22 janvier 2009

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (6)


Abie Nathan est le pacifiste israélien qui a fondé la radio pirate Voice of Peace.

27/08/2008, Mort Abie Nathan - Voice of Peace, IsraelValley.

28/08/2008, Décès d'Abie Nathan, pionnier du mouvement pacifiste israélien, NouvelObs.
28/08/2008, Décès d'Abie Nathan, pionnier du mouvement pacifiste israélien, Aide Sanitaire Suisse aux Palestiniens.
28/08/2008, Abie Nathan, le pacifiste israélien qui n'aura pas vu la paix, Rue89.
28/08/2008, Gideon Levy : The last of the dreamers of peace, Ha'aretz.

29/08/2008, Disparition d’Abie Nathan, pionnier du pacifisme israélien, Info-Palestine.
29/08/2008, Abie Nathan : Mort d’un héros de la paix, World Music.

06/09/2008, Uri Avnery : Cavalier solitaire, AFPS .

Autres textes sur Abie Nathan :

Google.
Info-Palestine.

Site sur Abie Nathan.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

21 janvier 2009

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (5)


Ilan Pappé est président du département d’Histoire de l’Université d’Exeter et l'un des « nouveaux historiens » qui ont réexaminé de façon critique l'histoire d'Israël et du sionisme.

02/01/2009, La "juste colère" d'Israel et ses victimes à Gaza [Le véritable but du carnage à Gaza], UJPF - Temps obscurs - Les doigts dans la crise - Cri du Peuple 1871.

04/01/2009, Gaza : l’analyse d’Ilan Pappé, Nouvelles grimaces - Blog LeMonde.fr.

14/01/2009, La prison de Gaza, ContreInfo.
14/01/2009, Le message d’Israël, EuroPalestine - Vigile.net.

Autres textes de Ilan Pappé :
UJPF.
AFPS.
Info-Palestine.
CCIPPP.
EuroPalestine.
Palestine - Solidarité.
Alternatives.
ContreInfo.
International Solidarity Movement.

Ilan Pappé, BiblioMonde.
The Official Website of Ilan Pappé.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

20 janvier 2009

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (4)


Gideon Levy est un journaliste du journal israélien Ha'aretz. Très critique de l'attitude israélienne vis-à-vis des Territoires occupés, il tient dans ce journal une chronique hebdomadaire des violations commises contre les Palestiniens sous le titre de « Twilight Zone ».

29/12/2008, The neighborhood bully strikes again, Ha'aretz.

31/12/2008, Les forces aériennes israéliennes sèment la mort, EuroPalestine - Info-Palestine.

01/01/2009, A Gaza, le difficile décompte des victimes civiles des frappes, Rue89.

04/01/2009, Gideon Lévy : une épine dans le flanc d'Israël, Le Monde.

05/01/2009, Dissidence israélienne, Le Devoir.

09/01/2009, Le temps des justes, Questions Critiques - UJPF - Info-Palestine.

12/01/2009, Choses vues de La Haye [Les dirigeants d’Israël paieront pour ce bain de sang], Info-Palestine [Dette de sang], Alternatives International.

15/01/2009, L’armée israélienne n’a aucune pitié pour les enfants des écoles maternelles de Gaza, Info-Palestine.

17/01/2009, L'écrivain, le journaliste et la division des pacifistes israéliens, Rue89.

Autres textes de Gideon Levy :
UJPF.
AFPS.
Info-Palestine.
CCIPPP.
EuroPalestine.
Palestine - Solidarité.
Alternatives International.
ContreInfo.
International Solidarity Movement.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

19 janvier 2009

Les dirigeants israéliens devant la CPI de La Haye !

Gaza Carnage Counter

Ci-dessous la pétition universelle proposée par Me Gilles Devers à tous ceux qui souhaitent appuyer la démarche de plus de 320 associations qui portent plainte contre les crimes de guerre israéliens devant la Cour Pénale internationale.

A Monsieur le Procureur près de la Cour Pénale Internationale (CPI)

Le droit est la marque de la civilisation humaine. Chaque progrès de l’humanité est allé de pair avec le renforcement du droit. Le défi que nous lance l’agression d’Israël sur Gaza est d’affirmer, au cœur de ces souffrances, qu’à la violence doit répondre la justice.

Crimes de guerre ? Seuls les tribunaux peuvent condamner. Mais nous devons tous témoigner car un être humain n’existe que dans son rapport aux autres. Les circonstances donnent toute sa dimension à l’article 1er de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1949 « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

La protection des peuples, et non pas celle des Etats, est la raison d’être de la CPI. Un peuple sans Etat est le plus menacé de tous, et, devant l’Histoire il se trouve placé sous la protection des instances internationales. Le peuple le plus vulnérable doit être le plus protégé. En tuant les civils palestiniens, les chars israéliens font saigner l’humanité. Nous avons milité pour que le pouvoir du Procureur général soit au service de toutes les victimes, et cette compétence doit permettre d’adresser au monde entier un message d’espoir, celui de la construction d’un droit international fondé sur le droit des personnes. Et ensemble, un jour, nous pourrons rendre hommage au peuple palestinien pour tout ce qu’il a apporté dans la défense des libertés humaines.


Signez et faites circuler cette « pétition universelle ».

Publié par Tlaxcala - EuroPalestine.

Texte complet de la plainte, Nouvelles grimaces - Blog LeMonde.fr.
Associations signataires, Nouvelles grimaces - Blog LeMonde.fr.

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (3)


Uri Avnery est journaliste, membre fondateur et un des responsables de Gush Shalom.

03/01/2009, Israël a manqué un rendez-vous avec l’histoire, ContreInfo.          

04/01/2009, Plomb en fusion, AFPS.

05/01/2009, Israël Gaza - Le J'accuse de Ury Avnery, Le Canard de Mulhouse.
05/01/2009, Dissidence israélienne, Le Devoir.

10/01/2009, Combien de divisions ?, UJFP - AFPS - ContreInfo.

12/01/2009, Guerre, Duperie, Mensonge, et Propagande, Bellaciao.

13/01/2009, "Nous sommes totalement, résolument contre cette guerre", l'Humanité.

17/01/2009, Le chef est devenu fou [Déraison], ContreInfo.

Autres textes de Uri Avnery :
UJPF.
AFPS.
Info-Palestine.
CCIPPP.
EuroPalestine.
Palestine - Solidarité.
Alternatives.
Alternatives International.
ContreInfo.
International Solidarity Movement.

Israeli Peace Bloc, Gush-Shalom.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

18 janvier 2009

Choses vues de La Haye

"Les dirigeants d’Israël paieront pour ce bain de sang" [1]

Quand les canons se tairont finalement, le temps des questions et des enquêtes sera venu. Les nuages de fumée et de poussière se dissiperont dans le ciel noir de Gaza ; la ferveur pour soutenir la guerre et la désensibilisation des masses seront à jamais oubliées et nous pourrions peut-être avoir une image claire de la bande de Gaza dans toute la réalité de la guerre qu’elle a subie. Ensuite, nous verrons l’étendue des tueries et des destructions, les cimetières surchargées et les hôpitaux débordés, les milliers de blessés et les handicapés physiques, les maisons détruites qui restent pour témoigner de cette guerre.

Les questions qui doivent être posées avec autant de précautions que possible sont de savoir qui est coupable et qui est responsable. Le volonté exagérée du Monde à pardonner à Israël est susceptible de se fissurer à ce moment-là. Les pilotes et les artilleurs, les équipes de tanks et les soldats de l’infanterie, les généraux et les milliers personnes engagées dans cette guerre chacun selon son zèle apprendront l’ampleur du mal et le caractère aveugle des frappes militaires. Ils n’auront peut-être pas à payer n’importe quel prix. Ils sont allés au combat mais d’autres les ont envoyés.

Un examen public, moral et judiciaire sera appliqué à deux hommes et une femme d’Etat israélien qui ont envoyé les Forces israéliennes en guerre contre une population impuissante, qui n’a même pas un endroit où se réfugier, dans la seule guerre peut-être dans l’histoire contre une bande de terre délimitée par une clôture.


Source : Vigile.net


Ehud Olmert, Ehud Barak et Tzipi Livni se tiendront dans le box des accusés. Le premier est déjà mis sous examen pénal et les deux autres sont candidats pour le poste de premier ministre.

Il serait inconcevable de ne pas leur demander de rendre compte du bain de sang à Gaza.

Olmert est le seul Premier ministre israélien qui a envoyé son armée en guerre par deux fois au cours de son bref mandat. L’homme qui a fait un certain nombre de déclarations courageuses sur la paix à la fin de son mandat, a orchestré pas moins de deux guerres. Parler de paix et de guerre, le « modéré » et l’« éclairé » Premier ministre s’est révélé comme l’un de nos plus grands fomentiers de guerre. En comparaison de cela, ses corruptions ("cash enveloppes" et les passe-droits "Rishon Tours") le feront apparaître blanc comme neige.

Barak, le chef du parti de la gauche doit rendre compte des crimes des forces armées sous sa direction. Sa responsabilité est entière dans les bombardements et les tirs d’obus sur les centres de population, dans les centaines de morts et de blessés parmi les femmes et les enfants, dans le nombreux tirs sur les équipes médicales, dans l’utilisation des bombes au phosphore employées contre des zones civiles, dans le bombardement de l’école de l’ONU qui a servi de refuge à des résidents qui ont saigné à mort pendant des jours parce que les forces armées empêchaient leur évacuation en leur tirant dessus et en leur lançant des obus. Il doit porter la responsabilité même du siège imposé à Gaza pendant un an et demi et dont les implications sont effroyables dans la guerre d’aujourd’hui. Tout cela va compter comme crimes de guerre.

Livni, la ministre des Affaires étrangères et chef du parti centriste, restera dans les mémoires comme celle qui a poussé et légitimé le silence sur tous ces événements. La femme qui a promis « une autre forme de politique » y est totalement impliquée. Cela ne doit pas être oublié.

Contrairement à ce qui a été affirmé, nous sommes autorisés à croire que ces trois leaders ne se sont pas lancés dans la guerre pour des considérations électorales. N’importe quel moment est bon en Israël pour faire la guerre. Nous avons engagé la précédente guerre, trois mois après les élections, non pas deux mois avant. Israël va-t-il les juger sévèrement à la lumière des images provenant de la bande de Gaza ? Peu probable. Barak et Livni sont effectivement en hausse dans les sondages. L’épreuve qui les attend n’est pas une affaire locale. Il est vrai que certains hommes d’État étrangers ont cyniquement applaudi aux bombardements israéliens. Il est vrai que les USA ont gardé le silence, que l’Europe est restée muette, que l’Égypte a soutenu l’agression mais d’autres voix vont sortir des crépitements du combat.

Les premiers échos peuvent déjà être entendus. Ce week-end, l’ONU et la Commission des droits de l’Homme à Genève, ont demandé une enquête sur les crimes de guerre qui auraient été perpétrés par Israël. Dans un monde où les dirigeants bosniaques et leurs homologues du Rwanda ont déjà été mis en examen, une demande similaire est susceptible de porter sur les fomentiers de cette guerre. Les basketteurs israéliens ne seront pas les seuls à avoir honte dans les arènes sportives, et les hauts dirigeants qui ont enclenché cette guerre ne seront pas les seuls contraints de se cacher dans les avions d’El Al de peur qu’ils ne soient arrêtés.

Cette fois, nos plus hauts responsables d’Etat, les membres du cabinet de guerre seront susceptibles de payer un prix personnel et national.

Je n’écris pas ces mots avec plaisir mais avec tristesse et une profonde honte... en dépit de la tolérance internationale envers Israël, le Monde pourrait voir les choses autrement cette fois-ci. Si nous continuons ainsi, peut-être qu’un jour un nouveau tribunal spécial sera créé à La Haye.

Gideon Levy
12/01/2009
Publié par Info-Palestine.



[1] Choses vues de La Haye est ma traduction du titre original Things one sees from The Hague.

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (2)


Amira Hass est une journaliste et auteur israélienne, surtout connue parce qu'elle vit en Cisjordanie après avoir habité à Gaza et qu'elle rapporte les événements du conflit israélo-palestinien depuis les territoires palestiniens pour le quotidien Ha'aretz.

28/12/2008, Gaza, "Petit Bagdad" - Bombes, Peur, Rage, EuroPalestine.

30/12/2008, "Les frappes ne visent pas le Hamas mais tous les Palestiniens", ContreInfo.
30/12/2008, C’est comme ça que nous les aimons, Gauche Anticapitaliste.
30/12/2008, A cause du blocus, les interventions chirurgicales se font sans anesthésie et sans gants, Gauche Anticapitaliste.

31/12/2008, "Nous n’avons pas de montagnes ni de grottes où nous cacher", Gauche Anticapitaliste.

05/01/2009, Pas de crise humanitaire à Gaza ?, Info-Palestine - Alternatives international.

07/01/2009, C'est une chance que mes parents ne soient plus là, UJPF.

08/01/2009, "Un sujet d’agacement pour la Sûreté Générale israélienne", EuroPalestine.

Autres textes de Amira Hass :
UJPF.
AFPS.
Info-Palestine.
CCIPPP.
EuroPalestine.
Palestine - Solidarité.
Alternatives.
Alternatives International.
ContreInfo.
International Solidarity Movement.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

17 janvier 2009

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (1)


Michel Warschawski est le président du mouvement israélien Centre d'information alternative. Anti-sioniste, il souhaite le remplacement d'Israël par un État dit bi-national.

27/12/2008, "Inculpez Barak, Livni, Olmert pour crimes de guerre !", AFPS - Info-Palestine - CCIPPP.

28/12/2008, Israël, État terroriste, Mediapart.
28/12/2008, Michel Warschawski sort un livre sur l'état de "l'occupation-colonisation" des territoires palestiniens par Israël, Bakchich.

29/12/2008, Union nationale contre le Hamas en Israël, Radio Suisse Romande.

31/12/2008, Condamner les « deux côtés » : pire que les assassins !, UJPF - AFPS - Info-Palestine - CCIPPP.

02/01/2009, Le carnage à Gaza : criminel et abject, CCIPPP.
02/01/2009, Pathétique ? Enlève la poutre que tu as dans l’oeil, Ari Shavit !, CCIPPP.

04/01/2009, Il qualifie le "carnage de Gaza d’abject et de criminel", Liberté (Algérie).

07/01/2009, "En Israël, le soutien massif à l'opération a commencé à s'éroder", Le Monde.

08/01/2009, Mouvement Global de Résistance Non Violente, Mediapart.
08/01/2009, Le carnage de Ghaza vu par l'Israélien Michel Warschawski, Le Matin (Algérie).

09/01/2009, Des doutes en Israël aussi, Le Temps (Suisse).

11/01/2009, Pourquoi le carnage ?, Temps obscurs.

12/01/2009, Il s’agit « de punir les Palestiniens du seul fait qu’ils continuent à exister », Article 11 - Alternatives - UJPF.

15/01/2009, Entretien avec Michael Warschawski, AFPS.
15/01/2009, Pour Michael Warschawski, l'opinion de Chavez, Morales et Lula compte en Israël, Mediapart.
15/01/2009, La note sanglante, Alternatives International.

Autres textes de Michel Warschawski :
UJPF.
AFPS.
Info-Palestine.
CCIPPP.
Palestine - Solidarité.
Alternatives.

Alternative Information Center, AIC - Alternatives International.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

16 janvier 2009

"Juger Livni, Barak et Olmert pour crimes de guerre"

Entretien avec Pierre Stambul, Président de l'Union Juive Française pour la Paix, publié dans Le Jour d'Algérie à lire au format PDF.


Source : UJFP

Le sionisme responsable de la guerre à Gaza

La guerre sanglante que l’armée israélienne mène à Gaza n’est pas venue de nulle part. Tzipi Livni a prévenu tous les partis politiques sionistes 48 heures avant l’agression et tous l’ont approuvée, y compris le Meretz (la gauche sioniste). Le mouvement « La Paix Maintenant » et les écrivains dits « de gauche » (mais farouchement sionistes) Amos Oz, Avraham Yehoshua et David Grossman ont aussi approuvé l’invasion en prônant peu après une trêve. Tous partagent le point de vue officiel en Israël : pour eux, le Hamas est un monstre infréquentable contre lequel le droit de tuer va de soi, même s’il y a des « dommages collatéraux ».

Des Israéliens juifs anticolonialistes s’opposent à la guerre. Ils témoignent et manifestent quotidiennement avec un grand courage. Ils ne représentent qu’une petite minorité (il paraît que 95% des Israéliens juifs étaient d’accord avec la perspective d’attaquer le Hamas) mais leur importance et leur influence dépassent leur nombre. Tous sont non sionistes ou antisionistes. Ils sont les seuls à comprendre la nature du crime commis à Gaza : crime de guerre et crime contre l’humanité. Il faudra bien qu’on en finisse avec l’impunité de cet Etat-voyou. Cela passera par le boycott d’Israël tant que durera l’occupation et par le jugement des criminels de guerre.

Une idéologie totalitaire

En Israël, tout est sioniste. L’identité, la mentalité, l’histoire enseignée, les médias, les lois, l’air que l’on respire. Personne ne peut échapper à cette idéologie qui s’insinue partout. Au nom de cette idéologie, 60 ans après la création de l’Etat d’Israël, la moitié des Bédouins du Néguev vivent dans des bidonvilles sans route, ni eau, ni électricité, ni maison en dur, parce que l’Etat Juif ne reconnaît pas leurs villages et leurs actes de propriété. Entre Méditerranée et Jourdain, il y a environ 5 millions de Palestiniens et 5 millions et demi de Juifs. À cause du sionisme, les premiers n’ont aucun droit. Ils sont soit bombardés et massacrés, soit occupés, soit des sous citoyens dans leur propre pays. L’apartheid s’est installé.

Dans l’histoire multiple et diverse du judaïsme, le sionisme a fait irruption, il y a un peu plus d’un siècle et il a la prétention aujourd’hui de s’imposer à tous les Juifs. Si on le critique et qu’on n’est pas juif, on est forcément antisémite. Si on est juif, alors on est un « traître qui a la haine de soi ». Et si on est palestinien, le sionisme délivre un droit de tuer, pour la bonne cause bien sûr, la sacro-sainte « sécurité d’Israël ».

Il n’en a pas toujours été ainsi. En 1948, tous les grands noms du judaïsme américain avec en tête Albert Einstein et Hannah Arendt signent une adresse au président Truman lui enjoignant d’arrêter ou d’expulser le terroriste Menahem Begin qui vient de massacrer 200 villageois à Deir Yassine. Aux yeux du monde, le judaïsme à l’époque, c’est Rosa Luxembourg, Freud, Kafka, Einstein, Arendt. Tou-te-s étaient non croyant-e-s et non sionistes comme la majorité des 6 millions de morts du génocide nazi. Comment est-on arrivé à cette inversion qui fait que les valeurs de fascistes (je ne trouve pas d’autre mot) comme Begin, Shamir, Liberman , Sharon se sont imposées et sont devenues celles des criminels Olmert, Perès, Barak, Livni ...ou celles d’un grand nombre de dirigeants communautaires en France.

Cette mutation est incompréhensible si on n’examine pas ce qu’est le sionisme : à la fois un nationalisme, une forme de colonialisme, un messianisme qui a fabriqué un « homme juif nouveau ». Et une idéologie devenue ultra militariste, ayant fabriqué un pays devenu la tête de pont de l’impérialisme au Proche-Orient. Une idéologie affirmant offrir un « havre de paix » aux Juifs. Avec à la clé une instrumentalisation du génocide nazi et de l’antisémitisme.

Une histoire falsifiée

Les sionistes ont fabriqué une histoire fantastique du judaïsme. Alors que la grande majorité des premiers sionistes étaient non-croyants et souvent très hostiles aux religieux, ils sont allés chercher dans la Bible toutes les « justifications » au projet colonial qu’ils étaient en train d’inventer.

Depuis des dizaines d’années, il y a consensus chez les archéologues et les spécialistes de l’histoire antique (lire « La Bible Dévoilée » de Finkelstein et Silberman chez Bayard). Les épisodes d’Abraham et de Moïse sont totalement légendaires. Mais, ce qui est plus important, la conquête de Canaan par Josué est totalement légendaire. Ce texte qui est une véritable apologie du nettoyage ethnique et du massacre de « l’autre » n’a aucune réalité historique. C’est pourtant lui qui sert de base « historique » à l’installation des colons en Cisjordanie et aux partisans de l’expulsion des Palestiniens (la moitié de la société israélienne y est favorable). Il n’y a aucune trace archéologique de l’existence du royaume unifié de David et Salomon. À l’époque, Jérusalem était un village. Il est très probable que le royaume d’Israël (détruit par les Assyriens) et celui de Juda (détruit par les Babyloniens) aient toujours été des entités distinctes. Et il est surtout avéré que, pendant toute l’antiquité des peuples différents, des langues différentes et des religions différentes ont cohabité sur cette terre qui était un véritable carrefour. Les sionistes qui affirment que c’est la terre du peuple juif et que l’Etat d’Israël est une reconstitution du « royaume unifié » ont entériné une légende religieuse à laquelle ils ne croyaient pas eux-mêmes.

Dans la théorie sioniste, le peuple juif a été expulsé de sa terre au moment de la guerre menée par Titus et de la destruction du temple. Il aurait vécu 2000 ans en exil dans des conditions épouvantables jusqu’à ce que le sionisme lui permette de retourner dans son pays.

Or cette théorie est une affabulation. Dans « Comment le peuple juif fut inventé » (chez Fayard), Shlomo Sand montre, documents à l’appui, qu’il n’y a eu ni exil ni retour. Au moment de la destruction du temple, il y avait déjà des Juifs à Babylone, Alexandrie, Rome, en Espagne ...Après la défaite face aux Romains, c’est la religion qui s’est dispersée, pas le peuple. Donc les descendants des Hébreux sont essentiellement les Palestiniens. Ben Gourion en était d’ailleurs persuadé et il a d’abord songé à les intégrer au projet sioniste.

Pendant plusieurs siècles dans l’empire Romain puis dans d’autres régions, la religion juive a été prosélyte. Les Juifs ont formé un pourcentage notable des habitants de l’empire romain. De nombreuses conversions ont eu lieu plus tard chez les Berbères d’Afrique du Nord puis chez les Khazars (une tribu turque ayant établi un empire entre Caspienne et Mer Noire). Bref les Juifs d’aujourd’hui seraient majoritairement descendants de convertis. Quant au retour, à plusieurs reprises, les Juifs auront l’occasion de s’installer à Jérusalem et ils préfèreront aller à Bagdad, Alexandrie ou Salonique. Il n’y a pas de « race » juive et (d’après Sand) même pas de « peuple » juif. La théorie sioniste de l’exil et du retour est complètement une construction idéologique.

Les sionistes ont instrumentalisé l’épisode de Massada. Après la prise de Jérusalem par Titus, des Juifs révoltés sont assiégés par les Romains dans la citadelle de Massada au-dessus de la Mer Morte et ils préfèrent le suicide à la reddition. D’où le complexe de Massada : « personne n’aime les Juifs, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes et ils sont menacés en permanence de destruction ». En réalité, les révoltés de Massada étaient des fanatiques religieux (les zélotes) qui ont commencé par massacrer les Juifs qui acceptaient le mélange avec les autres peuples de la région et la souveraineté romaine.

Diaspora et antisémitisme

Pour les sionistes, la diaspora (=dispersion) est une parenthèse qui se serait terminée avec la fondation de l’Etat d’Israël. C’est faux : la diaspora est le centre de l’histoire des différents judaïsmes. C’est le lieu où la religion s’est structurée. C’est là que les différentes langues juives (judéo-arabe, ladino, yiddish) se sont développées. Le sionisme s’est acharné à faire disparaître les langues, les traditions et les cultures des différentes communautés juives de la diaspora. La plupart des Israéliens ont des noms et des prénoms qui n’ont rien à voir avec ceux de leurs ancêtres. L’Hébreu s’est imposé, la culture israélienne a fonctionné comme un effaceur du passé. Pour fabriquer l’Israélien nouveau, il a fallu « tuer » le Juif (le cosmopolite, le minoritaire, le dispersé). La plupart des Israéliens ignorent tout de leur histoire. Cette absence de mémoire, remplacée par une mémoire falsifiée est une des explications de leur indifférence à « l’autre ».

Le sionisme décrit la vie en diaspora comme une suite ininterrompue de persécutions et de malheurs qui auraient pris fin avec la création d’Israël. Avec l’idée que le mélange ou l’égalité des droits entre Juifs et Non Juifs est impossible et que les Juifs ne peuvent vivre qu’entre eux dans un Etat juif.

Il y a là une vision réductrice. La persécution des Juifs commence sous l’empereur Constantin (IVe siècle ap JC) quand le christianisme devient religion officielle. Cet antijudaïsme chrétien a des origines multiples : le christianisme est issu du judaïsme, les 2 religions ont longtemps été en concurrence, l’accusation de « déicide » est centrale chez les Chrétiens. Les Juifs subiront de très nombreuses expulsions (la plus importante étant l’Espagne en 1492), de grands massacres (croisades, Ukraine), un enfermement et une discrimination systématiques. Mais il y a eu aussi des périodes plus fastes marquées par une vie culturelle intense. Les sionistes essaient de montrer que les Musulmans ont toujours été les ennemis des Juifs. C’est faux : le statut de « dhimmi » n’est certes pas la citoyenneté, mais il a assuré aux Juifs une paix relative qui n’a rien à voir avec les persécutions chrétiennes.

C’est paradoxalement l’Emancipation des Juifs européens (qui commence au XVIIIe siècle en Allemagne et en France) qui provoque la transformation de l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial. Le Juif personnifie l’obstacle à la construction d’Etats-nations ethniquement purs. Il devient le bouc émissaire de tous les nationalismes. C’est le consensus antisémite en Europe qui permettra le génocide nazi.

Le sionisme contre l’Emancipation

Vers 1900, une dizaine de millions de Juifs vivent en Europe de l’Est. Ils parlent le Yiddish. Les transformations sociales les ont massivement prolétarisés. Une grande partie d’entre eux abandonne la religion et se tourne vers les idées socialistes. Pour beaucoup, la révolution, en émancipant les prolétaires, résoudra la question de l’antisémitisme. Si les principaux partis révolutionnaires mettent entre parenthèse la « question juive », le Bund, parti révolutionnaire juif, propose dans le cadre de la Révolution, une « autonomie culturelle » des Juifs là où ils vivent.

C’est à cette époque qu’apparaît le sionisme. Il se présente au départ comme une version juive des différents nationalismes (qui mèneront à la boucherie de 1914 et au nazisme) avec l’équation simple : un peuple = un état. Problème : s’il y a à l’évidence un peuple Yiddish entre Baltique et Mer Noire, ce peuple a peu à voir avec les Juifs marocains, irakiens ou yéménites. Les sionistes inventent donc le peuple et l’exil. Alors que le Bund crée des milices d’autodéfense contre les pogromistes, les sionistes considèrent que l’antisémitisme est inévitable, qu’il est inutile de le combattre et que la seule solution est la fuite vers le futur Etat Juif. Ils tournent délibérément le dos à toute idée d’égalité, d’émancipation, de citoyenneté, de mélange. Peu avant sa mort, Herzl rencontre un des pires ministres antisémites du tsar en lui expliquant que sionistes et tsaristes ont des intérêts communs : faire partir un maximum de Juifs. Le pogrom de Kichinev ou l’Affaire Dreyfus sont utilisés pour convaincre que tout combat en Europe est inutile. L’Affaire Dreyfus a pourtant montré que l’antisémitisme concernait toute la société et que la victoire des forces de progrès était possible.

Les sionistes, très souvent laïques voire athées, s’emparent du texte biblique et décident de s’installer en Palestine. C’est le fameux mensonge fondateur de Zangwill (« une terre sans peuple pour un peuple sans terre »). Leur installation commence donc par la négation de l’existence du peuple palestinien. Du coup, ils fabriquent une histoire de la Palestine, où paraît-il les Juifs auraient vécu sans interruption depuis 4000 ans. C’est bien sûr faux. Après la dernière révolte juive contre les Romains (Bar Kochba), il y a très peu de Juifs en Palestine, la population étant devenue chrétienne puis musulmane. Vers 1900, les Juifs forment 4% de la population en Palestine, ce qui est la même proportion que dans les pays voisins. Ils sont majoritairement arrivés au XVIIIe siècle, sont très bien intégrés et sont contre toute idée d’Etat Juif.

Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, les sionistes seront très minoritaires parmi les Juifs. Ceux qui émigrent pour fuir la misère ou l’antisémitisme partent très majoritairement vers les Etats-Unis ou l’Europe occidentale. Toutes les élections qui ont lieu en Pologne ou en Lituanie dans les ghettos montrent que les partis sionistes sont minoritaires. En 1939, il n’y a que 3% de la population juive mondiale qui est partie en Palestine.

Le sionisme n’est pas au départ religieux. Le courant religieux sioniste (celui du rabbin Kook) sera au départ très faible, les religieux étant majoritairement sceptiques, voire très hostiles au sionisme. Ils considèrent que l’Etat Juif se substituent au Messie. Il faudra attendre 1967 avec l’émergence du courant national-religieux pour voir l’horrible synthèse entre colonialisme et intégrisme.

Du colonialisme au nettoyage ethnique

Les sionistes sont arrivés en Palestine avec le même complexe de supériorité vis-à-vis des autochtones et le même comportement que les colonialistes de l’époque. Il s’agissait d’accaparer le maximum de terre et de repousser, confiner, domestiquer le peuple qui vivait là. Au musée de la ville israélienne de Hadera, il y a une grande photo avec la légende : « Moshé X, fondateur de Hadera ». Autour de l’individu en question, il y a une quinzaine de Palestiniens, mais les fondateurs du musée n’ont même pas vu qu’ils existaient. Tout sera bon pour acquérir des terres. L’argent qui sert à « arroser » quelques féodaux et à valoriser les terres mais aussi la force. La déclaration Balfour marque la complicité entre le sionisme et l’impérialisme. Pour Balfour qui partage les préjugés antisémites de l’époque, c’est un coup double : faire partir les Juifs d’Europe et assurer une présence européenne au Moyen-Orient où l’empire ottoman s’est effondré.

Quand les Palestiniens réalisent que l’immigration juive a pour projet d’établir un Etat juif et de les déposséder de leur propre pays, ils se révoltent (1929, 1936) et c’est l’armée britannique qui les écrase. Pendant toute cette période, les sionistes construisent un véritable appareil d’état et ils sont totalement absents de la lutte contre la montée du nazisme. Pire, l’aile droite du sionisme dont le chef de file est Jabotinski, s’inspire directement des idées fascistes (il a vécu en Italie et admirait Mussolini) pour proposer dès 1930 l’expulsion des Palestiniens au-delà du Jourdain. Le groupe Stern d’Itzhak Shamir (futur premier ministre d’Israël) avait une telle conscience du génocide nazi qu’il assassinera des soldats britanniques jusqu’en 1942 et tentera de négocier avec les Nazis.

Les sionistes ont joué un rôle confidentiel dans la résistance juive au nazisme qui a été principalement communiste ou bundiste. Et pourtant, c’est le génocide (qui a tué la moitié des Juifs européens et a fait définitivement disparaître le Yiddishland) qui va permettre la fondation d’Israël.

Les Européens, les Américains et les Soviétiques se rallient dès 1945 à l’idée d’un Etat Juif. Ils vont faire payer au peuple palestinien pour un crime européen (l’antisémitisme et le génocide) dans lequel il n’a pas le début d’une responsabilité.

On sait de façon sûre, les nouveaux historiens israéliens (surtout Ilan Pappé) ayant confirmé ce que les Palestiniens ont toujours dit, que l’expulsion de 800000 Palestiniens en 1948 était préméditée. Ce nettoyage ethnique (la Naqba) est un crime et aucune paix ne pourra être signée sans la reconnaissance de ce crime qu’il faudra, d’une façon ou d’une autre, « réparer ». Or, pour le sionisme, cette reconnaissance est une négation du projet fondateur et de la prétendue légitimité de ce projet. Dans le film sioniste « Décryptage », Ehud Barak interviewé le dit : « j’aurais voulu qu’Arafat reconnaisse la légitimité du sionisme ». Bref il aurait voulu sa capitulation. On est au cœur du problème. Le sionisme est bien un obstacle à la paix.

Ajoutons puisque aujourd’hui le Hamas est accusé de terrorisme que le terrorisme sioniste pendant la guerre de 48 a été bien réel avec l’Irgoun et le groupe Stern (mais la Haganah, armée officielle occupait les zones « nettoyées » par les terroristes). De Deir Yassine à l’attentat contre l’hôtel King David ou à l’assassinat du comte Bernadotte, on voit que les auteurs de ces crimes sont devenus plus tard Premiers ministres. Et aujourd’hui, on découvre que Tzipi Livni qui a travaillé dans les services secrets est la responsable d’un attentat anti-palestinien à Rome.

La politique du fait accompli et l’instrumentalisation du génocide

Après 1948, les sionistes ont accéléré la stratégie qui leur avait si bien réussi en se faisant reconnaître par l’ONU sur des frontières qui n’avaient plus rien à voir avec celles du plan de partage : la stratégie du fait accompli. Dès 1949, les terres et les propriétés des Palestiniens chassés sont confisquées. Alors qu’Israël a dû reconnaître dans les conventions d’armistice de 1949 le droit au retour des Palestiniens, ce droit va immédiatement être nié et même présenté comme une revendication inacceptable mettant en question l’existence d’Israël.

En 1948, il y a moins d’un million de Juif dans le nouvel état. Tout va être mis en route pour provoquer partout l’émigration. Sionisme et antisémitisme vont devenir complémentaires, le second alimentant le premier et le premier cherchant à provoquer le second quand l’émigration se tarit. L’arrivée d’un million de Juifs du monde arabe est le résultat conjoint d’une propagande très intense pour les arracher de pays où ils vivaient depuis des siècles et de l’attitude de la plupart des gouvernements arabes ravis de ces départs. Pour les Juifs venus des pays de l’Est, la persistance d’un antisémitisme d’état a provoqué une rupture avec le communisme (qui avait la sympathie d’un très grand nombre de Juifs) et l’émigration vers Israël.

Le fait accompli va prendre un tour nouveau en 1967. On sait maintenant que les menaces de Nasser ont été un prétexte. La guerre, l’annexion et la colonisation étaient programmées. L’annexion (par vote de la Knesset) de Jérusalem Est a lieu dès 1967. Elle sera suivie de celle du Golan. Ne disposant pas du « personnel » pour créer des colonies, les travaillistes au pouvoir vont littéralement créer le courant national-religieux (qui représente aujourd’hui 1/4 de la population) en leur offrant des colonies. C’est Ygal Allon (réputé être « de gauche ») qui est à l’origine de cette colonisation. 500000 Israéliens vivent aujourd’hui dans les territoires conquis en 1967 et tout a été fait pour faire disparaître la « ligne verte » et rendre l’annexion définitive.

Le sionisme a eu au départ une attitude ambiguë vis-à-vis du génocide. Les rescapés ont été très mal reçus en Israël (aujourd’hui, beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté). On opposait leur prétendue résignation à l’Israélien fier de lui qui défrichait, se battait et « transformait le désert en jardin ». Mais très rapidement, le gouvernement a vu le parti à tirer du génocide. D’où la création du musée Yad Vashem, l’arrestation et l’exécution d’Eichmann. Plus tard le « devoir de mémoire » est devenu obligatoire.

Aujourd’hui, ce devoir est devenu une horreur. Il y a d’abord l’idée que les Juifs ont été, sont et seront toujours des victimes. Les Israéliens ont « peur de ne plus avoir peur », ça les obligerait à examiner l’impasse meurtrière dans laquelle ils se trouvent. Quand les dirigeants israéliens ont négocié avec les Palestiniens, le seul sujet qu’ils voulaient traiter, c’était la sécurité de l’occupant. Pour eux, le « peuple élu », c’est celui qui a tous les droits. Les sionistes célèbrent les quatre Israéliens tués par les Qassams du Hamas et se moquent totalement des 1000 morts de Gaza. Israël est le pays (après la Turquie) où il y a le plus de négationnistes du génocide arménien, le seul génocide valable étant celui des Juifs. Couramment on présente les Palestiniens comme les héritiers du Nazisme. Arafat a été qualifié de « nouvel Hitler » et Begin a dit en 1982 en lançant ses troupes sur Beyrouth « qu’il avait l’impression d’attaquer le bunker d’Hitler ». Sharon a déclaré lors du 60e anniversaire de la libération d’Auschwitz que cela prouvait que « les Juifs ne pouvaient se défendre que par eux-mêmes », bref que tout était permis. Pour les rescapés et leurs descendants (dont je suis), cette instrumentalisation est obscène.

Le sionisme prétendait apporter un « havre de paix » aux Juifs persécutés. Il a fabriqué un projet criminel pour les Palestiniens mais suicidaire pour les Israéliens et même pour les Juifs. S’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il en sera ainsi tant que la destruction de la Palestine se poursuivra.

Israël est devenu un pays odieusement militariste. On dit d’ailleurs que ce n’est pas un pays doté d’une armée mais « une armée dotée d’un état ». D’ailleurs la plupart des dirigeants politiques viennent de l’armée ou des services secrets. Et Israël est devenu une tête de pont de l’Occident au Moyen-Orient dans le cadre du « choc des civilisations ». Ce pays incarne l’Occident face aux « barbares ». D’où le « permis de tuer » à Gaza qui a été octroyé.

Le sionisme a gommé les différences idéologiques

Les différents gouvernements d’Union Nationale en Israël ou le fait qu’en France, le CRIF soutienne inconditionnellement toute politique israélienne montrent qu’il n’y a aucune différence entre sionistes de droite et sionistes « de gauche ». Les premiers ont toujours été « sincères ». Ils sont depuis 70 ans pour le nettoyage ethnique et l’expulsion des Palestiniens. Les seconds ont fait la même chose mais sans oser l’avouer. La « gauche » sioniste était au pouvoir au moment de tous les crimes commis par la Palestine : la Naqba, la colonisation, la construction du mur de l’Apartheid. Jamais les sionistes n’ont accepté les Palestiniens comme des égaux. Le processus d’Oslo a échoué parce que tous les courants sionistes exigeaient une capitulation des Palestiniens, une renonciation à tous leurs droits, l’acceptation de bantoustans éclatés qu’on aurait baptisé Etat palestinien.

Il n’y a pas de sionisme à visage humain. Le crime commis à Gaza et l’indifférence en Israël face à ce crime en sont une preuve supplémentaire. La paix fondée sur l’égalité des droits et la justice passera par une « désionisation » d’Israël, une rupture avec cette fuite en avant criminelle. Le sionisme a rendu plus que malade la société israélienne devenue autiste et complice de crimes.

Alors, nous dira-t-on, vous autres antisionistes, vous êtes pour la destruction de l’Etat d’Israël ? Ne mélangeons pas les choses. Les Israéliens juifs (5 millions et demi de personnes) forment aujourd’hui un peuple et ils resteront. Mais aucune paix n’est envisageable sans une égalité totale, politique et économique entre les peuples de la région. Quelle que soit la solution envisagée (un ou deux états), cela devra être les sociétés de tous leurs citoyens. Donc oui l’existence d’un « Etat Juif » (Etat Français, ça sonne mal et ça rappelle de mauvais souvenirs, n’est-ce pas ?) où les Non Juifs sont des sous citoyens est un cauchemar. Un Etat ne peut pas être à la fois juif et démocratique, c’est une contradiction. La paix passe par le respect de la citoyenneté de tous et par celui des droits humains fondamentaux.

Le sionisme est une idéologie criminelle. Et c’est une catastrophe pour le judaïsme quel que soit le sens qu’on donne à ce terme. En mélangeant sciemment juif et sioniste et en assimilant toute critique d’Israël à l’antisémitisme, les sionistes transforment «l’antiisraélisme» (selon la formule d’Edgar Morin) en antijudaïsme. Ils se comportent en véritables pyromanes. Il est temps que la parenthèse sioniste se referme.

Pierre Stambul, Président de l'Union Juive Française pour la Paix.
15 janvier 2009
Publié par UJFP.