La région parisienne a connu cette nuit sa sixième victime en une semaine. Après les morts du bois de Vincennes et de Gennevilliers, c'est cette fois en plein coeur de Paris que l'irréparable a été commis. L'homme a été retrouvé sur le trottoir, inerte. Mort de froid. Comme les précédentes victimes. La brigade criminelle a été chargée de l'enquête, et ses investigations mènent tout droit à la piste terroriste. "Même s'il faut rester très prudent, on s'oriente vers la thèse du terrorisme. On a d'abord pensé à un tueur en série, mais l'opération semble trop vaste pour ne pas y voir la marque d'une puissante organisation" affirmait ce matin le juge d'instruction.
Lire la suite...
28 novembre 2008
Les SDF victimes d'une vaste attaque terroriste
Comment parler à la fois des SDF, de la crise (guerre) économique, du terrorisme et de la propagande ? Jean-Pierre Martin l'a fait avec intelligence et humour :
Le terrorisme, une arme de propagande (1)
Tous les médias dominants reprennent en chœur le même discours sur les "attentats terroristes" à Bombay, la spéculation d'une implication de la nébuleuse Al-Qaïda et donc de groupes islamistes. Ainsi, les musulmans sont les auteurs, désignés par avance, d'une série de fusillades et d'explosions qui ont débuté mercredi à Bombay.
La terreur semée à Bombay peut avoir servi, simultanément, plusieurs intérêts. Rappelons que :
1) La violence armée est fréquente en Inde. Elle a déjà fait plusieurs centaines de morts depuis le début de l'année.
2) Tous les groupes baptisés "islamistes" ont été fabriqué au début des années 1980 non seulement par l'ISI (services secrets pakistanais) mais aussi par la CIA (services secrets américains).
Accuser aujourd'hui les groupes baptisés "islamistes" ou les services secrets pakistanais, revient à avouer l'intérêt des États-Unis qui veulent leur victoire en Afghanistan au prix d'une déstabilisation de toute la région.
3) "Le terrorisme mondial" est une expression de la propagande, créée par les USA en septembre 2001 et reprise par la Russie, la Chine et l'Europe, pour justifier une guerre perpétuelle...
Quand RFI titre "La chasse aux islamistes se poursuit à Bombay" alors que la revendication vient "d'un groupe islamiste inconnu", ce média aux ordres avoue l'intérêt de cette opération. On nous refait le coup du "11 septembre" sur fond de crise (guerre) économique.
Lire aussi :
• Inde - Dossier d'actualité, Yahoo! Actualités.
• Revue de presse indienne, NouvelObs.
• Revue de presse européenne, euro|topics.
• Revue de presse française, NouvelObs.
• Revue de presse française, Xinhua.
• L'Agence de Presse chinoise Xinhua recense les condamnations sans commenter l'événement.
La terreur semée à Bombay peut avoir servi, simultanément, plusieurs intérêts. Rappelons que :
1) La violence armée est fréquente en Inde. Elle a déjà fait plusieurs centaines de morts depuis le début de l'année.
2) Tous les groupes baptisés "islamistes" ont été fabriqué au début des années 1980 non seulement par l'ISI (services secrets pakistanais) mais aussi par la CIA (services secrets américains).
Accuser aujourd'hui les groupes baptisés "islamistes" ou les services secrets pakistanais, revient à avouer l'intérêt des États-Unis qui veulent leur victoire en Afghanistan au prix d'une déstabilisation de toute la région.
3) "Le terrorisme mondial" est une expression de la propagande, créée par les USA en septembre 2001 et reprise par la Russie, la Chine et l'Europe, pour justifier une guerre perpétuelle...
Quand RFI titre "La chasse aux islamistes se poursuit à Bombay" alors que la revendication vient "d'un groupe islamiste inconnu", ce média aux ordres avoue l'intérêt de cette opération. On nous refait le coup du "11 septembre" sur fond de crise (guerre) économique.
Les attentats qui ont endeuillé Bombay, la capitale économique de l'Inde, doivent inciter les autorités indiennes et l'ensemble de la communauté internationale à renforcer la lutte contre le terrorisme et les migrations clandestines, a déclaré vendredi à RIA Novosti le sénateur russe Mikhaïl Marguelov.
[...]
M.Marguelov estime que dans le contexte actuel de crise financière mondiale, dont les conséquences ne font que commencer à se manifester, il convient de s'attendre à un regain d'activité terroriste partout dans le monde.
"La baisse générale inévitable du niveau de vie se répercutera de manière catastrophique sur les pays du tiers monde et ne manquera pas de radicaliser certaines couches de la population, en contribuant à la propagation du fondamentalisme, du terrorisme, du nationalisme et du fanatisme religieux à travers le monde", a indiqué le sénateur.
Lire aussi :
• Inde - Dossier d'actualité, Yahoo! Actualités.
• Revue de presse indienne, NouvelObs.
• Revue de presse européenne, euro|topics.
• Revue de presse française, NouvelObs.
• Revue de presse française, Xinhua.
• L'Agence de Presse chinoise Xinhua recense les condamnations sans commenter l'événement.
Le chômage, une arme de destruction massive
Chaque jour, les agences de presse annoncent une hausse des chiffres du chômage sous prétexte de la crise financière. Prétexte car beaucoup d'entreprises profitent de la crise pour demander de nouvelles aides de l'État, licencier massivement et tailler à la hache les droits sociaux.
L'article d'Elie Cohen "Faut-il sauver Detroit ?", publié par Telos, est édifiant. Il semble plaider pour un "sauvetage urgent" de Ford, GM et Chrysler par l'État (ce qui est contraire au dogme néo-libéral) :
Puis, après avoir détaillé les raisons de la faillite de Ford, GM et Chrysler aux États-Unis, il préconise une aide de l'État, mais pour "mener à bien" un plan de licenciements pudiquement appelé "restructuration" (le comble du cynisme) :
Les économistes sont des gens curieux, qui hurlent avec les loups alors qu'ils prétendent faire des analyses que leur science ne leur permet pas de faire. Dans ces temps de crise, on consulte un économiste comme autrefois la Pythie. A défaut de s'exprimer en vers, ils - du moins certains d'entre eux - occupent les médias de préférence télévisuelles. Ce sont toujours les mêmes, non parce qu'ils ont une compétence particulière, mais parce qu'ils sont certainement plus aptes que d'autres à dire une chose et son contraire.
Aux États-Unis comme en Europe, la population semble tétanisée par la peur de la crise. En Chine, les travailleurs se révoltent :
Voir sur Google maps la carte des suppressions d'emplois annoncés depuis septembre 2008 en France.
L'article d'Elie Cohen "Faut-il sauver Detroit ?", publié par Telos, est édifiant. Il semble plaider pour un "sauvetage urgent" de Ford, GM et Chrysler par l'État (ce qui est contraire au dogme néo-libéral) :
Le séisme industriel, social et politique que provoquerait une faillite des "big 3" (Ford, GM et Chrysler) plaide pour un sauvetage urgent. Qui pourrait accepter d'un cœur léger la destruction à terme d'un million d'emplois, une perte de revenus de 150 milliards de dollars et une explosion du chômage dans le Michigan l'Indiana et l'Ohio ? Les dirigeants industriels et syndicaux font même valoir qu'au delà des pertes de revenus et d'emplois bien rémunérés et bien couverts socialement c'est l'ensemble du secteur manufacturier qui serait en péril. Et d'ajouter que pour un emploi manufacturier dans l'automobile, ce sont au total 10 emplois induits dans l'industrie, les services l'immobilier qui sont en cause.
Puis, après avoir détaillé les raisons de la faillite de Ford, GM et Chrysler aux États-Unis, il préconise une aide de l'État, mais pour "mener à bien" un plan de licenciements pudiquement appelé "restructuration" (le comble du cynisme) :
Ce sombre bilan industriel milite donc clairement pour laisser les big 3 faire faillite et bénéficier du régime du Chapter 11 pour mener à bien leur restructuration. [...]
Fermer une usine sur deux pour éliminer les surcapacités, effacer le surcoût social (GM a deux fois plus de retraités à sa charge que de salariés actifs), supprimer au moins une marque sur deux, réduire drastiquement le réseau de distribution, redonner leur liberté aux filiales étrangères performantes peut être réalisé bien plus efficacement à l'abri des protections du Chapter 11 qu'en faisant survivre des entités économiques et des managements faillis dans leur forme actuelle.
Les économistes sont des gens curieux, qui hurlent avec les loups alors qu'ils prétendent faire des analyses que leur science ne leur permet pas de faire. Dans ces temps de crise, on consulte un économiste comme autrefois la Pythie. A défaut de s'exprimer en vers, ils - du moins certains d'entre eux - occupent les médias de préférence télévisuelles. Ce sont toujours les mêmes, non parce qu'ils ont une compétence particulière, mais parce qu'ils sont certainement plus aptes que d'autres à dire une chose et son contraire.
• Les disqualifiés, par Frédéric Lordon, Le Monde diplomatique.
• Paroles d'experts, Le Monde diplomatique.
Aux États-Unis comme en Europe, la population semble tétanisée par la peur de la crise. En Chine, les travailleurs se révoltent :
Tout a commencé par une dispute sur les salaires dans cette fabrique de jouets du sud de la Chine, mais l'incident a vite tourné à l'émeute quand des ouvriers licenciés aidés par des chômeurs ont retourné une voiture de police, saccagé l'usine et démoli les ordinateurs des bureaux.
[...]
"Quand les temps sont difficiles au plan économique, un petit incident peut prendre de l'ampleur" notait un cadre du parti communiste, Guo Chenming, chargé de contrôler la situation à l'extérieur de la fabrique.
Les ouvriers ont commencé à perdre patience mercredi, quand le propriétaire hongkongais de l'usine, Kader Holding, a annoncé qu'il allait licencier 216 travailleurs migrants sur les 6.500 personnes employées par l'usine. Quelque 80 ouvriers de longue date ont estimé qu'ils étaient trompés sur leur prime de départ, et ont mobilisé 500 personnes, principalement des amis et des chômeurs, d'après Guo.
Les travailleurs ont affronté les gardes de sécurité, retourné le véhicule de police, brisé les phares des motos de la police, et forcé le passage pour entrer dans l'usine, toujours selon Guo. La compagnie ajoute qu'ils ont détruits 10 ordinateurs.
AP - Yahoo! Actualités.
Voir sur Google maps la carte des suppressions d'emplois annoncés depuis septembre 2008 en France.
27 novembre 2008
La fin de l'Empire américain (2)
Les médias ont peu parlé du rapport "Global Trends 2025 - a Transformed World" publié par le National Intelligence Council (PDF).

Source : National Intelligence Council
La revue de presse de Google Actualités est pauvre. La presse chinoise est muette. L'agence russe RIA Novosti a, par contre, publié une analyse d'Andreï Fediachine :
Commentaires : Encore une fois, RIA Novosti se révèle plus pertinent que les médias dominants français, qui se contentent de copier-coller un communiqué de presse ou une dépêche d'agence.
La fin de l'Empire américain (1) Monde en Question.
Source : National Intelligence Council
La revue de presse de Google Actualités est pauvre. La presse chinoise est muette. L'agence russe RIA Novosti a, par contre, publié une analyse d'Andreï Fediachine :
Tout ce qui est le plus alarmant dans ce rapport est consacré à l'Amérique.
[...]
Pour la Russie, les experts ont trouvé non pas une bonne prévision, mais carrément plusieurs. Si l'on met de côté la "diminution" de notre population, annoncée par le Conseil pour 2025, qui passera des 141 millions d'habitants actuels à 130 millions (ce que nous savons déjà, sans lui), les Russes continueront d'être aidés par leur gaz et leur pétrole, et même par le réchauffement global attendu. Selon les experts, l'Union européenne ne sera pas parvenue, en 2025, à diversifier ses fournisseurs de ressources énergétiques et conservera sa dépendance vis-à-vis des importations, et donc vis-à-vis des livraisons de gaz naturel russe. L'augmentation de la consommation européenne est prévue à hauteur de 60%. En 2025, 57% de l'ensemble des réserves mondiales de gaz seront concentrées en Russie, en Irak et au Qatar. De nombreux producteurs actuels de pétrole auront perdu leurs positions, et près de 40% du pétrole produit sera concentré entre les mains de 6 Etats. Ceux-ci sont cités dans l'ordre suivant : Russie, Arabie saoudite, Iran, Koweït, Emirats arabes unis, Irak. Si l'on prend en compte la totalité des réserves de gaz et de pétrole, il y aura en 2025 deux grandes Puissances énergétiques mondiales : la Russie et l'Iran.
[...]
Si l'on en croit le rapport, les Etats-Unis vont continuer de perdre leur poids et leur influence jusqu'à la fin du premier quart du XXIe siècle, tout en demeurant une grande puissance ; mais ils perdront leur influence dominante et ne seront qu'un "égal parmi leurs pairs". Il en sera de même du dollar. La niche d'influence libérée par l'Amérique sera comblée par le Brésil, l'Inde, la Chine et, comme le dit le rapport, la "Péninsule coréenne" (les deux Corées étant, visiblement, alors réunies). Une certaine "forme d'union" est même pronostiquée pour ces trois dernières. Le monde sera multipolaire, les modèles occidentaux du libéralisme économique, de la démocratie perdront leur force d'attraction (c'est ce qui se produit déjà). L'Union européenne aura cédé elle aussi de son influence et sera devenue un "géant creux".
[...]
Ces rapports ne sont pas des prévisions ou des pronostics précis, mais plutôt un rappel aux administrations américaines de ce qui pourrait arriver si elles ne pratiquent pas telle ou telle politique. C'est à la fois une base de réflexion et un instrument pour faire avancer cette réflexion dans une direction donnée.
Pour savoir si un avenir aussi effroyable nous attend véritablement, et dans quelle mesure le NIC est objectif dans ses évaluations, il n'est pas mauvais de rappeler ce qu'il est véritablement. Le Conseil national du renseignement est le principal "brain trust" auprès du directeur de la CIA, Michael McConnell, lequel a en charge l'analyse stratégique à moyen et long termes. C'est de lui que dépend directement le patron actuel de cette "agence Nostradamus", Thomas Fingar. Le Conseil "ravitaille" toute la direction américaine, et sa principale marchandise, ce sont les Evaluations du renseignement national (National Intelligence Estimates), dont une grande partie, naturellement, est tenue secrète, mais dont des "extraits" sont toujours distillés à la presse. Le Conseil, comme aiment à le dire ses collaborateurs, a pour vocation d'"analyser l'horizon". Cela le conduit parfois à s'aventurer bien au-delà de la ligne d'horizon fictive, pour des raisons purement politiques. Le NIC, comme cela se produit fréquemment avec n'importe quelle organisation de renseignement créée auprès des administrations, et pour elles, "se démarque d'avec la ligne politique" de manière modérée. Ce n'est absolument pas une particularité endémique propre à l'Amérique : c'est la caractéristique génétique de quasiment toutes les formations de ce type. De celles-là même qui, "ayant mûri" (or, le NIC a été créé en 1979), ont bien compris avec le temps que ce que l'on attend d'elles, ce ne sont pas des prophéties à la Nostradamus, mais "ce qu'on a besoin d'entendre".
Le NIC doit effectuer de ce point de vue une tâche peu enviable. Il doit, en principe, coordonner et "unifier" l'analyse de tous les centres de renseignement américains - la CIA, la Direction du renseignement du département de la Défense (le GRU russe), le renseignement politique du Département d'Etat, les renseignements de l'Armée, de l'Aviation, de la Marine, du Service des frontières, du ministère des Finances, du ministère de l'Energie et, pour finir, le FBI (qui s'occupe du contre-espionnage). Et c'est en cela que réside le principal "hic". Toutes les administrations tirent, naturellement, la couverture à elles, s'efforçant de pousser le président, les ministères, le Congrès vers les mesures ou les lois dont elles ont besoin. C'est la raison pour laquelle des discussions très chaudes surgissent toujours autour de l'élaboration du principal "produit" du NIC, ce que l'on appelle les Evaluations du renseignement national, et autour également des analyses de renseignement thématiques. Il s'agit de documents analytiques ciblés sur n'importe quels thèmes, allant par exemple de l'arme nucléaire, la Russie, ou Israël, à l'évaluation des conséquences possibles d'une mauvaise récolte de riz en Asie. Il peut y avoir plusieurs de ces évaluations par an. Les patrons de ces administrations sont plongés dans la plus grande effervescence s'ils viennent à apprendre que leurs évaluations, pour une raison ou pour une autre, n'ont pas été retenues dans la variante finale des "Evaluations". Il en va à peu près de même pour ces fameuses "Tendances globales".
Etats-Unis ; le renseignement d'accord pour enterrer l'avenir, RIA Novosti.
Commentaires : Encore une fois, RIA Novosti se révèle plus pertinent que les médias dominants français, qui se contentent de copier-coller un communiqué de presse ou une dépêche d'agence.
La fin de l'Empire américain (1) Monde en Question.
La fabrication du consentement
CHOMSKY Noam et HERMAN Edward, La Fabrication du consentement - De la propagande médiatique en démocratie, Agone, 2008
L’ouvrage de Noam Chomsky et Edward Herman, Manufacturing consent, vient de reparaître dans sa version intégrale sous le titre La fabrication du consentement.
Acrimed
Dossier Noam CHOMSKY, Monde en Question.
Dossier Médias, Monde en Question.
L’ouvrage de Noam Chomsky et Edward Herman, Manufacturing consent, vient de reparaître dans sa version intégrale sous le titre La fabrication du consentement.
Acrimed
Dossier Noam CHOMSKY, Monde en Question.
Dossier Médias, Monde en Question.
Les USA veulent leur victoire en Afghanistan
Nos “sources dans les milieux de la défense à Bruxelles”, à partir de constats très récents sur place, à un niveau significatif des consultations, permettent d’observer une forte poussée pour l’“américanisation“ des structures de cette guerre. L’appréciation générale est qu’il existe un processus de marginalisation accélérée de l’OTAN en tant que telle. [...] La tâche vitale de l’information (médias) est en train d’être prise en main par les Américains et, elle aussi, “américanisée”, c’est-à-dire complètement soumise au contrôle de la propagande militaire US, comme ce fut le cas en Irak. Il n’y aura donc plus de mauvaises nouvelles de la guerre, comme on lit dans les journaux européens, et l’on pourra songer à remporter la victoire. Il s’agit d’un processus complet d’“américanisation” de la guerre.
[...]
Le Pentagone continuera son escapade hors de tout contrôle. La puissance US continuera sa pente d’auto-dévastation, sous le regard intéressé des Russes avec lesquels il faudra s’arranger sur le “front” européen pour qu’ils permettent les voies d’accès du ravitaillement vers l’Afghanistan par la Russie. Obama rencontre effectivement une de ces occurrences où il se trouvera tragiquement pris en sandwich entre les réalités exigées par le système et ses promesses électorales, mais des promesses qu’il est très difficile d’oublier comme c’est l’habitude parce que la crise économique et sociale ne souffre pas d’attendre.
[...]
Bien, on ne fait ici qu’évoquer un des scénarios possibles. Mais on le fait en notant combien il est logique qu’il soit développé, combien il est déjà en train d’être développé, notamment grâce à l’opportun général Petraeus. On le fait en remarquant également qu’à chaque perspective risquée, même involontaire, d’Obama, on retrouve le Pentagone avec le CMI en sautoir, ou l’inverse, et déjà au travail pour préparer la présidence Obama. C’est le noeud gordien de cette présidence éventuellement “révolutionnaire”, qui va commencer évidemment par être une présidence verrouillé... Ne perdez jamais espoir, camarades : plus elle sera verrouillée, plus la crise fera pression sur elle, plus il sera peut-être nécessaire qu’elle devienne “révolutionnaire” pour espérer s’en sortir (voir notre très sympathique “American Gorbatchev” [1]).
En Afghanistan, la victoire sera “made in USA” ou ne sera pas, Dedefensa.
Commentaires : C'est Georges Bush qui a commencé la guerre en Afghanistan, mais c'est Barack Obama qui sera “le président de la guerre en Afghanistan” comme Lyndon Johnson fut le président de la guerre au Viêt Nam.
[1] Lire aussi : Après la chute de l'URSS, celle des USA ?, Monde en Question.
[...]
Le Pentagone continuera son escapade hors de tout contrôle. La puissance US continuera sa pente d’auto-dévastation, sous le regard intéressé des Russes avec lesquels il faudra s’arranger sur le “front” européen pour qu’ils permettent les voies d’accès du ravitaillement vers l’Afghanistan par la Russie. Obama rencontre effectivement une de ces occurrences où il se trouvera tragiquement pris en sandwich entre les réalités exigées par le système et ses promesses électorales, mais des promesses qu’il est très difficile d’oublier comme c’est l’habitude parce que la crise économique et sociale ne souffre pas d’attendre.
[...]
Bien, on ne fait ici qu’évoquer un des scénarios possibles. Mais on le fait en notant combien il est logique qu’il soit développé, combien il est déjà en train d’être développé, notamment grâce à l’opportun général Petraeus. On le fait en remarquant également qu’à chaque perspective risquée, même involontaire, d’Obama, on retrouve le Pentagone avec le CMI en sautoir, ou l’inverse, et déjà au travail pour préparer la présidence Obama. C’est le noeud gordien de cette présidence éventuellement “révolutionnaire”, qui va commencer évidemment par être une présidence verrouillé... Ne perdez jamais espoir, camarades : plus elle sera verrouillée, plus la crise fera pression sur elle, plus il sera peut-être nécessaire qu’elle devienne “révolutionnaire” pour espérer s’en sortir (voir notre très sympathique “American Gorbatchev” [1]).
En Afghanistan, la victoire sera “made in USA” ou ne sera pas, Dedefensa.
Commentaires : C'est Georges Bush qui a commencé la guerre en Afghanistan, mais c'est Barack Obama qui sera “le président de la guerre en Afghanistan” comme Lyndon Johnson fut le président de la guerre au Viêt Nam.
[1] Lire aussi : Après la chute de l'URSS, celle des USA ?, Monde en Question.
26 novembre 2008
Titanic financier
Pendant que Barack Obama, constitutionnellement incapable d'agir avant le 20 janvier 2009, multiplie les conférences de presse pour occuper les médias, la crise financière et économique s'approfondit chaque jour. Ainsi, l'OCDE a prévu pour 2009 une récession qui sera la plus grave depuis le début des années 80, tandis que le PIB américain reculait de 0,5% au troisième trimestre. Barack Obama a appelé les Américains à se serrer la ceinture, mais ce qu'ils font déjà. Or la baisse des "dépenses de consommation des ménages" (dans la novlangue des économistes) a provoqué un recul de 3,7% de la croissance de l'économie américaine [AFP - Yahoo! Actualités - AP - Yahoo! Actualités].
Dans ce contexte, il est intéressant de lire le point de vue du politologue Igor Panarine dans une interview publiée lundi dernier par le quotidien russe Izvestia, qui évoque un risque d'éclatement des Etats-Unis (RIA Novosti).
Dans ce contexte, il est intéressant de lire le point de vue du politologue Igor Panarine dans une interview publiée lundi dernier par le quotidien russe Izvestia, qui évoque un risque d'éclatement des Etats-Unis (RIA Novosti).
M. Panarine est persuadé que les Etats-Unis se scinderont d'ici l'automne 2009 en six parties: la côte pacifique, les Etats hispanophones, la côte atlantique, les cinq Etats peuplés par des Indiens et le Nord pro-canadien.
"D'abord, il s'agira du littoral pacifique des Etats-Unis. Il suffit de citer San Francisco où 53% des habitants sont d'origine chinoise. Cette région passe progressivement sous l'influence de la Chine, c'est évident. Le Sud est peuplé par des Mexicains, et l'espagnol est par endroits une langue officielle, alors que le Texas lutte ouvertement pour son indépendance. La côte atlantique est ethniquement et mentalement tout à fait différente par rapport au reste du pays. Enfin, il y a les Etats dépressifs du centre. Je vous rappelle que cinq Etats du centre des Etats-Unis, peuplés par des Indiens, revendiquent leur indépendance. Le nord du pays est sous l'influence du Canada", explique-t-il.
[...]
"Les problèmes financiers s'aggraveront aux Etats-Unis. Des millions d'Américains ont déjà perdu leurs épargnes, alors que l'inflation et le chômage sont en hausse. General Motors et Ford sont au bord de la faillite, ce qui veut dire que des villes entières se retrouveront sans emploi", prédit-il.
"La grogne monte, elle n'a été enrayée jusqu'à présent que par la campagne électorale et l'espoir d'un miracle Obama. Mais, d'ici le printemps, il sera clair qu'il n'y aura pas de miracles", estime-t-il.
Selon M. Panarine, après le crash de Wall Street, les Etats-Unis céderont leur place de régulateur mondial à la Chine et à la Russie, deux pays disposant d'énormes réserves de change.
Pour éviter des bouleversements en raison d'une éventuelle paralysie économique aux Etats-Unis, la Russie devrait développer le rouble en tant que monnaie régionale et créer une bourse du pétrole en roubles, conseille le politologue.
"Nous devons couper toutes les cordes qui nous lient au Titanic financier qui va sombrer très vite", résume-t-il.
Commentaires : Même si Dedefensa reprend l'hypothèse de l’éclatement des Etats-Unis, le plus important est la seconde partie, qui est une thématique de Dmitri Medvedev à savoir la création d'une "monnaie régionale" (RIA Novosti) et d'une "bourse du pétrole en roubles" (RIA Novosti).
Par ailleurs, l'hypothèse “American Gorbatchev” se précise...
La valse des sommets
Après les Sommets du G20, de l'UE-Russie ou Russie-UE, de l'APEC, Dmitri Medvedev annonce l'organisation du Sommet du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) en Russie en 2009 [RIA Novosti].
Ce Sommet du BRIC sera particulièrement important car il tracera les contours d'une nouvelle organisation mondiale sans les États-Unis.
Lire aussi :
• Sommets, Monde en Question.
• G20, Wikipédia.
• G20, Google Actualités .
• G20, Yahoo! Actualités.
• Sommet du G20, RIA Novosti.
• UE-Russie, Google Actualités .
• UE-Russie, Yahoo! Actualités.
• Sommet Russie-UE, RIA Novosti.
• Coopération économique pour l'Asie-Pacifique, Wikipédia.
• APEC, Google Actualités .
• APEC, Yahoo! Actualités.
• Sommet de l'APEC, RIA Novosti.
• BRIC, Wikipédia.
• BRIC, Google Actualités .
• BRIC, Yahoo! Actualités.
Ce Sommet du BRIC sera particulièrement important car il tracera les contours d'une nouvelle organisation mondiale sans les États-Unis.
Lire aussi :
• Sommets, Monde en Question.
• G20, Wikipédia.
• G20, Google Actualités .
• G20, Yahoo! Actualités.
• Sommet du G20, RIA Novosti.
• UE-Russie, Google Actualités .
• UE-Russie, Yahoo! Actualités.
• Sommet Russie-UE, RIA Novosti.
• Coopération économique pour l'Asie-Pacifique, Wikipédia.
• APEC, Google Actualités .
• APEC, Yahoo! Actualités.
• Sommet de l'APEC, RIA Novosti.
• BRIC, Wikipédia.
• BRIC, Google Actualités .
• BRIC, Yahoo! Actualités.
La guerre des classes
François RUFFIN, La Guerre des classes, Fayard, 2008
Alors que la gauche française paraît en cours de recomposition, notamment avec l’émergence d’un futur nouveau parti anticapitaliste, et que les membres du PS en appellent à la « rénovation », la droite — faisant pourtant face à une conjoncture économique désastreuse, qui devrait favoriser le renforcement de la gauche – s’assume telle qu’elle est. L’UMP ne cache en effet rien de ses liens avec les puissances de l’argent et de son indifférence quant aux affaires sociales et aux plus démunis (chômeurs, travailleurs précaires, sans-papiers, etc.) ; et cependant, elle triomphe. Faute d’opposition. Faute d’un réel « courage » à gauche, celui qui ne consisterait pas à renier toujours plus ses idéaux et son vocabulaire. Faute, au fond, d’assumer son passé et son fonds idéologique. Dans La guerre des classes, François Ruffin joint analyse et observations de terrain, pour éclairer les causes du long renoncement politique du PS, qui a entraîné dans son sillage toute la gauche, mais aussi pour rappeler la gauche à ses fondements.
La guerre des classes, Les mots sont importants
La guerre des classes, Monde en Question
Amérique latine très convoitée (2)
Les présidents chinois et russe ont fait, chacun de son côté et à des dates différentes, une tournée pour conquérir les marchés latinos-américains - avant le sommet de l'APEC pour Hu Jintao et après le sommet pour Dmitri Medvedev.
Pékin resserre ses liens avec les économies latino-américaines, Le Monde.
La Chine souhaite établir un partenariat global et coopératif avec les pays d'Amérique latine et les Caraïbes, Xinhua - Le Quotidien du Peuple.
Départ d'un haut responsable militaire chinois pour l'Amérique latine, Xinhua - Le Quotidien du Peuple.
Les militaires s'échangent « leurs pratiques standards », Xinhua - Le Quotidien du Peuple.
La Russie reprend pied en Amérique latine, Le Monde.
La crise aidera les fabricants d'armes russes à s'implanter en Amérique latine, RIA Novosti.
Medvedev à la conquête de l'Amérique latine, RIA Novosti.
Commentaires : Le Monde se révèle beaucoup plus pudique que les agences de presse chinoise ou russe à propos des questions stratégiques et militaires.
[1] Les termes diplomatiques "la coopération en matière de défense et de sécurité" signifient la vente d'armes.
[2] Que cette information vienne de la presse russe devrait faire réfléchir les staliniens français.
Pékin resserre ses liens avec les économies latino-américaines, Le Monde.
A la veille de la tournée, Pékin a publié "un document politique éclairant les objectifs chinois envers l'Amérique latine et les Caraïbes". Ce livre blanc insiste sur "les ressources abondantes et l'extraordinaire potentiel de développement" de cette région, dont la Chine est devenue le troisième partenaire commercial.
Outre le développement des échanges et la signature d'accords de libre-échange, le document évoque un accroissement de la coopération en matière de défense et de sécurité [1].
La Chine souhaite établir un partenariat global et coopératif avec les pays d'Amérique latine et les Caraïbes, Xinhua - Le Quotidien du Peuple.
Le gouvernement chinois considère ses relations avec l'Amérique latine et les Caraïbes d'un point de vue stratégique et souhaite établir et développer un partenariat complet et coopératif basé sur les principes de l'égalité, des bénéfices mutuels et du développement commun avec les pays d'Amérique latine et des Caraïbes.
Départ d'un haut responsable militaire chinois pour l'Amérique latine, Xinhua - Le Quotidien du Peuple.
Xu Caihou, vice-président de la Commission militaire centrale de Chine, a quitté Beijing dimanche pour effectuer des visites amicales au Venezuela, au Chili et au Brésil.
Xu a été invité par le ministre vénézuélien de la Défense nationale Gustavo Rangel Briceno, le ministre chilien de la Défense nationale Jose Goni et le ministre brésilien de la Défense nationale Nelson Jobim.
"Il s'agit d'une importante activité diplomatique pour les forces armées, qui vise à renforcer la compréhension mutuelle et les échanges militaires", a indiqué Qian Lihua, directeur du Bureau des Affaires étrangères du ministère chinois de la Défense nationale.
Les militaires s'échangent « leurs pratiques standards », Xinhua - Le Quotidien du Peuple.
"Ces échanges entre la Chine et les pays d'Amérique latine sont tout à fait normaux entre les forces armées.
"Dans les échanges militaires avec l'Amérique latine, la Chine a toujours fermement adhéré au principe du bénéfice de la paix régionale et mondiale et de la stabilité, ne visant aucun tiers parti, sans jamais mettre en péril les intérêts des autres pays", a-t-il dit.
[...]
La Chine a déjà procédé à des échanges militaires avec 18 pays d'Amérique latine, a dit Qian.
"Les échanges militaires et la coopération sont une partie importante de la relation de la Chine avec l'Amérique latine, et ils jouent un rôle positif dans la promotion de son développement", a-t-il conclu.
Exercices navals russo-vénézuéliens

Source : Monde en Question
Source : Monde en Question
La Russie reprend pied en Amérique latine, Le Monde.
Qualifiée par la presse moscovite de "seconde découverte de l'Amérique", la tournée de M. Medvedev marque le retour de la Russie dans une région longtemps considérée comme "l'arrière-cour" des Etats-Unis, mais dont Washington s'est largement désintéressé depuis les attentats du 11 septembre 2001. Avide de faire contrepoids à l'influence américaine, Moscou entend reprendre pied dans la zone. "Et cette fois, nous revenons pour toujours", assure un porte-parole de la diplomatie russe, Alexeï Sazonov.
[...]
L'implantation de la Russie dans la région a trois dimensions : politique, économique et militaire. Point culminant de la tournée : Dmitri Medvedev assistera depuis le Venezuela aux premiers exercices navals conjoints en mer des Caraïbes.
La crise aidera les fabricants d'armes russes à s'implanter en Amérique latine, RIA Novosti.
La plupart des pays d'Amérique latine achètent traditionnellement des avions, des navires de guerre et d'autre armement aux Etats-Unis. Le Brésil préfère ces dernières années commander pour l'armée le matériel qu'il produit. Pourtant, l'armement russe pourrait dans les conditions de la crise rivaliser non sans succès avec des analogues américains, européens ou brésiliens. Les avions, les hélicoptères, les VTT, les systèmes de DCA et les armes d'infanterie russes coutent de 20-40% moins cher que leurs équivalents européens et américains, tandis que leur qualité est tout à fait comparable. De plus, le matériel russe est plus facile à maîtriser pour des équipages avec un niveau de formation limité et moins compliqué à réparer avec des moyens de fortune.
Medvedev à la conquête de l'Amérique latine, RIA Novosti.
En fait, l'odeur du pétrole et du gaz a accompagné la tournée du président russe. Le Brésil n'a pas fait exception. Cet Etat, qui fait partie du BRIC et qui est considéré comme un "continent à part", ne peut pas laisser indifférente la Russie, d'autant que Moscou est disposé à étendre les liens bilatéraux. Le déplacement de Medvedev au quartier général de la plus grande compagnie pétrolière publique du pays, Petrobras, sera l'un des plus importants événements de sa visite, de même que ses rencontres avec les dirigeants des entreprises publiques et privées spécialisées dans l'énergie, l'industrie minière, le secteur agroindustriel et la sphère bancaire. Gazprom inaugurera l'année prochaine sa représentation au Brésil. Moscou et Brasilia seraient prêts à élargir leur coopération dans le domaine spatial et pourraient construire conjointement un cosmodrome à proximité de l'équateur.
Le Venezuela, quant à lui, est "le premier parmi les égaux". Moscou a établi une "coopération stratégique" avec Hugo Chavez. Les deux pays créent une banque commune avec un capital de 4 milliards de dollars pour financer la construction de raffineries de pétrole. La Russie est prête à aider le Venezuela à créer des centrales nucléaires, Rusal a annoncé la construction d'une usine d'aluminium, VAZ est prêt à y implanter des usines automobiles. Depuis 2005, Caracas a signé avec Moscou douze contrats sur les livraisons d'armes, allant des fusils d'assaut Kalachnikov, des chars T-90 et des voitures de transport blindées aux chasseurs Su et aux hélicoptères, pour un montant total de 4 milliards de dollars. A présent, il souhaite acheter des sous-marins et des navires russes. Dmitri Medvedev et Hugo Chavez "inaugurent", le 25 novembre, les premiers exercices navals russo-vénézuéliens de grande envergure qui "taquineront" les Etats-Unis jusqu'au 30 novembre.
Cuba devait absolument figurer sur la liste medvédévienne des pays à visiter. Les relations entre Moscou et La Havane semblent connaître un essor. Les négociations à Cuba devraient aboutir à une entente sur la prospection et la mise en valeur conjointes de gisements pétroliers dans la partie cubaine du golfe du Mexique. Un forage d'essai vient d'y être organisé.
Le voyage de Medvedev illustre bien l'évolution du processus de désidéologisation des relations entre la Russie et l'Amérique latine. Celles-ci étaient déjà marquées auparavant par un puissant élément national-pragmatique (les Russes ont, en effet, fait de la voiture soviétique Lada l'automobile la plus vendue au Chili à l'époque de Pinochet [2]). A présent, cet élément national-pragmatique se renforce. On peut à cet égard remercier George W. Bush.
Commentaires : Le Monde se révèle beaucoup plus pudique que les agences de presse chinoise ou russe à propos des questions stratégiques et militaires.
[1] Les termes diplomatiques "la coopération en matière de défense et de sécurité" signifient la vente d'armes.
[2] Que cette information vienne de la presse russe devrait faire réfléchir les staliniens français.
25 novembre 2008
Obama soutient Wall Street, mais pas Main Street
Barack Obama n'est pas encore installé à la Maison Blanche, mais il a déjà annoncé qu'il poursuivra la politique économique de Bush en promettant des aides aux entreprises et des sacrifices aux Américains. Les Bourses applaudissent quand il déclare «Nous devons remettre les Américains au travail. En parallèle, il faudra garantir la stabilité de notre système financier.»
Le feuilleton des rumeurs de nominations et des nominations réelles continuent. L’establishment et Wall Street sont satisfaits des quelques noms connus de sa dream team.
Mais toutes ces annonces ne changeront guère le cours des choses, car d'ici le 20 janvier la crise va s'aggraver et Obama devra assumer les décisions de Bush - peu différentes sur le fond.
• Obama va appeler les Américains à des sacrifices budgétaires, AFP - Yahoo! Actualités.
• Les Bourses applaudissent le volontarisme du futur président, Le Monde - Yahoo! Actualités.
Le feuilleton des rumeurs de nominations et des nominations réelles continuent. L’establishment et Wall Street sont satisfaits des quelques noms connus de sa dream team.
• Obama nomme son directeur du bureau du Budget et défend un programme d'économies budgétaires, AP - Yahoo! Actualités.
• Etats-Unis/ Barack Obama prêt à passer le budget au peigne fin, AFP - Yahoo! Actualités.
Mais toutes ces annonces ne changeront guère le cours des choses, car d'ici le 20 janvier la crise va s'aggraver et Obama devra assumer les décisions de Bush - peu différentes sur le fond.
Il est donc pathétique, mais aussi significatif de la gravité de la situation, de voir Obama faire des messages hebdomadaires comme s’il était déjà président, ou bien comme les “causeries au coin du feu” de Roosevelt à partir de mars 1933. Mais Obama ne fait qu’annoncer des mesures pour fin janvier 2009, – qui, d’ailleurs, s’apparentent toutes dans l’esprit à certaines des initiatives du New Deal (grands travaux publics d’infrastructure); en effet, toutes les rigidités doctrinales sont en train d’être fortement secouées, lorsqu’on nous signale qu’un homme aussi proche de Wall Street et de la doctrine économique courante de l’américanisme que Lawrence Summers, nommé président du Conseil National de l’Economie, conseille de tout concentrer sur ce qui devient la tentative de contenir le chômage. Obama fait ce qu’il peut mais cela reste bien peu, au regard de la situation du pays qui semble s’effriter comme du sable entre les doigts.
[...]
Obama se précipite donc pour construire son administration, pour annoncer des mesures, pour sembler exercer le pouvoir, – mais “sembler” seulement, car la Constitution, cette admirable construction législative taillée dans le marbre du Droit, lui interdit plus. Les deux seules mesures qu’il peut prendre, détaillées par Reich, sont de constituer et de mettre au travail son équipe économique, et d’annoncer des mesures d’urgence pour le 20 janvier 2009 en fin d’après-midi.
[...]
C’est dire combien toutes les prévisions qu’on a faites, qu’on fait et qu’on continuera à faire les jours et les semaines prochaines sur l’administration Obama, ses intentions, ses buts, sa politique extérieure, etc., sont désormais soumis à une formidable hypothèque.
Urgence extraordinaire et impuissance extrême, Dedefensa.
24 novembre 2008
L'administration Obama (3)
Barack Obama dévoile petit à petit les membres de sa future administration. Cette stratégie fait le bonheur des médias qui distillent leurs spéculations selon la technique du feuilleton.
La nomination d'Hillary Clinton dans l'administration Obama se précise, AFP - Yahoo! Actualités.
Barack Obama nomme Timothy Geithner comme futur secrétaire au Trésor, AP - Yahoo! Actualités - AFP - Google Actualités.
Barack Obama dévoile son plan de bataille pour l'économie, AFP - Yahoo! Actualités.
Quel gouvernement pour Barack Obama ?, IRIS - Dailymotion.
La transition d’Obama : un who’s who de la politique impérialiste, WSWS.
La nomination d'Hillary Clinton dans l'administration Obama se précise, AFP - Yahoo! Actualités.
La future administration Obama a continué à prendre forme vendredi avec en perspective des nominations à deux des postes les plus importants des Etats-Unis: Hillary Clinton à la tête de la diplomatie et Timothy Geithner au Trésor.
[...]
Parmi les dernières spéculations, la nomination de James Jones, ancien général et ancien commandant de l'Otan, au poste de conseiller à la sécurité nationale, était évoquée par la chaîne ABC News.
Barack Obama nomme Timothy Geithner comme futur secrétaire au Trésor, AP - Yahoo! Actualités - AFP - Google Actualités.
A 57 jours de son investiture, Barack Obama a annoncé lundi qu'il avait choisi le président de la Réserve fédérale de New York Timothy Geithner pour être son futur secrétaire au Trésor. La priorité de son équipe sera la préparation d'un plan de relance, a-t-il ajouté.
Barack Obama dévoile son plan de bataille pour l'économie, AFP - Yahoo! Actualités.
Le président élu américain Barack Obama a désigné officiellement lundi Timothy Geithner comme secrétaire au Trésor alors que la presse annonce déjà qu'un futur plan de relance économique pourrait atteindre 700 milliards de dollars pour lutter contre la récession.
Quel gouvernement pour Barack Obama ?, IRIS - Dailymotion.
Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, répond aux questions de l'IRIS :
- Obama est en train de nommer les personnalités clés de son futur gouvernement. Annoncent-elles un grand revirement de la politique américaine ou, comme certains l’ont critiqué, va-t-on se retrouver avec un cabinet Clinton bis, et donc finalement à peu de changement ?
- A quoi peut-on s’attendre avec une Hillary Clinton aux affaires étrangères ?
- Bush et Medvedev ont su faire preuve de pragmatisme lors de leur rencontre au Sommet de l'APEC. Pensez-vous que les relations russo-américaines sauront se détendre sous Obama, notamment sur la question du bouclier anti-missile ?
La transition d’Obama : un who’s who de la politique impérialiste, WSWS.
La contradiction entre les aspirations et les espoirs de millions d’Américains qui ont voté pour répudier la politique de guerre et de réaction sociale du gouvernement Bush et le caractère de classe du futur gouvernement Obama devient de plus en plus évidente depuis l’élection il y a deux semaines.
[...]
Tous ces développements éclairent une vérité politique fondamentale : Obama a été le choix de la faction de l’establishment politique américain qui a vu en lui la figure de proue idéale pour reconditionner et recalibrer la politique impérialiste des Etats-Unis.
Forum de coopération économique Asie-Pacifique
Le ralliement à la déclaration du G-20 au menu des dirigeants de l'Apec, AFP - Yahoo! Actualités.
Le protectionnisme ne ferait qu'aggraver la crise, met en garde l'Apec, AFP - Yahoo! Actualités - Xinhua.
APEC : vers la création d'une zone de libre-échange Asie-Pacifique, RIA Novosti.
Bush rencontre son homologue chinois Jintao en marge du sommet de l'Apec à Lima, AFP - Yahoo! Actualités - AFP - Aujourd'hui la Chine.
Le ralliement à la déclaration du G-20 devait dominer les discussions samedi du 16e sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) que les dirigeants, dont l'Américain George W. Bush, le Russe Dmitri Medvedev et le Chinois Hu Jintao, mettront également à profit pour tenir des réunions bilatérales.
Le protectionnisme ne ferait qu'aggraver la crise, met en garde l'Apec, AFP - Yahoo! Actualités - Xinhua.
Les mesures de protectionnisme ne feraient qu'accentuer la crise économique actuelle ont prévenu samedi les dirigeants du 16e sommet du Forum de coopération économique Asie pacifique (Apec), dans une déclaration commune, dans laquelle ils appuient "fermement" la déclaration de Washington.
APEC : vers la création d'une zone de libre-échange Asie-Pacifique, RIA Novosti.
Les pays membres de l'APEC se sont par ailleurs engagés à ne pas créer de nouvelles barrières commerciales.
"Il existe un risque que le ralentissement de la croissance mondiale puisse entraîner l'adoption de mesures protectionnistes qui ne pourraient qu'aggraver la situation économique actuelle. Dans cette optique, nous appuyons la déclaration de Washington, et nous nous abstiendrons dans les douze prochains mois de créer de nouvelles barrières pour l'investissement ou le commerce des biens et services, d'introduire de nouvelles restrictions sur les exportations ou de recourir à des mesures incompatibles avec les règles de l'OMC, notamment visant à stimuler les exportations", souligne la déclaration.
Bush rencontre son homologue chinois Jintao en marge du sommet de l'Apec à Lima, AFP - Yahoo! Actualités - AFP - Aujourd'hui la Chine.
Le président George W. Bush et son homologue chinois Hu Jintao ont discuté vendredi à Lima des mesures destinées à accélérer le processus de dénucléarisation de la Corée du nord, a annoncé la Maison Blanche.
Rapport n°46 sur les forces d’occupation israéliennes de la Palestine
Entre le 13 et le 19 novembre, les forces d’occupation israéliennes de la Palestine ont :
• assassiné 4 Palestiniens dans la bande de Gaza ;
• blessé 6 Palestiniens, dont un mineur, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ;
• simulé des raids aériens contre la bande de Gaza ;
• arrêté 44 civils palestiniens, dont 2 mineurs, en Cisjordanie ;
• arrêtés 4 civils palestiniens, dont 3 mineurs, sur les check-points de Cisjordanie ;
• arrêtés 15 pêcheurs palestiniens et 3 militants internationaux solidaires de la Palestine alors qu’ils naviguaient en face la bande de Gaza ;
• poursuivi la construction du mur d’apartheid, déclaré illégal par la Cour internationale de Justice, à l’intérieur de la Cisjordanie ;
• confisqué 22 dunums (2,2 ha) de terres agricoles dans le sud d’Hébron ;
• poursuivi la judaïsation de Jérusalem ;
• démoli 2 maisons et confisqué un mobile home à Jérusalem ;
• poursuivi la judaïsation du quartier Sheikh Jarrah au profit des groupes juifs extrémistes ;
• poursuivi les activités coloniales en Cisjordanie où les colons se sont montrés encore agressifs contre les Palestiniens et leurs biens ;
• maintenu un siège total des Territoires occupés et ont isolé la bande de Gaza du monde extérieur.
La bande de Gaza souffre d’une grave crise humanitaire.
Rapport complet : Info-Palestine.
• assassiné 4 Palestiniens dans la bande de Gaza ;
• blessé 6 Palestiniens, dont un mineur, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ;
• simulé des raids aériens contre la bande de Gaza ;
• arrêté 44 civils palestiniens, dont 2 mineurs, en Cisjordanie ;
• arrêtés 4 civils palestiniens, dont 3 mineurs, sur les check-points de Cisjordanie ;
• arrêtés 15 pêcheurs palestiniens et 3 militants internationaux solidaires de la Palestine alors qu’ils naviguaient en face la bande de Gaza ;
• poursuivi la construction du mur d’apartheid, déclaré illégal par la Cour internationale de Justice, à l’intérieur de la Cisjordanie ;
• confisqué 22 dunums (2,2 ha) de terres agricoles dans le sud d’Hébron ;
• poursuivi la judaïsation de Jérusalem ;
• démoli 2 maisons et confisqué un mobile home à Jérusalem ;
• poursuivi la judaïsation du quartier Sheikh Jarrah au profit des groupes juifs extrémistes ;
• poursuivi les activités coloniales en Cisjordanie où les colons se sont montrés encore agressifs contre les Palestiniens et leurs biens ;
• maintenu un siège total des Territoires occupés et ont isolé la bande de Gaza du monde extérieur.
La bande de Gaza souffre d’une grave crise humanitaire.
Rapport complet : Info-Palestine.
Amérique latine très convoitée (1)
Nouveaux acteurs en Amérique latine (1) : l’Iran, Boulevard Exterieur.
Nouveaux acteurs en Amérique latine (2) : la Chine, Boulevard Exterieur.
Un article de Ian James, publié le 23 novembre 2008 dans le Washington Post, fait état des liens économiques de plus en plus étroits entre l’Iran et les pays d’Amérique latine opposés aux Etats-Unis : Venezuela, Nicaragua, Bolivie. Extraits (titre de l’article : ’’ Iran Builds Ties in Latin America, Based on Animosity Toward U.S’’).
Nouveaux acteurs en Amérique latine (2) : la Chine, Boulevard Exterieur.
Dans une récente discussion publique à Washington (30 octobre 2008), le think-tank Inter-American Dialogue s’est interrogé sur la montée en puissance de la Chine en Amérique latine. Symbole de cette montée en puissance : la récente entrée de la Chine dans les instances de gouvernance de la Banque inter-américaine de développement (IADB). Résumé du débat entre Gonzalo Paz et David Shambaugh de l’Université George Washington, et Evan Ellis, consultant du cabinet Booz Allen Hamilton.
Version policière des «sabotages SNCF» (2)
L'hebdomadaire d'extrême droite, Valeurs actuelles, a repris la version policière titrée "Sous la menace de l'ultragauche".
"Terroristes d'ultra-gauche" : Comment justice et presse prennent le train de la police, Politis.
Nous sommes tous des « anarcho-autonomes », Le Mague.
Arrêtez-nous, nous sommes des terroristes de l’ultra-gauche !, Le Blog de l’ultra-gauche.
Fabrication d’épouvantails, mode d’emploi
Stupeur et consternation ! Les terroristes «d’ultragauche» accusés par la ministre de l’Intérieur d’avoir saboté des caténaires de TGV, vivaient paisiblement à Tarnac, petit village de Corrèze. Ils y tenaient même l’épicerie-bar. Les habitants du village expriment tout le bien qu’ils pensaient de leurs commerçants uniques. Qu’à cela ne tienne. Les journaux télévisés unanimes brodent sur la clandestinité du groupe, «qui avait balancé ordinateurs et téléphones portables». Une épicerie, peut-être, mais «une épicerie tapie dans l’ombre», précisa fort sérieusement un journaliste de France 2.
Le journalisme policier est un art difficile. Il ne s’agit pas seulement de recueillir les confidences des enquêteurs, et de tenter tant bien que mal de séparer infos et intox. Il faut encore leur donner la forme d’un roman conforme à ce qu’attendent, selon les cas, les lecteurs, la hiérarchie du journal, ou le ministère. D’où la fabrication ultrarapide «d’épicerie tapie dans l’ombre», d’un «commando» composé d’un «cerveau» et de «lieutenants» réfugiés dans un «QG» ou de «nihilistes potentiellement très violents».
Fabrication, ou résurrection ? Aux plus âgés d’entre nous (disons, les quadragénaires bien avancés) les journaux télévisés de la semaine dernière auront au moins rappelé leur jeunesse. Aux «prêcheurs barbus des caves», aux «gangs ethniques des banlieues», a en effet succédé une autre catégorie de «méchants», bien oubliée, «la mouvance anarcho-autonome». Et resurgissent pêle-mêle les fantômes des glorieux prédécesseurs de MAM, Michel Poniatowski (ministre de Giscard), ou même Raymond Marcellin, titulaire du poste sous Pompidou.
Dans ce concours de fabrication d’épouvantails, notre confrère du Figaro, Christophe Cornevin, se classe hors catégorie. Les ultraépiciers de Tarnac, aux yeux du Figaro, étaient «en totale rupture de ban avec la société», «embarqués dans un mode de vie altermondialiste, vivotant pour certains du négoce de produits agricoles, fuyant le regard des rares riverains qui les entouraient, ces apprentis terroristes de la gauche ultra présentaient un profil bien particulier. Agés de 25 à35 ans pour le plus âgé, ces nihilistes considérés comme «potentiellement très violents» étaient articulés autour d’un petit «noyau dur» d’activistes déjà fichés pour divers actes de violences et de dégradation. A priori, aucun d’entre eux ne travaillait. «Cela ne correspondait pas à leur philosophie», lâche un enquêteur. Les femmes de la bande, quant à elles, sont plus volontiers dépeintes sous les traits de "filles de bonne famille issues de la bourgeoisie de province". Un profil somme toute guère étonnant au regard de la jeune fille chic en Burberry qui répondait au nom de Joëlle Aubron à l’époque d’Action Directe».
Paresse, lâcheté, violence, trahison de sa classe d’origine : tous ces traits de caractères individuellement, sont inquiétants. Regroupés, ils composent un tableau terrifiant. Le lendemain, le titre d’un article du même journaliste nous apprend que «l’ADN est au cœur de l’enquête». Mais au cœur de l’article… rien sur les preuves ADN.
A croire d’ailleurs que la fabrication d’épouvantails médiatiques est une spécialité en soi. Une recherche au sujet de Christophe Cornevin dans le moteur Google, donne une idée de l’ampleur des compétences du confrère. «Une dizaine de lascars sont affalés sur les bancs de la salle des pas perdus de la 23e chambre correctionnelle, écrit le journaliste. Agés de 17 à 22 ans, ils sont dans leur écrasante majorité originaires d’Afrique noire» (7 septembre 2007, article intitulé «L’essor des gangs africains dominés par le vol et la violence»). «Les barbus s’activent derrière les barreaux», titre Le Figaro en septembre. Détails : «Ces religieux clandestins se sont radicalisés en surfant sur Internet, confie un haut responsable de l’AP. Ils distillent des fragments de sourates pouvant faire référence à la violence et reprennent un discours moyenâgeux pour convertir leurs compagnons de cellule.»
Mais lorsque la tendance des épouvantails vire au modèle «trader fou», notre artisan sait aussi se reconvertir, comme dans cette description balzacienne des objets saisis lors d’une perquisition chez l’ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel : «Sur une table placée aux abords de l’impressionnant écran plat qui trône dans la pièce principale, ils ont notamment trouvé deux téléphones portables, un livre de réglementation bancaire, un numéro de la revue Investir intitulé «Comment s’enrichir en 2008», une canette entamée, une boîte de cigares Monte-Cristo et un exemplaire du Coran comprenant une version arabe et sa traduction en français.»
Ça ferait rire, si ça ne faisait pas peur. Ça ferait peur, si ça ne faisait pas rire.
Daniel Schneidermann
17/11/2008
Publié par Libération.
Terrorisme ou tragi-comédie
A l’aube du 11 novembre, 150 policiers, dont la plupart appartenaient aux brigades antiterroristes, ont encerclé un village de 350 habitants sur le plateau de Millevaches avant de pénétrer dans une ferme pour arrêter 9 jeunes gens (qui avaient repris l’épicerie et essayé de ranimer la vie culturelle du village). Quatre jours plus tard, les 9 personnes interpellées ont été déférées devant un juge antiterroriste et «accusées d’association de malfaiteurs à visée terroriste». Les journaux rapportent que le ministre de l’Intérieur et le chef de l’Etat «ont félicité la police et la gendarmerie pour leur diligence». Tout est en ordre en apparence. Mais essayons d’examiner de plus près les faits et de cerner les raisons et les résultats de cette «diligence».
Les raisons d’abord : les jeunes gens qui ont été interpellés «étaient suivis par la police en raison de leur appartenance à l’ultra-gauche et à la mouvance anarcho autonome». Comme le précise l’entourage de la ministre de l’Intérieur, «ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers». Mais il y a plus : certains des interpellés «participaient de façon régulière à des manifestations politiques», et, par exemple, «aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration». Une appartenance politique (c’est le seul sens possible de monstruosités linguistiques comme «mouvance anarcho autonome»), l’exercice actif des libertés politiques, la tenue de discours radicaux suffisent donc pour mettre en marche la Sous direction antiterroriste de la police (Sdat) et la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Or, qui possède un minimum de conscience politique ne peut que partager l’inquiétude de ces jeunes gens face aux dégradations de la démocratie qu’entraînent le fichier Edvige, les dispositifs biométriques et le durcissement de règles sur l’immigration.
Quant aux résultats, on s’attendrait à ce que les enquêteurs aient retrouvé dans la ferme de Millevaches des armes, des explosifs, et des cocktails Molotov. Tant s’en faut. Les policiers de la Sdat sont tombés sur «des documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares». En bon français : un horaire de la SNCF. Mais ils ont aussi séquestré du «matériel d’escalade». En bon français : une échelle, comme celles qu’on trouve dans n’importe quelle maison de campagne.
Il est donc temps d’en venir aux personnes des interpellés et, surtout, au chef présumé de cette bande terroriste, «un leader de 33 ans issu d’un milieu aisé et parisien, vivant grâce aux subsides de ses parents». Il s’agit de Julien Coupat, un jeune philosophe qui a animé naguère, avec quelques-uns de ses amis, Tiqqun, une revue responsable d’analyses politiques sans doute discutables, mais qui compte aujourd’hui encore parmi les plus intelligentes de cette période. J’ai connu Julien Coupat à cette époque et je lui garde, d’un point de vue intellectuel, une estime durable.
Passons donc à l’examen du seul fait concret de toute cette histoire. L’activité des interpellés serait à mettre en liaison avec les actes de malveillance contre la SNCF qui ont causé le 8 novembre le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Ces dispositifs, si l’on en croit les déclarations de la police et des agents de la SNCF eux-mêmes, ne peuvent en aucun cas provoquer des dommages aux personnes : ils peuvent tout au plus, en entravant l’alimentation des pantographes des trains, causer le retard de ces derniers. En Italie, les trains sont très souvent en retard, mais personne n’a encore songé à accuser de terrorisme la société nationale des chemins de fer. Il s’agit de délits mineurs même si personne n’entend les cautionner. Le 13 novembre, un communiqué de la police affirmait avec prudence qu’il y a peut-être «des auteurs des dégradations parmi les gardés a vue, mais qu’il n’est pas possible d’imputer une action à tel ou tel d’entre eux».
La seule conclusion possible de cette ténébreuse affaire est que ceux qui s’engagent activement aujourd’hui contre la façon (discutable au demeurant) dont on gère les problèmes sociaux et économiques sont considérés ipso facto comme des terroristes en puissance, quand bien même aucun acte ne justifierait cette accusation. Il faut avoir le courage de dire avec clarté qu’aujourd’hui, dans de nombreux pays européens (en particulier en France et en Italie), on a introduit des lois et des mesures de police qu’on aurait autrefois jugées barbares et antidémocratiques et qui n’ont rien à envier à celles qui étaient en vigueur en Italie pendant le fascisme. L’une de ces mesures est celle qui autorise la détention en garde à vue pour une durée de quatre-vingt-seize heures d’un groupe de jeunes imprudents peut-être, mais auxquels «il n’est pas possible d’imputer une action». Une autre tout aussi grave est l’adoption de lois qui introduisent des délits d’association dont la formulation est laissée intentionnellement dans le vague et qui permettent de classer comme «à visée» ou «à vocation terroriste» des actes politiques qu’on n’avait jamais considérés jusque-là comme destinés à produire la terreur.
Giorgio Agamben
19/11/2008
Traduit de l’italien par Martin Rueff.
Publié par Libération.
Écouter :
• Eric Hazan, interview (I), interview (II), interview (III), Mediapart - Dailymotion.
Lire :
• Dossier "mouvance anarcho-autonome", Infokiosques.net.
• Articles "Anarcho-autonome", WordPress.
• Les «anarcho-autonomes», le fantasme du réseau et la réalité des écrits, Médiapart - Le Blog de l’ultra-gauche.
• Julien Coupat n'est pas un "terroriste", Betapolitique.
• Quand Cantat chante, Le Monolecte.
• Action directe : justice sans fin, Le Monde diplomatique.
• Michèle Alliot-Marie et la menace terroriste, Les blogs du Diplo.
• Islam : L’ennemi fabriqué, Silvia Cattori.
• La « bande » a bon dos - Un nouveau pétard mouillé pour justifier les lois liberticides, Solidarité avec les 5 solidaires.
"Terroristes d'ultra-gauche" : Comment justice et presse prennent le train de la police, Politis.
Après les sabotages de lignes TGV le 8 novembre dernier, neuf personnes, bien vite présentées comme des "anarchistes d’ultra-gauche" par les médias et la police, ont été placées en garde à vue. Mais aucun élément n’est venu prouver leur culpabilité et de nombreuses questions restent en suspens.
Dimanche 16 novembre, neuf membres présumés d’une « cellule invisible » qualifiée « d’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome » par la ministre de l’Intérieur, ont été mis en examen pour « destructions en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Quatre d’entre-eux ont été mis en liberté sous contrôle judiciaire et cinq incarcérés. Sans qu’il existe, en l’état actuel de l’enquête, la moindre preuve qu’ils aient de près ou de loin participé aux actes de malveillance qui avaient perturbé une semaine plus tôt le trafic des TGV Nord, Est et Sud-Est. Ce qui n’a pas empêché la plupart des médias de répéter les vraies-fausses informations répandues par les policiers pour accréditer l’existence d’un « groupe de terroristes », basé à Tarnac en Corrèze, en train de préparer des sabotages. Quelques informations méritent pourtant d’être examinées de plus près, d’autant qu’elles n’ont pas été répercutées par la presse.
[...]
Le 13 novembre, un représentant du Parquet de Paris a déclaré : « Les éléments recueillis ne permettent pas de les présenter comme coupables, le délit d’opinion n’est pas criminalisé en France ». Le procureur de Paris, sur instructions, a estimé le contraire. Au début de l’enquête, le 8 au matin, les gendarmes ont annoncé disposer d’empreintes et de traces ADN. Dimanche, elles n’existaient plus. Les mises en examen, comme l’expliquent les avocats, ont donc été essentiellement faites sur des présomptions puisqu’en l’état actuel de l’enquête, il n’existe aucune preuve. Mais il est vrai que des policiers ont confié aux journalistes à propos de Julien : « Vous savez, il est très intelligent ». Ce qui constitue sans aucun doute une circonstance aggravante.
Nous sommes tous des « anarcho-autonomes », Le Mague.
Serviles, les médias lâchent les freins et vont d’amalgames en amalgames. Tout est bon pour semer le trouble dans des esprits mal informés. Les « experts » sont appelés à la rescousse. On revient alors pêle-mêle sur l’action des antinucléaires contre un train de déchets radioactifs, sur les revendications de SUD Rail, sur les manifs anti G8 ou anti-CPE, sur les faucheurs d’OGM, sur la mobilisation contre le fichier EDVIGE, sur la sortie d’un mauvais film sur La Bande à Baader... La désinformation à Très Grande Vitesse est en marche pour justifier la mise à l’index de personnes soupçonnées d’avoir mis à bout de bras des tiges en ferraille sur les caténaires de lignes TGV (dans lesquels courent 25 000 volts…). En fait, au-delà de ces arrestations, c’est finalement tout le mouvement social qui est visé.
[...]
Comment se terminera ce stupide conte de la folie ordinaire ? En 2007, des actes
similaires avaient eu lieu. Les mêmes conneries avaient été dites, mais les mystérieux
coupables n’ont jamais été arrêtés. En 2008, rebelote avec cette fois une répression
Très Grande Vitesse. Que penser de tout ça ? Le pouvoir estime que des « pensées
radicales » sont incompatibles avec la « démocratie ». Nous voilà prévenus. Nous qui,
en maintes occasions, avons lutté, protesté, manifesté, pétitionné, collé des affiches,
fait grève, écouté des chansons et des poèmes rebelles, surfé sur des sites Internet
engagés, rencontré des militants allemands, irlandais, espagnols, américains,
africains… Autant d’actes qui peuvent nous rendre vite suspects.
Arrêtez-nous, nous sommes des terroristes de l’ultra-gauche !, Le Blog de l’ultra-gauche.
Nous aussi, nous avons manifesté dans notre vie,
Nous avons même manifesté contre la guerre et pour la paix dans le monde,
Certains d’entre nous ont même manifesté à l’étranger, et certains aux Etats-Unis,
Nous aussi, nous habitons ou aimerions habiter un village de 300 habitants,
Nous avons même imaginé vivre et habiter à la campagne et devenir épiciers,
Certains d’entre nous aimeraient reprendre une vieille ferme et planter des carottes,
Nous aussi avons des ordinateurs portables et des connexions Internets,
Nous avons même créé des blogs politiques et associatifs,
Certains d’entre nous connaissent même des sites libertaires ou anarchistes,
Nous aussi, nous possédons une carte des chemins de fer et destinations de la SNCF,
Nous avons, pour les plus jeunes, une carte 12-25 ans pour voyager moins cher,
Certains d’entre nous ont même été importunés par les voies ferrés dans leur promenade du dimanche,
Nous aussi, nous avons des livres à la maison,
Nous avons même des livres politiques qui expliquent comment renverser le système capitaliste,
Certains d’entre nous ont même écrit des livres subversifs expliquant comment organiser une action militante
Nous aussi, nous aimons la nature,
Nous avons même toutes et tous pensé faire de l’escalade pour profiter des paysages de montagne,
Certains d’entre nous ont même, dangereux qu’ils sont, des mousquetons et un casque d’escalade,
Nous aussi, nous sommes allés à l’école,
Nous avons même essayé de faire des études, voire beaucoup d’études,
Certains d’entre nous ont même obtenus leur diplôme BAC+5.
Fabrication d’épouvantails, mode d’emploi
Stupeur et consternation ! Les terroristes «d’ultragauche» accusés par la ministre de l’Intérieur d’avoir saboté des caténaires de TGV, vivaient paisiblement à Tarnac, petit village de Corrèze. Ils y tenaient même l’épicerie-bar. Les habitants du village expriment tout le bien qu’ils pensaient de leurs commerçants uniques. Qu’à cela ne tienne. Les journaux télévisés unanimes brodent sur la clandestinité du groupe, «qui avait balancé ordinateurs et téléphones portables». Une épicerie, peut-être, mais «une épicerie tapie dans l’ombre», précisa fort sérieusement un journaliste de France 2.
Le journalisme policier est un art difficile. Il ne s’agit pas seulement de recueillir les confidences des enquêteurs, et de tenter tant bien que mal de séparer infos et intox. Il faut encore leur donner la forme d’un roman conforme à ce qu’attendent, selon les cas, les lecteurs, la hiérarchie du journal, ou le ministère. D’où la fabrication ultrarapide «d’épicerie tapie dans l’ombre», d’un «commando» composé d’un «cerveau» et de «lieutenants» réfugiés dans un «QG» ou de «nihilistes potentiellement très violents».
Fabrication, ou résurrection ? Aux plus âgés d’entre nous (disons, les quadragénaires bien avancés) les journaux télévisés de la semaine dernière auront au moins rappelé leur jeunesse. Aux «prêcheurs barbus des caves», aux «gangs ethniques des banlieues», a en effet succédé une autre catégorie de «méchants», bien oubliée, «la mouvance anarcho-autonome». Et resurgissent pêle-mêle les fantômes des glorieux prédécesseurs de MAM, Michel Poniatowski (ministre de Giscard), ou même Raymond Marcellin, titulaire du poste sous Pompidou.
Dans ce concours de fabrication d’épouvantails, notre confrère du Figaro, Christophe Cornevin, se classe hors catégorie. Les ultraépiciers de Tarnac, aux yeux du Figaro, étaient «en totale rupture de ban avec la société», «embarqués dans un mode de vie altermondialiste, vivotant pour certains du négoce de produits agricoles, fuyant le regard des rares riverains qui les entouraient, ces apprentis terroristes de la gauche ultra présentaient un profil bien particulier. Agés de 25 à35 ans pour le plus âgé, ces nihilistes considérés comme «potentiellement très violents» étaient articulés autour d’un petit «noyau dur» d’activistes déjà fichés pour divers actes de violences et de dégradation. A priori, aucun d’entre eux ne travaillait. «Cela ne correspondait pas à leur philosophie», lâche un enquêteur. Les femmes de la bande, quant à elles, sont plus volontiers dépeintes sous les traits de "filles de bonne famille issues de la bourgeoisie de province". Un profil somme toute guère étonnant au regard de la jeune fille chic en Burberry qui répondait au nom de Joëlle Aubron à l’époque d’Action Directe».
Paresse, lâcheté, violence, trahison de sa classe d’origine : tous ces traits de caractères individuellement, sont inquiétants. Regroupés, ils composent un tableau terrifiant. Le lendemain, le titre d’un article du même journaliste nous apprend que «l’ADN est au cœur de l’enquête». Mais au cœur de l’article… rien sur les preuves ADN.
A croire d’ailleurs que la fabrication d’épouvantails médiatiques est une spécialité en soi. Une recherche au sujet de Christophe Cornevin dans le moteur Google, donne une idée de l’ampleur des compétences du confrère. «Une dizaine de lascars sont affalés sur les bancs de la salle des pas perdus de la 23e chambre correctionnelle, écrit le journaliste. Agés de 17 à 22 ans, ils sont dans leur écrasante majorité originaires d’Afrique noire» (7 septembre 2007, article intitulé «L’essor des gangs africains dominés par le vol et la violence»). «Les barbus s’activent derrière les barreaux», titre Le Figaro en septembre. Détails : «Ces religieux clandestins se sont radicalisés en surfant sur Internet, confie un haut responsable de l’AP. Ils distillent des fragments de sourates pouvant faire référence à la violence et reprennent un discours moyenâgeux pour convertir leurs compagnons de cellule.»
Mais lorsque la tendance des épouvantails vire au modèle «trader fou», notre artisan sait aussi se reconvertir, comme dans cette description balzacienne des objets saisis lors d’une perquisition chez l’ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel : «Sur une table placée aux abords de l’impressionnant écran plat qui trône dans la pièce principale, ils ont notamment trouvé deux téléphones portables, un livre de réglementation bancaire, un numéro de la revue Investir intitulé «Comment s’enrichir en 2008», une canette entamée, une boîte de cigares Monte-Cristo et un exemplaire du Coran comprenant une version arabe et sa traduction en français.»
Ça ferait rire, si ça ne faisait pas peur. Ça ferait peur, si ça ne faisait pas rire.
Daniel Schneidermann
17/11/2008
Publié par Libération.
Terrorisme ou tragi-comédie
A l’aube du 11 novembre, 150 policiers, dont la plupart appartenaient aux brigades antiterroristes, ont encerclé un village de 350 habitants sur le plateau de Millevaches avant de pénétrer dans une ferme pour arrêter 9 jeunes gens (qui avaient repris l’épicerie et essayé de ranimer la vie culturelle du village). Quatre jours plus tard, les 9 personnes interpellées ont été déférées devant un juge antiterroriste et «accusées d’association de malfaiteurs à visée terroriste». Les journaux rapportent que le ministre de l’Intérieur et le chef de l’Etat «ont félicité la police et la gendarmerie pour leur diligence». Tout est en ordre en apparence. Mais essayons d’examiner de plus près les faits et de cerner les raisons et les résultats de cette «diligence».
Les raisons d’abord : les jeunes gens qui ont été interpellés «étaient suivis par la police en raison de leur appartenance à l’ultra-gauche et à la mouvance anarcho autonome». Comme le précise l’entourage de la ministre de l’Intérieur, «ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers». Mais il y a plus : certains des interpellés «participaient de façon régulière à des manifestations politiques», et, par exemple, «aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration». Une appartenance politique (c’est le seul sens possible de monstruosités linguistiques comme «mouvance anarcho autonome»), l’exercice actif des libertés politiques, la tenue de discours radicaux suffisent donc pour mettre en marche la Sous direction antiterroriste de la police (Sdat) et la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Or, qui possède un minimum de conscience politique ne peut que partager l’inquiétude de ces jeunes gens face aux dégradations de la démocratie qu’entraînent le fichier Edvige, les dispositifs biométriques et le durcissement de règles sur l’immigration.
Quant aux résultats, on s’attendrait à ce que les enquêteurs aient retrouvé dans la ferme de Millevaches des armes, des explosifs, et des cocktails Molotov. Tant s’en faut. Les policiers de la Sdat sont tombés sur «des documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares». En bon français : un horaire de la SNCF. Mais ils ont aussi séquestré du «matériel d’escalade». En bon français : une échelle, comme celles qu’on trouve dans n’importe quelle maison de campagne.
Il est donc temps d’en venir aux personnes des interpellés et, surtout, au chef présumé de cette bande terroriste, «un leader de 33 ans issu d’un milieu aisé et parisien, vivant grâce aux subsides de ses parents». Il s’agit de Julien Coupat, un jeune philosophe qui a animé naguère, avec quelques-uns de ses amis, Tiqqun, une revue responsable d’analyses politiques sans doute discutables, mais qui compte aujourd’hui encore parmi les plus intelligentes de cette période. J’ai connu Julien Coupat à cette époque et je lui garde, d’un point de vue intellectuel, une estime durable.
Passons donc à l’examen du seul fait concret de toute cette histoire. L’activité des interpellés serait à mettre en liaison avec les actes de malveillance contre la SNCF qui ont causé le 8 novembre le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Ces dispositifs, si l’on en croit les déclarations de la police et des agents de la SNCF eux-mêmes, ne peuvent en aucun cas provoquer des dommages aux personnes : ils peuvent tout au plus, en entravant l’alimentation des pantographes des trains, causer le retard de ces derniers. En Italie, les trains sont très souvent en retard, mais personne n’a encore songé à accuser de terrorisme la société nationale des chemins de fer. Il s’agit de délits mineurs même si personne n’entend les cautionner. Le 13 novembre, un communiqué de la police affirmait avec prudence qu’il y a peut-être «des auteurs des dégradations parmi les gardés a vue, mais qu’il n’est pas possible d’imputer une action à tel ou tel d’entre eux».
La seule conclusion possible de cette ténébreuse affaire est que ceux qui s’engagent activement aujourd’hui contre la façon (discutable au demeurant) dont on gère les problèmes sociaux et économiques sont considérés ipso facto comme des terroristes en puissance, quand bien même aucun acte ne justifierait cette accusation. Il faut avoir le courage de dire avec clarté qu’aujourd’hui, dans de nombreux pays européens (en particulier en France et en Italie), on a introduit des lois et des mesures de police qu’on aurait autrefois jugées barbares et antidémocratiques et qui n’ont rien à envier à celles qui étaient en vigueur en Italie pendant le fascisme. L’une de ces mesures est celle qui autorise la détention en garde à vue pour une durée de quatre-vingt-seize heures d’un groupe de jeunes imprudents peut-être, mais auxquels «il n’est pas possible d’imputer une action». Une autre tout aussi grave est l’adoption de lois qui introduisent des délits d’association dont la formulation est laissée intentionnellement dans le vague et qui permettent de classer comme «à visée» ou «à vocation terroriste» des actes politiques qu’on n’avait jamais considérés jusque-là comme destinés à produire la terreur.
Giorgio Agamben
19/11/2008
Traduit de l’italien par Martin Rueff.
Publié par Libération.
Écouter :
• Eric Hazan, interview (I), interview (II), interview (III), Mediapart - Dailymotion.
Lire :
• Dossier "mouvance anarcho-autonome", Infokiosques.net.
• Articles "Anarcho-autonome", WordPress.
• Les «anarcho-autonomes», le fantasme du réseau et la réalité des écrits, Médiapart - Le Blog de l’ultra-gauche.
• Julien Coupat n'est pas un "terroriste", Betapolitique.
• Quand Cantat chante, Le Monolecte.
• Action directe : justice sans fin, Le Monde diplomatique.
Les propos d'Alexandre Adler dans les colonnes du Figaro, qui comparent le NPA (Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot) au NSDAP (Parti national-socialiste des travailleurs allemands de Hitler) sont sidérants :
La responsabilité principale de l’ascension de Hitler vient des élites conservatrices catholiques et protestantes : malgré la répulsion que leur inspirait le nazisme, de temps à autre, ces élites inconsolables de l’Empire de Guillaume II ne pouvaient s’empêcher de tenir les nazis pour des patriotes, certes un peu vulgaires et excités. (…) Cette même baisse des défenses immunitaires existe aujourd’hui à gauche. (…) Tant que les dirigeants du Parti socialiste se donneront tort de leur effective modération, ils considéreront Besancenot et la théorie de petites brutes imbéciles qui font masse autour de lui comme des représentants plus purs et plus intègres des idées qu’ils défendaient dans leur jeunesse. Si nous voulons éviter que la crise nous confronte bientôt à un parti social fasciste de masse, aux connotations manifestement antisémites, c’est au Parti socialiste, en première ligne, de réagir énergiquement. (…) S’il manque à son devoir, l’explosion est à brève échéance. (Le Figaro, 4 octobre 2008).
• Michèle Alliot-Marie et la menace terroriste, Les blogs du Diplo.
• Islam : L’ennemi fabriqué, Silvia Cattori.
• La « bande » a bon dos - Un nouveau pétard mouillé pour justifier les lois liberticides, Solidarité avec les 5 solidaires.
23 novembre 2008
On licencie pour "garder nos marges de profit"
Obama promet de créer 2,5 millions d'emplois d'ici 2011 alors qu'il avoue que "la plupart des experts pensent que nous pourrions perdre des millions d'emplois l'année prochaine" [AP - Yahoo! Actualités].
En attendant qu'il prenne ses fonctions à la Maison Blanche, le 20 janvier prochain, les entreprises américaines licencient massivement. Depuis le début de 2008, 1,2 million emplois ont été perdus aux États-Unis. Au cours de la semaine précédant le 15 novembre, 542 000 nouveaux chômeurs ont un recours aux prestations d'assurance-emploi, selon des chiffres avancés par le département du Travail américain. L'Administration Bush poursuit la politique qui a conduit au désastre.
Pendant les Trente Glorieuses du néo-libéralisme, les entreprises licenciaient pour accroître leurs profits. Aujourd'hui, elles licencient pour préserver leurs profits comme l'explique cyniquement Arent Jan Hesselink, porte-parole de Philips.
Partout, aux États-Unis comme en Chine ou en Europe, les gouvernements suivent la même politique : ils financent les entreprises qui font du chantage aux licenciements pour maintenir leurs profits.
Pour aller plus loin : LANGLET Denis, L’industrie dans la tourmente de la finance, L’Harmattan
Alors que les sommets internationaux se succèdent et que les gouvernants du monde entier promettent des jours meilleurs, les plans sociaux tombent. Dans l’automobile, dans l’aéronautique, dans les banques et compagnies d’assurance, mais aussi dans les petites et moyennes entreprises, des centaines de milliers de travailleurs, de salariés, sont confrontés à la perte de leur emploi ou au chômage partiel, à la difficulté croissante de « faire leur fin de mois ».
L’étude produite par Denis Langlet dans son ouvrage « L’industrie dans la tourmente de la finance » est un matériau qui tombe à pic pour démontrer que toutes les déclarations n’engageront que ceux qui auront décidé de bien vouloir y croire. Il s’agit d’un livre explicatif, extrêmement documenté, dans lequel toute affirmation est étayée [1].
La Sociale.
Serge LEFORT
22/11/2006
[1] L'auteur rappelle opportunément que la gauche, PS et PCF, ont impulsé la déréglementation néo-libérale à partir de 1982.
En attendant qu'il prenne ses fonctions à la Maison Blanche, le 20 janvier prochain, les entreprises américaines licencient massivement. Depuis le début de 2008, 1,2 million emplois ont été perdus aux États-Unis. Au cours de la semaine précédant le 15 novembre, 542 000 nouveaux chômeurs ont un recours aux prestations d'assurance-emploi, selon des chiffres avancés par le département du Travail américain. L'Administration Bush poursuit la politique qui a conduit au désastre.
Il a semblé jusqu'ici beaucoup plus utile à Hank Paulson de voler au secours d'AIG à hauteur de 150 milliards de dollars pour préserver éventuellement quelques dizaines de milliers d'emplois plutôt que de soutenir les Big Three qui représentent, directement ou indirectement, 2,5 à trois millions d'emplois. Ceux-ci pourraient pourtant être perdus en seulement quelques mois, ce qui constituerait un signal conjoncturel et social aux conséquences désastreuses, sans commune mesure avec la faillite de Lehman Brothers. C'est à se demander si l'administration Bush sera capable -- avant de lâcher le devant de la scène -- de démontrer qu'elle sait tirer les conséquences de ses erreurs passées.
L'activité industrielle a dégringolé de +3,8 à -37,5 dans la région de Philadelphie en octobre, selon l'enquête mensuelle publiée jeudi par la Réserve fédérale locale -- alors que les économistes prévoyaient un repli limité de l'indice à -10 environ.
Pour couronner le tout, le département du Travail confirme tous les signaux de dégradation du marché de l'emploi observés dans la quasi-totalité des secteurs d'activité, avec la multiplication des plans de licenciements. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont ainsi grimpé de 27 000 à 542 000 au cours de la semaine achevée le 15 novembre.
[...]
Après le "too big to fail" (trop gros pour disparaître), c'est le "trop gros pour être sauvé" qui semble constituer un obstacle psychologique majeur pour les sénateurs républicains qui prétendent défendre les principes libéraux qui ont fait -- et c'est désormais du passé décomposé -- la fortune de l'Amérique.
Ils n'éprouvent en revanche nulle réticence à voter chaque année des rallonges de plusieurs dizaines de milliards de dollars pour financer les vaines guerres impériales de l'Amérique, comme les baptise depuis leur origine Bill Bonner.
Ces sénateurs républicains ont en effet les moyens d'opposer un veto à un plan de sauvetage de 25 milliards de dollars qui pourrait éviter la perte de 2,5 millions à 3,5 millions d'emplois avant la fin 2009.
[...]
Un jusqu'au-boutisme dans le chaos économique après l'effondrement du système financier qui semble satisfaire la fibre apocalyptique de nombreux sénateurs et représentants qui ont suivi (ou même encouragé) G.W. Bush dans les pires mésaventures géopolitiques de l'après 11 septembre 2001 et qui ont ruiné le crédit de l'Amérique -- dans tous les sens du terme.
Le secteur automobile US sera-t-il sauvé comme l'Islande ?, Chronique Agora.
Pendant les Trente Glorieuses du néo-libéralisme, les entreprises licenciaient pour accroître leurs profits. Aujourd'hui, elles licencient pour préserver leurs profits comme l'explique cyniquement Arent Jan Hesselink, porte-parole de Philips.
"Dans la division médicale, les contours d'un programme d'optimisation ont été récemment annoncés", a indiqué à l'AFP Arent Jan Hesselink, porte-parole de Philips.
"Dans ce secteur, environ 5% de tous les emplois vont devoir disparaître, malheureusement. Il y a dans la division 32.000 emplois, donc si on calcule on en arrive à environ 1.600", a-t-il ajouté.
"Nous voulons prendre des mesures qui nous permettront, même dans une période où l'économie est moins forte, de garder nos marges de profit à niveau et de même les améliorer là où c'est possible", a expliqué le porte-parole.
Le groupe a enregistré au troisième trimestre un bénéfice net en hausse de 7,8% à 357 millions d'euros grâce à la vente de sa participation dans le fabricant de semi-conducteurs TSMC.
Le groupe d'électronique néerlandais Philips supprime environ 1.600 emplois, AFP - Yahoo! Actualités.
Partout, aux États-Unis comme en Chine ou en Europe, les gouvernements suivent la même politique : ils financent les entreprises qui font du chantage aux licenciements pour maintenir leurs profits.
Les Pays-Bas ont annoncé vendredi des mesures pour soutenir leurs entreprises d'un montant de six milliards d'euros, soit 1% de leur produit intérieur brut (PIB), quelques jours avant la présentation d'un plan de relance européen qui fait débat.
[...]
Outre l'Allemagne, qui a déjà annoncé un plan national de 32 milliards d'euros sur deux ans, d'autres capitales européennes, comme Paris, Madrid ou Bruxelles ont déjà pris d'importantes mesures de soutien de l'économie.
AFP - Yahoo! Actualités.
Lire aussi :
• Ford demande 40 milliards d'euros à l'Union européenne, France 24.
• L'État allemand doit-il sauver Opel ?, France 24.
• L'Etat doit aider l'industrie automobile à sortir de la crise, euro|topics.
• General Motors : le CA prêt à envisager la faillite, contre l'avis du PDG, AFP - Yahoo! Actualités.
• Laisser mourir Detroit afin de punir les syndicats ?, Le Monde diplomatique.
• Citigroup vacille et l’Amérique s’angoisse, Libération.
• Citigroup : sauvetage, rachat ? le marché attend une annonce avant lundi, AFP - Yahoo! Actualités.
• Toyota supprime 3.000 postes temporaires au Japon, AFP - Aujourd'hui le Japon.
• La Chine surveille les éventuels licenciements de masse et les contestations salariales, China.org.
• La Chine appelle au contrôle des licenciements de masse et des conflits du travail à grande échelle, Xinhua - Le Quotidien du Peuple.
Pour aller plus loin : LANGLET Denis, L’industrie dans la tourmente de la finance, L’Harmattan
Alors que les sommets internationaux se succèdent et que les gouvernants du monde entier promettent des jours meilleurs, les plans sociaux tombent. Dans l’automobile, dans l’aéronautique, dans les banques et compagnies d’assurance, mais aussi dans les petites et moyennes entreprises, des centaines de milliers de travailleurs, de salariés, sont confrontés à la perte de leur emploi ou au chômage partiel, à la difficulté croissante de « faire leur fin de mois ».
L’étude produite par Denis Langlet dans son ouvrage « L’industrie dans la tourmente de la finance » est un matériau qui tombe à pic pour démontrer que toutes les déclarations n’engageront que ceux qui auront décidé de bien vouloir y croire. Il s’agit d’un livre explicatif, extrêmement documenté, dans lequel toute affirmation est étayée [1].
La Sociale.
Serge LEFORT
22/11/2006
[1] L'auteur rappelle opportunément que la gauche, PS et PCF, ont impulsé la déréglementation néo-libérale à partir de 1982.
22 novembre 2008
La fin de l'Empire américain (1)
Le Washington Times a publié un article révélant les principaux points d’un nouveau rapport général du National Intelligence Council (NIC) sur les prévisions à long terme de la situation politique générale du monde d’ici à 2025.
[...]
D’une façon générale et par rapport à NIC 2004, le rapport NIC 2008 prévoit le changement fondamental du passage du monde “unipolaire” (puissance US dominante) à un monde “multipolaire”.
Le rapport prévoit également un deuxième changement fondamental au niveau de l’énergie, sans s’attarder fondamentalement, semble-t-il, à l’évolution parallèle de la crise climatique, sinon pour ses possibles/probables conséquences catastrophiques. [...] ce qui est remarquable c’est le changement d’appréciation qui est en parallèle avec le premier changement signalé : la perte de l’hégémonie US est accompagnée par la fin des réserves disponibles de pétrole, ou bien est-ce le contraire, – comme si, effectivement, les deux étaient liées, comme si l’hégémonie US avait tenu essentiellement à l’hégémonie du pétrole dans notre civilisation machiniste.
Au niveau de l’économie générale, le rapport envisage des changements importants, largement influencés, ou confirmés c’est selon, par les événements des derniers mois. Principalement, il envisage le déclin du dollar et, par conséquent, la fin de son rôle hégémonique. Il envisage la montée d’une structure économique concurrente au capitalisme du laissez-faire, voire son remplacement par le “capitalisme d’Etat”.
[...]
Le rapport fait diverses “projections” sur des situations nationales, donnant un grand rôle de puissance à la Chine, mais aussi à la Russie; prévoyant une réunification des deux Corées et une “course à l’armement nucléaire” au Moyen-Orient, etc. Ces “projections” sont en général très conventionnelles et n’apportent aucune idée très nouvelle.
Effectivement, ce qui apparaît avec NIC 2008, c’est, pourrait-on dire, “la fin de la confiance” des USA en eux-mêmes, et c’est bien entendu le point psychologique principal de ce document.

Source : FNAC
Ce rapport n’envisage pas, parce que la chose est inenvisageable à un circuit de pensée bureaucratique et américaniste, l’importance de la dynamique des relations, et la dynamique de l’influence qui en découle. Il conçoit la supplantation d’une puissance brute par une autre (disons les USA par la Chine) mais n’envisage pas l’hypothèse que le déclin de la puissance US est peut-être, aussi, et surtout si la tendance se confirme, le déclin de la conception américaniste de la puissance, voire le déclin de l’idée de “puissance” telle que l’envisage Guglielmo Ferrero en 1917 lorsqu’il oppose “idéal de perfection” et “idéal de puissance” pour caractériser la grande Guerre.
[...]
Le caractère le plus frappant de cette “projection” qui se refuse même à l’être tout à fait est bien l’incertitude, et la latitude laissée aux lecteurs de NIC 2008 d’imaginer “autre chose”, et de voir survenir effectivement “autre chose”. Ce refus de la certitude du lendemain est la marque de la crise psychologique de l’américanisme, cette conception du monde effectivement marquée par la certitude de ses lendemains. S’il est suggéré, seule touche d’encouragement pour ne pas désespérer Washington, que de bons dirigeants pourraient modifier cette prévision apparemment pessimisme, nous suggérerions que cela pourrait être aussi bien la porte laissée ouverte à un développement beaucoup plus pessimiste, à une dégradation beaucoup plus rapide. Le rapport NIC 2008 aura comme effet de préparer les psychologies à cette possibilité, qui devrait être appréciée désormais comme une probabilité. NIC 2008 nous dit implicitement que la résolution éventuelle de la crise en cours, ou la fin de la crise en cours, ne débouche pas sur une restauration de l'“ordre ancien” mais ne fait que préparer à l'enchaînement des crises à suivre, – une étape dans le processus de la chute du système, pour faire bref.
Publié par Dedefensa.
Lire aussi :
• La chute de l'empire américain, c'est maintenant !, Allociné.
• Le déclin de l’empire américain ?, AgoraVox.
• BELLO Walden, La fin de l'empire. La désagrégation du système américain, Payot - Alternatives Economiques - Alternatives.
[...]
D’une façon générale et par rapport à NIC 2004, le rapport NIC 2008 prévoit le changement fondamental du passage du monde “unipolaire” (puissance US dominante) à un monde “multipolaire”.
Le rapport prévoit également un deuxième changement fondamental au niveau de l’énergie, sans s’attarder fondamentalement, semble-t-il, à l’évolution parallèle de la crise climatique, sinon pour ses possibles/probables conséquences catastrophiques. [...] ce qui est remarquable c’est le changement d’appréciation qui est en parallèle avec le premier changement signalé : la perte de l’hégémonie US est accompagnée par la fin des réserves disponibles de pétrole, ou bien est-ce le contraire, – comme si, effectivement, les deux étaient liées, comme si l’hégémonie US avait tenu essentiellement à l’hégémonie du pétrole dans notre civilisation machiniste.
Au niveau de l’économie générale, le rapport envisage des changements importants, largement influencés, ou confirmés c’est selon, par les événements des derniers mois. Principalement, il envisage le déclin du dollar et, par conséquent, la fin de son rôle hégémonique. Il envisage la montée d’une structure économique concurrente au capitalisme du laissez-faire, voire son remplacement par le “capitalisme d’Etat”.
[...]
Le rapport fait diverses “projections” sur des situations nationales, donnant un grand rôle de puissance à la Chine, mais aussi à la Russie; prévoyant une réunification des deux Corées et une “course à l’armement nucléaire” au Moyen-Orient, etc. Ces “projections” sont en général très conventionnelles et n’apportent aucune idée très nouvelle.
Effectivement, ce qui apparaît avec NIC 2008, c’est, pourrait-on dire, “la fin de la confiance” des USA en eux-mêmes, et c’est bien entendu le point psychologique principal de ce document.
Source : FNAC
Ce rapport n’envisage pas, parce que la chose est inenvisageable à un circuit de pensée bureaucratique et américaniste, l’importance de la dynamique des relations, et la dynamique de l’influence qui en découle. Il conçoit la supplantation d’une puissance brute par une autre (disons les USA par la Chine) mais n’envisage pas l’hypothèse que le déclin de la puissance US est peut-être, aussi, et surtout si la tendance se confirme, le déclin de la conception américaniste de la puissance, voire le déclin de l’idée de “puissance” telle que l’envisage Guglielmo Ferrero en 1917 lorsqu’il oppose “idéal de perfection” et “idéal de puissance” pour caractériser la grande Guerre.
[...]
Le caractère le plus frappant de cette “projection” qui se refuse même à l’être tout à fait est bien l’incertitude, et la latitude laissée aux lecteurs de NIC 2008 d’imaginer “autre chose”, et de voir survenir effectivement “autre chose”. Ce refus de la certitude du lendemain est la marque de la crise psychologique de l’américanisme, cette conception du monde effectivement marquée par la certitude de ses lendemains. S’il est suggéré, seule touche d’encouragement pour ne pas désespérer Washington, que de bons dirigeants pourraient modifier cette prévision apparemment pessimisme, nous suggérerions que cela pourrait être aussi bien la porte laissée ouverte à un développement beaucoup plus pessimiste, à une dégradation beaucoup plus rapide. Le rapport NIC 2008 aura comme effet de préparer les psychologies à cette possibilité, qui devrait être appréciée désormais comme une probabilité. NIC 2008 nous dit implicitement que la résolution éventuelle de la crise en cours, ou la fin de la crise en cours, ne débouche pas sur une restauration de l'“ordre ancien” mais ne fait que préparer à l'enchaînement des crises à suivre, – une étape dans le processus de la chute du système, pour faire bref.
Publié par Dedefensa.
Lire aussi :
• La chute de l'empire américain, c'est maintenant !, Allociné.
• Le déclin de l’empire américain ?, AgoraVox.
• BELLO Walden, La fin de l'empire. La désagrégation du système américain, Payot - Alternatives Economiques - Alternatives.
Le capitalisme chinois (2)
En Chine comme ailleurs, la crise financière se transforme en crise économique et a des conséquences sur l'emploi.
En mars, Tian Chengping, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, avait prévenu que la situation de l'emploi du pays serait "très grave" cette année pour des raisons structurelles [Xinhua] :
En novembre, Yin Weimin, ministre des Ressources humaines et de la Sécurité sociale, a qualifié la situation de l'emploi du pays de "morose" pour des raisons conjoncturelles [Xinhua et Xinhua] :
Yin Weimin exhortait les autorités locales à faire de leur mieux pour répondre de manière appropriée aux licenciements de masse et aux conflits du travail plus fréquents [Xinhua], il s'inquiète aujourd'hui "des troubles de la main-d'oeuvre" en commentant "la récente agitation parmi les travailleurs" [Xinhua].
Par ailleurs, Meng Jianzhu, ministre de la Sécurité publique a appelé la police à améliorer les méthodes de maintien de l'ordre [Xinhua] :
Le croisement de ces dépêches l'Agence de Presse chinoise Xinhua montre que :
• En quelques mois et d'un ministre à l'autre, la cause du chômage qui était structurelle est devenue miraculeusement conjoncturelle.
• Le gouvernement "communiste" se méfie de la réaction des travailleurs chinois, qu'il qualifie de "troubles" et d'"agitation".
• Yin Weimin, ministre des Ressources humaines et de la Sécurité sociale, a les mêmes préoccupations que Meng Jianzhu, ministre de la Sécurité publique pour maintenir l'ordre social.
Serge LEFORT
21/11/2006
En mars, Tian Chengping, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, avait prévenu que la situation de l'emploi du pays serait "très grave" cette année pour des raisons structurelles [Xinhua] :
Quelque 20 millions de nouveaux travailleurs rejoignent chaque année la population active dans les régions urbaines et rurales et la Chine aura un large contingent de nouvelles forces de travail pendant une assez longue période, a-t-il indiqué en marge de la première session de la 11e Assemblée populaire nationale de Chine.
Cependant, les villes et les bourgs ne peuvent offrir que 12 millions d'emplois chaque année, et une grande quantité de travailleurs migrants affluent vers les villes, a-t-il rappelé.
En novembre, Yin Weimin, ministre des Ressources humaines et de la Sécurité sociale, a qualifié la situation de l'emploi du pays de "morose" pour des raisons conjoncturelles [Xinhua et Xinhua] :
La mauvaise situation économique mondiale pèse sur le marché de l'emploi du pays depuis octobre, le chômage s'abattant sur certaines entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises à forte intensité de main-d'oeuvre qui ont dû fermer ou suspendre leurs opérations.
Yin Weimin exhortait les autorités locales à faire de leur mieux pour répondre de manière appropriée aux licenciements de masse et aux conflits du travail plus fréquents [Xinhua], il s'inquiète aujourd'hui "des troubles de la main-d'oeuvre" en commentant "la récente agitation parmi les travailleurs" [Xinhua].
Par ailleurs, Meng Jianzhu, ministre de la Sécurité publique a appelé la police à améliorer les méthodes de maintien de l'ordre [Xinhua] :
La police doit être consciente du défi apporté par la crise financière globale et faire de son mieux pour maintenir la stabilité sociale, a indiqué Meng Jianzhu, en appelant la police à améliorer les méthodes de maintien de l'ordre en utilisant "une pensée harmonieuse pour atténuer les conflits et une attitude harmonieuse pour traiter le peuple".
"Le peuple doit être conscient de l'autorité et de la dignité de la loi, ainsi que de l'affection des autorités de la sécurité publique", a-t-il poursuivi.
Le croisement de ces dépêches l'Agence de Presse chinoise Xinhua montre que :
• En quelques mois et d'un ministre à l'autre, la cause du chômage qui était structurelle est devenue miraculeusement conjoncturelle.
• Le gouvernement "communiste" se méfie de la réaction des travailleurs chinois, qu'il qualifie de "troubles" et d'"agitation".
• Yin Weimin, ministre des Ressources humaines et de la Sécurité sociale, a les mêmes préoccupations que Meng Jianzhu, ministre de la Sécurité publique pour maintenir l'ordre social.
Serge LEFORT
21/11/2006
Inscription à :
Articles (Atom)