17 juin 2009

Analyse du discours de Netanyahou

En réponse à Barack Obama qui s'etait adressé aux musulmans du monde entier, Benyamin Netanyahou s'adresse aux seuls Israéliens pour les convaincre qu'il est bien le Premier ministre d'un «gouvernement d'unité nationale» et qu'il est capable de «garantir la sécurité d'Israël» face à «la menace iranienne, la crise économique»... et un nouveau Hamastan».

Benyamin Netanyahou a peu parlé de l'Iran, mais toujours en termes de menace pour Israël :
«la menace iranienne»
«le spectre de la menace iranienne»
La réélection de Mahmoud Ahmadinejad, qu'il n'a jamais nommé, est un atout majeur pour concrétiser ses efforts en vue «de forger une alliance internationale» contre l'Iran. Moshe Ya'alon, vice-Premier ministre et ministre des Affaires stratégiques, a depuis longtemps préparé cette stratégie qui est une arme redoutable pour détourner l'attention des crimes perpétués par l'armée d'occupation en Palestine [1].

L'essentiel de son discours concernait la question palestinienne. Benyamin Netanyahou a prononcé trois fois les mots «État palestinien», mais en termes négatifs ou hypothétiques :
Si ces deux conditions ne sont pas respectées, le danger de l'émergence d'un État palestinien armé qui deviendrait une nouvelle base de terrorisme contre l'État juif, du genre de celle de Gaza, est réel.
On ne peut s'attendre à ce que nous acceptions par avance le principe d'un État palestinien sans garanties de démilitarisation de cet État.
Si nous recevons des garanties concernant la démilitarisation et les exigences israéliennes de sécurité, et si les Palestiniens reconnaissent qu'Israël en tant qu'État du peuple juif, nous serions disposés, dans le cadre d'un futur accord, à parvenir à une solution prévoyant l'existence d'un État palestinien démilitarisé aux côtés de l'État juif.
Les nouvelles conditions que Benyamin Netanyahou posent avant d'envisager «dans le cadre d'un futur accord» de «parvenir à une solution prévoyant l'existence d'un État palestinien» le rendent impossible et le vident par avance de sa substance :

1) Les Palestiniens doivent reconnaître Israël comme l'État du peuple juif.
Il s'ensuit que la condition préalable fondamentale pour mettre fin au conflit est la reconnaissance, publique et catégorique par les Palestiniens, d'Israël comme l'État-nation du peuple juif.
J'ai déjà énoncé le premier de ces principes : la reconnaissance. Les Palestiniens doivent reconnaître clairement et sans ambiguïté qu'Israël est l'État du peuple juif.
[...] si les Palestiniens reconnaissent qu'Israël en tant qu'État du peuple juif, nous serions disposés, dans le cadre d'un futur accord, à parvenir à une solution prévoyant l'existence d'un État palestinien démilitarisé aux côtés de l'État juif.

Commentaires :

Pour comprendre l'absurde de cette exigence, il faut savoir que la question de la nature de l'État d'Israël n'a jamais été réglée depuis 1948. L'État d'Israël ne possède pas de Constitution car les religieux s'y sont toujours opposé. Son droit s'appuie sur la Déclaration d'indépendance et les Lois fondamentales.
Le problème est que l'appartenance d'un individu au peuple juif (judéité) dépend de la Halakha et donc du pouvoir religieux.

Le deuxième problème que soulève cette exigence est le devenir des Arabes israéliens, qui représentent aujourd'hui environ 20% de la population. Leurs droits, qui varient selon leur origine ethnique et qui ne sont pas dans les faits égaux à ceux des Juifs israéliens, sont aujourd'hui remis en cause par l'extrême droite.
Dans les pays démocratiques, le droit s'applique à tous les citoyens quelque soit son origine ethnique et son appartenance religieuse. C'est la contradiction du droit israélien, en principe démocratique mais réservé au seul «peuple juif» comme l'a martelé Benyamin Netanyahou en recourant à un vocabulaire ethnico-religieux.

Comment un chef de gouvernement peut-il demandé à un peuple, qu'il nomme même pas et dont il occupe la terre depuis plus de quarante ans, de résoudre à sa place la question de la nature de l'État d'Israël ?
Qui se soucie des laïcs qui, en Israël, doivent se soumettre à la loi religieuse ? Sait-on que, par exemple, le seul mariage possible en Israël est le mariage religieux ? Cet archaïsme ne trouble-t-il pas les pourfendeurs du voile dit islamique ? Allez donc voir Pureté et Condamnée au mariage de Anat Zuria [2].
2) Que l'État palestinien soit démilitarisé.
Le second est la démilitarisation : le territoire sous contrôle palestinien doit impérativement être démilitarisé pour garantir la sécurité d'Israël.
[Nous voulons] des engagements clairs pour que, dans un futur accord de paix, le territoire contrôlé par les Palestiniens soit démilitarisé [...]
Si nous recevons des garanties concernant la démilitarisation et les exigences israéliennes de sécurité, [...] parvenir à une solution prévoyant l'existence d'un État palestinien démilitarisé aux côtés de l'État juif.

Commentaires :

L'argument de Benyamin Netanyahou, comme de tous les gouvernements israéliens avant lui, est la sécurité d'Israël. On pourrait le comprendre si la politique sécuritaire ne se substituait pas la politique économique et sociale. La même politique, menée en France, est d'ailleurs taxée de lepéniste.
Mais surtout de quel droit un gouvernement pourrait interdire à un autre État de se préoccuper de la sécurité de ses propres citoyens ? C'est ce que prétend cyniquement Benyamin Netanyahou : au nom de la sécurité d'Israël l'État est interdit d'assurer la sienne.

Plus absurde encore, Benyamin Netanyahou exige que les Palestiniens assurent bénévolement la sécurité d'Israël en contrôlant par exemple «le trafic d'armes sur le territoire». Mais comment ?
Le mystère reste entier et ferait rire tout le monde s'il ne s'agissait d'un État qui utilise massivement ses forces militaires - aériennes, maritimes et terrestres - contre une population civile ; s'il ne s'agissait d'un État qui n'a respecté aucune résolution de l'ONU le concernant depuis 1948 ; s'il ne s'agissait d'un État qui viole ses propres règles morales.

En lisant dans le détail le texte du discours de Benyamin Netanyahou, on se rend compte qu'il dénie tout droit à l'hypothétique État palestinien : pas de contrôle - aérien, maritime et terrestre - de son territoire, pas de relations avec les pays désignés comme ennemis d'Israël, pas de maîtrise de son économie qui serait en concurrence avec celle d'Israël, pas le droit d'élire démocratiquement des représentants qui ne plaisent à Israël, etc.
Cette mascarade s'appelle un État croupion à la solde de l'occupant comme le fut le régime de Vichy pendant la Seconde guerre mondiale. Un régime qui se préoccupera de la sécurité d'Israël en arrêtant préventivement - de préférence dès la naissance - tous les supposés résistants.
3) Qu'aucun réfugié palestinien n'ait droit au retour.
Car il est clair que toute exigence de retour des réfugiés palestiniens en Israël constitue un danger pour l'existence d'Israël en tant que État du peuple juif.

Commentaires :

Le droit que reconnaît l'État d'Israël aux Juifs du monde entier d'émigrer en Israël et d'acquérir automatiquement la nationalité, ce droit est dénié aux Palestiniens qui ont été chassé de leur terre en 1948 par l'armée israélienne.
Benyamin Netanyahou ne reconnaît aucun droit aux Palestiniens et surtout pas celui de retrouver leur maison et leur terre, volées par les groupes terroristes Irgoun Stern et Haganah en 1948 et par Tsahal depuis.

Cette politique du deux poids, deux mesures est constante et elle révèle le racisme colonial qui imprègne la classe dirigeante en Israël. Un racisme qui gangrène toute la société au point que beaucoup d'Israéliens ont perdu aujourd'hui toute compassion et tout sentiment humain face à la détresse des Palestiniens.
4) Que Jérusalem soit la capitale indivisible d'Israël.
Israël a besoin de frontières sûres et défendables, Jérusalem doit rester la capitale unifiée d'Israël où la liberté de toutes les religions sera respectée.

Commentaires :

Benyamin Netanyahou a eu recours à un vocabulaire ethnico-religieux et certains passages de son discours ont un simple copier-coller de la Déclaration d'indépendance. Ainsi, il reprend le mythe religieux de la Terre d'Israël [Eretz Israel], don de YHWH au peuple juif. L'histoire de la Palestine montre que, avant la sédentarisation de population semi-nomade (proto-Israélites selon les archéologues) vers -1200, fleurissait la civilisation cananéenne notamment sur le site de Jérusalem.

Jérusalem est absent de la Déclaration d'indépendance de 1948. La ville passe sous administration israélienne après la guerre coloniale des Six Jours en 1967. En 1980, la loi fondamentale israélienne entérine le statut de la ville en capitale «éternelle et indivisible». Mais la résolution 476 et la résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations unies annulent cette loi en droit international.
5) Que l'Autorité palestinienne reprenne Gaza au Hamas.
L'Autorité palestinienne devra faire régner la loi à Gaza et triompher du Hamas.

Commentaires :

Benyamin Netanyahou en Ubu colonial, aussi grotesque que son modèle, exige que l'Autorité palestinienne (ignorée du temps d'Arafat), fasse un véritable coup d'État à Gaza pour prendre par la force le pouvoir que le Hamas (instrumentalisé par Benyamin Netanyahou et Ariel Sharon) a gagné dans les urnes.

Exigence grotesque car on se demande comment l'Autorité palestinienne, totalement désarmée, pourrait «reprendre Gaza au Hamas». Exigence méprisante pour la démocratie palestinienne. Le Hamas, que cela lui plaise ou non, a gagné les élections législatives à Gaza en 2006.
6) Que la colonisation continue.
[...] nous n'avons l'intention ni d'établir de nouvelles colonies, ni d'exproprier d'autres terrains au profit des colonies existantes.
Toutefois, nous devons permettre aux habitants de mener une vie normale, aux mères et aux pères d'élever leurs enfants comme partout ailleurs.

Commentaires :

Le diable est dans les détails. À lire le paragraphe sur la colonisation, on pourrait croire que Benyamin Netanyahou n'a pas «l'intention d'établir de nouvelles colonies», mais il a bien l'intention d'étendre les colonies existantes.
Nous allons y revenir, mais remarquons d'abord comment il présente l'extension naturelle des colonies : «nous devons permettre aux habitants de mener une vie normale, aux mères et aux pères d'élever leurs enfants comme partout ailleurs». Les habitants en question sont des colons israéliens qui vivent sur des terres volées aux Palestiniens grâce à la protection de milices et de l'armée en violation du droit international et de toutes les résolutions de l'ONU.

Pour comprendre les véritables intentions de l'Ubu colonial, il faut relire les paragraphes antérieurs dans lesquels il justifie longuement le droit du peuple juif sur la Terre d'Israël [Eretz Israel], «sa patrie historique» car don de YHWH au peuple juif. Il répète inlassablement le mythe sioniste «une terre sans peuple pour un peuple sans terre» et nie les travaux de tous les historiens, notamment israéliens.
Il revendique fièrement son négationnisme de l'expulsion des Palestiniens en 1948 organisée selon le Plan Daleth, de la destruction des maisons et du vol des terres palestiniennes après 1948, de l'occupation coloniale de Gaza et de la Cisjordanie depuis 1967 et de l'extension des colonies selon un plan qui émiette les territoires palestiniens en banthoustans.

Le problème fondamentale est que Israël n'a jamais reconnu les frontières internationales de son État. Ses frontières sont sans cesse repoussées plus loin par la guerre et l'occupation militaire et coloniale. Benyamin Netanyahou n'a donc logiquement rien dit des frontières d'un hypothétique État palestinien. Il évoque vaguement «le territoire sous contrôle palestinien», au singulier car il exclut Gaza qui est, selon lui, un Hamastan.
Benyamin Netanyahou reprend le rêve sionniste, abandonné par Ehud Olmert, du Grand Israël. S'il ne prononce pas le mot, il y fait explicitement référence dans la partie qui traite des «principes fondamentaux» [3].
Pour conclure sur une note optimiste, Benyamin Netanyahou, empêtré dans les contradictions d'un «gouvernement d'unité nationale», a fait un aveu de taille :
Ces deux réalités - notre attachement à la Terre d'Israël [Eretz Israel] d'une part, et la présence d'une population palestinienne parmi nous de l'autre - ont suscité de profondes controverses dans la société israélienne.
Ces controverse ont porté sur la remise en cause par l'extrême droite du statut des Arabes israéliens. Or la poursuite du statu quo, c'est-à-dire de l'occupation et de la colonisation qui détruisent la perspective d'un État palestinien viable, aboutira un jour ou l'autre à la reconnaissance d'un État pour deux peuples comme en Afrique du Sud ou au nettoyage ethnique de tous les Palestiniens dans le Grand Israël.

Serge LEFORT
16/06/2009

Sources :
• Address by Benjamin Netanyahu, Ministry of Foreign Affairs version anglaise officielle.
• Discours de Benyamin Netanyahou, Ambassade d'Israël en France version française officielle revue et corrigée par Monde en Question.
settlements = colonies [implantations en novlangue politiquement correcte] et non localités
settlers = colons et non habitants de ces localités
Israel = Israël et non État d'Israël
Jewish state = État juif et non Israël
land of Israel = Terre d'Israël [Eretz Israel] et non patrie
Holocaust = Holocauste et non Shoah
Lire aussi :
• Analyse du discours de Barack Obama
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Sélection biblographique :
• COHEN Mitchell, Du rêve sioniste à la réalité israélienne, La Découverte, 1990
• DEBIÉ Franck et FOUET Sylvie, La paix en miettes - Israël et Palestine (1993-2000) [stratégie territoriale], PUF, 2001
• DIECKHOFF Alain, Les espaces d'Israël - Essai sur la stratégie territoriale d'Israël, Fondation pour les études de défense nationale, 1987
• DIECKHOFF Alain (sous la direction de), L'État d'Israël, Fayard, 2008
• ENDERLIN Charles, Par le feu et par le sang - Le combat clandestin pour l’indépendance d’Israël 1936-1948, Albin Michel, 2008
• FINKELSTEIN Norman G., L'industrie de l'Holocauste - Réflexions sur l'exploitation de la souffrance des Juifs, La Fabrique, 2001
• KLEIN Claude, Israël - État en quête d'identité, Casterman, 1999
• LOUËR Laurence, Les citoyens arabes d'Israël, Balland, 2003
• MARDAM-FEY Farouk et SANBAR Elias (textes réunis par), Le droit au retour - Le problème des réfugiés palestiniens, Actes Sud, 2002
• MORRIS Benny, Victimes - Histoires revisitée du conflit arabo-sioniste, Complexe, 2003
• PAPPÉ Ilan, Le nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard, 2008
• REINHART Tanya, Détruire la palestine, ou comment terminer la guerre de 1948, La Fabrique, 2002
• REINHART Tanya, L’héritage de Sharon - Détruire la Palestine suite, La Fabrique, 2006
• WARSCHAMSKI Michel (Textes téunis et présentés par), La révolution sioniste est morte - Voix israéliennes contre l’occupation, 1967-2007, La Fabrique, 2007

[1] Moshe Ya'alon, Wikipedia - Un écho d'Israël
Documents sur l'Iran, 2006 et 2009
[2] • Pureté : Selon la Thora, une femme ne peut avoir aucun contact charnel avec son époux pendant une période allant jusqu'à deux semaines après la fin de son cycle.
Cinéma Méditerranéen
Dailymotion - Pureté 1
Dailymotion - Pureté 2
Dailymotion - Pureté 3
Femmes en résistance
Condamnée au mariage : Une épouse juive est la propriété de son mari. Par le mariage, il l'acquiert et il est le seul à pouvoir lui accorder un divorce. La loi rabbinique permet même à un mari ayant refusé le divorce à son épouse, de vivre avec une autre femme et avoir des enfants avec elle, mais la loi interdit à une femme mariée dont le mari refuse le divorce, de vivre avec un autre homme et de porter ses enfants.
Cinéma Méditerranéen
France 5
L'Internaute
Mediapart
TSR
[3] «principes fondamentaux» du sionisme :
Permettez-moi de rappeler tout d'abord que les liens noués par le peuple juif avec la Terre d'Israël [Eretz Israel] remontent à plus de 3500 ans. La Judée et la Samarie, ces lieux où vécurent Abraham, Isaac, Jacob, David, Salomon, Isaïe et Jérémie, ne nous sont pas étrangers. Ils s'inscrivent dans la terre de nos ancêtres.

Le droit du peuple juif à un État en Terre d'Israël [Eretz Israel] n'est pas la conséquence des catastrophes qui ont frappé notre peuple. Certes, pendant 2000 ans, les Juifs ont enduré des expulsions, des pogroms, des accusations de meurtre rituel et des massacres dont le paroxysme, sans précédent dans l'histoire de l'humanité, a été atteint pendant l'Holocauste. Certains prétendent que sans l'Holocauste l'État d'Israël n'aurait pas vu le jour. Pour ma part j'affirme que si l'État d'Israël avait été établi plus tôt, l'Holocauste ne se serait pas produit.

Cette tragique histoire d'impuissance explique pourquoi le peuple juif doit posséder son pouvoir souverain d'autodéfense. Toutefois, notre droit d'édifier ici, en Terre d'Israël [Eretz Israel], un pays souverain, procède d'un fait simple : cette terre est la patrie du peuple juif, celle où s'est forgée notre identité.

Comme le proclama dans la Déclaration d'Indépendance le Premier ministre David Ben-Gurion : "Le peuple juif est né en Terre d'Israël [Eretz Israel]. C'est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C'est là qu'il réalisa son indépendance, créa une culture à la fois nationale et universelle, et fit don de la Bible au monde entier".

16 juin 2009

L'agence palestinienne Wafa

L'agence de presse officielle palestinienne Wafa [en arabe] a lancé lundi un service de nouvelles en hébreu visant à fournir à l'opinion publique, à la classe politique israéliennes et aux médias israéliens une vision palestinienne non édulcorée de l'actualité.

Le site de Wafa en hébreu traite de l'actualité sous toutes ses formes - politique, économie, culture.
Wafa enverra aussi par internet une lettre d'information quotidienne aux députés de la Knesset, aux ministères et aux médias israéliens.

Ce lancement intervient au lendemain d'un grand discours de Benjamin Netanyahu qui a déçu les Palestiniens et dans lequel le Premier ministre israélien a mis des conditions draconiennes à la création d'un État palestinien.

Le directeur de Wafa, Riyad al Hassan, a indiqué que le fil en hébreu de son agence était également destiné aux Palestiniens qui sont citoyens israéliens et qui constituent 20% de la population de l'État d'Israël.

"Wafa s'attachera à respecter les valeurs de crédibilité et d'objectivité, sans ingérence et avec la volonté d'interagir de manière objective avec son lectorat", a-t-il assuré.

Wafa a vu le jour en 1972 au Liban pour couvrir initialement en arabe les activités de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de son président, Yasser Arafat. Elle dispose déjà de fils en anglais et en français.

Lire aussi :
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

15 juin 2009

Réactions au discours de Netanyahou

• Address by Benjamin Netanyahu at Bar-Ilan University, Ministry of Foreign Affairs version anglaise officielle.
• Discours de Benyamin Netanyahou, Ambassade d'Israël en France version française officielle revue et corrigée par Monde en Question.

Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a déclaré que "Ce discours reflète l'idéologie raciste et extrémiste de Netanyahou et fait fi de tous les droits du peuple palestinien". (Déclaration à l'AFP dimanche 14 juin)
"Ce discours reflète l'idéologie raciste et extrémiste de Netanyahou et fait fi de tous les droits du peuple palestinien", a déclaré à l'AFP le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum.
"Il propose un État (palestinien) sans identité, ni souveraineté, ni Jérusalem, ni droit au retour, ni armée, ni armes et insiste sur le maintien des colonies", a ajouté M. Barhoum.
AFP-Romandie

Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé que "ce discours torpille toutes les initiatives de paix dans la région". "Il entrave les efforts visant à sauver les processus de paix dans un clair défi à l'administration américaine". (Déclaration à l'AFP dimanche 14 juin)

Un proche collaborateur de Mahmoud Abbas, Yasser Abed Rabbo, a violemment critiqué Benjamin Netanyahou en déclarant qu'"il a parlé d'un État palestinien en le vidant de sa substance en excluant un gel de la colonisation. En exigeant la reconnaissance du caractère juif d'Israël, il veut que les Palestiniens fassent partie du mouvement sioniste mondial".
"Il a employé les mots «État palestinien» mais en fait il veut un protectorat israélien", a-t-il ajouté. (Déclaration à l'AFP dimanche 14 juin)

"Après le discours de Netanyahou, il devient clair que nous sommes en présence d'un gouvernement israélien que refuse en réalité une solution à deux États, l'arrêt de la colonisation et la reprise des négociations du point où elles s'étaient arrêtées" fin 2008, a affirmé à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat. [...] Selon lui, la direction palestinienne est entrée en contact "dès dimanche soir" avec l'administration américaine et des pays européens et arabes "pour expliquer que Netanyahou n'a fait qu'émettre cinq «non»". "Il a dit non à une solution à deux États, non au gel de la colonisation, non à la vision du président Barack Obama pour un nouveau Proche-Orient, non à la reprise des négociations au point où elles s'étaient arrêtées et non à l'Initiative de paix arabe" proposant une normalisation avec Israël en échange de son retrait des territoires occupés, a-t-il estimé.
[...]
Soumis à de fortes pressions internationales, notamment de Washington, M. Netanyahou, qui dirige un cabinet de droite, a accepté dans son discours le principe d'un État palestinien tout en posant une série de conditions draconiennes. Il a notamment exigé la démilitarisation de cet État et la reconnaissance par la direction palestinienne d'Israël comme État du peuple juif. Il a aussi exclu un gel de la colonisation juive, un retour des réfugiés palestiniens poussés à l'exode lors de la création d'Israël en 1948, ou un retrait de la partie arabe occupée d'Al-Qods.
Le Matin

Le porte-parole du front populaire [FPLP] a dit dans un communiqué dont le Centre Palestinien d'Information a reçu une copie, que la condition de Netanyahou de reconnaître l'État juif, sa négligence des droits palestiniens dont le retour des réfugiés palestiniens, son attachement à la ville occupée d'Al-Qods comme capitale éternelle de l'État de l'occupation ainsi que son refus du retrait aux frontières de 1967 et sa volonté d'un État palestinien désarmé et sans souveraineté transforment la paix proposée aux Palestiniens et aux Arabes en une "paix d'esclaves", et l'État palestinien en un protectorat sioniste.
ISM

Le Conseil des implantations de Judée Samarie (Cisjordanie) a déclaré : "Nous déplorons que le Premier ministre ait donné son accord à la constitution d'un État palestinien démilitarisé alors que plus que quiconque Netanyahou a expliqué au fil des années quelle menace constituerait pour Israël un tel État, même démilitarisé". (Communiqué du dimanche 14 juin)

Le comité des colonies du nord de la Cisjordanie a dénoncé les propos du Premier ministre affirmant que "la Terre d'Israël ne constitue pas une monnaie d'échange dont tel ou tel gouvernement passager disposerait à sa guise", en référence à la Cisjordanie. (Communiqué du dimanche 14 juin)

Aryeh Eldad (Union nationale) a accusé Netanyahou de violer ses propres promesses. "Avec l'expression« État palestinien démilitarisé, «Netanyahou tente de manger un cochon dans une boucherie casher», at-il ajouté. «Il n'ya pas de telle chose comme un État démilitarisé, Nétanyahou sait très bien qu'aucune force politique sur la terre ne peuvent empêcher un pays de l'armement militaire elle-même ou à la signature de traités comme n'importe quel autre pays."
Ha'aretz

Akiva ELDAR
Le discours du Premier ministre, hier soir, a renvoyé le Moyen-Orient à l'époque de l'"axe du mal" de George W. Bush. Benyamin Netanyahou a fait un discours patriarcal, colonialiste dans la meilleure tradition néoconservatrice. Les Arabes sont les méchants ou, au mieux, des terroristes ingrats. Les Juifs, bien sûr, sont les bons, des gens rationnels qui veulent élever et s'occuper de leurs enfants.
[...]
Il est difficile de croire qu'on puisse trouver un seul dirigeant palestinien qui achète la marchandise défectueuse que Netanyahou a présenté la nuit dernière.
Ha'aretz

Gideon LEVY
Pourquoi le discours de Netanyahou nous donne un motif de joie demande Gideon Levy. Un leader d'extrême-droite a déclaré qu'il soutient l'État palestinien.
[...]
Netanyahou a adopté la langue d'avant-hier. Pas de peuple palestinien, mais une "population palestinienne" qui vit en Judée et en Samarie. Il a invoqué le fameux lexique de Golda Meir, pas d'occupation mais de «présence israélienne" en Cisjordanie.
[...]
Il y a aussi l'omission des frontières définitives, le manque de référence, même superficielle, à la feuille de route, la répétition de "Jérusalem indivisible", la répétition de la plainte "ils ont commencé" et la ridicule, excessive, demande que les Palestiniens reconnaissent l'État juif par celui qui ne reconnaît pas les Palestiniens comme peuple.
Ha'aretz

Mise à jour du 18/06/2009 :
• Le discours de Netanyahou vu d'Israël, AFPS
• Le discours de Netanyahou vu de Palestine, AFPS
• Israël - Netanyahou accepte... un non-État palestinien, Lutte Ouvrière

Lire aussi :
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Le combat solitaire de Ha'aretz

Depuis des mois, les dirigeants du pays, Mme Tzipi Livni (Kadima) et M. Ehoud Barak (le faux travailliste), annonçaient leur objectif à Gaza : anéantir le Hamas et donner une « leçon inoubliable » à l’adversaire, fût-ce au prix de destructions massives et de lourdes pertes humaines. Les médias ont continué à soutenir cette stratégie après le déclenchement de l’attaque, alors même que les terribles images de destruction étaient projetées sur le petit écran à travers le monde — mais pas sur ceux de la télévision israélienne. Chaque justification des porte-parole de l’armée était reprise sans critique, comme lorsqu’ils prétendaient que les bombardements des mosquées, des écoles et des hôpitaux étaient dus à l’existence d’armes dans leurs enceintes ou au tir de francs-tireurs palestiniens...

Cette attitude des médias israéliens n’est pas nouvelle. Lorsqu’un accord est violé, c’est toujours l’adversaire arabe qui en est responsable. Ainsi, lors des pourparlers indirects organisés par l’Egypte entre le Hamas et Israël pour établir une « accalmie » (tahdia, en arabe — que l’on traduit, en général, par cessez-le-feu ou trêve) —, les journalistes ont vivement critiqué ces contacts, proclamant que les « terroristes viole[raie]nt tout accord » et que le seul moyen de mettre fin à leurs activités était militaire. Pourtant, le bon sens a triomphé et le cessez-le-feu fut instauré le 19 juin 2008.

Cinq jours plus tard, le Djihad islamique tirait deux Qassam sur la ville de Sderot (sans causer de victimes). Les médias israéliens ont aussitôt dénoncé à l’unisson le Djihad, alors qu’un communiqué de cette organisation expliquait qu’il s’agissait d’un acte de représailles à l’exécution sommaire, à Naplouse, par une unité spéciale de l’armée, de deux de ses militants, dont un haut commandant, Tareq Abou Ghali. Le quotidien Ha'aretz, consacrant seulement quelques lignes à l’opération israélienne, expliquait, le 25 juin, que « l’establishment militaire avait prévu cette vengeance palestinienne ». Pourtant, ce journal, considéré comme sérieux et qui cherche, souvent seul, à donner une image complète et équilibrée du conflit, titrait tout comme les autres organes de presse : « Le Djihad a violé la trêve à Gaza ». Finalement, le cessez-le-feu a tenu, le Hamas en ayant respecté les termes et les ayant imposés aux autres organisations palestiniennes ; c’est une opération militaire israélienne à Gaza, le 4 novembre, qui marqua le début de l’escalade et ouvrit la voie à la guerre.

[...]

La rédaction de Ha'aretz compte Gideon Levy, sans aucun doute, avec Amira Hass, le meilleur des spécialistes des territoires occupés. Il publie, presque seul dans les médias israéliens, au moins un long article par semaine sur les malheurs et la misère du peuple palestinien sous l’occupation. Presque seul aussi, il a condamné la guerre israélienne contre Gaza et a répondu vertement à une lettre de l’écrivain Abraham B. Yehoshua, et à travers lui au camp de la paix qui avait approuvé l’opération à Gaza : « Vous, très estimé auteur, êtes victime de la vague sauvage qui a submergé, paralysé et lavé notre cerveau. Vous justifiez la guerre la plus brutale qu’Israël ait jamais entreprise et, ainsi, vous acceptez indirectement l’idée que l’occupation de Gaza est terminée. (...) Vous jugez un peuple sans défense, à qui l’on refuse un gouvernement et une armée — qui comprend un mouvement qui use de moyens impropres pour une juste cause, la fin de l’occupation —, avec les mêmes critères que vous jugez une puissance régionale qui se considère comme humaine et démocratique mais qui s’est révélée un conquérant brutal et cruel. Comme Israélien, je ne peux pas chapitrer les dirigeants palestiniens alors que nos mains sont couvertes de sang... »

Amnon Kapeliouk
Mars 2009
Le Monde diplomatique

Lire aussi :
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Israéliens contre Netanyahou


Netanyahu, Mideast peace and a return to the Axis of Evil

The prime minister's speech last night returned the Middle East to the days of George W. Bush's "axis of evil." Benjamin Netanyahu delivered a patriarchal, colonialist address in the best neoconservative tradition: The Arabs are the bad guys, or at best ungrateful terrorists; the Jews, of course, are the good guys, rational people who need to raise and care for their children. In the West Bank settlement of Itamar, they're even building a nursery school.

No empathy for the refugees from Jaffa who lost their entire world, not a word for the Muslim connection to Jerusalem neither a fragment of a quote from the Koran, nor a line of Arabic poetry.

Netanyahu's provincial remarks were not intended to penetrate the hearts of the hundreds of millions of Al Jazeera viewers in the Muslim world. Instead, he sought to appease Tzipi Hotovely, the settler Likud lawmaker, and make it possible to live peaceably with the settler foreign minister Avigdor Lieberman. Netanyahu's demand that Palestinians recognize Israel as the state of the Jewish people didn't even leave him an opening for forging reconciliation with the Arab citizens in the country.

The prime minister's declaration that Jerusalem will remain he "undivided capital" of Israel - only Israel - slammed the door before the entire Muslim world. And his Hebron is solely the city of the Jewish patriarchs; the Arabs have no such rights at all. The Palestinians can have a state, but only if those foreign invaders show us they know how to eat with a fork and knife. Actually, without a knife.

The demilitarization of the Palestinian state was mentioned in the Clinton guidelines, the Taba understandings and the Geneva accord, as was the right of return to Palestine, not Israel. The difference between these documents and the Bar-Ilan address is not only that the former recognized the Palestinians' full rights to the West Bank and East Jerusalem. The real difference lies in the tone - in the degrading and disrespectful nature of Netanyahu's remarks. That's not how one brings down a wall of enmity between two nations, that's not how trust is built.

It's hard to believe that a single Palestinian leader will be found who will buy the defective merchandise Netanyahu presented last night.

Akiva Eldar
15/06/2009
Ha'aretz
Tag Benjamin Netanyahu, Ha'aretz

• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

14 juin 2009

Discours de Benyamin Netanyahou

Moshe Ya'alon, vice-Premier ministre et ministre des Affaires stratégiques, a déclaré
• le 23 mai 2009 : Nous n'allons pas suivre les diktats américains. Nous n'allons pas cesser la construction des colonies de peuplement.
Ha'aretz

• le 26 mai 2009 : Je ne vois pas la moindre chance de créer une entité palestinienne en Judée, Samarie et/ou dans la bande de Gaza, qui pourrait être viable économiquement.
The Jerusalem Post

• le 9 juin 2009, il a fixé des conditions qui ferment la porte à tout règlement du conflit israélo-palestinien.
Ministry of Foreign Affairs
Comme il était prévisible, Benyamin Netanyahou a repris la même rhétorique en posant six conditions à la création d'un État palestinien qui le vident de sa substance :
1) Que les Palestiniens reconnaissent Israël en tant qu'un État juif.
2) Que l'État palestinien soit démilitarisé.
3) Qu'aucun réfugié palestinien n'ait droit au retour.
4) Que Jérusalem soit la capitale indivisible du peuple juif.
5) Que l'Autorité palestinienne reprenne Gaza au Hamas.
6) Que la colonisation continue.
Seuls les naïfs s'étonneront que le discours Benyamin Netanyahou, annoncé comme historique ("Son dessein est d'avancer sur le chemin d'une réconciliation historique et d'affirmer que toutes les parties ont un rôle à jouer pour que le processus de paix aboutisse "a déclaré le porte-parole de Netanyahou, Mark Regev), ne soit que la répétition des discours antérieurs.

Comme l'a écrit récemment Gaël Lagadec, la stratégie israélienne en Palestine reste la même depuis 1948 : négociation perpétuelle et colonisation sans fin [PDF].

Que va faire Barack Obama après ce bras d'honneur alors que les États-Unis fournissent une aide militaire annuelle de 2,4 milliards de dollars ainsi qu'un soutien diplomatique à Israël ?
La réélection de Mahmoud Ahmadinejad en Iran est un atout majeur pour Benyamin Netanyahou [Ha'aretz]. Moshe Ya'alon le répète depuis longtemps [Face à l'Iran]...

Serge LEFORT
14/06/2009

[Note ajoutée à 15h07] Une dépêche d'agence canadienne titre «Obama salue "l'important pas en avant" de Netanyahou» ! Barack Obama pratiquerait-il le langage paradoxal pour dépasser l'absurde des déclarations de Benyamin Netanyahou ?

[Note ajoutée à 16h12] Full text of Netanyahu's foreign policy speech at Bar Ilan, Ha'aretz.

[Note ajoutée à 18h22] Traductions officielles :
• Address by Benjamin Netanyahu at Bar-Ilan University, Ministry of Foreign Affairs version anglaise officielle.
• Discours de Benyamin Netanyahou, Ambassade d'Israël en France version française officielle revue et corrigée par Monde en Question.

L'Islam et l'Occident à l'époque médiévale

Ce colloque international est conçu comme un moment de débat scientifique et d'échanges sur les enjeux sociaux de l'écriture de l'histoire, dès lors que l'on traite du monde arabo-musulman, de ses rapports avec les sociétés occidentales et, plus particulièrement, de la transmission des savoirs entre les deux mondes au Moyen Âge. Dans le cadre de ce colloque, nous souhaitons discuter des questions suivantes :

La philosophie dans le monde arabo-musulman au Moyen Âge
Dans son livre l'Obtention du bonheur, al-Fârâbî (Xe siècle) présente la philosophie qui est d'après lui "la science suprême" et "la science la plus ancienne" comme le produit des Chaldéens (peuples d'Irak) transmis aux Egyptiens, puis aux Grecs, ensuite aux Syriaques, enfin aux Arabes. Cette présentation insiste sur la pérégrination des savoirs antiques dans différentes ères géographiques et linguistiques et sur leur appropriation par la culture arabo-musulmane à un moment donné de l'histoire. Certains affirment, toutefois, que la « falsafa ne coïncide pas totalement avec notre "philosophie" » (Rémi Brague, Au moyen du Moyen Âge, p. 238), et pensent que le travail des philosophes arabes serait dépourvu de ce qui caractérise celui des Grecs : la recherche libre du savoir. D'autres estiment que l'ère géographique dominée par la culture arabo-musulmane pendant le Moyen Âge serait restée faiblement hellénisée, donc étrangère aux dynamiques intellectuelles et scientifiques qui ont animé leurs prédécesseurs grecs. Al-Fârâbî était-il donc en droit de revendiquer l'appropriation des savoirs antiques ? Par ailleurs, les connaissances produites en terre d'islam en fait de sciences et de philosophies ont-elles été foncièrement différentes de ce qui est né en Grèce et de qui sera élaboré en Occident au Moyen Âge et plus tard ? Les spécialistes de la philosophie arabe du Moyen Âge sont invités à débattre de la nature et de l'ampleur des productions scientifiques et philosophiques qui ont eu lieu en terre d'islam à cette époque.

La question de l'hellénisation du Proche-Orient à l'époque médiévale
La circulation des sciences "exactes" produites en pays d'Islam vers l'Europe, à partir de la fin du XIe siècle
Avicenne et son emprise sur la pensée postérieure, tant en terre d'Islam qu'en Occident
Débat

Traduction, langage et pensée philosophiques
La transmission des textes pose bien évidemment des problèmes cruciaux de traduction. Sur cette question, et dans la lignée des auteurs du XIXe siècle, des chercheurs écrivent aujourd'hui que les langues sont inégalement capables d'absorber puis de véhiculer la philosophie et la pensée scientifique. Cela impliquerait que certains peuples et nations seraient, du fait même de leurs systèmes linguistiques, réfractaires à la réception de la science. Ainsi, parce qu'elle serait essentiellement poétique ou de nature « religieuse » (S. Gouguenheim, Aristote au Mont Saint Michel, p. 136), la langue arabe serait incapable d'être le véhicule de notions abstraites et de raisonnements élaborés. Les intervenants sont invités à débattre des rapports entre langue et pensée et des différentes formes d'expression des savoirs scientifiques.

La logique d'Aristote et le modèle démonstratif chez les philosophes arabes classiques
Langue arabe et logique grecque
Traduire et lire un texte scientifique
En quel sens peut-on parler des racines d'une culture ?
Débat

La transmission des savoirs du monde arabo-musulman à l'Occident
La deuxième question est celle de la transmission des savoirs grecs à l'Occident au Moyen Âge. Quels ont été les traducteurs et les passeurs de ces savoirs au monde latin ? Les arabo-musulmans ont-ils joué uniquement le rôle de relais ou bien ont-ils transformé le contenu et les données épistémologiques relatives à certaines branches du savoir ? Par ailleurs, les textes scientifiques et philosophiques arabes ont-ils joué un rôle dans l'essor culturel de l'Europe au Moyen Âge ? Leur influence a-t-elle été limitée, passagère et circonscrite dans le temps et l'espace ou a-t-elle contribué à modifier les méthodes d'approche des savoirs ? Ces questions somme toute classiques feront l'objet d'une mise au point scientifique à la lumière des travaux récents publiés sur le sujet.

Lire Aristote dans le texte de Platon. Averroès et la mutation de la médecine politique
Astronomie et médecine chez les penseurs latins de la fin du XIIIe siècle
Ramon Lull "arabicus christianus" : des armes matérielles aux armes intellectuelles
Débat

Grammaire ou choc des civilisations
Et, de fait, le succès public du livre de Samuel Huntington, The Clash of Civilization and the Remaking of World Order (traduction française chez Odile Jacob en 1997) a fortement pesé et pèse toujours dans le champ des études sur l'Islam et l'Occident. Cette grille de lecture repose sur une volonté de comparaison entre les civilisations définies principalement par certaines de leurs caractéristiques culturelles, en particulier religieuses. Les insuffisances de cette approche ont été à plusieurs reprises critiquées mais la thèse continue de séduire ceux qui manient aussi volontiers les concepts « d'identité », de « traditions » et de « racines » culturelles, invoqués afin d'analyser l'inégale prédisposition des civilisations à s'acheminer vers le « progrès » identifié à l'Occident. On s'interrogera sur ces notions, sur les difficultés posées par la quête des « origines », sur l'environnement intellectuel, politique et pour tout dire idéologique qui sous-tend ces travaux. Il en va là encore du métier d'historien et des relations que celui-ci entretient avec le monde contemporain.

Les sciences historiques dans la culture arabo-musulmane : héritage antique et élaborations nouvelles
L'Islam médiéval ou le miroir aux identités. Remarques sur une civilisation de la bigarrure
Du clash des civilisations au choc des incultures : comment en est-on arrivé là ?
Historiographie d'une évidence : la civilisation occidentale
Débat

L'historien, la demande sociale et la diffusion des savoirs
Pour de multiples raisons, liées au contexte international comme à la réalité sociologique de la société française, les questions traitées dans les trois premiers axes pour le Moyen Age ont des implications contemporaines. Sur les relations culturelles entre le monde arabo-musulman et l'Occident, la production et la diffusion des connaissances, leur vulgarisation, leur inscription dans les manuels scolaires constituent un enjeu fort pour les historiens de métier. Nous voudrions promouvoir dans le cadre de ce colloque un « détour réflexif » sur le métier d'historien (IHTP) et un débat collectif sur les liens entre recherche scientifique, diffusion des travaux de spécialistes dans l'enseignement secondaire et supérieur et transmission au plus grand public (aussi par le biais des différents medias), dès lors que l'on travaille sur des questions « sensibles ».

L'enseignement de l'histoire de l'Islam médiéval en France
Tzvetan TodorovAutour de son livre La peur des barbares

École normale supérieure Lettres et sciences humaines - Canal-U, 2009

Le monde a besoin d'une perestroïka

« Le modèle qui a émergé au cours des dernières décennies du 20ème siècle s’est avéré non soutenable. Il est basé sur la recherche de super-profits et l’hyper-consommation de quelques-uns, sur l’exploitation effrénée des ressources et sur l’irresponsabilité sociale et environnementale, » constate Mikhail Gorbachev, qui appelle à l’émergence d’un nouveau modèle de développement, plus respectueux des équilibres écologiques et s’attachant à satisfaire les besoins du plus grand nombre.

Voilà des années, alors que la guerre froide touchait à sa fin, j’ai dit à mes collègues chefs d’Etats aux quatre coins de la planète que le monde était sur le point de connaître de grands événements, et que face à ces nouveaux défis, nous devrions tous changer, vous comme nous. La plupart du temps, leur réaction prenait la forme d’un silence poli, mais sceptique.

Toutefois, ces dernières années, lors de séries de conférences données aux États-Unis devant des universitaires et des hommes d’affaires, j’ai souvent dit à mes auditeurs que j’avais le sentiment que les américains avaient besoin eux aussi de changement - d’une perestroïka, non pas semblable à celle de mon pays, mais qui soit une perestroïka américaine - et les réaction étaient alors très différentes. Des salles de plusieurs milliers de personnes répondaient par des applaudissements.

Au fil du temps, ma remarque a suscité toutes sortes de commentaires. Certains comprenaient. D’autres y objectaient, de façon parfois sarcastique, suggérant que je souhaitais que les États-Unis traversent un bouleversement, tout comme l’ex-Union soviétique. Dans mon pays, les réactions les plus caustiques provenaient de tous les adversaires de la perestroïka, des gens à la mémoire courte et bien peu conscients des problèmes. Et bien que la plupart de mes critiques comprennent certainement que je n’assimile pas les États-Unis à l’Union soviétique finissante, je tiens à clarifier ma position.

Notre perestroïka signalait la nécessité du changement en Union soviétique, mais elle n’était pas destinée à proposer une capitulation devant le modèle américain. Aujourd’hui, la nécessité d’une perestroïka de plus grande ampleur - concernant l’Amérique et le monde - est devenu plus évidente que jamais.

Il est vrai que le besoin de changement dans l’Union soviétique au milieu des années 1980 était urgent. Le pays était étouffé par le manque de liberté, et la population - en particulier sa frange éduquée - voulait se débarrasser de la mainmise d’un système qui avait été construit sous Staline. Des millions de gens disaient : « Nous ne pouvons plus vivre ainsi. »

Nous avions débuté par la glasnost - donnant à la population l’occasion d’exprimer ses préoccupations sans crainte. Je n’ai jamais été d’accord avec mon grand compatriote Alexandre Soljenitsyne lorsqu’il déclarait que « la glasnost de Gorbatchev a tout ruiné. » Sans glasnost, aucun changement ne se serait produit, et Soljenitsyne aurait terminé ses jours dans le Vermont et non pas en Russie.

Au début, nous avons oeuvré en ayant l’illusion que la refonte du système existant - des changements au sein du « modèle socialiste » - devrait suffire. Mais les résistances du Parti communiste et de la bureaucratie gouvernementale étaient trop fortes. Vers la fin de 1986, il est devenu clair pour moi et mes partisans que rien moins que le remplacement des fondations du système était nécessaire.

Nous avons opté pour des élections libres, le pluralisme politique, la liberté de religion, une économie ouverte à la concurrence et la propriété privée. Nous avons cherché à obtenir ces changements par un processus évolutif et sans effusion de sang. Nous avons fait des erreurs. Des décisions importantes ont été prises trop tard, et nous n’avons pas été en mesure d’achever notre perestroïka.

Deux complots ont entravé le changement - la tentative de coup d’Etat en août 1991, organisée par la ligne dure des adversaires de nos réformes, qui a fini par affaiblir ma position en tant que président, et l’accord ultérieur entre les dirigeants de la Russie, de l’Ukraine et du Belarus pour dissoudre l’Union. Les dirigeants de la Russie ont ensuite rejeté cette voie de réforme, plongeant le pays dans le chaos.

Néanmoins, lorsque l’on m’interroge pour savoir si la perestroïka a réussi ou a été vaincue, je réponds que la perestroïka a gagné, parce qu’elle a conduit le pays à un point à partir duquel il ne pouvait plus y avoir de retour vers le passé.

Dans l’Occident, l’éclatement de l’Union soviétique a été considéré comme une victoire qui prouvait que l’Ouest n’avait pas besoin de changer. Les dirigeants occidentaux furent convaincus être à la tête d’un bon système avec un modèle économique fonctionnant bien, presque parfait. Des universitaires estimaient que l’histoire avait pris fin. Le « Consensus de Washington », le dogme de la libéralisation des marchés, la déréglementation et l’équilibre budgétaire à tout prix, furent imposés au reste du monde.

Mais la crise économique de 2008 et 2009 est survenue, et il est depuis devenu clair que le nouveau modèle occidental était une illusion, qui profitait principalement aux très riches. Les statistiques indiquent que les pauvres et la classe moyenne n’ont que peu ou pas bénéficié de la croissance économique des dernières décennies.

La crise mondiale actuelle montre que les dirigeants des grandes puissances, en particulier les États-Unis, avaient ignoré les signaux qui appelaient à une perestroïka. Cela a eu pour résultat une crise qui n’est pas seulement économique et financière, mais aussi politique.

Le modèle qui a émergé au cours des dernières décennies du 20ème siècle s’est avéré non soutenable. Il est basé sur la recherche de super-profits et l’hyper-consommation de quelques-uns, sur l’exploitation effrénée des ressources et sur l’irresponsabilité sociale et environnementale.

Mais si toutes les solutions proposées et les action entreprises aujourd’hui se réduisent à un simple rhabillage de l’ancien système, nous allons assister à un autre bouleversement, peut être encore plus fort, dans le futur. Le modèle actuel n’a pas besoin d’être adapté mais d’être remplacé. Je n’ai pas de solution prête à l’emploi. Mais je suis convaincu qu’un nouveau modèle verra le jour, qui mettra l’accent sur les besoins de la population et les biens publics, sur un environnement plus propre, des infrastructures et des transports publics fonctionnant bien, une bonne éducation, un bon système de santé et des logements abordables.

Les éléments d’un tel modèle existent déjà dans certains pays. Après avoir rejeté les leçons du Fonds Monétaire International, des pays comme la Malaisie et le Brésil ont obtenu des taux de croissance économique impressionnants. La Chine et l’Inde ont sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté. En mobilisant les ressources de l’État, la France a construit un système de chemins de fer à grande vitesse, tandis que le Canada offre gratuitement des soins de santé. Parmi les nouvelles démocraties, la Slovénie et la Slovaquie ont été en mesure d’atténuer les conséquences sociales des réformes de marché.

Le temps est venu pour une « construction créative », pour trouver le juste équilibre entre le gouvernement et le marché, pour intégrer les facteurs sociaux et environnementaux et démilitariser l’économie.

Washington aura à jouer un rôle particulier dans cette nouvelle perestroïka, non seulement parce que les États-Unis exercent un grand pouvoir économique, politique et militaire dans le monde, mais aussi parce que l’Amérique a été le principal architecte, et l’élite américaine la principale bénéficiaire du modèle économique mondial actuel. Ce modèle est désormais en train de se fissurer et devra tôt ou tard être remplacé. Ce sera un processus complexe et douloureux pour tous, y compris les États-Unis.

Quelles que soient les différences entre les problèmes auxquels l’Union soviétique a été confrontée durant la perestroïka et les défis auxquels les États-Unis font face aujourd’hui, la nécessité d’une nouvelle façon de penser rend ces deux époques semblables. En notre temps, nous avions dû faire face à une mission principale consistant à mettre fin à la division du monde, à réduire la course aux armements nucléaires et à désamorcer les conflits. Nous parviendrons également à surmonter les nouveaux défis mondiaux, mais uniquement si chacun comprend la nécessité d’un véritable changement cardinal - d’une perestroïka.

Mikhail Gorbachev
7 juin 2009
Washington Post
Traduit par ContreInfo

Lire aussi l'analyse : Echo du passé recommencé
Il est assez curieux que Gorbatchev continue à appuyer sur la perestroïka, après cet hommage profond mais rapide à la glasnost. La première nommée (mais la seconde dans l’ordre chronologique) échoua tandis que la seconde, première dans l’ordre du temps, réussit. Ainsi Gorbatchev peut-il écrire: «Néanmoins, lorsque l’on m’interroge pour savoir si la perestroïka a réussi ou a été vaincue, je réponds que la perestroïka a gagné, parce qu’elle a conduit le pays à un point à partir duquel il ne pouvait plus y avoir de retour vers le passé.» On comprend l’idée, certes, mais la description nous semble fautive ; la perestroïka (la réforme économique) échoua mais cela importait peu parce qu’on était allé trop loin pour revenir en arrière, et l’on était allé trop loin à cause de la glasnost. La clef fut bien la glasnost.

[...]

Quoi qu’il en soit des réserves qu’on peut exprimer sur l’analyse qu’il fait de sa propre action, Gorbatchev reste un observateur privilégié, un de nos meilleurs éclaireurs de la réalité de notre crise. C’est aussi une rareté puisque ce "perdant" sur toute la ligne parvient à imposer silence à nos services de surveillance intellectuelle, et à disséminer ses quatre vérités. Gorbatchev est un fascinant personnage "maistrien", une de ces personnalités assez rares capables de sentir plus ou moins distinctement l’importance des événements puisqu’il affirme implicitement toute sa propre importance au nom d’un échec conceptuel également affirmé et d’une déroute politique constante, entre 1985 et 1991. A ce compte et en laissant de côté le débat sur les mots mentionné plus haut, Gorbatchev nous dit in fine : "Effectivement, j’ai gagné parce que j’ai perdu" (puisque le vrai but, nous le savons maintenant de source sûre, était de liquider ce que je voulais sauver). Cette sorte d’humilité paradoxale est éminemment "maistrienne", dans le sens où elle reconnaît la puissance des événements et tire toute sa gloire de s’être soumis à eux. Gorbatchev n’a pas le sens de la compétition ni le sens de l’expansion à tout prix, au sens libéral et libre-échangiste qui nous caractérise; il n’a que le sens de l’Histoire.

Dedefensa

Analyse et réactions au discours de Obama


Traduction réalisée selon la transcription du discours que Barack Obama a prononcé le 4 juin 2009 à l'université du Caire (Égypte), Un nouveau départ.

1. Critique de l’expression monde arabo-musulman.
2. Critique de l’expression monde musulman.
3. Critique de la thèse du choc des civilisations.
4. Analyse du discours de Barack Obama.
5. Revue de presse mise à jour le 12/06/2009.
6. Réactions d'Israéliens contre la colonisation de la Palestine.

Lire aussi :
• Articles de l'agence de presse chinoise, Xinhua.
• Articles de l'agence de presse russe, RIA Novosti.
• Articles du quotidien israélien, Ha'aretz.
• 02/06/2009, David P. Goldman, Wrong venue for Obama's Muslim speech, Asia Times Online.
Une excellente critique de l'adresse de Barack Obama aux musulmans.
• 04/06/2009, Noam Chomsky, Les omissions éloquentes du discours d’Obama au Caire, CCIPPP selon AlterNet.
• 05/06/2009, Pierre Rousselin, Israël et Obama après le discours du Caire, Le Figaro.
Une analyse du point de vue d'Israël.
• 06/06/2009, Bernard Guetta, Obama et le commencement par le Verbe, Le Temps.
Un exemple parmi beaucoup d'autres de la logique du choc des civilisations.
• 07/06/2009, Alain Gresh, Quelques réactions au discours d'Obama au Caire, Les blogs du Diplo.
Alain Gresh résume les événements qui vont marquer la première quinzaine du mois de juin au Proche-Orient sans faire aucune analyse des changements en cours qui bouleversent ses convictions d'une solution à deux États, solution utopique après la dernière guerre israélienne à Gaza.
• 09/06/2009, Thierry Meyssan, Obama et les arrières-pensées de la main tendue aux musulmans, Voltaire.
Une des rares analyses de la totalité du discours de Barack Obama.

13 juin 2009

Réactions au discours de Obama


Le discours de Barack Obama analysé par des Israéliens contre la colonisation de la Palestine :

• Uri AVNERY
- 04/06/2009, Obama and Israel's true interests, MWC News.
- 09/06/2009, The Tone and the Music, Gush Shalom - Daily Times - ContreInfo.

• Zvi BAR'EL
- 07/06/2009, The power of humility, Ha'aretz.
- 09/06/2009, Egypt, Saudis threaten to rescind Arab peace plan, Ha'aretz.
- 12/06/2009, Week in review/ after Cairo, The National Newspaper.
In Haaretz, Zvi Bar'el said: "Obama is a political philosopher who seeks to forge a new constitution of international politics that can replace the old paradigm, which drew a line separating Islam from the West. The old paradigm also built the temples of Orientalism, where the Middle East was researched as a holding area of natives, which attributed wisdom to the West and backwardness to 'Islam,' and juxtaposed a West of diplomatic finesse and honest handshakes with an Islam of fraud and violence.
Obama, as he explained in a press interview, removed the masks in Cairo. No one is absolutely right and there are no clear villains. There are no good and bad religions."

• Akiva ELDAR
- 04/06/2009, Obama put Arabs and Israel on an equal footing, Ha'aretz.
- 05/06/2009, Obama's Cairo speech signals end of the 9/11 era, Ha'aretz.
- 12/06/2009, Obama’s Cairo’s speech: A compilation of views, Webdiary.
Obama left Egypt with two tablets of the commandments - one for Jews and the other for Muslims. He left no room for doubt: An Israel that continues to discriminate against Palestinians and prevent them from exercising their rights to self-determination and freedom of movement cannot expect affirmative action from the US.
Obama placed violence against Israel on a par with the settlements and the humiliation of Palestinians in the territories. He spoke in the same breath about the struggle of Palestinians who lost their homes more than 60 years ago and the struggle of African slaves in the U.S. The Israelis could see themselves in the sentence that mentioned the apartheid state of South Africa.

• Gideon LEVY
- 05/06/2009, Future of Mideast is a domestic American issue, Ha'aretz.
- 05/06/2009, Obama emerged in Cairo as a true friend of Israel, Ha'aretz.
- 05/06/2009, Obama est un véritable ami d’Israël, AgoraVox selon Ha'aretz.
- 11/06/2009, Meanwhile, back in Israel, Ha'aretz.

• Tom SEGEV
- 07/06/2009, Obama's Buchenwald visit seen as balance to Cairo speech, Ha'aretz.

Lire aussi :
• Revue de presse (mise à jour le 12/06/2009), Monde en Question.
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël