14 mai 2009

Un raciste à Radio France

Philippe Val est un raciste
Démonstration, preuve à l’appui


« Le racisme est une valorisation généralisée et définitive de différences réelles ou imaginaires, au profit de l’accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression ou des privilèges. » À la lumière de cette définition d’Albert Memmi [1], nous sommes en mesure de démontrer que Philippe Val, le très médiatique et pontifiant patron-éditorialiste de Charlie Hebdo, est, purement et simplement, un raciste.

Lecteur assidu – de son propre aveu – du grand Spinoza, chansonnier depuis trois bonnes décennies, éditorialiste et écrivain depuis deux décennies, Philippe Val sait peser ses mots, et on est en droit de supposer que lorsqu’il écrit et publie quelque chose – et qu’il ne le renie pas dans les semaines, les mois et les années qui suivent – ses écrits nous livrent le fond de sa pensée. C’est pourquoi on ne peut pas considérer les ahurissants propos qui suivent comme une blague de fin de banquet ni comme du deuxième ou du troisième degré. C’est imprimé, noir sur blanc, dans le Charlie Hebdo le 5 janvier 2005 :
« [Les otages français, Christian Chesnot et George Malbrunot] ont été enlevés par des terroristes islamiques qui adorent égorger les Occidentaux, sauf les Français, parce que la politique arabe de la France a des racines profondes qui s’enfoncent jusqu’au régime de Vichy, dont la politique antijuive était déjà, par défaut, une politique arabe. »

Cette phrase de Philippe Val n’a évidemment aucun sens. Qualifier la politique antijuive de Vichy de politique « arabe » n’a aucun sens puisque aucune influence arabe n’a joué un quelconque rôle dans cette entreprise criminelle. Tout s’est passé entre l’Allemagne nazie et la France de Vichy, point barre.

Pour que cette phrase insensée signifie quelque chose, il faut admettre un postulat raciste : le postulat selon lequel les Arabes, en bloc, sont antisémites par nature. Dans cette hypothèse, même si aucun Arabe n’est ni auteur, ni incitateur ni demandeur d’une politique antijuive, ladite politique n’en est pas moins une « politique arabe » dans la mesure où elle ne peut que remplir de joie cette masse assoiffée de sang juif qu’est « le monde arabe » . En résumé : « politique arabe » ne signifie, chez Philippe Val, rien d’autre que « politique antisémite ». « Arabe » et « antisémite » sont donc synonymes.

En d’autres termes : Philippe Val essentialise « les Arabes », en fait une entité homogène, pour ensuite attribuer à cette essence (« les Arabes ») un caractère infâmant (« antisémite »). Cette manière de penser, conjuguant l’essentialisation l’homogénéisation et le dénigrement, porte un nom : le racisme.

Philippe Val a donc écrit un texte purement et simplement raciste. Et comme il assume ce texte plus de trois ans après sa publication, comme il ne l’a pas renié, on peut donc affirmer, de manière plus concise, qu’il est avéré et démontré que Philippe Val est raciste.

Reste maintenant à se demander pourquoi aucune association n’a jusqu’à présent porté plainte contre lui, ni même publié le moindre communiqué face à des propos racistes caractérisés, tenus dans un grand média – ni SOS Racisme, ni le MRAP ni la LICRA, ni la Ligue des Droits de l’Homme – et pourquoi aucun journaliste n’a jamais interpellé l’écrivain, éditorialiste, chroniqueur, débatteur multimédias qu’est Philippe Val lors d’un de ses innombrables prestations télévisées ou radiodiffusées.

Pierre TEVANIAN
13/05/2009
Publié par LMSI

Lire aussi :
• Biographie Philippe Val
- La République des Lettres
- Wikipédia
• Articles sur Philippe Val
- Acrimed
- Bakchich
- Monde en Question Blogger - WordPress
- Plume de presse
• Charlie Hebdo : la vieillesse est un naufrage, LMSI
• Dossier SINÉ, Monde en Question


[1] Albert Memmi, Le racisme, Folio Gallimard, 2000.

Version policière des «sabotages SNCF» (3)

Coupat, l'ultragauche et la politisation du renseignement
Comment la menace terroriste a été créée de toutes pièces pour répondre aux impératifs politiques d'Alliot-Marie et des ex-RG.
Lire la suite... Rue89

Mouvance autonome libertaire ?
Au début de cette affaire, la presse (y compris de gauche) parlait d'une inquiétante résurgence du terrorisme (l'ultra gauche "déraille " disait Libération). Six mois plus tard, la même presse (y compris de droite) commence à se demander s'il n'y a pas eu "emballement" judiciaire et médiatique. Comment est-on passé d'un dossier "en béton" de la police qui surveillait déjà les suspects (y compris la nuit du sabotage) à l'idée, suggérée ici ou là, que Michèle Alliot-Marie tenterait d'agiter le spectre du terrorisme "anarcho-autonome" pour raviver des réflexes sécuritaires.
Lire la suite... Huyghe

"L’insurrection qui vient"
Julien Coupat est ce "dangereux terroriste" de "l’ultra-gauche" soupçpnné par les services de MAM des attentats contre les lignes électriques du TGV, maintenu en prison préventive faute de preuves, dans l’espoir d’en trouver, et dont les "complices" arrêtés à Tarnac ont tous dûs être libérés, faute de preuve sans espoir d’en trouver.
Lire la suite... Le blog à Jef

D'Hammet à Coupat, un même front du refus
Non. Simplement : dire non. Face aux pressions policières et judiciaires : répéter non. Refuser de répondre et de se prêter au rituel déjà écrit de l’interrogatoire politique. Que ce soit dans l’Amérique anti-communiste de McCarthy ou dans la France d’Alliot-Marie - vent debout contre le prétendu danger "anarcho-autonome" - se dessine ainsi un même front du refus.
Lire la suite... Article11

13 mai 2009

Grippe A/H1N1 et théories du complot

Comme simple citoyen, j'ai tenté de savoir s'il y avait oui ou non un réel risque de pandémie du virus A/H1N1.

1) Le discours scientifique à propos de la grippe à virus A(H1N1) reste contradictoire entre les pessimistes, qui prédisent que «deux milliards de personnes pourraient être infectées», et les optimistes, qui relativisent les chiffres de cette épidémie en les comparant à ceux d'une grippe saisonnière [1].

2) Le discours médiatique à propos de la grippe à virus A(H1N1), comparable à celui de la grippe aviaire (virus H5N1), a recours au même scénario catastrophe (moins aujourd'hui que durant les deux premières semaines) : «Le vocabulaire employé pour les titres utilise le registre dramatique du danger, du morbide et de la guerre» [2].

3) Le discours politique à propos de la grippe à virus A(H1N1) est variable d'un pays à l'autre. Beaucoup de gouvernements tiennent des propos qui se veulent rassurants sans toujours convaincre. D'autres, comme la Chine, l'Egypte ou le Mexique, sont plus alarmistes pour justifier des mesures sanitaires (Chine), des politiques de discrimination (Egypte) ou de restriction des libertés (Mexique) [3].

Dans ce climat de peur, rapidement propagée à l'échelle mondiale et alimentée par les contradictions du discours scientifique, les manipulations politiques et la surenchère médiatique, il a circulé beaucoup de rumeurs sur l'origine du virus A(H1N1). Alain Joannes les a classé en trois catégories qui n'en font qu'une "la théorie du complot" [4]. L'auteur néglige la théorie religieuse du complot, qui attribue à la volonté de Dieu tous les malheurs du monde.

La quête d'une explication unique de tous les dysfonctionnements économiques, politiques ou sociaux est aussi vieille que l'humanité. Le récit biblique, matrice de la philosophie occidentale, prétend que les catastrophes naturelles, qui ont frappé l'Egypte à une certaine époque, furent les châtiments infligés par Yahvé pour punir le peuple égyptien adepte d'autres croyances !

Les médias dominants, qui créent un climat de peur face au risque de pandémie du virus A/H1N1, sont aussi très habiles pour détourner les critiques du discours politique et surtout les critiques du discours médiatique en les assimilant aux "théories du complot" [5] alors que les médias recourent aux mêmes théories :
Le quotidien Corriere della Sera analyse de manière idéologique la grippe porcine : "Hier, un observateur officiel a déclaré en plaisantant à peine que les pays arabes ne seraient pas touchés par la grippe porcine car les musulmans ne mangent pas de porc. … Nous pouvons être certains que dans certaines régions de la planète - dans un climat de choc des civilisations - une thèse semblable pourrait fonctionner : Dieu, ou la nature, punit l'homme qui se nourrit de viande issue d'animaux impurs. Un apocalypse alimentaire réussira là où le terrorisme international a échoué jusque là. Une tranche de salami causera la perte de l'Occident. D'un autre côté, … on pourra interpréter l'épidémie de grippe porcine comme un complot anti-occidental. … Cette lecture idéologique de la grippe porcine, même complètement aberrante, pourrait prévaloir au niveau symbolique. … Cela pourrait effectivement être une sanction appropriée aux pays riches, victimes de leur propre avidité. Pour ceux qui croient au choc des civilisations, un complot des 'ennemis' visant à empoisonner un aliment symbolique de notre société serait tout à fait possible."
euro|topics

Serge LEFORT
12/05/2009


[1] Serge LEFORT, La grippe saisonnière tue !, Monde en Question.
[2] Gaëlle BOHÉ, Le traitement de la grippe aviaire dans la presse nationale, Observatoire français des médias.
[3] Serge LEFORT, ¡Ya basta! du A(H1N1), Monde en Question.
[4] Alain JOANNES, La dynamique de désinformation sur les risques de pandémie, Journalistiques.
[5] Sélection d'articles :
• 28/04/09, Audrey Garric, Grippe porcine : panique et conspiration vont bon train sur Internet, Le Monde et repris par Slate et Adminet.
• 29/04/09, La théorie du complot, plus rapide que la grippe porcine, Conspiracy Watch.
• 29/04/09, Grippe : la théorie du complot sur la pandémie envahit la toile, Le Monde Dissident.
• 01/05/09, Grippe A : Et revoilà les théories du complot, 20minutes.fr.
• 07/05/09, GRIPPE A - Rassurez-vous, c'est un complot !, lepetitjournal.
• 08/05/09, Nicolás Alvarado, ¡Es un complot!, El Universal.

11 mai 2009

La nouvelle politique américaine au Proche-Orient

Dialogue avec l’Iran, soutien à un Etat palestinien. Depuis son accession à la Maison Blanche, Barack Obama multiplie les signes d’un engagement de son administration en faveur d’une nouvelle politique au Proche-Orient. Des signes qui commencent à inquiéter les responsables israéliens et leurs plus farouches défenseurs aux Etats-Unis.

Pour l’instant, aucune décision concrète qui puisse étayer leurs craintes. Mais les partisans d’Israël aux Etats-Unis commencent à exprimer ouvertement leur inquiétude. Il faut dire que ces dernières semaines, la nouvelle administration américaine a clairement laissé entendre qu’elle comptait rompre avec la politique suivie par la précédente équipe sur le dossier proche-oriental.
À noter tout d’abord le rappel par Barack Obama à l’occasion d’un discours devant le Parlement turc, début avril, de l’attachement des Etats-Unis à la solution de deux Etats pour deux peuples. Quelques jours plus tard, l’envoyé spécial américain, Georges Mitchell, réaffirmait qu’il s’agit là «de la seule et meilleure solution» pour régler le conflit entre Israéliens et Palestiniens. Cette position américaine tranche avec le refus du nouveau gouvernement israélien d’endosser explicitement cette éventualité. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou n’a eu de cesse durant la campagne électorale d’affirmer qu’il était plus urgent d’améliorer la situation économique des Palestiniens.

Son nouveau ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, n’a pas dit autre chose lors des étapes italienne et française de sa tournée en Europe. Le gouvernement israélien cherche surtout à convaincre ses alliés que le dossier le plus urgent reste celui du nucléaire iranien. Mais là encore, l’approche du gouvernement de Barack Obama sur cette question suscite interrogations et inquiétude, tant chez les responsables israéliens que parmi ses plus farouches partisans aux Etats-Unis

Israël craint pour son statut d’allié privilégié

«Les Etats-Unis vont-ils sacrifier leur plus fidèle allié au Moyen-Orient pour rassurer son pire ennemi ?». Le quotidien conservateur, Washington Times, pose la question dans son éditorial de ce mercredi 6 mai. Deux éléments sont à l’origine de cette crainte exprimée sous forme d’interrogation. Il y a d’abord la volonté réitérée par Barack Obama d’engager un dialogue direct et sans conditions avec les responsables iraniens. En renonçant au préalable d’une suspension par la République islamique d’Iran de son programme d’enrichissement d’uranium pour ouvrir des pourparlers, le président américain fait preuve, pour ses détracteurs, d’une naïveté coupable.

Second point qui inquiète les soutiens d’Israël aux Etats-Unis : les récentes déclarations de la responsable américaine chargée de préparer la conférence mondiale sur le Traité de non-prolifération nucléaire, prévue en mai prochain à New York. Rose Gottemoeller a affirmé qu’ «une adhésion universelle au TNP, y compris par l’Inde, Israël, le Pakistan et la Corée du Nord, demeure un objectif fondamental des Etats-Unis». Cette déclaration semble indiquer une volonté américaine de rompre, concernant l’Etat hébreu, avec la politique dite de l’ambiguïté délibérée, en vigueur depuis les années 1960.

Concrètement, Israël a toujours refusé de reconnaître la possession d’armes nucléaires. Selon la plupart des experts, l’Etat hébreu disposerait de 80 à 200 têtes nucléaires. Une adhésion au Traité de non-prolifération obligerait Israël à y renoncer. Une éventualité que se refuse à envisager tant Israël que ses alliés aux Etats-Unis. Lors de son premier mandat comme chef du gouvernement israélien, Benyamin Netanyahou avait affirmé au président américain de l’époque, Bill Clinton, que «nous ne signerons pas le TNP, car nous ne voulons pas nous suicider».

«Un parallèle dangereux et naïf»

L’éditorial du Washington Post ne dit pas autre chose, lorsqu’il affirme que «plus que tout autre chose, l’arsenal nucléaire israélien a été un facteur de paix au Proche-Orient. Vouloir établir un parallèle entre Israël et l’Iran sur la question nucléaire est dangereux et naïf. Si Barack Obama est réellement intéressé par l’établissement d’une paix durable au Proche-Orient, il doit poursuivre la politique d’ambiguïté stratégique».

Parallèlement, les adversaires de Barack Obama multiplient les mises en garde envers les projets du président concernant le Proche-Orient. À l’occasion de la réunion annuelle de l’AIPAC, le puissant lobby pro-israélien aux Etats-Unis, Newt Gingrich, l’ancien président de la Chambre des représentants, n’a pas hésité à qualifier de «fantaisiste» le désir de Barack Obama d’ouvrir un dialogue avec l’Iran ajoutant que «l’approche de Barack Obama sur ce dossier est le signe de faiblesse le plus clair depuis Jimmy Carter».

Nul doute que Benyamin Netanyahou, qui est attendu fin mai à Washington pour sa première rencontre avec le président américain, relaiera personnellement les inquiétudes que suscitent les projets de l’administration américaine au Proche-Orient. Mais il sait d’ores et déjà qu’il bénéficiera d’une oreille moins attentive que celle dont disposait jusqu’alors le gouvernement israélien à la Maison Blanche. Les dernières déclarations du vice-président américain sont d’ailleurs venues confirmer cette impression.

«Une solution à deux Etats»

Devant l’AIPAC, Joe Biden a affirmé qu’ «Israël doit œuvrer à une solution à deux Etats. Peut-être n'allez-vous pas aimer ce que je vais dire, mais Israël ne doit plus construire de nouvelles colonies. Il doit démanteler les avant-postes existants, il doit permettre aux Palestiniens d'aller et venir librement et d'avoir accès à des perspectives économiques.»

Devant la même assemblée, le secrétaire général de la Maison Blanche, Rahm Emmanuel, avait déjà souligné qu’une avancée sur le dossier israélo-palestinien permettrait de rallier les pays arabes à une politique de fermeté vis-à-vis des ambitions nucléaires iraniennes. Autant d’indices qui font craindre aux plus farouches partisans d’Israël que le nouveau gouvernement américain ne sacrifie son allié traditionnel pour s’attirer les bonnes grâces des pays arabes.

Rien n’indique pourtant, qu’au-delà d’un discours plus offensif sur le dossier palestinien, les Etats-Unis entendent modifier leur politique. L’aide directe américaine à Israël devrait ainsi rester inchangée à quelque trois milliards de dollars et ce, malgré une crise économique qui a conduit le gouvernement américain à réduire son assistance financière aux pays étrangers. Il n’ya donc pas de rupture en vue entre les deux pays. Tout juste un nouveau ton auquel les dirigeants israéliens n’étaient pas habitués de la part d’un président américain.

Franck WEIL-RABAUD
06/05/2009
RFI

Lire aussi :
• 07/05/2009, BHO est-il sérieux ? Le nucléaire d’Israël ?, Dedefensa
• 09/05/2009, Israël, BHO et le biais nucléaire, Dedefensa
• 10/05/2009, Le Premier ministre israélien à la recherche d'un front anti-Iran, RFI

8 mai 2009

¡Ya basta! du A(H1N1)

À lire les titres de la presse du jour, il y aurait de quoi être inquiet. Ainsi, selon Reuters-Yahoo! Actualités, "L'OMS fait état de plus de 2.000 cas de grippe dans le monde" et, selon AP-Yahoo! Actualités, "Jusqu'à deux milliards de personnes pourraient être infectées par le virus de la grippe A(H1N1) :
Jusqu'à deux milliards de personnes à travers le monde pourraient être infectées par le virus de la grippe A(H1N1), si l'épidémie actuelle devenait une pandémie, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Keiji Fukuda, responsable de la lutte contre la grippe au sein de l'OMS, a précisé que ce chiffre ne relevait pas d'une prédiction, mais que les expériences passées montraient que les pandémies de grippe affectaient un tiers de la population mondiale.

Quelque six milliards de personnes vivant à travers le monde, il est "raisonnable" de s'attendre à ce qu'une pandémie touche deux milliards d'entre elles, a souligné Keiji Fukuda.

Il a ajouté que l'OMS n'était pas en mesure de savoir ce que l'avenir réservait et qu'il était aujourd'hui impossible de se prononcer sur le degré de gravité d'une pandémie.

La semaine dernière, l'OMS a relevé son niveau d'alerte à 5 sur une échelle de 6.

Il y aurait de quoi être inquiet si on s'en tenait à la présentation des faits par les médias, les gouvernements et les organismes internationaux.

Désinformation médiatique

Les médias dominants parlent d'une "progression" de la grippe A(H1N1) car on compte aujourd'hui "plus de 2.000 cas de grippe dans le monde". Ce chiffre est réel, mais il s'agit du nombre cumulé des cas enregistrés entre le 24 avril et le 7 mai et non du nombre des cas nouveaux. Ce petit détail, non précisé, change totalement la perspective.

Les médias dominants présentent les chiffres de l'évolution de la grippe A(H1N1) sous cette forme :


Or, en comptabilisant le nombre de cas nouveaux par jour, la réalité se révèle bien différente :


Le nombre cumulé des cas d'un phénomène est toujours en hausse ou constant, mais jamais en baisse. Or, le nombre de cas nouveaux est de 206 le 7 mai à 6 heures GMT au lieu de 403 le 6 mai 2009 à 16 heures GMT. Cette baisse significative n'apparaît pas dans la présentation médiatique des faits.

Au risque de me répéter [1], il convient encore de recadrer les chiffres de cette épidémie en les comparant à ceux d'autres épidémies :
La grippe saisonnière entraîne entre 8 241 et 13 736 cas par jour dans le monde. Or on compte seulement 161,46 cas par jour de la grippe A(H1N1) dans le monde. 93,14% des cas sont concentrés en Amérique du Nord (Canada, États-Unis, Mexique).

La grippe saisonnière entraîne entre 684 et 1369 morts par jour dans le monde. Or on compte seulement 3,38 morts par jour de la grippe A(H1N1) dans le monde et tous en Amérique du Nord (États-Unis et Mexique) [2].

Les médias dominants s'acharnent à présenter comme "mexicaine" la grippe A(H1N1). Cette appellation, qui n'est pas innocente, reflète les enjeux économiques et politiques. Le terme "grippe porcine" fut écarté pour ne pas nuire aux éleveurs de porcs. Le terme "grippe mexicaine" s'impose car il satisfait le racisme colonial des sociétés occidentales.

Au XVIe siècle, les conquérants espagnols se demandaient sérieusement si les populations indiennes du Mexique étaient des êtres humains [3]. Aujourd'hui, beaucoup partage le préjugé que les populations des ex-colonies resteraient des sauvages. Ainsi, un rédacteur de Lutte Ouvrière reprend à son compte la thèse que "L'épidémie aurait commencé vers la mi-mars dans un village près de Veracruz où est installée une importante porcherie dans des conditions d'hygiène douteuses."
La fameuse grippe de 1918 fut nommée "grippe espagnole" par les médias français alors qu'elle devint pandémique lorqu'elle passa des États-Unis à l'Europe.

Manipulation politique

Chaque gouvernement a réagit selon des considérations de politique intérieure.

Le gouvernement égyptien a fait très fort car, en décidant d'abattre les porcs, il a accusé par avance les pauvres, qui vivent du tri des ordures et de l'élevage de dizaines de milliers de porc, d'être responsables d'une éventuelle épidémie...

Par le plus grand des hasards ces population sont des Coptes, une minorité chrétienne qui représente environ 8 à 10 % de la population égyptienne et fait l'objet de discriminations.

Le gouvernement mexicain lui aussi a fait très fort en imposant par décret des mesures liberticides :
[...] le samedi 25 avril, le gouvernement a publié un décret qui vise à supprimer du même coup le plus cher les droits individuels et collectifs de notre Constitution. Le décret, dans la deuxième clause de l'article IV, le ministre de la Santé a ordonné "La réquisition tout type de logement ou de locaux pour la réalisation d'activités visant à contrôler et à la lutte contre l'épidémie" [comme par hasard cela s'applique aux locaux syndicaux, aux associations citoyennes, etc.], et au paragraphe VIII "Commander les mesures adéquates visant à prévenir les rassemblements de personnes [les manifestations du 1er mai sont interdites] en tout lieu, y compris la fermeture temporaire de locaux ou de centres de divertissement."
Front syndical

Les partis de gauche mexicains sont, depuis juillet 2006, dans le même état de décomposition que les partis de gauche français depuis avril 2002. Ainsi, à part le Front syndical, seules quelques personnalités ont réagi contre ce décret, mais l'ensemble des députés ont accepté... de mettre le population sous contrôle de l'armée [5] !

Serge LEFORT
07/05/2009

Revue de presse Grippe A/H1N1, Monde en Question.
Bibliographie & Dossier documentaire Risque et Gestion du risque, Monde en Question.


[1] 30/04/2009, Serge LEFORT, La grippe saisonnière tue !, Monde en Question Blogger - WordPress.
[2] Comme l'épidémie de grippe saisonnière ne dure que quelques mois par an la moyenne journalière est bien supérieure : de l'ordre de 24 723 à 41 208 cas par jour dans le monde ; de l'ordre de 2 052 à 4 104 morts par jour dans le monde.
[3] Controverse de Valladolid, Wikipédia.
[4] Lire :
• "Porcine", "mexicaine", "nouvelle"... Quel nom pour la grippe ?, Nouvel Obs.
• Jorge Gómez Barata, El A H1N1 no es un virus étnico, Rebelión.
[5] Lire :
• 25/04/2009, Pláticas de Calderón y Peña Nieto sobre influenza, El Universal.
• 26/04/2009, Ejército, listo contra influenza, El Universal.
• 26/04/2009, Editorial, Crisis sanitaria: dimensiones e implicaciones, La Jornada.
• 26/04/2009, Fabiola Martínez, Faculta Calderón a la Ssa para allanar domicilios de enfermos, La Jornada.
• 27/04/2009, Enrique Méndez y Emir Olivares, Aceptan diputados el decreto presidencial sobre allanamientos, pero temen abusos, La Jornada.
• 27/04/2009, Carlos Fernández-Vega, México SA [Decreto violenta la Constitución], La Jornada.
• 27/04/2009, Julio Hernández López, Astillero [Estado (médico) de excepción], La Jornada.
• 28/04/2009, Qué días estamos viviendo, El Universal.
• 30/04/2009, Alto a la política de miedo y sicosis frente a la contingencia sanitaria, Frente Sindical Mexicano.
• 01/05/2009, Porfirio Muñoz Ledo, Secuestro electoral, El Universal.
• 02/05/2009, Georgina Saldierna, Alerta Porfirio Muñoz Ledo contra manipulación oficial por la influenza, La Jornada.
• 04/05/2009, John M. Ackerman, Decreto inconstitucional, La Jornada.