Gadi ALGAZI
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Israël : ''la montée de figures extrêmistes et racistes telles qu'Avigdor Lieberman risque d'alimenter les critiques contre Israël à travers le monde'' a estimé mardi le ministre des Affaires sociales Itzhak Herzog lors du colloque de Herzliya. Des propos tenus au lendemain de la publication d'un sondage créditant d'un score record le parti de la droite radicale Israël Beitenou.
Publié par Guysen International.
Avant le cessez-le-feu, tous les sondages donnaient comme grand favori le Likoud mené par Benjamin Netanyahu, un ancien Premier ministre. Ce parti qui dispose de 12 députés sur 120 devrait plus que doubler le nombre de ses parlementaires. Les sondages prévoient également une percée du parti d’extrême droite, Israël Beitenou, dirigé par le député d’opposition Avigdor Lieberman, partisan déclaré de la manière forte. « Le peuple est fort, les habitants du sud d’Israël ont fait preuve de leur résistance aux tirs de roquettes, seul le gouvernement empêche l’armée d’achever le travail », a affirmé M. Lieberman. Le Shass, le principal parti ultraorthodoxe, membre de la coalition actuelle, qui est prêt à nouer une alliance avec le Likoud, a également adopté une ligne « dure ». Son représentant au cabinet de sécurité, Eli Yishaï, ministre du Commerce et de l’Industrie, a ainsi voté contre le cessez-le-feu.
Mais au final, le vrai vainqueur des événements récents pourrait bien être le dirigeant de Israel Betainu, Avigdor Liberman ; dont la formation devrait sortir très renforcée du prochain scrutin. Libermann, à droite, donne l’impression d’être un homme de conviction. Il est à l’origine de l’interdiction faite à deux partis arabes de participer aux prochaines élections, décision populaire dans l’électorat juif parce qu’elle apparaît comme une sanction du manque de loyauté des députés arabes envers l’Etat. Il est crédité d’une constance unique dans les appels qu’il fait depuis longtemps pour appeler à l’emploi de la « manière forte » contre le Hamas, ce qui lui vaut d’avoir gagné en popularité dans la zone sud-ouest du pays, là où tombent les roquettes du Hamas. Enfin, il semble avoir réussi à élargir son audience au-delà du public des immigrants russes qui constituait sa cible originelle.
Alors que la classe politique israélienne a officiellement lancé la campagne des législatives, un recours en justice déposé contre la participation de certains partis arabes occupe la Une de tous les médias. Ram Tal et Balad seraient accusés d’encourager et de soutenir des discours de haine à l’encontre des intérêts israéliens.
[...]
La Commission Centrale Electorale de la Knesset, composée notamment d’Avigdor Lieberman, le leader de la droite russophone Israël Beitenou, a interdit à ces partis de se présenter au scrutin du 10 février. Raison invoquée : le soutien des discours de haine prôné par les groupes terroristes. Depuis, la Cour Suprême a été saisie du dossier.
« La question est de savoir si ces partis soutiennent le terrorisme, et j’espère que la Cour suprême respectera la décision prise par la commission électorale, ces organisations terroristes doivent être mises dehors » a indiqué Avigdor Lieberman.
« C’est un paradoxe qu’AvigdorLieberman qui représente la droite ultra-nationaliste et qui déverse quotidiennement sa haine peut se présenter au Parlement alors que nous demandons l’égalité pour tous les citoyens. Mais ceci n’est pas une vraie démocratie, on nous empêche de se présenter au Parlement » a déclaré Jamal Zahalka, du Parti Balad.
Israël Beitenou, créé par des originaires d'ex-URSS et dirigé par le député Avigdor Lieberman, partisan déclaré de la manière forte, est crédité d'une quinzaine de sièges contre 11 dans la présente législature. Kadima est crédité de 25 sièges contre 29. Les travaillistes (centre-gauche) obtiendraient environ 16 mandats contre 19 actuellement. Les médias ont d'ores et déjà intronisé M. Netanyahu Premier ministre. "Vers un gouvernement Netanyahu-Lieberman" titrait ainsi le Maariv alors que le Yediot affirmait qu'Israël "serre les rangs à droite".
Le retour des questions de sécurité au premier plan, suite à l’opération «Plomb durci» contre le Hamas dans la bande de Gaza, bénéficie au Likoud de Nétanyahou, en tête dans les sondages depuis plusieurs mois, et à la formation d’extrême droite Israël Beitenou (Israël notre maison) d’Avigdor Lieberman. Ces deux partis accusent le Premier ministre sortant, Ehud Olmert, le ministre de la Défense, Ehud Barak, candidat des travaillistes, et la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, candidate du parti centriste Kadima, de ne pas avoir «fini le travail à Gaza». Ils dénoncent «l’arrêt prématuré» de l’opération Plomb durci qui s’est soldée selon eux par un semi-échec car elle n’a pas fait chuter le Hamas.
[...]
Les médias ont d’ores et déjà intronisé Nétanyahou Premier ministre. «Vers un gouvernement Nétanyahou-Lieberman», titrait ainsi le week-end dernier Maariv, alors que Yédiot Aharonot affirmait qu’Israël «serre les rangs à droite».
A moins de deux semaines des élections générales en Israël, un sondage publié jeudi a fait l'effet d'un coup de tonnerre: le Parti travailliste, longtemps pilier du paysage politique, était relégué en quatrième position dans les intentions de vote, derrière le Likoud (droite), Kadima (centre) et un parti anti-arabe.
En vue du scrutin du 10 février, le Likoud (opposition de droite) de Benyamin Nétanyahou était crédité de 28 sièges à la Knesset (Parlement israélien) et devançait le parti au pouvoir, Kadima (centre), de la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, crédité de 25 sièges.
La surprise est venue du parti Yisrael Beitenu, dirigé par Avigdor Lieberman, homme politique connu pour ses positions anti-arabes. Cette formation radicale décrocherait 15 sièges, juste devant le Parti travailliste du ministre de la Défense Ehoud Barak, en quatrième position avec seulement 14 sièges (contre 19 actuellement).
Le quotidien Haaretz a révélé, dimanche 1er février, que 200 millions de shekels (40 millions d'euros) ont été investis au cours des deux dernières années pour viabiliser une partie de la zone E1 d'une superficie de 12 hectares. Il s'agit d'opérer la jonction entre la colonie de Maale Adumim (35 000 habitants) et Jérusalem et d'empêcher toute partition de la ville. Près de 200 000 colons ont déjà élu domicile dans le chapelet d'implantations qui entourent l'est de Jérusalem.
Depuis un rapport officiel de 2005 sur les colonies "sauvages" et la nécessité d'y mettre un terme, il était déjà connu que la plupart d'entre elles étaient établies sur des terres palestiniennes. Aujourd'hui, on apprend qu'environ 75 % des 120 implantations de Cisjordanie "ont été construites sans aucun permis ou en violation totale de ceux qui ont été délivrés et que dans plus de trente d'entre elles, bon nombre de bâtiments ont été édifiés sur des terres privées appartenant à des Palestiniens".
Ce constat émane d'un autre rapport officiel rédigé par le général Baruch Spiegel, après une longue enquête, à la demande du ministre de la défense de l'époque, Shaul Mofaz. Son contenu, considéré comme de la "dynamite politique", est resté secret. Ehoud Barak, actuel ministre de la défense, a refusé de le publier, estimant qu'il pouvait "représenter un danger pour la sécurité de l'Etat et causer du tort aux relations internationales d'Israël". Révélé, vendredi 30 janvier, par le quotidien Haaretz, ce rapport démontre "qu'il y a eu une violation systématique des lois internationales et du droit de propriété des Palestiniens", affirme Michael Sfard, avocat de Yesh Din, une organisation israélienne de défense des droits de l'homme.
Il estime qu'à partir de ces données officielles, les personnes spoliées pourront désormais saisir la justice nationale, voire les tribunaux internationaux, pour faire valoir leurs droits. Ce document officiel "jette une lumière crue sur les déclarations pacifiques d'Israël et sur la position officielle selon laquelle les colonies ont été créées en accord avec les normes internationales et dans le respect de la propriété privée", écrit Haaretz dans un éditorial.
Le parti israélien d'extrême-droite Israël Beitenou, dirigé par le député d'opposition Avigdor Lieberman, est crédité d'un score record par un sondage rendu public aujourd'hui, à huit jours des élections législatives.
Israël Beitenou obtiendrait 18 députés sur 120 contre 11 dans le parlement sortant et deviendrait ainsi le troisième parti du pays, selon ce sondage de la télévision publique. Lors d'un précédent sondage rendu public la semaine dernière par la télévision publique, le parti d'Avigdor Lieberman était crédité de 16 mandats.
Le Likoud, le grand parti de l'opposition de droite mené par Benjamin Netanyahu, qui a déjà été Premier ministre entre 1996 et 1999, se maintient à 28 mandats contre 12.
Le parti de centre droit au pouvoir Kadima, dirigé par la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, obtiendrait 23 sièges contre 29 actuellement.
Les travaillistes, conduits par le ministre de la Défense Ehud Barak, devraient se contenter de 17 députés contre 19 actuellement.
«Il n’y a pas de débats d’idées, tout tourne autour de la personnalité des candidats», commente Gideon Doron, professeur de sciences politiques à Tel-Aviv. «De toute façon, les Israéliens n’ont pas la tête à cette campagne. Ils pensaient que Livni parviendrait à former une coalition après la démission d’Olmert, pas qu’on aurait des élections anticipées. Ensuite il y a eu Gaza : avec des problèmes de sécurité de cette envergure, tout le reste passe au second plan. La seule question devient : qui est le plus à même de me protéger ? C’est la préoccupation actuelle des Israéliens, pas les élections», ajoute-t-il.
Est-ce une conséquence de la guerre contre le Hamas ou la traduction d'un courant radical de droite au sein de la société israélienne ? Toujours est-il qu'un nom est sur toutes les lèvres à moins d'une semaine du scrutin du 10 février : celui d'Avigdor Lieberman. A tel point que, selon les sondages, son parti, Israel Beitenou ("Israël, notre maison"), pourrait devenir la troisième formation de l'Etat juif, devançant les travaillistes. "Si cela continue, ce sera la plus grosse surprise des élections", prédit Rafti Smith, directeur de l'institut de sondages du même nom. Fort de seulement trois députés en 2005, puis onze lors de la dernière législature, Israel Beitenou pourrait conquérir au moins seize sièges et devenir un allié exigeant du Likoud en cas de victoire de Benyamin Nétanyahou, le favori de cette consultation.
L'intervention musclée à Gaza aura laissé sur le carreau les membres du gouvernement qui briguent les suffrages de la prochaine élection. Le Kadima (centre droit) de la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, accuse un retard. Le parti travailliste d’Ehud Barak peine à se détacher dans les sondages. L’ancien ministre des Finances, Benjamin Netanyahu, chef du Likoud, serait celui qui récolterait les fruits de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza.
Voilà une provocation inutile autant que dangereuse : l’homme le plus à droite de l’échiquier politique israélien, Baruch Marzel, disciple de feu le rabbin Meir Kahane, sera chargé de la supervision du dépouillement des bulletins de vote, dans un bureau de la ville arabe de Umm al Fahm, bastion des fondamentalistes du Mouvement Islamique du Nord.
TOUJOURS EN RETARD D’UNE GUERRE MAIS, MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS ! Le Ministère israélien de l’Intégration et de l’Immigration a annoncé il y a trois jours, la création d’une “armée de blogueurs”.
La mission de cette nouvelle brigade du Net : occuper le terrain en inondant de commentaires les sites anti-sionistes qui pullulent sur la Toile.
Mis en place en coopération avec le Ministère des Affaires Etrangères, le programme s’adresse avant tout aux Israéliens parlant couramment anglais, français, espagnol ou allemand.
Ancien juge au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, Fouad Riad déclare à Amira Howeidy qu’Israël s’est rendu coupable de génocide lors de sa guerre de 22 jours contre Gaza.
[...]
C’est au cours des quatre dernières semaines que le monde a été le plus près de réclamer un recours judiciaire pour les Palestiniens, quand Israël pilonnait, avec des bombes d’une tonne, du phosphore blanc et des armes biologiques, la plus grande prison du monde - Gaza - dont le million et demi d’habitants avaient déjà subi un cruel blocus économique de 18 mois. Le bilan palestinien : plus de 1.230 tués dont 400 enfants et plus de 5.350 blessés (mutilés, rendus difformes et souffrant de blessures causées par des armes expérimentales inconnues qui ont laissé les médecins impuissants à les traiter) dont 1.900 enfants.
[...]
Le 12 janvier, le Conseil des Droits de l’homme des NU publiait une résolution non contraignante qui accuse Israël de violations massives des droits de l’homme à l’encontre du peuple palestinien. Il décidait également d’envoyer une mission internationale indépendante pour investiguer sur toutes les violations des droits humains internationaux et du droit humanitaire international dans les territoires palestiniens occupés. Les résultats de la mission seront présentés à la prochaine session du Conseil en mars, braquant ainsi un « projecteur » sur les violations.
Le lundi, Amnesty International accusait Israël de commettre des crimes de guerre en bombardant de façon répétée au phosphore blanc des zones densément peuplées. Quand le phosphore blanc touche la chair humaine, elle brûle au travers des muscles jusqu’à l’os. L’organisation Human Rights Watch avait déjà accusé Israël d’utiliser l’arme incendiaire, mais sans la qualification de crime de guerre. La Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, a dit que certaines actions israéliennes à Gaza pourraient justifier des poursuites pour crimes de guerre.
La première étude exhaustive sur les coûts des conflits au Proche Orient a été présentée vendredi à l’ONU à Genève. Le rapport évalue l’impact financier, militaire, environnemental, politique, diplomatique et psychologique de ces 20 dernières années de guerre.
[...]
L’ancien ministre des travaux publics de l’autorité palestinienne, Mohammed Stayyeh demande qu’on parle des coûts de l’occupation israélienne – et non du conflit israélo-palestinien. « Une occupation qui profite économiquement à Israël. Un tiers de l’eau des cuisines israéliennes provient de Cisjordanie, tient-il à rappeler. Voilà dix huit ans que le processus de paix se poursuit sans résultat tangible. Nous sommes obligés de reconstruire en boucle nos infrastructures avec les donations internationales. Il m’est arrivé de reconstruire jusqu’à cinq fois le même pont. Et c’est votre argent qui est gaspillé ! »
Dix jours après le cessez-le-feu et malgré la promesse de permettre à l’aide humanitaire d’atteindre les habitants de Gaza, Israël continue sa politique délibérée qui restreint la livraison de fuel industriel et de marchandises humanitaires à la Bande de Gaza. Cette politique qui est en place depuis les 15 derniers mois, empêche les installations humanitaires de Gaza d’être approvisionnées en électricité.
Le comportement impitoyable d’Israël lors de la guerre de Gaza incite les défenseurs des droits de l’homme à porter plainte pour crimes de guerre. A présent le gouvernement [israélien] met en garde ses soldats contre tout voyage dans des pays européens, parce qu’il craint que des plaintes n’y soient déposées - et il promet déjà une assistance juridique.
Le 27 décembre dernier, les forces israéliennes déclenchaient l’opération « Plomb durci » pour mettre fin aux tirs de roquettes contre son territoire. Après une semaine d’intenses bombardements, les troupes et les blindés israéliens pénétraient dans la bande de Gaza. Les trois semaines d’offensive ont fait plus de 1 300 morts et plus de 5 000 blessés, plus de la moitié des victimes sont des femmes et des enfants. Dix jours après la déclaration d’un cessez-le-feu unilatéral par Israël, la correspondante de RFI, Catherine Monnet s'est rendue sur place.
Diaporama, RFI.
Reportage à télécharger, RFI.
La guerre que mène Israël contre le peuple palestinien à Gaza, ce n’est pas seulement les bombardements barbares : le gouvernement israélien a refusé de laisser entrer le matériel français de filtrage de l’eau qui est indispensable à la bande de Gaza ravagée par la guerre israélienne.
Sur la bande de Gaza, des blogueurs recueillent actuellement des informations sur ce qui s'est passé pendant l'offensive israélienne de décembre et janvier 2009. Dans ce billet, nous rencontrons des familles de Gaza dont les maisons ont été pillées et abandonnées pleines d'excréments par les soldats israéliens, nous apprenons quelles sont les conséquences des armes DIME, et l'histoire d'un père dont la petite fille a été blessée par balles au ventre, et que sa femme a allaité tandis que le bébé se vidait de son sang.
Il y a beaucoup d’histoires. Chaque récit, chaque individu assassiné, chaque personne blessée, chaque maison incendiée et détruite, chaque vitre brisée, cuisine bousillée, vêtements mis sens dessus dessous dans des chambres dévastées, les trous de balles et de bombardements dans les murs, les graffitis de l’armée israélienne… tout est important.
C’est le cri que je voudrais lancer en rentrant de Gaza. Car, on vient de le voir, le cessez-le-feu ne représente ni une victoire pour Israël ni la paix, mais prépare de nouvelles agressions. D’ailleurs le cessez-le-feu n’existe pas. Il est rompu tous les jours par Israël par mer ou par terre et les drones sillonnent en permanence le ciel de Gaza.
La justice espagnole a ouvert jeudi une enquête pour "crimes contre l'humanité" visant l'ex-ministre israélien de la Défense Benjamin Ben-Eliezer et six hauts responsables militaires israéliens, pour un bombardement meurtrier à Gaza en 2002.
[...]
Le juge madrilène Fernando Andreu a jugé recevable une plainte du Centre palestinien pour les droits de l'homme sur le bombardement qui avait tué un dirigeant du Hamas, Salah Chehadeh et 14 civils palestiniens, "en majorité des enfants et des bébés", le 22 juillet 2002.
Quelque 150 Palestiniens avaient également été blessés pendant cette attaque, par l'explosion d'une bombe d'une tonne larguée par un F-16 israélien à Gaza, sur une maison du quartier Al Daraj.
Le magistrat a pris cette décision en vertu du principe de juridiction universelle reconnu par l'Espagne en matière de crimes contre l'humanité, de génocide et de terrorisme.
Le juge espagnol estime que les faits dénoncés "présentent des indices de crimes contre l'humanité", dans son procès-verbal auquel l'AFP a eu accès.
"En effet, écrit-il, nous serions confrontés à l'existence d'une attaque contre la population civile, illégitime dès le départ, car ayant pour objectif un assassinat, celui de Chehadeh".
Evoquant une "action qu'on devine clairement disproportionnée et excessive", le juge affirme qu'Israël ne pouvait ignorer "les conséquences possibles" du lancement d'une bombe de "grande puissance" sur une zone habitée.
Outre l'ancien ministre israélien Benjamin Ben-Eliezer, la plainte vise six hauts responsables militaires.
Une mission réunissant la fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), la commission internationale des juristes et le réseau Euro Med des droits de l’homme s'est rendue dans la région la semaine dernière pour se documenter sur les violations du droit international humanitaire. Marc Schade-Poulsen, directeur exécutif du réseau euroméditerranéen des droits de l’homme, s’exprime sur la visite.
[...]
— Est-ce que vous avez pu réunir des documents qui pourraient servir comme preuves lors d’une poursuite judiciaire contre ceux qui ont commis des violations ou des crimes de guerre ?
— Nous n’avons pas de documents qui peuvent être utilisés aujourd’hui lors d’une poursuite en justice et qui indiquent qu’il y aurait pu y avoir des crimes de guerre. Evidemment, dans une enquête, il faut écouter toutes les parties impliquées et ce n’est pas ce qui a eu lieu pour le moment. Nous avons des rapports émis par le centre palestinien du droit de l’homme à Gaza, Al-Mizan, nous avons les rapports de l’organisation israélienne Bet’Selem et aussi de la Commission indépendante des droits de l’homme qui ont déjà les premières conclusions. Et selon leurs conclusions, tout indique que des crimes de guerre ont eu lieu. Les statistiques que nous avons reçues, qui doivent être confirmées par des instances plus fortes, disent qu’il y a eu plus d’enfants tués à Gaza que de combattants armés du Hamas. Ces chiffres indiquent donc qu’il y a eu quelque chose qui n’a pas du tout marché. Ces rapports indiquent aussi que beaucoup de bâtiments publics, qui appartiennent au peuple palestinien et qui sont gérés par le Hamas, ont été détruits, que beaucoup d’immeubles appartenant à des civils ont également été détruits. Et la vie d’un grand nombre de civils n’a pas été épargnée dans les combats. Il nous semble que les forces israéliennes ont voulu éviter des combats où leurs soldats soient exposés aux luttes et pour cela, ils ont toujours veillé à bombarder de manière massive les lieux avant de s’en rapprocher. Or, une armée respectueuse des lois de la guerre ne se mettrait pas à bombarder de manière aveugle les maisons avant de les attaquer.
— A l’heure actuelle, la préoccupation majeure est celle de comment rendre compte de ce qui s’est réellement passé à Gaza et poursuivre en justice ceux qui ont commis des crimes de guerre. Comment vous envisagez cette démarche dans la période à venir ?
— Si les Etats eux-mêmes ne s’engagent pas à le faire, cela sera très difficile d'ouvrir une enquête officielle et de poursuivre les coupables. Les ONG essayeront de faire de leur mieux. Amnesty International essaye de le faire, Human Rights Watch et d’autres sont en train de faire de leur mieux pour travailler dans ce sens. Mais elles n’ont pas les moyens des Etats, le pouvoir et la force politique pour mettre en place une large mission qui doit comprendre des experts militaires, en armes, des médecins, des experts en droit, etc. En réalité, une bonne enquête demande une très bonne expertise.
— Et comment réunir les conditions pour avoir une commission d’enquête adéquate ?
— Malheureusement, l’Union Européenne (UE) a voté « non » pour la résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies, qui demandait que tous les rapporteurs spéciaux entrent à Gaza pour se documenter dans leurs domaines sur ce qui s’est passé. Et l’Europe a dit « non » à cette résolution parce qu'elle a été considérée comme n’étant pas équilibrée, car elle se limite aux enquêtes effectuées sur les violations commises par l’Etat israélien.
Notre délégation demande alors formellement à l’UE qu’une investigation soit faite sur toutes les violations commises par toutes les parties qui ont pris part au conflit et nous pensons que cette demande est assez objective et doit être écoutée par les pays européens.
Lire aussi :
• Les témoins du carnage, Al-Ahram Hebdo.
• Ces témoignages qui accusent l’armée israélienne de crimes de guerre, l'Humanité.
La poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie, en contradiction avec les accords internationaux et les propres lois de l'Etat hébreu, s'effectue avec la complicité passive ou active du gouvernement israélien, selon un rapport officiel confidentiel obtenu par un groupe de défense des droits de l'homme.
Ces nouvelles constructions réalisées par des entreprises privées en concertation avec des agences gouvernementales violent non seulement les engagements internationaux tels que la "feuille de route" mais aussi les propres lois israéliennes.
Ce rapport qui renferme des données confidentielles compilées par le ministère israélien de la Défense lui-même est parvenu par une "fuite" au groupe israélien de défense des droits de l'homme Yesh Din, qui l'a rendu public et a promis vendredi de s'en servir pour aider les Palestiniens à engager des poursuites judiciaires.
Les informations contenues dans le rapport montrent que, dans de nombreux cas, les nouvelles implantations juives en Cisjordanie sont construites sur des terres appartenant à des Palestiniens et que le gouvernement israélien est au courant depuis longtemps de ces infractions mais les garde secrètes.
Plus de 30 implantations ont été partiellement bâties sur des terres saisies à des Palestiniens et, dans les trois quarts des cas, certaines constructions ont été effectuées sans les permis adéquats, selon les données rassemblées dans le rapport.
Ainsi, dans la colonie d'Elon Moreh, 18 maisons ont été construites sur des terres privées. Dans celle d'Efrat, c'est le cas d'un parc et d'une synagogue. Et, dans la colonie d'Ariel, un collège a été érigé sans autorisation officielle. Dans d'autres implantations, des routes, des antennes de téléphonie mobile, des terrains de basket et des quartiers ont été construits illégalement, selon le rapport.
Ce rapport est une "grave mise en accusation" de l'armée et du gouvernement israéliens, a estimé Michael Sfard, avocat du groupe Yesh Din, dans un communiqué. Les autorités israéliennes "violent systématiquement les lois internationales et les droits à la propriété des habitants palestiniens".
Yesh Din a l'intention de recourir à "tous les moyens légaux" pour contester les infractions listées dans cette base de données confidentielle, notamment en déposant des plaintes au civil et en en appelant à la Cour suprême d'Israël.
Le groupe de défense des droits de l'homme va également lancer une campagne publicitaire dans les journaux palestiniens pour inciter les habitants à engager des poursuites judiciaires et leur proposer un conseil juridique.