8 février 2009

La guerre contre Gaza sert l'extrême droite en Israël

"La société israélienne est hypocrite", France24.
Makbula Nasser est un Arabe israélien résidant à Arraba. Il milite au sein du parti arabe Balad.

Pensez-vous que l’offensive lancée sur Gaza a amélioré ou aggravé la sécurité en Israël ? Vous sentez-vous physiquement menacé là où vous vivez ?

Aucune guerre ni aucun meurtre n’a permis d’améliorer la sécurité en Israël. L’Etat hébreu va payer pour cette offensive. La nouvelle génération de Palestiniens n’acceptera pas ce genre de situation. Pensent-ils sérieusement que les enfants de Gaza resteront sans rien faire après ce qui s’est passé ? Si les Israéliens veulent vivre en sécurité, ils ont tout intérêt à prendre cela en considération."


"Je ne crois pas qu’il existe un seul parti capable de prendre en main le conflit actuellement", France24.
Lisa Goldman, blogueuse et journaliste, habite à Tel-Aviv.

Quelle est, à votre avis, le problème le plus important à aborder après cette élection, et quel parti serait le plus à même d’y remédier ?

Je pense que ça doit être le conflit, le retrait de tous les territoires occupés et les négociations avec toutes les parties, dont le Fatah et le Hamas. Je ne crois pas qu’il existe un seul parti capable de prendre en main le conflit actuellement.


État des lieux des partis politiques israéliens, Affaires-strategiques.
David Shapira, journaliste et historien, répond à nos questions :
- Les sondages donnent actuellement les partis du "camp national" au plus bas. Comment expliquez-vous cela ? Par sa division ? Par un vote utile pour le Likoud ?
- La situation du secteur sioniste-religieux est tout aussi critique. Quelle est la meilleure tactique : se présenter sous ses propres couleurs ou favoriser le travail à l’intérieur du Likoud ?
- Comment expliquez-vous la popularité du phénomène Lieberman ?


Léglislatives en Israël : l'économie une nouvelle fois éclipsée par les questions de sécurité, Le Monde.fr.
"Aujourd'hui, un tiers de la population n'a pas les moyens de se payer les médicaments dont elle a besoin et la moitié ne dispose d'aucune retraite, explique le juriste Ofer Sitbon, expert en droit social. Pourtant aucun des candidats n'a sérieusement planché sur la façon de réduire l'écart grandissant entre riches et pauvres. " Un effet boomerang de la guerre de Gaza, conforme à l'adage de Moshé Dayan ? "Non, le drapeau sécuritaire et le drapeau social doivent être brandis en même temps, dit Claude Sitbon, un sociologue. Si on trouve de l'argent pour construire des routes pour les colons en Cisjordanie, on doit pouvoir en trouver pour s'attaquer aux problèmes sociaux." Les Israéliens semblent dubitatifs. Le paradoxe veut même que ce soit les classes les plus fragilisées par la politique de M. Nétanyahou qui s'apprêtent à voter en masse pour lui.


Israël choisira-t-elle la panique et l'isolement dans le monde ?, AgoraVox-Yahoo! Actualités.
Benyamin Nétanyahou et Avigdor Liberman ont mené une campagne sur le dos des Arabes israéliens. Ces derniers forment environ 20 % de la population. Les deux candidats de la droite israélienne ont préconisé également une campagne militaire encore plus vigoureuse contre le mouvement islamiste Hamas. Nétanyahou exclut tout accord avec les Palestiniens dans un avenir proche.
[...]
La volonté d'Avigdor Lieberman de mener le combat contre les Arabes israéliens semble porter ses fruits. Il les accuse de terrorisme et pour contrer cette « cinquième colonne », il exigera de ces derniers un serment de loyauté. « Pas de loyauté, pas de citoyenneté ». Avigdor Lieberman en rajoute : « Puisque les Palestiniens ont l'audace de demander le droit au retour, il doit aussi y avoir un droit d'expulsion ». Et ce discours rejoint largement une couche populaire en Israël : selon un récent sondage, 69 % des personnes interrogées sont d'accord avec cette nouvelle radicalisation.
[...]
La situation en Israël est donc la suivante : que ce soit Benyamin Nétanyahou ou Tzipi Livni qui remportent les élections, dans moins d'une semaine, ils devront, selon toute vraisemblance, l'un et l'autre, composer avec Avigdor Lieberman pour former le gouvernement. Avec un allié empoisonné qui se montre indifférent aux accusations de racisme. Il lui suffit d'évoquer la sécurité du territoire pour semer la crainte et le désarroi : « Israël est confronté à une double attaque terroriste, de l'intérieur et de l'extérieur. Et le terrorisme de l'intérieur est toujours plus dangereux que celui de l'extérieur ». Avigdor Lieberman ne fait pas dans les nuances : « les Arabes ont tous les droits, mais ils n'ont aucun droit sur la terre d'Israël ».
[...]
Nous sommes donc face à un bloc de droite qui pourrait remporter 65 sièges, sur 120, contre le bloc de centre gauche qui ne remporterait que 53 sièges. Ce clivage traduit la profonde division des tendances en Israël et montre l'insatisfaction du peuple israélien à l'égard de leur gouvernement actuel pour avoir retiré les troupes prématurément de Gaza, sans terminer la tâche pour laquelle ils étaient assignés. Il fallait poursuivre les opérations pour en finir avec le Hamas.

Commentaires : C'est exactement la position des candidats de droite et d'extrême droite, Benyamin Nétanyahou et d'Avigdor Lieberman, qui estiment que la guerre à Gaza a été arrêtée trop tôt [AP-Yahoo! Actualités]

L'armée israélienne «sous-traitée» par les colons extrémistes

Les rabbins extrémistes et leurs partisans, résolus à faire leur guerre sainte contre les Palestiniens, sont en train de prendre le pouvoir dans l'armée israélienne par la ruse, selon les critiques. Dans un processus qu'un historien militaire a qualifié de rapide «théologisation» de l'armée israélienne, il y a maintenant des unités entières de soldats religieux, beaucoup d'entre eux étant basés dans les colonies de Cisjordanie.

Ils obéissent aux rabbins intransigeants qui appellent à l'établissement du Grand Israël qui inclut les Territoires Palestiniens Occupés.

Leur influence sur la conception des buts et méthodes de l'armée commence à sa faire sentir, disent les observateurs, parce que de plus en plus d'officiers diplômés dans les écoles d'officiers sont aussi issus de la population religieuse extrémiste israélienne.

«Nous en sommes au point où un nombre critique de soldats religieux est en train d'essayer de négocier avec l'armée sur comment et pour quel but la force militaire est employée sur le champ de bataille,» a dit Ygal Levy, un sociologue politique à l'Université Ouverte qui a écrit plusieurs livres sur l'armée israélienne.

La nouvelle atmosphère était évidente dans la «force excessive» utilisée lors de la récente opération de Gaza, a dit le Dr Levy. Plus de 1300 palestiniens ont été tués, une majorité d'entre eux étaient des civils, et des milliers ont été blessés alors que des quartiers entiers de Gaza ont été rasés.

«Quand les soldats, dont les laïcs, sont imprégnés d'idées théologiques, cela les rend moins sensibles aux droits de l'Homme ou à la souffrance de l'autre côté.»

Le rôle croissant des groupes religieux extrémistes dans l'armée a été mis en lumière quand il est apparu que le rabbinat de l'armée a distribué une brochure aux soldats préparant la récente offensive de Gaza de 22 jours.

Yesh Din, une association israélienne pour les droits de l'Homme, a dit que le matériel contenait des messages «frisant l'incitation raciale contre le peuple palestinien» et pourrait avoir encouragé des soldats à ignorer le droit international.

La brochure cite largement Shlomo Aviner, un rabbin d'extrême-droite qui dirige un séminaire religieux dans le quartier musulman de Jérusalem Est. Il compare les Palestiniens aux philistins, l'ennemi biblique des juifs.

Il a averti : «Quand vous montrez de la pitié envers un ennemi cruel, vous êtes en train de devenir cruel envers les purs et honnêtes soldats... C'est une guerre contre des assassins.» Il a cité aussi une interdiction biblique de «céder un seul millimètre» du Grand Israël.

La brochure a été approuvée par le rabbin en chef de l'armée, Brig Gen Avichai Ronsky, qui est, à ce qu'on dit, déterminé à améliorer «les valeurs du combat» de l'armée après son échec à écraser le Hezbollah au Liban en 2006.

Gen Ronsky a été nommé il y a trois ans dans un geste destiné, selon les médias israéliens, à calmer les éléments religieux intransigeants dans l'armée et la communauté des colons.

Gen Ronsky, lui-même un colon dans la communauté d'Itimar (colonie illégale, NdT) en Cisjordanie, près de Naplouse, est proche des groupes d'extrême-droite. Selon les rapports, il rend régulièrement visite à des membres emprisonnés de groupes terroristes juifs ; il a offert sa maison à un colon qui est assigné à domicile pour avoir blessé des Palestiniens ; et il a présenté des officiers de haut rang à un petit groupe de colons extrémistes qui vivent parmi plus de 150 000 palestiniens à Hébron.

Il a aussi radicalement remanié le rabbinat, qui était originellement fondé pour offrir des services religieux et assurer aux soldats religieux qu'ils pourraient observer le sabbat et manger casher dans les cantines de l'armée.

L'année dernière le rabbinat a effectivement remplacé le rôle du corps d'éducation de l'armée à travers son Département de la Conscience Juive, qui coordonne ses activités avec Elad, une organisation de colons qui est active à Jérusalem Est.

En octobre, le journal Ha'aretz a cité un officier de haut rang anonyme qui accusait le rabbinat d'effectuer le «lavage de cerveau» religieux et politique des troupes.

Levy a dit que le pouvoir du rabbinat de l'armée grandit alors que les rangs des soldats religieux grossissent.

Briser le silence, un projet mené par des soldats cherchant à mettre en lumière le comportement de l'armée contre les Palestiniens, a dit que la brochure distribuée aux troupes a été initiée parmi les colons de Hébron.

«Le document est en circulation depuis au moins 2003,» a dit Mikkael Manekin, 29 ans, un des directeurs du groupe et lui-même religieux pratiquant. «Mais ce qui est nouveau est que l'armée a été effectivement sous-traitée pour promouvoir les vues des colons extrémistes à ses soldats.»

Le pouvoir de la droite religieuse dans l'armée reflète des tendances sociales plus larges à l'intérieur d'Israël, a dit Levy. Il a fait remarquer que les coopératives rurales connues sous le nom de kibboutz, qui abritaient autrefois les classes moyennes laïques d'Israël et ont produit le gros du corps de ses officiers, est en déclin depuis les années 1980.

«Le vide laissé par leur retrait graduel de l'armée a été rempli par des jeunes religieux et par les enfants des colonies. Ils dominent maintenant dans beaucoup de corps de l'armée.»

Selon les chiffres cités dans les médias israéliens, plus d'un tiers de tous les soldats israéliens sont religieux, comme ils sont plus de 40% parmi les officiers diplômés dans les écoles d'officiers.

L'armée a encouragé cette tendance en créant environ deux dizaines de hesder yeshivas, des écoles talmudiques dans lesquels les jeunes peuvent combiner leurs études bibliques avec le service militaire dans des unités religieuses séparées. Beaucoup de yeshivas sont basées en Cisjordanie, où les étudiants sont éduqués par les rabbins extrémistes des colonies.

Ehud Barak, le ministre de la Défense, a rapidement étendu le programme, approuvant quatre yeshivas, trois basées dans les colonies, l'été dernier. 10 autres sont parait-il en train d'attendre son approbation.

Manekin, cependant, a mis en garde contre l’accusation de violence infligée aux civils de Gaza sous la seule influence des religieux extrémistes.

«L'armée fonctionne encore avec les élites laïques en Israël et elles n'ont jamais tenu compte de la sécurité des civils quand elles font la guerre. Le nationalisme juif qui justifie les morts palestiniennes est tout aussi dangereux que l'extrémisme religieux.»

Jonathan Cook
04/02/2009
Publié par ISM selon la source : Electronic Initifada.
Publié par Info-Palestine sous le titre Un Djihad de l’armée israélienne ? selon la source : Counterpunch.

Crimes de guerre à Gaza

La Turquie ouvre une enquête sur des accusations de crimes de guerre contre les dirigeants israéliens, AP-Yahoo! Actualités.
La justice turque a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête pour déterminer si les dirigeants israéliens peuvent être poursuivis pour crimes contre l'humanité suite à la récente campagne militaire israélienne dans la bande de Gaza.

Le parquet d'Ankara a précisé que l'enquête a été ouverte après que Mazlum-Der, une organisation pro-islamique de défense des droits de l'homme, eut déposé plainte contre les dirigeants israéliens.

L'organisation accuse le président israélien Shimon Pérès, le Premier ministre Ehoud Olmert, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni et les chefs de l'armée et du renseignement militaire israéliens de génocide, torture et crimes contre l'humanité.

Mazlum-Der demande également que ces dirigeants soient arrêtés s'ils entrent sur le territoire turque, selon le parquet. La justice turque est tenue d'ouvrir une enquête lorsqu'elle est saisie d'une plainte officielle.

L'ambassadeur d'Israël à Ankara s'est refusé à tout commentaire.

La Turquie est depuis longtemps un allié proche d'Israël dans le monde musulman, mais les pertes humaines enregistrées chez les civils palestiniens lors de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza le mois dernier ont provoqué la colère de nombreux Turcs. La campagne militaire israélienne "Plomb durci", qui s'est achevée le 18 janvier, a provoqué la mort de 1.300 Palestiniens, dont de nombreux civils. Treize Israéliens ont également été tués.

Lire l'analyse géopolitique de George Friedman : Le coup de sang d’Erdogan à Davos et l’avenir de l’Etat turc, ISM - Info-Palestine.


Crimes contre l'humanité et compétence universelle des Etats : deux poids et trois mesures, Tout sur l'Algérie.
Catastrophe ! Pour une fois, depuis que le monde est monde, l'Etat d'Israël est mis en cause dans une affaire de crime contre l'humanité. C'est un magistrat espagnol qui, conformément au principe de compétence universelle de la justice de son pays, a jugé recevable une plainte de la Commission palestinienne pour les droits de l'Homme. Elle concerne un bombardement de l'armée israélienne en 2002, qui a fait quinze victimes dont neuf enfants et un dirigeant du Hamas. Le ministre israélien de la Défense en exercice au moment des faits, ainsi que six hauts responsables militaires de l'Etat hébreu sont ciblés par l'enquête diligentée par le juge madrilène.

Immédiatement après, Ehud Olmert a réagi en affirmant qu'il entreprendrait tout afin de faire arrêter cette initiative « extravagante ». L'avenir semble lui avoir donné raison. Il aura réussi à faire intervenir les autorités espagnoles qui, en entravant l'enquête décidée par le juge Andrieu, portent un coup sévère à l'indépendance de leur justice. Le gouvernement de la péninsule ibérique a, en effet, envisagé de restreindre le principe de compétence universelle aux seuls dossiers où les intérêts espagnols seraient engagés. Il est évident que cette intervention n'a d'autre objectif que de rassurer l'Etat d'Israël dont l'impunité se voit, encore une fois, confirmée.

Pour sa part, l'autorité palestinienne a saisi la Commission pénale internationale pour engager une procédure contre Israël, suite à l'offensive militaire de 22 jours contre la bande de Gaza, qui s'est soldée par au moins 1350 morts dont près d'une moitié d'enfants. Le président Abbas sait néanmoins que les chances d'aboutissement de sa requête sont quasiment nulles, même si la qualification de crime contre l'humanité des dernières opérations israéliennes à Gaza est reconnue par tous les observateurs impartiaux, y compris des intellectuels juifs, qui refusent de cautionner les crimes répétés et répétitifs de l'Etat d'Israël.

Même le secrétaire général de l'Organisation des nations unies (ONU), Ban Ki moon, a tempéré ses propos après avoir demandé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances du bombardement de certaines des structures humanitaires de Gaza. Sa reculade signifie, au minimum, l'exercice de pressions importantes sur lui. Elle confirme aussi le statut d'enfant gâté accordé tacitement par l'Occident à l'Etat hébreu, qui se permet tous les excès sans avoir rien à craindre de la justice et de la communauté internationales.

Au moment même où l'on déplore légitimement l'attitude du gouvernement espagnol sur ce dossier et le recul du secrétaire général de l'ONU, c'est le secrétaire d'Etat algérien chargé des Affaires maghrébines et africaines qui, depuis le sommet de l'UA, déplore le recours abusif de la justice des Etats occidentaux au principe de compétence universelle. Quelles que soient ses motivations, le choix du moment et du lieu de son intervention sur le sujet sonne comme un dédouanement du gouvernement espagnol dans son attitude injuste et, surtout, comme un cadeau inespéré fait - involontairement sans doute- aux autorités d'Israël.

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (11)



Meron RAPOPORT

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

7 février 2009

Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (9)



Dépêches des 5 et 6 février 2009, Info-Palestine - Toutes les dépêches.

Des milliers d'Israéliens se sont rendus dans des parcs d'attractions situés dans la région de Gaza, ce samedi. 4000 d'entre eux ont visité le parc national d'Eshkol.
Guysen International.

La Cour suprême israélienne autorise une nouvelle démolition du village de Khirbet Tana, CCIPPP.
Lundi dernier (26 janvier 2009), la Cour suprême [israélienne] a décidé de rejeter la requête qu’avaient déposée les habitants du village palestinien de Khirbet Tana, l’Association pour les Droits civils en Israël (ACRI) et les Rabbins pour les Droits de l’Homme, et qui demandait qu’on ne démolisse pas leurs maisons et qu’on établisse un plan directeur permettant de construire légalement dans le village. Les quelque 25 familles vivant dans le village se sont vu notifier qu’elles seraient prochainement obligées de quitter leurs maisons. Les requérants ont insisté sur le fait que l’Administration civile ne leur permettait pas d’obtenir de permis de bâtir et les contraignait à choisir entre deux options fâcheuses : bâtir sans permis ou rester sans toit.

ACRI (Association pour les droits civils en Israël)


Appel international contre Carmel Agrexco, EuroPalestine.
La Campagne de Boycott des Produits Israéliens (Boycott Israeli Goods Campaign) lance un appel international contre Carmel-Agrexco notamment en ce mois de février. Carmel-Agrexco est la compagnie nationale israélienne d’export de fruits et légumes, et exporte une quantité importante de produits en provenance de colonies illégales israéliennes implantées en Palestine occupée.


Gaza : rien n'aura été épargné, Des bassines et du zèle.
La population de 1,5 million d'habitants de Gaza risque d'avoir à affronter une crise alimentaire à la suite de la destruction d'une grande partie des terres agricoles au cours de l'invasion israélienne.
Selon le Programme alimentaire mondial (le PAM), l'organisme d'aide alimentaire de l'ONU, et les autorités palestiniennes, entre 35% et 60% du secteur agricole ont été détruits au cours des trois semaines d'agression israélienne, qui est survenue après deux ans de siège économique.


Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Israël doit être jugé par la CPI



Israël doit être jugé par la Cour pénale internationale




Pétition universelle - Textes

"La barbarie d'Israël est au-delà de la cruauté"



Modérateur : Je suis David Ignatius, chroniqueur au Washington Post et je vais modérer la discussion de cet après-midi sur Gaza. Notre discussion sur Gaza fait suite à une guerre qui nous a rappelé à tous le poids de l'histoire au Moyen-Orient et nous a aussi rappelé la fragilité du processus de paix. J'espère que ce soir, nous allons mettre un peu plus de substance dans ce processus en discutant où nous allons maintenant, comment remettre ensemble les morceaux. Nous avons un panel extrêmement distingué avec nous ce soir pour discuter de ces questions. Permettez-moi de les présenter brièvement. À ma droite immédiate, le Premier ministre de Turquie, Recep Tayyip Erdoğan. À sa gauche le Président d'Israël, Shimon Peres. À sa gauche le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon et à sa gauche le secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa. Je vais demander au secrétaire général Ban Ki-moon des Nations Unies, qui s'est concentré particulièrement sur les aspects humanitaires de la crise de Gaza d'ouvrir al séance de ce soir avec ses remarques pendant cinq minutes. À vous, M. le secrétaire général.

Ban Ki-moon : Merci, Monsieur le modérateur. Excellences, Mesdames et Messieurs; c'est un grand plaisir de participer à ces discussions très importantes sur le processus de paix au Moyen-Orient. Le mot-clé de ce Forum de Davos semble être "crise", une crise multiple, nos avons parlé de crise financière, de crise climatique, de crise alimentaire, mais pour les plus d'un million et demi de Palestiniens de Gaza,  ces crises semblent bien distantes, en comparaison avec la crise quotidienne qu'ils ont à subir, à souffrir, particulièrement après ce conflit militaire de trois semaines, qui continue encore. C'est très triste. Quand j'ai visité Gaza, j'ai vu de mes propres yeux le niveau de destruction, le niveau de difficultés tragiques que ces gens ont à subir du fait de cette crise. Je suis revenu avec une résolution renforcée, qu'en tant que secrétaire général des Nations Unies, je dois faire quelque chose de toute urgence pour aider ces gens à soulager les souffrances de ces questions humanitaires (sic). Ce matin, j'ai lancé un appel urgent se montant à 613 million de dollars pour une assistance humanitaire d'urgence, seulement de secours d'urgence. Nous parlons maintenant de reconstruction à moyen et à long terme. C'est ce dont j'aimerais discuter avec vous. Actuellement, j'ai quatre priorités. Je pense que ce n'est pas moi en tant que secrétaire général, c'est toute la communauté internationale qui doit affronter quatre questions prioritaires, pour aborder le processus de paix du Moyen-Orient de manière globale. Deux questions immédiates et prioritaires : comment rendre le cessez-le-feu durable et soutenable et qu'il soit respecté par toutes les parties concernées. Ce cessez-le-feu unilatéral est très fragile. Comme nous l'avons vu il y a deux jours, un soldat israélien a été tué et un autre au point de passage de Rafah, si bien que le moindre incident peut amener à une rupture du cessez-le-feu. Les efforts de la communauté internationale doivent se concentrer sur la prévention de toute introduction en contrebande d'armes illicites à Gaza et le gouvernement israélien doit ouvrir tous les points de passage pour permettre le passage libre et fluide de l'assistance humanitaire et autres matériaux de reconstruction. Il est très important que ce cessez-le-feu soit durable et soutenable.. Il y a des questions humanitaires urgentes, les écoles et les routes, l'électricité, l'assainissement et les égouts, tout a été détruit. Les gens ont perdu leurs proches, leurs amis et plus de 5000 personnes ont été blesses, et 1300 tués. C'est une tragédie humaine. J'ai visité le complexe des Nations Unies, qui a été bombardé lors d'une attaque des forces israéliennes. C'était très choquant, alarmant et inacceptable. Ce sont donc les deux priorités les plus urgentes que nous avons à affronter. Les deux autres questions ont à voir avec le processus à moyen et à long terme, c'est l'unité des Palestiniens. Avec cette division du peuple palestinien vivant à Gaza et en Cisjordanie, divisé entre Fatah et Hamas, ce sera très difficile pour la communauté internationale d'envisager une reconstruction en douceur, un bien-être en douceur pour le peuple palestinien. C'est très triste et je pense, j'espère que les pays arabes, tous les pays arabes – nous avons actuellement le secrétaire de la Ligue Arabe ici pour faciliter cette unité des Palestiniens d'une manière unie (sic). La quatrième priorité, qui est fondamentale, c'est le processus de paix. Le processus de paix du Moyen-Orient devrait être mis en route sur une base urgente et là nous avons eu…Je suis très encouragé par le nouveau Président des USA, le Président  Obama, qui a déjà pris des mesures décisives en nommant son Envoyé Spécial le Sénateur George Mitchell; qui est déjà en voyage dans la région. Les Israéliens et les Palestiniens ont accomplis des progrès substantiels Durant l'année dernière (sic), ils doivent construire là-dessus, je voudrais donc prier instamment les Nations Unies à continuer à participer et à apporter leur appui à cela. Maintenant, comment assurer tout ce processus de paix, comment le rendre durable ? Le Hamas doit cesser de lancer des fusées, il ne doit pas provoquer les Israéliens, et les Israéliens devraient faire preuve du maximum de modération pour entretenir ce processus de paix, ce processus vraiment fragile. Depuis que la crise a éclaté, j'ai téléphoné et rencontré les leaders de la région et de la communauté internationale, dont les trois distingués leaders qui sont à nos côtés. Cela a été très difficile, mais l'ONU ne peut agir seule. Toute la communauté internationale, en particulier tous les pays arabes et les leaders des principaux pays, en particulier les USA, devraient  prendre un rôle dirigeant et nous devons engager le processus de paix au Moyen-Orient sur une base urgente et immédiate, et je voudrais de nouveau lancer un appel urgent aux donateurs internationaux, à être généreux et positifs dans la fourniture l'assistance fin… humanitaire nécessaire. Merci beaucoup.

Modérateur : Merci, Monsieur le secrétaire général. [Applaudissements]. Permettez-moi de donner la parole au Premier ministre  Erdoğan de Turquie. M. Le Premier ministre,  votre gouvernement a joué un rôle-clé comme intermédiaire dans les négociations directes entre Israël et la Syrie, qui étaient en train d'avancer quand la guerre de Gaza a commencé. Permettez-moi de vous poser la même question qu'au secrétaire général des Nations Unies, et à la quelle je voudrais que tous nos hôtes répondent : que faut-il faire plus particulièrement pour empêcher le processus de paix du Moyen-Orient de faire marche arrière de nouveau ?

Recep Tayyip Erdoğan : (interprétation simultanée du turc) Avant tout, avant de répondre à la question sur ce qu'on a besoin de faire, il me paraît également important d'analyser la situation actuelle, parce que nous avons besoin d'une analyse adéquate afin de définir les mesures nécessaires.
 
Je ne vais pas remonter 40 ans en arrière dans l'analyse, je veux seulement revenir à juin 2008. Si nous partons de cette date, juin 2008, nous verrons qu'il avait été décidé un cessez-le-feu et il n'y avait eu aucun problème avec cette décision qui devait durer six mois ; mais lorsque le délai du cessez-le-feu prit fin, six mois après, il n'y avait eu aucune attaque avec des missiles et Israël devait lever le blocus, les choses devaient changer en Palestine. Cependant, les territoires palestiniens sont comme une prison à l'air libre, car ils sont complètement isolés du reste du monde, c'est un isolement total, un siège, et si quelqu'un essaye d'entrer une caisse de tomates en Palestine par n'importe quel passage frontalier, il est nécessaire d'avoir l'autorisation du côté israélien, d'une autre manière c'est impossible. Je le vois d'un point de vue humanitaire et je veux dire également quelques mots en tant que Premier ministre : il y a un certain temps j'ai visité Israël et ensuite je suis allé en Palestine, et en ma qualité de Premier ministre j'ai attendu en compagnie de mon épouse pendant une demi-heure dans la voiture pour pouvoir entrer dans les territoires palestiniens depuis Ramallah.
 
Jamais un diplomate israélien n'a dû attendre tant de temps à nos frontières. Je crois que nous devons tenir compte de ces aspects de la situation. J'ai aussi demandé à Monsieur Olmert s'il y avait eu des morts à cause des attaques avec des missiles. Il m'avait répondu que non, mais que les attaques étaient un fait, donc des missiles étaient utilisés sans qu'ils ne tuent personne, j'ai alors compris que l'affaire était que ces missiles n'étaient pas de très bonne qualité; d'autre part plus de 24 Palestiniens avaient été assassinés pendant le cessez-le-feu depuis juin dernier, l'électricité avait été coupée, il n'y avait pas de nourriture, les hôpitaux manquaient d'énergie électrique, la situation était difficile et la Turquie avait déjà commencé à envoyer de l'aide humanitaire à la Palestine, c'est-à-dire, il y avait déjà une situation à caractère humanitaire à partir ce moment-là. Je voudrais ajouter que je suis un dirigeant qui a toujours déclaré de manière explicite que l'antisémitisme constitue un crime contre l'humanité. L'islamophobie constitue également un crime contre l'humanité.
 
Pour moi, l'important n'est pas qu'une personne soit chrétienne, juive ou musulmane mais c'est quand elle est soumise à une situation de stress ; pour moi, le dénominateur commun est qu'il s'agit d'êtres humains, et d'après cela l'objectif humanitaire doit primer. Ceci a inspiré mes propres efforts; par exemple, nous essayons d'envoyer de l'aide humanitaire, le Croissant Rouge turc a essayé d'offrir de l'aide, mais cela nous a pris beaucoup de temps, jusqu'à deux semaines, pour obtenir que les camions traversent les passages frontaliers. Je ne sais pas si le président Peres est au courant, mais cela nous a pris beaucoup de temps, nos diplomates ont dû travailler dur pour s'assurer que l'aide arrive jusqu'aux territoires palestiniens. Plus intéressant encore, est le fait que le Premier ministre israélien a été en Turquie, Monsieur Olmert a été en Turquie quatre jours avant le début de la guerre à Gaza. Comme il a déjà été dit, la Turquie a assumé le rôle de médiateur entre Israël et la Syrie pour des échanges indirects ; il y avait déjà eu quatre rencontres, des échanges indirects, et de fait la cinquième rencontre a été réalisée en présence du Premier ministre Olmert et de moi-même, et avec nos envoyés spéciaux à Ankara ; nous sommes restés ensemble pendant cinq ou six heures pour discuter des sujets qui sont de la compétence de la Syrie et d'Israël. J'ai eu une conversation téléphonique avec le président Assad tandis qu'un de mes envoyés spécial s'entretenait avec le ministre des Affaires étrangères Moallem afin de voir s'il était possible de passer à la phase suivante, qui consisterait en des discussions directes entre Israël et la Syrie, donc c'est cela que nous étions en train d'essayer. Notre objectif tout au long du processus a été d'obtenir la paix dans la région et nous avons essayé de réunir des fonctionnaires des deux pays qui jusqu'à aujourd'hui ne se sont pas rencontrés. Nous avions si bien avancé, que nous n'avions des problèmes seulement avec quelques mots, c'est-à-dire, avec des questions de langage. On avait décidé qu'il était nécessaire de laisser passer quelques jours pour pouvoir prendre une décision finale et, pendant ce temps, j'ai parlé avec Monsieur Olmert en présence de mon ministre des Affaires étrangères et de notre envoyé spécial ; le premier ministre Olmert était aussi accompagné de ses conseillers et a dit que nous pourrions travailler ensemble à la libération du soldat israélien capturé et retenu par le Hamas, mais j'ai dit, et j'ai moi aussi posé la demande, j'ai dit que le Parti du changement et de la réforme avait gagné les élections en Palestine. Nous parlons de démocratie, nous aimerions voir que la démocratie fasse des racines ; s'il en est ainsi, nous devons alors respecter, avant tout, ces personnes choisies par le vote du peuple devant lequel elles se sont présentées, peut-être ne sont-elles pas de notre goût, mais nous devons respecter le processus. J'ai dit au Premier ministre Olmert qu'ils retenaient les ministres et les membres du Parlement palestinien ; j'ai suggéré qu'on pourrait faire un geste semblable à celui qui avait été fait en direction du président Abbas, peut-être en libérant ces personnes. Mais le Premier ministre Olmert a affirmé que ceci compliquerait beaucoup les choses pour le président Abbas. Alors j'ai répliqué qu'il serait peut-être possible de libérer quelques femmes et les enfants, que cela pourrait être un geste. M. Olmert m'a dit qu'il parlerait avec ses collègues et qu'il me donnerait une réponse le jour suivant, mais la réponse n'est pas arrivée et presque quatre jours après, le 27 décembre, nous avons vu la guerre à Gaza. Ce qui s'est passé c'est que plus de 1.200 personnes ont été assassinées, parmi elles des femmes et des enfants. Plus de 5.000 ont été blessés à cause d'un usage disproportionné de la force ; si nous voyons les faits dans une perspective humanitaire et nous réfléchissons à la puissance militaire d'Israël, qui comprend des armes de destruction massive, et que nous examinons s'il y a ou pas quelque chose de comparable à Gaza, si les Palestiniens ont ce type de puissance militaire, mais c'est évident qu'il ne l'ont pas. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies s'était réuni et avait émis une résolution, mais Israël n'a pas reconnu cette résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies ; comme l'a dit le secrétaire général Ban Ki-moon, le centre des Nations Unies a été aussi bombardé pendant cette guerre. Des écoles et des mosquées ont été bombardées, mais surtout, l'humanité dans son ensemble n'a pas agi avec la rapidité nécessaire pour essayer d'aider la population. Dans le cas de la Géorgie les gens ont agi avec hâte, y compris mon pays, dans cet effort parce que nous avons beaucoup travaillé pour aider la population géorgienne dans ces moments difficiles. Ce que je veux dire c'est que nous ne devons juger personne pour sa race ou sa religion dans une situation de souffrance. Notre objectif, l'objectif de tous, est d'essayer d'aider les personnes qui traversent des difficultés. J'ai visité la Syrie, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, l'Égypte et j'ai discuté avec beaucoup de dirigeants, j'ai conversé par téléphone avec des dirigeants européens; malheureusement, ceci a duré trois semaines et a eu une couverture médiatique dès le début. Les chaînes de télévision, par exemple la BBC, avaient prédit que cela durerait environ trois semaines et, en effet, tout le processus ou toute la guerre a duré trois semaines, ce qui a causé la destruction des infrastructures. Et les chiffres que le Secrétaire Général des Nations Unies a mentionné ne suffisent pas pour résoudre le problème : nous avons besoin de beaucoup plus, un milliard ou deux milliards de dollars ne suffiront pas pour reconstruire les structures là-bas, car ce peuple ne dispose d'aucun moyen pour réhabiliter son infrastructure et maintenant ils doivent à nouveau se sacrifier.
 
On parle beaucoup du Hamas, mais le Hamas ne constitue pas toute la population de Gaza ; il y a aussi des civils. Le Hamas est aussi une face distincte du Parti du changement et de la transformation. Le problème est que ses droits démocratiques n'ont pas été reconnus, respectés. Nous sommes maintenant au point dans lequel Israël a annoncé unilatéralement un cessez-le-feu et le jour suivant c'est le Hamas qui a annoncé à son tour un cessez-le-feu de manière unilatérale. Un côté parle d'un processus de cessez-le-feu d'une durée d'un an, l'autre côté propose un an et demi. Une autre question est, évidemment, de mettre fin à l'isolement du peuple palestinien. Sera t-il possible à Israël de le faire, c'est-à-dire, ouvriront-ils les passages frontaliers pour les gens ? Car il n'y a aucune chance qu'ils survivent où qu'ils se trouvent maintenant et dans les conditions dans lesquelles ils sont. Si nous respectons la Déclaration Universelle des Droits Humains et les conventions internationalement acceptées, la première chose est que ces passages frontaliers soient ouverts pour que les gens puissent bénéficier de leurs droits, les droits de la vie. Il y a aussi le sujet des armes qui entrent clandestinement dans la zone. Si une des extrémités du tunnel se trouve en Égypte, alors l'Égypte doit arrêter le flux illicite des armes. Mais si nous considérons la Palestine comme un État, chose qui, me semble, être aussi un sujet en lui-même, ou peut-être une affaire contestable pour certaines personnes, il s'agit du sujet de la division à l'intérieur de la Palestine et de comment régler les différences entre le Fatah et le Hamas. Si nous essayons de fermer cette blessure, nous devons alors prendre en considération toutes les parties. Ceci je l'avais aussi discuté avec Monsieur Olmert, parce que si la seule partie présente du côté palestinien est le Fatah, cette présence ne sera pas suffisante pour la projection des résultats sur tout le peuple palestinien; il est également indispensable de prendre en considération le Hamas, parce que ses membres font partie de cette société, ils ont remporté un processus électoral et, par conséquent, nous devrons les inclure dans l'équation. Si ce sont les Nations Unies qui assument la direction, hé bien qu'il en soit ainsi, et j'espère que les Nations Unies orientent tous leurs efforts en ce sens ou que les USA avec le gouvernement d'Obama puissent assumer un rôle important. J'ai l'espoir et la perspective que le président Obama soit la voix des masses silencieuses et qu'il mette tout son poids,  le poids de son gouvernement dans la quête d'une solution. Il doit le faire en dehors du cadre des accords passés par l'administration précédente précédent, y compris le dernier passé entre la Secrétaire de d'État d'alors Condoleezza Rice et Madame Livni. Nous devons ouvrir une nouvelle possibilité et prendre en considération le Hamas dans le processus. Si on demandait à la Turquie de participer de quelque manière, nous serions également disposés à le faire, mais nous devons être prudents et penser au processus comme un tout quand nous essayons de définir les parties impliquées et, nous devons parvenir définitivement à la paix au Proche-Orient comme un élément important et nécessaire pour la paix mondiale. Si le processus de paix au Proche Orient ne conduit pas à un résultat positif, il n'y aura pas de paix dans le monde. Je pense alors que ce Parti de la réforme et du changement doit être présent dans le gouvernement d'Unité Nationale qui devra être établi en Palestine, et c'est ainsi que le gouvernement d'Unité Nationale devra ensuite s'instaurer afin d'organiser des élections et, une fois que le nouveau gouvernement sera établi, indépendamment de la sympathie qu'il éveille en nous, nous devrons le reconnaître comme le gouvernement du peuple palestinien, car nous devons respecter la volonté du peuple palestinien.
 
Modérateur : Merci Monsieur le Premier Ministre Erdoğan pour votre réponse très complète et qui, je dois dire, apporte du nouveau. Je m'adresse maintenant à M. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, pour lui poser la même question : comment pouvons nous revenir à un processus de paix après Gaza ?  Et peut-être pourriez-vous également parler des deux points soulevés par le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon.
 
Donc, d'abord, comment parvenir à une unité au sein des Palestiniens ? Et deuxièmement, que peut faire la nouvelle administration américaine, alors que l'émissaire de M. Barack Obama, au Proche Orient, M. George Mitchell, commence une tournée dans la région ?
 
Amr Moussa : Merci beaucoup. Je tiens tout d'abord à remercier le secrétaire général des Nations Unies pour la position ferme qu'il a prise et pour les actions qu'il exige afin de rétablir la situation à Gaza, pour sauver Gaza après le carnage qui a été commis contre sa population. Je veux également louer le rôle joué par la Turquie, un rôle très positif, courageux et clair. Je remercie la Turquie, un membre de la famille des nations du Moyen-Orient, du rôle qu'elle veut bien jouer pour rétablir la paix et aider à traiter des fautes majeures qui ont été commises contre les Palestiniens, et pour demander que soit instaurée une paix juste et équitable afin que la paix soit durable.
Maintenant, David, vous me demandez de parler du futur et de la façon dont nous devons l'aborder. Les choses ne doivent pas être balayées sous le tapis, car ces choses appartiennent au futur proche et peut-être aussi à un avenir plus éloigné. La situation à Gaza ne s'est pas produite en réaction, l'agression contre les Gazaouis n'était pas juste une réaction aux roquettes lancées contre le sud d'Israël. Et là, j'ouvre une parenthèse pour dire que nous sommes contre tout ce qui affecterait enfants, femmes, civils qu'ils soient palestiniens ou israéliens. Je ferme la parenthèse. Cette situation à Gaza et en Palestine est une situation d'occupation militaire étrangère. Et les gens (...) et un siège, un blocus. Gaza vit une situation de blocus, un très grave blocus. La Cisjordanie est sous occupation militaire avec des barrières, des colonies, ce sont les territoires, ainsi les Palestiniens essayent de manifester leur besoin d'avoir un avenir. Vous ne pouvez pas demander aux gens à Gaza qui vivent avec la famine et la faim à cause du blocus, un blocus très sinistre, de rester calmes et leur demander : « pourquoi jetez-vous des pierres contre vos occupants ? ». C'est contre la nature humaine, vous les étranglez, vous les affamez puis vous leur demandez de rester tranquilles ? Et, comme il en a été discuté, la question de la contrebande : bien sûr, la contrebande est illégale, c'est un commerce illicite, un mouvement illicite des choses, des denrées et autres, peut-être du trafic d'armes. Vous les étranglez sans une seule issue d'opportunités et vous leur parlez de commerce illégal ? Si vous voulez empêcher cela, vous devez ouvrir  les points de passage, vous devez leur donner de la nourriture, vous devez leur donner de l'eau, leur donner des médicaments. C'est une vie misérable que les Palestiniens ont vécu et qu'ils vivent aujourd'hui à Gaza à cause du blocus qu'Israël leur a imposé depuis maintenant 3 ans. Deuxièmement, un autre fait : les Palestiniens croient à la nécessité de la démocratie. Il y a eu des politiques, des politiques internationaux, à une certaine période, qui ont demandé au Moyen-Orient : « Appliquez la démocratie, la démocratie est la solution à tout ! », et il se trouve que je suis d'accord avec ça. Les Palestiniens ont cru ces conseils et ont organisé des élections que le Hamas a gagné et une demi-heure, 25 minutes après l'annonce des résultats de l'élection, le Hamas a reçu une notification comme quoi l'aide serait suspendue puis vint le blocus, un grave blocus, et c'est à partir de là que le Hamas s'est mis sur la défensive. Mais tout comme l'a dit le Premier Ministre, M. Erdoğan, le peuple de Gaza n'est pas que le Hamas, ce n'est qu'une organisation parmi d'autres organisations, mais les gens, 1,5 millions de gens, de femmes, d'enfants, toute une population de gens, furent attaqués et ils ont payé le prix de ce jeu qui se déroule entre Israël et le Hamas et le jeu a été causé, et est encore causé aujourd'hui par l'occupation militaire.
 
Pourquoi le Hamas a été écouté dans les territoires occupés, dans les rangs palestiniens, au Moyen-Orient, au sein du monde arabe ? Parce qu'il a une logique. Ils ont dit d'accord, Président Aobu Mazen, allez négocier et si quelque chose d'utile sort de vos négociations, nous vous soutiendrons assurément. Et en fait, ils ont dit nous sommes prêts à accepter l'État palestinien dans les frontières de 1967 mais nous n'allons pas rien signer avant de savoir quelle en sera la conséquence. Ainsi, le Président Abou Mazen n'a rien ramené. Il n'a rien ramené. D'une année entière de négociations avec le gouvernement israélien actuel. C'est ce qu'il a dit. Il a été enregistré lorsqu'il a dit cela et en fait, il l'a dit, ici même, l'année dernière. Je crois que c'était le Premier Ministre Salam Fayyad. Alors voilà la situation. La question n'est pas qu'Israël a réagi à des tirs de roquettes, c'est plus profond que cela, c'est une action d'occupation, une action de blocus, puis une réaction de résistance suivie d'une réaction de destruction menée par Israël. D'accord, c'est arrivé. Devons-nous en rester là et attendre la fin du monde ? Non. Peut-être sommes-nous tous maintenant sollicités pour sauver la situation. Comme le secrétaire général vient de le dire, il y a trois ou quatre choses qui doivent être faites : un cessez-le-feu, un cessez-le-feu solide, un cessez-le-feu durable, ouvrir les passages, arrêter le trafic illégal et une médiation entre les Palestiniens. Voilà ce que nous devons faire et je veux que vous sachiez que je ne nous absous pas, du côté arabe, des erreurs que nous avons commises mais aucune erreur, aucune erreur que nous ayons commise ne peut rivaliser avec la faute grave qui a été commise par Israël en détruisant Gaza et en tuant tous ces gens en seulement vingt jours. Nous avons essayé d'impliquer les Nations Unies plutôt que d'engager plus de meurtres et plus de carnages. Malheureusement, ces dernières années avant ce mois de janvier, et c'était avant le 28 janvier, la philosophie était « non », laissez le Conseil de Sécurité en dehors de ça, donnez une chance à Israël pour qu'il fasse ce qu'il s'était fixé». Nous en avons été témoins en 2006 au Liban, et nous en avons été témoins à nouveau en janvier à New York, mais c'est une longue histoire, je ne crois pas que nous aurons le temps de la raconter maintenant, de l'expliquer intégralement. Maintenant, que devrions-nous faire ? Nous avons une nouvelle administration aux USA. Ce qu'a déclaré le Président Obama est rassurant. Le changement. Il s'est adressé au monde arabe à travers une de nos plus importantes chaîne de télévision, Al Arabiya, depuis Dubai.  Il s'est adressé à nous. Et nous l'avons écouté, nous avons entendu, nous avons compris. Il a envoyé son émissaire, le sénateur Mitchell, qui est un homme très raisonnable, nous avons parlé avec lui, il y aura de nouvelles discussions et je crois qu'il y a des perspectives pour que les USA reviennent à un rôle d'intermédiaire honnête, ce dont nous avons manqué ces dernières années. C'est un point essentiel pour l'avenir, que les USA reviennent au rôle d'intermédiaire honnête qui écoute les différents camps et disent : « Oui, vous avez raison pour cela mais vous avez tort sur ceci », et disent la même chose à l'autre camp. Nous n'avons pas vu ce discours ces dernières années. Oui, c'est le premier point positif, nous espérons avoir raison dans notre appréciation et dans nos espoirs. Le deuxième point positif est l'initiative arabe. Nous sommes prêts. Officiellement, au plus haut niveau, nous sommes tous engagés pour instaurer la paix avec Israël. Pour reconnaître Israël, pour normaliser la situation avec Israël, et pour poursuivre tous nos engagements en accord avec les résolutions du Conseil de Sécurité, avec les décisions de la Conférence de Madrid et avec tous les engagements que nous avons pris, qui ont été signés entre tout pays arabe et Israël. Nous sommes prêts à cela. Mais le fait est que nous n'avons reçu aucune réponse de la part d'Israël durant ces sept dernières années. Le Président Peres est un homme très éloquent, il déclare : « Nous acceptons », mais ce ne sont que des mots, aucune décision officielle n'a été prise par le gouvernement d'Israël en réponse au message officiel envoyé lors d'un sommet arabe qui s'est tenu en 2002. Alors que notre position est totalement officielle, nous n'avons eu aucune réponse, aucune réponse en tous cas à part des communications que nous avons lu dans des journaux ou dans des traductions. Donc nous demandons à Israël maintenant : quelle est votre position au sujet de cette initiative ? Une position officielle. Une position officielle et pas juste une déclaration. Une position officielle. De même notre position était officielle. S'il y a une adhésion de la part d'Israël, une adhésion officielle alors nous sommes sur la bonne voie. Ainsi le second point est pour nous de recevoir une réponse officielle sur l'adhésion à l'initiative arabe qui demande à nous, Arabes, de tourner la page, tourner la page du conflit, reconnaître Israël, normaliser la situation avec Israël et qu'Israël fasse partie de la famille des nations du Moyen-Orient dont elle ne fait pas partie à l'heure actuelle. Mais si Israël se retire, permet l'établissement de l'État palestinien, se retire des autres territoires, nous ne voyons pas d'obstacle pour que nous et les Israéliens vivions ensemble et agissions ensemble. Quand allons-nous recevoir ce message ? Point d'interrogation. Le troisième point...
 
Modérateur : Secrétaire général, nous avons l'occasion d'avoir une réponse de la part du Président d'Israël et c'est peut-être le bon moment de le faire car nous n'avons plus beaucoup de temps...
 
Amr Moussa : Je sais que le Président va prendre tout son temps. Alors donnez-moi encore deux minutes, s'il vous plaît.
 
Modérateur : Je ne veux pas marchander (nous devons faire un cessez-le-feu). Nous serons tout oreilles pour écouter le Président Peres... Nous vous laissons conclure.
 
Amr Moussa : Maintenant, en 2009. L'année 2008 a été pleine de promesses. Et elle s'est terminée dans un bain de sang. Pour nous, passer d'une administration à une autre, de l'année 2000 à l'année 2008, puis 2009, 2010 et 2011, c'est une manoeuvre que nous n'allons pas accepter. C'est pourquoi : aujourd'hui nous sommes en 2009, s'il existe une intention réelle, si un travail réel est fait par un médiateur honnête, si la volonté politique d'Israël s'exprime en faveur de la paix et du progrès, alors nous sommes sur la bonne voie. Si à la fin de cette année, nous arrivons au 31 décembre sans résultat, comme cela s'est passé en 2008, alors nous devrons reconsidérer notre proposition. Il y a beaucoup d'autres alternatives. Mais je crois en ce que dit la Turquie, en ce qu'a déclaré le Premier ministre, M. Erdoğan, nous ne pouvons pas et Israël ne peut pas non plus, atteindre nos objectifs par des moyens militaires. Nous avons besoin d'un accord politique mais d'un accord juste durant l'année 2009. Merci beaucoup.
 
Modérateur : Merci, M. le secrétaire général Moussa et maintenant le Président Peres d'Israël. Personne n'a travaillé aussi longuement et aussi durement que vous sur ce que nous appelons le processus de paix. Dites-nous comment vous pensez que nous puissions revenir à ce processus de paix ?
 
Shimon Peres : Bien, merci Monsieur le Président [Une femme arrange les cheveux de Peres. Rires. Ses cheveux tombent ?], j'ai écouté les distingués orateurs parler d'Israël et je n'ai pu reconnaître l'image du pays qu'ils présentent. Je veux commencer par le début. C'est très difficile pour un pays démocratique de faire face à un groupe terroriste illégal. Tout ce que nous faisons est photographié, quoi que nous fassions, mais personne ne voit ce qu'ils font. Par exemple, quand ils lancent un missile sur une ville en Israël, ce n'est pas photographié. Vous ne pouvez pas voir la mère qui tente de défendre son enfant la nuit entière, ni ses nuits d'insomnie. Avez-vous déjà vu à la télévision une nuit sans sommeil ?
 
Je vous dois le respect Monsieur le Premier ministre, mais je dois dire les choses comme elles sont réellement. Laissez-moi commencer par la démocratie. En premier lieu, qui les Palestiniens ont-ils élu, pas le Hamas mais Monsieur Abbas, celui qu'ils appellent Abou Mazen. Soixante-deux pour cent des Palestiniens votèrent pour lui pour être Président du peuple palestinien et nous négocions avec lui. Le Hamas a participé aux élections mais a une idée très spéciale de la démocratie. Ils pensent que la démocratie est l'histoire d'un jour tous les quatre ans, quand ils se présentent aux élections. Après les élections vous pouvez commencer à tirer, à tuer et à menacer. C'est fini. La démocratie n'est pas une question d'élections. C'est une civilisation et je veux entrer en conflit avec leurs mots en citant le Hamas ; je ne vais pas interrompre l'histoire mais le Hamas nous concerne ; le Hamas a publié des statuts ; laissez-moi lire 2 ou 3 lignes des statuts du Hamas : "Le jour du jugement final ne surviendra pas tant que les musulmans n'auront pas tué les juifs, quand les juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, il n'y a aucune solution pour une initiative de paix, des propositions, les conférences internationales sont une perte de temps". Cela est le statut officiel. Je ne sais pas de quel Hamas vous parlez.
 
Maintenant sur les proportions. Au cours des huit dernières années, bien je veux dire, je déteste le dire, mais comme vous l'avez mentionné, laissez-moi donner l'autre partie de l'histoire, ainsi Israël a perdu cent, mille cent soixante-sept vies des mains des terroristes, huit mille cinq cents ont été blessés. Et ensuite, dans les quatre dernières années, quand le Hamas a eu le contrôle de Gaza, 5500 missiles et 4000 mortiers ont été lancés sur la vie civile en Israël au hasard : il ne leur importait pas si c'était un jardin d'enfant, si c'est [inintelligible], nous n'avons pas répondu. Pour cette raison, l'idée du cessez-le-feu, Monsieur le Premier ministre, est très étrange à notre sens. Nous n'avons jamais commencé à tirer. Et nous l'avons dit et redit aux Palestiniens : "Ne tirez pas et nous ne tirerons pas ; nous ne le faisons pas, jamais nous ne sommes les premiers". Et qui a rompu... et à propos, nous n'avions pas un accord formel sur le cessez-le-feu, ils l'ont annoncé et les Palestiniens ont dit : "C'est fini". Ils l'ont rompu. Et quand le Premier ministre était chez vous quatre jours avant que les opérations ne commencent, le gouvernement d'Israël n'avait pas encore décidé d'agir contre eux.
 
Maintenant laissez-moi... Je veux que vous écoutiez, parce que vous voyez tout à votre télévision, je peux comprendre vos sentiments. Israël a abandonné complètement Gaza, aucune occupation. Nous avons retiré tous nos soldats de Gaza, tous nos civils. Les gens parlent de colonies, nous avons retiré de Gaza toutes les colonies et tous les colons, quinze mille. Personne ne nous a forcés, nous avons décidé de le faire. Nous avons dû mobiliser quarante-cinq mille policiers pour les rapatrier, pour un coût de 2.5 milliards de dollars.
 
Je veux comprendre pourquoi ils nous lancent des missiles. Pourquoi ? Il n'y avait aucun siège contre Gaza. Tous les passages étaient ouverts. Non seulement cela, mais nous avons participé à l'investissement d'argent à Gaza, pour développer une agriculture. Nous, le Centre Peres, nous avons investi vingt mille dollars, pardon vingt millions de dollars pour construire des serres, développer les fraises, l'exportation de fraises, des fraises excellentes, des fleurs.
 
Jimmy Wolfensohn, qui a été représentant du Quartet, a sorti de sa poche cinq millions de dollars pour participer à cela. Ils l'ont détruit. Pourquoi ? Ils ont bombardé tous les passages. Pourquoi ? Pourquoi ils nous ont tiré dessus, que voulaient-ils ? Nous n'occupions pas, il n'y a jamais eu un jour de famine à Gaza. A propos, c'est Israël qui fournit quotidiennement de l'eau à Gaza, c'est Israël qui fournit du combustible à Gaza, la seule chose que nous ne permettons pas d'entrer sont les missiles d'Iran. Et eux, ils construisent des tunnels pour cela. Et vous le savez, nous avons aussi des femmes et des enfants, et ils veulent dormir la nuit. Vous savez ce que cela signifie, chaque jour quasiment cent missiles qui tombent au hasard, un million de personnes qui doivent être dans des refuges. Ils sont allés au gouvernement et lui ont dit : "Que vous arrive t-il ? Nous voulons la sécurité, pourquoi permettez-vous cela ?". Et je veux que quelqu'un me dise, clairement, quels furent les motifs de l'attaque ? Quels étaient les objectifs de l'attaque ? La paix ? Nous avons fait la paix avec l'Égypte, pas avec des armes, par des accords et des négociations, et nous avons réalisé toutes les conditions de l'Égypte. Nous avons de même fait la paix avec la Jordanie, nous leur avons rendu toute la terre et toute l'eau. Nous nous sommes ouverts aux Palestiniens et leur avons dit que nous appuyons un État palestinien, j'ai commencé à Oslo, contre la majorité peut-être de notre peuple qui n'était pas d'accord. Et tout le temps, vous le savez, Monsieur le Premier ministre, pendant que vous deviez attendre, beaucoup d'autobus venaient de Cisjordanie à Jérusalem pleins de dynamite. J'étais alors le Premier ministre, je l'ai vu de mes propres yeux, le sang et les corps. Vous le savez, je n'ai pas à regarder la télévision et quand j'étais là, il y avait des milliers de personnes qui me criaient : "Traître, assassin, regarde ce qu'ils nous ont fait !". Vous devez, il y a beaucoup de détails que vous devez savoir, Israël a soixante ans, vous connaissez un autre pays qui en soixante ans a dû passer par sept guerres, deux intifadas, un boycott en cours ? Quoi, pourquoi ? Et malgré cela nous avons fait la paix avec l'Égypte. J'ai le plus grand respect pour le président Moubarak. A ce propos le président Moubarak a accusé le Hamas, pas nous. Et le président Moubarak connaît la situation tout comme vous, Monsieur le Premier ministre. Et le président Abbas connaît la situation tout comme vous, et il a accusé le Hamas, pas nous. Et ensuite les mères et les enfants sont venus et ont interrogé le gouvernement. Que va-t-il se passer ? Un million de personnes deviennent chaque nuit des réfugiés, des mères qui ne peuvent dormir, exactement que veut dire cela ? A ce sujet je n'ai jamais vu quelqu'un se manifester contre ces missiles. Cela était bien, personne ne dit un mot. Et nous ne répondions pas, chaque jour, chaque année, tout a une limite. Et à propos, j'ai beaucoup de respect pour le secrétaire général, il était un ami et j'espère qu'il l'est toujours, j'apprécie beaucoup l'initiative arabe, mais il y a un problème, je ne veux pas le cacher. Le problème n'est pas le monde arabe, le problème est l'ambition iranienne de gouverner le Proche-Orient. Ils fournissent les missiles au Hezbollah, ils fournissent les missiles au Hamas, ils sont opposés à la démarche arabe, et vous savez que nous n'avions pas d'autre option. Le leader du Hezbollah, Nasrallah, a dit : "Si nous avions su qu'Israël réagirait avec une telle force, nous n'aurions pas commencé". Merci beaucoup. Et ensuite vint Mashaal, le leader du Hamas, qui a dit : "Israël a réagi trop fort". Que croyaient-ils que nous ferions ? Je ne le comprends pas. Que feriez-vous si cela se passait à Istanbul, chaque nuit dix missiles, cent missiles ? Et nous n'avons jamais infligé de représailles, toute ma vie, comme vous l'avez dit, monsieur le Président, je l'ai apprécié, j'ai lutté pour la paix, ce que nous avons fait n'est pas... ce que nous voulions faire... Cela n'est pas notre option, notre option est la paix. Ce que nous avons fait c'est parce qu'il nous manquait une option, ils nous ont menacés avec une option. Voteriez-vous en faveur d'un tel objectif, tuer les juifs ? Bon, cela sont des mots, mais tuer les juifs et envoyer des missiles pour les tuer. Que vouliez-vous que nous fassions ? Nous avons commencé à négocier avec Monsieur Arafat, avec beaucoup de respect, ce n'était pas simple. Au début, l'OLP était une organisation terrorise. Arafat consentit à arrêter la terreur et continua les négociations. À ce propos ce qui fut obtenu pacifiquement, positivement ne le fut pas avec des missiles ni par la force ni par la puissance, mais par les négociations. Cela demande du temps, cela demande du temps. C'est un pays très compliqué. C'est un petit pays avec trois religions, avec beaucoup d'histoire. Avec différents groupes ethniques, ce n'est pas simple. Nous avons fait la paix, une fois, deux fois, maintenant nous négocions avec les Palestiniens. Il y eut une crise entre les Palestiniens, nous n'avons pas l'intention d'être ceux qui décident si les Palestiniens doivent être unis ou non. Tant que le Hamas ne s'est pas rebellé pas contre le Fatah, ce n'était pas notre affaire, nous n'avons pas dit un mot. Vous savez ? Je suis en train de parler d'Israël, regardez ce que les gens, les Palestiniens, le secrétaire général du Fatah disent sur le Hamas, il y a trois jours. Son nom est Yasser Abed Rabbo, un Palestinien, un secrétaire général de l'OLP, du comité exécutif, et je le cite, je le cite il y a trois jours : "Le Hamas a transformé Gaza, les écoles de Gaza et les mosquées, toutes les universités en centres de détention, d'interrogatoire et de torture. Des dizaines ont reçu des tirs dans les jambes, ils les ont frappés sauvagement et leur ont brisé les os. Le Hamas a volé des camions qui apportent... et distribuent seulement à ... les aliments... seulement aux partisans de son mouvement". Ils ne donnent pas d'aliments aux gens du Fatah. Ils ont tué une centaine de leaders du Fatah en plein jour. Ils les jettent depuis les terrasses. Que voulez-vous dire ? Est-ce une question de définitions ? Israël ne veut tirer sur personne, pour nous tous les enfants sont très importants comme vous pouvez le penser. J'ai fondé le Centre Peres, tout l'argent que nous avons récolté a été pour soigner des enfants. Des enfants palestiniens. Ils n'avaient pas d'assurance maladie, ils n'avaient pas d'hôpitaux, en cinq ans nous avons envoyé en Israël 5500 enfants palestiniens et leurs mères pour les soigner. À ce propos, il n'y a plus aucun hôpital en Israël qui n'ait des médecins arabes, ainsi les enfants peuvent communiquer avec les médecins dans les hôpitaux israéliens. Mais si vous mettez un enfant, si vous mettez des bombes dans le jardin d'enfants, et s'ils se cachent derrière des familles innocentes, et nous avant de bombarder, avant de tenter de bombarder quelqu'un, nous tentons d'appeler les gens par téléphone, nous leur disons : s'il vous plaît abandonnez ce lieu. Nous ne voulons pas leur faire de mal. Nous avons fait cela durant les vingt jours, 250.000 appels téléphoniques avant de tirer. Que pouvions-nous faire, quelle était notre alternative ? Et que pourrait faire tout gouvernement ? Je déplore beaucoup, Monsieur le secrétaire général, le bombardement de l'immeuble des Nations Unies, et selon nos informations, pas les vôtres, ils avaient commencé à tirer depuis ce bâtiment, et d'ailleurs vous l'Europe, vous avez bombardé le Kosovo et vous avez détruit l'ambassade chinoise, est-ce que vous vouliez cela ? Et des centaines de civils ont été tués dans les bombardements. C'est bien. Je veux, s'il vous plaît, parler clairement,
Israël n'a pas besoin d'un cessez-le-feu, parce que nous n'avons jamais commencé à tirer et ne le ferons jamais.

Et nous ne le ferons jamais. Et une minute après qu'ils auront arrêté de tirer il y aura un cessez-le-feu. Il ne nous faut rien d'autre. À tout moment, chaque jour, on ne veut pas le feu ; on n'est pas intéressé par faire du mal ou par tuer personne. Maintenant sur le processus de paix. Tout d'abord, je veux dire que c'était un grand pas de la part du Secrétaire Général de la Ligue Arabe que de présenter l'Initiative Arabe. Je pense que c'était un pas très positif dans une histoire amère faite d'incompréhension et de confrontations. Les problèmes auxquels nous faisons bien face sont les suivants : a) nous avons commencé à négocier directement avec les Palestiniens. Le président Moubarak m'a dit : « Regardez, finissez vos négociations avec les Palestiniens, ce serait selon nous le premier pas vers une paix totale ». Nous sommes en train de négocier et je pense que nous avons avancé dans un problème extrêmement compliqué. Ils mettent en avant le problème de Jérusalem. Jérusalem n'est pas un morceau de terre. Jérusalem est du feu. Il s'y trouve trois religions différentes avec différents courants dans chacune d'elle, et les gens se battent pour la moindre fenêtre, la moindre porte. C'est facile de dire « trouvez un arrangement », on en cherche le moyen. Nous avons dit aux Palestiniens que nous sommes vraiment prêts à accepter [inintelligible], ce qui veut dire que nous sommes prêts à leur rendre la plupart, presque toute la terre de la Cisjordanie. Gaza, nous l'avons complètement quittée. Pourquoi se battre à ce propos ? Aussi le cessez-le-feu, pour autant qu'il en est question, n'est pas un problème pour nous. Nous n'avons jamais commencé, nous ne devrions jamais commencer à faire feu et quand ils ont fait feu sur nous, nous avons répondu, mais après de grande réticences et des milliers de gens furent tués aussi. Ils n'ont pas été tués de manière concentrée. Et alors ? Ce n'est pas important. Je pense que ce que nous avons à faire, et à ce propos je suis pour la restauration de Gaza, nous n'avons rien, il n'y a pas eu un jour où nous n'ayons approvisionné en eau et en carburant. Personnellement, j'ai lu chaque semaine un rapport sur la situation humanitaire à Gaza. Si quelque chose manque, le gouvernement et moi-même nous intervenons pour être sûrs qu'il y aura du carburant et de la nourriture. La tragédie de Gaza, ce n'est pas Israël, c'est le Hamas, qui a décrété une dictature, très moche, et ils créent le problème des passages, ce n'est pas parce qu'on veut contrôler l'approvisionnement en nourriture et en matériel médical ou de construction. Ils font des tunnels pour y importer des missiles et ils élaborent un système souterrain de tunnels, et à ce propos les chefs s'y cachent eux-mêmes et ils ont oublié le peuple. Je pense, oui, que nous aimerions bien voir Gaza devenir florissant, Gaza est un petit endroit avec des gens intelligents. Quand j'ai commencé à parler avec Arafat nous avons pris Singapour comme exemple. La Cisjordanie et Gaza réunies sont neuf fois plus grandes que Singapour et à Singapour il y a plus de gens qu'à Gaza et qu'en Cisjordanie. Le problème de nos jours, ce n'est pas la terre mais réellement l'éducation et Gaza n'est pas notre ennemie, et les gens à Gaza ne sont pas nos ennemis, et nous voulons vivre en paix avec eux. Nous n'avons pas de haine et nous n'avons pas de plans, ce pourquoi nous avons quitté Gaza et nous sommes pour restaurer la vie à Gaza mais sans dictateurs et sans tirs non seulement contre nous mais contre les gens du Fatah…             

Modérateur : On pourrait en finir là… Plus qu'une minute.

Shimon Peres : Et nous voulons alors renouveler les négociations avec l'Autorité palestinienne autorisée. Nous avons fait du chemin. Nous voulons commencer sur le champ, nous voulons le faire avec le Quartet, nous voulons le faire tout de suite, nous ne voulons pas perdre de temps. Notre but est la paix, pas la guerre, et quand nous gagnons une guerre nous ne le considérons pas comme une victoire. Pour nous la victoire est la paix, pas la guerre. Nous avons la puissance, ne nous devrions jamais utiliser la puissance sauf s'il n'y a pas d'autre choix, et quand nous avons le choix nous voulons la paix et je pense que le Hezbollah a appris la leçon, ils arrêtent de tirer, rien ne les empêche de tirer hormis notre réaction. J'espère que le Hamas auront aussi une leçon, ils arrêteront de tirer et commenceront à discuter, c'est en parlant qu'on peut arriver à tout réaliser, pas en tirant et c'était, et c'est, et cela restera la position d'Israël. Merci Monsieur.

Modérateur : Ce débat a été fort et passionné. C'est un début qu'on pourrait poursuivre des heures ce soir mais nous avons déjà bien dépassé l'heure de fermeture. Je veux dire…

Recep Tayyip Erdoğan : Une minute.

Modérateur :  Monsieur le Premier ministre… mes excuses à Mr. Le Premier ministre Erdoğan…

Recep Tayyip Erdoğan : Une minute, une minute, une minute…

Modérateur : Et bien, je…

Recep Tayyip Erdoğan : Une minute ! Ce n'est pas possible ! Une minute ! Une minute !

Modérateur : D'accord, mais je vais devoir vous demander de vous en tenir à cette minute, s'il vous plaît.

Recep Tayyip Erdoğan : Cher Mr. Peres, vous êtes plus vieux que je ne le suis. Et vous avez une voix qui porte beaucoup. J'ai le sentiment que vous vous sentez coupable et que c'est pour cela que votre voix était si forte. Ma voix ne sera pas aussi forte parce que vous savez ce que je vais vous dire. Quand il est question de tuer, vous savez très bien comment tuer. Je sais très bien comment vous avez tué, comment vous avez atteint des enfants sur les plages. Dans votre pays, deux personnes, deux Premiers ministres ont dit quelque chose de très important pour moi. L'un d'eux a dit : « Quand je suis rentré en Palestine avec un tank j'ai été heureux ». Quand les tanks sont entrés en Palestine ils ont été heureux. C'était ce qu'avaient ressenti certains de vos Premiers ministres. Là vous nous parlez de chiffres. Je peux vous donner des noms. Peut-être que certains d'entre vous êtes curieux. Je condamne ceux qui applaudissent à la cruauté. Parce qu'applaudir ces gens qui ont assassiné des enfants est un crime contre l'humanité. On ne peut fermer les yeux sur cette réalité. Regardez, j'ai pris plein de notes [à propos de l'intervention de Peres] mais maintenant je n'ai pas la possibilité de répondre à tous ces points. Je ne vous parlerai que de deux choses sur ce problème. La première…

Modérateur : Premier ministre, on ne peut pas recommencer le débat.

Recep Tayyip Erdoğan : Je m'excuse. La première chose, la première chose…

Modérateur : Je suis désolé.

Recep Tayyip Erdoğan : Ne m'interrompez pas.

Modérateur : On doit vraiment laisser les gens aller dîner.

Recep Tayyip Erdoğan : Le 6e commandement de la Torah dit : Tu ne tueras point. Mais ils ont tué les Palestiniens. La deuxième chose, attendez, est très intéressante. Gilad Atzmon : « La barbarie d'Israël est au-delà de la cruauté ». Il est juif. Et puis il y a le professeur de relations internationales de l'Université d'Oxford Avi Shlaim, qui a servi dans l'armée israélienne. Il a dit la chose suivante dans un journal anglais, le Guardian : « Israël est un État voyou ».  

Modérateur : Premier ministre, Premier ministre. Je veux demander à notre animateur. Merci.

Recep Tayyip Erdoğan : Je veux aussi le remercier car pour moi c'est terminé. Pour moi, pour moi, Davos c'est fini. Je ne retournerai pas à Davos, que vous le sachiez, c'en est fini. Vous ne me laissez pas parler. Il a parlé 25 minutes, et je n'ai pu parler que 12 minutes. Ça ne peut pas se passer comme ça. [Il se lève et s'en va, le Secrétaire de la Ligue Arabe lui sert la main]

Modérateur : Permettez que je laisse notre animateur s'occuper de cela. Premier ministre, faites ce que…

Animateur : Mesdames et Messieurs, merci, merci beaucoup, si vous, si vous voulez bien rester un moment, une minute, s'il vous plaît. Je pense qu'en dépit de toutes ces émotions et bien sûr quand il est question de la vie d'enfants etc., nous devons tous être sous le coup de l'émotion. Mais malgré tout je pense que nous avons aussi entendu quelques raisons et quelques arguments qui nous encouragent à croire qu'il y a un terrain d'entente. Et je pense que le rôle des USA comme médiateur honnête – ce qui a été souligné – en est une qui est très importante et je suis heureux que madame Charrette était là et va certainement transmettre à son retour ce message au président Obama. Permettez-moi maintenant de conclure cette session sur une note dans un esprit de conciliation. Le Forum Économique Mondial a parmi ses communautés des leaders religieux et nous avons parmi nous ici vingt leaders religieux de haut niveau qui représentent l'ensemble des croyances et des religions abrahamiques. Permettez-moi simplement de lire ce qu'ils ont rédigé comme message à votre attention et à celle de ceux qui négocient. Je lis : « La communauté des leaders religieux associés au Forum Économique Mondial, engagés pour la justice, la dignité et le respect mutuel pour tous, exprime sa profonde détresse à l'égard de la peine éprouvée par des innocents qui souffrent, où qu'ils soient, et en particulier dans la terre qui est sainte pour les religions abrahamiques, pour nous, et qui a récemment été le lieu d'importantes pertes humaines et de destructions. Alors que ce conflit est un conflit territorial, trop souvent, la religion a été exploitée et a été considérée comme faisant partie du problème. Par conséquent, la communauté des leaders religieux croit passionnément que les cultes religieux doivent faire partie de la solution. En fait, aucune solution ne sera possible sans un engagement de ceux-ci. Par conséquent, la communauté des leaders religieux lance un appel aux dirigeants politiques pour qu'ils engagent comme partenaires, comme vrais partenaires, les représentants religieux des trois fois abrahamiques, et notamment le Conseil des leaders religieux de la Terre Sainte, pour chercher un règlement qui aboutira à deux États indépendants vivant en paix, libérés de la violence, de l'incitation à la haine, et de la terreur. La Communauté donne son soutien à toutes les initiatives pour apporter la paix au Moyen-Orient, la plus récente étant la nomination par le président Obama du sénateur George Mitchell comme envoyé spécial, et pour le succès de laquelle nous prions ». Prions tous pour le succès parce que notre destin et celui de nos enfants dépendra de la bonne volonté de ces politiciens à travailler ensemble. Veuillez aussi vous joindre à moi en exprimant vos encouragements à toutes les personnes de bonne foi qui veulent négocier, pour nous assurer que bientôt un rêve pourra être réalisé, un rêve pour une paix durable pour longtemps. Merci.

Éditorial  de Tlaxcala : Tu ne tueras point


Cette vidéo est impressionnante. Tout d'abord son contexte – le Forum Économique Mondial de Davos – ne paraissait pas a priori propice à une dispute publique entre les participants à ce panel. Les politiciens professionnels n'ont pas coutume de dire ce qu'ils pensent face aux caméras, réservant les cous de poignard dans le dos aux négociations secrètes, tout en arborant des sourires et en se serrant la main aux yeux du monde. Certes le thème du débat – la guerre contre Gaza – était abordé alors que les cadavres de 1300 Palestiniens étaient encore tièdes, mais sans l'inattendu incident final provoqué par le Premier ministre turc, il aurait sans doute été rapidement oublié, tout comme les tonnes de déclarations quotidiennes marquées du sceau du politiquement correct. Mais l'impensable est arrivé et les images de Recep Tayyip Erdoğan maudissant Israël et l'accusant d'être un État voyou resteront dans l'histoire. C'est peut-être la première fois que la vérité s'est frayée un chemin dans une séquence mise en scène par les hautes sphères du pouvoir et que les peuples du monde ont pu assister à cela avec admiration. Nous aimons croire qu'après cela, plus rien ne sera pareil. De fait, les choses ont changé pour Israël depuis le début du mois de janvier 2009 : son attaque génocidaire contre Gaza a déclenché des requêtes judiciaires et une indignation généralisée dans toute la planète. Cela indique un tournant, qui pourrait aboutir rapidement à une protestation et à un châtiment pour le mépris absolu manifesté par Israël à l'égard des droits humains, du droit international et du respect e la vie des non-juifs.

De plus, cette vidéo est surréaliste, grâce à la prestation de Shimon Peres, une interprétation absurde du rôle du Menteur, digne de Groucho Marx si tout cela n'était pas si tragique. À ses côtés à la tribune, un Ban Ki-Moon qui, dans son impuissance, se voit réduit à faire la seule chose qu'il puisse faire, c'est-à-dire rien, tandis qu'un solide Amr Moussa maintient un niveau de rhétorique avec dignité, à défaut de disposer d'armes réelles pour menacer la puissance nucléaire qu'est Israël. Mais ce qui restera dans toutes les mémoires, ce sera la réplique déterminée et passionnée d'Erdoğan, qui a fait oublier une partie de ses péchés politiques, au moins dans le cœur du peuple palestinien. Après tout, nous savons tous, depuis les études du théoricien marxiste Mikhaïl Bakhtine sur Rabelais que les gens aiment assister à l'humiliation de ceux qui humilient et Israël a humilié depuis si longtemps – et avec une telle impunité -  le peuple Palestinien qu'Erdoğan pourrait passer à la postérité non pas comme le politicien standard qu'il est mais comme l'homme qui a crié la vérité à la face de ce vieil assassin fanfaron de  Shimon Peres.

Un autre aspect mérite d'être mentionné : c'est l'union apparente entre le "monde politique et diplomatique" et celui des gens normaux, artistes, militants et citoyens. Le discours d'Erdoğan procède du monde dans lequel nous vivons, où les gens pensent, discutent et tirent leurs conclusions sur ce qui est bien et ce qui est mal sur la base de quelques fondamentaux : tuer, c'est mal, opprimer c'est mal, et aucune argutie politique ou diplomatique ne peut occulter les faits et nous convaincre de la justesse d'une affirmation contraire aux preuves, lorsque celle-ci se heurte manifestement à ce que nous voyons, entendons et ressentons. Erdoğan a reçu un accueil de héros à son retour en Turquie, car il a exprimé une intolérance nationale et, osons le dire, internationale vis-à-vis des mensonges, de la violence et de la suprématie. Il ne s'agit pas ici de démagogie, mais de la voix du peuple, de la voix de la lutte, de la voix des masses.

Et comme nous le savons, les masses n'ont pas toujours raisons mais ce sont très rarement les leaders qui l'ont.

Le comité éditorial de Tlaxcala

Guerre de l'information contre Gaza

Une guerre se gagne aussi grâce à la propagande (La guerre israélienne de l'information). Elle prend des formes nouvelles à l'heure "où la logique d’audience le dispute à la volonté de conserver ses prérogatives dans la production du discours légitime".

Marie Bénilde a écrit un excellent article sur ce sujet (Gaza : du plomb durci dans les têtes) :
La solution trouvée par le gouvernement israélien consiste donc à étendre aux journalistes le blocus de Gaza, pendant le conflit qui se prépare. Loin des caméras et du regard des reporters, les dramatiques conditions de vie des Palestiniens et les souffrances endurées par la population sont donc escamotées — autant que possible — aux yeux de témoins directs venus de la presse internationale. En dépit d’un arrêt de la Cour suprême israélienne, les reporters seront ainsi cantonnés en dehors de Gaza dans la zone israélienne exposée aux roquettes du Hamas.
[...]
Il en résulte une surexposition médiatique du sort des populations israéliennes soumises aux tirs sporadiques des combattants du Hamas. Pour les grands médias, même si ce tropisme ne vise pas intentionnellement à mettre l’accent sur la légitimité de la « riposte » israélienne, elle introduit un biais désastreux dans la couverture du conflit. Le téléspectateur ou l’auditeur sont en quelque sorte sommés de voir ou d’entendre la guerre à laquelle se livre Israël à travers le prisme déformant de sa propagande.
[...]
Difficile enfin de passer sous silence la compréhension - voire la bienveillance - que suscite chez certains patrons de rédaction français l’offensive israélienne. « Israël a raison de mener cette guerre et il le fait aussi pour notre tranquillité », avance par exemple Christophe Barbier (qui s’est récemment choisi pour témoin de mariage Bernard-Henri Lévy), dans un des ses éditoriaux de L’Express.
[...]
Les médias se méfient de l’émotion que pourrait engendrer un traitement par trop empathique du sort des Palestiniens. Comme si cette émotion était exclusivement réservée, pour des raisons culturelles et historiques fondamentales, au pays de David... Quand bien même ce David a pris depuis longtemps les traits de Goliath.


Lire aussi les articles publiés par Acrimed dans le dossier Guerre contre Gaza.

6 février 2009

Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (8)



Les partis politiques israéliens agissent en France (IRIS). Le Likoud est particulièrement présent pour défendre la folie criminelle de ses dirigeants. Voici un exemple d'appel au meurtre signé Jacques Kupfer, mais non daté.

Gaza doit pleurer


Ma confiance dans les actions de Tsahal et la détermination de nos combattants n'est pas exempte de méfiance envers ce gouvernement et les raisons profondes de notre intervention. Ceux qui ont accepté le transfert forcé des Juifs du Gouch Katif, la destruction des implantations sionistes sur la Terre d'Israël sans mentionner la deuxième guerre du Liban, ne me paraissent pas les mieux placés pour sauvegarder notre avenir. L'opération actuelle de Tsahal aurait du être réalisée dès le tir du premier Kassam. Autoriser dans l'impavide attente qu'un deuxième missile soit tiré contre Sderot a ouvert la voie au lancement de 8000 missiles sur toutes les villes avoisinant Gaza. Le soutien à l'opération "Plomb durci" qui est sans réserve ne doit pas empêcher de considérer que les préoccupations électorales des trois personnages déjà cités ont peut être pesé autant que le souci longtemps oublié de défendre la population d'Israël, de restaurer notre force de dissuasion et rétablir notre honneur national.
La certitude que notre opération militaire sera couronnée de succès est tempérée par la crainte que les decisions politiques risquent une fois de plus de priver Israël d'atteindre les buts recherchés.
[...]
Pour que notre victoire soit réelle et efficace, un sentiment de défaite et de désespoir doit submerger Gaza et tous ses habitants. Ils doivent ressentir la perte non seulement de leurs "martyrs" qui partent retrouver les vierges au paradis, mais la douleur de la vie quotidienne comme résultat de leur soutien au Hamas et de leur haine viscérale d'Israël.
[...]
Nous devons stopper tout convoi "humanitaire" et n'autoriser exceptionnellement leur passage qu'en échange de Guilad Shalit vivant et en bonne santé. Que la population de Gaza meure de faim et sache que c'est par la faute du Hamas si ce dernier ne veut pas libérer notre prisonnier.
[...]
Israël et le peuple Juif se retrouvent une fois de plus aux avant-postes de la guerre contre la barbarie et le terrorisme. Israël et le peuple juif doivent vaincre.

C'est pourquoi Gaza doit pleurer. Pas faire semblant pour les télévisions étrangères mais réellement. Gaza doit pleurer des larmes de sang.

Likoud France.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Résistance Palestine : Belgique



40 artistes belges répondent à l'appel en soutien au peuple palestinien

Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (7)



Bande de Gaza, 18 - 24 janvier 2009, UJFP.
Les structures médicales suivantes ont subi de nombreux dégâts : la clinique Atatra (Bande de Gaza nord), détruite ne peut reprendre son activité, la clinique Shuahada Al Shate (Gaza ville), très endommagée ; deux cliniques de Khan Younis, la clinique Shuahada et celle appelée Khuza'a. Ainsi qu'une clinique à Rafah, Fukhari. L'hôpital pédiatrique de Dora plusieurs fois visé ne peut toujours pas reprendre ses activités.

L'hôpital de la Société du Croissant-Rouge palestinien dans le sud de la ville de Gaza a été bombardé le 15 janvier. L'hôpital Al Wafa, spécialisé en rééducation, situé dans
l'est de la ville de Gaza, a été l'objet de tirs de missile le 15 janvier.
16 ambulances visées directement et détruites
13 mosquées détruites, 53 partiellement détruites
cimetière détruit, tombes profanées
écoles bombardées
université....
institutions palestiniennes, centres de police, centre de réunions, ministères...
donums « massacrés » au bulldozer
serres, système d'irrigation, champs broyés et durablement inutilisables

450 maisons ont été volontairement écrasées par des chars
2 500 habitations complètement détruites par des bombardements
25 000 habitations endommagées

plus de 70 000 Palestiniens déplacés
50 abris d'urgence ont été gérés par l'UNRWA pour 49 693 des personnes déplacées

14 secouristes morts, 35 autres blessés
1 médecin tué
5 journalistes tués
1 346 morts dont 417 enfants
280 malades chroniques morts pendant cette agression faute de soins et de médicaments
5 450 blessés dont 1855 enfants et 795 femmes
442 patients ont été transférés par Rafah, la plupart pour des blessures et quelques-uns pour des affections chroniques, au moins 21 d'entre eux sont décédés depuis

Utilisation de phosphore blanc, alors que cela est interdit selon le droit international et particulièrement contre les civils et dans les zones d'habitations. Rappelons que seul est autorisé l'usage de cette substance soit pour illuminer des zones durant la nuit soit pour « bénéficier » d'un écran de fumée, mais en tout cas, ces usages tolérés sont absolument interdits dans les zones urbaines. Ainsi le Protocole III sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des armes incendiaires -Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies de 1980 sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques- interdit l'utilisation d'armes incendiaires contre des civils. Cela s'applique aux armes à phosphore blanc. Devenue règle de droit international coutumier donc contraignante, y compris pour l'Etat israélien, même s'il n'est pas partie au Protocole III.


Quelque 500 Palestiniens et militants de gauche ont protesté vendredi à Naalin contre l'édification de la barrière de sécurité. Les manifestants ont jeté des pierres sur les forces de sécurité, lesquelles ont riposté par des moyens de dispersions de foule. On ne signale aucun blessé.
Guysen International.

La tragédie du mur de l'apartheid israélien, AFPS.
Trois fois plus haut et deux fois plus large que le mur de Berlin, il serpente sur plus de 400 km, alternant d’immenses parois en béton de plus de huit mètres de haut avec des tours de contrôle et des haies de barbelés.
[...]
« Où qu’on aille, le mur détruit la vie des Palestiniens, explique Jamal Juma, coordinateur de Stop the Wall, association activiste basée à Ramallah. Et contrairement au discours avancé, il n’a pas été construit pour servir de protection. Après les négociations de Camp David, les Israéliens sont entrés en Cisjordanie pour imposer une nouvelle réalité aux Palestiniens : faire d’Al Qods leur capitale – et pour cela ils ont fait venir plus de 200 000 colons – et séparer les Palestiniens – en excluant plus de 200 000 d’entre eux via un mur annexant leurs terres. »
[...]
« Les Israéliens procèdent à un véritable nettoyage ethnique. Ils prennent les terres fertiles, les puits, les maisons, les cultures et instaurent un régime d’apartheid, avec des rocades spécialement construites pour les trajets entre colonies. Le mur est en train de tout redéfinir.




La Turquie ouvre une enquête sur les éventuels crimes de guerre commis par Israël lors de l'offensive de Tsahal contre le Hamas à Gaza. Le bureau du procureur en chef turque soupçonne l'Etat hébreu de ''génocide, tortures, et crimes contre l'humanité''.
Guysen International.

Joshua MITNICK, Les accusations de crimes de guerre énervent Israël, Info-Palestine.
Après la guerre de Gaza, Israël prépare sa défense et celle de ses soldats contre les accusations de crimes à craindre devant les tribunaux européens qui disposent de «la compétence universelle».
[...]
Les Israéliens considèrent ces menaces comme faisant partie d'une chasse aux sorcières à caractère politique. Pour les Palestiniens et les militants des droits humains cependant, ces tribunaux nationaux représentent la seule instance où ils peuvent démontrer que des crimes de guerre ont été commis.

«Les systèmes mis en place dans un certain nombre de pays vont être mis à l'épreuve... Nous avons des équipes juridiques qui fonctionnent au sein et au-delà des pays européens pour le compte des plaignants palestiniens contre les crimes de guerre», indique Daniel Machover, avocat britannique né en Israël, qui agit en coordination avec le Centre palestinien pour les droits humains (PCHR) basé à Gaza, et qui a coopéré pour l'arrestation de Mr Almog en 2005. «Il n'y a pas d'autre moyen pour un pays ou un territoire sous occupation d'obtenir justice».

Mr Machover a également aidé à la présentation, devant un tribunal national espagnol, d'un cas d'attentat israélien contre un chef militaire du Hamas, en 2002. Ce bombardement aurait fait plus d'une dizaine de morts civils dans un quartier de Gaza. Pas plus tard que la semaine dernière, un juge espagnol a annoncé qu'il y aurait une enquête, provoquant des tensions entre Israël et l'Espagne, et incitant Israël à travailler davantage encore la question des crimes de guerre.

Talonné par une série d'accusations allant d'avoir pris pour cibles des sites civils jusqu'à avoir empêché l'évacuation de non combattants, le gouvernement israélien, ces dernières semaines, a réaffirmé son engagement à défendre juridiquement les soldats et les responsables politiques impliqués dans ces affaires. Il a également décidé de tenir secrète l'identité des soldats pour en protéger le plus grand nombre contre les poursuites. (voir cependant : Noms et photos de criminels de guerre israéliens à Gaza).


Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (6)



Dépêches des 3 et 4 février 2009, Info-Palestine - Toutes les dépêches.



04/02/2009, Nicola NASSER, Le mécanisme du nouveau siège de Gaza, ISM.
La reconstruction de Gaza est devenue la dernière arme du siège. L’occupation israélienne, les Etats-Unis qui ont soutenu son offensive, et l’Union Européenne qui n’a rien fait pour l’arrêter, conspirent à transformer le processus de reconstruction en moyen de trouver un ‘partenaire de paix’ convenable, tandis que le sommet arabe au Koweït espère l’utiliser pour amener la réconciliation palestinienne.
[...]
L’offensive israélienne a détruit toute l’infrastructure civile du gouvernement à Gaza sous prétexte qu’elle servait de base au Hamas, alors qu’en fait, c’était une infrastructure de l’AP payée par les contribuables des pays donateurs. Des zones résidentielles entières ont été rasées, détruisant complètement 4.000 maisons et endommageant gravement 16.000 autres. 100.000 civils ont maintenant un besoin urgent d’abri, provisoirement hébergés dans une douzaine de refuges ouverts par l’UNWRA dans des écoles qui ont aussi été visées par les canons israéliens, et qui ont donc besoin elles aussi de réparations.

De plus, il faut remettre en valeur les terres agricoles ruinées par les bombardements, fournir de l’eau potable doit à un demi-million de Palestiniens, rétablir l’électricité pour à peu près le même nombre de personnes, et fournir une aide alimentaire d’urgence à environ 80% des habitants de Gaza (tous ces chiffres sont des estimations des Nations Unies).

Tout argument politique qui ajourne cette aide urgente est moralement scandaleux.


05/02/2009, Des milliers de Palestiniens à Gaza vivent sous la tente, Reuters-Yahoo! Actualités.
Selon les équipes de secours, au moins 16.000 personnes occupent des tentes réparties dans dix camps improvisés sur l'ensemble de l'enclave palestinienne.

Mais l'espace pour chacun est plus que réduit, car des milliers de tentes sont bloquées à la frontière par les forces israéliennes.

Les ONG ont fourni des couvertures aux campeurs pour se protéger du froid la nuit, quand les sans-logis se rassemblent autour de braseros pour se réchauffer. Des latrines ont été installées dans quelques camps seulement.
[...]
Les Israéliens refusent de laisser entrer à Gaza du matériel de construction qui, disent-ils, pourrait être utilisé pour la fabrication de roquettes.

L'aide promise par la communauté internationale n'arrive à Gaza qu'au compte-gouttes dans l'attente d'un véritable accord entre le Hamas, Israël et l'Egypte pour la fin des hostilités.

Khalil Aboufoul, directeur du département gestion des catastrophes au Croissant rouge palestinien, rappelle qu'entre 800 et un millier de camions pénétraient chaque jour dans Gaza avant 2007, date de l'instauration du blocus israélien.

"Pendant la guerre, on est tombé à 50-60 camions. Aujourd'hui, c'est environ 80 à 100 camions. Pour moi, on ne peut pas parler de couloir humanitaire : il faut plus d'aide qu'avant, et on en a très peu".


05/02/2009, Binyamin Netanyahou juge ''légitime'' la campagne d'Avigdor Lieberman contre les Arabes israéliens. ''Il est légitime de demander aux citoyens d'un Etat d'être fidèle (à leur pays)'' a estimé jeudi le chef du Likoud dans une interview accordée à la télévision israélienne.
Guysen International.
Lire aussi :
• Israël/ l'ultranationaliste Abigdor Lieberman pourrait créer la surprise, AP-Yahoo! Actualités.
• Dossier "Les élections en Israël", Le Monde - Protection Palestine.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.