24 février 2009

Valse avec Bachir

Le film Valse avec Bachir est un dessin animé documentaire retraçant la quête du réalisateur à la recherche de sa mémoire des massacres de 1982 au camp de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth, au Liban. Il a été acclamé dans le monde entier.



Le film se présente, et c’est ainsi qu’il a été généralement accueilli, comme une narration honnête et introspective d’un parcours menant à une confrontation avec la culpabilité et la responsabilité. Plus d’un quart de siècle après les atrocités de Sabra et Chatila, au cours desquelles environ 2000 civils ont été brutalement assassinés, nous sommes témoins d’un moment de perversion : un film israélien, en apparence « contre la guerre », remporte plusieurs prix cinématographiques israéliens et internationaux dans le contexte, non seulement de la brutale occupation israélienne, des violations du droit international, du racisme et du refus de leurs droits aux réfugiés, mais aussi dans celui des récentes atrocités commises par les forces israéliennes à Gaza.

[...]

Dire que les Palestiniens sont absents dans Valse avec Bachir, dire qu’il s’agit d’un film qui ne traite pas des Palestiniens, mais des Israéliens qui ont fait leur service au Liban, traduit à peine la violence que ce film fait aux Palestiniens. Il n’y a rien d’intéressant ou de nouveau dans la manière dont on décrit les Palestiniens - ils n’ont pas de nom, ils ne parlent pas, ils sont anonymes. Mais ce ne sont pas simplement des victimes sans visage. Au contraire, les victimes de l’histoire racontée par Valse avec Bachir ce sont des soldats israéliens. Leur angoisse, les questions qu’ils se posent, leur confusion, leur douleur - voilà qui est censé nous émouvoir. L’animation en rotoscope est très bien faite, les expressions du visage sont tellement engageantes, subtiles et torturées, et nous nous surprenons à grimacer et haleter devant les épreuves et les tribulations des jeunes soldats israéliens et devant l’angoisse qu’ils vivent plus tard. Nous ne voyons pas d’ expression sur les visages des Palestiniens ; on ne s’attarde que sur des visages morts, anonymes. Alors que les Palestiniens ne sont jamais pleinement humains, les Israéliens le sont et sont de fait humanisés de bout en bout du film.

Nous voyons souvent les Palestiniens - pour autant qu’on les voie - explosant en morceaux ou gisant morts, mais il y a une scène où des femmes palestiniennes en deuil occupent une rue. Elles ne parlent pas ; elles pleurent et elles crient. Nous ne voyons pas les rides amères de leur deuil, nous ne voyons pas leurs larmes. La caméra zoome plutôt sur le visage de Folman-jeune qui les regarde : sa respiration devient plus haletante, et il fait fonction d’ancre émotionnelle dans la scène. Ceci est très typique du film en ce que la souffrance et les expériences des Palestiniens ne valent que pour l’effet qu’elles ont sur les soldats israéliens et jamais en tant que telles.

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Ce n’est pas que l’absence des Palestiniens soit nécessairement un problème en soi. Il y a effectivement des films où l’absence est la clé et devient donc une présence d’autant plus significative. Dans le film d’Alfred Hitchcock Rebecca par exemple, l’absence obsédante du véritable personnage central, les traces qu’elle a laissées, les allusions qui y sont faites rendent Rebecca d’autant plus présente. Ce n’est pas le cas avec les Palestiniens de Valse avec Bachir. Ils sont périphériques à l’histoire de la vie émotionnelle des anciens combattants israéliens, une histoire de découverte de soi et de rédemption israéliennes. Effectivement, on se rend compte que le réalisateur n’a pas besoin de découvrir les événements de Sabra et Chatila pour pleinement comprendre le rôle qu’il a joué là-bas, ce qui s’est passé, sa responsabilité ou vérité. Sabra et Chatila sont plutôt des portails vers « d’autres camps ». Le psychologue - ami - philosophe - prêtre, - référence morale - dit à Folman que ceci concerne en fait « un autre massacre » « les autres camps ». À ce stade, on apprend que les parents de Folman étaient des survivants des camps. « Tu étais impliqué dans le massacre bien longtemps avant qu’il ne se produise » dit le psychologue « par le biais des souvenirs d’Auschwitz de tes parents". L’ami suggère comme solution que Folman aille à Sabra et Chatila pour découvrir ce qui s’est passé. Tout devient clair. Voilà le sens de Sabra et Chatila - un moyen, un mécanisme, un chapitre dans la découverte de soi des Israéliens, un moyen de faire la paix avec soi-même. Les Palestiniens sont doublement absents.

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S’il n’est pas si facile de dire qui faisait le sale boulot et pour le compte de qui, Israël n’était quand même le sous-traitant de personne quand il a envahi le Liban. Le film ne nous montre ni les bombardements israéliens de Beyrouth, qui ont tué 18000 personnes et en on blessé 30.000, ni les violations commises contre les civils, ni la destruction de la résistance palestinienne et libanaise. Et qu’en est-il du fait que l’Organisation de libération de la Palestine et les résistants armés avaient été évacués plus de deux semaines avant les massacres et que c’est le lendemain du départ des forces multinationales de Beyrouth, que Sharon, le ministre israélien de la défense, a annoncé qu’il restait 2000 "terroristes" dans les camps ? La quête de Folman au sujet de la responsabilité dans Valse avec Bachir s’attache à l’allumage des balises lumineuses pendant que les phalangistes « nettoyaient » les camps. Dans Valse avec Bachir on ne dit pas que deux mois avant les massacres, Sharon avait annoncé qu’il comptait envoyer les phalangistes dans les camps, que l’armée israélienne avait encerclé et bloqué les camps, qu’elle avait bombardé les camps, que des francs-tireurs avaient visé les habitants des camps pendant les jours qui avaient précédé les massacres et qu’ensuite, ayant donné le feu vert aux phalangistes pour qu’ils entrent à Sabra et Chatila, l’armée israélienne avait empêché les Palestiniens de s’échapper des camps.

Le film place la responsabilité des massacres sans équivoque sur le dos des phalangistes libanais. Les soldats israéliens ont des réticences, mais ne font rien, les responsables israéliens sont informés et ne font rien : ce sont les phalangistes que l’on décrit comme des êtres brutaux et inutilement violents. Mais,ce n’est pas un film au sujet des Palestiniens, pas plus qu’un film sur les phalangistes libanais, c’est un film au sujet des Israéliens. Apparemment, l’argument c’est que les jeunes soldats israéliens sont moralement supérieurs à ces bêtes assoiffées de sang, non seulement parce que ce ne sont pas eux, mais les phalangistes qui ont effectivement massacré et exécuté les victimes, mais aussi parce qu’ils sont supérieurs de par leur simple existence.

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Les suites immédiates de Sabra et Chatila montrent un moment rare, mais limité, où les Israéliens s’interrogent. Il semble bizarre qu’un film israélien aux prises avec la responsabilité des massacres supprime complètement ce moment de l’histoire israélienne et de sa mémoire collective. Après des manifestations réunissant plus de 300 000 personnes, le gouvernement israélien a établi la commission Kahan pour mener une enquête sur ce qui s’était passé à Sabra et Chatila. Les enquêteurs avaient plusieurs limitations et une de leurs conclusions a été que le ministre de la défense, Ariel Sharon, était indirectement, mais personnellement responsable des massacres ; on lui enleva son portefeuille ministériel. Bien entendu, le même Ariel Sharon a été plus tard élu et réélu comme premier ministre d’Israël.

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En dernière analyse, c’est de cela que parle Valse avec Bachir : la dérobade devant la responsabilité. Ce n’est pas que l’introspection offerte par le film n’est que partielle et que nous serions simplement négatifs en nous disant insatisfaits. C’est parce que nous n’avons aucune idée du rôle joué par Israël au Liban, parce qu’il s’agit de racheter de façon éthique et morale le réalisateur et ses contemporains - et par extension le soi israélien, l’armée et la nation israélienne, la collectivité israélienne en d’autres termes - que ce film est un acte, non pas d’introspection limitée, mais une auto justification. Il essaie de démêler les scrupules pour que le soi retrouve sa stabilité tel qu’il est actuellement constitué ; le film ne pose pas de questions dérangeantes qui déstabiliseraient le soi. Et on nous rappelle le commentaire fait par le psychologue au début du film « nous ne nous rendons pas dans les endroits où nous ne voulons pas aller. La mémoire nous emmène là où nous voulons aller. » Cela explique peut-être comment, alors que Gaza était décimée, Israël acclamait et récompensait Valse avec Bachir ; outre les nombreux prix internationaux, le film a raflé six récompenses de l’académie israélienne du film. En fait, ces mêmes Israéliens qui se pressaient pour voir le film ont approuvé avec enthousiasme l’opération plomb fondu à Gaza. Selon un sondage diffusé le 14 janvier par l’université de Tel-Aviv, une majorité écrasante de 94 % des Israéliens juifs appuyait ou soutenait fortement l’opération.

Publié par Info-Palestine selon Electronic Intifada.

Lire aussi :
Wikipédia
AlloCiné
Rue89

23 février 2009

Déportation de Palestiniens

La municipalité israélienne de Jérusalem a remis à plus de 100 familles palestiniennes des notifications de la démolition de leurs maisons dans le quartier Silwan de la région Boustan de la ville occupée de Jérusalem, sous prétexte de construction sans permis.

La procédure d’expulsion, qui se présente comme la plus large depuis 1967 va causer le déplacement de plus de 1500 Palestiniens de Jérusalem, et le retrait de leur droit de résidence dans la ville.

Dans le même contexte, l’Organisation chrrétienne et islamique pour la protection des lieux saints de Jérusalem a accusé Tel Aviv de mener une « guerre » sur la ville de Jérusalem pour l’élimination des quartiers arabes et demande un soutien arabe et international pour sauver la ville sainte des tentatives de « judaïsation ». [...]

Le secrétaire général de l’organisation Hassan Khatir, a déclaré que les habitants du quartier « Hay Al Boustan » au sud de la mosquée d’Al Aqsa sont en grand danger et que leur expusion est devenue certaine.

Ce dernier a ajouté que les autorités d’occupation ont réussi à faire fuir des dizaines de milliers de chrétiens à cause des dures conditions de vie imposées aux Palestiniens en général ; dans la ville sainte seul 1% de la population est chrétienne après avoir atteint parfois plus de 5%.

Il a également déclaré : « Nous profiterons de la visite du pape prévue le 8 Mai prochain pour attirer son attention sur le complot sioniste qui vise à vider la terre sainte de toute présence chrétienne ».

Publié par Info-Palestine.

Sur les élections israéliennes

Pour la gauche sioniste, fin de l’histoire et une énorme responsabilité pour la gauche non sioniste pour la construction d’une alternative crédible.

1 - Moins d’un mois après le massacre de Gaza, la démocratie israélienne a fonctionné comme si de rien n’était ; la droite et la gauche se positionnaient pour ou contre la tuerie pendant que les citoyens israéliens remplissaient leur devoir civique avec leur bulletin de vote. D’une main on massacre, de l’autre on vote : plusieurs d’entre nous qui avaient senti qu’il y avait là quelque chose d’obscène, sont pourtant allés voter comme tous les autres.

2 - La campagne électorale fut, sans aucun doute, la plus vide et la plus ennuyeuse de ces quatre dernières décennies : aucun suspense, pas de confrontations, pas de débats. Les trois grands partis politiques présentaient pratiquement le même programme, tant en politique intérieure et économique - néolibéralisme classique, comme si la crise économique internationale ne touchait pas l’Etat juif - que sur les questions concernant le monde arabe et plus particulièrement les Palestiniens. Il n’est pas étonnant que l’intérêt porté par l’opinion à ces élections fut extrêmement faible.

3 - Le Likoud a doublé son nombre de voix, mais ce n’est pas une surprise : ses résultats catastrophiques des dernières élections avaient reflété une conjoncture et une situation exceptionnelles (la scission voulue par Arial Sharon) auxquelles le départ de Sharon avait mis fin. Pour le parti de Netanyahu, c’est un retour à son niveau normal.

4 - De l’autre côté, l’effondrement de la gauche sioniste est une défaite historique, elle tombe de 23 sièges (ce qui était déjà faible) à 15 sièges, moins d’un tiers du nombre de sièges qu’elle avait il y a dix ans. Comme l’a noté Gideon Levy (Ha’aretz du 12 février) : après que cette gauche ait adopté le discours politique de la droite et appliqué sa politique, l’opinion israélienne n’a pas compris pourquoi il lui aurait fallu soutenir un clone de la droite et elle a décidé de la rayer de la scène politique. Pour toujours. Fin de l’histoire et une énorme responsabilité pour la gauche non sioniste pour la construction d’une alternative crédible pour les anciens partisans du Meretz qui sont aujourd’hui sans appartenance politique.

5 - Le parti raciste d’extrême droite Israel Beitenu, d’Avigdor Lieberman, a obtenu 15 sièges (à ajouter aux religieux d’extrême droite qui ont conservé leur représentativité) : Lieberman va jouer un rôle central dans la politique israélienne de ces prochaines années, quelque chose qui fait peur à tous les démocrates israéliens.

6 - Malgré le succès de Lieberman, les partis religieux juifs - qu’il faut aujourd’hui considérer d’extrême droite - n’ont pas perdu de voix. Autrement dit, l’extrême droite est plus forte aujourd’hui que dans la Knesset précédente.

7 - Les trois partis arabes (Front démocratique, Alliance démocratique nationale et Liste arabe unifiée) ont ajouté un nouveau député à la Knesset aux 9 qu’ils avaient obtenus aux dernières élections, confirmation de la volonté générale de la population palestinienne, préférant se donner ses propres représentants plutôt que s’abstenir.

8 - La droite obtient une nette majorité (65 sièges sur 120), même sans Ehud Barak qui sera toujours prêt à déserter avec quelques autres membres du parti travailliste pour entrer dans une coalition conduite par Netanyahu, et former facilement un gouvernement de droite. Tout indique cependant, en raison de l’absence d’écarts entre les trois grands partis, qu’il y aura un gouvernement d’union nationale. Comme cela fut le cas la plupart du temps depuis 1967.

9 - Il est temps de le dire haut et fort : c’est à cause du suicide politique de la gauche sioniste que le droite a gagné la bataille des âmes et des valeurs de la population israélienne. Devant nous, se présente un long et lent processus de construction d’une alternative qui, si elle veut être perçue comme telle, devra développer une véritable vision alternative. Soit, une gauche juive/arabe antisioniste, soit, le monopole de la droite pour au moins une génération.

Michel Warschawski
18 février 2009
Publié par Info-Palestine selon Alternative Information Center.

Tribunal Russell sur la Palestine

La guerre récemment menée par le gouvernement et l’armée israélienne à Gaza, déjà victime d’un blocus, remet en évidence la responsabilité toute particulière des Etats-Unis et de l’Union Européenne dans la perpétuation de l’injustice faite au peuple palestinien, privé de ses droits fondamentaux.
Il y a urgence de mobiliser les opinions publiques pour que les Nations Unies et les Etats membres prennent les mesures indispensables pour mettre fin à l’impunité de l’Etat d’Israël, et pour aboutir à un règlement juste et durable de ce conflit.

A l’appel de Ken Coates, Nurit Peled et Leila Shahid, et sous le parrainage d’une centaine de personnalités internationalement reconnues, il a ainsi été décidé d’organiser un Tribunal Russell sur la Palestine à partir du 4 mars 2009 à Bruxelles.

La Présidence de la Conférence a été confiée à Stéphane Hessel – Ambassadeur de France et Ken Loach, cinéaste britannique.
Parmi les Intervenants :
- Ken Coates – Président de la Fondation Bertrand Russell pour la Paix
- Nurit Peled – Prix Sakharov pour la liberté de pensée
- Leila Shahid – Déléguée Générale de la Palestine auprès de l'Union Européenne, de la Belgique et du Luxembourg
- Pierre Galand - Président du Comité Européen de Coordination des ONG sur la question de Palestine (CECP)

Publié par Mediapart.

La conférence se tiendra le 4 Mars 2009 à 10h30
Centre de Presse International – Salle Polak
Résidence Palace
rue de la Loi 155
1040 Bruxelles - Métro Schuman
Contact Presse Tel / fax : 00 32 (0)2 2310174
Tel portable : 00 32 (0) 479 12 95 32
e-mail : TRP

20 février 2009

Boycott Apartheid Israël (4)



Le boycott des produits israéliens s'étend en Europe, Basta !.
« Enough. It’s time for a boycott ». L’appel est de l’essayiste canadienne Naomi Klein, dans le quotidien britannique The Guardian. Suite à l’offensive contre Gaza et aux bombardements de sa population, les appels au boycott des produits israéliens se multiplient, de la Scandinavie à l’Irlande. Les multinationales européennes qui comptent des filiales dans les colonies de Cisjordanie sont également visées. Souhaitant ne pas être associées aux violations des droits humains, certaines grandes marques ont déjà plié bagages. En France, ces appels au boycott sont encore embryonnaires.

Lire aussi :
• Articles "Boycott" - ISM
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (16)



Jayyous : 65 arrestations, y compris du Stop the Wall Campaign, PNN.
Le village de Jayyous, dans le nord-ouest de la Cisjordanie, est en état de siège mercredi. Dès ce matin, les forces israéliennes ont imposé un couvre-feu sur le village à nord-est du Qalqiliya.
Les soldats ont perquisitionné plusieurs dizaines de maisons et ont pris possession de leurs toits, utilisés comme postes d’observation, où ont été hissés des drapeaux israéliens.
Au même temps, les Israéliens ont rassemblé beaucoup de jeunes dans l’école de Jayyous.
Environ 65 personnes ont été arrêtées et amenées ailleurs dans des véhicules militaires, après la première phase des interrogatoires dans la cour de l'école. Parmi les personnes arrêtées il y a le fils du maire du village et responsable du Youth Committe of the Stop the Wall Campaign.
Les membres du mouvement de résistance non-violente indiquent que la répression contre les résidents du village est augmentée au cours des deux dernières semaines et font appel à une large participation à la manifestation de vendredi.


Gauche visée dans l’ouest de Bethléem, PNN.
Les forces israéliennes ont lancé une campagne généralisée de raids et d'arrestations dans le village d’Housan, dans le sud-ouest de Bethléem, au cours des premières heures du mardi.
Les soldats ont envahi la ville et réveillé les résidents. Douze véhicules ont fermé l'entrée du village. Des barrages militaires ont été installés dans les rues.
Le couvre-feu a été déclaré dans le village, et les unités des FOI ont perquisitionné plusieurs maisons, obligeant les résidents à sortir dans la rue, sous la pluie, pendant plus de trois heures.
Après quatre heures, les soldats ont arrêté une douzaine de jeunes hommes, poussés dans les jeeps, menottés et les yeux bandés. Plusieurs d’entre eux ont été battus.


100 mille palestiniens dont 56 mille enfants sont devenus sans abri dans la Bande de Gaza, Mondialisation.
Une organisation humaine internationale chargée des affaires des enfants a dit que plus de 100 mille personnes dont 56 mille enfants sont devenus sans abri dans la Bande de Gaza, alors que plusieurs d'entre eux vivent dans des tentes et chez d'autres familles, un mois après l'arrêt la guerre sioniste contre les habitants de la Bande de Gaza.

L'organisation "Coalition pour sauver l'enfant" a dit dans son rapport, que plus de 500 mille palestiniens dont 280 mille enfants ont été obligés de quitter leurs maisons pendant la guerre sioniste contre Gaza.

La directrice de l'organisation a souligné dans une déclaration de presse qu'on a vu de nombreux quartiers qui ont été démolis lors de cette guerre et se sont transformés à des villes de tentes, où les habitants ne possèdent ni eaux pour boire, ni salles de bain.

De son côté, l'UNRWA a déclaré qu'elle a distribué des aides urgentes à des dizaines de milliers de palestiniens qui sont devenus sans abris dans la Bande de Gaza.

L'ONU a dit lors de son appel urgent pour la reconstruction de la Bande de Gaza, que l'occupation israélienne a démoli plus de 4000 maisons palestiniennes et a causé de grands dommages à plus de 17000 autres, alors que des dizaines de milliers de palestiniens sans abris vivent des conditions très difficiles.


Info Gaza n°437 du 12 au 18 février, CCIPPP.
Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) ont maintenu le siège total sur les 1,5 million civils vivant dans la bande de Gaza. Parmi les mesures de « punition collective » les postes frontières sont sous contrôle des FOI depuis plus de deux ans, imposant par là même des restrictions sévères sur les déplacements des gens et sur les mouvements des marchandises. De ce fait les denrées alimentaires de base et les médicaments ne sont plus assurés et le seuil de pauvreté touche aujourd’hui 80 % de la population. Le secteur économique est entièrement anéanti et le secteur médical en particulier reste tout spécialement affecté par l’offensive militaire. Les centres de santé primaire, de prévention et de détection, les centre de soins mentaux, les hôpitaux et toutes les institutions de santé sont dans l’incapacité de répondre à la demande.


Rapport n° 7 sur les violations israéliennes des droits humains, Info-Palestine.
Dans la semaine du 12 au 18 février 2009, les forces d’occupation israéliennes ont poursuivi leurs agressions contres les Palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens, et un siège total de la bande de Gaza.

  • Les FOI ont tué 3 Palestiniens, dont 2 mineurs ;
  • blessé 15 Palestiniens, la plupart étant des civils, dont 6 mineurs et une femme ;
  • mené 43 incursions en Cisjordanie dans les communautés palestiniennes ;
  • arrêté 82 civils, dont 17 mineurs et une femme ;
  • envahi et vandalisé une station radio à Hébron ;
  • fermé une association de bienfaisance à Tulkarem.
  • La colonisation s’est poursuivie avec les agressions des colons contre les Palestiniens :
    - les FOI et les colons ont commencé la construction d’une nouvelle route réservée aux Israéliens au sud d’Hébron ;
    - les FOI ont confisqué 1 700 dunums (17 ha) de terres à Bethléhem pour construire 2 500 nouveaux logements pour les colons israéliens ;
    - arraché au moins 20 oliviers dans le village de Ni’lin, à l’ouest de Ramallah.
  • Les bombardements sur la bande de Gaza se sont poursuivis :
    - un atelier a été détruit dans le nord de la Bande ;
    - un poste de police de Khan Yunis a été à maintes reprises bombardé ;
    - les raids aériens ont continué sur la frontière avec l’Egypte, obligeant la population à évacuer la zone ;
    - le siège total de la bande de Gaza a été maintenu.

Lire aussi :
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

19 février 2009

Ces « amis » français d'Israël qui flirtent avec l'antisémitisme

Dans ce texte inédit, le politologue Vincent Geisser essaye d’analyser les ressorts de la position pro-Israël défendue par de nombreux responsables politiques, intellectuels et leaders d’opinion en France. Adhésion affective ou calcul politique ? Position réfléchie ou simple opportunisme ? Culpabilité ou peur de déplaire ? Parmi les explications avancées, il y voit entre autres l’expression d’une forme inversée d’antisémitisme qui consiste à ethniciser à outrance l’appartenance au judaïsme et à fantasmer l’idée d’une « puissance juive » dans l’Hexagone. En somme, judéophobes viscéraux et pro-Israéliens radicaux partagent le même préjugé : les Juifs formeraient une puissance occulte, qu’il faut combattre pour les uns, soutenir pour les autres. Au risque de surprendre, l’antisémitisme goy est sans aucun doute l’un des ressorts méconnus de ce soutien très franchouillard à l’Etat d’Israël.

Une fascination malsaine pour l’Etat d’Israël

Contrairement à une idée reçue, le premier soutien d’Israël en France procède moins de l’action d’un quelconque « lobby » mais d’abord de la lâcheté et de l’hypocrisie de nombreux leaders d’opinion qui fantasment la puissance de la communauté juive. Leur relation à Israël se greffe moins sur un amour sincère pour l’Etat hébreu que sur une représentation ethnicisante de la communauté juive qui flirte parfois avec l’antisémitisme et débouche sur une posture politique : « Je suis avec Eux pour ne pas avoir d’ennuis ». Le problème est que ce « Eux » tend à la fois à essentialiser l’appartenance au judaïsme, à particulariser le rapport des Juifs de France à l’identité nationale (ils seraient des Français pas tout à fait comme les autres) et à assimiler, sur un mode simpliste, identité juive/Etat d’Israël.

En somme, cette forme de soutien « très franchouillard » à Israël conduit à faire des Juifs de France une « tribu » au sein de la Nation française, et renoue indirectement avec les vieux thèmes antisémites du siècle dernier. Du coup, loin de normaliser l’Etat d’Israël en le considérant comme un « Etat comme les autres » - soumis aux mêmes règles du droit international que les Etats souverains – ce type de soutien verse dans une relation malsaine qui consiste à faire de l’Etat hébreu une sorte de « monstre géopolitique », que l’on s’interdit surtout de critiquer. Pire, elle en vient à assimiler totalement identité juive et nationalité israélienne, en venant à accréditer l’idée que les Juifs de France formeraient une sorte de « tribu d’Israël » au sein même de la Nation française.

La principale conséquence d’une telle représentation communautarisante à l’excès du judaïsme, c’est finalement de dépolitiser toute lecture ou interprétation du conflit, en le réduisant en un affrontement religieux séculaire entre « Juifs » et « Arabo-musulmans ». Loin de faire reculer l’antisémitisme franco-français, cette posture communautarisante participe à l’entretenir, en confortant l’idée que la France serait constituée d’une Majorité culturelle (catho-laïque) et de deux minorités, l’une juive (minorité majorée), l’autre musulmane (minorité minorée), que l’on continue à traiter comme des parties exogènes du corps national. On en arrive à cette figure paradoxale d’un sentiment pro-Israélien, se greffant sur une attitude globalement antisémite qui, si elle ne se traduit pas dans les actes, est, malgré tout, fortement ancrée dans les esprits franchouillards.

On comprend dès lors le succès, ces dernières années, du thème de « l’antisémitisme arabo-musulman » qui fonctionne chez de nombreux Goys comme une entreprise de déculpabilisation collective, sur le registre : « Nous aimons Israël, les Juifs sont nos amis et les vrais antisémites sont les ‘petits Beurs’ de banlieues qui pour des raisons religieuses s’en prennent aux synagogues ».

La boucle est bouclée : la désignation d’un ennemi commun (le Beur antisémite, le musulman antisioniste) permet de faire l’économie de toute réflexion critique sur les ressorts de l’antisémitisme franco-français (qui sont loin d’être éteints) et, surtout, de refouler toute lecture raisonnée et raisonnable de la politique de l’Etat d’Israël, selon l’idée : « Ce n’est pas notre affaire, c’est l’affaire des Juifs et des Arabes ! ».

Du notable de province au leader national : le tabou israélien

Tout observateur averti de la vie politique française ne peut qu’être frappé par l’inconsistance totale du discours de nos responsables politiques sur la question d’Israël. Quand ils n’adoptent pas purement et simplement une forme de mutisme (la peur de parler), les leaders politiques se réfugient souvent dans un discours prétendument pacifiste et équilibré sur le couplet désormais classique : « Nous sommes pour la sécurité totale d’Israël et aussi…pour la création d’un Etat palestinien ».

Là aussi, on pourrait croire que les leaders politiques français adhèrent majoritairement à la vision idyllique d’« Israël, seule démocratie dans un océan de dictatures et de tyrannies arabes » ou encore à la représentation mythique d’« Israël, incarnation suprême de l’Occidentalité menacée par le despotisme arabo-musulman ». Il est vrai, qu’aux lendemains de la Seconde guerre mondiale et de la découverte des horreurs de la Shoah, le soutien occidental a Israël a pu jouer le rôle de purification démocratique et d’exorcisme humaniste pour des Etats européens qui s’étaient très largement compromis par leur collaboration active ou passive avec le national-socialisme. Encore aujourd’hui, il est incontestable que le soutien à Israël participe de ce même processus de purification symbolique des sociétés européennes, coupables d’avoir « laisser faire » ou, pire, d’avoir participer, à l’entreprise d’extermination de six millions de Juifs.

C’est un sentiment de culpabilité parfaitement légitime et qui doit nous inciter à rester vigilants par rapport aux discours et aux actes antisémites qui refleurissent aujourd’hui, notamment dans les nouvelles démocraties d’Europe orientale mais aussi dans de nombreux pays arabo-musulmans, dont les régimes en faillite sont tentés d’utiliser la haine du Juif à des fins populistes. Toutefois, l’hypothèse de purification démocratique et d’expiation humaniste des crimes européens ne saurait expliquer à elle seule le soutien des responsables politiques français à l’Etat d’Israël.

Il y aussi des raisons bassement matérielles qui relèvent précisément de ce complexe de l’antisémitisme pro-israélien. Celui-ci procède d’un rapport profondément ambivalent aux communautés juives locales, comme si celles-ci étaient dotées d’un pouvoir magique de punition, de représailles et, encore davantage, de disqualification politique. L’identification Juifs de France/Etat d’Israël est si fortement ancrée dans l’esprit de nos responsables politiques français, qu’ils la vivent comme une sorte d’épée de Damoclès placée en permanence sur leur tête.

Car, - et c’est probablement l’une des raisons principales de cette israélophilie très « franchouillarde », les leaders politiques, à l’échelon national, comme sur le plan local, fantasment très largement l’existence d’un « lobby juif ». Nous assistons probablement à un tournant de notre démocratie française, où l’utopie d’une communauté de citoyens, si chère aux penseurs universalistes, est en train de décliner au profit d’une conception segmentaire de la représentation nationale.

Celle-ci débouche sur unepraxis politique : pour être efficace électoralement, il faut parler aux dites « communautés » et notamment à celles qui sont perçues comme les plus influentes, d’où l’importance démesurée accordée aux prétendus « conseils représentatifs », aux voyages en Israël et aux fameux « dîners », où se précipitent, dans la plus pure hypocrisie, tous nos politiques, du petit notable provincial au secrétaire national de parti.

En définitive, par leurs discours, leurs attitudes et leurs comportements, de nombreux responsables politiques français, y compris à l’échelon le plus modeste (maire, conseiller municipal, conseiller général…), contribuent à accréditer l’existence d’un « lobby juif », renforçant ainsi les pulsions antisémites qui se manifestent dans certains secteurs de l’opinion publique.

Ces Beurs pro-Israël qui fantasment le « lobby juif »

Dès le milieu des années 1980, dans le sillage de l’antiracisme médiatique, s’est manifestée chez certains courants de la mouvance beur une sorte d’attirance irrationnelle pour ce que certains appelaient à l’époque le « modèle juif ». Celle-ci était fondée sur le présupposé que les « Juifs avaient réussi à s’organiser et qu’il fallait donc faire comme eux ! ». Encore une fois, ce « Eux » renvoyait les Juifs de France à une forme d’extériorité au corps national mais, dans le même temps, à une sorte de proximité avec les Beurs (« nos cousins feujs »), qu’ils convenaient donc d’imiter.

Ces mouvements beurs ont mis un point d’honneur à développer des relations étroites avec les organisations communautaires juives, à la fois comme parrains et passeurs, comme si celles-ci étaient incontournables pour accéder aux médias et aux cercles de décideurs : « Fais toi parrainer par un cousin, tu auras plus de chances de réussir ! ».

Cette croyance présente chez certains Beurgeois participe du fantasme de la « puissance juive » qui n’est plus simplement l’expression des Goys gaulois mais aussi des Goys beurs, croyance qui les a souvent incité à développer un discours pro-israélien, non par adhésion lucide à la politique de l’Etat hébreu mais par mimétisme communautaire. Rien n’est en soi choquant qu’un citoyen français d’origine maghrébine et arabe soit favorable à l’Etat d’Israël. Dans un Etat démocratique comme la France qui, a fortiori, se réclame de la culture laïque et républicaine, il apparaît totalement légitime qu’un citoyen français puisse se déterminer en fonction de ses convictions personnelles et non de sa supposée ethnicité ou de son appartenance religieuse.

Fort heureusement, il existe en France de nombreux « Juifs » qui soutiennent le droit du peuple palestinien à avoir un Etat et de nombreux « Arabes » qui défendent le droit à l’existence de l’Etat d’Israël. En revanche, ce qui paraît plus choquant, d’un point de vue éthique, ce sont ces élites Beurs qui versent dans une israélophilie à base ethnique, nourrissant finalement les mêmes fantasmes que les pires antisémites. Ces Beurs pro-Israël en arrivent à véhiculer une rhétorique totalement manichéenne sur la situation politique au Moyen-Orient (Démocratie israélienne versus despotisme arabe ; Israéliens pacifistes versus terroristes arabo-musulmans ; gentil CRIF versus méchants barbus islamistes, etc.).

Ces discours pro-israéliens sonnent d’autant plus faux qu’ils se fondent sur aucune analyse politique rigoureuse, si ce n’est que sur le « complexe du Goy beur » qui veut paraître à tout prix intégré (et non intégriste) et se donnait par-là l’illusion qu’en étant pro-israélien, il gravira d’autant plus rapidement les différents échelons du système politique français.

Les « Frères » et le complexe du CRIF

Dans les milieux religieux musulmans français, les discours pro-israéliens sont rarissimes, pour ne pas dire inexistants. Si la prudence est de mise sur les questions géopolitiques et internationales – notamment depuis la création du Conseil français du culte musulman (CFCM) – les prises de positions officielles des organisations musulmanes en appellent le plus souvent à la solidarité avec la Palestine et au soutien humanitaire des « frères palestiniens ».

Leur rhétorique repose principalement sur le registre de l’émotion et la fibre religieuse, la Palestine étant présentée comme le symbole d’une oumma musulmane martyrisée et meurtrie. Toutefois, cette palestinophilie musulmane n’est pas non plus exempte d’une représentation ethnicisante de la société française, avec une véritable fascination pour certaines organisations comme le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) qui, rappelons-le, est d’abord une organisation politique et non une fédération religieuse.

Les grandes associations musulmanes françaises ont d’ailleurs passé davantage de temps à essayer de construire des relations avec une organisation politique et ouvertement pro-israélienne – en occurrence le CRIF ne s’en cache pas – qu’à jeter les bases d’un véritable dialogue interreligieux avec les rabbins de France ou les croyants ordinaires.

L’une des explications de cette orientation politique réside précisément dans ce fantasme communautaire qui a très largement touché les milieux religieux musulmans : dialoguer avec le CRIF, c’est se donner l’illusion d’acquérir une crédibilité et une légitimité auprès des pouvoirs publics français (« être un musulman propre sur soi »), quitte d’ailleurs à perdre son âme.

D’aucuns diraient que cette fascination musulmane à l’égard du CRIF traduit également la volonté secrète de certaines associations islamiques de s’ériger, à moyen terme, en véritable « lobby musulman » de France, en signant leur CRIM (Conseil représentatif des institutions musulmanes) ! Résultat : le dialogue judéo-musulman ne s’est jamais aussi mal porté qu’aujourd’hui, moins en raison d’ailleurs des événements internationaux que de l’attirance malsaine des grandes organisations islamiques pour un « modèle communautariste » totalement contre-productif pour la cohésion sociale et la démocratie française.

Dans tous les cas, le CRIF a eu le dernier mot : les Frères lavés pour un temps du « péché d’islamisme » sont redevenus aujourd’hui « les intégristes » sous-marins du Hamas en France… A choisir les « mauvais » interlocuteurs, on finit toujours par se brûler la djellaba.

Les Goys et Israël : un « Etat d’exception » ?

Les Français parviendront-ils un jour à surmonter ce « complexe du Goy » ? Il est clair, qu’en l’état actuel, la situation apparaît compromise, et cela d’autant plus que ce complexe se fonde sur un sentiment profondément ambivalent à l’égard des Juifs de France et de l’Etat d’Israël, échappant à toutes les catégories normales du raisonnement et de la critique.

L’Etat hébreu reste perçu majoritairement comme un « Etat d’exception », suscitant finalement plus de crainte que d’admiration. Comme nous l’avons analysé tout au long de cet article, le sentiment pro-israélien, exprimé par de nombreux élites politiques, intellectuels ou éditorialistes français, est moins le signe d’une adhésion claire et consciente à la politique de l’Etat d’Israël que le produit d’une lecture ethnicisante et stigmatisante de la réalité sociale, dont certains traits convergent avec les préjugés antisémites.

Il n’est d’ailleurs pas étonnant que des activistes antisémites d’hier, anciens militants des groupes de l’extrême droite radicale (Ordre nouveau, Parti des forces nouvelles, etc.) deviennent aujourd’hui les premiers défenseurs de l’Etat d’Israël, non pas tant qu’ils aient mûri mais, parce qu’ils ont reconverti leur antisémitisme négatif en vision sémitisée du monde, avec d’un côté, les « gentils Juifs » - et par extension les « gentils Israéliens » et, de l’autre, les « méchants Arabo-musulmans ».

Pour autant, leur grille d’analyse n’a pas véritablement changé, contribuant à traiter les « Juifs » de France sur le mode de l’exceptionnalité communautaire, car dans l’esprit de nombreux Goys, les Juifs et les Israéliens sont, certes, des « amis », mais, des amis fort étranges.

Antisémites hier, pro-israéliens aujourd’hui, et demain ?

Vincent Geisser
18 février 2009
Publié par Oumma.

Le racisme, machine à abrutir

La tribune de Pierre Jourde « Le Juif, coupable universel », parue dans Le Monde du 22 janvier, débute ainsi :
Depuis l'entrée de Tsahal dans la bande de Gaza, les médias parlent benoîtement d'"importation du conflit", de "violences intercommunautaires". Elles sont tout de même un peu à sens unique, les violences "intercommunautaires". Cela consiste, en gros, à ce que des jeunes gens d'origine arabo-musulmane s'en prennent à des juifs, manifestant par là leur soutien à leurs "frères" palestiniens opprimés. Ils n'ont d'ailleurs pas attendu le conflit de Gaza pour pratiquer ce sport, et l'agression ou l'injure adressée aux juifs est devenue un phénomène récurrent.
En quelques mots l'auteur plante le décor de ses fantasmes, il reprend l'expression "arabo-musulman" typiquement raciste des médias dominants et, après d'autres [1], il voudrait nous faire croire que le soutien au peuple Palestinien, massacré par l'armée israélienne, serait antisémite, forcément antisémite [2].

Cette tribune raciste, qui voudrait interdire toute critique de la politique des gouvernements israéliens, toute critique de l'occupation coloniale depuis 60 ans et toute critique des crimes de guerre, perpétués au nom des juifs d'Israël et du monde, relève d'une rhétorique qui consiste à faire passer le bourreau pour la victime. Cette rhétorique est usée...

En déclenchant la guerre à Gaza contre la population palestinienne, les dirigeants israéliens sont allés trop loin et, comme l'a dit Pierre Stambul, les dirigeants israéliens "ont perdu politiquement et idéologiquement cette guerre". Il faut lire et relire les critiques qui viennent d'Israéliens.

Cette tribune raciste reflète l'absence de moral de ceux qui, en France ou ailleurs dans le monde, soutiennent inconditionnellement les gouvernements israéliens, mais elle reflète aussi l'absence d'arguments en faveur d'une politique criminelle contre les Palestiniens et politicide pour les Israéliens.

Le plus risible de la fausse diatribe de Pierre Jourde est le dernier paragraphe, qui reprend le mythe de la terre promise... "un désert" qui n'attendait que "une poignée de juifs" pour se peupler et se transformer "en pays prospère".

Le racisme médiatique n'est pas un épiphénomène. Il conduit une guerre d'anéantissement contre la culture. Il y a beaucoup de combats à mener... contre le racisme [3].

Serge LEFORT
19/02/2009

Lire aussi :
• 02/02/2009, Faysal Riad, Pierre Jourde ou le communautarisme blanc, Les mots sont importants
• 03/02/2009, Pierre Jourde ou le racisme sans estomac, Les Indigènes du Royaume
• 17/02/2009, Cédric Baylocq , Gaza, le critique, et la critique, Oumma

[1] Philosophie d'un massacre : André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy, apologistes des crimes de guerre israéliens, Oumma).
[2] Cette expression fait référence à l'article Sublime, forcément sublime, Christine V. de Marguerite Duras à propos de l'affaire Grégory, publié le 17 juillet 1985 par Libération. Elle désigna alors abusivement la mère, Christine Vuillemin, comme la meurtrière du petit Grégory et elle justifia le crime de la femme parce qu'elle subissait "la loi de l'homme" !
[3] Cette phrase comme le titre font référence à l'article La machine à abrutir de Pierre Jourde, publié par Le Monde diplomatique.

Lire aussi :
• 09/02/2006, La guerre des images, Monde en Question
• 14/02/2006, Deux poids deux mesures, Monde en Question
• 03/03/2006, La lepénisation des médias, Monde en Question
• 15/03/2006, Salubrité publique, Monde en Question
• 07/10/2006, La liberté d'expression... du racisme, Monde en Question

• 03/02/2006, La caricature de la "liberté de la presse", Monde en Question
• 04/02/2006, Revue de presse - La caricature de la "liberté de la presse" (1), Monde en Question
• 11/02/2006, Revue de presse - La caricature de la "liberté de la presse" (2), Monde en Question
• 18/02/2006, Revue de presse - La caricature de la "liberté de la presse" (3), Monde en Question

18 février 2009

Résistance à la colonisation de la Palestine



L’association Oxfam-France vient de lancer une campagne en ligne pour le respect du droit international et pour la levée du blocus israélien à Gaza.


Gaza, un pavé dans la mer, le premier livre sur la guerre de Gaza vient de sortir et il n’est sans doute pas étonnant qu’il soit composé à moitié par des auteurs de bande dessinée qui se sont mobilisés et qui ont dessiné leur vision de cette guerre.

Belgique : action de boycott de la compagnie israélienne AGREXCO, EuroPalestine.
Samedi à 10h du matin, une trentaine de personnes de la Coordination Boycott Israël et de plusieurs comités citoyens ont manifesté devant le siège de la Société Israélienne CAL (Cargo Air Lines) et le centre de logistique LACHS dans la zone aéroportuaire de Liège-Bierset. A l’occasion de la Saint-Valentin , des tonnes de fleurs coupées sont en effet exportées par la société israélienne AGREXCO vers l’aéroport de Liège où elles arrivent par avions et partent ensuite vers toute l’Europe en camions et notamment vers la Hollande. Ils ont appelé au boycott de AGREXCO en tant que compagnie tirant profit de la colonisation et de l’apartheid imposé aux Palestiniens en rappelant que les produits d’AGREXCO, et notamment ceux de sa marque-phare CARMEL (des dattes, des fleurs, du maïs …) proviennent en partie des colonies illégalement installées sur les terres palestiniennes mais se retrouvent ensuite dans de nombreux points de vente avec un étiquetage qui cache aux consommateurs leur véritable origine, le vol des terres et de l’eau de Palestine.


Hampshire College devient la première université aux Etats-Unis à retirer ses investissements de l'occupation israélienne en Palestine !, Students for Justice in Palestine - ISM.
Les six sociétés, qui fournissent toutes des équipements et des services à l'armée israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, sont : Caterpillar, United Technologies, General Electric, ITT Corporation, Motorola et Terex .


Ces entreprises françaises qui profitent de la colonisation israélienne, Basta !.
Trois multinationales et une PME hexagonales sont impliquées économiquement de la colonisation de la Cisjordanie par Israël. La banque franco-belge Dexia finance plusieurs colonies. Alstom et Véolia comptent transporter leurs habitants à travers Jérusalem. La PME Manitou participe à la construction du mur de séparation. Toutes font du business en totale violation du droit international.


Territoires palestiniens occupés : Une odeur d'argent, AFPS.
Cela rappelle étrangement des situations vécues déjà sous d’autres cieux, c’est-à-dire là où l’argent est roi et qu’il n’y a pas de place pour les états d’âme. Au nom d’une logique aussi inhumaine que froide, des pays ferment les yeux dans des cas de flagrante injustice, en contradiction avec un discours supposé défendre les droits de l’homme.


Viva Palestina : En direction de Gaza, CCIPPP


Viva Palestina, encore à l’état de projet en apparence illusoire cinq semaines en arrière, est aujourd’hui une réalité incarnée par plus de 100 véhicules et 300 bénévoles qui viennent de traverser la France pour rejoindre Gaza.

Viva palestina - étape Bègles, EuroPalestine



Boycott : les actions en cours, EuroPalestine - Info-Palestine.
Ne perdons pas de vue que non seulement l’occupation israélienne perdure, toujours aussi brutale, avec une répression terrible en Cisjordanie, et des morts palestiniens quotidiens, mais que la colonisation ne cesse de s’amplifier. De nouvelles colonies ont été construites en Cisjordanie pendant les massacres à Gaza, et pas plus tard qu’hier, l’armée israélienne a annoncé la confiscation de 170 hectares de terrain au sud-est de Jérusalem pour agrandir la colonie d’Efrat et construire 2500 logements supplémentaires !

Quant au blocus de Gaza, il reste aussi hermétique, pendant que la population, sous des milliers de tonnes de gravats, essaie de survivre, et qu’aucun de nos dirigeants ne présente à Israël la facture de la reconstruction. Celle-ci sera assumée notamment par les contribuables européens, qui avaient financé des infrastructures et qui doivent financer leur reconstruction, après leur destruction par Israël !


Lire aussi :
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (15)



Dépêches des 17 et 18 février 2009, Info-Palestine - Toutes les dépêches.

Une guerre pour rien, 34 photographies de l'Oeil public.

La Plateforme du Likoud, AFPS.
Voici les intentions officielles des futurs (et anciens) dirigeants d’Israël, la droite dure raciste alliée naturelle de l’extrême droite, dont nous avons déjà signalé qu’ils ne reconnaissent pas le droit aux Palestiniens d’avoir en Etat : appropriation totale de Jérusalem, de la Vallée du Jourdain et des Hauteurs du Golan, colonisation intensifiée... par "Israël en tant qu’état juif sioniste sûr et prospère".


Qui est un terroriste ? Qui est le juge qui en juge ?, CCIPPP.
Les puissants de ce monde utilisent une balance invisible. Une balance qui décide qui est terroriste. Cette balance a été utilisée lors du procès contre Mandela en 1963. La même est utilisée aujourd’hui. L’invisible balance est ressortie et devient alors visible pour nous tous. Dans un plateau, on pose des centaines de villages détruits, près de 42 années d’occupation, la création d’un apartheid, de ghettos derrière 720 kilomètres de mur de séparation, des colonies, des maisons démolies, des check-points, des terres volées, des oliviers arrachés et volés, une école des Nations unies bombardée, des enfants tués, des femmes et des hommes tués. Dans l’autre plateau, on met la résistance, les roquettes de contrebande tirées, les attentats suicide. On compte les enfants, les femmes et les hommes qui ont été tués.


Crimes de guerre à Gaza et juridiction universelle en Espagne... et en Israël, Info-Palestine.
La sentence du tribunal du District de Jérusalem est une référence internationale au moment de déclarer la juridiction universelle pour la répression des crimes contre l’humanité, basée sur le droit de chaque Etat d’exercer son droit hors de son territoire afin d’éviter que ces crimes ne demeurent impunis.

Beaucoup furent surpris par le fait que l’Audience nationale espagnole ait accepté de prendre en charge le cas d’une plainte criminelle contre sept Israéliens pour crime de guerre sur la Bande de Gaza pendant l’opération « d’assassinat sélectif » qui causa la mort de quatorze civils, en plus de celle du présumé terroriste. Cependant, ce qui serait plus normal serait que ce soit un tribunal israélien qui juge ces Israéliens et non pas un tribunal espagnol, faute d’un tribunal palestinien doté d’une juridiction pénale concernant ces faits, mais cette inactivité de la justice israélienne ne semble pas franchement déranger l’opinion publique.
[...]
En 1961, le citoyen allemand Adolf Eichmann fut condamné à mort et après avoir été pendu en Israël pour crimes contre l’humanité commis en Allemagne, après avoir été séquestré par les services secrets israéliens en Argentine, où il se réfugia depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ce jugement se basa sur la Loi pour le châtiment des Nazis et les collaborateurs, adoptée en 1950 pour la persécution et la sanction des crimes contre le peuple juif, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, qui est toujours en vigueur et qui a servi pour l’extradition des criminels nazis présumés vers Israël afin qu’ils soient jugés.

La sentence du Tribunal du District de Jérusalem est une référence internationale à l’heure d’affirmer la juridiction universelle pour la répression des crimes contre l’humanité, basée sur le droit de chaque Etat d’exercer en dehors de son territoire sa juridiction afin d’éviter que ces crimes demeurent impunis. Israël avait tellement envie de juger des crimes d’horreur contre l’Humanité qu’elle fut précurseur d’une juridiction qu’elle renie à présent.


Lire aussi :
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (18)



Un soldat israélien ordinaire, Les blogs du Diplo.
C’est un film qui dérange, d’autant plus qu’il sort juste après l’offensive sur Gaza. Z32 raconte l’histoire d’un jeune soldat israélien appartenant à l’une de ces unités d’élite qui opèrent dans les territoires occupés. Lors d’une opération de représailles, il tue un policier palestinien. Le meurtre d’un innocent, commis de sang froid, sur ordre de sa hiérarchie, pour venger la mort de soldats israéliens dans un attentat. Un acte que, deux ans après, il ne parvient pas à oublier. L’histoire a pris une fois de plus Avi Mograbi de vitesse. Mais, paradoxe, le décalage entre son film et l’actualité, l’horreur perpétrée à Gaza avec le large soutien de la population israélienne, démontre à quel point son œuvre est essentielle. Car Mograbi ne cède pas un pouce de terrain politique ou artistique face à la machine de mort israélienne.

Ses films démontent de l’intérieur les ressorts de la mécanique politique israélienne. Comment la machine étatique s’immisce, distille dans chaque espace de la société, à commencer par l’école, dès la maternelle, sa propagande de mort, de haine, en falsifiant l’histoire, en manipulant les mythes, en brouillant toutes les images. Comment elle contamine les individus, jusqu’au cœur de leur intimité. Dans son film précédent, Pour un seul de mes deux yeux , Mograbi montre le détournement idéologique des mythes bibliques de Massada et de Samson pour justifier l’occupation. Saisissantes images que celles de ces guides touristiques demandant aux visiteurs du site de Massada de mimer le suicide collectif des Zélotes pour échapper à l’occupant romain, car elles évoquent en creux les attentats-suicides. Autre armée d’occupation. De jeunes militaires israéliens, filmés contre leur gré en train d’humilier des Palestiniens, mères de famille, écoliers, paysans, ouvriers dans les situations les plus banales, les plus quotidiennes, le retour de l’école, l’urgence de se rendre à l’hôpital, l’arrêt d’un tracteur en plein champ, l’attente des heures durant à un check-point, sur un pied, car tel a été l’ordre.

Faire des films, pour Mograbi, relève donc d’une nécessité impérieuse, d’une urgence politique. Mais sa démarche est hors normes, car elle interroge le cinéma à l’endroit où ça fait mal. Présentées comme le réel, les images n’en sont qu’une reconstruction, du point de vue de celui qui les manipule. Le système d’information les distille, les sélectionne pour pérenniser une idéologie dominante – la fameuse « preuve par l’image ». Cela dépasse évidemment le cas d’Israël, dont la propagande d’Etat n’en est que l’acmé. Mograbi interroge le cinéma au raz des conditions de faisabilité dans ce pays-là, dans cette guerre-là. Il fait œuvre en posant les questions du politique et de l’esthétique en même temps, car elles sont indissociables. Qui filmer, comment filmer, comment faire rendre gorge aux images : ces questions concernent le cinéma en général. Et sa méthode constitue une tentative de réponse là-bas et maintenant.



Lire aussi :
• Dossier Avi MOGRABI
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Les israéliens ont perdu politiquement et idéologiquement cette guerre

Algérie News : Au 19e jour de l’intervention militaire israélienne qui se soldeprovisoirement – par un millier de morts et des milliers de blessés, essentiellement civils –, quelle est l’analyse que vous faites, personnellement, ainsi que votre organisation, l’UJPF ?

Pierre Stambul : D’abord, ce qui se déroule est un crime de guerre et même un crime contre l’humanité. Pendant des années, une propagande insidieuse a persuadé les Israéliens que le Hamas était une organisation terroriste indéfendable et que les habitants de Ghaza étaient des barbares.

La même propagande s’est déchaînée à propos des «pauvres» habitants de Sderot vivant dans la terreur. En réa-lité, Sderot est une ville très pauvre avec 40% de chômeurs et une population d’origine sépharade.

Contrairement à ce que déverse la propagande, 500 habitants de Sderot (sur une ville de 20 000 habitants) ont signé avec des Ghazaouis un texte pour vivre ensemble en paix. Au lieu de résoudre les problèmes sociaux, le gouvernement Olmert-Livni-Barak a instrumentalisé leur situation. Ces gens sont des criminels qu’il faut juger pour leurs crimes.

Tous les partis politiques sionistes (y compris le Meretz qui se dit de gauche et pacifiste) ont été prévenus 48 h à l’avance de l’attaque contre Ghaza et l’ont approuvée.

95% des Israéliens juifs (les Palestiniens n’ont pas été consultés) ont approuvé le principe d’une attaque et 42% ont approuvé l’invasion terrestre. C’est vraiment une preuve de la dégénérescence morale et de la névrose collective que dénoncent les anticolonialistes israéliens.

Tzipi Livni est allée demander le «permis de tuer» chez Sarkozy et chez Moubarak et elle l’a obtenu.

La propagande israélienne («nous sauvons le peuple palestinien du Hamas») est obscène. Ils ont expulsé le représentant de l’ONU (Richard Falk) et les journalistes pour que la tuerie se déroule sans témoin.

L’expédition militaire tourne au génocide et c’était prémédité. L’Etat d’Israël se comporte à la fois en Etat voyou et en Etat criminel. Ses anciens dirigeants (Begin ou Shamir) étaient des terroristes. Les nouveaux n’en valent pas mieux.

Algérie News : Cette agression est intervenue soudainement même si les dirigeants ont prétexté que Hamas avait refusé le renouvellement de la trêve conclue indirectement entre les deux parties. La trêve dans les faits n’était-elle pas déjà violée par Israël qui ne tenait pas aussi les engagements qu’elle impliquait ? Pourquoi donc a-ton chargé Hamas ?

Pierre Stambul : Dans cette guerre, Israël a toujours refusé de parler du droit. Le blocus de la bande de Ghaza est défini par le droit international comme un crime de guerre. Pendant des mois, quelques camions seulement parvenaient à Ghaza quand il en faut 500 par jour. On manque de tout à Ghaza : de nourriture, de carburant, d’eau, d’électricité, de médicaments. 4 camarades de Marseille (dont 2 de l’UJPF) ont pu aller à Ghaza en février 2008 et leur témoignage était accablant. Aucun statu quo n’était possible avec le blocus. Et le droit à résister à l’oppression figure dans la déclaration des droits de l’homme. Malgré cela, le Hamas a respecté une trêve qu’Israël a violée en permanence (1 250 morts entre 2005 et 2008 et 20 morts, victimes d’assassinats «ciblés» en novembre). L’argument concernant la rupture de la trêve par le Hamas ne tient pas. Les raisons israéliennes sont ailleurs.

Il y a bien sûr pour chaque parti de la coalition au pouvoir à Jérusalem l’idée que chaque mort à Ghaza va lui apporter des voix aux élections. Ainsi Ehud Barak qui était en perdition dans les sondages est remonté. Plus fondamentalement, les Israéliens ne veulent pas la paix, ils veulent la destruction de la Palestine. Ils ont dans la tête de séparer définitivement la bande de Ghaza de la Cisjordanie (en la donnant à l’Egypte). Sinon, les Palestiniens seront majoritaires entre Méditerranée et Jourdain dans quelques années. Enfin, Israël a toujours prétendu que les Palestiniens étaient les successeurs d’Hitler et qu’ils n’avaient pas de partenaire pour la paix. Cela leur permet de poursuivre l’occupation. Le premier résultat du crime commis à Ghaza, c’est la mise sur la touche (peut-être définitive) de l’Autorité palestinienne.

Les Palestiniens reprochent (à juste titre) à Mahmoud Abbas de faire des concessions qui ne mènent nulle part. A présent, Israël se retrouve face au Hamas et continue de dire qu’il n’y a pas de partenaire pour la paix. Ismaël Haniyeh a pourtant affirmé qu’il était prêt à reconnaître «l’entité israélienne» dans ses frontières d’avant 1967.

Algérie News : Il fut un temps où le mouvement pour la paix en Israël se manifestait avec force. Aujourd’hui, les médias répètent à l’envi que 95% de la population appuient cette offensive. Comment l’expliquez-vous à l’UJPF ?

Pierre Stambul : Michel Warschawski a cette image : les anticolonialistes israéliens sont une petite roue qui a pu, à un moment donné, entraîner la grande. Ainsi, en 1982, des centaines de milliers d’Israéliens sont descendus dans la rue pour protester contre l’invasion du Liban. Aujourd’hui, le complexe de Massada fonctionne à fond. Les sionistes «ont peur de ne plus avoir peur». Ils ont besoin d’entretenir la peur de l’anéantissement et ils réussissent à faire croire à la grande majorité de la population que la violence absolue contre les Palestiniens est la seule solution. Il y a pourtant des signes de fracture et de doute dans la société israélienne.

La littérature et le cinéma présentent une société malade, violente, corrompue, pourrie intérieurement. Cette société ne garde sa cohésion que par la fuite en avant meurtrière du projet sioniste. Aux dernières élections municipales à Tel-Aviv, un candidat antisioniste, refuznik (= objecteur face à l’armée), membre du Hadash (le parti communiste, seul grand parti à la fois palestinien et juif) et ayant de nombreux Palestiniens de Jaffa sur sa liste a obtenu … 35% des voix. Il a eu les voix des jeunes qui ont consciemment voté pour un refuznik et celles des «bobos» qui aspirent à une vie normale dans une société normale, loin des délires sur la colonisation et le «Grand Israël». Ce consensus guerrier est peut-être plus fragile qu’on ne croit.

Algérie News : En même temps qu’on assiste à ce reflux, on voit apparaître de nouvelles voix juives et israéliennes, cette fois sur des positions antisionistes. Pourriez-vous retracer pour nos lecteurs cette émergence progressive des militants pour une paix vraiment juste, comme c’est le cas de l’UJPF.

Pierre Stambul : Les anticolonialistes israéliens sont des gens merveilleux. Je les compare volontiers aux «porteurs de valise» français pendant la guerre d’Algérie. On y trouve des journalistes (Amira Hass, Gideon Lévy…), des historiens (Ilan Pappé, Shlomo Sand …), des cinéastes (Avi Mograbi, Eyal Sivan, Simone Bitton…). Il y a des mouvements : le bloc de la paix (Gush Shalom) d’Uri Avnéry, le centre d’information alternative (Michel Warschawski et Nasser Ibrahim), les femmes en noir, les Anarchistes contre le Mur qui représentent la nouvelle génération, Taayush, les Rabbins pour la paix, les mouvements de refuzniks … et j’en oublie. Tous ces groupes ont constitué une coalition pour la paix et contre l’occupation. Ils réussissent à manifester à 10 000 en pleine guerre à Tel-Aviv.

L’UJPF se veut, entre autres, être un peu le porte-parole et le correspondant en France de ces anticolonialistes. Nous contestons totalement la prétention du Crif à parler au nom de tous les juifs. Nous contestons l’idée que le crime commis par l’Etat israélien soit commis en notre nom. Nous sommes fiers d’être une composante juive dans le mouvement de soutien au peuple palestinien. Notre présence atteste que cette guerre n’est ni raciale, ni religieuse, ni communautaire : elle porte sur des questions essentielles, le refus du colonialisme, l’égalité des droits et la justice. L’UJPF dénonce aussi l’instrumentalisation de l’antisémitisme et du génocide pour justifier la destruction de la Palestine. Des mouvements semblables à l’UJPF existent dans de nombreux pays d’Europe et nous avons formé un réseau. Une internationale de juifs antisionistes (l’IJAN) vient de se créer.

Algérie News : Vous êtes vous-même d’origine juive, peut-on vous demander comment vous avez franchi le pas en adoptant des positions radicalement critiques de l’Etat israélien ?

Pierre Stambul : Mes parents sont arrivés d’Europe orientale en 1938. Ils étaient communistes. Ils ont été résistants. Mon père a été déporté et ma mère est la seule survivante de sa famille. Et puis, comme beaucoup, ils sont devenus très sionistes. Je suis né après la guerre. Adolescent, j’ai cru au sionisme. J’ai passé deux étés en kibboutz. La rupture a été progressive. Il y avait un décalage trop grand entre mes idées post-soixante-huitardes et la réalité israélienne. J’ai appris par ma famille israélienne (de droite) que la colonisation en 1967 était préméditée et se voulait irréversible. La rupture totale, c’est Sabra et Chatila. On ne peut pas avoir été éduqué avec la conscience de ce qu’est le proscrit enfermé et massacré dans son ghetto et ne pas voir qu’Israël était passé de l’autre côté du miroir. Il m’a fallu encore du temps pour découvrir “l’autre”, le Palestinien. Deux voyages récents en Cisjordanie m’ont marqué. Je vis le sionisme comme une perversion totale de l’idée (laïque) que j’ai du judaïsme. Le sionisme est un crime pour les Palestiniens, mais c’est aussi un suicide et une catastrophe pour les juifs.

Algérie News : Vous êtes citoyen français, quelle lecture faites-vous de la « couverture » de l’agression israélienne par les médias de l’Hexagone et la situation tragique qui en résulte dans la bande de Ghaza ?

Pierre Stambul : Les médias appartiennent à ceux qui les possèdent et évidemment ils donnent les informations que leurs maîtres veulent bien laisser filtrer. Je suppose que c’est pareil en Algérie. En plus, les Israéliens, juste avant leur attaque, ont expulsé Richard Falk, le représentant de l’ONU chargé des droits de l’homme et tous les journalistes. Ils voulaient tuer sans témoin.

Cela dit, les médias français n’ont pas pu cacher que samedi dernier, il y a eu plus de 300 000 manifestants dont 100 manifestations pour les victimes de Ghaza. Ce jour-là, les médias ont «découvert» l’UJPF qui a été plusieurs fois interviewée. Malgré tout, notre présence dérange et nous sommes assez systématiquement boycottés par les médias. Quelque part, cela les arrange de présenter cette guerre sous la forme «Les juifs contre les Arabes». Ça, c’est très dangereux.

En ce qui concerne les atrocités commises par l’armée israélienne, les médias n’arrivent plus à les masquer et on sent un basculement de l’opinion du côté des victimes.

Algérie News : Un important mouvement de solidarité avec le peuple palestinien s’est enclenché en France et dans le monde, est-ce le résultat simplement d’une légitime indignation mais aussi une prise de conscience de la nature véritable de l’establishment israélien qui s’est toujours présenté comme épris de paix face à un péril d’anéantissement fomenté par les Arabes ?

Pierre Stambul : Le sionisme a toujours prétendu que les juifs ont été, sont et seront des victimes. Les sionistes célèbrent la mémoire des 4 morts israéliens et se moquent des 1 000 morts et plus palestiniens. Mais on sent bien que l’opinion a basculé. Les Israéliens ont déjà perdu politiquement et idéologiquement cette guerre. Souhaitons qu’ils ne la gagnent pas militairement. Pendant des années, le mouvement de soutien à la Palestine n’arrivait pas à mobiliser au-delà d’un petit cercle de convaincus. La grande nouveauté en France, c’est que la population d’origine arabe, aussi bien les laïques que les religieux, est descendue massivement dans la rue pour exprimer sa colère et sa solidarité. Elle fait le lien entre la Palestine et les discriminations subies en France. Pour l’UJPF qui prône le «vivre ensemble» ici et là-bas et se bat (notamment avec les sans papiers) contre toutes les discriminations, c’est très important.

Algérie News : Dans ces conditions en ce 19e jour de la nouvelle page noire dans la tragédie du peuple palestinien, que faire maintenant et demain pour que l’espoir de la paix entre les deux peuples soit restauré ?

Pierre Stambul : On dit souvent que cette guerre est compliquée. Non ! Mais il faut en revenir au droit, rien qu’au droit. Il y a là-bas un occupant et un occupé, il faut mettre fin à l’occupation. Il y a un crime (la Naqba) qui a été commis il y a 60 ans. Il faut reconnaître le crime et le réparer. Toute paix doit passer par une égalité totale entre les deux peuples, égalité politique et économique. Le colonialisme est un crime, les colonies doivent être démantelées. Le peuple palestinien est un peuple de réfugiés. Le droit au retour de ces réfugiés a même été reconnu par Israël en 1949. Il doit être appliqué. Un Etat ou deux Etats ? Les négociateurs décideront. Dans l’immédiat, le blocus criminel de Ghaza doit cesser avec l’arrêt des combats. Les frontières doivent être ouvertes.

Algérie News : Un dernier mot ?

Pierre Stambul : La société israélienne est profondément malade. Elle n’est plus en état d’arrêter sa fuite en avant meurtrière. Il faut répondre à l’appel des ONG palestiniennes et des anticolonialistes israéliens. Ils réclament le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions), c’est-à-dire l’isolement politique, économique, moral, culturel, sportif, scientifique d’Israël tant que durera l’occupation. Il faut s’inspirer de ce qui a été fait (avec succès) contre l’apartheid en Afrique du Sud. Et il faut inculper et juger les dirigeants israéliens pour crimes de guerre.

Entretien de Pierre Stambul réalisé par Abdelmadjid Kaouah
17 janvier 2009
Publié par UJPF.

Résistance Palestine : France



Reportage en Palestine : Vivre sous occupation

Au cours d’un voyage de cinq semaines à Naplouse en 2008, Frank Barat a réalisé un reportage qui nous livre des témoignages poignants sur la situation en Palestine. « Ma démarche », indique Frank Barat fut « d’essayer de comprendre le sens de ces mots » : « occupation », « check points », « colonies », « couvre-feu », « incursion journalière de l’armée ». Au fur et à mesure de son reportage, Frank Barat découvrira le quotidien de ces Palestiniens qui malgré les humiliations continuaient pourtant de croire en une solution pacifique du conflit. Après les bombardements de Gaza, ces images empreintes d’une certaine forme d’espoir apparaissent comme les vestiges de la paix au Proche-Orient.



Publié par La Petite République.
Télécharger la vidéo, Internet Archive.

Lire aussi :
• Frank Barat, AgoraVox
• Frank Barat, Le Flambeau
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Résistance Palestine : Belgique



Palestine occupée - Dexia impliquée

L’ONG « Intal », avec une trentaine d’organisations belges, vient de lancer une campagne « Dexia, out of Israel », contre le financement des colonies israéliennes par la banque franco-belge. Plusieurs communes belges ont déjà adopté des motions allant dans ce sens. Deux multinationales françaises sont impliquées dans le consortium Citypass aux côtés d’entreprises et de banques israéliennes : Veolia transport et Alstom, pour la réalisation du tramway d’El Qods, devant relier El Qods-Ouest, aux colonies israéliennes d’El Qods-Est, en Cisjordanie palestinienne. Alstom doit fournir 46 rames de tramway et a obtenu une concession de 30 ans pour l’exploitation de la ligne et c’est fort logiquement que l’Autorité palestinienne a porté plainte contre les deux multinationales.

Publié par AFPS.

Lire aussi :
• Chronologie de la campagne "Palestine occupée - Dexia impliquée", Intal
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël