17 février 2009

Résistance Palestine : Palestine



Activiste palestinien blessé à Al-Masara, PNN.
Mohammad Barijia, porte-parole du Comité Populaire Contre le Mur (PCAW) des villages au sud de Bethléem, a été blessé par les soldats israéliens durant la manifestation populaire hebdomadaire contre le mur de l’apartheid.

Le district de Bethlehem est l’un de ceux qui sont le plus durement touchés par l’augmentation de l’extension des implantations, et par le chemin du Mur d’Annexion. Plus de 80 000 colons occupent ce district, et le Mur coupe Bethlehem et se environs de Jérusalem.

La manifestation était commencée à l’école d’Al-Masara, avec la participation des sympathisants étrangers, notamment d’une organisation française en faveur des droits du peuple palestinien, ainsi que des militants israéliens.

Au début elle s’est déroulée pacifiquement, avec des drapeux palestiniens et des affiches condamnant les actions israéliennes. Arrivés au lieu de construction du mur, les manifestants ont été bloqués par les soldats, qui avaient installé des barbelés sur la route. Les forces israéliennes ont ensuite commencé à frapper les gens avec des matraques. Mohammed a été blessé aux mains et il a été transféré dans un centre médical.

Mohammed conduisait la manifestation. Il avait évoqué le huitième anniversaire du début de la deuxième Intifada et l'anniversaire de la mort de l'enfant Mohammed Al-Durra, 12 ans, qui avait été tué dans la bande de Gaza le 30 septembre 2000 par les troupes israéliennes alors qu’il se trouvait à côté de son père. Il est bientôt devenu un martyr dans le monde arabe.

Mohammed Barijia a souligné que «la résistance palestinienne ne s'arrêtera pas. Elle prendra au contraire des formes différentes pour que les Palestiniens obtiennent leurs droits, en particulier le droit au retour et la création d'un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem comme capitale. La poursuite des attaques israéliennes ne nous fera pas hésiter ou nous retirer.»

Mahmoud Zawahra, président du Comité Contre le Mur et président du Conseil local d’Al-Masara, s’est adressé en anglais aux sympathisants étrangers: «notre peuple vous remercie pour votre soutien».


" La manifestation de défi " au village de Ma'sara, AFPS.
Mahmoud Zwahre , de Maassara , directeur de l’association Ash-Shmoh , avec laquelle l’Afps de Caen entretient des relations soutenues depuis plusieurs années , a été arrêté et gardé à vue , dans des conditions difficiles à la suite d’une nième manif pacifique contre LE MUR qui , comme à Bil’in , se construit au détriment d’une grande surface des terres des "villageois". Il a été malmené , menacé de représailles au cas où les manifs se poursuivraient.


Lire aussi :
• Entre l'occupation et la résistance, Alternatives International.
• Le mur au-delà de Bethlehem, Mirage.
• Demonstrations against the Wall in Ma'sara, Bi'lin and Ni'lin, Anti-Apartheid Wall Campaign.
• Bil'in, Ni'ilin, Jayyous and alMa'sara Keep Protest Alive, Anarchists against the wall.
• Articles "Le Mur", ISM.

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Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Boycott Apartheid Israël (3)



Carrefour et Israël : qui se ressemble, s’assemble ?, EuroPalestine.
Non contents de mettre des produits des criminels de guerre israéliens dans leur rayons, les dirigeants des magasins Carrefour ont choisi une firme israélienne pour s’occuper de leur informatique. Comme on voit, les principes d’"éthique" et de "liberté" affichées dans "les valeurs" de Carrefour ne valent pas cher !


Foire aux questions au sujet du boycott, Info-Palestine.
1. En quoi consiste le boycott ?
Le boycott de produits israéliens et de sociétés qui soutiennent l’entité sioniste concernent des citoyens ordinaires dans le monde utilisant leur droit de choisir ce qu’ils achètent pour aider à mettre fin à l’oppression en Palestine. C’est un moyen pacifique d’exercer une pression internationale sur l’État raciste d’Israël et il s’inscrit dans la foulée de la réussite du boycott organisé contre l’Afrique du Sud raciste de l’apartheid.

3. Qui appuie le boycott ?
Dans le monde entier, des personnes ayant une conscience appuyent le boycott. Dans le monde entier, des syndicats, y compris le plus grand syndicat du Royaume-Uni UNISON qui compte 1,4 millions de membres, ont appelé au boycott de tous les produits israéliens. Des groupes chrétiens comme Christian Aid se sont joints au boycott et exigent la fin des accords commerciaux entre l’Union européenne et Israël. Et des groupes israéliens tels que B’ Tselem et Gush Shalom ont lancé leur propre campagne de boycott des produits israéliens.

7. Est-ce que le boycott marche ?
Et comment ! Une des sociétés les plus durement touchées par le boycott est McDonald’s. Cette société est un des partenaires commerciaux majeurs du Jewish United Fund. Pour reprendre ses propres termes le Jewish United Fund « s’emploie à maintenir l’appui militaire, économique et diplomatique américain pour Israël ; il surveille et, le cas échéant, réagit à la couverture médiatique d’Israël. En outre, le président et chef de la direction (CEO) de McDonald’s, Jack Greenberg, est directeur honoraire de la chambre de commerce et d’industrie américano-israélienne.


Tous les articles "Boycott", ISM.
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Résistance Palestine : Canada



Le dernier numéro du journal du Parti socialiste du Canada vient de paraître.

Télécharger : World Socialism

Au sommaire :
Socialism as a Dirty Word
The Palestinian/Israeli Conflit: Who’s Side are You On?
What’s in a Price?
Rainforests Under Stress
Book Review: History of the SPC
Obscene and Heard
Declaration of Principles
Contacts & Publications

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Résistance Palestine : Maroc



Les Juifs du Maroc condamnent l'État d'Israël

Les principales organisations communautaires juives du Maroc ont condamné l’opération militaire menée récemment par Israël dans la bande de Gaza.

Simon Lévy, secrétaire général de la Fondation du Patrimoine culturel judéo-marocain, a déclaré le 14 janvier dernier à l’Agence France Presse : “Nous exprimons notre horreur devant cette tuerie sans perspective ni justification, qui a fait près de 1000 morts à Gaza. La situation à Gaza est plus que déplorable. C’est horrible. Ce n’est pas comme ça que je vois le Judaïsme. J’espère que ce massacre prendra fin au plus vite”.

Deux semaines après le début de l’opération militaire “Plomb durci”, l’instance représentative officielle des quelque 4000 Juifs vivant au Maroc, le Conseil des communautés israélites du Maroc, a émis un communiqué officiel condamnant aussi l’intervention militaire de Tsahal à Gaza.

Ce communiqué a été diffusé par les principaux organes de presse marocains.

Voici le texte de ce communiqué :
“Le peuple marocain, y compris sa communauté juive, souffre profondément en prenant connaissance des nouvelles qui nous parviennent de Gaza. L’embrasement perdure depuis plus de deux semaines avec son horrible cortège de victimes civiles. Les images de ces enfants Palestiniens arrachés à la vie sont insoutenables. Cela est inadmissible et incompatible avec nos préceptes religieux. Depuis plus de deux semaines, les habitants de Gaza, cibles captives, croulent sous les bombes, les destructions multiples, le manque d’eau, de vivres et la mort.

L’énormité des moyens mis en œuvre par l’offensive israélienne sur la bande de Gaza ôte sa signification aux tirs de roquettes. Aucune solution juste et viable ne sera trouvée par la force.

Nous, Juifs marocains, sommes solidaires des victimes innocentes qui souffrent à Gaza et ailleurs. Nous sommes également inquiets pour la suite du processus indispensable qui devait depuis des années mener à la paix entre les enfants d’Abraham.

La communauté internationale réclame l’arrêt des hostilités et le retrait des troupes israéliennes. Le monde entier est parcouru de manifestations contre la guerre. Nous aussi disons : Non à la guerre !

Nous, Juifs marocains, participons des deux identités aujourd’hui en guerre. Au nom de ces identités soeurs, de notre histoire commune, nous lançons un appel, celui de l’espoir, aussi ténu soit-il, pour donner une chance à la paix.

Jusqu’à quand devrons-nous attendre l’avènement d’une paix dont le rêve a été brisé voici 15 ans par l’assassin de Yitzhak Rabin ?”


Au cours d’une brève entrevue qu’il nous a accordée depuis Casablanca, Serge Berdugo, président du Conseil des communautés israélites du Maroc, nommé l’année dernière Ambassadeur itinérant du Maroc par le roi Mohammed VI, nous a expliqué les raisons qui ont motivé l’organisation qu’il préside à émettre ce communiqué.

Canadian Jewish News: Pourquoi le Conseil des communautés israélites du Maroc a-t-il décidé d’émettre publiquement un communiqué condamnant l’opération militaire menée récemment par Israël contre le Hamas à Gaza ?

Serge Berdugo : Tout d’abord, je tiens à faire une mise au point importante. Le titre accompagnant ce communiqué de presse -“La communauté juive condamne l’intervention militaire à Gaza”- est faux. En tant que président de la communauté juive du Maroc, je ne me serais jamais permis d’écrire un tel titre. La communauté israélite du Maroc ne condamne rien. Nous avons simplement émis un communiqué de presse simple et précis, sans titre. Donc, je récuse totalement le mot “condamnation”. Si on lit ce communiqué avec beaucoup d’attention, on verra que nous avons été extrêmement équilibrés. On n’a pas pris de position, ni cité quoi que ce soit. On a tout simplement essayé d’être le plus humanitaire possible en jouant le rôle qui nous incombe, celui d’une communauté juive responsable.

Canadian Jewish News : La communauté juive institutionnelle du Maroc a-t-elle subi des pressions de la part des autorités politiques de Rabat ou de groupes de la société civile marocaine pour qu’elle émette ce communiqué ?

Serge Berdugo : Nous n’avons subi aucune pression. Je tiens à vous rappeler que ce communiqué de presse a été rédigé et émis quinze jours après le déclenchement de l’opération militaire israélienne. S’il y avait eu une quelconque pression, je crois que ce communiqué aurait été émis bien avant.

Le problème qui se pose est très clair : vous ne pouvez pas vivre dans un pays à 99. 99% musulman et arabe, submergé par un flot d’informations sinistres et d’images d’une violence incroyable, voir tous les jours nos concitoyens musulmans bouleversés par la tragédie de Gaza, et rester inertes. Face à cette tragédie, les Juifs du Maroc ne pouvaient pas dire : “Nous ne sommes pas partie prenante dans ce conflit. Nous voulons rester en dehors de celui-ci”. C’est impossible ! Personne ne nous a rien dit, ni rien demandé. Mais, au fur et à mesure du déroulement des événements, nous, Juifs du Maroc, nous sommes aperçus qu’il fallait qu’on dise quelque chose.

Canadian Jewish News : Dans votre communiqué, vous ne faites pas allusion au Hamas, vous ne blâmez qu’Israël. Par ailleurs, vous ne mentionnez même pas le nom des villes israéliennes sur lesquelles s’abattent quotidiennement les roquettes lancées par le Hamas.

Serge Berdugo : Nous avons dit quand même quelque chose à ce sujet, peut-être que nous l’avons dit de manière allusive : que “les moyens utilisés par Israël dans cette offensive militaire sur la bande de Gaza ôtaient sa signification aux tirs de roquettes du Hamas”. Nous ne voulions pas mettre dans ce communiqué le terme “disproportionné”.

En ce qui a trait aux villes israéliennes ciblées par ces roquettes, nous avons écrit que “nous sommes solidaires des victimes innocentes qui souffrent à Gaza et ailleurs”. Cet “ailleurs”, c’est où, selon vous ? Ce n’est pas dans les rues de Cablanca ! C’est à Sdérot, à Ashdod… C’est vrai, nous aurions pu être un peu plus explicites et écrire dans notre communiqué les noms de ces villes du Sud d’Israël.

Canadian Jewish News : Ce nouveau conflit à Gaza a-t-il provoqué des tensions entre les Juifs et les Musulmans marocains ?

Serge Berdugo : Il y a eu pendant une semaine une tension naturelle, comme partout ailleurs. Ensuite, les choses sont rentrées dans l’ordre. Les écoles juives fonctionnent, tout fonctionne normalement. Il n’y a pas eu d’incidents majeurs qui puissent nous effrayer. La seule chose qu’on m’a rapportée, c’est qu’à la sortie d’une école, des gosses de 10 ou 12 ans auraient insulté un ou deux Juifs. Il n’y a rien eu d’autre. Nos relations avec nos concitoyens musulmans sont demeurées normales.

Publié par Canadian Jewish News.

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Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (14)



Enquête : Israël a bien utilisé dans la bande de Gaza des armes à Uranium Appauvri, Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire.
L’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) a poursuivi son enquête sur les 1000 bombes guidées GBU-39 livrées à Israël par les États-Unis quelques semaines avant l’opération « Plomb durci » contre Gaza. Cette enquête confirme l’essentiel des allégations initiales de l’association.
[...]
A ce jour (12 février 2009), l’AIEA n’a pas encore remis de rapport. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien a assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier, l’usage de bombes au phosphore blanc avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier, en se repliant sur une deuxième ligne de défense : "ce sont des armes autorisées". Oui, tout juste tolérées, mais pas sur des civils.

Sans attendre les résultats d’expertise de l’AIEA, ACDN a poursuivi son enquête sur les GBU-39, et abouti à rassembler les précisions suivantes.
[...]
Ces nouveaux matériaux composites, les autres caractéristiques des GBU déjà décrites dans nos articles précédents, et l’ensemble du dispositif de mise en œuvre, assurent aux GBU un "service multiple" de destruction et de morbidité : - pénétration en profondeur des cibles les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ; explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ; explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu a échoué ; destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ; projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ; crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ; chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ; réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ; contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ; atteintes au génome de la population cible. L’innovation meurtrière des marchands d’armes défie l’imagination. Tout comme leur capacité à faire disparaître l’uranium appauvri de leurs nomenclatures, à esquiver les questions embarrassantes, voire à se trouver des alliés inattendus.
[...]
Phosphore blanc, DIME, tungstène, uranium appauvri... Les médecins pensent différemment des militaires et de leurs donneurs d’ordres. Seulement soucieux d’humanité, les chirurgiens présents à Gaza ont décrit les effets sur les victimes des "nouveaux types d’armes" employés : « A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert, Le Monde, 12 janvier) « Quand on commence à opérer, tout semble en ordre... Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)

Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? »

Et comment qualifier cette "guerre" qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un "tir ami", et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus)

A un contre cent, est-ce encore un combat, ou un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?

Un crime contre l’humanité, donc ? Israël, en tout cas, est allé trop loin.

Commentaires : En baptisant la guerre contre Gaza "Plomb durci", les responsables israéliens avouaient implicitement l’emploi de bombes GBU-39 contenant de l’uranium appauvri - métal utilisé pour durcir les munitions.


Les brûlures des blessés de Gaza correspondent aux descriptions des atteintes au phosphore blanc [données par les documents de l'armée israélienne], AFPS.
Des médecins palestiniens de plusieurs hôpitaux de la Bande de Gaza ont parlé à des médecins étrangers dont la venue a été rendue possible ces deux dernières semaines, d’une détérioration inattendue de l’état de nombreux blessés atteints de brûlures.

Les descriptions se ressemblaient : des brûlures relativement peu étendues ne présentant pas de signes d’amélioration après deux semaines mais au contraire, s’aggravant et s’approfondissant au point de nécessiter une greffe de peau à l’étranger. Dans d’autres cas, des tissus internes ont été atteints. Plusieurs blessés qui souffraient de brûlures non étendues sont même décédés après une semaine ou dix jours : il était apparu que leur foie puis leurs reins étaient rongés, dégénéraient. On ne connaît pas encore le nombre total de brûlés ni combien sont décédés des suites de leurs brûlures.

Prudemment, les médecins disent que tant que les examens de laboratoires nécessaires n’auront pas été réalisés, ils ne sont pas en mesure d’établir avec certitude qu’il s’agit de brûlures occasionnées par les nombreuses bombes au phosphore dont les soldats de l’armée israélienne ont fait usage au cours des deux semaines de l’offensive terrestre. En outre, ils ne peuvent établir si la dégradation et la propagation de l’infection chez les brûlés découlent directement de l’atteinte par le phosphore. Néanmoins, deux organisations de droits de l’homme, Amnesty International et Human Rights Watch, ont établi que des bombes au phosphore ont touché des quartiers résidentiels. Des débris d’enveloppes verdâtres d’obus au phosphore et même des enveloppes entières ont été retrouvés et collectés dans des zones d’habitation de la Bande de Gaza.

Le traitement habituel des blessures – apportés dans les premiers jours de l’offensive, alors que les médecins de Gaza ne soupçonnaient pas encore qu’il s’agissait de phosphore blanc – était inefficace. « De notre vie nous n’avions vu de telles brûlures », a déclaré à « Haaretz » un chirurgien expérimenté venu de l’étranger. « La littérature parle de brûlures causées expérimentalement dans des conditions de laboratoire ou dans des bases militaires, peut-être à l’occasion d’accidents ».

Mais dans les trois documents israéliens qui sont parvenus à la rédaction de « Haaretz » et qui ont été rédigés au moment de l’opération « Plomb durci », les descriptions de brûlures occasionnées par une atteinte au phosphore correspondent aux descriptions des médecins de Gaza. Il s’agit de documents du premier médecin officier, du Q.G. médical de campagne et de Magen David Adom.

Dans le premier document, signé par le Dr Zvi Feigenberg, directeur du département médical du Magen David Adom, et Rami Miller, auxiliaire médical en chef au Magen David Adom, on peut lire que « le phosphore blanc contenu dans la bombe ou le missile prend feu quand il entre en contact avec de l’oxygène… Le phosphore qui entre en contact avec la peau occasionne des brûlures graves et profondes ». Le document indique encore qu’un des moyens d’identification d’une atteinte au phosphore, ce sont les vives douleurs ressenties dans la région atteinte, sans commune mesure avec son étendue.

Dans un autre document, qui porte la signature du Dr lieutenant colonel Gil Hirschorn, directeur du département de traumatologie du quartier général médical en chef, on peut lire : « Dans le cours de l’opération "Plomb durci", une mise en garde a été reçue à propos de l’utilisation par le Hamas de matériel de guerre comprenant du phosphore. Le phosphore est une matière toxique, d’un blanc jaunâtre, ressemblant à de la cire et qui est employé dans des obus de mortier et des grenades à main. Quand le phosphore entre en contact avec les tissus cellulaires, il occasionne des dommages par combustion des tissus. Les caractéristiques d’une atteinte au phosphore sont : des brûlures chimiques accompagnées d’une douleur vive, une destruction tissulaire… Le phosphore est susceptible de pénétrer dans le corps et de causer des lésions à des organes internes. A long terme, une insuffisance rénale et des infections sont caractéristiques… En résumé : les munitions contenant du phosphore explosif impliquent forcément un risque potentiel d’une importante destruction de tissus. »

Dans le document intitulé « Exposition au phosphore blanc » du Q.G. de la santé, qui a été envoyé par le Ministère de la Santé, on souligne que « l’essentiel de l’information sur les atteintes du phosphore prend sa source dans la recherche animale et dans des descriptions de cas d’accidents… L’exposition au phosphore blanc est significative par la gravité de la toxicité… D’après de nombreuses recherches faites en laboratoire, des brûlures sur une surface du corps relativement petite – 12 à 15% chez l’animal de laboratoire et moins de 10% chez l’homme – sont susceptibles d’être mortelles du fait des incidences essentiellement sur le foie, le coeur et les reins ».

Amira Hass
05/02/2009
Ha’aretz


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Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (17)



Le 12 février 2009, au cous d'un débat sur le résultat des élections israéliennes sur France 3, Shlomo SAND (historien israélien) s'oppose à Meyer HABIB (sioniste français, vice-président du CRIF et conseiller de Benyamin Nethanyahou).




Dossier Shlomo SAND


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16 février 2009

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (16)



Boycott : Une base de données israélienne sur les entreprises qui profitent de l’occupation

La Coalition Israélienne des Femmes pour la Paix a mis sur pied un projet intitulé "Qui profite de l’occupation israélienne ?" et vient de lancer une banque de données en ligne qui liste les entreprises collaborant directement à l’occupation de la Cisjordanie, de la Bande de Gaza et des Hauteurs syriennes du Golan.

Interview de Dalit Baum par Adri Nieauwhof [1] de Electronic Intifada

Electronic Intifada : Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs ?

Dalit Baum : D’abord laissez-moi souligner que cette base de données est le fait d’une large coalition. La Coalition des Femmes pour la Paix s’est fondée dans les premiers jours de la seconde Intifada, et représente des milliers de femmes dispatchées dans neuf organisations, comprenant Machsom Watch, Women in Black, Bat Shalom et New Profile. Je suis l’une des co-fondatrices de la Coalition. Vous en trouverez plus sur nous sur notre site Internet. Le projet "Whoprofits" (Qui en profite) est porté par un groupe de militants de notre coalition. Ce sont principalement des bénévoles qui le font tourner.

Je travaille comme spécialiste des "Etudes sur les Femmes", à l’université de Haifa et à la Faculté de Beit Berl. Pendant des années, je me suis engagée dans l’action directe pour m’opposer à l’occupation avec "Anarchists against the Wall" (Anarchistes contre le Mur), Women in Black et Black Laundry.

Electronic Intifada : Qu’est-ce qui a motivé la coalition a se lancer dans un projet aussi ambitieux ?

Dalit Baum : Nous analysons continuellement le rôle que nous pouvons jouer en tant qu’organisation israélienne dans le mouvement global contre l’occupation. Dans le passé le débat en Israël se focalisait sur les coûts de l’occupation et ce à quoi cet argent pourrait servir de manières plus constructive. Le mouvement a utilisé des slogans comme "L’argent pour les quartiers pauvres, pas pour les colonies !". Puis, nous avons fini par comprendre que cet argument ne portait pas dans le public. Les gens savaient que l’occupation coûte cher, mais qu’il y a aussi des motivations économiques. C’est difficile pour nous en Israël de nous dissocier personnellement de l’économie de l’occupation. L’occupation fait bénéficier Israël d’une terre palestinienne bon marché, de travail et du contrôle de la totalité de l’économie palestinienne, ce qui assure à certains que cette économie ne peut pas entrer en compétition avec l’économie israélienne.

Nous avons décidé de changer de perspectives et d’articuler le débat en ces termes : qui profite de l’occupation ? Les deux dernières années nous avons travaillé à faire le relevé des grandes sociétés israéliennes et internationales directement engagées dans la construction des colonies israéliennes des infrastructures des territoires occupés, dans l’économie des colonies, dans la construction des murs et des checkpoints, dans la fourniture des équipements spécifiques qui servent au contrôle et à la répression des populations civiles sous occupation. Nous avons compris que notre banque de données contribue à combler le fossé de l’information internationale. Notre travail complète celui des campagnes que font les militants mondiaux contre l’intervention des grandes sociétés dans l’occupation, telles que Motorola, Assa Abloy, Unilever, Veolia et Africa-Israël, parce que nous sommes sur le terrain, que nous pouvons aller dans les colonies et que nous avons accès à l’information en hébreu.

Electronic Intifada : Comment vous assurez-vous que votre banque de données est une source fiable ?

Dalit Baum : Toutes les informations sur les entreprise publiées sur notre site Web reposent sur des preuves concrètes. Nous collectons les documents provenant des entreprises elles-mêmes et des organismes gouvernementaux israéliens. Nous rassemblons aussi des preuves en visitant des sites et en prenant des photos de la présence de ces entreprises dans les territoires occupés. Pour chaque entreprise nous avons un dossier avec des comptes rendus de première main sur ses participations. Nous avons beaucoup plus d’informations qu’il n’en est publié sur le site Web. Nous avons découvert que bon nombre des entreprises qui opèrent dans les zones industrielles israéliennes de Cisjordanie ne sont pas enregistrées comme telles. Cela requiert beaucoup plus de travail pour faire la preuve de leur participation à l’occupation. Nous sommes minutieux dans notre recherche, mais évidemment nous sommes contents quand nous recevons des réactions en retour sur la manière dont nous pouvons améliorer la qualité de notre banque de données ; mais les corrections et ajouts reçus seront toujours vérifiés.

Electronic Intifada : Comment voyez-vous le boycott des produits des colonies ?

Dalit Baum : Dans de nombreux pays les militants organisent des campagnes de boycott contre les produits d’une colonie donnée. Mais notre banque de données n’est pas qu’une liste de boycott. Nous essayons d’offrir un spectre plus large comprenant les entreprises qui profitent de l’industrie des colonies, de l’exploitation économique des ressources palestiniennes, des marchés, du travail, et du contrôle de la population palestinienne. Pour nous, en tant que militants israéliens, il est vraiment impossible d’occulter toutes ces entreprises. Nous listons donc les principales banques israéliennes, les entreprises internationales de haute technologie, et les géants du transport, selon leurs différents niveaux de participation.

Nous pensons que la société civile peut et doit essayer de changer la politique de ces grandes entreprises, mais il faut des approches différentes adaptées à des entreprises différentes.

Par exemple, en ce qui concerne Veolia, entreprise engagée dans un projet de tramway reliant Jérusalem à des colonies en cisjordanie, nous avons réussi à démontrer qu’ils pratiquent des enfouissements de déchets dans la Vallée Jordanienne occupée.

Un autre exemple est celui de HeidelbergCement, propriétaire de Hanson-Israël, une entreprise qui possède quatre usines en Cisjordanie, dont une carrière de pierres, qui exploitent des ressources palestiniennes naturelles, non renouvelables, pour l’industrie du bâtiment israélienne.

Nous voudrions encourager les militants à être créatifs. Une lettre à Hewlett Packard à propos de la participation de sa filiale EDS-Israël au système automatisé de contrôle d’accès biométrique installé aux principaux checkpoints, est pour nous aussi importante que la campagne suédoise qui a provoqué la décision d’Assa Abloy de se désinvestir de la zone industrielle de Barkan.

Electronic Intifada : Quelle a été la réponse d’Israël à cette banque de données ?

Dalit Baum : Pendant deux ans nous avons travaillé presque constamment au radar. Nous nous étions arrangés pour nous faire aider par pas mal de groupes en Israël et à l’étranger. Maintenant le temps est venu de donner plus de publicité à la banque de données. Cela sert notre objectif d’éducation du public israélien sur les profits que tirent les entreprises de l’occupation de la Palestine. Cela offre aussi au public de nouveaux catalogages des différents types de participation à l’occupation, et montre comment cette participation a imprégné une grande partie de l’économie israélienne, y compris les grosses banques, les principales entreprises de télécommunication, de construction et de transport.

Electronic Intifada : Quels sont vos critères pour évaluer le succès de la banque de donnée "Whoprofits" ?

Dalit Baum : Je considèrerai que notre banque de données est un succès quand elle servira notre objectif d’éducation. Je veux que nous arrivions à atteindre encore plus de monde, en Israël et à l’étranger, pour que le monde sache comment les entreprises et les intérêts économiques soutiennent l’occupation israélienne. Alors, moi personnellement, je voudrais voir les gens essayer de peser sur les intérêts de ces compagnies, afin d’aider à mettre un terme à l’occupation. Dans quelques années d’ici j’espère que les entreprises seront plus soucieuses d’être vues comme collaborant à l’occupation et même qu’elles nous appelleront pour faire retirer leurs logos de notre site web. Le véritable succès serait que l’opinion publique change et qu’il soit mis vraiment fin à l’occupation.

Traduit de l’anglais par Carole SANDREL pour CAPJPO-EuroPalestine.
Publié par EuroPalestine selon Electronic Intifada.

[1] Adi Nieuwhof est consultante et avocate des droits de l’homme

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Résistance Palestine : Grande-Bretagne



Boycott d’israël à l’université de Manchester

Le Syndicat des Etudiants de l’Université de Manchester a fait adopter une motion de soutien à la population de Gaza, dont une résolution de boycott d’Israël, au cours d’une assemblée générale d’urgence, cette semaine.

Le 11 février, plus de mille étudiants ont assité à cette AG, qui faisait suite à une longue semaine d’occupation estudiantine des bâtiments de l’Université de Manchester.

Le Syndicats des Etudiants de l’Université de Manchester est le plus important d’Europe, numériquement.

La ligne de conduite adoptée reposait sur la comparaison entre Israël et l’Afrique du Sud de l’Apartheid et le soutien au mouvement global en faveur du Désinvestissement d’Israël et pour les Sanctions.

Les étudiants ont appelé à désinvestir d’Israël, à boycotter toutes les entreprises qui soutiennent ou bénéficient de l’occupation israélienne, et à faire pression sur l’Université pour qu’elle adopte une politique similaire de boycott à l’encontre d’Israël. Cette motion a aussi condamné l’Université pour sa réticence à retirer ses fonds de l’industrie d’armement israélienne.

Le syndicat a également envoyé une lettre à la BBC pour condamner son refus de diffuser l’appel "Comités Désastre et Urgence (DEC) pour Gaza".

Les étudiants de Manchester ont une longue histoire de solidarité avec les Palestiniens, sur le thème notamment de "Palestine : Droit à l’Education", motion adoptée en 2007, qui a donné lieu à un jumelage avec l’université Al—Najah de Naplouse.

Ce même syndicat avait joué un rôle actif dans la campagne de solidarité internationale contre l’Afrique du Sud de l’apartheid, en retirant les fonds de l’université d’Afrique du Sud.

Matt Scholey, étudiant de première année en politique et histoire moderne, a déclaré : "Tout cela est en train de créer un précédent, de plus en plus d’unions d’étudiants vont à coup sûr faire la même chose. L’année dernière LES SU a appelé a désinvestir, maintenant le UMSU appelle au boycott complet et demain le reste du mouvement étudiant suivra".

Publié par EuroPalestine.

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Résistance Palestine : France



Christophe Oberlin, chirurgien français en mission humanitaire à Gaza.

De retour d’une mission humanitaire, le professeur Christophe Oberlin, chirurgien orthopédiste, parle du quotidien des médecins dans la bande de Gaza lors de l’intervention israélienne le mois dernier. Il est l’auteur du livre Survivre à Gaza, aux éditions Koutoubia.


Publié par RFI.

Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Résistance Palestine : Pays-Bas



Gaza : Les fleurs de la Saint-Valentin, Global Voices.
À Gaza, le Professeur Saïd Abdelwahed annonce sur son blog : “Depuis trois ans, Israël n'a donné aucune permission à aucun exploitant agricole de Gaza d'exporter ses fleurs en les faisant sortir du territoire de Gaza ! Le peuple devait “manger et boire des fleurs”. Cependant, cette année, après l'invasion de Gaza, les Pays-Bas ont acheté 25 000 fleurs à Gaza, qui vont être expédiées via trois chargements (Moments of Gaza en anglais). Hier (13 février), Israël a consenti à autoriser l'expédition de 10 000 fleurs ! Heureuse Saint-Valentin !”


Offrez des roses rouges du sang des Gazaouis, Cri du Peuple 1871.
A l’occasion de la Saint-Valentin, Israël expédie en quelques jours vers l’Union Européenne environ 50 millions de fleurs. Une flotte de quelques 20 avions participe à ce pont aérien pour transporter plusieurs milliers de tonnes de fleurs fraîchement coupées. Ces lots arrivent dans la nuit à la bourse aux fleurs aux Pays Bas. Fraîchement conditionnées, elles repartent avec le sceau « Made in Holland » vers le reste du monde.
Pour la France spécifiquement, les fleurs arrivent via des cargos spécialisés des compagnies israéliennes Cargo Air Line (CAL) ou El Al à Marseille.
L’essentiel de ces exportations est réalisé par la coopérative agricole israélienne AgrexCo. Celle-ci réalise 10% de son chiffre d’affairers annuel en ce jour de Saint Valentin.
La société Agrexco, dont une part importante du capital est détenue par l’Etat d’Israël, exporte aussi des agrumes, des légumes et d’autres produits agricoles sous les marques Carmel, Ecofresh, Bio Top ou encore les dattes Jordan Rivers.


Les roses de la colère, Actif et militant sur LePost.fr.
La hollande a eu peur d'une opération de boycott suite à la révélation que les roses en provenance d'Israël étaient estampillées made in holland. Elle a insistée auprès d'Israël pour l'autoriser à laisser les fleurs de Gaza se vendre, ce n'était plus le cas depuis l'accession du hamas au pouvoir. Preuve que l'Europe joue double jeu en étouffant l'économie palestienne par son soutien à Israël et dans le même temps en montrant qu'elle aide la Palestine.


Attention aux roses de la Saint-Valentin : une provenance peut en cacher une autre..., EuroPalestine.
Chaque année à l’époque de la Saint-Valentin, Israël exporte des milliers de tonnes de roses vers l’Europe... qui transitent par les Pays-Bas. Et de nombreux vendeurs que vous interrogerez samedi, vous affirmeront souvent de bonne foi, que toutes leurs fleurs viennent de Hollande !


Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Résistance Palestine : Canada



Gaza : Un nouveau four communal

L'activiste canadienne Eva Bartlett décrit depuis Gaza comment un four communal a été mis en place dans un village au sud de la bande de Gaza: “Pour aider les nombreux villageois qui ne peuvent pas payer, ou n'arrivent pas à trouver du gaz pour cuisiner, ou pour ceux qui ont épuisé leurs réserves de bois (les bulldozers de l'armée israélienne ont détruit et ravagé les oliviers et arbres fruitiers, ce qui n'est pas de bon augure pour trouver du bois), il est possible, avec ce four communal, de cuire 10 pains ronds pour un shekel ” (In Gaza en anglais).

Publié par Global Voices.

Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (13)



Dépêches des 15 et 16 février 2009, Info-Palestine - Toutes les dépêches.

Les colons israéliens ouvrent le feu sur un village de Bethléem, PNN.
Des colons israéliens de la colonie de Beitar Illit, construite sur les terres de plusieurs villages à l'ouest de Bethléem, ont ouvert le feu sur le village de Housan lundi.

Les colons sont entrés dans la ville et ont commencé à tirer sur des maisons, de façon «aveugle» d’après les résidents.

Mahfouz Hamamra, 15 ans, se trouve maintenant à l'hôpital Al-Hussein de Beit Jala. Il doit subir une intervention chirurgicale d’urgence pour enlever une balle dans sa jambe droite.

Les citoyens sont de plus en plus désespérés, du moment que la politique israélienne d'expansion des colonies se poursuit en dépit du droit international, de l'Organisation des Nations Unies, de l'émissaire américain George Mitchell et le mouvement de résistance non-violente qui organise régulièrement des manifestations.


2 personnes blessés à la manifestation contre le mur, PNN.
Deux manifestants ont été légèrement blessés dans le village d’Al-Masara, au sud de Bethléem, au cours de la manifestation hebdomadaire contre la construction du mur.

La marche a commencé depuis l’école du village. 200 résidents, sympathisants internationaux et militants israéliens ont hissé des drapeaux dénonçant les pratiques israéliennes: l'expansion des colonies, la construction du mur de séparation, les incursions et les détentions.

Des dizaines de soldats israéliens ont bloqué le chemin des manifestants: ils ont formé une chaîne humaine avec leurs corps et ont frappé légèrement deux civils, d’après le porte-parole du Comité Contre le Mur des villages au sud de Bethléem, Muhammad Briggia.


Les FOI saisissent 1700 donomes à Bethléem, WAFA.
es Forces d'Occupation Israéliennes (FOI) ont saisi 1700 donomes de terres palestiniennes dans la ville de Bethléem pour l'expansion de la colonie de Ifrat.
Selon le quotidien israélien Haaretz, les FOI ont saisi 1700 donomes (1 dunum =1000 M²) dans le Sud -Ouest de Bethléem afin d'établir 2500 unités de logements dans la colonie d'Ifrat où vivent 9000 colons. Les propriétaires de ces terres ont soumis neuf objections à cette mesure illégale auprès de l'Administration civile israélienne qui a déjà rejeté huit d'entre elles. Ifar est la plus grande colonie dans la zone d'Atsion au Sud de Bethléem. Le conseil de la dite colonie fait des efforts pour commencer la construction de nouveaux logements avant le départ d'Ehud Olmert.


Cisjordanie : Israël prépare l'extension d'une colonie juive de peuplement, AP-Yahoo! Actualités.
Israël a pris le contrôle d'une parcelle de 172 hectares en Cisjordanie, ouvrant la voie à une possible construction de 2.500 maisons dans le cadre de l'extension d'une colonie juive de peuplement, ont annoncé des responsables israéliens, lundi.

La colonie concernée, Efrat, abrite déjà quelque 1.600 familles au sud de Jérusalem. A terme après la construction de ces 2.500 maisons, a expliqué son maire Oded Revivi, Efrat devrait compter 30.000 habitants.

Les gouvernements israéliens successifs ont régulièrement rompu les promesses faites aux Etats-Unis de geler les colonies et que Washington considèrent un obstacle majeur au processus de paix. L'extension programmée va à coup sûr provoquer une certaine friction avec le président Barack Obama dont l'émissaire au Proche-Orient George Mitchell, partisan de longue date d'un gel total des colonies.

Près de 290.000 Israéliens vivent dans des colonies juives de peuplement de Cisjordanie, soit 95.000 de plus qu'en mai 2001 quand Mitchell a une première fois appelé au gel de ces colonies. A cette époque, il avait conduire une mission en Israël et dans les territoires palestiniens à la recherche d'une solution pour mettre un terme aux violences et relancer le processus de paix


Une conférence internationale à Rabat pour archiver les crimes sionistes contre l'humanité, CPI.
Une conférence internationale de deux jours a commencé, le samedi 14/2, dans la capitale Marocaine, en recherchant la façon plus adéquate pour enregistrer et bien archiver les crimes de guerre sionistes qui ont été perpétrés contre les civils de Gaza durant les 22 jours horribles et très sanglants de la guerre sauvage israélienne.

La conférence a pour objectif de préparer des études et des recherches judiciaires concernant les crimes de guerre et le génocide sioniste perpétré froidement contre les habitants de Gaza, notamment les centaines d'enfants et de femmes, en utilisant des armes très puissantes et interdites au niveau international dont l'utilisation du phosphore blanc.


Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Résistance Palestine : France



Il faut mettre fin à l’impunité d’Israël !

Un appel d’universitaires français

Les témoignages qui s’accumulent montrent à l’évidence qu’Israël a commis à Gaza de véritables crimes de guerre, en affamant, en privant de soins, puis en massacrant, à l’abri de tout regard médiatique, une population dépourvue de tout moyen de fuir ou de se défendre.

Les images et les récits qui nous parviennent maintenant sont insoutenables. Il ne s’agit pas là de « bavures » dont se seraient rendu coupables quelques militaires, mais d’une politique délibérée qui relève du nettoyage ethnique.

Comme le disait un appel paru dans le Guardian du 16 janvier dernier et signé par 300 personnalités du monde universitaire britannique, l’objectif est bien d’éradiquer les Palestiniens en tant que force politique capable de résister à l’expropriation continue de leurs terres et de leurs ressources.

Il faut mettre fin à l’impunité d’Israël. Ni l’aide humanitaire ni l’appel à prolonger le cessez-le-feu ne suffisent. Le blocus de Gaza doit être levé et Israël, avec ses responsables politiques et militaires, doit être jugé pour crimes de guerre. Nous demandons au gouvernement français et à la population française de prendre toutes les mesures pratiques pour obliger Israël à accepter ces exigences, et en premier lieu d’appliquer un programme de boycott, de cessation des investissements et de sanctions.

Les signataires de ce texte s’engagent à cesser toute collaboration avec les institutions israéliennes participant à l’occupation, et se déclarent solidaires de ceux qui en Israël luttent courageusement pour les droits humains, sociaux et politiques des Palestiniens.

Signataires :

• Séraphin Alava, Professeur à l’Université Toulouse 2
• Georges Audi, Directeur de recherche au CNRS
• Michel Balabane, Professeur à l’Université Paris 13
• Viviane Baladi, Directrice de recherche au CNRS
• Etienne Balibar, Professeur émérite à l’Université Paris Ouest
• Daniel Bensaïd, Professeur à l’Université Paris 8
• Tsouria Berbar, Chercheuse à l’INSERM
• Rudolf Bkouche, Professeur émérite à l’Université de Lille I
• Edgar Blaunstein, Economiste
• Michel Bonneu, Professeur à l’Université de Toulouse
• Alain Brossat, Professeur à l’Université Paris 8
• Eve Caroli, Professeur à l’Université Paris-Ouest, membre de l’Institut Universitaire de France
• Hélène Carteron, Ingénieure à l’INSERM, Paris
• Sonia Dayan-Herzbrun, Professeure émérite à l’Université Paris 7
• Ivar Ekeland, Président honoraire de l’Université Paris-Dauphine
• Mireille Fanon-Mendès-France, Juriste, collaboratrice parlementaire
• Jacques Fontaine, Professeur à l’Université de Franche-Comté
• Dominique Fougeyrollas, Chargée de recherche au CNRS
• Nicole Gabriel, Maître de conférences à l’Université Paris 7
• Marie-Madeleine Gombert, Chargée de recherche au CNRS
• Danielle Haase-Dubosc, Directrice de Reid Hall, Université de Columbia à Paris
• Boutros Hallaq, Professeur à l’Université Paris 3
• Michael Harris, Professeur à l’Université Paris 7, membre de l’Institut Universitaire de France
• Jacques Henry, Maïtre de conférences honoraire, Université de Paris Sud
• Bernard Jancovici, Professeur émérite à l’Université Paris Sud
• Alain Joxe, Directeur d’Études à l’EHESS
• Baudoin Jurdant, Professeur à l’Université Paris 7
• Sylvia Klingberg, Ingénieure d’étude à l’INSERM
• Lydie Koch-Miramond, astrophysicienne, conseillère scientifique de la Commission à l’énergie
• Hubert Krivine, Maître de conférences à l’ Université Paris 6
• Michelle Lanmuzel, Professeur de lettre
• Pierre Lantz, Professeur émérite à l’Université Paris 8
• Ariane Lantz, Professeur honoraire de philosophie
• Juliette Leblond, Directrice de recherche au CNRS
• Catherine Lévy, Chercheuse au CNRS (Paris I)
• Jean-Marc Lévy-Leblond, Professeur émérite à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis
• Roland Lombard, Directeur de recherche au CNRS, Président du CICUP
• Aïcha Maherzi, Directrice de recherche au CREFI, Toulouse
• Joëlle Maillefert, PRAG à l’IUT de Cachan
• Bernard Maitte, Professeur à l’Université Lille I
• Véronique Nahoum-Grappe, Chercheuse à l’EHESS
• Annie Najim, Professeure à l’Université de Bordeaux 3
• André Nouschi, Professeur honoraire à l’Université de Nice
• Olivier Pène, Directeur de recherche honoraire au CNRS
• Véronique de Rudder, Chargée de recherche au CNRS
• Emmanuel Rollinde, Maître de conférences à l’Université Paris 6
• Alain Romey, Professeur à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis
• Catherine Samary, Maître de conférences à l’Université Paris-Dauphine
• Pierre Schapira, Professeur à l’Université Paris 6
• Marie-Ange Schiltz, Ingénieure de recherche au CNRS
• Geneviève Sellier, Professeure à l’Université de Caen, membre de l’Institut Universitaire de France
• Alexis Tadié, Professeur à l’Université Paris 4, ancien directeur de la Maison Française d’Oxford
• Françoise Thébaud, Professeure à l’université d’Avignon, membre de l’Institut Universitaire de France
• Gérard Toulouse, Directeur de recherche au CNRS, membre de l’Académie des Sciences
• Odile Vacher, Maître de conférences à l’Université Paris XI
• Eleni Varikas, Professeur à l’Université Paris 8
• Tassadit Yacine, Directrice d’étude à l’EHESS

Publié par Info-Palestine.

Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Résistance Palestine : Europe



EuroNaplouse, des villes pour la paix en Palestine

Naplouse la Palestinienne souffre. Comme ailleurs dans les territoires palestiniens, comme à Gaza, les Naplousis réclament un État viable et distinct d'Israël. Le réseau EuroNaplouse, qui a vu le jour vendredi et samedi à Lille, se propose d'aider la ville. « Nous voulons promouvoir l'existence d'une Palestine indépendante et contribuer au développement économique, humain et médical » de Naplouse, explique Marie-Pierre Bresson, adjointe à la solidarité internationale.

C'est Lille qui, après une visite en Cisjordanie en juin 2008, expose le projet à toutes les villes européennes qui, comme elle, sont jumelées avec Naplouse. Les collectivités répondent très favorablement : Stavanger (Norvège) et Dundee (Écosse) en seront, mais aussi Naples, Barcelone et les régions italiennes de Campanie et de Toscane. Réunies à Venise en septembre 2008, elles décident de lancer le réseau début 2009 à Lille : c'est désormais chose faite.

Pour Marie-Pierre Bresson, « EuroNaplouse permet de mutualiser nos moyens d'action ». Le réseau compte aussi des associations, ou des ONG comme Help Doctors. Concrètement, Stavanger s'occupe de jumelages inter-écoles, Lille accueille des infirmiers naplousis au CHR, on développe le commerce équitable du savon et de l'huile d'olive, etc. Marc Leblanc, de l'association Amitié Lille-Naplouse, souligne quant à lui l'importance d'un jumelage « éthique ».

Désormais, EuroNaplouse disposera de son propre correspondant en Cisjordanie. Objectif : tirer le maximum de cette diplomatie des villes. « Les citoyens européens doivent s'emparer de la question palestinienne pour dire à leurs dirigeants qu'ils veulent la paix. Les collectivités locales peuvent faire émerger une opinion publique face aux institutions européennes », explique encore Marie-Pierre Bresson. Des institutions européennes qui sont loin de montrer l'exemple.
EuroNaplouse n'en est qu'à ses balbutiements. Des projets sont à l'étude avec d'autres collectivités comme Nuremberg en Allemagne, qui ont des partenariats avec Naplouse. Prochain rendez-vous : Stavanger, en novembre. À l'hôtel de ville, la représentante des Écossais de Dundee, « very excited », conclut : « On va rentrer à la maison et en faire encore plus ! ».

Publié par Nord Éclair.

Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

15 février 2009

Attentats terroristes de groupes sionistes

La propagande des médias dominants, qui soutiennent la guerre d'Israël contre les Palestiniens, ferait presque oublier l'histoire. Il n'y a pas si longtemps, ils dénonçaient pourtant les attentats terroristes... de groupes sionistes.

Les extraits d'actualités cinématographiques, publiées par l'INA, rappelent des faits occultés depuis.

13/03/1947, Attentat terroriste du groupe Irgoun, Archives INA.

13/05/1947, Attentat terroriste du groupe Stern, Archives INA.

15/01/1948, Attentat terroriste du groupe Haganah, Archives INA.

23/09/1948, Attentat terroriste du groupe Stern, Archives INA.

Serge LEFORT
15/02/2009

Résistance Palestine : Grande-Bretagne



Le gigantestesque convoi humanitaire de 110 véhicules et 280 passagers, qui transporte des tonnes de ravitaillement à destination de Gaza vient de quitter Londres sous la conduite du député George Galloway et de la journaliste Yvonne Ridley.

En moins de 4 semaines, les volontaires de toute la Grande-Bretagne ont réussi à collecter tous ces véhicules qui seront offerts aux Gazaouis, dont 12 ambulances, une voiture de pompiers et un bateau, des médicaments, des outils, des vêtements, des couvertures, et des boites à chaussures remplies de cadeaux pour les enfants.

"Pas un seul véhicule ne part sans être rempli à ras-bord, et cela montre que des millions de gens ici sont concernés par la situation en Palestine", a déclaré ce matin, jour de la Saint-Valentin, George Galloway, devant le Parlement britannique, point de départ du convoi, où ont afflué des volontaires de tous le pays.

Le convoi s’étend sur près d’1,5 Km de long. Il va rouler plus de 6000 km, traverser la France, l’Espagne, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Lybie et l’Egypte, où il est prévu qu’il traverse la frontière de Rafah pour entrer dans la bande de Gaza le 2 mars prochain.

Publié par EuroPalestine selon Viva Palestina.

Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

14 février 2009

Résistance Palestine : Suisse



Patrick Chappatte, dessinateur du quotidien suisse Le Temps dont Courrier international publie régulièrement les cartoons, s’est rendu dans la bande de Gaza du 24 au 26 janvier 2009.
Dans l’enclos de Gaza est l’intégralité de son reportage - ce qu’il a vu, entendu de la bouche des victimes et témoins directs de l’offensive israélienne baptisée "Plomb durci".



Dossier Patrick CHAPPATTE.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (15)



Mujammad NAFAH

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

13 février 2009

Propagande de guerre contre Gaza

L'actualité est fabriquée par les médias dominants (de plus en plus souvent par simple copier-coller) à partir des dépêches des agences de presse, qui les construisent selon l'agenda de leurs sources.

Les agences de presse ne sont pas neutres. Elles dépendent, en amont, de leurs sources de financement et d'information (essentiellement les organismes gouvernementaux) et, en aval, des contrats avec les médias dominants.

Voici deux exemples de traitement de la même information par les agences AFP et Reuters, respectivement le 9 février et le 13 février 2009.

09/02/2009 Bande de Gaza : un Palestinien tué par des tirs israéliens versus Un activiste du Djihad islamique tué dans le nord de Gaza

Bande de Gaza : un Palestinien tué par des tirs israéliens, AFP-Yahoo! Actualités.
Un activiste palestinien a été tué lundi à l'aube par des tirs israéliens dans le nord de la bande de Gaza, ont indiqué des sources médicales palestiniennes et un groupe armé.

Khaled Al-Kafarneh, 22 ans, a été tué dans le secteur de Beit Hanoun, ont précisé les sources médicales.

Un groupe palestinien armé, le Jihad islamique, a affirmé dans un communiqué que Kafarneh a été tué dans un raid aérien israélien "après un accrochage" avec une force de l'armée israélienne non loin de la clôture de sécurité entre Israël et la bande de Gaza.

"Après cet accrochage, des hélicoptères (israéliens) sont intervenus et ont tiré deux roquettes", a ajouté le Jihad, précisant qu'un deuxième combattant d'un autre groupe armé était "porté disparu".

L'armée israélienne, interrogée par l'AFP, a indiqué que "des soldats ont ouvert le feu en direction d'un terroriste qui s'approchait de la clôture de sécurité" et que "la charge qu'il portait sur lui a explosé".

L'aviation israélienne avait lancé dans la nuit de dimanche à lundi deux raids contre la bande de Gaza après la chute en Israël de deux roquettes tirées du territoire palestinien.

Ces violences sont survenues malgré un cessez-le-feu, en vigueur depuis le 18 janvier, ayant mis fin à une offensive israélienne de 22 jours dans la bande de Gaza qui a fait 1.330 morts palestiniens.

L'offensive avait pour but déclaré de réduire au minimum les tirs de roquettes et obus de mortier de Gaza mais plusieurs dizaines de ces engins ont été tirés depuis la fin de l'opération, entraînant des représailles d'Israël.


Un activiste du Djihad islamique tué dans le nord de Gaza, Reuters-Yahoo! Actualités.
L'armée israélienne a tué aujourd'hui un combattant palestinien du Djihad islamique en mission contre une patrouille de Tsahal à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, annonce l'organisation palestinienne armée.

L'état-major des forces israéliennes de défense a confirmé la mort d'un Palestinien armé qui tentait de s'infiltrer en Israël.

Selon le Djihad islamique, l'activiste a été tué près de la ville de Beït Hanoun, dans le nord du territoire palestinien.

L'aviation israélienne a par ailleurs frappé deux postes avancés du Hamas en représailles à des tirs de roquettes.

Côté palestinien, on indique qu'un missile au moins s'est abattu sur un bâtiment de la police mise sur pied par le mouvement islamiste, dont les installations ont pour la plupart été détruites dans l'offensive menée le mois dernier par Tsahal pour faire cesser les tirs de roquettes. Aucun bilan n'a été avancé après le raid de lundi.

Deux roquettes tirées du nord de la bande de Gaza ont atteint hier le sud d'Israël, sans faire de victimes.

La situation reste fragile dans la région malgré le cessez-le-feu proclamé unilatéralement par les deux camps, le 18 janvier.


13/02/2009 Un mort et trois blessés dans un raid israélien à Gaza versus Deux blessés dans un raid aérien israélien dans la bande de Gaza

Un mort et trois blessés dans un raid israélien à Gaza, AFP-Yahoo! Actualités.
Un activiste Palestinien a été tué et trois autres personnes blessées vendredi dans un raid aérien israélien dans le sud de la bande de Gaza, ont indiqué des sources médicales palestiniennes.

Le raid a visé deux activistes d'un groupe armé, les Comités de la Résistance populaire, circulant à moto à Khan Younès, selon des témoins.

L'un d'eux a été tué et le second blessé, a indiqué à l'AFP le chef des services d'urgence à Gaza, Mouawiya Hassanein. Deux autres personnes ont été touchées dans l'attaque, selon la même source.

L'armée a confirmé le raid. Un porte-parole militaire a affirmé que l'attaque avait visé "des éléments terroristes qui planifiaient une attaque en Israël".

Le raid israélien est survenu quelques heures après la chute de deux roquettes tirées depuis la bande de Gaza dans le secteur de la localité de Sdérot dans le sud d'Israël.

Ces tirs ont été revendiqués dans un communiqué transmis à la presse à Gaza par un groupe peu connu, "les Brigades du Hezbollah Palestine".

Des appareils israéliens ont également bombardé des tunnels de contrebande dans le secteur de Rafah à la frontière avec l'Egypte, selon des témoins. Israël accuse les groupes armés palestiniens d'utiliser ces souterrains pour s'approvisionner en armes.

Ces nouvelles violences surviennent malgré l'entrée en vigueur le 18 janvier d'un cessez-le-feu ayant mis fin à l'opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, où 1.330 Palestiniens ont été tués en trois semaines.

L'offensive avait pour but déclaré de réduire au minimum les tirs de roquettes et obus de mortier depuis Gaza mais plusieurs dizaines de ces engins ont été tirés après la fin de l'opération, entraînant des représailles d'Israël.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza a annoncé jeudi qu'une trêve de 18 mois négociée sous les auspices de l'Egypte devrait être annoncée dans les tout prochains jours.

En Cisjordanie, un Palestinien de quatorze ans a été tué vendredi par des tirs de l'armée israélienne à Hébron dans le sud du territoire, ont indiqué des sources médicales et des témoins.


Deux blessés dans un raid aérien israélien dans la bande de Gaza, Reuters-Yahoo! Actualités.
Des avions israéliens ont bombardé un objectif dans la bande de Gaza, blessant grièvement deux activistes palestiniens, rapportent des médecins et des responsables du Hamas, l'organisation islamiste palestinienne qui contrôle ce territoire.

Il s'agit, selon ces sources, de deux membres des Comités populaires de résistance, petite faction palestinienne, qui circulaient à moto près de la ville de Khan Younès.

L'armée israélienne n'a fait aucune déclaration à ce sujet.

Dans la matinée, trois roquettes tirées de la bande de Gaza s'étaient abattues sur le territoire israélien, sans faire ni victimes ni dégâts, a fait savoir un porte-parole de l'armée israélienne.

Les roquettes tirées dans la matinée sont tombées près de la ville de Sderot. Aucune organisation palestinienne n'en a revendiqué la responsabilité pour l'instant.

Ces incidents surviennent alors que l'Egypte doit annoncer dans les tout prochains jours un accord de trêve entre Israël et les islamistes du Hamas, censé consolider le fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 18 janvier après 22 jours d'offensive israélienne.


Les mots de la propagande :

  • résistant Palestinien
    - "activiste Palestinien" selon l'AFP
    - "activiste du Djihad islamique" selon Reuters

  • plus subtil
    - "Un activiste Palestinien a été tué et trois autres personnes blessées vendredi dans un raid aérien israélien" selon l'AFP
    - "Des avions israéliens ont bombardé un objectif dans la bande de Gaza, blessant grièvement deux activistes palestiniens" selon Reuters


Serge LEFORT
13/02/2009

Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (12)



Dépêches des 12 et 13 février 2009, Info-Palestine - Toutes les dépêches.

Un adolescent palestinien tué par balle à Hébron, en Cisjordanie, Reuters-Yahoo! Actualités.
Des soldats israéliens ont abattu un adolescent palestinien, à Hébron, en Cisjordanie, lors d'une confrontation avec des manifestants qui leur jetaient des pierres, rapportent des médecins palestiniens.

Le jeune, âgé de 14 ans, a été tué d'une balle à la poitrine. L'armée israélienne n'a pas fait de déclaration sur ce sujet.

Des manifestations ont lieu chaque semaine à Hébron depuis l'offensive israélienne contre les islamistes du Hamas dans la bande de Gaza, qui a duré 22 jours, du 27 décembre au 18 janvier, et fait 1.300 morts côté palestinien.


La gauche prêt à gouverner avec l'extrême droite in Une coalition Livni-Netanyahu pourrait se dessiner en Israël, Reuters-Yahoo! Actualités.
Le vice-Premier ministre sortant Haïm Ramon, membre de Kadima et proche de Livni, a déclaré à la radio militaire que le parti ne joindrait "aucun gouvernement d'extrême droite."
Des députés du Likoud et du Parti travailliste conviennent qu'une coalition pourrait intégrer le parti d'extrême droite Yisraël Beitenu d'Avigdor Lieberman, qui a obtenu 15 sièges et n'a exclu aucune option.


Rapport n° 6 sur les violations israéliennes des droits humains, Info-Palestine.
Durant cette période du 5 au 11 février, les forces d’occupation israéliennes ont commis les violations suivantes dans les territoires palestiniens occupés

  • Le siège a été maintenu sur les TPO, isolant la bande de Gaza du monde extérieur ;
  • les FOI ont bouclé complètement les Territoires à la veille des élections israéliennes ;
  • A Gaza,
    - les avions israéliens ont poursuivi leurs bombardements sur la bande de Gaza ;
    - ainsi que les raids aériens sur la frontière de la bande de Gaza avec l’Egypte, forçant les gens à évacuer leurs maisons ;
  • 4 Palestiniens ont été tués par les FOI, 3 dans la bande de Gaza et un en Cisjordanie ;
    - la victimes de Cisordanie, près de Jénine, a été assassinée extrajudiciairement ;
  • 5 Palestiniens, dont un mineur, ont été blessés par des tirs israéliens à Gaza et en Cisjordanie ;
  • 30 Palestiniens ont été arrêtés, dont 10 mineurs en Cisjordanie ;
  • 3 autres civils palestiniens ont été arrêtés sur un check-point en Cisjordanie ;
  • l’occupant a mené 32 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie, et une dans la bande de Gaza ;
  • les FOI se sont emparés de grandes quantités d’engrais agricoles à Jénine ;
  • la colonisation s’est poursuivie en Cisjordanie, ainsi que les agressions des colons contre les Palestiniens ;
    - les colons ont notamment saccagé 250 dunums (25 ha) de terres agricoles dans le village de Yassouf, près de Salfit.


A Jalazoune, les Palestiniens déracinés revendiquent leur statut précaire, Le Monde - Yahoo! Actualités.
Le mandarinier qui parfume la courette de Nasser Sabeh, dans le camp de réfugiés de Jalazoune, en Cisjordanie, est le témoin d'un autre temps. Une époque où les chemins d'une cahute à l'autre étaient sillonnés d'arbres et de jardinets. Enveloppé de végétation, bâti sur une colline du nord de Ramallah, Jalazoune était alors surnommé "le camp vert".
Cinquante ans plus tard, les cahutes sont devenues de mauvaises habitations de quatre à cinq étages et la verdure a disparu sous le gris des parpaings. Le camp de fortune qui abritait à ses débuts, en 1949, 3 000 Palestiniens chassés de Ramleh ou Lod par les troupes sionistes, s'est transformé en un dédale de ruelles d'un kilomètre carré, dans lequel s'entassent 13 000 réfugiés. Et pourtant, en dépit de cette métamorphose, aucun d'entre eux ne l'appelle autrement qu'"Al moukhayam", le camp. "Cet endroit, on n'a pas choisi d'y naître, dit Nasser Sabeh, un ancien ouvrier du bâtiment, aujourd'hui au chômage. "Aussi longtemps que l'on ne pourra pas revenir sur la terre de nos parents, on ne renoncera pas à notre statut de réfugié."

Cette profession de foi est emblématique de la mentalité des Palestiniens déracinés par la création de l'Etat d'Israël. Leur état d'esprit est autant le produit d'un choix politique que de contraintes socio-économiques. S'ancrer dans un camp, c'est maintenir en vie le rêve du droit au retour, reconnu par la résolution 194 des Nations unies. "Parmi ceux qui ont l'argent pour vivre ailleurs, certains partent mais beaucoup choisissent aussi de rester dans le camp car ils redoutent, à tort, de perdre leur carte de réfugiés", explique Khalil Al-Sous, le directeur local de l'UNRWA, l'agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens.

La réhabilitation du camp de Jénine, dévasté en 2002 par l'armée israélienne, avait donné lieu à des psychodrames symptomatiques de cet attachement. Beaucoup de réfugiés s'étaient émus du fait que leurs maisons, reconstruites avec l'argent du cheikh Zayed des Emirats arabes unis, soient devenues "trop belles". Ils craignaient, là aussi à tort, qu'on leur retire le droit au retour.

La crispation est d'autant plus forte que les réfugiés, toujours à vif sur le sujet, estiment que les bailleurs internationaux poussent l'UNRWA à se désengager. "L'éventail des services offerts par l'agence se réduit, assure Youssef Barakeh, le chef du Comité populaire de Jalazoune, un organe sous le contrôle de l'Organisation de libération dela Palestine (OLP), qui fait de facto office de municipalité. "A long terme, le plan est de transférer la responsabilité des camps à l'Autorité palestinienne."

La politique de bouclage israélienne redouble cette logique d'enfermement. Parce qu'ils sont des foyers d'agitation, les camps de réfugiés font l'objet d'une surveillance accrue de la part de l'armée israélienne. Jalazoune a par exemple été soumis au couvre-feu le plus long de la première Intifada (décembre 1987) : 45 jours. Dès le démarrage du second soulèvement, en 2000, plus aucun permis de travail en Israël n'y a été donné et, pendant longtemps, les routes de sortie du camp ont été coupées. "Nous n'avons aucune autonomie économique, dit Youssef Barakeh." La plus grosse entreprise de Jalazoune emploie six personnes. C'est pour dire."

A intervalles réguliers, des rumeurs de réorganisation circulent. Il est question de tracer de grandes artères au milieu du camp et de reloger les réfugiés dont les maisons auront été démolies dans les localités alentours. Ou bien de déplacer la jeune génération dans ces villages et de laisser uniquement la vieille dans le camp. A chaque fois, le Comité populaire, qui craint d'être manipulé, dit non à ces projets. Le camp doit rester ausi précaire que le statut de ses habitants. "Améliorer le camp, c'est d'accord, mais le transformer, ça jamais", dit Nasser Sabeh. On ne touche pas aux droits des réfugiés.


Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Boycott Apartheid Israël (2)



Participez à la Journée d’Action Globale BDS, le 30 mars 2009

En décembre 2008, Israël a décidé de marquer le 60ème anniversaire de son existence de la même manière qu’il s’est créé – en perpétrant des massacres contre le peuple palestinien. En 23 jours, Israël a tué plus de 1300 Palestiniens et blessé plus de 5.000 à Gaza. L’ironie de l’histoire est qu’Israël a pris pour cible ces mêmes Palestiniens – et leurs descendants – qu’il avait expulsés de leur maison et dont il a fait des réfugiés à Gaza en 1948, dont il a volé la terre, qu’il a opprimé depuis 1967 par une occupation militaire brutale, et qu’il a essayé de soumettre par la famine au moyen d’un blocus criminel de nourriture, de fuel et l’électricité au cours des 18 mois qui ont précédé l’agression militaire. Nous ne pouvons pas attendre qu’Israël se concentre sur son prochain objectif. La Palestine est devenue aujourd’hui le test de notre moralité indispensable et de notre humanité commune.

Lire la suite : ISM.

Tous les articles "Boycott", ISM.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Résistance Palestine : États-Unis



Une université américaine sanctionne Caterpillar et autres complices de l’occupation israélienne, EuroPalestine.

Pour la première fois, une université américaine, le Hampshire College basé à Amherst dans le Massachussetts, a decidé de sanctionner financièrement les entreprises qui collaborent avec l’occupation israélienne, annonce l’International Solidarity Movement (ISM).

La mesure consiste, pour l’université, à rompre tout lien, notamment la possession d’actions ou autres titres financiers, qu’elle entretenait avec les firmes Caterpillar, tristement célèbre pour ses ventes de bulldozers géants D9 à l’armée israélienne, mais aussi United Technologies, General Electric, ITT Corporation, Motorola, et Terex.

Toutes ces firmes sont directement impliquées dans le soutien aux agissements criminels de l’armée et du gouvernement israéliens contre le peuple palestinien.

Le dossier établissant la complicité de ces entreprises est le fruit d’un travail de recherche approfondi conduit depuis deux ans par l’association Etudiants Pour la Justice en Palestine (Students for Justice in Palestine) sur le campus de l’Hampshire College.

Une pétition rassemblant les signatures de 800 étudiants, professeurs et anciens élèves de l’établissement a ensuite été présentée au Conseil d’administration de l’université, qui s’est donc prononcé pour le désinvestissement, samedi dernier. Les administrateurs ont en effet considéré qu’en conservant des actifs financiers des firmes coupables, l’université se rendrait elle aussi coupable de complicité de crimes de guerre.

ISM rappelle, dans son communiqué, que le Hampshire College avait été historiquement le premier, dans les années 1970, à rompre tout lien avec l’Afrique du Sud de l’apartheid et ses suppôts industriels américains.

L’initiative concernant Israël a reçu le parrainage des universitaires américains Noam Chomsky, Howard Zinn, Rachid Khalidi, ainsi que de la vice-présidente du Parlement européen Luisa Morgantini, du vieux combattant anti-apartheid sud-africain Ronnie Kasrils, du Palestinien Moustapha Barghouti, de l’historien israélien Ilan Pappe, de l’écrivain britannique John Berger, du Prix Nobel de la Paix Mairead Maguire, et du fondateur des Pink Floyds Roger Waters, entre autres.

L’initiative du Hampshire s’inscrit dans le cadre de la campagne “BDS” (pour “Boycott, Désinvestissements, Sanctions”) qui prend corps au niveau mondial, avec l’appui, entre autres, du syndicat britannique des l’enseignement secondaire et supérieur, de la Confédération générale des syndicats d’Afrique du Sud, ou encore du Syndicat général de la Fonction Publique au Canada.

Lire aussi :
• Appel au Boycott, aux Sanctions et aux Retraits des Investissements contre Israël, ISM.
• La société civile irlandaise appelle au boycott d’Israël, ISM.
• Appel international aux actions contre Carmel Agrexco, ISM.
• Participez à la Journée d’Action Globale BDS, le 30 mars 2009, ISM.
• Tous les articles "Boycott", ISM.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

12 février 2009

Cinéastes contre la guerre et l'occupation



Avant la sortie de son film, Z 32, mercredi prochain en France, le réalisateur israélien Avi Mograbi sera à Paris samedi soir au centre Confluences [1], en ouverture de la troisième édition de son festival du film documentaire. Moins d’un moins après la fin de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, les organisateurs ont mis sur pied une programmation axée autour de la question de l’occupation des Territoires palestiniens. A commencer par Gaza : «Nous avons déniché des films faits par des Palestiniens mais aussi par des Israéliens, explique Ariel Cypel. L’idée est de montrer que Gaza est un endroit où vivent des gens comme les autres, pas seulement un point dans la mire d’un avion de chasse.»

La plupart de ces documentaires sont inédits en France. Le deuxième thème, «Mémoires bafouées», met en miroir deux mémoires : celle des diasporas juives, absorbées par l’Etat hébreu né sur les cendres de la Shoah ; celle, niée ou perdue, des Palestiniens. L’occasion de revoir Izkor, les esclaves de la mémoire d’Eyal Sivan. Ou de découvrir la formidable quête des images perdues de la section «médias» de l’OLP à Beyrouth, en 1982, par Azza el-Hassan dans Kings and Extras.

Enfin, plusieurs films évoquent directement ou non l’occupation. Asurot (Enchaînées) d’Anat Even et Ada Ushpiz est la métaphore la plus cruelle : trois veuves vivent dans une maison de la vieille ville d’Hébron, avec leurs onze enfants. La façade et le toit sont occupés par l’armée israélienne, l’arrière de la maison est sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Les occupants sont en cage. Deux films du Syrien Omar Amiralay permettent d’évoquer la génération née avec le conflit israélo-arabe. Surtout, les organisateurs ont dégoté de vieux films israéliens des années 70 et 80, dont l’un, Yoman Sade (Journal de campagne), tourné par Amos Gitaï durant l’invasion du Liban en 1982, raconte les premiers temps de la colonisation de la Cisjordanie.

[1] Confluences
190, bd de Charonne 75020
Renseignements : 01 40 24 16 46

Pour une autre lecture de la guerre de Gaza

Alors que l’armée israélienne s’est retirée de la bande de Gaza au terme d’une offensive qui aura duré plus de trois semaines (27 décembre 2008-21 janvier 2009) et fait quelque 1 330 morts et 5 450 blessés côté palestinien pour 10 soldats et 3 civils tués côté israélien, il convient de revenir tant sur les justifications de son déclenchement avancées par le gouvernement israélien que sur l’approche de son bilan menée en termes de victoire palestinienne. Seule une autre lecture, en décalage avec les idées reçues habituellement, permet, me semble-t-il, de donner une véritable cohérence aux événements survenus autour de la question de la bande de Gaza et pas seulement les plus récents.

Les justifications israéliennes : une "guerre" peut en cacher une autre

Le gouvernement israélien a, d’une voix unanime, justifié son offensive par la multiplication des tirs de roquettes revendiqués par Hamas contre les régions sud d’Israël et le refus de celui-ci de renouveler la trêve conclue en juin 2008 et arrivée à échéance le 19 décembre. L’opération « Plomb durci » ne serait ainsi que la réponse de l’« agressé », apportée au nom du « monde démocratique », à la « terreur », en l’occurrence islamique, et au régime « obscurantiste » instauré par Hamas.

Les fondements de cette justification, reçue par les gouvernements et la plupart des médias non-arabes, se trouvaient pourtant ébranlés par les statistiques fournies antérieurement par l’armée israélienne elle-même : le nombre de roquettes tirées entre juillet et octobre 2008 tendait vers zéro, pour une moyenne de près de 180 par mois avant la trêve ; il dépassait à nouveau la centaine en novembre pour s’amplifier face à la crise humanitaire engendrée par le renforcement du blocus et documentée par les diverses agences des Nations-unies (The Six Months of the Lull Arrangement, Intelligence and Terrorism Information Center, 30 décembre 2008 ; UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs-Occupied Palestinian Territory, Humanitarian Monitor, Mensuel). La chronologie des faits permet de mettre en évidence la responsabilité israélienne dans la dégradation des conditions sécuritaires tant à Gaza qu’au sud d’Israël. Le retrait unilatéral de la bande de Gaza (et de quelques colonies du nord de la Cisjordanie) en septembre 2005, en effet, n'a pas signifié la libération de la bande de Gaza, d’ailleurs toujours considérée comme « territoire occupé » au regard des conventions internationales. A l'occupation directe s'est substituée la mise en place d’une nouvelle forme de domination beaucoup plus oppressive car extérieure. De plus et pour la première fois, à travers la gestion du passage de Rafah cette nouvelle domination jouissait du concours actif de l’Égypte et de celui, souvent oublié, de l’Union européenne. Le blocus de la bande, jamais levé en dépit des conditions de la trêve conclue à l'initiative de Hamas en juin 2008, a constitué la matière explosive des violences des derniers mois. L’opération israélienne à l’intérieur même de la bande de Gaza, qui s'est traduite le 4 novembre par la mort de 6 partisans de Hamas, a fourni le catalyseur qui devait mener à l’explosion de la fin décembre. La trêve, dont le principe restait néanmoins d’actualité pour Hamas, était devenue dans les conditions du moment quasi impossible à justifier par les responsables de Hamas auprès de sa base.

L’offensive contre Gaza, loin de constituer une simple réponse à la multiplication des tirs de roquettes par ailleurs bien postérieurs au lancement de ses préparatifs, n’est ainsi que le dernier avatar en date de la convergence politique observable ces dernières années aux niveaux tant international que régional –arabe, israélien et palestinien (Fatah et présidence). L’arrivée d’islamistes au pouvoir par la démocratie des urnes à l’occasion des élections législatives palestiniennes de janvier 2006, insupportable politiquement au président Abbas et aux régimes arabes réputés "modérés" comme idéologiquement aux puissances occidentales, a été utilisée par le gouvernement israélien, qui lui n’a aucune réticence à traiter avec les islamistes (comme le montre le soutien qu’il a accordé à leur développement en Palestine dans les années 1970), pour affermir et réaffirmer son refus de toute expression institutionnalisée d’une identité nationale palestinienne.

La diplomatie internationale, au-delà des condamnations convenues sur la disproportion de la « réponse » d’Israël, a de facto donné carte blanche à ce dernier pour mener ses opérations au terme qui lui convenait. Le Conseil de sécurité n’est ainsi parvenu à s’entendre (avec l’abstention des États-Unis) sur une résolution appelant –sans résultat- à « un cessez-le-feu immédiat » que le 9 janvier (785 Palestiniens, au moins, avaient déjà été tués et plus de 3 300 avaient été blessés ; trois civils et dix soldats israéliens avaient trouvé la mort). Silencieux depuis le début de l’offensive au nom de la doctrine rappelée le 28 décembre du « one president at a time » (un seul président à la fois), le président élu des États-Unis, Barack Obama, a accepté de parler de Gaza le 10 janvier mais pour seulement assurer vouloir mettre en place une équipe qui puisse s'engager immédiatement après son investiture dans le processus de paix au Moyen-Orient. Le 14 janvier, se refusant à prendre de quelconques sanctions contre Tel-Aviv, l’Union européenne se contentait de geler le processus de « rehaussement » de ses relations avec Israël décidé le 9 décembre à l’initiative de la présidence française ; cette décision avait sans aucun doute permis à Israël de cultiver un sentiment d’impunité alors même qu’à l’époque le Parlement européen avait décidé de reporter son vote sur la participation d’Israël aux programmes communautaires face à la poursuite du blocus de la bande de Gaza. La France, enfin, n’a pas hésité, après avoir tout fait pour en empêcher la rédaction au profit d’une simple déclaration, à retarder l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité, pourtant bien peu embarrassante pour Israël comme son non-respect le montra rapidement, et pousser en avant une initiative hâtivement baptisée de « franco-égyptienne » de cessez-le-feu strictement humanitaire.

Tout indique pourtant que l’offensive contre Gaza de 2008-2009 s’inscrit dans une logique israélienne déjà ancienne consistant à tout mettre en œuvre pour repousser sine die tout accord sur le fond avec les Palestiniens (plus que la question de l’État de Palestine, c’est celle de ses prérogatives, de Jérusalem et des réfugiés qu’Israël ne veut pas voir trancher). En 2005, Dov Weisglass, chef de cabinet du Premier ministre Ariel Sharon, avait ainsi reconnu que le retrait unilatéral de la bande de Gaza avait été conçu comme « la dose de formol nécessaire pour qu'il n'y ait pas de processus politique avec les Palestiniens » (Haaretz, 11 octobre 2005). En 1991, déjà, traîné par les États-Unis à la Conférence de Madrid le Premier ministre de l’époque, Itzhak Shamir, avait donné pour ordre à la délégation israélienne, dont le porte-parole était Benjamin Nétanyahou : « Négociez, avec lenteur, sans aboutir » (cité parAmnon Kapeliouk, Monde diplomatique, juillet 1996). L’offensive contre Gaza s’inscrit dans une logique comparable : imposer de facto la vision israélienne de la région et du monde à tous les acteurs politiques impliqués en exploitant l’approbation dont Israël bénéficie de la part de la communauté internationale au nom d’un engagement commun dans la « lutte contre le terrorisme ». Au nom de la survie de l’État juif menacé, Israël joue exclusivement des rapports de forces à la seule fin du maintien de sa logique d’occupation militaire et de colonisation (mais également du refus de la réouverture du débat sur son identité -État juif ou État démocratique de ses citoyens ?).

Ainsi, en terrassant « l’infrastructure terroriste » du « gouvernement Hamas » avec le blanc-seing de la communauté internationale, c’était une nouvelle fois le nationalisme palestinien et ses institutions para-étatiques et sociales qui étaient visés sans que cette même communauté internationale ne s’en émeuve. L'observateur y verra une réplique des opérations israéliennes de 2002 qui, en mettant à bas ministères et institutions de sécurité de Cisjordanie et, déjà, de la bande de Gaza, avaient accéléré et amplifié les processus qui ont ensuite conduit la Palestine au bord de la guerre civile. En 2008, au prix certes de l’avortement violent d’un putsch ourdi par certains éléments de Fatah avec l’aide des États-Unis et d’une politique comparable à celle des régimes autoritaires de la région, Hamas, même sous blocus, était parvenu à assurer le retour d'une certaine paix civile à Gaza et avait triomphé à faire respecter tant bien que mal un véritable cessez-le-feu. C'en était sans doute trop. Hamas ne peut être qu’irresponsable. Aujourd’hui comme hier, c'est en réalité une politique de destruction du leadership palestinien, représentatif et aux affaires, du moment qui est menée, le Premier ministre Ismaïl Haniyyeh et Hamas après Yasser Arafat, Mahmoud Abbas son successeur et l'OLP (Organisation de libération de la Palestine)-Fatah.

Hamas, un pion dans une partie israélienne

Dès la fin de l’opération « Plomb durci », plusieurs hauts responsables de Hamas ou de sa mouvance (par exemple Mousa Abu Marzooq, « A decisive loss for Israel », The Guardian, 22 janvier 2009 ; Mounir Chafiq, « Evaluation de la situation », International Solidarity Movement, 27 janvier 2009) ont considéré que le cessez-le-feu et le retrait israéliens constituaient une confirmation de l’échec militaire et politique de l’offensive ; des analystes parmi les meilleurs ont suggéré pour leur part un même constat, en apportant néanmoins quelques nuances (par exemple Bertrand Badie, « Proche-Orient : le rôle médiateur des États-Unis en question », chat modéré par Gaïdz Minassian, Le Monde, 14 janvier 2009 ; Gidéon Levy, « Gaza war ended in utter failure for Israel », Haaretz, 22 janvier 2009; Alain Gresh et Dominique Vidal dans le dossier du Monde diplomatique, février 2009). Mais une telle assertion, à distinguer de celle du renforcement des capacités de mobilisation de Hamas, dépend des objectifs fixés, l’anéantissement militaire et politique de Hamas étant alors avancé. La destruction de l’infrastructure militaire de Hamas, si tant est qu’il soit possible d’éradiquer une guérilla appuyée sur une population civile, aurait, cependant, nécessité une réoccupation totale et prolongée de la bande de Gaza. L’hypothèse d’un retour à la situation antérieure à 1994, quant à elle, avec le rétablissement d’une occupation militaire directe et pérenne dotée d’une « administration civile » israélienne en charge de la population palestinienne n’a pas vraiment été envisagée. Celle du rétablissement de Fatah, rêvé à voix haute par certains hauts responsables fathaouis, en tant que mandataire des mêmes charges, n’a pas plus été retenue ; elle aurait eu pour corollaire l’éviction de Hamas hors de l’Autorité palestinienne (à la différence de la tentative américaine de putsch de l’été 2007). De facto Hamas était donc destiné à retrouver ses responsabilités antérieures au déclenchement des hostilités face à une présidence et un cabinet Fatah de Cisjordanie toujours plus discrédités auprès de la population (Gilles Paris, « L’OLP, victime de la guerre de Gaza », Le Monde, 21 janvier 2009).

Victoire ou défaite, la réponse à la question dépend donc des objectifs prétendument fixés. Or les dirigeants israéliens n’ont à aucun moment fait état de buts clairs et unanimes à leur offensive. Bien plus, des informations sur de véritables divergences au sein même du cabinet et de l’armée à propos des mesures à prendre au quotidien ont franchi les barrages de l’embargo sur l’information (Aluf Benn, « Barak sought wider op, Olmert refused », Haaretz, 22 janvier 2009, id., « Israel’s multi-faceted Gaza cease-fire », Haaretz, 23 janvier 2009 ; id., « 'Viva la Gaza!' », Haaretz, 9 janvier 2009). Divergences dans la tactique, cependant, et concurrence dans les enjeux liés aux élections de la Knesset prévues en février (avec les candidatures de Tsipi Livni, ministre des Affaires étrangères et chef du parti Kadima fondé par Ariel Sharon, face à Ehud Barak, ministre de la Défense et chef du parti travailliste), ne signifie pas nécessairement désaccord au niveau stratégique.

Ainsi, au delà de la réalité des destructions et des morts, après avoir été illusionnés sur l’importance et la sophistication de la menace de Hamas (la désinformation américaine sur l’Irak de Saddam Hussein a bien été oubliée) ne serions-nous pas devenus parties prenantes d’une nouvelle mise en scène israélienne, celle d’une victoire, partielle certes mais réelle, de Hamas ?

Le cessez-le-feu israélien a bel et bien été une décision totalement unilatérale et strictement politique. Ni la résistance armée de Hamas (dont la faiblesse avérée renvoie à une certaine réalité des capacités militaires du mouvement mais procède aussi et surtout du concept de « guerre sans bataille » mis en œuvre par l’armée israélienne dans le cadre de sa doctrine baptisée « dahiat » et élaborée lors et à la suite de son offensive contre le Hezbollah en 2006), ni l’endurance de la population palestinienne, ni l’appel du Conseil de sécurité à un cessez-le-feu « immédiat », ni les menaces arabes de retirer l’offre de paix de la Ligue n’ont compté. Au sortir de l’offensive, d’ailleurs, la capacité des divers groupes militaires palestiniens (tant des mouvances islamistes, Hamas et Jihad principalement, que nationalistes, Fath, Front populaire et Front démocratique) n’a été que très partiellement et provisoirement amoindrie : les tirs de roquettes se sont poursuivis jusqu’à la proclamation palestinienne d’un cessez-le-feu conditionnel et provisoire pour une période d’une semaine et ont repris ces derniers jours faute de réouverture des points de passage entre Gaza et l’extérieur au trafic des personnes et des biens.

Il est évident pour tous les stratèges que l’opération israélienne, telle qu’elle a été menée sous sa forme et dans sa durée, ne pouvait apporter la sécurité aux régions sud d’Israël. La véritable pression israélienne, d’ailleurs, s’est faite au niveau diplomatique pour un engagement international à empêcher tout approvisionnement en armes de la bande de Gaza (et Israël a obtenu gain de cause avec la signature le 16 janvier d’un mémorandum israélo-américain sur la question et l’envoi en éclaireur d’une frégate française le 23). La logique militaire, dès lors qu’elle ne peut plus passer pour assujettie à la destruction des forces armées ennemies, relèverait plutôt de la terreur (« Jénine à la puissance 10 » en référence à la destruction de ce camp du nord de la Cisjordanie en 2002) dans une totale déshumanisation de l’adversaire (Akiva Eldar, « Is an Israeli Jewish sense of victimization perpetuating the conflict with Palestinians ? », Haaretz, 30 janvier 2009 à propos de Daniel Bar-Tal et Rafi Nets-Zehngut, The Israeli-Jewish Collective Memory of the Israeli-Arab/Palestinian Conflict, International Center for Cooperation and Conflict Resolution, Columbia University's Teachers College). Énoncée en termes de « dissuasion » ou de « violence disproportionnée », cette logique militaire se trouve articulée sur une politique tout aussi réelle mais cachée. Pour entretenir l’alignement international sur sa politique unilatérale en matière palestinienne, Israël mise depuis longtemps déjà sur la radicalisation de ses adversaires, radicalisation au besoin suscitée par son propre comportement. Les opposants aux politiques israéliennes, quels qu’ils soient nationalistes ou islamistes, doivent être « les ennemis de la paix » et la « modération » constitue une menace (Norman Finkelstein, « Les dessous du dernier bain de sang à Gaza : contrer une offensive de paix palestinienne », Info-Palestine, 18 janvier 2009). En tirant leurs roquettes, les Palestiniens, une nouvelle fois, auront été en « zugzwang », comme aux échecs obligés par le gouvernement israélien de jouer un coup perdant. Faute d’avoir reçu l’aval du président Bush sur la mise en œuvre de ses plans de destruction des infrastructures nucléaires iraniennes, le gouvernement israélien, en guise de « compensation » et juste avant le passage du flambeau présidentiel à Barack Obama, a pu réaffirmer sa détermination à défendre quel qu’en soit le prix sa position d’unique super-puissance régionale.

Une telle approche amène inexorablement à s’interroger sur les événements de l’été 2007 quand, le 14 juin, les forces régulières du ministère de l’Intérieur et irrégulières de Hamas (Brigades Ezzedin al-Qassam) sont passées à l’offensive et ont pris le contrôle des QG de l’ensemble des forces de sécurité liées à la Présidence et à Fatah dans la bande de Gaza. Hamas répondait ainsi, la veille de son exécution programmée, à une tentative de putsch ourdie par les États-Unis et certains éléments de Fatah contre l’Autorité palestinienne issue de la victoire de Hamas aux législatives. Les objectifs, les moyens et le calendrier de ce putsch, dont les maîtres d’œuvre étaient le général Keith Dayton, responsable au sein du Département d’État américain de la coordination en matière de sécurité avec la présidence palestinienne, et Muhammad Dahlan, le tout nouveau responsable du Conseil de sécurité nationale présidé par Mahmoud Abbas, avaient été révélés dans une fuite vers la presse israélienne (« Acceleration Benchmarks for Agreement on Movement and Access as Well as on the Gaza Security Situation », Haaretz, 4 mai 2007 ; lire à ce propos, avec toutes les références bibliographiques, Jean-François Legrain, « L’impasse politique et institutionnelle palestinienne », Critique Internationale (édition en ligne), n°36, juillet-septembre 2007 ; David Rose, « The Gaza Bombshell », Vanity Fair, avril 2008). Rien n’interdit aujourd’hui de penser qu’informés du niveau d’incompétence des forces fathaouies, les plus hauts échelons de l’establishment israélien aient décidé de précipiter par une fuite une victoire militaire de Hamas qui aurait l’« avantage » d’affaiblir encore plus le leadership de Mahmoud Abbas, de consacrer la scission géographique et politique entre la bande de Gaza et la Cisjordanie et d’obtenir le soutien unanime de la communauté internationale à une politique anti-palestinienne habillée en politique anti-terroriste. La résurrection du vieux principe du « diviser pour mieux régner », qu’Israël avait déjà mis en œuvre dans les années 1970 pour accompagner la montée en puissance des Frères musulmans face à l’OLP, se serait cette fois-ci articulée sur l’instrumentalisation de la radicalisation, même si cela impliquait de torpiller, au moins partiellement, un plan américain auquel il était associé.

La paix repoussée sine die

Sur le fond, la politique israélienne sortirait ainsi vainqueur de l’offensive contre Gaza dès lors que « les réalités sur le terrain sont plus hostiles que jamais à un processus de paix » (Robert Malley interviewé par Philippe Grangereau, « Reconstruire Gaza, une priorité absolue », La Libre Belgique, 26 janvier 2009). Les débats sur l’ouverture ou non du dialogue avec Hamas et sur ses conditions préalables ne sont que tergiversations de la part de la communauté internationale. Sur le fond, seule la création d'un État palestinien doté de toutes ses prérogatives aux côtés de l'État d'Israël, avec une « solution juste au droit des réfugiés » telle que l'ONU l'a traditionnellement envisagée, appuyée sur la présence d'une force internationale, pourrait amener un véritable arrêt des hostilités. Mais il s'agirait alors de faire du processus d'Oslo une parenthèse que la création d'un tel État fermerait, soit une révolution copernicienne de la diplomatie internationale.

Dès le début des années 1990, en effet, au sortir de la seconde guerre du Golfe et à la veille de l’effondrement de l’Union Soviétique, les États-Unis avaient su imposer au monde une bonne part des exigences israéliennes. Renonçant à la convocation d'une conférence internationale sous l’égide des Nations unies, organisme doté de mécanismes de contrainte, et basée sur "l'ensemble de leurs résolutions pertinentes", la communauté internationale avait alors accepté d'apporter sa caution à de simples forums bilatéraux parrainés par les États-Unis et (nominalement) par l’Union Soviétique. Les négociations multilatérales étaient, quant à elles, consacrées aux questions qui ne touchaient en rien à la souveraineté, aux frontières et à la fin de l'état de guerre, domaines exclusivement réservés au bilatéral. En stricte continuité avec la conférence de Madrid de 1992 et les diverses négociations israélo-palestiniennes issues de l’accord d’Oslo de 1993, la "feuille de route" internationale et la conférence d’Annapolis de 2007 transforment la légalité internationale de référence (restitution des territoires occupés par la force, droit des réfugiés, etc.) en objet de la négociation, négociation censée une fois encore s’exercer en l’absence de tout mécanisme de contrainte, les États-Unis et leurs partenaires n’étant que de simples "facilitateurs". Loin de constituer un "proto-État", simple étape vers l’indépendance et l’État, l’Autorité intérimaire d’autonomie mise en place à partir de 1994 s’est alors transformée de facto en non-État permanent.

Un tel contexte amène à penser que seule la communauté internationale peut venir à bout du conflit par une implication massive tant politique que militaire à travers l'envoi sur place d'une force militaire d'intervention. Mais la réussite de l'envoi d'une telle force dépendra entièrement de son mandat. Une simple force d'interposition, en figeant le statu quo favorable à Israël, ne pourra qu'aller à l'échec. Qui au Conseil de sécurité, cependant, est aujourd'hui prêt à s’engager derrière une telle solution de rupture ?

Le gouvernement israélien, par delà ses clivages politiciens, aurait ainsi poussé Hamas à récupérer le flambeau de la résistance nationale palestinienne d’un Fatah, absent sinon partie de l’agression menée contre la population de Gaza. Au delà des risques de condamnation d’une « disproportion » de la violence engagée et d’une réactivation de l’antisionisme et de l’antisémitisme, il aurait ainsi parié sur une redynamisation de l’alignement de la communauté internationale autour de son refus de donner un cadre étatique à l’identité nationale palestinienne au nom d’un refus commun de l’islamisme. En dépit de certaines hésitations sur l’opportunité ou non d’ouvrir un dialogue avec Hamas, la précipitation internationale, et tout particulièrement française et européenne, à participer au blocus militaire de la bande de Gaza sans faire de la réouverture de ses points d’entrée et de sortie au trafic des hommes et des biens laisse malheureusement présager que le cabinet israélien avait vu juste. Hamas et la population de Gaza, en ce cas, n’auront que, bien malgré eux, servi les intérêts de l’État d’Israël tel qu’il les conçoit aujourd’hui.

Jean-François Legrain
10/02/2009
Source : GREMMO