicule faisait partie d'un convoi.
[...]
Depuis le renversement des talibans fin 2001, plus de 1000 militaires étrangers ont perdu la vie sur le sol afghan.




Une enquête US confirme la mort de 37 civils en Afghanistan, Reuters - Yahoo! Actualités
Une enquête menée conjointement par les armées afghane et américaine a conclu que 37 civils afghans avaient été tués et 35 autres blessés, lundi, lors d'un raid aérien contre un village utilisé par des activistes taliban pour tendre une embuscade, annonce l'armée américaine.

Commentaires : Les médias dominants nomment toujours "activistes" ou "insurgés" les résistants afghans.
Comme en Algérie, les occupants reportent la responsabilité de leurs attaques contre la population sur les résistants : «L'armée américaine et l'Otan accusent les taliban de lancer délibérément des attaques dans des zones habitées afin de provoquer des ripostes de la coalition meurtrières pour la population.»

L'administration Obama (1)

Après son élection le 4 novembre 2008 et avant sa prise de fonction le 20 janvier 2009, l'acte politique le plus important d'Obama sera la nomination de tous les membres de son administration.

On ne connaît aujourd'hui que les noms de Rahm Emanuel (chef de cabinet) et de Stephanie Cutter (porte-parole).


M. Obama, le Proche-Orient et Rahm Emanuel, Les blogs du Diplo
Premiers frémissements significatifs, Dedefensa
Le principal d’entre eux [faits négatifs] est la nomination de Rahn Emanuel comme chef de cabinet d’Obama à la Maison-Blanche; Emanuel, ancien citoyen israélien, ancien combattant des forces israéliennes, mais aussi politicien brutal de la vie washingtonienne, – largement documenté partout dans la presse alternative, notamment sur CounterPunch, par Alexander Cockburn le 7 novembre.

Rahm Emanuel & Barack Obama

Source : Newsday

Lire aussi :
Google Actualités
Yahoo! Actualités

Le processus de nomination semble bloqué.

Obama: Pas de nominations cette semaine, JDD
Barack Obama ne prévoit pas d'annoncer dès cette semaine le nom de certains membres de son administration, a déclaré lundi Stephanie Cutter, porte-parole du président élu américain. "Pas d'annonces sur le cabinet cette semaine", a-t-elle déclaré à Reuters. Barack Obama avait indiqué vendredi dernier, lors de sa première conférence de presse depuis son élection, qu'il prévoyait de nommer prochainement certains membres de son équipe.


Alors les médias spéculent...

Le choix du futur secrétaire d'État au Trésor, Reuters - Yahoo! Actualités
Parmi les noms qui ont déjà circulé pour le poste, on trouve notamment ceux de Lawrence Summers, qui l'a déjà occupé sous l'ère Clinton, de Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale et de Timothy Geithner, président de la Réserve fédérale de New York.

"Il faut quelqu'un qui a déjà connu une telle situation de crise, qui est capable de trouver des solutions pour en sortir tout en limitant les dégâts sur l'économie réelle", a souligné Lincoln Anderson, économiste chez LPL Financial.


... spéculent jusqu'à l'absurde.

L’équipe d’Obama du CFR, Mondialisation
Rencontrez quelques conseilleurs du Président-élu, Obama pour la politique étrangère et intérieure, ainsi que les membres probables de son cabinet, chacun d’eux est un membre imminent du Council on Foreign Relations.

10 novembre 2008

Obamania : basta !

« Historique », « révolution », « changement », « espoir » : la vague de superlatifs enthousiastes qui accueillent depuis quelques heures la victoire de Barack Obama s’apparente à un tsunami charriant toute objection sur son passage, où se mélangent naïveté et cynisme, propagande et approximations, incohérences et stéréotypes.

Bon, d’accord, Obama est noir, il est jeune, il est beau, il est intelligent, il a une voix de crooner et il a promis le changement. Et alors ?



Désolé de nager contre ce tsunami, mais je voudrais simplement poser douze questions :

1 – Obama va-t-il retirer les troupes qui occupent l’Irak ?
2 – Obama va-t-il retirer les troupes qui occupent l’Afghanistan et attaquent le Pakistan ?
3 – Obama va-t-il ratifier le protocole de Kyoto ?
4 – Obama va-t-il ratifier le traité instituant la Cour pénale internationale ?
5 – Obama va-t-il lever le blocus imposé à Cuba ?
6 – Obama va-t-il normaliser les relations avec le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur ?
7 – Obama va-t-il cesser de soutenir politiquement, militairement, policièrement, financièrement et diplomatiquement le président félon colombien Uribe ?
8 – Obama va-t-il fermer une seule des 1000 bases militaires US installées en dehors du territoire US ?
9 – Obama va-t-il annuler le scandaleux « plan de sauvetage » de 700 milliards à des requins de la finance ?
10 – Obama va-t-il diminuer les impôts ?
11 – Obama va-t-il instaurer un système d’assurance-maladie accessible à tous les citoyens US ?
12 – Obama va-t-il mettre un terme au soutien inconditionnel apporté à Israël ?

Excusez-moi d’avoir refroidi votre enthousiasme et bonne journée.

PS : la palme du meilleur cocktail de poncifs et de platitudes revient, comme il se doit à Laurent Joffrin, le directeur social-libéral du quotidien rotschildien Libération. Je ne résiste pas à l’envie de reproduire son éditorial. Un véritable concentré de « pensée » unique en 3184 signes.

Fausto Giudice
5/11/2008
Publié par Basta ! - Tlaxcala.

L'effet Hu Jintao pour l'économie américaine

Conversation téléphonique entre Hu Jintao et Obama, Xinhua - Le Quotidien du Peuple en ligne
Il a souligné que depuis l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les Etats-Unis il y a 30 ans, les relations entre les deux parties n'ont cessés d'avancer en dépit de certains revers, ce qui leur a apporté des bénéfices tangibles.

En tant que le plus grand pays en développement et le pays le plus développé, la Chine et les Etats-Unis partagent de larges intérêts communs dans des problèmes concernant la paix et le développement du monde, et tous les deux pays assurment une importante responsabilité à cet égard, a indiqué le président chinois.

Il a affirmé que la Chine est prête à matinenir les échanges à haut niveau et les contacts à tous les niveaux avec les Etats-Unis, à continuer le dialogue stratégique, à élargir les échanges et la coopération entre les deux pays dans tous les domaines et renforcer les échanges d'opinions et la coordination sur les problèmes internationaux et régionaux essentiels.

Les deux pays doivent se respecter mutuellement, s'accommoder au souci d'autrui, et régler convenablement les problèmes sensibles, notamment celui de Taiwan, afin de porter les relations de coopération constructive sino-américaine à un niveau plus élevé, a dit le président Hu Jintao.

[...]

Il a déclaré que la Chine attache une grande importance au sommet de Washington prévu le 15 novembre et est prête à discuter, avec les autres pays participant à ce sommet, des mesures efficaces pour rétablir au plus tôt la confiance du marché, empêcher la prolifération de la crise financière, réduire son impact sur les économies réelles et éviter une récession économique globale.

La crise financière a montré beaucoup de points faibles du système financier mondial, a poursuivi le président chinois, la communauté internationale doit tirer les leçons de cette crise et adopter les réformes nécessaires sur le système financier global, sur la base des consultations entre toutes les parties intéressées.

Le président chinois a souligné qu'il faut notamment étudier les moyens de renforcer la supervision financière internationale, et d'améliorer le système des institutions financières internationales et du système monétaire international.




Wall Street en nette hausse grâce au plan de relance chinois, AFP - Google
"Dans le monde entier, les investisseurs saluent le plan de relance de 586 milliards de dollars annoncé par la Chine, qui pour de nombreux intervenants va soutenir la demande de matières premières malgré les craintes de récession mondiale", ont relevé les analystes de Schaeffers.

La Chine a annoncé dimanche un plan de relance budgétaire de 4.000 milliards de yuans (586 milliards de dollars) jusqu'à la fin 2010, visant à stimuler la demande intérieure pour parer au ralentissement de sa croissance et à la stagnation de ses exportations provoqués par la crise financière mondiale.


Le plan de relance chinois et la coopération du G20 salués par les marchés, AFP - Yahoo! Actualités
Les marchés ont été ragaillardis lundi par le plan de relance économique massif de la Chine et la coopération naissante entre pays émergents et avancés face à la crise financière, à quelques jours du sommet du G20 à Washington sur la réforme du système financier mondial.


Face à la crise, le Big Deal de Pékin, RFI
Le gouvernement chinois a annoncé, dimanche 9 novembre 2008, un plan de relance de 455 milliards d’euros sur les deux prochaines années pour soutenir son économie. L’objectif est de dynamiser la consommation intérieure pour compenser la chute des exportations. L’essentiel de cet argent public sera consacré à des grands travaux d’infrastructures et à des politiques sociales. Les Bourses asiatiques et européennes ont accueilli favorablement cette annonce.


La Chine est sur tous les fronts :
• La Chine et la Russie souhaitent plus de coopération régionale, Xinhua - China Internet Information Center
• Le ministre chinois de la Défense visite les Emirats, Oman, Bahrein et le Qatar, Xinhua - Le Quotidien du Peuple
• Les trains de fabrication chinoise roulent pour la première fois en Amérique du Sud, Le Quotidien du Peuple

L’agression géorgienne du 7 août 2008

Le site WSWS.org, commentant un article du New York Times du 7 novembre, expose le 8 novembre des développements intéressants concernant la crise géorgienne d’août dernier. Ces développements peuvent également concerner les relations des USA avec la Russie, avec l'arrivée de l'administration Obama.

Au départ, il y a un rapport de l’OSCE, objet de l’article du NYT, qui conclut à la responsabilité complète de la Géorgie dans le conflit du 7 août dernier. Ironie sympathique, un qualificatif employé par la catéchisme américaniste, et d'ailleurs repris par les obligeants Européens, pour caractériser la “riposte” russe dans cette crise (“disproportionné” ou “disproportionate”), est employé dans ce cas pour caractériser l’agression de là Géorgie. Le NYT épouse complètement les conclusions du rapport de l’OSCE, dans cet article placé pour qu’il soit vu et lu, en première page du quotidien.

[...]


Source : RFI


Plusieurs points peuvent être observés à la suite de tous ces développements.

• Si l'on accepte la thèse de WSWS.org, ce que l'attitude du NYT semble effectivement pousser à faire, on observerait que la nouvelle équipe Obama semble déjà prendre la mesure des capacités US dans les circonstances présentes, avec le constat que les USA ne peuvent rien faire en Europe s’ils veulent maintenir leur position, voire augmenter celles-ci en Afghanistan. C’est la reconnaissance des limites désormais bien marquées de la puissance US, à la suite des guerres en Irak et en Afghanistan, et des diverses autres activités du genre, du désordre budgétaire du Pentagone et de la crise financière et économique.

• Il apparaît assez probable que cette réévaluation était déjà en cours avant l’élection d’Obama, et qu’elle était faite en coordination avec l’actuelle administration, pour faciliter la transition et le changement de politique. Il y a manifestement un marché qui apparaît entre l’équipe Obama et l’administration Bush, la seconde préparant certaines dispositions politiques et stratégiques pour faciliter certaines mesures de restrictions dans la politique d’engagement US. En échange, il semblerait qu’Obama s’engage à ne pas faire trop d’ombre aux dernières semaines de représentation de GW Bush, par exemple en acceptant de ne pas être présent au sommet du G-20 sur la crise financière du 15 novembre 2008 à Washington. Bush pourra au moins conserver l’illusion d’avoir servi à quelque chose jusqu’au bout. C’est bon pour le moral.

• La démonstration semble faite qu’une attitude ferme et se démarquant clairement des réactions extatiques du reste du monde au moment de l’élection d’Obama est payante. Les Russes ont accueilli cette élection avec froideur et l’annonce de mesures militaires peu engageantes selon le point de vue US (annonce du déploiement de missiles Iksander à Kaliningrad). Résultat: les USA semblent conduits à lâcher du lest sur la Géorgie et sur les relations avec la Russie, y compris éventuellement le système BMDE. La démonstration serait ainsi complète.

Publié par Dedefensa le 8 novembre 2008.
Lire aussi : Revue de presse Géorgie-Adjarie-Abkhazie-Ossétie 2008, Monde en Question.

9 novembre 2008

Une nouvelle configuration de l’ordre international

Et l’Amérique latine dans la crise ?, Géopolitique
Dans le tourbillon des mauvaises nouvelles qui ont retenu l’attention des médias en France et en Europe, peu d’échos nous sont parvenus d’Amérique latine. Or, l’évolution du continent reflète des changements géopolitiques majeurs liés naturellement aux glissements de terrain que l’on observe sur le plan économique.


La Chine a publié son premier document sur sa politique vis-à-vis de l'Amérique latine et des Caraïbes, Xinhua - Le Quotidien du Peuple
Yang Jiechi, le ministre chinois des Affaires étrangères, a indiqué mercredi qu'il s'agissait d'une importante affirmation diplomatique montrant que la Chine attache une grande importance à ses relations avec ces régions.


La Chine en Amérique latine, Perspectives chinoises
Pendant un demi-siècle la République populaire de Chine n’a porté qu’un intérêt limité à l’Amérique latine, une région où les Etats-Unis exerçaient une véritable hégémonie politique et économique. Cette époque d’indifférence est révolue. Depuis cinq ans, la Chine multiplie les investissements du Rio Grande à la Terre de feu et figure désormais parmi les premiers partenaires commerciaux du Brésil, de l’Argentine et du Chili. Cette présence suscite toutefois inquiétudes et interrogations tant en Amérique latine qu’aux Etats-Unis peu enthousiastes à l’idée de voir Pékin s’immiscer dans cette région. La Chine se heurte aussi aux ambitions de l’Inde, également préoccupée par son approvisionnement en matières premières.


La crise économique : causes et effets, RIA Novosti
A l'heure actuelle, les experts économiques cherchent fiévreusement une réponse à la question de savoir quel pays sera le moins touché par cette tempête économique, mais aussi quelle économie constituera un "havre de paix" pour les investisseurs. L'Extrême-Orient avec la Chine en tant que leader régional ont été les premiers candidats à ce rôle.

En effet, pourquoi pas ? Il y a un an, on prédisait que la Chine pourrait jouer le rôle de nouveau centre mondial, et le yuan chinois devrait devenir, dans les 30 années à venir, au moins la troisième monnaie mondiale après le dollar et l'euro. Au cours de ces vingt dernières années, l'économie de "l'Empire Céleste" croissait à raison de 10% par an; cette région recèle 80% du potentiel mondial de production. A la fin de l'année dernière, cinq "blue chips" chinois et seulement trois entreprises américaines faisaient partie du Top-10 des compagnies ayant le niveau de capitalisation le plus élevé. Enfin, Jim Rogers et Warren Buffet, des hommes parmi les plus riches du monde, ont converti en yuans et en actions de compagnies chinoises les actifs en dollars qu'ils détiennent.

[...]

L'Asie s'est révélée mal préparée à devenir un débouché de réserve, qui s'avère tellement important lorsqu'une crise financière risque de dégrader la capacité d'achat des habitants du Vieux et du Nouveau monde. La population pauvre de la Chine et de l'Inde n'est tout simplement pas prête à consommer. Au début du XXIe siècle, les dirigeants chinois ont déployé de grands efforts en vue d'accroître les échanges commerciaux de détail à l'intérieur du pays. Il leur a fallu augmenter les salaires ainsi que la masse monétaire. Mais la population a consacré la plupart de ces sommes supplémentaires à faire des économies et non à consommer. Selon certaines estimations, la croissance des dépôts bancaires dans le pays dépasse non seulement celle des échanges commerciaux, mais également celle de la masse monétaire. La majorité des Chinois économisent pour s'assurer une vieillesse sécurisée, pour payer l'éducation de leurs enfants et les soins médicaux, et 70% du PIB chinois sont réalisés en dehors du pays.


Opep : une nouvelle baisse de la production envisagée si le baril reste sous les 70 dollars, AFP - Google
"Nous avons toujours dit que notre objectif c'est un baril entre 70 et 90 dollars. Si le baril n'atteint pas ce niveau il y aura probablement une autre réduction. Mais il faut un consensus entre douze membres (de l'Opep). Et chacun à des intérêts", a dit M. Khelil au cours d'une conférence-débat à Alger au forum du quotidien gouvernemental El Moudjahid.
[...]
Pour M. Khelil, les pays industrialisés sont entrés "en phase de récession en raison de la crise financière qui les affaiblit et qui devrait se poursuivre en 2009", entraînant "une forte contraction de la demande pétrolière" et obligeant l'Opep à "ajuster sa production".
[...]
Mais "ne comptez pas sur nous pour vous renflouer parce que nous sommes pour la plupart des pays pauvres. Nous ne pouvons pas sortir (les autres pays) de la crise", avait prévenu le 28 octobre Abdallah el-Badri, secrétaire général de l'Opep au cours d'une conférence à Londres.


Golfe arabo-persique : Les pétromonarchies arabes face à un triple péril, René Naba
Première partie :
Le G20, une nouvelle configuration de l’ordre international.
L’anglosphère Wasp (white anglo saxon protestant) ne constitue plus le centre de l’Amérique, pas plus que les Etats-Unis ne constituent plus désormais le centre de l’Occident, ni l’Occident, le centre du monde.
Deuxième partie :
I - les pétromonarchies : Une préfiguration futuriste des cités marchandes de l’avenir, rivaux contemporains de Hong-Kong et de Monte Carlo.
II- Le péril démographique: Abou Dhabi et Doubaï, les deux plus jolies villes indiennes du Monde.
Troisième partie :
III- Le péril militaire : la présence militaire américaine, un paratonnerre ou un détonateur ?
IV - Le péril domestique : les frasques monarchiques, une gangrène qui sape les assises du pouvoir pétromonarchique.


Brésil, Russie, Inde et Chine

Source : Wikimedia


Les pays du G20 réclament une "nouvelle architecture mondiale", Le Monde - Yahoo! Actualités
"Nous avons besoin d'une nouvelle gouvernance, plus ouverte et participative", a déclaré le président brésilien qui a réclamé une "plus grande participation" des pays émergents dans la gouvernance économique. Il a souligné que "l'heure était venue de conclure un pacte entre les gouvernements pour une nouvelle architecture mondiale, capable de promouvoir la sécurité et le développement de tous sur un pied d'égalité".


Lula veut réformer finance mondiale lors du sommet du G20, Reuters - Yahoo! Actualités - AFP - Yahoo! Actualités
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva réclame une refonte du système financier international qui "s'est effondré comme un château de cartes" lors de la crise du crédit, et il affirme que les pays émergents devaient avoir davantage la parole dans la prise des décisions importantes.

L'ancien dirigeant syndical a souligné que des millions de personnes risquaient de perdre leur emploi et que la pauvreté risquait de s'accroître dans de nombreuses économies émergentes.

"Cette crise a débuté dans les économies développées", a souligné Lula. "Elle est la conséquence d'une foi aveugle dans la capacité des marchés à s'autoréguler et, dans une large mesure, au manque de contrôle sur les acteurs financiers."

Réuni la veille à Sao Paulo, le groupe dit des "BRIC" - Brésil, Russie, Inde et Chine - avait adopté pour la première fois une position commune en réclamant une réforme des institutions comme le Fonds monétaire international afin de prendre en compte leur place grandissante dans l'économie mondiale.

Des géants de l'exportation tels que la Chine et les Etats pétroliers du Golfe ont amassé des centaines de milliards de dollars de réserves qui pourraient aider le FMI à soutenir des pays plus petits à surmonter la crise qui a ébranlé les marchés financiers et leurs monnaies.


G20 :
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De nouvelles frontières se dessinent

L'Amérique décline-t-elle ?

La crise financière que traverse le monde incite très naturellement à s’interroger sur l’avenir de la puissance américaine puisque c’est au fond son modèle financier qui est durement attaqué et donc remis en cause. L'heure du déclin américain a-t-elle sonné ?

[...]

Sur le plan matériel, la puissance américaine connaît une impressionnante stabilité. En PPP (parité de pouvoir d’achat), le PNB américain représente 19 % du PNB mondial en 2008 contre 21,2 % en 1980. Or, pendant la même période, la part de la Chine est passée de 3,2 % à 16,6 %. Ce qui veut dire que matériellement la montée en puissance matérielle de la Chine affecte peu la puissance américaine. Elle affecte nettement plus l’Europe, dont le poids est passé de 29 % à 20 %, et bien évidemment tout le monde non asiatique (Amérique latine, Afrique). On est donc dans une logique de multipolarisation économique lente, que l’on retrouve à l’OMC. Là on est passé d’un monopole euro-américain (au sein du GATT) à une multipolarité complexe où, selon les sujets, les pôles dominants ne sont pas forcément les mêmes mais où, en tout état de cause, aucun pays ou groupe de pays ne peut plus imposer sa loi.

[...]

Le caractère relativement apaisé de la compétition mondiale n'est pas exempt de réels déséquilibres. Mais ceux-ci ont un caractère fonctionnel. Prenons l’exemple du déficit courant américain qui atteint 5,5 % du PNB contre 1,6 % en 1996. On y a vu très souvent la marque d’un pays vivant au-dessus de ses moyens puisque consommant plus qu’il ne produit. On y a vu aussi la marque d’un processus intenable à long terme, qui obligerait un jour les États-Unis à s’ajuster comme un membre ordinaire du FMI. Or cet ajustement que l’on dit inévitable et qui, s’il se produisait, exposerait les États-Unis à un recul indiscutable, n’a toujours pas eu lieu. Non seulement il n’a pas eu lieu mais il n’a, pour le moment, aucune raison d’avoir lieu. À cela il y a une raison simple : le monde regorge d’épargne. Or les flux de cette épargne défient toutes les règles de l’économie classique. Au lieu d’aller des pays riches vers les pays pauvres ou émergents, où la rentabilité du capital est en théorie plus forte, ils se dirigent vers le pays le plus puissant du monde. Pourquoi ? Parce que les États-Unis sont un vaste marché où les opportunités sont considérables, où les garanties juridiques apportées à la création de valeurs ne sont pas moins grandes et où tous les facteurs économiques favorables à la création et à l’innovation sont renforcés par la croyance en la puissance politico-stratégique des États-Unis. Ces derniers sont donc à la fois un grand marché et une grande puissance et ces deux facteurs se renforcent mutuellement. Ils se renforcent aux yeux des investisseurs privés mais également des investisseurs publics, et en particulier des États étrangers qui placent leurs excédents en bons du Trésor américain. Le paradoxe est que cette confiance en l’Amérique est très largement déconnectée de l’image politique des États-Unis.

[...]

Mais les statistiques n’expliquent pas tout. S’y ajoute un élément essentiel : la disponibilité économique et politique des deux grands bailleurs de fonds de l’Amérique, le Japon et la Chine, à accepter ce schéma. Or rien ne semble indiquer son altération rapide ou radicale. Le Japon a un intérêt stratégique vital à la stabilité des États-Unis pour recycler ses excédents colossaux et sa forte propension à l’épargne et pour garantir sa sécurité. Et ce n’est pas le fait d’être devenu le premier pays au monde où l’âge moyen atteint désormais 40 ans qui incitera Tokyo à prendre des risques politiques ou stratégiques nouveaux.


Source : Betapolitique


Quant à la Chine, elle a fait de sa croissance par les exportations le moteur de son développement. Ce modèle la rend naturellement vulnérable au ralentissement de la croissance mondiale et au protectionnisme. Mais en même temps, il lui permet de garder le contrôle sur le fonctionnement interne de son système économique et financier. Le paradoxe ici est que la puissance américaine repose moins sur la conversion du reste du monde à son modèle économique et financier qu’à l'existence d'immenses pays entretenant un rapport très différent des États-Unis à l'épargne (Japon) ou à la croissance (Chine). Le fait que les Chinois et les Japonais soient de « grandes fourmis » convient à une Amérique qui serait une grande cigale. La cigale américaine a besoin des fourmis asiatiques, mais celle-ci ont terriblement besoin d'elle. Ce qui nous ramène à la question de la multipolarité et de ses conséquences politiques. Structurellement la multipolarité, comprise au sens d’une répartition plus large de la puissance, est d’ores et déjà à l’œuvre. Et tout porte à penser qu’elle ne peut que s’intensifier. La vraie question est cependant de savoir quelles seront les conséquences politiques de cette redistribution. Et là, rien n’est acquis.

[...]

Restent les cas de la Chine et de la Russie. Ces deux pays ont un point commun : ils ont du monde une vision stratégique de ses enjeux et souhaitent y contribuer en utilisant tous les instruments classiques de la puissance. Mais ce pouvoir intentionnel n’en fait pas des challengers irréductibles des États-Unis. La Chine par exemple cherche à s’affirmer sur le plan politique mondial, mais elle n’est pas stratégiquement mue par le besoin de contrecarrer ou d’affaiblir systématiquement la puissance américaine. Sa priorité est de sécuriser son territoire, son accès aux ressources énergétiques et au marché américain. Or, en dehors des questions de Taïwan et du Tibet qui sont à ses yeux politiquement non négociables, aucun de ces objectifs n’implique aux yeux de Pékin une confrontation directe avec les États-Unis. En matière économique et financière, on sent plus une Chine conservatrice qu’une Chine révolutionnaire décidée à tirer profit de la situation pour contrecarrer les États-Unis. La Chine a besoin de stabilité et tant que les États-Unis pourront y pourvoir elle n'a aucune raison de vouloir y faire obstacle.

Zaki LAÏDI
04 novembre 2008
Publié par Telos.

Les frontières géostratégiques mondiales se radicalisent

Constat inquiétant : depuis deux mois, nous assistons à une accélération des positionnements géostratégiques, des déploiements militaires, des alliances énergétiques. Une carte bipolaire se dessine nettement, et les pays qui s’y positionnent semblent placer leurs derniers pions. Jamais, dans l’histoire du monde, des engagements ne se sont conclus si rapidement.

Une géostratégie de l’énergie

Lors de la seconde invasion de l’Irak, les Etats-Unis, en dépit de toutes les « preuves » qu’ils avaient présentées pour justifier leur intervention, n’ont rien trouvé d’autre qu’un petit Saddam Hussein et un grand gisement de pétrole. Loin de faire profil bas, loin de s’expliquer sur la légitimité des preuves, non seulement l’ingérant s’installe, non seulement il demande l’aide internationale, après avoir court-circuité sa plus haute instance, l’ONU, mais il montre son appétit pour le voisin, l’Iran, dont le gisement de pétrole n’a rien à envier au premier. Et de venir brandir le même type de preuves, et de venir crier au loup à nouveau. Mais l’affaire est plus corsée, l’Iran n’est pas sans relation.

L’Iran a en effet signé avec la Russie, le 27 février 2005, la mise en route de la première centrale nucléaire, à vocation civile, début d’un programme énergétique, réaffirmé le 17 octobre 2007, pour lequel Poutine n’entend pas recevoir de leçons des Etats-Unis. La Russie a par ailleurs souhaité étendre ce type de programme à d’autres pays. L’Iran est aussi engagé dans la constitution d’un Cartel, avec la Russie et le Qatar, qui détiendrait le monopole mondial du gaz. Déjà en 2004, l’Iran avait confié l’exploitation de son gaz à la Chine, qui devient dès lors son premier client, rendant tout boycott commercial international dérisoire. En outre, la Chine, dont on connaît les besoins grandissants en pétrole, s’est déjà assuré 15 % de son approvisionnement en Iran.

La crise récente en Géorgie a montré la sensibilité du problème énergétique. La Russie, qui voit l’Otan comme une coalition contre ses intérêts, veut empêcher la Géorgie d’y entrer et renforcer sa présence dans cette région, véritable zone de transit énergétique. La Russie, ayant la mainmise sur ce pays, pourrait ouvrir une liaison avec le Proche-Orient et l’Iran. Le Caucase est une région riche en enjeux énergétiques, notamment en Azerbaïdjan, le Dubaï de la Caspienne, lié directement à l’Occident par un pipeline. Point d’intérêt central des Etats-Unis et de la Russie, empoisonné par le vieux conflit du Haut-Karabakh, qui n’est pas sans rappeler celui de l’Ossétie, en rivalité avec son voisin, l’Arménie (disposant de bases russes), le pays vient d’assister à la démonstration de force de Moscou en Géorgie et préfère adopter un profil bas en privilégiant les négociations sur fond d’achat d’armement israélien. Peut-être un second conflit du Caucase en vue, même si un pacte de stabilité est en cours d’élaboration.

Dans l’optique d’une crise majeure, la Russie et la Chine viennent de signer, pour alléger leur dépendance aux incertitudes mondiales, une série d’accords : en premier lieu sous forme d’un échange de pétrole russe contre un financement chinois de 25 milliards de dollars des réseaux d’oléoducs russes, ensuite sous forme de construction d’un oléoduc direct Sibérie-Chine, enfin sous forme d’un projet de coopération nucléaire. Ce partenariat enterre la désuète guerre froide qui pouvait encore subsister entre les deux pays, et annonce leur rapprochement par le biais de l’OCS, ou groupe de Shanghai, qui met les bouchées doubles pour mettre en place une indépendance énergétique régionale, fort de ses pays membres, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, la Russie, Tadjikistan, ainsi que de ses pays observateurs, l’Iran, l’Inde et le Pakistan. Selon une source russe, l’Iran pourrait être admise très prochainement à l’OCS.

Le spectre de l’abysse financier

Les organisations se concertent. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, lors du conseil du groupe de Shanghai à Astana, a déclaré le 30 octobre : « La crise mondiale va s’amplifier, c’est pourquoi nous devons agir en nous concertant, notamment en renforçant le contrôle des finances ». D’après la Chine, « l’économie mondiale est sur le point de s’effondrer ». Lors de leur rencontre, Vladimir Poutine et Wen Jiabao ont même envisagé de « renoncer au dollar dans les transactions commerciales entre les deux pays ».

Devant le refus de l’Opep de consentir à des efforts (que l’on pourra comprendre, puisque des analyses affirment que cette crise était destinée à affaiblir les fonds souverains fruits du pétrole), c’est la Chine, déjà courtisée par l’Occident, qui pourrait devenir leader du sauvetage du système financier mondial, devant les faibles ressources du FMI, estimées à 250 milliards de dollars, et, par le biais de l’alliance de l’OCS et ses observateurs (dont l’Iran), la Russie, qui a déjà signé des accords bilatéraux avec la Chine. La coopération de la Russie avec la Chine, via l’OCS, pourrait lui être salutaire, car elle est réellement menacée de se faire emporter par la crise. Il est peu probable que la Chine accepte de se substituer au FMI sans compensation, et son appartenance à l’OCS, dans laquelle elle a des engagements, et dans laquelle l’Iran est en cours d’intégration, ne va pas arranger les affaires de Washington.

La course aux alliances s’emballe

Les ballets internationaux, d’ordre diplomatique, économique ou commercial, s’emballent, accentuant les tendances que le conflit entre la Russie et la Géorgie avaient révélées. Consciente des dangers qui pourraient survenir du prolongement de ces tendances, l’UE, grande consommatrice d’énergie russe, tente une marche arrière : Le 28 octobre, l’agence Reuters annonçait que l’Union européenne « étudiera un calendrier pour la relance des pourparlers sur un partenariat stratégique avec la Russie lors d’un sommet bilatéral ». Ceci en dépit « d’Etats-membres divisés » et d’une presse résolument diabolisante.

L’opéra commence le 20 août, lorsque Al Assad, président de la Syrie, proche de l’Iran, part à la recherche de la coopération militaire de la Russie, qui lui vend déjà de l’armement. La « coopération » porterait sur l’acquisition de missiles sol-air Pantsir-S1, ainsi que de missiles à moyenne portée BUK-M1. La Russie avait déjà envisagé, en juin, de réhabiliter le port de Tartous, en Syrie, pour y établir sa flotte. C’est dans ce cadre que les Etats-Unis ont établi des sanctions contre 13 entreprises ou organismes étrangers « susceptibles d’aider l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie, à mettre au point des armes de destruction massive ou des systèmes de missiles », sanctions condamnées par la Russie.

Début septembre, « en réponse à l’intégration de la Géorgie et de l’Ukraine au sein de l’Otan », la Russie annonce la livraison de plates-formes anti-aériennes et anti-missiles à l’Iran, puis les deux pays annoncent le renforcement de leur « relation de bon voisinage ».

Les choses alors s’accélèrent : le Venezuela, dont on connaît la capacité à irriter la Maison-Blanche et dont on connaît la capacité de production de pétrole, s’allie avec la Russie et l’Iran dans le cadre d’un projet financier, engage avec la Russie un programme d’achats d’armes et des manœuvres militaires aériennes et navales. Pour rappel, l’armée de l’air vénézuélienne est largement équipée en Sukhoi Su-30, 24 au total, ce qui est énorme pour ce petit pays, tout comme la Chine, une centaine, qui les fabrique elle-même sous licence. Ces manœuvres ont, bien entendu, provoqué un froid sur les relations américano-russes, d’autant quand l’on sait que 15 % du pétrole américain dépend de Chavez. Celui-ci entame en octobre sa tournée diplomatique en Russie, en Chine et à Cuba, dont on apprendra qu’il va bénéficier de l’aide russe en matière de défense anti-aérienne.

A la fin du mois de septembre, Ban Ki Moon aurait signé un accord derrière le dos russe mettant l’ONU au service de l’Otan. La Russie a demandé une enquête, toutefois cet événement témoigne pour le moins de l’état de délabrement terminal dans lequel se trouvent les plus hautes instances mondiales.

Le 1er novembre, Kadhafi rencontre Poutine, en vue de résolutions de certains accords sensibles. En contrepartie de l’effacement de la dette de la Libye, la modique somme de 4,5 milliards de dollars, Moscou pourrait être autorisé à stationner des bâtiments de sa flotte dans le port militaire libyen de Benghazi. En outre, la Russie pourrait développer son commerce de nucléaire civil avec Tripoli, « en particulier dans la conception et la construction des réacteurs et leur approvisionnement en combustible nucléaire », ainsi que son commerce d’armement, notamment en missiles sol-air et en avions de chasse Mig 29 et SU-30

Annonce : « Un élément déclencheur est demandé à l’accueil »

Les tensions géostratégiques, à flux tendu, sont au taquet de leur marge d’élasticité. Le 28 octobre, Thom Shanker du New York Times publie un inquiétant article, qui fait mention de déclarations du secrétaire d’Etat à la Défense, Robert M. Gates. On y trouve la notion « d’auto-défense étendue » qui justifie n’importe quelle intervention américaine dans n’importe quel pays, comme celle du 26 octobre contre la Syrie, en regard de critères propriétaires et unilatéraux. La gâchette devient plus sensible, et les conflits passent les frontières, comme cela s’est déjà traduit au Pakistan. Avec cette belle cerise sur le gâteau : « Interrogé sur le fait de savoir si ces moyens pouvaient inclure l’usage d’armes non-conventionnelles et notamment nucléaires, Robert Gates a répondu que “toutes les options sont sur la table, nous n’excluons rien et ne nous soucions que de l’efficacité opérationnelle” ».

En novembre, la marine russe déploie sa flotte dans diverses parties du monde, l’océan Indien, la mer d’Oman, « après avoir visité une série de ports étrangers », et en Méditerranée, pour « des exercices conjoints avec des bâtiments de la Flotte de la mer Noire ». Selon une source russe, un système antiaérien soviétique serait en cours d’élaboration à Cuba, en réponse à l’ABM américain en Pologne.

Les Etats-Unis, quant à eux, sont en bout de course. Militairement enlisés en Afghanistan et en Irak, ils n’ont même pas pu apporter leur appui matériel à Saakachvili. Au bord du gouffre financier, et potentiellement tributaire de la Chine – et donc de l’OCS – qui pourrait se substituer aux carences du FMI (voir ci-dessus), ils sont condamnés à très court terme à perdre leur rôle de premier plan.

Devant l’issue de la crise financière, incertaine, voire incontrôlable, l’énergie prend une place de premier choix, en vertu de ses caractéristiques sonnantes et trébuchantes, autrement plus aguichante que l’économie virtuelle, devenue monnaie de singe. Il en va de même pour l’armement, monnaie bien physique fortement appréciée. La Russie vient de budgéter son enveloppe militaire : une augmentation de 50 %, rien que ça, sur la période 2009-2011, un budget astronomique et fortement inquiétant. C’est en ce sens que les alliances se sont multipliées ces deux derniers mois.

Les Etats-Unis n’accepteront jamais de modifier leur politique de fuite en avant. En ce jour du 2 novembre 2008, où j’écris cet article, la poudrière mondiale est en place, même si quelques alliances de dernière minute peuvent encore survenir. Il ne manque que l’allumette. Le premier qui tire la ficelle tire aussi tout le sac de nœuds. Il est malheureusement à craindre que le monde connaisse un incident international majeur dans les mois qui viennent, prétexte à mettre le feu aux poudres. Avec un inconvénient de taille, bien résumé par ce mot d’Emmanuel Todd : « Le gouvernement français me fait penser à un rat qui monterait sur un navire en train de couler ».

John LLOYDS
mardi 4 novembre 2008
Publié par Agoravox.


Source : Le Grand Soir


Immanuel Wallerstein : dans un moment de crise, tout, ou presque tout, est à saisir

Les choix, dans un moment de crise, sont plus importants parce que leurs répercussions peuvent être tout à fait décisives pour faire bouger les choses dans une direction ou dans une autre. Que le système-monde capitaliste ait atteint ses limites ne signifie pas qu’au sein même de ces limites il n’y ait pas des choix à effectuer. La création, l’innovation, l’imagination ont un rôle à jouer. Il importe donc d’analyser froidement quelles sont les possibilités réelles et quels sont les choix. Quand un système entre dans cette plage de temps qui marque l’époque de sa mort ou de sa mutation - et celle-ci, par définition, ne survient qu’à son terme -, tout ou presque tout est à saisir. Pour les acteurs sociaux, l’éventail des choix s’élargit. La liberté de décision prédomine sur la nécessité, mais l’issue reste indéterminée. Nous sommes aujourd’hui entrés dans une telle transition.

Immanuel Wallerstein
23 avril 1997
Publié par Le Grand Soir.