12 février 2009
Cinéastes contre la guerre et l'occupation
Avant la sortie de son film, Z 32, mercredi prochain en France, le réalisateur israélien Avi Mograbi sera à Paris samedi soir au centre Confluences [1], en ouverture de la troisième édition de son festival du film documentaire. Moins d’un moins après la fin de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, les organisateurs ont mis sur pied une programmation axée autour de la question de l’occupation des Territoires palestiniens. A commencer par Gaza : «Nous avons déniché des films faits par des Palestiniens mais aussi par des Israéliens, explique Ariel Cypel. L’idée est de montrer que Gaza est un endroit où vivent des gens comme les autres, pas seulement un point dans la mire d’un avion de chasse.»
La plupart de ces documentaires sont inédits en France. Le deuxième thème, «Mémoires bafouées», met en miroir deux mémoires : celle des diasporas juives, absorbées par l’Etat hébreu né sur les cendres de la Shoah ; celle, niée ou perdue, des Palestiniens. L’occasion de revoir Izkor, les esclaves de la mémoire d’Eyal Sivan. Ou de découvrir la formidable quête des images perdues de la section «médias» de l’OLP à Beyrouth, en 1982, par Azza el-Hassan dans Kings and Extras.
Enfin, plusieurs films évoquent directement ou non l’occupation. Asurot (Enchaînées) d’Anat Even et Ada Ushpiz est la métaphore la plus cruelle : trois veuves vivent dans une maison de la vieille ville d’Hébron, avec leurs onze enfants. La façade et le toit sont occupés par l’armée israélienne, l’arrière de la maison est sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Les occupants sont en cage. Deux films du Syrien Omar Amiralay permettent d’évoquer la génération née avec le conflit israélo-arabe. Surtout, les organisateurs ont dégoté de vieux films israéliens des années 70 et 80, dont l’un, Yoman Sade (Journal de campagne), tourné par Amos Gitaï durant l’invasion du Liban en 1982, raconte les premiers temps de la colonisation de la Cisjordanie.
[1] Confluences
190, bd de Charonne 75020
Renseignements : 01 40 24 16 46
Pour une autre lecture de la guerre de Gaza
Alors que l’armée israélienne s’est retirée de la bande de Gaza au terme d’une offensive qui aura duré plus de trois semaines (27 décembre 2008-21 janvier 2009) et fait quelque 1 330 morts et 5 450 blessés côté palestinien pour 10 soldats et 3 civils tués côté israélien, il convient de revenir tant sur les justifications de son déclenchement avancées par le gouvernement israélien que sur l’approche de son bilan menée en termes de victoire palestinienne. Seule une autre lecture, en décalage avec les idées reçues habituellement, permet, me semble-t-il, de donner une véritable cohérence aux événements survenus autour de la question de la bande de Gaza et pas seulement les plus récents.
Les justifications israéliennes : une "guerre" peut en cacher une autre
Le gouvernement israélien a, d’une voix unanime, justifié son offensive par la multiplication des tirs de roquettes revendiqués par Hamas contre les régions sud d’Israël et le refus de celui-ci de renouveler la trêve conclue en juin 2008 et arrivée à échéance le 19 décembre. L’opération « Plomb durci » ne serait ainsi que la réponse de l’« agressé », apportée au nom du « monde démocratique », à la « terreur », en l’occurrence islamique, et au régime « obscurantiste » instauré par Hamas.
Les fondements de cette justification, reçue par les gouvernements et la plupart des médias non-arabes, se trouvaient pourtant ébranlés par les statistiques fournies antérieurement par l’armée israélienne elle-même : le nombre de roquettes tirées entre juillet et octobre 2008 tendait vers zéro, pour une moyenne de près de 180 par mois avant la trêve ; il dépassait à nouveau la centaine en novembre pour s’amplifier face à la crise humanitaire engendrée par le renforcement du blocus et documentée par les diverses agences des Nations-unies (The Six Months of the Lull Arrangement, Intelligence and Terrorism Information Center, 30 décembre 2008 ; UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs-Occupied Palestinian Territory, Humanitarian Monitor, Mensuel). La chronologie des faits permet de mettre en évidence la responsabilité israélienne dans la dégradation des conditions sécuritaires tant à Gaza qu’au sud d’Israël. Le retrait unilatéral de la bande de Gaza (et de quelques colonies du nord de la Cisjordanie) en septembre 2005, en effet, n'a pas signifié la libération de la bande de Gaza, d’ailleurs toujours considérée comme « territoire occupé » au regard des conventions internationales. A l'occupation directe s'est substituée la mise en place d’une nouvelle forme de domination beaucoup plus oppressive car extérieure. De plus et pour la première fois, à travers la gestion du passage de Rafah cette nouvelle domination jouissait du concours actif de l’Égypte et de celui, souvent oublié, de l’Union européenne. Le blocus de la bande, jamais levé en dépit des conditions de la trêve conclue à l'initiative de Hamas en juin 2008, a constitué la matière explosive des violences des derniers mois. L’opération israélienne à l’intérieur même de la bande de Gaza, qui s'est traduite le 4 novembre par la mort de 6 partisans de Hamas, a fourni le catalyseur qui devait mener à l’explosion de la fin décembre. La trêve, dont le principe restait néanmoins d’actualité pour Hamas, était devenue dans les conditions du moment quasi impossible à justifier par les responsables de Hamas auprès de sa base.
L’offensive contre Gaza, loin de constituer une simple réponse à la multiplication des tirs de roquettes par ailleurs bien postérieurs au lancement de ses préparatifs, n’est ainsi que le dernier avatar en date de la convergence politique observable ces dernières années aux niveaux tant international que régional –arabe, israélien et palestinien (Fatah et présidence). L’arrivée d’islamistes au pouvoir par la démocratie des urnes à l’occasion des élections législatives palestiniennes de janvier 2006, insupportable politiquement au président Abbas et aux régimes arabes réputés "modérés" comme idéologiquement aux puissances occidentales, a été utilisée par le gouvernement israélien, qui lui n’a aucune réticence à traiter avec les islamistes (comme le montre le soutien qu’il a accordé à leur développement en Palestine dans les années 1970), pour affermir et réaffirmer son refus de toute expression institutionnalisée d’une identité nationale palestinienne.
La diplomatie internationale, au-delà des condamnations convenues sur la disproportion de la « réponse » d’Israël, a de facto donné carte blanche à ce dernier pour mener ses opérations au terme qui lui convenait. Le Conseil de sécurité n’est ainsi parvenu à s’entendre (avec l’abstention des États-Unis) sur une résolution appelant –sans résultat- à « un cessez-le-feu immédiat » que le 9 janvier (785 Palestiniens, au moins, avaient déjà été tués et plus de 3 300 avaient été blessés ; trois civils et dix soldats israéliens avaient trouvé la mort). Silencieux depuis le début de l’offensive au nom de la doctrine rappelée le 28 décembre du « one president at a time » (un seul président à la fois), le président élu des États-Unis, Barack Obama, a accepté de parler de Gaza le 10 janvier mais pour seulement assurer vouloir mettre en place une équipe qui puisse s'engager immédiatement après son investiture dans le processus de paix au Moyen-Orient. Le 14 janvier, se refusant à prendre de quelconques sanctions contre Tel-Aviv, l’Union européenne se contentait de geler le processus de « rehaussement » de ses relations avec Israël décidé le 9 décembre à l’initiative de la présidence française ; cette décision avait sans aucun doute permis à Israël de cultiver un sentiment d’impunité alors même qu’à l’époque le Parlement européen avait décidé de reporter son vote sur la participation d’Israël aux programmes communautaires face à la poursuite du blocus de la bande de Gaza. La France, enfin, n’a pas hésité, après avoir tout fait pour en empêcher la rédaction au profit d’une simple déclaration, à retarder l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité, pourtant bien peu embarrassante pour Israël comme son non-respect le montra rapidement, et pousser en avant une initiative hâtivement baptisée de « franco-égyptienne » de cessez-le-feu strictement humanitaire.
Tout indique pourtant que l’offensive contre Gaza de 2008-2009 s’inscrit dans une logique israélienne déjà ancienne consistant à tout mettre en œuvre pour repousser sine die tout accord sur le fond avec les Palestiniens (plus que la question de l’État de Palestine, c’est celle de ses prérogatives, de Jérusalem et des réfugiés qu’Israël ne veut pas voir trancher). En 2005, Dov Weisglass, chef de cabinet du Premier ministre Ariel Sharon, avait ainsi reconnu que le retrait unilatéral de la bande de Gaza avait été conçu comme « la dose de formol nécessaire pour qu'il n'y ait pas de processus politique avec les Palestiniens » (Haaretz, 11 octobre 2005). En 1991, déjà, traîné par les États-Unis à la Conférence de Madrid le Premier ministre de l’époque, Itzhak Shamir, avait donné pour ordre à la délégation israélienne, dont le porte-parole était Benjamin Nétanyahou : « Négociez, avec lenteur, sans aboutir » (cité parAmnon Kapeliouk, Monde diplomatique, juillet 1996). L’offensive contre Gaza s’inscrit dans une logique comparable : imposer de facto la vision israélienne de la région et du monde à tous les acteurs politiques impliqués en exploitant l’approbation dont Israël bénéficie de la part de la communauté internationale au nom d’un engagement commun dans la « lutte contre le terrorisme ». Au nom de la survie de l’État juif menacé, Israël joue exclusivement des rapports de forces à la seule fin du maintien de sa logique d’occupation militaire et de colonisation (mais également du refus de la réouverture du débat sur son identité -État juif ou État démocratique de ses citoyens ?).
Ainsi, en terrassant « l’infrastructure terroriste » du « gouvernement Hamas » avec le blanc-seing de la communauté internationale, c’était une nouvelle fois le nationalisme palestinien et ses institutions para-étatiques et sociales qui étaient visés sans que cette même communauté internationale ne s’en émeuve. L'observateur y verra une réplique des opérations israéliennes de 2002 qui, en mettant à bas ministères et institutions de sécurité de Cisjordanie et, déjà, de la bande de Gaza, avaient accéléré et amplifié les processus qui ont ensuite conduit la Palestine au bord de la guerre civile. En 2008, au prix certes de l’avortement violent d’un putsch ourdi par certains éléments de Fatah avec l’aide des États-Unis et d’une politique comparable à celle des régimes autoritaires de la région, Hamas, même sous blocus, était parvenu à assurer le retour d'une certaine paix civile à Gaza et avait triomphé à faire respecter tant bien que mal un véritable cessez-le-feu. C'en était sans doute trop. Hamas ne peut être qu’irresponsable. Aujourd’hui comme hier, c'est en réalité une politique de destruction du leadership palestinien, représentatif et aux affaires, du moment qui est menée, le Premier ministre Ismaïl Haniyyeh et Hamas après Yasser Arafat, Mahmoud Abbas son successeur et l'OLP (Organisation de libération de la Palestine)-Fatah.
Hamas, un pion dans une partie israélienne
Dès la fin de l’opération « Plomb durci », plusieurs hauts responsables de Hamas ou de sa mouvance (par exemple Mousa Abu Marzooq, « A decisive loss for Israel », The Guardian, 22 janvier 2009 ; Mounir Chafiq, « Evaluation de la situation », International Solidarity Movement, 27 janvier 2009) ont considéré que le cessez-le-feu et le retrait israéliens constituaient une confirmation de l’échec militaire et politique de l’offensive ; des analystes parmi les meilleurs ont suggéré pour leur part un même constat, en apportant néanmoins quelques nuances (par exemple Bertrand Badie, « Proche-Orient : le rôle médiateur des États-Unis en question », chat modéré par Gaïdz Minassian, Le Monde, 14 janvier 2009 ; Gidéon Levy, « Gaza war ended in utter failure for Israel », Haaretz, 22 janvier 2009; Alain Gresh et Dominique Vidal dans le dossier du Monde diplomatique, février 2009). Mais une telle assertion, à distinguer de celle du renforcement des capacités de mobilisation de Hamas, dépend des objectifs fixés, l’anéantissement militaire et politique de Hamas étant alors avancé. La destruction de l’infrastructure militaire de Hamas, si tant est qu’il soit possible d’éradiquer une guérilla appuyée sur une population civile, aurait, cependant, nécessité une réoccupation totale et prolongée de la bande de Gaza. L’hypothèse d’un retour à la situation antérieure à 1994, quant à elle, avec le rétablissement d’une occupation militaire directe et pérenne dotée d’une « administration civile » israélienne en charge de la population palestinienne n’a pas vraiment été envisagée. Celle du rétablissement de Fatah, rêvé à voix haute par certains hauts responsables fathaouis, en tant que mandataire des mêmes charges, n’a pas plus été retenue ; elle aurait eu pour corollaire l’éviction de Hamas hors de l’Autorité palestinienne (à la différence de la tentative américaine de putsch de l’été 2007). De facto Hamas était donc destiné à retrouver ses responsabilités antérieures au déclenchement des hostilités face à une présidence et un cabinet Fatah de Cisjordanie toujours plus discrédités auprès de la population (Gilles Paris, « L’OLP, victime de la guerre de Gaza », Le Monde, 21 janvier 2009).
Victoire ou défaite, la réponse à la question dépend donc des objectifs prétendument fixés. Or les dirigeants israéliens n’ont à aucun moment fait état de buts clairs et unanimes à leur offensive. Bien plus, des informations sur de véritables divergences au sein même du cabinet et de l’armée à propos des mesures à prendre au quotidien ont franchi les barrages de l’embargo sur l’information (Aluf Benn, « Barak sought wider op, Olmert refused », Haaretz, 22 janvier 2009, id., « Israel’s multi-faceted Gaza cease-fire », Haaretz, 23 janvier 2009 ; id., « 'Viva la Gaza!' », Haaretz, 9 janvier 2009). Divergences dans la tactique, cependant, et concurrence dans les enjeux liés aux élections de la Knesset prévues en février (avec les candidatures de Tsipi Livni, ministre des Affaires étrangères et chef du parti Kadima fondé par Ariel Sharon, face à Ehud Barak, ministre de la Défense et chef du parti travailliste), ne signifie pas nécessairement désaccord au niveau stratégique.
Ainsi, au delà de la réalité des destructions et des morts, après avoir été illusionnés sur l’importance et la sophistication de la menace de Hamas (la désinformation américaine sur l’Irak de Saddam Hussein a bien été oubliée) ne serions-nous pas devenus parties prenantes d’une nouvelle mise en scène israélienne, celle d’une victoire, partielle certes mais réelle, de Hamas ?
Le cessez-le-feu israélien a bel et bien été une décision totalement unilatérale et strictement politique. Ni la résistance armée de Hamas (dont la faiblesse avérée renvoie à une certaine réalité des capacités militaires du mouvement mais procède aussi et surtout du concept de « guerre sans bataille » mis en œuvre par l’armée israélienne dans le cadre de sa doctrine baptisée « dahiat » et élaborée lors et à la suite de son offensive contre le Hezbollah en 2006), ni l’endurance de la population palestinienne, ni l’appel du Conseil de sécurité à un cessez-le-feu « immédiat », ni les menaces arabes de retirer l’offre de paix de la Ligue n’ont compté. Au sortir de l’offensive, d’ailleurs, la capacité des divers groupes militaires palestiniens (tant des mouvances islamistes, Hamas et Jihad principalement, que nationalistes, Fath, Front populaire et Front démocratique) n’a été que très partiellement et provisoirement amoindrie : les tirs de roquettes se sont poursuivis jusqu’à la proclamation palestinienne d’un cessez-le-feu conditionnel et provisoire pour une période d’une semaine et ont repris ces derniers jours faute de réouverture des points de passage entre Gaza et l’extérieur au trafic des personnes et des biens.
Il est évident pour tous les stratèges que l’opération israélienne, telle qu’elle a été menée sous sa forme et dans sa durée, ne pouvait apporter la sécurité aux régions sud d’Israël. La véritable pression israélienne, d’ailleurs, s’est faite au niveau diplomatique pour un engagement international à empêcher tout approvisionnement en armes de la bande de Gaza (et Israël a obtenu gain de cause avec la signature le 16 janvier d’un mémorandum israélo-américain sur la question et l’envoi en éclaireur d’une frégate française le 23). La logique militaire, dès lors qu’elle ne peut plus passer pour assujettie à la destruction des forces armées ennemies, relèverait plutôt de la terreur (« Jénine à la puissance 10 » en référence à la destruction de ce camp du nord de la Cisjordanie en 2002) dans une totale déshumanisation de l’adversaire (Akiva Eldar, « Is an Israeli Jewish sense of victimization perpetuating the conflict with Palestinians ? », Haaretz, 30 janvier 2009 à propos de Daniel Bar-Tal et Rafi Nets-Zehngut, The Israeli-Jewish Collective Memory of the Israeli-Arab/Palestinian Conflict, International Center for Cooperation and Conflict Resolution, Columbia University's Teachers College). Énoncée en termes de « dissuasion » ou de « violence disproportionnée », cette logique militaire se trouve articulée sur une politique tout aussi réelle mais cachée. Pour entretenir l’alignement international sur sa politique unilatérale en matière palestinienne, Israël mise depuis longtemps déjà sur la radicalisation de ses adversaires, radicalisation au besoin suscitée par son propre comportement. Les opposants aux politiques israéliennes, quels qu’ils soient nationalistes ou islamistes, doivent être « les ennemis de la paix » et la « modération » constitue une menace (Norman Finkelstein, « Les dessous du dernier bain de sang à Gaza : contrer une offensive de paix palestinienne », Info-Palestine, 18 janvier 2009). En tirant leurs roquettes, les Palestiniens, une nouvelle fois, auront été en « zugzwang », comme aux échecs obligés par le gouvernement israélien de jouer un coup perdant. Faute d’avoir reçu l’aval du président Bush sur la mise en œuvre de ses plans de destruction des infrastructures nucléaires iraniennes, le gouvernement israélien, en guise de « compensation » et juste avant le passage du flambeau présidentiel à Barack Obama, a pu réaffirmer sa détermination à défendre quel qu’en soit le prix sa position d’unique super-puissance régionale.
Une telle approche amène inexorablement à s’interroger sur les événements de l’été 2007 quand, le 14 juin, les forces régulières du ministère de l’Intérieur et irrégulières de Hamas (Brigades Ezzedin al-Qassam) sont passées à l’offensive et ont pris le contrôle des QG de l’ensemble des forces de sécurité liées à la Présidence et à Fatah dans la bande de Gaza. Hamas répondait ainsi, la veille de son exécution programmée, à une tentative de putsch ourdie par les États-Unis et certains éléments de Fatah contre l’Autorité palestinienne issue de la victoire de Hamas aux législatives. Les objectifs, les moyens et le calendrier de ce putsch, dont les maîtres d’œuvre étaient le général Keith Dayton, responsable au sein du Département d’État américain de la coordination en matière de sécurité avec la présidence palestinienne, et Muhammad Dahlan, le tout nouveau responsable du Conseil de sécurité nationale présidé par Mahmoud Abbas, avaient été révélés dans une fuite vers la presse israélienne (« Acceleration Benchmarks for Agreement on Movement and Access as Well as on the Gaza Security Situation », Haaretz, 4 mai 2007 ; lire à ce propos, avec toutes les références bibliographiques, Jean-François Legrain, « L’impasse politique et institutionnelle palestinienne », Critique Internationale (édition en ligne), n°36, juillet-septembre 2007 ; David Rose, « The Gaza Bombshell », Vanity Fair, avril 2008). Rien n’interdit aujourd’hui de penser qu’informés du niveau d’incompétence des forces fathaouies, les plus hauts échelons de l’establishment israélien aient décidé de précipiter par une fuite une victoire militaire de Hamas qui aurait l’« avantage » d’affaiblir encore plus le leadership de Mahmoud Abbas, de consacrer la scission géographique et politique entre la bande de Gaza et la Cisjordanie et d’obtenir le soutien unanime de la communauté internationale à une politique anti-palestinienne habillée en politique anti-terroriste. La résurrection du vieux principe du « diviser pour mieux régner », qu’Israël avait déjà mis en œuvre dans les années 1970 pour accompagner la montée en puissance des Frères musulmans face à l’OLP, se serait cette fois-ci articulée sur l’instrumentalisation de la radicalisation, même si cela impliquait de torpiller, au moins partiellement, un plan américain auquel il était associé.
La paix repoussée sine die
Sur le fond, la politique israélienne sortirait ainsi vainqueur de l’offensive contre Gaza dès lors que « les réalités sur le terrain sont plus hostiles que jamais à un processus de paix » (Robert Malley interviewé par Philippe Grangereau, « Reconstruire Gaza, une priorité absolue », La Libre Belgique, 26 janvier 2009). Les débats sur l’ouverture ou non du dialogue avec Hamas et sur ses conditions préalables ne sont que tergiversations de la part de la communauté internationale. Sur le fond, seule la création d'un État palestinien doté de toutes ses prérogatives aux côtés de l'État d'Israël, avec une « solution juste au droit des réfugiés » telle que l'ONU l'a traditionnellement envisagée, appuyée sur la présence d'une force internationale, pourrait amener un véritable arrêt des hostilités. Mais il s'agirait alors de faire du processus d'Oslo une parenthèse que la création d'un tel État fermerait, soit une révolution copernicienne de la diplomatie internationale.
Dès le début des années 1990, en effet, au sortir de la seconde guerre du Golfe et à la veille de l’effondrement de l’Union Soviétique, les États-Unis avaient su imposer au monde une bonne part des exigences israéliennes. Renonçant à la convocation d'une conférence internationale sous l’égide des Nations unies, organisme doté de mécanismes de contrainte, et basée sur "l'ensemble de leurs résolutions pertinentes", la communauté internationale avait alors accepté d'apporter sa caution à de simples forums bilatéraux parrainés par les États-Unis et (nominalement) par l’Union Soviétique. Les négociations multilatérales étaient, quant à elles, consacrées aux questions qui ne touchaient en rien à la souveraineté, aux frontières et à la fin de l'état de guerre, domaines exclusivement réservés au bilatéral. En stricte continuité avec la conférence de Madrid de 1992 et les diverses négociations israélo-palestiniennes issues de l’accord d’Oslo de 1993, la "feuille de route" internationale et la conférence d’Annapolis de 2007 transforment la légalité internationale de référence (restitution des territoires occupés par la force, droit des réfugiés, etc.) en objet de la négociation, négociation censée une fois encore s’exercer en l’absence de tout mécanisme de contrainte, les États-Unis et leurs partenaires n’étant que de simples "facilitateurs". Loin de constituer un "proto-État", simple étape vers l’indépendance et l’État, l’Autorité intérimaire d’autonomie mise en place à partir de 1994 s’est alors transformée de facto en non-État permanent.
Un tel contexte amène à penser que seule la communauté internationale peut venir à bout du conflit par une implication massive tant politique que militaire à travers l'envoi sur place d'une force militaire d'intervention. Mais la réussite de l'envoi d'une telle force dépendra entièrement de son mandat. Une simple force d'interposition, en figeant le statu quo favorable à Israël, ne pourra qu'aller à l'échec. Qui au Conseil de sécurité, cependant, est aujourd'hui prêt à s’engager derrière une telle solution de rupture ?
Le gouvernement israélien, par delà ses clivages politiciens, aurait ainsi poussé Hamas à récupérer le flambeau de la résistance nationale palestinienne d’un Fatah, absent sinon partie de l’agression menée contre la population de Gaza. Au delà des risques de condamnation d’une « disproportion » de la violence engagée et d’une réactivation de l’antisionisme et de l’antisémitisme, il aurait ainsi parié sur une redynamisation de l’alignement de la communauté internationale autour de son refus de donner un cadre étatique à l’identité nationale palestinienne au nom d’un refus commun de l’islamisme. En dépit de certaines hésitations sur l’opportunité ou non d’ouvrir un dialogue avec Hamas, la précipitation internationale, et tout particulièrement française et européenne, à participer au blocus militaire de la bande de Gaza sans faire de la réouverture de ses points d’entrée et de sortie au trafic des hommes et des biens laisse malheureusement présager que le cabinet israélien avait vu juste. Hamas et la population de Gaza, en ce cas, n’auront que, bien malgré eux, servi les intérêts de l’État d’Israël tel qu’il les conçoit aujourd’hui.
Jean-François Legrain
10/02/2009
Source : GREMMO
Les justifications israéliennes : une "guerre" peut en cacher une autre
Le gouvernement israélien a, d’une voix unanime, justifié son offensive par la multiplication des tirs de roquettes revendiqués par Hamas contre les régions sud d’Israël et le refus de celui-ci de renouveler la trêve conclue en juin 2008 et arrivée à échéance le 19 décembre. L’opération « Plomb durci » ne serait ainsi que la réponse de l’« agressé », apportée au nom du « monde démocratique », à la « terreur », en l’occurrence islamique, et au régime « obscurantiste » instauré par Hamas.
Les fondements de cette justification, reçue par les gouvernements et la plupart des médias non-arabes, se trouvaient pourtant ébranlés par les statistiques fournies antérieurement par l’armée israélienne elle-même : le nombre de roquettes tirées entre juillet et octobre 2008 tendait vers zéro, pour une moyenne de près de 180 par mois avant la trêve ; il dépassait à nouveau la centaine en novembre pour s’amplifier face à la crise humanitaire engendrée par le renforcement du blocus et documentée par les diverses agences des Nations-unies (The Six Months of the Lull Arrangement, Intelligence and Terrorism Information Center, 30 décembre 2008 ; UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs-Occupied Palestinian Territory, Humanitarian Monitor, Mensuel). La chronologie des faits permet de mettre en évidence la responsabilité israélienne dans la dégradation des conditions sécuritaires tant à Gaza qu’au sud d’Israël. Le retrait unilatéral de la bande de Gaza (et de quelques colonies du nord de la Cisjordanie) en septembre 2005, en effet, n'a pas signifié la libération de la bande de Gaza, d’ailleurs toujours considérée comme « territoire occupé » au regard des conventions internationales. A l'occupation directe s'est substituée la mise en place d’une nouvelle forme de domination beaucoup plus oppressive car extérieure. De plus et pour la première fois, à travers la gestion du passage de Rafah cette nouvelle domination jouissait du concours actif de l’Égypte et de celui, souvent oublié, de l’Union européenne. Le blocus de la bande, jamais levé en dépit des conditions de la trêve conclue à l'initiative de Hamas en juin 2008, a constitué la matière explosive des violences des derniers mois. L’opération israélienne à l’intérieur même de la bande de Gaza, qui s'est traduite le 4 novembre par la mort de 6 partisans de Hamas, a fourni le catalyseur qui devait mener à l’explosion de la fin décembre. La trêve, dont le principe restait néanmoins d’actualité pour Hamas, était devenue dans les conditions du moment quasi impossible à justifier par les responsables de Hamas auprès de sa base.
L’offensive contre Gaza, loin de constituer une simple réponse à la multiplication des tirs de roquettes par ailleurs bien postérieurs au lancement de ses préparatifs, n’est ainsi que le dernier avatar en date de la convergence politique observable ces dernières années aux niveaux tant international que régional –arabe, israélien et palestinien (Fatah et présidence). L’arrivée d’islamistes au pouvoir par la démocratie des urnes à l’occasion des élections législatives palestiniennes de janvier 2006, insupportable politiquement au président Abbas et aux régimes arabes réputés "modérés" comme idéologiquement aux puissances occidentales, a été utilisée par le gouvernement israélien, qui lui n’a aucune réticence à traiter avec les islamistes (comme le montre le soutien qu’il a accordé à leur développement en Palestine dans les années 1970), pour affermir et réaffirmer son refus de toute expression institutionnalisée d’une identité nationale palestinienne.
La diplomatie internationale, au-delà des condamnations convenues sur la disproportion de la « réponse » d’Israël, a de facto donné carte blanche à ce dernier pour mener ses opérations au terme qui lui convenait. Le Conseil de sécurité n’est ainsi parvenu à s’entendre (avec l’abstention des États-Unis) sur une résolution appelant –sans résultat- à « un cessez-le-feu immédiat » que le 9 janvier (785 Palestiniens, au moins, avaient déjà été tués et plus de 3 300 avaient été blessés ; trois civils et dix soldats israéliens avaient trouvé la mort). Silencieux depuis le début de l’offensive au nom de la doctrine rappelée le 28 décembre du « one president at a time » (un seul président à la fois), le président élu des États-Unis, Barack Obama, a accepté de parler de Gaza le 10 janvier mais pour seulement assurer vouloir mettre en place une équipe qui puisse s'engager immédiatement après son investiture dans le processus de paix au Moyen-Orient. Le 14 janvier, se refusant à prendre de quelconques sanctions contre Tel-Aviv, l’Union européenne se contentait de geler le processus de « rehaussement » de ses relations avec Israël décidé le 9 décembre à l’initiative de la présidence française ; cette décision avait sans aucun doute permis à Israël de cultiver un sentiment d’impunité alors même qu’à l’époque le Parlement européen avait décidé de reporter son vote sur la participation d’Israël aux programmes communautaires face à la poursuite du blocus de la bande de Gaza. La France, enfin, n’a pas hésité, après avoir tout fait pour en empêcher la rédaction au profit d’une simple déclaration, à retarder l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité, pourtant bien peu embarrassante pour Israël comme son non-respect le montra rapidement, et pousser en avant une initiative hâtivement baptisée de « franco-égyptienne » de cessez-le-feu strictement humanitaire.
Tout indique pourtant que l’offensive contre Gaza de 2008-2009 s’inscrit dans une logique israélienne déjà ancienne consistant à tout mettre en œuvre pour repousser sine die tout accord sur le fond avec les Palestiniens (plus que la question de l’État de Palestine, c’est celle de ses prérogatives, de Jérusalem et des réfugiés qu’Israël ne veut pas voir trancher). En 2005, Dov Weisglass, chef de cabinet du Premier ministre Ariel Sharon, avait ainsi reconnu que le retrait unilatéral de la bande de Gaza avait été conçu comme « la dose de formol nécessaire pour qu'il n'y ait pas de processus politique avec les Palestiniens » (Haaretz, 11 octobre 2005). En 1991, déjà, traîné par les États-Unis à la Conférence de Madrid le Premier ministre de l’époque, Itzhak Shamir, avait donné pour ordre à la délégation israélienne, dont le porte-parole était Benjamin Nétanyahou : « Négociez, avec lenteur, sans aboutir » (cité parAmnon Kapeliouk, Monde diplomatique, juillet 1996). L’offensive contre Gaza s’inscrit dans une logique comparable : imposer de facto la vision israélienne de la région et du monde à tous les acteurs politiques impliqués en exploitant l’approbation dont Israël bénéficie de la part de la communauté internationale au nom d’un engagement commun dans la « lutte contre le terrorisme ». Au nom de la survie de l’État juif menacé, Israël joue exclusivement des rapports de forces à la seule fin du maintien de sa logique d’occupation militaire et de colonisation (mais également du refus de la réouverture du débat sur son identité -État juif ou État démocratique de ses citoyens ?).
Ainsi, en terrassant « l’infrastructure terroriste » du « gouvernement Hamas » avec le blanc-seing de la communauté internationale, c’était une nouvelle fois le nationalisme palestinien et ses institutions para-étatiques et sociales qui étaient visés sans que cette même communauté internationale ne s’en émeuve. L'observateur y verra une réplique des opérations israéliennes de 2002 qui, en mettant à bas ministères et institutions de sécurité de Cisjordanie et, déjà, de la bande de Gaza, avaient accéléré et amplifié les processus qui ont ensuite conduit la Palestine au bord de la guerre civile. En 2008, au prix certes de l’avortement violent d’un putsch ourdi par certains éléments de Fatah avec l’aide des États-Unis et d’une politique comparable à celle des régimes autoritaires de la région, Hamas, même sous blocus, était parvenu à assurer le retour d'une certaine paix civile à Gaza et avait triomphé à faire respecter tant bien que mal un véritable cessez-le-feu. C'en était sans doute trop. Hamas ne peut être qu’irresponsable. Aujourd’hui comme hier, c'est en réalité une politique de destruction du leadership palestinien, représentatif et aux affaires, du moment qui est menée, le Premier ministre Ismaïl Haniyyeh et Hamas après Yasser Arafat, Mahmoud Abbas son successeur et l'OLP (Organisation de libération de la Palestine)-Fatah.
Hamas, un pion dans une partie israélienne
Dès la fin de l’opération « Plomb durci », plusieurs hauts responsables de Hamas ou de sa mouvance (par exemple Mousa Abu Marzooq, « A decisive loss for Israel », The Guardian, 22 janvier 2009 ; Mounir Chafiq, « Evaluation de la situation », International Solidarity Movement, 27 janvier 2009) ont considéré que le cessez-le-feu et le retrait israéliens constituaient une confirmation de l’échec militaire et politique de l’offensive ; des analystes parmi les meilleurs ont suggéré pour leur part un même constat, en apportant néanmoins quelques nuances (par exemple Bertrand Badie, « Proche-Orient : le rôle médiateur des États-Unis en question », chat modéré par Gaïdz Minassian, Le Monde, 14 janvier 2009 ; Gidéon Levy, « Gaza war ended in utter failure for Israel », Haaretz, 22 janvier 2009; Alain Gresh et Dominique Vidal dans le dossier du Monde diplomatique, février 2009). Mais une telle assertion, à distinguer de celle du renforcement des capacités de mobilisation de Hamas, dépend des objectifs fixés, l’anéantissement militaire et politique de Hamas étant alors avancé. La destruction de l’infrastructure militaire de Hamas, si tant est qu’il soit possible d’éradiquer une guérilla appuyée sur une population civile, aurait, cependant, nécessité une réoccupation totale et prolongée de la bande de Gaza. L’hypothèse d’un retour à la situation antérieure à 1994, quant à elle, avec le rétablissement d’une occupation militaire directe et pérenne dotée d’une « administration civile » israélienne en charge de la population palestinienne n’a pas vraiment été envisagée. Celle du rétablissement de Fatah, rêvé à voix haute par certains hauts responsables fathaouis, en tant que mandataire des mêmes charges, n’a pas plus été retenue ; elle aurait eu pour corollaire l’éviction de Hamas hors de l’Autorité palestinienne (à la différence de la tentative américaine de putsch de l’été 2007). De facto Hamas était donc destiné à retrouver ses responsabilités antérieures au déclenchement des hostilités face à une présidence et un cabinet Fatah de Cisjordanie toujours plus discrédités auprès de la population (Gilles Paris, « L’OLP, victime de la guerre de Gaza », Le Monde, 21 janvier 2009).
Victoire ou défaite, la réponse à la question dépend donc des objectifs prétendument fixés. Or les dirigeants israéliens n’ont à aucun moment fait état de buts clairs et unanimes à leur offensive. Bien plus, des informations sur de véritables divergences au sein même du cabinet et de l’armée à propos des mesures à prendre au quotidien ont franchi les barrages de l’embargo sur l’information (Aluf Benn, « Barak sought wider op, Olmert refused », Haaretz, 22 janvier 2009, id., « Israel’s multi-faceted Gaza cease-fire », Haaretz, 23 janvier 2009 ; id., « 'Viva la Gaza!' », Haaretz, 9 janvier 2009). Divergences dans la tactique, cependant, et concurrence dans les enjeux liés aux élections de la Knesset prévues en février (avec les candidatures de Tsipi Livni, ministre des Affaires étrangères et chef du parti Kadima fondé par Ariel Sharon, face à Ehud Barak, ministre de la Défense et chef du parti travailliste), ne signifie pas nécessairement désaccord au niveau stratégique.
Ainsi, au delà de la réalité des destructions et des morts, après avoir été illusionnés sur l’importance et la sophistication de la menace de Hamas (la désinformation américaine sur l’Irak de Saddam Hussein a bien été oubliée) ne serions-nous pas devenus parties prenantes d’une nouvelle mise en scène israélienne, celle d’une victoire, partielle certes mais réelle, de Hamas ?
Le cessez-le-feu israélien a bel et bien été une décision totalement unilatérale et strictement politique. Ni la résistance armée de Hamas (dont la faiblesse avérée renvoie à une certaine réalité des capacités militaires du mouvement mais procède aussi et surtout du concept de « guerre sans bataille » mis en œuvre par l’armée israélienne dans le cadre de sa doctrine baptisée « dahiat » et élaborée lors et à la suite de son offensive contre le Hezbollah en 2006), ni l’endurance de la population palestinienne, ni l’appel du Conseil de sécurité à un cessez-le-feu « immédiat », ni les menaces arabes de retirer l’offre de paix de la Ligue n’ont compté. Au sortir de l’offensive, d’ailleurs, la capacité des divers groupes militaires palestiniens (tant des mouvances islamistes, Hamas et Jihad principalement, que nationalistes, Fath, Front populaire et Front démocratique) n’a été que très partiellement et provisoirement amoindrie : les tirs de roquettes se sont poursuivis jusqu’à la proclamation palestinienne d’un cessez-le-feu conditionnel et provisoire pour une période d’une semaine et ont repris ces derniers jours faute de réouverture des points de passage entre Gaza et l’extérieur au trafic des personnes et des biens.
Il est évident pour tous les stratèges que l’opération israélienne, telle qu’elle a été menée sous sa forme et dans sa durée, ne pouvait apporter la sécurité aux régions sud d’Israël. La véritable pression israélienne, d’ailleurs, s’est faite au niveau diplomatique pour un engagement international à empêcher tout approvisionnement en armes de la bande de Gaza (et Israël a obtenu gain de cause avec la signature le 16 janvier d’un mémorandum israélo-américain sur la question et l’envoi en éclaireur d’une frégate française le 23). La logique militaire, dès lors qu’elle ne peut plus passer pour assujettie à la destruction des forces armées ennemies, relèverait plutôt de la terreur (« Jénine à la puissance 10 » en référence à la destruction de ce camp du nord de la Cisjordanie en 2002) dans une totale déshumanisation de l’adversaire (Akiva Eldar, « Is an Israeli Jewish sense of victimization perpetuating the conflict with Palestinians ? », Haaretz, 30 janvier 2009 à propos de Daniel Bar-Tal et Rafi Nets-Zehngut, The Israeli-Jewish Collective Memory of the Israeli-Arab/Palestinian Conflict, International Center for Cooperation and Conflict Resolution, Columbia University's Teachers College). Énoncée en termes de « dissuasion » ou de « violence disproportionnée », cette logique militaire se trouve articulée sur une politique tout aussi réelle mais cachée. Pour entretenir l’alignement international sur sa politique unilatérale en matière palestinienne, Israël mise depuis longtemps déjà sur la radicalisation de ses adversaires, radicalisation au besoin suscitée par son propre comportement. Les opposants aux politiques israéliennes, quels qu’ils soient nationalistes ou islamistes, doivent être « les ennemis de la paix » et la « modération » constitue une menace (Norman Finkelstein, « Les dessous du dernier bain de sang à Gaza : contrer une offensive de paix palestinienne », Info-Palestine, 18 janvier 2009). En tirant leurs roquettes, les Palestiniens, une nouvelle fois, auront été en « zugzwang », comme aux échecs obligés par le gouvernement israélien de jouer un coup perdant. Faute d’avoir reçu l’aval du président Bush sur la mise en œuvre de ses plans de destruction des infrastructures nucléaires iraniennes, le gouvernement israélien, en guise de « compensation » et juste avant le passage du flambeau présidentiel à Barack Obama, a pu réaffirmer sa détermination à défendre quel qu’en soit le prix sa position d’unique super-puissance régionale.
Une telle approche amène inexorablement à s’interroger sur les événements de l’été 2007 quand, le 14 juin, les forces régulières du ministère de l’Intérieur et irrégulières de Hamas (Brigades Ezzedin al-Qassam) sont passées à l’offensive et ont pris le contrôle des QG de l’ensemble des forces de sécurité liées à la Présidence et à Fatah dans la bande de Gaza. Hamas répondait ainsi, la veille de son exécution programmée, à une tentative de putsch ourdie par les États-Unis et certains éléments de Fatah contre l’Autorité palestinienne issue de la victoire de Hamas aux législatives. Les objectifs, les moyens et le calendrier de ce putsch, dont les maîtres d’œuvre étaient le général Keith Dayton, responsable au sein du Département d’État américain de la coordination en matière de sécurité avec la présidence palestinienne, et Muhammad Dahlan, le tout nouveau responsable du Conseil de sécurité nationale présidé par Mahmoud Abbas, avaient été révélés dans une fuite vers la presse israélienne (« Acceleration Benchmarks for Agreement on Movement and Access as Well as on the Gaza Security Situation », Haaretz, 4 mai 2007 ; lire à ce propos, avec toutes les références bibliographiques, Jean-François Legrain, « L’impasse politique et institutionnelle palestinienne », Critique Internationale (édition en ligne), n°36, juillet-septembre 2007 ; David Rose, « The Gaza Bombshell », Vanity Fair, avril 2008). Rien n’interdit aujourd’hui de penser qu’informés du niveau d’incompétence des forces fathaouies, les plus hauts échelons de l’establishment israélien aient décidé de précipiter par une fuite une victoire militaire de Hamas qui aurait l’« avantage » d’affaiblir encore plus le leadership de Mahmoud Abbas, de consacrer la scission géographique et politique entre la bande de Gaza et la Cisjordanie et d’obtenir le soutien unanime de la communauté internationale à une politique anti-palestinienne habillée en politique anti-terroriste. La résurrection du vieux principe du « diviser pour mieux régner », qu’Israël avait déjà mis en œuvre dans les années 1970 pour accompagner la montée en puissance des Frères musulmans face à l’OLP, se serait cette fois-ci articulée sur l’instrumentalisation de la radicalisation, même si cela impliquait de torpiller, au moins partiellement, un plan américain auquel il était associé.
La paix repoussée sine die
Sur le fond, la politique israélienne sortirait ainsi vainqueur de l’offensive contre Gaza dès lors que « les réalités sur le terrain sont plus hostiles que jamais à un processus de paix » (Robert Malley interviewé par Philippe Grangereau, « Reconstruire Gaza, une priorité absolue », La Libre Belgique, 26 janvier 2009). Les débats sur l’ouverture ou non du dialogue avec Hamas et sur ses conditions préalables ne sont que tergiversations de la part de la communauté internationale. Sur le fond, seule la création d'un État palestinien doté de toutes ses prérogatives aux côtés de l'État d'Israël, avec une « solution juste au droit des réfugiés » telle que l'ONU l'a traditionnellement envisagée, appuyée sur la présence d'une force internationale, pourrait amener un véritable arrêt des hostilités. Mais il s'agirait alors de faire du processus d'Oslo une parenthèse que la création d'un tel État fermerait, soit une révolution copernicienne de la diplomatie internationale.
Dès le début des années 1990, en effet, au sortir de la seconde guerre du Golfe et à la veille de l’effondrement de l’Union Soviétique, les États-Unis avaient su imposer au monde une bonne part des exigences israéliennes. Renonçant à la convocation d'une conférence internationale sous l’égide des Nations unies, organisme doté de mécanismes de contrainte, et basée sur "l'ensemble de leurs résolutions pertinentes", la communauté internationale avait alors accepté d'apporter sa caution à de simples forums bilatéraux parrainés par les États-Unis et (nominalement) par l’Union Soviétique. Les négociations multilatérales étaient, quant à elles, consacrées aux questions qui ne touchaient en rien à la souveraineté, aux frontières et à la fin de l'état de guerre, domaines exclusivement réservés au bilatéral. En stricte continuité avec la conférence de Madrid de 1992 et les diverses négociations israélo-palestiniennes issues de l’accord d’Oslo de 1993, la "feuille de route" internationale et la conférence d’Annapolis de 2007 transforment la légalité internationale de référence (restitution des territoires occupés par la force, droit des réfugiés, etc.) en objet de la négociation, négociation censée une fois encore s’exercer en l’absence de tout mécanisme de contrainte, les États-Unis et leurs partenaires n’étant que de simples "facilitateurs". Loin de constituer un "proto-État", simple étape vers l’indépendance et l’État, l’Autorité intérimaire d’autonomie mise en place à partir de 1994 s’est alors transformée de facto en non-État permanent.
Un tel contexte amène à penser que seule la communauté internationale peut venir à bout du conflit par une implication massive tant politique que militaire à travers l'envoi sur place d'une force militaire d'intervention. Mais la réussite de l'envoi d'une telle force dépendra entièrement de son mandat. Une simple force d'interposition, en figeant le statu quo favorable à Israël, ne pourra qu'aller à l'échec. Qui au Conseil de sécurité, cependant, est aujourd'hui prêt à s’engager derrière une telle solution de rupture ?
Le gouvernement israélien, par delà ses clivages politiciens, aurait ainsi poussé Hamas à récupérer le flambeau de la résistance nationale palestinienne d’un Fatah, absent sinon partie de l’agression menée contre la population de Gaza. Au delà des risques de condamnation d’une « disproportion » de la violence engagée et d’une réactivation de l’antisionisme et de l’antisémitisme, il aurait ainsi parié sur une redynamisation de l’alignement de la communauté internationale autour de son refus de donner un cadre étatique à l’identité nationale palestinienne au nom d’un refus commun de l’islamisme. En dépit de certaines hésitations sur l’opportunité ou non d’ouvrir un dialogue avec Hamas, la précipitation internationale, et tout particulièrement française et européenne, à participer au blocus militaire de la bande de Gaza sans faire de la réouverture de ses points d’entrée et de sortie au trafic des hommes et des biens laisse malheureusement présager que le cabinet israélien avait vu juste. Hamas et la population de Gaza, en ce cas, n’auront que, bien malgré eux, servi les intérêts de l’État d’Israël tel qu’il les conçoit aujourd’hui.
Jean-François Legrain
10/02/2009
Source : GREMMO
Le sionisme rend-il légitimes tous les actes de violence et d’injustice ?
La gauche israélienne est morte en 2000. Depuis lors, son cadavre a traîné là sans être enterré, jusqu’à ce que son certificat de décès ait finalement été émis, signé, scellé et livré ce mardi. Le bourreau de 2000 est aussi le fossoyeur de 2009 : le ministre de la défense Ehoud Barak. L’homme qui a réussi à répandre le mensonge selon lequel il n’y avait aucun partenaire [pour la paix] a récolté le fruit de ses actes dans cette élection. Les funérailles ont eu lieu il y a deux jours.
La gauche israélienne est morte. Pendant les neuf dernières années, elle a pris en vain le nom de camp de la paix. Le Parti travailliste, Meretz et Kadima prétendaient parler en son nom, mais c’était trompeur et mensonger. Les Travaillistes et Kadima ont mené deux guerres et poursuivit la constructions des colonies juives en Cisjordanie ; Meretz a soutenu ces deux guerres. La paix est devenue orpheline. Les électeurs israéliens, auxquels on a fait croire à tort qu’il n’y avait personne à qui parler et que la seule réponse à cela était la force – guerres, assassinats ciblés et implantations – ont clairement eu leur mot à dire dans cette élection : une fin de non recevoir pour les Travaillistes et pour Meretz. Ce n’est que la force de l’inertie qui a permis à ces deux partis de récolter quelques voix.
Il n’y avait aucune raison pour qu’il en soit autrement. Après de longues années, nombreuses, où pratiquement aucune protestation n’est venue de la gauche et où la rue, cette même rue qui a exprimé sa colère après Sabra et Chatila, est restée silencieuse. Cette absence de protestation s’est reflétée également dans les urnes. Le Liban, Gaza, les enfants tués, les bombes à fragmentation, le phosphore blanc et toutes les atrocités de l’occupation – rien de cela n’a fait descendre dans la rue cette gauche indifférente et lâche. Bien que les idées de la gauche aient pénétré le centre et parfois la droite, tout le monde, de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon au Premier ministre [actuel] Ehoud Olmert, s’est exprimé dans un langage autrefois considéré comme radical. Mais la voix était celle de la gauche, tandis que les bras étaient ceux de la droite.
En marge de ce bal masqué, il existait une autre gauche, la gauche marginale – déterminée et courageuse, mais minuscule et illégitime. Le fossé entre celle-ci et la gauche [de gouvernement] était soi-disant le sionisme. Hadash, Gush Shalom et les autres sont hors jeu. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont « pas sionistes ».
Et qu’est-ce le sioniste de nos jours ? Un concept archaïque et dépassé né dans une réalité différente, un concept vague et trompeur faisant la différence entre ce qui est permis et ce qui est proscrit. Le sionisme signifie-t-il la colonisation des territoires ? L’occupation ? La légitimation de tous les actes de violence et d’injustice ? La gauche a bégayé. Toute déclaration critiquant le sionisme, même le sionisme d’occupation, était considérée comme un tabou que la gauche n’osait pas rompre. La droite a pris le monopole du sionisme, laissant la gauche avec son autosatisfaction.
Un Etat juif et démocratique ? La gauche sioniste a automatiquement dit oui, esquivant la différence entre les deux et n’osant pas donner la priorité à l’un ou l’autre. La légitimation de toutes les guerres ? La gauche sioniste a de nouveau bégayé : oui à leur démarrage et non à leur continuation – ou quelque chose de ce genre. Résoudre le problème des réfugiés et le droit au retour ? Reconnaître les mauvaises actions de 1948 ? Tabou. Cette gauche, à juste titre, est désormais arrivée à la fin de sa route.
Quiconque veut une gauche qui a du sens doit d’abord remiser le sionisme au grenier. Tant qu’un mouvement n’émergera pas du courant dominant pour redéfinir courageusement le sionisme, il n’y aura pas de gauche forte en Israël. Il n’est pas possible d’être à la fois de gauche et sioniste selon la définition de la droite. Qui a décidé que les implantations étaient sionistes et légitimes et que lutter contre elles était anti-sioniste et illégitime ?
Ce tabou doit être levé. Il est admissible de ne pas être sioniste, selon la définition courante d’aujourd’hui. Il est admissible de croire dans le droit des Juifs à avoir un Etat tout en s’opposant au sionisme qui se livre à l’occupation. Il est admissible de penser que ce qui s’est passé en 1948 devrait être mis à l’ordre du jour, afin de demander pardon pour cette injustice et agir en vue de réhabiliter les victimes. Il est admissible de s’opposer depuis le tout premier jour à une guerre inutile. Il est admissible de penser que les Arabes israéliens méritent les même droits – au plan culturel, social et national – que les Juifs. Il est admissible de soulever des questions dérangeantes à propos de l’image des Forces de Défense d’Israël en tant qu’armée d’occupation, et il est même admissible de vouloir parler au Hamas.
Si vous préférez, ceci est le sionisme ; et si vous préférez, ceci est l’anti-sionisme. En tout cas, c’est légitime et essentiel pour ceux qui ne veulent pas voir Israël être victime pendant encore de nombreuses années des folies de la droite. Quiconque veut une gauche israélienne doit dire au sionisme : « ça suffit ! ». Ce sionisme dont la droite à pris le contrôle total.
Gideon Levy
12 février 2009
Ha'aretz
Traduit par Questions Critiques.
La gauche israélienne est morte. Pendant les neuf dernières années, elle a pris en vain le nom de camp de la paix. Le Parti travailliste, Meretz et Kadima prétendaient parler en son nom, mais c’était trompeur et mensonger. Les Travaillistes et Kadima ont mené deux guerres et poursuivit la constructions des colonies juives en Cisjordanie ; Meretz a soutenu ces deux guerres. La paix est devenue orpheline. Les électeurs israéliens, auxquels on a fait croire à tort qu’il n’y avait personne à qui parler et que la seule réponse à cela était la force – guerres, assassinats ciblés et implantations – ont clairement eu leur mot à dire dans cette élection : une fin de non recevoir pour les Travaillistes et pour Meretz. Ce n’est que la force de l’inertie qui a permis à ces deux partis de récolter quelques voix.
Il n’y avait aucune raison pour qu’il en soit autrement. Après de longues années, nombreuses, où pratiquement aucune protestation n’est venue de la gauche et où la rue, cette même rue qui a exprimé sa colère après Sabra et Chatila, est restée silencieuse. Cette absence de protestation s’est reflétée également dans les urnes. Le Liban, Gaza, les enfants tués, les bombes à fragmentation, le phosphore blanc et toutes les atrocités de l’occupation – rien de cela n’a fait descendre dans la rue cette gauche indifférente et lâche. Bien que les idées de la gauche aient pénétré le centre et parfois la droite, tout le monde, de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon au Premier ministre [actuel] Ehoud Olmert, s’est exprimé dans un langage autrefois considéré comme radical. Mais la voix était celle de la gauche, tandis que les bras étaient ceux de la droite.
En marge de ce bal masqué, il existait une autre gauche, la gauche marginale – déterminée et courageuse, mais minuscule et illégitime. Le fossé entre celle-ci et la gauche [de gouvernement] était soi-disant le sionisme. Hadash, Gush Shalom et les autres sont hors jeu. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont « pas sionistes ».
Et qu’est-ce le sioniste de nos jours ? Un concept archaïque et dépassé né dans une réalité différente, un concept vague et trompeur faisant la différence entre ce qui est permis et ce qui est proscrit. Le sionisme signifie-t-il la colonisation des territoires ? L’occupation ? La légitimation de tous les actes de violence et d’injustice ? La gauche a bégayé. Toute déclaration critiquant le sionisme, même le sionisme d’occupation, était considérée comme un tabou que la gauche n’osait pas rompre. La droite a pris le monopole du sionisme, laissant la gauche avec son autosatisfaction.
Un Etat juif et démocratique ? La gauche sioniste a automatiquement dit oui, esquivant la différence entre les deux et n’osant pas donner la priorité à l’un ou l’autre. La légitimation de toutes les guerres ? La gauche sioniste a de nouveau bégayé : oui à leur démarrage et non à leur continuation – ou quelque chose de ce genre. Résoudre le problème des réfugiés et le droit au retour ? Reconnaître les mauvaises actions de 1948 ? Tabou. Cette gauche, à juste titre, est désormais arrivée à la fin de sa route.
Quiconque veut une gauche qui a du sens doit d’abord remiser le sionisme au grenier. Tant qu’un mouvement n’émergera pas du courant dominant pour redéfinir courageusement le sionisme, il n’y aura pas de gauche forte en Israël. Il n’est pas possible d’être à la fois de gauche et sioniste selon la définition de la droite. Qui a décidé que les implantations étaient sionistes et légitimes et que lutter contre elles était anti-sioniste et illégitime ?
Ce tabou doit être levé. Il est admissible de ne pas être sioniste, selon la définition courante d’aujourd’hui. Il est admissible de croire dans le droit des Juifs à avoir un Etat tout en s’opposant au sionisme qui se livre à l’occupation. Il est admissible de penser que ce qui s’est passé en 1948 devrait être mis à l’ordre du jour, afin de demander pardon pour cette injustice et agir en vue de réhabiliter les victimes. Il est admissible de s’opposer depuis le tout premier jour à une guerre inutile. Il est admissible de penser que les Arabes israéliens méritent les même droits – au plan culturel, social et national – que les Juifs. Il est admissible de soulever des questions dérangeantes à propos de l’image des Forces de Défense d’Israël en tant qu’armée d’occupation, et il est même admissible de vouloir parler au Hamas.
Si vous préférez, ceci est le sionisme ; et si vous préférez, ceci est l’anti-sionisme. En tout cas, c’est légitime et essentiel pour ceux qui ne veulent pas voir Israël être victime pendant encore de nombreuses années des folies de la droite. Quiconque veut une gauche israélienne doit dire au sionisme : « ça suffit ! ». Ce sionisme dont la droite à pris le contrôle total.
Gideon Levy
12 février 2009
Ha'aretz
Traduit par Questions Critiques.
Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (14)
Ronen BERELOVICH
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Le camp de la guerre l’emporte
Le camp de la guerre l’emporte, l'Humanité.
Élections législatives israéliennes : En avant pour la guerre, El Watan.
Leur programme est essentiellement le même : tuer, coloniser, confisquer les terres et raser les maisons.
Hafez Barghouti, rédacteur du quotidien palestinien al-Hayat al-Jadida, Ynetnews.

L’extrême droite raciste en arbitre en Israël, Info-Palestine.
L'impasse d'une politique guerrière, Lutte Ouvrière.
Les premières estimations sont tombées à 22 heures mardi soir en Israël à la fermeture des bureaux de vote. Près de 5,2 millions d’électeurs israéliens étaient appelés aux urnes pour élire leur nouveau gouvernement au terme d’une campagne dominée par la guerre menée contre les Palestiniens à Gaza, la surenchère militaire et un climat de racisme anti-arabes.
Élections législatives israéliennes : En avant pour la guerre, El Watan.
En tout état de cause, l’électorat israélien, certainement le plus conditionné de la planète, a fait son choix. Par réflexe, dira-t-on, un réflexe inculqué au plus profond d’une population par ses propres dirigeants et idéologues. Ce même électorat a été jusqu’à rendre un immense service à l’opinion internationale en balayant de la scène le Parti travailliste tiraillé entre une volonté de rester au pouvoir et celle de montrer au monde une image différente. L’exercice est inutile, quand ce parti a comme dirigeants Shimon Peres, connu pour être l’architecte de la colonisation israélienne, et Ehud Barak, qui croyait pouvoir mettre fin à l’intifadha palestinienne en brisant le bras des lanceurs de pierres. Les Israéliens ont donc choisi ceux qui tiennent le discours le plus cohérent à l’égard des Palestiniens, c’est-à-dire la guerre et rien d’autre.
Leur programme est essentiellement le même : tuer, coloniser, confisquer les terres et raser les maisons.
Hafez Barghouti, rédacteur du quotidien palestinien al-Hayat al-Jadida, Ynetnews.
L’extrême droite raciste en arbitre en Israël, Info-Palestine.
Qu’il soit dirigé par Tzipi Livni, la chef du parti du Centre droit, Kadima, ou par Benjmain Netanyahu, qui est celui du Likoud plus à droite, le futur gouvernement Israëlien sera sous influence déterminante de l’extrême droite qui, tous partis confondus, a fait une spectaculaire percée électorale aux législatives et se place ainsi en arbitre décisif des orientations des futures politiques de l’Etat hébreu.
[...]
Toute combinaison politique qui verra le jour en Israël suite à ces élections législatives sera indubitablement marquée par le poids qu’aura l’extrême droite dans la conduite de la politique du pays. Une extrême droite au discours et au programme racistes et fascites sans équivoque. Ce qui ne semble pas déranger ou interpeller les « consciences » en Europe et aux Etats-Unis. Elles qui, par ailleurs, ont été promptes à dénoncer et à ostraciser des gouvernements d’autres pays où des situations semblables se sont produites.
Il faut rappeler pour l’exemple la levée de boucliers de ces milieux contre l’Autriche quand la droite et l’extrême droite, celle-ci représentée par le parti populiste de Heider, s’étaient alliées pour former leur coalition gouvernementale : Liberman et son parti « Israël beiteinu » a fait campagne sur le thème de l’épuration ethnique visant à chasser d’Israël la minorité arabe qui en a la nationalité. Les juifs ultra orthodoxes réunis dans l’autre parti d’extrême droite « le shass » ont fait la leur sur celui que « le seul bon Arabe est un Arabe mort ».
Et ces deux partis sont entendus puisqu’ils ont obtenu des scores électoraux qui leur donnent la capacité d’infléchir la politique de l’Etat hébreu. Cela ne pose pas problème à l’évidence aux démocraties occidentales qui fermeront les yeux sur la dérive qui s’est produite en Israël et continueront à « marchandiser » l’impeccabilité de la démocratie en ce pays.
L'impasse d'une politique guerrière, Lutte Ouvrière.
Les premiers résultats des élections israéliennes du 10 février donnaient 28 sièges au parti du centre Kadima, un siège d'avance sur la droite du Likoud (27 sièges). Le parti d'extrême droite Israël Beteinou de Lieberman obtenait 15 sièges, soit moins que ce que les sondages lui prédisaient. Le Parti Travailliste de Barak, lui, n'obtenait que 15 sièges. En perdant 6 sièges, il réalise le plus mauvais résultat de son histoire.
Vu le faible écart entre les deux partis arrivés en tête, aussi bien la dirigeante de Kadima, Tzipi Livni, que le chef du Likoud, Benyamin Netanyahou, revendiquent le droit de prendre la tête du prochain gouvernement de coalition.
Même si Kadima arrive en tête, c'est le Likoud de Netanyahou qui pourrait être en meilleure position pour bâtir une coalition. La coalition sortante Kadima-Parti Travailliste avait choisi encore une fois de faire étalage de la force militaire d'Israël en menant pendant trois semaines une guerre meurtrière aux Palestiniens de la bande de Gaza. Il y avait dans cette offensive une grande part de calcul électoral. Mais cette concurrence entre partis à qui serait le plus va-t-en-guerre ne pouvait que favoriser les plus à droite. Et Netanyahou, même arrivé en second, est en position d'arbitrer car il peut choisir de s'allier avec l'extrême droite si Kadima n'accepte pas ses exigences.
Cependant on ne peut exclure qu'une autre coalition voie le jour, si les deux partis arrivés en tête choisissaient d'écarter l'extrême droite. Cela n'empêcherait cependant pas celle-ci de peser sur la politique israélienne.
Il est vrai que, dans tous les cas, les dirigeants des quatre partis arrivés en tête ne montrent pas de grosses différences quand il s'agit de faire la guerre aux Palestiniens ou de poursuivre la colonisation de la Cisjordanie. Mais les électeurs israéliens qui ont choisi de donner leur voix à l'extrême droite parce qu'ils veulent « faire peur aux Arabes », comme ils disent, n'ont fait que s'enfermer eux-mêmes un peu plus dans l'impasse où ils sont déjà plongés par le refus de leurs dirigeants de rechercher un règlement politique avec les Palestiniens. Au fil de ces dernières années, les dirigeants israéliens, qui ont tout fait pour bloquer les différentes tentatives de règlement, ont réussi à en rejeter la responsabilité, aux yeux de leur opinion publique, sur les seuls Palestiniens.
La fuite en avant vers des guerres successives, l'idée que seul un continuel étalage de force et une politique terroriste contre ses voisins pourront amener la paix à la population israélienne ne font pas qu'enfoncer la société dans une militarisation permanente. Cela a aussi des conséquences terribles pour la vie quotidienne de la population.
Un quart des Israéliens, soit 1,6 million de personnes, vivent actuellement en-dessous du seuil de pauvreté et connaissent même des problèmes de sous-alimentation. Mais, en se focalisant sur la guerre, sur le rejet des Arabes que l'extrême droite a largement étendu aux Arabes israéliens, c'est-à-dire aux Palestiniens ayant la nationalité israélienne, la campagne électorale a totalement évacué les problèmes sociaux d'Israël. À ceux-ci s'ajoutent aussi les conséquences de la crise capitaliste actuelle, puisqu'en décembre dernier 17 500 personnes ont perdu leur emploi. Mais seul le Hadash, coalition conduite par le Parti Communiste qui organise aussi bien des Juifs que des Arabes israéliens et a fait campagne sur le thème « Juifs et Arabes refusent d'être ennemis », a évoqué ces problèmes, bien réels, pendant les élections. Cette coalition conduite par le PC semble avoir augmenté ses voix et pourrait obtenir quatre ou cinq sièges contre trois auparavant.
Les tractations vont maintenant commencer pour former le prochain gouvernement. On ne peut prévoir la configuration qui sortira de ces grandes manœuvres politiciennes ; en revanche, il est évident qu'aucun des principaux dirigeants ne propose à la société israélienne de sortir de cette impasse où elle s'enfonce. Car il n'y a pas d'issue, y compris pour la population israélienne, si elle ne rompt pas avec la politique de guerre et de colonisation à outrance préconisée par ses dirigeants, pour rechercher une coexistence et une coopération avec ses voisins palestiniens, et arabes en général.
Drapeau noir contre crimes de guerre
Il y a des lois israéliennes contre les crimes de guerre. Il suffit de mentionner la phrase immortelle énoncée par Binyamin Halevy qui fut le juge militaire lors du procès contre les policiers des frontières responsables du massacre à Kafr Kassem en 1956, où des dizaines d’enfants, de femmes et d’hommes furent fauchés pour la violation d’un couvre-feu dont ils n’avaient même pas été informés.
Le juge déclara que même en temps de guerre, il y a des ordres sur lesquels flotte "le drapeau noir de l’illégalité". Ce sont les ordres qui sont "manifestement" illégaux – c’est à dire des ordres que toute personne normale peut considérer comme illégaux, sans consulter un juriste.
Les criminels de guerre déshonorent l’armée dont ils portent l’uniforme – qu’ils soient généraux ou simples soldats. En tant que soldat combattant le jour de la création officielle de l’armée d’Israël, j’ai honte d’eux et je demande qu’ils soient chassés de l’armée et traduits en justice en Israël.
Ma liste de suspects comprend des hommes politiques, des soldats, des rabbins et des juristes.
IL N’Y A PAS le moindre doute que des crimes de guerre furent commis pendant la guerre de Gaza. La question est celle de leur étendue et par qui ils furent commis.
Un exemple : les soldats mettent en demeure les habitants d’une maison de la quitter. Une femme et ses trois enfants sortent en agitant des mouchoirs blancs. Il est absolument clair que ce ne sont pas des combattants armés. Un soldat qui se tient sur un char proche, les vise avec son fusil et les abat à bout portant. Selon les témoignages apparemment indubitables, ceci s’est produit plus d’une fois.
Autre exemple : le bombardement de l’école des Nations unies pleine de réfugiés, de laquelle il n’y a pas eu de tirs – comme l’armée elle-même le reconnut, après que les prétextes initiaux furent réfutés.
Ceux-ci sont des cas "simples". Mais l’éventail des cas est bien plus large. Une enquête judiciaire sérieuse doit partir du sommet : les hommes politiques et les officiers supérieurs qui décidèrent de la guerre et confirmèrent ses plans doivent être interrogés sur leurs décisions. A Nuremberg il fut établi que le déclenchement d’une guerre d’agression est un crime.
Une enquête objective doit rechercher si la décision de déclencher la guerre était justifiée, ou s’il y avait une autre voie pour mettre fin au lancement de roquettes contre le territoire israélien. Il ne fait aucun doute qu’aucun pays ne peut tolérer des bombardement de ses villes et villages depuis l’autre côté de la frontière. Mais aurait-on pas pu éviter cela en dialoguant avec les autorités de Gaza ? La décision de notre gouvernement de boycotter le Hamas, vainqueur d’élections démocratiques n’était-elle pas la cause réelle de cette guerre ? L’imposition du blocus sur un million et demi d’habitants de la bande de Gaza n’a-t-elle pas contribué au lancement de Qassam ? En bref, des alternatives ont-elles été étudiées avant de décider du déclenchement d’une guerre meurtrière ? ?
Le plan de guerre comprenait une attaque massive de la population civile de la bande de Gaza. C’est moins à partir des déclarations officielles de ses initiateurs qu’à travers leurs actions que l’on peut comprendre les buts réels de cette guerre. Si dans cette guerre, quelque 1.300 hommes, femmes et enfants furent tués, la grande majorité de ceux-ci n’étaient pas des combattants, si 5.000 personnes environ furent blessées, la plupart des enfants, si quelque 2.500 habitations furent partiellement ou totalement détruites ; si les infrastructures vitales furent totalement démolies – il est clair que tout ceci ne pouvait être accidentel et devait faire partie du plan de guerre.
[...]
C’était une guerre d’une armée régulière dotée de moyens énormes contre une force de guérilla. Dans une telle guerre non plus tout n’est pas acceptable. Des arguments tels que "les terroristes du Hamas étaient cachés dans la population civile" et "ils utilisaient la population comme boucliers humains" peuvent être efficaces comme moyens de propagande mais ne sont pas recevables : ceci étant vrai pour toute guerre de guérilla. Cela doit être pris en compte lorsque la décision de déclencher une telle guerre est envisagée.
Dans un État démocratique, les militaires prennent leurs ordre du politique. Bon. Mais cela n’inclut pas les ordres "manifestement" illégaux, sur lesquels flotte le drapeau noir de l’illégalité. Depuis les procès de Nurenberg, il n’y a plus de place pour l’excuse "je n’ai fait qu’obéir aux ordres".
C’est pourquoi la responsabilité personnelle de toutes les personnes impliquées – depuis le chef d’état-major, le commandant du front et le commandant de division jusqu’au simple soldat – doit être examinée. Selon les déclarations de soldats, on doit déduire que beaucoup croyaient que leur travail consistait à "tuer le plus d’Arabes possible". Ce qui signifie : pas de distinction entre les combattants et les non-combattants. Ceci est un ordre totalement illégal, qu’il soit donné explicitement ou par un clin d’œil. Les soldats le comprenaient comme étant "l’esprit du chef".
PARMI CEUX suspectés de crimes de guerre, les rabbins ont une place d’honneur
[...]
Lors des dernières décennies, le système d’éducation religieux financé par l’État a produit en série des "rabbins" plus proche des prêtres chrétiens du Moyen-Age que des sages juifs de Pologne ou du Maroc. Le système endoctrine ses élèves avec un culte tribal violent, totalement ethnocentrique, qui ne voit dans l’ensemble de l’histoire du monde rien d’autre qu’une interminable histoire de victimisation juive. C’est une religion du Peuple élu, indifférente aux autres, une religion sans compassion pour tout être qui n’est pas juif, qui glorifie le génocide ordonné par Dieu comme décrit dans le livre biblique de Josué.
Les produits de cette éducation sont maintenant les "rabbins" qui instruisent les jeunes religieux. Avec leur encouragement, a été entrepris un effort systématique de prise en main de l’armée, de l’intérieur. Des officiers portant la kippa ont remplacé les hommes des Kibboutz, qui dominaient il n’y a pas si longtemps dans l’armée. Beaucoup d’officiers de rang moyen et inférieur appartiennent à présent à ce groupe.
L’exemple le plus frappant est celui du "rabbin en chef de l’armée", le colonel Avichai Ronsky, qui a déclaré que son travail consistait à renforcer "l’esprit combattant" de ses soldats. C’est un homme d’extrême droite, peu éloigné de l’ancien Rabbin Meir Kahane, dont le parti fut déclaré illégal du fait de son idéologie fasciste. Sous les auspices du Rabbinat militaire, des brochures religieuses-fascistes des "rabbins" d’extrême droite furent distribuées aux soldats.
Ce matériel comprend des incitations politiques, telle que l’affirmation que la religion juive interdit "d’abandonner même un millimètre de la terre d’Israël", que les Palestiniens, comme les Philistins de la Bible (dont le nom de Palestine est dérivé) sont un peuple étranger qui envahit le pays, et que tout compromis (tel qu’indiqué dans le programme officiel gouvernemental) est un péché mortel. La distribution de propagande politique viole, bien sûr, le droit militaire.
Les rabbins appelèrent ouvertement les soldats à se montrer cruels et sans pitié envers les Arabes. Les traiter avec compassion, affirmaient-ils, est une "immoralité affreuse et épouvantable". Quand de tels textes sont distribués à des soldats religieux allant en guerre, il est facile de comprendre pourquoi les choses se passèrent comme elles se sont passées.
[...]
NOUS DEVONS utiliser toutes les voies judiciaires légales en Israël et appeler à une enquête indépendante et à la mise en examen des auteurs présumés. Nous devons exiger ceci, même si les chances d’y parvenir sont vraiment très minces.
Si ces efforts échouent, personne ne pourra faire d’objection à des procès à l’étranger, soit devant un tribunal international soit devant les tribunaux de ces nations qui respectent les droits de l’homme et le droit international.
Jusqu’alors, le drapeau noir continuera de flotter.
Uri Avnery
01/02/2009
Publié par AFPS.
Le juge déclara que même en temps de guerre, il y a des ordres sur lesquels flotte "le drapeau noir de l’illégalité". Ce sont les ordres qui sont "manifestement" illégaux – c’est à dire des ordres que toute personne normale peut considérer comme illégaux, sans consulter un juriste.
Les criminels de guerre déshonorent l’armée dont ils portent l’uniforme – qu’ils soient généraux ou simples soldats. En tant que soldat combattant le jour de la création officielle de l’armée d’Israël, j’ai honte d’eux et je demande qu’ils soient chassés de l’armée et traduits en justice en Israël.
Ma liste de suspects comprend des hommes politiques, des soldats, des rabbins et des juristes.
IL N’Y A PAS le moindre doute que des crimes de guerre furent commis pendant la guerre de Gaza. La question est celle de leur étendue et par qui ils furent commis.
Un exemple : les soldats mettent en demeure les habitants d’une maison de la quitter. Une femme et ses trois enfants sortent en agitant des mouchoirs blancs. Il est absolument clair que ce ne sont pas des combattants armés. Un soldat qui se tient sur un char proche, les vise avec son fusil et les abat à bout portant. Selon les témoignages apparemment indubitables, ceci s’est produit plus d’une fois.
Autre exemple : le bombardement de l’école des Nations unies pleine de réfugiés, de laquelle il n’y a pas eu de tirs – comme l’armée elle-même le reconnut, après que les prétextes initiaux furent réfutés.
Ceux-ci sont des cas "simples". Mais l’éventail des cas est bien plus large. Une enquête judiciaire sérieuse doit partir du sommet : les hommes politiques et les officiers supérieurs qui décidèrent de la guerre et confirmèrent ses plans doivent être interrogés sur leurs décisions. A Nuremberg il fut établi que le déclenchement d’une guerre d’agression est un crime.
Une enquête objective doit rechercher si la décision de déclencher la guerre était justifiée, ou s’il y avait une autre voie pour mettre fin au lancement de roquettes contre le territoire israélien. Il ne fait aucun doute qu’aucun pays ne peut tolérer des bombardement de ses villes et villages depuis l’autre côté de la frontière. Mais aurait-on pas pu éviter cela en dialoguant avec les autorités de Gaza ? La décision de notre gouvernement de boycotter le Hamas, vainqueur d’élections démocratiques n’était-elle pas la cause réelle de cette guerre ? L’imposition du blocus sur un million et demi d’habitants de la bande de Gaza n’a-t-elle pas contribué au lancement de Qassam ? En bref, des alternatives ont-elles été étudiées avant de décider du déclenchement d’une guerre meurtrière ? ?
Le plan de guerre comprenait une attaque massive de la population civile de la bande de Gaza. C’est moins à partir des déclarations officielles de ses initiateurs qu’à travers leurs actions que l’on peut comprendre les buts réels de cette guerre. Si dans cette guerre, quelque 1.300 hommes, femmes et enfants furent tués, la grande majorité de ceux-ci n’étaient pas des combattants, si 5.000 personnes environ furent blessées, la plupart des enfants, si quelque 2.500 habitations furent partiellement ou totalement détruites ; si les infrastructures vitales furent totalement démolies – il est clair que tout ceci ne pouvait être accidentel et devait faire partie du plan de guerre.
[...]
C’était une guerre d’une armée régulière dotée de moyens énormes contre une force de guérilla. Dans une telle guerre non plus tout n’est pas acceptable. Des arguments tels que "les terroristes du Hamas étaient cachés dans la population civile" et "ils utilisaient la population comme boucliers humains" peuvent être efficaces comme moyens de propagande mais ne sont pas recevables : ceci étant vrai pour toute guerre de guérilla. Cela doit être pris en compte lorsque la décision de déclencher une telle guerre est envisagée.
Dans un État démocratique, les militaires prennent leurs ordre du politique. Bon. Mais cela n’inclut pas les ordres "manifestement" illégaux, sur lesquels flotte le drapeau noir de l’illégalité. Depuis les procès de Nurenberg, il n’y a plus de place pour l’excuse "je n’ai fait qu’obéir aux ordres".
C’est pourquoi la responsabilité personnelle de toutes les personnes impliquées – depuis le chef d’état-major, le commandant du front et le commandant de division jusqu’au simple soldat – doit être examinée. Selon les déclarations de soldats, on doit déduire que beaucoup croyaient que leur travail consistait à "tuer le plus d’Arabes possible". Ce qui signifie : pas de distinction entre les combattants et les non-combattants. Ceci est un ordre totalement illégal, qu’il soit donné explicitement ou par un clin d’œil. Les soldats le comprenaient comme étant "l’esprit du chef".
PARMI CEUX suspectés de crimes de guerre, les rabbins ont une place d’honneur
[...]
Lors des dernières décennies, le système d’éducation religieux financé par l’État a produit en série des "rabbins" plus proche des prêtres chrétiens du Moyen-Age que des sages juifs de Pologne ou du Maroc. Le système endoctrine ses élèves avec un culte tribal violent, totalement ethnocentrique, qui ne voit dans l’ensemble de l’histoire du monde rien d’autre qu’une interminable histoire de victimisation juive. C’est une religion du Peuple élu, indifférente aux autres, une religion sans compassion pour tout être qui n’est pas juif, qui glorifie le génocide ordonné par Dieu comme décrit dans le livre biblique de Josué.
Les produits de cette éducation sont maintenant les "rabbins" qui instruisent les jeunes religieux. Avec leur encouragement, a été entrepris un effort systématique de prise en main de l’armée, de l’intérieur. Des officiers portant la kippa ont remplacé les hommes des Kibboutz, qui dominaient il n’y a pas si longtemps dans l’armée. Beaucoup d’officiers de rang moyen et inférieur appartiennent à présent à ce groupe.
L’exemple le plus frappant est celui du "rabbin en chef de l’armée", le colonel Avichai Ronsky, qui a déclaré que son travail consistait à renforcer "l’esprit combattant" de ses soldats. C’est un homme d’extrême droite, peu éloigné de l’ancien Rabbin Meir Kahane, dont le parti fut déclaré illégal du fait de son idéologie fasciste. Sous les auspices du Rabbinat militaire, des brochures religieuses-fascistes des "rabbins" d’extrême droite furent distribuées aux soldats.
Ce matériel comprend des incitations politiques, telle que l’affirmation que la religion juive interdit "d’abandonner même un millimètre de la terre d’Israël", que les Palestiniens, comme les Philistins de la Bible (dont le nom de Palestine est dérivé) sont un peuple étranger qui envahit le pays, et que tout compromis (tel qu’indiqué dans le programme officiel gouvernemental) est un péché mortel. La distribution de propagande politique viole, bien sûr, le droit militaire.
Les rabbins appelèrent ouvertement les soldats à se montrer cruels et sans pitié envers les Arabes. Les traiter avec compassion, affirmaient-ils, est une "immoralité affreuse et épouvantable". Quand de tels textes sont distribués à des soldats religieux allant en guerre, il est facile de comprendre pourquoi les choses se passèrent comme elles se sont passées.
[...]
NOUS DEVONS utiliser toutes les voies judiciaires légales en Israël et appeler à une enquête indépendante et à la mise en examen des auteurs présumés. Nous devons exiger ceci, même si les chances d’y parvenir sont vraiment très minces.
Si ces efforts échouent, personne ne pourra faire d’objection à des procès à l’étranger, soit devant un tribunal international soit devant les tribunaux de ces nations qui respectent les droits de l’homme et le droit international.
Jusqu’alors, le drapeau noir continuera de flotter.
Uri Avnery
01/02/2009
Publié par AFPS.
11 février 2009
Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (11)
Dépêches des 10 et 11 février 2009, Info-Palestine - Toutes les dépêches.
Gaza : Infanticide à grande échelle, Info-Palestine.
Les organisations humanitaires internationales sont inquiètes de l’acharnement meurtrier du gouvernement israélien contre les habitants de Ghaza, malgré le cessez-le-feu.
Elles attirent l’attention en particulier sur l’interdiction d’entrée de tout dispositif d’assainissement de l’eau dans cette enclave surpeuplée, aux prises à de graves pénuries annonciatrices d’une deuxième offensive par le blocus, la soif, la faim et le manque de produits vitaux.
Au 18 janvier, selon les Nations unies, au moins 400 000 personnes, dont 220 000 enfants, n’avaient pas accès à l’eau potable.
Ces données s’aggravent de jour en jour. Le cessez-le-feu marque l’arrêt des attaques aériennes et l’utilisation massive des armes prohibées.
Mais une guerre tout aussi meurtrière continue sous l’aspect d’une trêve. Cette cruauté, froidement élaborée par les stratèges de l’Etat hébreu, a fait réagir, ce vendredi, le gouvernement français qui a convoqué l’ambassadeur d’Israël à Paris.
Ce petit geste, tout symbolique qu’il soit, a le mérite de l’audace, sachant à quel point Israël inspire la terreur à ses propres amis.
En effet, ni l’Union européenne ni même les Etats-Unis n’ont l’intention politique affirmée de faire la distinction entre une alliance avec l’Etat hébreu et la compromission dans le crime.
Philosophie d'un massacre : André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy, apologistes des crimes de guerre israéliens, Oumma.
Le journal Le Monde, qui s’était déjà illustré, lors de la dernière poussée de fièvre des va-t-en-guerre israéliens, au Liban, durant l’été 2006, en publiant dans ses colonnes le pathétique et consternant journal de voyage de Bernard-Henri Lévy, parti se constituer bouclier humain dans les colonies du Nord d’Israël victimes des tirs de roquettes du Hezbollah, alors que l’armée israélienne mettait le Liban à feu et à sang, s’est à nouveau distingué en publiant, dans son édition du mardi 6 janvier 2009, et alors qu’Israël jetait cette fois son dévolu sur la bande de Gaza, l’infâme bafouille du sieur Glucksmann qui se dit philosophe.
[...]
Comme Glucksmann, Lévy est, depuis longtemps déjà, passé maître dans l’art de la désinformation et de la manipulation d’une opinion d’autant plus facile à influencer qu’elle est par ailleurs très mal informée : efficace, certes, mais ô combien répugnant, dès lors que l’objectif avoué en est de minimiser, de nier ou de justifier les crimes de guerre commis par Israël durant ces trois semaines de folie meurtrière. Glucksmann et Lévy devraient savoir que l’apologie de crimes de guerre tombe sous le coup de la loi française, qui considère qu’« un écrit qui présente comme susceptibles d’être justifiés des actes constitutifs de crimes de guerre doit être considéré comme apologétique » ; et qu’une fois officiellement reconnus comme tels les crimes israéliens à Gaza et leurs auteurs poursuivis, eux-mêmes pourraient aussi avoir à répondre de l’apologie qu’ils en ont faite.
[...]
Il faudra qu’il nous explique comment il sera possible de faire la paix en refusant de discuter avec les représentants élus du peuple palestinien, et alors que même des « Palestiniens modérés » comme Barghouti et Aker, ainsi que le dit lui-même Lévy, « ne croient [pas] au sérieux d’une offre de paix portée par un Premier Ministre [Abbas] sur le départ ». Faudra-t-il de nouvelles élections, qui confirmeront sans aucun doute la suprématie du Hamas ? Ou bien continuera-t-on de nier le droit des Palestiniens à la démocratie ? Les formules creuses de Lévy sont une insulte aux victimes de Gaza comme à ceux qui ont survécu à l’enfer. La paix, si elle est encore possible, ne pourra être cette « paix sèche » dont il se fait le porte-parole.
[...]
Par chance, Israël a aussi son Levy de service, et d’une autre trempe que Bernard-Henri, assurément. Gideon Levy, journaliste au quotidien israélien Haaretz, n’a de cesse de dénoncer les crimes commis par le gouvernement et l’armée de son pays. « Nous larguons des bombes sur des immeubles résidentiels, dit-il, et nous allons ensuite soigner les blessés à Ichilov ; nous lançons des obus sur une population réfugiée dans des écoles des Nations Unies, et nous allons ensuite rééduquer à Beit Lewinstein les personnes que nous avons rendues handicapées. Nous tirons sur des gens et ensuite nous pleurons sur leur sort, nous tuons et ensuite nous nous lamentons, nous déchiquetons comme des « machines automatiques à tuer » des femmes et des enfants, et nous devons préserver notre dignité ensuite [Le temps des Justes] ».
[...]
Selon le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), Tsahal a aussi empêché les secours d’arriver auprès des victimes palestiniennes. Des enfants sont restés enfermés cinq jours durant dans leur maison, située dans le quartier de Zeitoun, avec le corps de leur mère tuée. L’armée israélienne empêchait les secours d’accéder au quartier où avaient eu lieu des combats et où gisaient de nombreux morts et agonisants. L’armée israélienne n’a pas porté secours aux blessés palestiniens et, en violation des principes de la Convention de Genève, n’a pas permis à la Croix-Rouge de porter secours aux victimes.
Mieux, l’UNRWA a dû suspendre ses opérations humanitaires pendant plusieurs jours après qu’un de ses convois ait été bombardé par l’aviation israélienne, tuant le conducteur d’une ambulance. Enfin, l’armée israélienne a utilisé des armes dont l’usage est strictement interdit dans des zones urbaines, comme des obus au phosphore blanc ou à l’uranium appauvri, sans parler de la dernière petite merveille américaine, la bombe « intelligente » DIME (pour Dense Inert Metal Explosive), constituée de petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, et dont le pouvoir d’explosion est énorme : « A deux mètres, explique l’un des deux médecins norvégiens qui était à l’hôpital al-Chifa de Gaza pendant les événements, et dont les propos sont rapportés par Le Monde, le corps est coupé en deux ; à huit mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles.
[...]
Depuis l’instauration du cessez-le-feu et le retrait de l’armée israélienne, les témoignages et les preuves s’accumulent, tous plus accablants les uns que les autres, et il faut porter au crédit du journal Le Monde de s’en être largement fait l’écho. Dans le monde arabe, des centaines de millions de téléspectateurs ont vu, sur des chaînes d’information comme Aljazeera ou Alarabiya, ces corps d’enfants mutilés, déchiquetés, carbonisés. L’image d’Israël, une fois de plus, en a pris un sérieux coup, peut-être fatal et sans retour. Que Lévy, Glucksmann et Bernheim le veuillent ou non, c’est bien Israël qui a sur les mains le sang des enfants palestiniens, et non le Hamas. Quant aux survivants, aveugles, brûlés, estropiés à vie, paraplégiques ou simplement orphelins, derniers rescapés de familles décimées, ils n’oublieront jamais et il est difficile d’imaginer qu’ils pourront un jour cohabiter en paix avec leurs bourreaux…
[...]
Il en faut bien plus, semble-t-il, pour émouvoir un Glucksmann ou un Lévy. Malgré l’accumulation des crimes de guerre israéliens, eux et leurs potes bien-pensants de la pipolerie parisienne, pseudo-intellectuels circonspects et philosophes de surface dont la conscience et le discernement foutent le camp dès lors qu’il s’agit de la « survie » d’Israël, restent, en France, les plus fidèles et efficaces relais de la propagande guerrière israélienne et de sa politique criminelle, qui a fait, en l’espace de trois semaines plus de mille trois cents morts palestiniens, dont au moins un tiers d’enfants, et des milliers de blessés…
[...]
Israël n’est pas seulement le (pire) ennemi des Palestiniens. Il est aussi le pire ennemi des juifs du monde entier, sa politique criminelle et suicidaire constituant, pour l’antisémitisme, le terreau le plus fertile qu’on puisse imaginer. Quant aux pires ennemis d’Israël, ce ne sont pas les Palestiniens, ni mêmes les Arabes ou les « islamo-fascistes », mais bel et bien tous ces intellectuels et hommes politiques, juifs pour la plupart, qui, de par le monde, continuent de soutenir et d’encourager, contre vents et marées, la politique coloniale d’Israël, et dont les Lévy, Glucksmann, Finkielkraut, Klarsfeld et autres Lanzmann sont, en France, les plus illustres représentants.
[...]
Michel Warschawski, à qui l’on demandait récemment ce qu’il pensait des réflexions de nos deux philosophes sur Gaza, eut la réponse suivante, que je ne peux m’empêcher de reproduire intégralement [AFPS] : « Des personnages comme Glucksman et BHL, dit-il, ne m’ont jamais inspiré. Elles reflètent un phénomène très français : les producteurs médiatisés. Je dis producteurs, et non "intellectuels", car s’ils produisent abondamment de mots, ils n’ont pas créé une seule idée nouvelle ou originale, tout au plus copié avec dix ans de retard les idéologues néo-conservateurs américains.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Tuer les Palestiniens pour gagner les élections
Avigdor Lieberman grand vainqueur de l'élection israélienne, AP-Yahoo! Actualités.
"Chaque conflit entraîne un glissement à droite", AFPS.
Déclaration du Conseil d’administration du MRAP, Oumma.
A propos d’élections..., EuroPalestine.
• Élections législatives palestiniennes de 2006, Wikipédia.
• Guide des elections legislatives palestiniennes-sur-Web, Maison de l’Orient et de la Méditerranée.
• Elections en Palestine occupée, CCIPPP.
• Abbas envisage de convoquer des élections début 2009, le Hamas s'y oppose, ISM.
• En cas d'échec, de nouvelles élections en Palestine, NouvelObs.
D'après les derniers résultats du scrutin de mardi, son parti Israel Beitenou (Israël notre maison) obtiendrait 15 sièges à la Knesset, le Parlement israélien, contre 11 dans la précédente assemblée, et devance les travaillistes. C'est désormais la troisième force politique du pays, derrière Kadima, le parti de Tzipi Livni, et le Likoud conservateur de Benyamin Nétanyahou, au coude à coude avec respectivement 28 et 27 sièges.
Dans ce paysage politique éclaté, Lieberman occupe à présent une place centrale. "C'est Lieberman qui va choisir celui qui formera la future coalition", constate Menachem Hofnung, professeur de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem. "Lieberman s'est imposé comme le faiseur de rois. C'est le vainqueur de ces élections et celui qu'il soutiendra sera le Premier ministre".
"Chaque conflit entraîne un glissement à droite", AFPS.
Chaque conflit entraîne un glissement à droite. La victoire du Likoud en 1977 est le résultat, même décalé, de la guerre du Kippour. Après la première guerre du Liban, en 1982, malgré l’inflation de 400%, tout ce que la gauche a réussi à faire, c’est un match nul avec la droite et un partage du pouvoir entre Shimon Peres et Yitzhak Shamir dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale. Tout le monde parle le même langage pendant la guerre ; tout le monde fait preuve de la même ardeur patriotique qui fait disparaître les différences entre la gauche et la droite.
Déclaration du Conseil d’administration du MRAP, Oumma.
Si les facteurs électoraux ont sans aucun doute joué un rôle déterminant dans le déclenchement de l’offensive israélienne contre la bande de Gaza, en retour la campagne électorale qui prend fin en Israël a été très largement conditionnée par cette guerre.
Si dans leur très grande majorité, les partis ont soutenu la guerre -opérant en la circonstance une sorte d’union sacrée- le mépris pour les pertes civiles palestiniennes a caractérisé nombre de déclarations. Et les violences volontaires faites aux civils, les crimes de guerre et le nombre intolérable de victimes auront trouvé leur justification dans la volonté israélienne d’humilier les Arabes, de leur « donner une bonne leçon pour qu’ils ne recommencent pas ».
Sauf à considérer que l’appui des gouvernements occidentaux ou arabes dits modérés est plus important que la réprobation générale des opinions publiques, la brutalité inouïe de l’intervention a participé à une dégradation sans précédent de l’image d’Israël dont les citoyens ne pourront que faire les frais.
Et même si la responsabilité collective des Israéliens est une notion mal fondée et dangereuse parce qu’elle essentialise un peuple ou une communauté dans sa totalité, le soutien apporté par la très grande majorité des citoyens israéliens jusque dans les actions les plus meurtrières de leur armée ne peut qu’interpeller les consciences. Cela confirme cependant un phénomène qui s’est maintes fois reproduit historiquement : la colonisation finit toujours par pervertir l’Etat colonial et ses citoyens.
Face à cette situation, le MRAP regrette qu’aucun des leaders des grands partis n’ait émis la moindre réserve sur ce qui est considéré en Israël même par les authentiques militants de la paix comme un effondrement des barrières morales d’Israël.
Si après la dernière intervention au Liban, nombre de responsables israéliens avaient pris conscience que « la guerre classique était devenue obsolète » , l’offensive contre Gaza a démontré que ces mêmes responsables restent toujours incapables d’imaginer d’autres sorties de crise comme alternative aux interventions militaires.
La campagne électorale a aussi montré la difficulté de la classe politique israélienne de préparer pour ses citoyens un avenir plus paisible et plus confiant.
Au contraire, le déferlement d’un racisme anti-arabe virulent a pollué gravement une campagne électorale qui a vu nombre de candidats surfer sur cette vague raciste et xénophobe. Ainsi les propos d’ Avigdor Lieberman chef du parti russophone -incontournable de toute coalition gouvernementale- sont à cet égard significatifs en particulier lorsqu’il déplore que le gouvernement n’ait pas recouru lors de la récente opération israélienne à Gaza « à la méthode utilisée par les Américains en 1945 pour mettre fin à la guerre au Japon », - référence à l’utilisation de l’arme atomique.
Signes d’une société qui doute d’elle-même et qui a peur d’affronter les choix décisifs toujours rejetés à plus tard, les solutions en trompe l’œil reprenant des idées du passé ne manquent pas d’inquiéter. D’une part la proposition faite le 11 décembre 2008 durant la campagne pré-électorale par Tzipi Livni leader du parti Kadima d’expulser les Arabes israéliens vers l’Etat palestinien dès sa création « afin d’assurer le caractère juif de l’Etat d’Israël » , d’autre part celle présentée par Benyamin Netanyahou lors de l’ouverture officielle de la campagne de ne pas évacuer les colonies et de rattacher les quelques miettes de la Cisjordanie restantes à la Jordanie et la bande de Gaza à l’Egypte ; cette proposition balayant d’un revers de main toutes les revendications du peuple palestinien, tous les accords conclus depuis plus de vingt ans et toutes les résolutions internationales.
Ces propos de campagne sont représentatifs de l’échec d’une société qui ne se sent plus assurée de son avenir et qui au bout de soixante ans de vie commune sur le même territoire n’a toujours pas réussi à accepter comme citoyens à part entière ces Israéliens d’origine palestinienne qui sont restés sur leur terre natale après 1948.
Pour le MRAP, symptomatique de la peur et de la défiance envers ces citoyens reste la tentative parlementaire d’exclure des prochaines élections les deux partis politiques les plus représentatifs de ces 20% de ces Palestiniens d’Israël qui avec leurs sept élus sont actuellement présents au Parlement.
Cette discrimination intolérable, heureusement cassée par la Cour suprême, n’en ternit pas moins l’image d’un Israël démocratique. Quoi qu’il en soit, la tentative de faire disparaître la représentation électorale palestinienne revêt une charge symbolique dont les effets négatifs continueront à se faire sentir.
Pour le MRAP, seule la volonté d’engager des négociation avec l’ensemble des représentants élus du peuple palestinien sans exclusive pourra rétablir un climat propice à des avancées sur le chemin de la paix tout comme seule la création d’un Etat palestinien, dans les frontières de 67 et avec Jérusalem –Est comme capitale, pourra le mieux garantir la sécurité d’Israël et de ses citoyens. Toute tentative autre d’imposer des solutions ne peut aller qu’au devant d’un échec programmé et de la perpétuation du malheur.
A propos d’élections..., EuroPalestine.
Les journalistes occidentaux ont fait leurs choux gras depuis des semaines—pour ne pas dire des mois— des élections israéliennes, pourtant fort convenues et sans la moindre perspective de changement en ce qui concerne le problème central, celui d’une paix juste au Proche-Orient. Mais ils sont moins loquaces concernant la tenue d’élections en Palestine, alors que la selon la constitution palestinienne, celles-ci devraient se dérouler en ce moment.
[...]
Un sondage publié jeudi dernier par une organisation palestinienne indépendante montre que si des élections avaient lieu maintenant dans les territoires palestiniens, le Hamas en sortirait vainqueur, et que Ismail Haniyeh est actuellement le dirigeant qui recueille un maximum de confiance aussi bien en Cisjordanie qu’à Gaza, rapporte Jamil Hamad, basé à Béthléem.
• Élections législatives palestiniennes de 2006, Wikipédia.
• Guide des elections legislatives palestiniennes-sur-Web, Maison de l’Orient et de la Méditerranée.
• Elections en Palestine occupée, CCIPPP.
• Abbas envisage de convoquer des élections début 2009, le Hamas s'y oppose, ISM.
• En cas d'échec, de nouvelles élections en Palestine, NouvelObs.
Israël : à droite toute
Il faut aux médias un étonnant aveuglement pour analyser les élections législatives israéliennes du 10 février 2009 comme une victoire de Kadima et de sa chef de file Tzipi Livni. Si, selon les résultats non définitifs publiés mercredi matin, la liste de cette dernière semblait effectivement arrivée en tête, avec un siège d’avance sur le Likoud de M. Benjamin Netanyahou, la caractéristique principale du scrutin n’en reste pas moins un très net déplacement vers la droite et l’extrême droite du centre de gravité de la vie politique.
Les chiffres le prouvent : le Likoud est passé, entre 2006 et 2009, de 12 à 27 sièges, Israël notre maison, la formation de M. Avigdor Lieberman, de 11 à 15 et l’Union nationale de 9 à 4 [1]
, soit, au total, un bond de 32 à 46 députés – sur 120. Certes, de nombreux électeurs ont voté pour M. Lieberman en tant que Russe ou que partisan de la laïcité – et notamment du mariage laïc, inexistant en Israël. Mais cette nuance n’en diminue pas vraiment l’importance du coup de barre à droite. D’autant que, pour bien faire, il faudrait comptabiliser ici une partie non négligeable de l’électorat de Kadima (28 sièges, -1) et des formations religieuses (19 sièges, +1).
Cette poussée à droite correspond bien sûr à un nouveau recul de la « gauche » – si ce mot a un sens s’agissant du Parti travailliste, faucon à l’extérieur et néolibéral à l’intérieur. Si le ministre de la défense Ehoud Barak espérait que son offensive contre Gaza lui vaudrait un regain de popularité, il s’est – encore une fois – trompé : son parti est tombé de 19 à 13 sièges. Et, à ses côtés, le « nouveau Meretz », qui a soutenu le lancement de l’opération, n’a que 3 députés, contre 5 pour l’ancien. Quant aux partis dits « arabes » (le Front démocratique Haddash est un mouvement judéo-arabe), ils n’ont pas souffert du mot d’ordre de boycott, obtenant même un député de plus qu’en 2006 (11 contre 10).
Il est évidemment trop tôt pour proposer une analyse complète de ces tendances, qu’expliquent sans doute plusieurs raisons :
- Les premières tiennent à la conjoncture très particulière de ce scrutin, tenu sur la lancée de l’offensive contre Gaza. Dans un climat de manipulation des médias, l’inquiétude pour la capacité de défense d’Israël – remise en cause symboliquement par les roquettes du Hamas, après celles du Hezbollah – a fait passer les préoccupations sécuritaires loin devant les questions économiques et sociales. La quête d’un homme fort, capable « d’imposer les conditions d’Israël aux Arabes », a sans doute amené des électeurs opposés à la politique néolibérale de la droite à voter néanmoins pour MM. Netanyahou ou Lieberman…
- Mais ce consensus nationaliste, voire belliciste, renforcé par l’atmosphère guerrière, s’explique aussi par une donnée structurelle de la scène politique israélienne depuis une dizaine d’années : aucune force représentative ne porte une politique alternative. Le vieux mot d’ordre «Ein brera» (nous n’avons pas le choix) a d’autant plus facilement repris du service qu’aucun parti – sauf les formations dites « arabes » et, parfois, le Meretz –, ne répond : « Il y a un autre choix ». Seules les voix des anticolonialistes, singulièrement isolées, défendent la perspective d’un Etat palestinien indépendant, fondé sur les résolutions des Nations unies.
- Dernier point, sans doute le plus inquiétant : la mobilisation anti-arabe ne vise plus seulement les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais aussi, plus ouvertement que jamais, ceux d’Israël même. M. Lieberman a en effet été rejoint, à des degrés divers, dans la remise en cause du statut des citoyens palestiniens par M. Netanyahou et même par Mme Livni. Et cette atteinte majeure à ce qu’il est convenu d’appeler la « démocratie » israélienne s’accompagne d’une menace pour l’avenir : les « Arabes israéliens » auraient vocation à vivre… dans le futur Etat palestinien. Comme pour compléter les expulsions de 1948 et 1967…
Dominique Vidal
Publié par Le Monde diplomatique.
[1] La coalition de l’Union nationale, le parti d’extrême droite fondé par M. Benny Begin, comptait parmi ses membres, en 2006, l’ex-Parti national religieux, qui se présentait cette fois de manière indépendante et a obtenu 3 sièges sous le nom de « Maison juive ».
Les chiffres le prouvent : le Likoud est passé, entre 2006 et 2009, de 12 à 27 sièges, Israël notre maison, la formation de M. Avigdor Lieberman, de 11 à 15 et l’Union nationale de 9 à 4 [1]
, soit, au total, un bond de 32 à 46 députés – sur 120. Certes, de nombreux électeurs ont voté pour M. Lieberman en tant que Russe ou que partisan de la laïcité – et notamment du mariage laïc, inexistant en Israël. Mais cette nuance n’en diminue pas vraiment l’importance du coup de barre à droite. D’autant que, pour bien faire, il faudrait comptabiliser ici une partie non négligeable de l’électorat de Kadima (28 sièges, -1) et des formations religieuses (19 sièges, +1).
Cette poussée à droite correspond bien sûr à un nouveau recul de la « gauche » – si ce mot a un sens s’agissant du Parti travailliste, faucon à l’extérieur et néolibéral à l’intérieur. Si le ministre de la défense Ehoud Barak espérait que son offensive contre Gaza lui vaudrait un regain de popularité, il s’est – encore une fois – trompé : son parti est tombé de 19 à 13 sièges. Et, à ses côtés, le « nouveau Meretz », qui a soutenu le lancement de l’opération, n’a que 3 députés, contre 5 pour l’ancien. Quant aux partis dits « arabes » (le Front démocratique Haddash est un mouvement judéo-arabe), ils n’ont pas souffert du mot d’ordre de boycott, obtenant même un député de plus qu’en 2006 (11 contre 10).
Il est évidemment trop tôt pour proposer une analyse complète de ces tendances, qu’expliquent sans doute plusieurs raisons :
- Les premières tiennent à la conjoncture très particulière de ce scrutin, tenu sur la lancée de l’offensive contre Gaza. Dans un climat de manipulation des médias, l’inquiétude pour la capacité de défense d’Israël – remise en cause symboliquement par les roquettes du Hamas, après celles du Hezbollah – a fait passer les préoccupations sécuritaires loin devant les questions économiques et sociales. La quête d’un homme fort, capable « d’imposer les conditions d’Israël aux Arabes », a sans doute amené des électeurs opposés à la politique néolibérale de la droite à voter néanmoins pour MM. Netanyahou ou Lieberman…
- Mais ce consensus nationaliste, voire belliciste, renforcé par l’atmosphère guerrière, s’explique aussi par une donnée structurelle de la scène politique israélienne depuis une dizaine d’années : aucune force représentative ne porte une politique alternative. Le vieux mot d’ordre «Ein brera» (nous n’avons pas le choix) a d’autant plus facilement repris du service qu’aucun parti – sauf les formations dites « arabes » et, parfois, le Meretz –, ne répond : « Il y a un autre choix ». Seules les voix des anticolonialistes, singulièrement isolées, défendent la perspective d’un Etat palestinien indépendant, fondé sur les résolutions des Nations unies.
- Dernier point, sans doute le plus inquiétant : la mobilisation anti-arabe ne vise plus seulement les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais aussi, plus ouvertement que jamais, ceux d’Israël même. M. Lieberman a en effet été rejoint, à des degrés divers, dans la remise en cause du statut des citoyens palestiniens par M. Netanyahou et même par Mme Livni. Et cette atteinte majeure à ce qu’il est convenu d’appeler la « démocratie » israélienne s’accompagne d’une menace pour l’avenir : les « Arabes israéliens » auraient vocation à vivre… dans le futur Etat palestinien. Comme pour compléter les expulsions de 1948 et 1967…
Dominique Vidal
Publié par Le Monde diplomatique.
[1] La coalition de l’Union nationale, le parti d’extrême droite fondé par M. Benny Begin, comptait parmi ses membres, en 2006, l’ex-Parti national religieux, qui se présentait cette fois de manière indépendante et a obtenu 3 sièges sous le nom de « Maison juive ».
Lieberman le "Le Pen israélien"
"Il partage certaines valeurs avec Le Pen"
Shai Versano, un ancien habitant d'un Kibboutz, travaille dans les médias et vote pour le Parti travailliste. Il préfère garder l'anonymat pour des raisons professionnelles.
C'est vrai qu'il partage certaines valeurs avec Le Pen, mais c'est quand même un peu injuste de l'assimiler à l'homme politique français. Lieberman est un démagogue, ses propos sont crus, ses slogans durs et il fait appel à nos émotions. Mais alors qu'en France Jean-Marie Le Pen fait campagne contre l'immigration, ici, Lieberman fait campagne contre les Palestiniens.
"Lieberman dit tout haut ce que de nombreuses personnes pensent tout bas"
Galy Carmeli-Shrim, spécialiste des médias sociaux, fait campagne pour Lieberman.
Je soutiens Lieberman parce que je pense que les autres partis israéliens n'ont pas été assez forts face aux Palestiniens. Certains l'accusent d'être fasciste parce qu'il exige qu'on soit loyal à la nation. Cette idée a suscité la polémique ici en Israël. Beaucoup demandaient comment il était possible d'évaluer l'attachement à la nation. Mais être fidèle au pays, cela ne veut pas forcement dire brandir des drapeaux et organiser des défilés. Cela veut dire qu'on se refuse à agir contre son pays. Que ceux qui veulent être avec l'ennemi le rejoignent. J'estime que les Arabes israéliens devraient faire leur service militaire et ne pas avoir le droit de manifester contre Israël.
Je pense aussi qu'il y a un engouement contre Lieberman en ce moment. Beaucoup disent qu'il est très agressif, alors que d'autres le sont plus. Mais Lieberman dit tout haut ce que de nombreuses personnes pensent tout bas, et cela dérangent certains. Il n'est pas facile de regarder dans le miroir. Les Israéliens ont par exemple des difficultés à aborder les conflits qui opposent les laïcs et les religieux. Ici, les religieux ne travaillent pas, ils ne vont pas à l'armée et profitent de ce que produit Israël. Nous, on demande une claire séparation de l'Etat et de la religion."
Publié par France 24.
Avigdor Lieberman : Itinéraire d'un fasciste
En 2001, comme ministre du gouvernement Sharon, il demande le « transfert » (l’expulsion de l’Etat « juif ») d’une grande partie des citoyens arabes et déclare : « Est-ce que je les vois comme des citoyens de l’Etat d’Israël ? Non. Sont-ils coupables ? Oui. Ils doivent trouver un autre endroit où ils se sentiront à l’aise. »
Colon de Nokdim, colonie au sud-ouest de Jérusalem, Avigdor Lieberman est un grand défenseur de cette centaine « d’avant-postes » qu’Israël devrait, selon la feuille de route, démanteler immédiatement. Or, un des points de l’accord de gouvernement serait précisément la « légalisation » d’une partie de ces colonies qui vont s’ajouter à toutes les autres.
Mais son grand projet reste celui de redessiner la ligne verte - la ligne d’armistice tracée en 1949 et qui représente de fait la frontière entre Israël et les territoires occupés. La spécificité du programme d’Avigdor Lieberman consiste à créer un Etat ethiquement homogène. C’est ainsi que pour lui, le triangle de la région de Wadi-Ara, transféré à Israël par la Jordanie dans le cadre de l’armistice après la guerre de 1948, serait « restituée aux Arabes » pour en chasser une bonne partie d’Israël... Dans l’immédiat, il propose un système électoral qui élèverait le seuil pour entrer au parlement à 10% et qui mettrait dehors les partis arabes et les partis religieux.
Et puis il est chargé au gouvernement, contre l’avis d’Amir Peretz, de la planification, de la préparation, d’une intervention militaire contre l’Iran dont il prône le bombardement... Un vrai programme de guerre.
Pour l’historien israélien Zeev Sternell, spécialiste du fascisme européen, « Lieberman est le plus dangereux politicien de notre histoire. » « Je ne peux oublier », ajoute-t-il, « que Mussolini est arrivé au pouvoir avec seulement trente députés. »
Publié par APS.
Apartheid made in Tel Aviv : le "Le Pen israélien"
Aujourd’hui, il touche les dividendes de "Plomb durci" : selon lui, la Tsahal n’a pas terminé le travail, quelques roquettes tombant encore sur Israël, et lui se fait fort d’en finir définitivement avec le Hamas. L’homme de la rue israélien estime fréquemment que Lieberman "dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas", exactement ce que les racistes et bas du front français prétendaient de notre Jean-Marie Le Pen, ce qui lui vaut en France le surnom de "Le Pen israélien". Son parti dispose aujourd’hui à la Knesset de 11 sièges, mais les sondages lui en prédisent 20 à l’issue du scrutin de demain.
Alors les dirigeants des autres partis se livrent à une obscène danse du ventre pour séduire son électorat.
Publié par Plume de presse.
La percée politique de l'ultra-nationaliste Lieberman inquiète en Israël
Raciste", "fasciste", "populiste"... La percée politique du "tsar" Avigdor Lieberman affole les médias israéliens. Propulsé dans les sondages par l’opération "Plomb durci", le chef du parti ultra-nationaliste Israël Beitenou ("Israël notre maison") est le "phénomène" des prochaines élections législatives. Sa formation, qui compte actuellement onze membres à la Knesset, pourrait gagner huit sièges de plus mardi soir et devenir la troisième force politique israélienne.
"Nous ne pouvons plus ignorer que Lieberman est le juste reflet de l’Etat d’Israël. (...) Il est ses valeurs, sa voix, ses espoirs", constate amèrement B. Michael sur le site anglophone du grand quotidien Yediot Aharonot. "Un Etat Lieberman n’a pas besoin de se cacher sous un voile propret, poli, cohérent et faux. Il doit montrer le visage qu’il mérite. Ce qu’il est. Ce que nous sommes."
Publié par Le Monde.
Israël, une société à la dérive
Ex-videur moldave de boîte de nuit, Avigdor Lieberman soigne son look d’ours en cravate, passe plus de temps en Russie qu’en Israël et est menacé de poursuites pour ses affaires jugées opaques. C’est l’homme politique qui monte. Qualifié de « fasciste » par la gauche, son parti « Israël notre patrie » devrait s’imposer comme troisième force politique du pays derrière le Likoud et Kadima, mais devant les travaillistes. Il est considéré comme le nouveau faiseur de roi, et Benyamin Netanyahou lui a déjà promis un important ministère dans la perspective d’un gouvernement de coalition. Ni Tzipi Livni (Kadima) ni Ehoud Barak (Parti travailliste) n’ont exclu de gouverner avec lui.
L’heure est aux discours musclés. Benyamin Netanyahou promet de débarrasser le pays du Hamas et de maintenir les colonies ; Tzipi Livni, parfois encore qualifiée de « Colombe », n’a pas hésité, lors des frappes sur Gaza, à appeler les soldats à y « aller sauvagement » ; Ehoud Barak, sur un mode poutinien, a promis de « traquer les terroristes jusque dans les toilettes ». Dans ce contexte, Avigdor Lieberman n’a plus à forcer le trait et s’est contenté de mener une campagne anti-arabe dénonçant le « manque de loyauté » des Palestiniens qui vivent sur le territoire d’Israël (20% de la population). Le vote des immigrés d’Europe de l’Est et de Russie (20% de la population) lui est acquis. Mais il gagne désormais ses nouveaux électeurs dans la jeunesse et chez les pauvres.
« Les Arabes ne sont pas comme les Israéliens, dit encore Dan. Il n’y a pas une lutte gauche-droite. Ils sont tous contre nous. » On pourrait en dire autant des Israéliens. C’est du moins ce qu’écrit Gideon Levy, chroniqueur du journal de gauche Haaretz : « Il n’y a plus de différence idéologique entre Netanyahou, Livn i et Barak. » Tous trois sont des va-t-en-guerre, des « extrémistes » et il n’y aurait plus de gauche. Difficile de le contredire au regard d’une campagne dans laquelle il n’a été fait mention d’aucun programme politique, économique ou social. Comment expliquer cette dérive ?
Publié par Le Temps.
Dossier "les élections en Israël", CCIPPP.
Shai Versano, un ancien habitant d'un Kibboutz, travaille dans les médias et vote pour le Parti travailliste. Il préfère garder l'anonymat pour des raisons professionnelles.
C'est vrai qu'il partage certaines valeurs avec Le Pen, mais c'est quand même un peu injuste de l'assimiler à l'homme politique français. Lieberman est un démagogue, ses propos sont crus, ses slogans durs et il fait appel à nos émotions. Mais alors qu'en France Jean-Marie Le Pen fait campagne contre l'immigration, ici, Lieberman fait campagne contre les Palestiniens.
"Lieberman dit tout haut ce que de nombreuses personnes pensent tout bas"
Galy Carmeli-Shrim, spécialiste des médias sociaux, fait campagne pour Lieberman.
Je soutiens Lieberman parce que je pense que les autres partis israéliens n'ont pas été assez forts face aux Palestiniens. Certains l'accusent d'être fasciste parce qu'il exige qu'on soit loyal à la nation. Cette idée a suscité la polémique ici en Israël. Beaucoup demandaient comment il était possible d'évaluer l'attachement à la nation. Mais être fidèle au pays, cela ne veut pas forcement dire brandir des drapeaux et organiser des défilés. Cela veut dire qu'on se refuse à agir contre son pays. Que ceux qui veulent être avec l'ennemi le rejoignent. J'estime que les Arabes israéliens devraient faire leur service militaire et ne pas avoir le droit de manifester contre Israël.
Je pense aussi qu'il y a un engouement contre Lieberman en ce moment. Beaucoup disent qu'il est très agressif, alors que d'autres le sont plus. Mais Lieberman dit tout haut ce que de nombreuses personnes pensent tout bas, et cela dérangent certains. Il n'est pas facile de regarder dans le miroir. Les Israéliens ont par exemple des difficultés à aborder les conflits qui opposent les laïcs et les religieux. Ici, les religieux ne travaillent pas, ils ne vont pas à l'armée et profitent de ce que produit Israël. Nous, on demande une claire séparation de l'Etat et de la religion."
Publié par France 24.
Avigdor Lieberman : Itinéraire d'un fasciste
En 2001, comme ministre du gouvernement Sharon, il demande le « transfert » (l’expulsion de l’Etat « juif ») d’une grande partie des citoyens arabes et déclare : « Est-ce que je les vois comme des citoyens de l’Etat d’Israël ? Non. Sont-ils coupables ? Oui. Ils doivent trouver un autre endroit où ils se sentiront à l’aise. »
Colon de Nokdim, colonie au sud-ouest de Jérusalem, Avigdor Lieberman est un grand défenseur de cette centaine « d’avant-postes » qu’Israël devrait, selon la feuille de route, démanteler immédiatement. Or, un des points de l’accord de gouvernement serait précisément la « légalisation » d’une partie de ces colonies qui vont s’ajouter à toutes les autres.
Mais son grand projet reste celui de redessiner la ligne verte - la ligne d’armistice tracée en 1949 et qui représente de fait la frontière entre Israël et les territoires occupés. La spécificité du programme d’Avigdor Lieberman consiste à créer un Etat ethiquement homogène. C’est ainsi que pour lui, le triangle de la région de Wadi-Ara, transféré à Israël par la Jordanie dans le cadre de l’armistice après la guerre de 1948, serait « restituée aux Arabes » pour en chasser une bonne partie d’Israël... Dans l’immédiat, il propose un système électoral qui élèverait le seuil pour entrer au parlement à 10% et qui mettrait dehors les partis arabes et les partis religieux.
Et puis il est chargé au gouvernement, contre l’avis d’Amir Peretz, de la planification, de la préparation, d’une intervention militaire contre l’Iran dont il prône le bombardement... Un vrai programme de guerre.
Pour l’historien israélien Zeev Sternell, spécialiste du fascisme européen, « Lieberman est le plus dangereux politicien de notre histoire. » « Je ne peux oublier », ajoute-t-il, « que Mussolini est arrivé au pouvoir avec seulement trente députés. »
Publié par APS.
Apartheid made in Tel Aviv : le "Le Pen israélien"
Aujourd’hui, il touche les dividendes de "Plomb durci" : selon lui, la Tsahal n’a pas terminé le travail, quelques roquettes tombant encore sur Israël, et lui se fait fort d’en finir définitivement avec le Hamas. L’homme de la rue israélien estime fréquemment que Lieberman "dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas", exactement ce que les racistes et bas du front français prétendaient de notre Jean-Marie Le Pen, ce qui lui vaut en France le surnom de "Le Pen israélien". Son parti dispose aujourd’hui à la Knesset de 11 sièges, mais les sondages lui en prédisent 20 à l’issue du scrutin de demain.
Alors les dirigeants des autres partis se livrent à une obscène danse du ventre pour séduire son électorat.
Publié par Plume de presse.
La percée politique de l'ultra-nationaliste Lieberman inquiète en Israël
Raciste", "fasciste", "populiste"... La percée politique du "tsar" Avigdor Lieberman affole les médias israéliens. Propulsé dans les sondages par l’opération "Plomb durci", le chef du parti ultra-nationaliste Israël Beitenou ("Israël notre maison") est le "phénomène" des prochaines élections législatives. Sa formation, qui compte actuellement onze membres à la Knesset, pourrait gagner huit sièges de plus mardi soir et devenir la troisième force politique israélienne.
"Nous ne pouvons plus ignorer que Lieberman est le juste reflet de l’Etat d’Israël. (...) Il est ses valeurs, sa voix, ses espoirs", constate amèrement B. Michael sur le site anglophone du grand quotidien Yediot Aharonot. "Un Etat Lieberman n’a pas besoin de se cacher sous un voile propret, poli, cohérent et faux. Il doit montrer le visage qu’il mérite. Ce qu’il est. Ce que nous sommes."
Publié par Le Monde.
Israël, une société à la dérive
Ex-videur moldave de boîte de nuit, Avigdor Lieberman soigne son look d’ours en cravate, passe plus de temps en Russie qu’en Israël et est menacé de poursuites pour ses affaires jugées opaques. C’est l’homme politique qui monte. Qualifié de « fasciste » par la gauche, son parti « Israël notre patrie » devrait s’imposer comme troisième force politique du pays derrière le Likoud et Kadima, mais devant les travaillistes. Il est considéré comme le nouveau faiseur de roi, et Benyamin Netanyahou lui a déjà promis un important ministère dans la perspective d’un gouvernement de coalition. Ni Tzipi Livni (Kadima) ni Ehoud Barak (Parti travailliste) n’ont exclu de gouverner avec lui.
L’heure est aux discours musclés. Benyamin Netanyahou promet de débarrasser le pays du Hamas et de maintenir les colonies ; Tzipi Livni, parfois encore qualifiée de « Colombe », n’a pas hésité, lors des frappes sur Gaza, à appeler les soldats à y « aller sauvagement » ; Ehoud Barak, sur un mode poutinien, a promis de « traquer les terroristes jusque dans les toilettes ». Dans ce contexte, Avigdor Lieberman n’a plus à forcer le trait et s’est contenté de mener une campagne anti-arabe dénonçant le « manque de loyauté » des Palestiniens qui vivent sur le territoire d’Israël (20% de la population). Le vote des immigrés d’Europe de l’Est et de Russie (20% de la population) lui est acquis. Mais il gagne désormais ses nouveaux électeurs dans la jeunesse et chez les pauvres.
« Les Arabes ne sont pas comme les Israéliens, dit encore Dan. Il n’y a pas une lutte gauche-droite. Ils sont tous contre nous. » On pourrait en dire autant des Israéliens. C’est du moins ce qu’écrit Gideon Levy, chroniqueur du journal de gauche Haaretz : « Il n’y a plus de différence idéologique entre Netanyahou, Livn i et Barak. » Tous trois sont des va-t-en-guerre, des « extrémistes » et il n’y aurait plus de gauche. Difficile de le contredire au regard d’une campagne dans laquelle il n’a été fait mention d’aucun programme politique, économique ou social. Comment expliquer cette dérive ?
Publié par Le Temps.
Dossier "les élections en Israël", CCIPPP.
10 février 2009
Israël malade de Gaza
Le pays est malade de l’occupation de la Palestine, à laquelle il ne parvient pas à se décider de mettre fin. « L’occupation est son cancer. Il ronge Israël de l’intérieur », estime un père bénédictin du monastère d’Abou Ghosh, un village arabe israélien non loin de Jérusalem.
Le pays est mal dans sa peau. Israël a peur, il craint l’avenir d’une angoisse diffuse. Jeune mère de famille d’origine française qui s’est installée et mariée à Tel-Aviv il y a dix ans, Armelle résume la situation : « Le monde entier nous voit comme des monstres. Nous ne sommes pas aimés par nos voisins et nous avons l’impression que nous ne savons pas ce que nous ferons demain. C’est dur de se sentir isolé. Le pays est dans une grande souffrance morale. » Elle affirme pourtant qu’elle votera pour Tzipi Livni, « une femme honnête qui n’a pas voulu se compromettre avec les partis religieux ».
Par réflexe sécuritaire, le pays se replie sur lui-même. La peur des voisins palestiniens y devient incontrôlable. Il est vrai que les deux peuples ne se connaissent plus. La muraille de béton construite autour de la Cisjordanie les a coupés l’un de l’autre. Gaza n’est plus qu’un ghetto depuis 2005 et les ouvriers palestiniens en Israël ont été remplacés par des Philippins ou des Thaïlandais. La crispation droitière du pays s’étend même aux Arabes israéliens, comme on les appelle en Israël. Il y a quelques mois, des députés-y compris un travailliste-ont demandé que deux des quatre partis arabes de la Knesset, le Balad et la Liste arabe unifiée-Taal, ne puissent présenter de candidats aux législatives. La Cour suprême, ce bastion de l’Israël démocratique et non religieux, les a déboutés. Mais cette tentative, la seconde en quelques années, jette un froid-plus de 50 % des Israéliens juifs y étaient favorables-et met les Arabes israéliens mal à l’aise. Descendants des Palestiniens qui sont restés dans le pays en 1948, ils refusent d’être vus comme des étrangers sur leur propre terre.
« Je veux un autre Israël », protestait, en janvier, une jeune femme qui, dans les premiers jours de la guerre de Gaza, brandissait un drapeau israélien lors d’une manifestation en faveur de la paix à Tel-Aviv. Les participants étaient principalement des Arabes d’Israël. Nombre d’entre eux, ce soir-là, tenaient un drapeau israélien et palestinien, leur double allégeance nationale et identitaire. La jeune femme qui veut les rejoindre avec son seul drapeau bleu et blanc d’Israël doit discuter âprement avec un policier qui pense qu’elle appartient à la droite dure et veut perturber la manifestation. Comprenant son erreur, il la rabroue durement : « Tu n’as rien à faire ici avec les Arabes. »
Que va-t-il se passer demain ? Quel que soit le vainqueur, dans ce pays qui est une « mosaïque de ghettos », selon l’expression d’André Chouraqui, le futur Premier ministre devra composer avec les petits partis. Si Netanyahou l’emporte, fera-t-il alliance avec les partis religieux ou ceux de l’extrême droite laïque ? Il affirme vouloir composer un gouvernement avec Tzipi Livni et Ehoud Barak. Deux raisons : d’une part, il ne veut pas être sous l’épée de Damoclès des petits partis, qui le menaceront sans cesse de quitter le gouvernement ; d’autre part, il n’entend pas se heurter de front avec Barack Obama, qui déclare vouloir régler définitivement le conflit israélo-palestinien par la création de deux Etats. L’Etat palestinien indépendant devant être viable et bénéficier d’une continuité territoriale.
Publié par Le Point
Le pays est mal dans sa peau. Israël a peur, il craint l’avenir d’une angoisse diffuse. Jeune mère de famille d’origine française qui s’est installée et mariée à Tel-Aviv il y a dix ans, Armelle résume la situation : « Le monde entier nous voit comme des monstres. Nous ne sommes pas aimés par nos voisins et nous avons l’impression que nous ne savons pas ce que nous ferons demain. C’est dur de se sentir isolé. Le pays est dans une grande souffrance morale. » Elle affirme pourtant qu’elle votera pour Tzipi Livni, « une femme honnête qui n’a pas voulu se compromettre avec les partis religieux ».
Par réflexe sécuritaire, le pays se replie sur lui-même. La peur des voisins palestiniens y devient incontrôlable. Il est vrai que les deux peuples ne se connaissent plus. La muraille de béton construite autour de la Cisjordanie les a coupés l’un de l’autre. Gaza n’est plus qu’un ghetto depuis 2005 et les ouvriers palestiniens en Israël ont été remplacés par des Philippins ou des Thaïlandais. La crispation droitière du pays s’étend même aux Arabes israéliens, comme on les appelle en Israël. Il y a quelques mois, des députés-y compris un travailliste-ont demandé que deux des quatre partis arabes de la Knesset, le Balad et la Liste arabe unifiée-Taal, ne puissent présenter de candidats aux législatives. La Cour suprême, ce bastion de l’Israël démocratique et non religieux, les a déboutés. Mais cette tentative, la seconde en quelques années, jette un froid-plus de 50 % des Israéliens juifs y étaient favorables-et met les Arabes israéliens mal à l’aise. Descendants des Palestiniens qui sont restés dans le pays en 1948, ils refusent d’être vus comme des étrangers sur leur propre terre.
« Je veux un autre Israël », protestait, en janvier, une jeune femme qui, dans les premiers jours de la guerre de Gaza, brandissait un drapeau israélien lors d’une manifestation en faveur de la paix à Tel-Aviv. Les participants étaient principalement des Arabes d’Israël. Nombre d’entre eux, ce soir-là, tenaient un drapeau israélien et palestinien, leur double allégeance nationale et identitaire. La jeune femme qui veut les rejoindre avec son seul drapeau bleu et blanc d’Israël doit discuter âprement avec un policier qui pense qu’elle appartient à la droite dure et veut perturber la manifestation. Comprenant son erreur, il la rabroue durement : « Tu n’as rien à faire ici avec les Arabes. »
Que va-t-il se passer demain ? Quel que soit le vainqueur, dans ce pays qui est une « mosaïque de ghettos », selon l’expression d’André Chouraqui, le futur Premier ministre devra composer avec les petits partis. Si Netanyahou l’emporte, fera-t-il alliance avec les partis religieux ou ceux de l’extrême droite laïque ? Il affirme vouloir composer un gouvernement avec Tzipi Livni et Ehoud Barak. Deux raisons : d’une part, il ne veut pas être sous l’épée de Damoclès des petits partis, qui le menaceront sans cesse de quitter le gouvernement ; d’autre part, il n’entend pas se heurter de front avec Barack Obama, qui déclare vouloir régler définitivement le conflit israélo-palestinien par la création de deux Etats. L’Etat palestinien indépendant devant être viable et bénéficier d’une continuité territoriale.
Publié par Le Point
Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (10)
Dépêches des 8 et 9 février 2009, Info-Palestine - Toutes les dépêches.
Les colons israéliens ouvrent le feu sur un village de Bethléem
Des colons israéliens de la colonie de Beitar Illit, construite sur les terres de plusieurs villages à l'ouest de Bethléem, ont ouvert le feu sur le village de Housan lundi.
Les colons sont entrés dans la ville et ont commencé à tirer sur des maisons, de façon «aveugle» d’après les résidents.
Mahfouz Hamamra, 15 ans, se trouve maintenant à l'hôpital Al-Hussein de Beit Jala. Il doit subir une intervention chirurgicale d’urgence pour enlever une balle dans sa jambe droite.
Les citoyens sont de plus en plus désespérés, du moment que la politique israélienne d'expansion des colonies se poursuit en dépit du droit international, de l'Organisation des Nations Unies, de l'émissaire américain George Mitchell et le mouvement de résistance non-violente qui organise régulièrement des manifestations.
«L'incident confirme une fois de plus,» dit un résident de Housan, «que les colons constituent un danger pour les personnes».
Publié par PNN
Israël a dissimulé les vols de terrains appartenant à des Palestiniens
Trente colonies se sont étendues sur des propriétés volées à des Palestiniens en Cisjordanie.
[...]
Le rapport, divulgué par le quotidien Haaretz, expose clairement ce que des ONG israéliennes dénoncent depuis des années. Ce qui est significatif est que ce soit le département de la défense qui documente les vols de terres qui ont servi àl’extension de plus de 30 des 120 colonies dans les territoire occupés.
Dans 90 de ces colonies, des bâtiments ont été construits en contradiction avec les autorisations accordées ou même sans autorisation [le concept d’autorisation est ici relatif puisqu’il s’agit d’implantations coloniales illégales par définition au regard du droit international - N.d.T]. Le responsable de ces constructions est supposé être le ministère du logement.
Le gouvernement d’Olmert a occulté le rapport avec un zèle remarquable, invoquant les traditionnelles raisons de sécurité, tandis que la diplomatie israelien affirmait son adhésion à la législation internationale. « Les actions d’Israël en ce qui concerne l’utilisation et l’avenir des terres sous son administration se conforment strictement à la réglementation internationale. Israël ne réquisitionne pas terres privées pour l’établissement de colonies », osait afficher la page web du ministère des Affaires Etrangères.
Publié par Info-Palestine
Rapport n° 5 sur les violations israéliennes des droits humains PCHR - 29 janvier au 4 février 2009
Violations perpétrées par les forces d’occupation israéliennes dans les territoires palestiniens durant cette semaine du 29 janvier au 4 février :
• Un Palestinien a été tué par les FOI dans la bande de Gaza et un autre en Cisjordanie, deux autres sont morts des suites de leurs blessures dans la bande de Gaza ;
• la victime de Gaza a été exécutée de façon extrajudiciaire par l’occupant ;
• 44 Palestiniens, la plupart des civils, et dont 22 mineurs, une femme enceinte et un militant international ont été blessés par des tirs de l’armée d’occupation en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ;
• l’aviation israélienne a largué des bombes sur la bande de Gaza ;
- un atelier a été complètement détruit et nombre de maisons civiles ont été endommagées ;
- les attaques aériennes ont été intensives sur la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte, forçant des résidants à évacuer la zone ;
• 42 Palestiniens, dont 3 mineurs, ont été arrêtés ;
• un autre Palestinien a été arrêté à un passage frontalier avec la Jordanie en Cisjordanie ;
• la judaïsation de Jérusalem s’est poursuivie ;
- 4 maisons de civils palestiniens ont été démolies à Al-Eissawiya et à Sho'fat ;
- des bâtiments commerciaux ont été démolis dans la zone de Jabal al-Tour.
Les FOI ont déclaré achevée l’infrastructure du projet colonial E1.
La colonisation de la Cisjordanie s’est poursuivie et les colons israéliens s’en pris aux civils et aux biens des Palestiniens. 90 dunums de terre agricole (9 ha) ont été saccagés à Qalqilya, en Cisjordanie. Au moins 100 oliviers ont été arrachés à Hébron.
Un siège total a été imposé sur les territoires palestiniens occupés et a isolé la bande de Gaza du monde extérieur.
Publié par Info-Palestine
Infos Gaza, n°435 - du 29 janvier au 4 février 2009
Les FOI (Forces d’occupation Israéliennes) persistent dans la fermeture totale de tous les postes frontière de la bande de Gaza depuis maintenant plus de deux ans. Ce siège sans failles a un impact désastreux sur la situation humanitaire et économique.
Publié par AFPS
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (13)
Israël : l'autre combat pour la paix de ceux qui disent non à Tsahal
Plus de cinq millions d'Israéliens votent aujourd'hui aux élections législatives. Tous les partis ont fait campagne sur le thème de la sécurité. Face à ce consensus, le mouvement des «refuzniks», ces soldats et officiers qui refusent de servir dans les territoires occupés, tente de se faire entendre. A Tel-Aviv, Naruna Kaplan de Macedo a rencontré David Zonshein, cet officier qui, en 2002, a lancé le mouvement «Courage de refuser» en rendant publique une lettre de désobéissance. 628 soldats l'ont aujourd'hui signée.
Publié par Mediapart-Yahoo! Actualités
• Une centaine de réservistes israéliens refusent de combattre dans les territoires occupés, CRM
• ALGAZY Joseph, Ces soldats israéliens qui disent non, Le Monde diplomatique
• Courage To Refuse
• David Zonshein - Courage to Refuse
• Refusing For Israel
• Refuser Solidarity Network
Nous n'arrêterons pas
A Masara, l’armée israélienne tente d’intimider les participants à la manifestation non violente contre le mur d’apartheid.
Publié par AFPS
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Résistance Palestine : Europe
Appel de parlementaires européens
Les parlementaires soussignés :
considérant les violations du droit international et du droit humanitaire par les autorités israéliennes dans les territoires palestiniens, en particulier : la "punition collective" que représente le blocus imposé à la population de Gaza ; la multiplication des colonies en Cisjordanie ; l’édification du "mur" sur les territoires palestiniens ; l’arrestation et le maintien en détention de plus de 10 000 prisonniers palestiniens, y compris des enfants ; a mise en cause de la libre circulation des Palestiniens sur leurs territoires ; l’annexion de Jérusalem-Est ; le refus de toute solution au problème des réfugiés...
considérant la guerre de Gaza, qui restera comme l’opération la plus meurtrière conduite par Israël dans les territoires palestiniens :* faisant des centaines de morts dans la population civile parmi lesquels un très grand nombre d’enfants ;
* laissant - selon le Commissaire européen Louis Michel - plus de 500 000 personnes sans accès à l’eau potable ;
* conduisant les soldats israéliens à des actes extrêmement graves, tels que la non-assistance aux blessés - selon la Croix Rouge - ; les tirs sur des écoles, des hôpitaux, des centres de presse, des convois de l’ONU chargés de livrer l’aide humanitaire ainsi que le quartier général de l’Agence de l’ONU chargée des secours aux réfugiés ; l’utilisation de bombes au phosphore ;
* exposant du fait des bombardements, selon la Banque mondiale, 10000 personnes au risque d’un effondrement des égouts et, partant, de la noyade dans les eaux usées...
demandent à tous les gouvernements de l’Union européenne de se prononcer pour le déclenchement de sanctions prévues dans l’Accord d’Association Union européenne -Israël (sur la base de l’article 2 de cet Accord exigeant le respect des droits de l’homme de toutes les parties contractantes) ainsi que le gel du processus de "rehaussement" des relations de coopération, tant que ce pays ne se conformera pas au droit international ainsi qu’au droit humanitaire ni n’acceptera la reprise de négociations de paix avec les Palestiniens sur la base des résolutions pertinentes des Nations Unies.
Premiers signataires :
GUE/NGL
• Francis WURTZ, député au Parlement européen ; Président du groupe de la Gauche unitaire européenne - gauche verte nordique (France)
• Luisa MORGANTINI, députée au Parlement européen ; Vice-présidente du PE (Italie)
• Kyriacos TRIANTAPHILLIDES, député au Parlement européen ; Président de la Délégation permanente du PE pour les relations avec le Conseil législatif palestinien (Chypre)
PSE
• Josep BORRELL, député au Parlement européen, Président de la commission développement (Espagne)
• Alain HUTCHINSON, député au Parlement européen (Belgique)
• Proinsias DE ROSSA, député au Parlement européen, Vice Président de la délégation pour les relations avec le Conseil législatif palestinien (Irlande)
VERTS
• Hélène FLAUTRE, députée au Parlement européen, présidente de la sous-commission Droits de l’Homme du PE (France)
• Caroline LUCAS, députée au Parlement européen, (Royaume-Uni)
• Margrete AUKEN, députée au Parlement européen (Danemark) ALDE
• Liz LYNNE, députée au Parlement européen (Royaume-Uni)
• Chris DAVIES, député au Parlement européen (Royaume-Uni)
• Karin RESETARITS, députée au Parlement européen (Autriche)
PPE
• Frieda BREPOELS, députée au Parlement européen (Belgique)
Publié par AFPS
Mission de Monique CERISIER ben GUIGA sur la situation au Moyen-Orient
Avec mon collègue Jean François-Poncet, je reviens d’une mission au Moyen Orient. Nous nous sommes rendus en Syrie, au Liban, en Israël et en Palestine. Cette région du monde est en grande difficulté. Damas, Beyrouth, Naqoura, Tel Aviv, Jérusalem, Ramallah, Gaza, ne sont pas que des noms sur des cartes géographiques. Ce sont aussi des mots, dont la seule évocation déclenche les passions.
Publié par AFPS
La militante britannique Theresa McDermott prise en otage par Israël
La militante britannique Theresa McDermott, du Free Gaza Movement, est détenue depuis jeudi dans une prison israélienne, suite à l’arraisonnement du Bateau de la Fraternité par la piraterie d’Etat israélienne, a-t-on appris lundi.
Israël a communiqué des informations mensongères sur le sort des 18 passagers et membres d’équipage du bateau, conduit de force dans le port d’Ashdod par la marine de guerre de l’Etat juif, la semaine dernière, alors qu’il faisait route vers la bande de Gaza.
En effet, vendredi dernier, le gouvernement israélien avait annoncé que toutes ces personnes avaient été expulsées d’Israël, vers le Liban, la Grande-Bretagne et la Syrie.
C’était faux. Le Free Gaza Movement a appris que Theresa a été aussitôt conduite à la prison israélienne de Ramleh, la détenue n’ayant été autorisée que dimanche à prévenir son frère au téléphone.
Les autorités israéliennes n’ont fourni aucun motif quant à la détention arbitraire de Theresa, pas plus que sur la saisie, tout aussi illégale, du bateau d’assistance à Gaza et des dizaines de tonnes de médicaments et matériels de secours à son bord.
Signe de la répugnante complicité du gouvernement britannique avec les forbans israéliens, lorsque des proches de Theresa, inquiets de ne pas avoir de ses nouvelles, ont approché le Consulat de Grande-Bretagne en Israël, ce dernier a répondu qu’il ne pourrait faire quelque chose ... qu’à la demande de l’intéressée elle-même ! Des parlementaires écossais, dont Pauline McNeil et Hugh O’Donnell, qui ont participé l’an dernier à briser le blocus de Gaza à bord du Dignity, ont entrepris des démarches pour que le gouvernement britannique remplisse ses obligations de protection vis-à-vis de Theresa McDermott.
Employée des Postes en Ecosse, Theresa McDermott a elle aussi déjà participé deux fois à des traversées vers Gaza à bord du Dignity.
Publié par EuroPalestine
Appuyons Maria Mourani, députée du Bloc québécois, qui a pris la défense des habitants de Gaza
Bonjour tout le monde,
Merci de téléphoner, envoyer un courriel ou écrire à Maria Mourani, députée du Bloc Québécois pour Ahuntsic.
Elle a eu le courage de prendre publiquement la défense des habitants de Gaza, et elle est maintenant la cible du lobby pro-Israël, qui tente de salir sa réputation.
Si nous voul>ulons que des personnages publics prennent position pour la Palestine , il faut les remercier et les encourager lorsqu'ils le font !
Faites-le dès à présent !
Madame Maria Mourani
Caucus: Bloc Québécois
Constituency: Ahuntsic
Province/Territory: Québec
9775 Waverly Street, Suite 102 (Main Office)
Montréal, Québec
H3L 2V7
site de Maria Mourani
Daniel Saykaly
PAJU (Palestinian and Jewish Unity).
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
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