18 juin 2009

Israël sépare Gaza de la Cisjordanie

Les autorités d’occupation israéliennes ont intensifié hier les mesures de séparation de la population palestinienne en empêchant tout déplacement entre la bande de Gaza et la Cisjordanie même pour une cause humanitaire, ont dénoncé hier deux ONG israéliennes


Le centre Hamoked, une ONG pour la défense des droits de l’homme, a affirmé que «cette procédure constituait une escalade de la politique israélienne de séparation entre Gaza et la Cisjordanie».

Par ces agissements, Israël «empêche les habitants de la bande de Gaza de déménager vers la Cisjordanie, sous des prétextes sécuritaires et politiques», a souligné Joël Green Berg du centre Hamoked, lors d’une conférence de presse conjointe avec le centre Gisha pour la liberté de mouvement.
Les deux ONG estiment que cette pratique ne respecte aucune cause humanitaire car des familles ne pouvant pas vivre ensemble en Cisjordanie «sont forcées de déménager à Gaza, même si leurs maisons, leurs proches et leurs amis se trouvent en Cisjordanie».

La bande de Gaza reste toujours sous occupation israélienne malgré le retrait d’Israël de ce territoire en 2005. Outre le blocus imposé injustement à Gaza par Israël, ce territoire a été ravagé, 22 jours durant, par une agression militaire israélienne (décembre 2008/janvier 2009) qui a fait plus de 1400 martyrs palestiniens et des milliers de blessés.

Publié par CCIPPP selon El Watan.

Netanyahou hors de France !

Après le Fasciste Lieberman, c'est le chef du gouvernement israélien B. Netanyahou qui sera reçu le 24 juin prochain par N. Sarkozy.


L 'invitation à Paris du représentant d'un tel gouvernement qui affirme qu'il poursuivra la colonisation continue d'affamer Gaza met en œuvre une législation raciste contre ses citoyens d'origine palestinienne déclare que Jérusalem sera la capitale éternelle et unifiée d'Israël est inacceptable!

Recevoir un tel gouvernement c'est donner une caution à cette politique. C'est d'ailleurs ce que fait Sarkozy quand il affirme avec son ministre des Affaires Étrangères qu'il est pour le rehaussement des accords d'association entre Israël et l'Union Européenne et qu'il doit se faire sans lien avec le contexte politique.

Nous exigeons du gouvernement français qu'il s'engage dans la seule stratégie capable d'imposer une paix juste et durable dans cette région, et oblige Israël à respecter le droit international et ses propres engagements en prenant des sanctions :

Suspension immédiate de l'accord d'association Israël – Union Européenne
Embargo sur les ventes d'armes à Israël : la France est le deuxième fournisseur après les États Unis.

Nous, citoyens français, le disons clairement :

Le gouvernement français ne doit pas recevoir Netanyahou !
Netanyahou hors de France !

Rassemblement mardi 23 juin 18h30
métro Franklin Roosevelt
(Ligne 1 et 9), angle de l'avenu Montaigne et de l'avenue de Champs Elysées

Premiers signataires : AFPS- AFD France – AJPF - Les alternatifs – Al Ghadir Montreuil - ATTAC - ATMF - AAW France - CCIPPP – Collectif Faty Koumba – Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix (Strasbourg) - Saint-Denis - Collectif Paix Palestine Israël – CICUP – Collectif Montreuil Solidarité Palestine - Courneuve Palestine – CMF - Droit Solidarité – Femmes en Noir – La Fédération - FTCR – Génération Palestine – GUPS - MRAP – MQJS - NPA – Organisation de Femmes Egalité - PCF – PCOF- Respaix Reveil des Consciences - Solidarité Palestine 18°- Solidarité Tunisienne - UJFP – UTIT – Les Verts

UJPF

17 juin 2009

Analyse du discours de Netanyahou

En réponse à Barack Obama qui s'etait adressé aux musulmans du monde entier, Benyamin Netanyahou s'adresse aux seuls Israéliens pour les convaincre qu'il est bien le Premier ministre d'un «gouvernement d'unité nationale» et qu'il est capable de «garantir la sécurité d'Israël» face à «la menace iranienne, la crise économique»... et un nouveau Hamastan».

Benyamin Netanyahou a peu parlé de l'Iran, mais toujours en termes de menace pour Israël :
«la menace iranienne»
«le spectre de la menace iranienne»
La réélection de Mahmoud Ahmadinejad, qu'il n'a jamais nommé, est un atout majeur pour concrétiser ses efforts en vue «de forger une alliance internationale» contre l'Iran. Moshe Ya'alon, vice-Premier ministre et ministre des Affaires stratégiques, a depuis longtemps préparé cette stratégie qui est une arme redoutable pour détourner l'attention des crimes perpétués par l'armée d'occupation en Palestine [1].

L'essentiel de son discours concernait la question palestinienne. Benyamin Netanyahou a prononcé trois fois les mots «État palestinien», mais en termes négatifs ou hypothétiques :
Si ces deux conditions ne sont pas respectées, le danger de l'émergence d'un État palestinien armé qui deviendrait une nouvelle base de terrorisme contre l'État juif, du genre de celle de Gaza, est réel.
On ne peut s'attendre à ce que nous acceptions par avance le principe d'un État palestinien sans garanties de démilitarisation de cet État.
Si nous recevons des garanties concernant la démilitarisation et les exigences israéliennes de sécurité, et si les Palestiniens reconnaissent qu'Israël en tant qu'État du peuple juif, nous serions disposés, dans le cadre d'un futur accord, à parvenir à une solution prévoyant l'existence d'un État palestinien démilitarisé aux côtés de l'État juif.
Les nouvelles conditions que Benyamin Netanyahou posent avant d'envisager «dans le cadre d'un futur accord» de «parvenir à une solution prévoyant l'existence d'un État palestinien» le rendent impossible et le vident par avance de sa substance :

1) Les Palestiniens doivent reconnaître Israël comme l'État du peuple juif.
Il s'ensuit que la condition préalable fondamentale pour mettre fin au conflit est la reconnaissance, publique et catégorique par les Palestiniens, d'Israël comme l'État-nation du peuple juif.
J'ai déjà énoncé le premier de ces principes : la reconnaissance. Les Palestiniens doivent reconnaître clairement et sans ambiguïté qu'Israël est l'État du peuple juif.
[...] si les Palestiniens reconnaissent qu'Israël en tant qu'État du peuple juif, nous serions disposés, dans le cadre d'un futur accord, à parvenir à une solution prévoyant l'existence d'un État palestinien démilitarisé aux côtés de l'État juif.

Commentaires :

Pour comprendre l'absurde de cette exigence, il faut savoir que la question de la nature de l'État d'Israël n'a jamais été réglée depuis 1948. L'État d'Israël ne possède pas de Constitution car les religieux s'y sont toujours opposé. Son droit s'appuie sur la Déclaration d'indépendance et les Lois fondamentales.
Le problème est que l'appartenance d'un individu au peuple juif (judéité) dépend de la Halakha et donc du pouvoir religieux.

Le deuxième problème que soulève cette exigence est le devenir des Arabes israéliens, qui représentent aujourd'hui environ 20% de la population. Leurs droits, qui varient selon leur origine ethnique et qui ne sont pas dans les faits égaux à ceux des Juifs israéliens, sont aujourd'hui remis en cause par l'extrême droite.
Dans les pays démocratiques, le droit s'applique à tous les citoyens quelque soit son origine ethnique et son appartenance religieuse. C'est la contradiction du droit israélien, en principe démocratique mais réservé au seul «peuple juif» comme l'a martelé Benyamin Netanyahou en recourant à un vocabulaire ethnico-religieux.

Comment un chef de gouvernement peut-il demandé à un peuple, qu'il nomme même pas et dont il occupe la terre depuis plus de quarante ans, de résoudre à sa place la question de la nature de l'État d'Israël ?
Qui se soucie des laïcs qui, en Israël, doivent se soumettre à la loi religieuse ? Sait-on que, par exemple, le seul mariage possible en Israël est le mariage religieux ? Cet archaïsme ne trouble-t-il pas les pourfendeurs du voile dit islamique ? Allez donc voir Pureté et Condamnée au mariage de Anat Zuria [2].
2) Que l'État palestinien soit démilitarisé.
Le second est la démilitarisation : le territoire sous contrôle palestinien doit impérativement être démilitarisé pour garantir la sécurité d'Israël.
[Nous voulons] des engagements clairs pour que, dans un futur accord de paix, le territoire contrôlé par les Palestiniens soit démilitarisé [...]
Si nous recevons des garanties concernant la démilitarisation et les exigences israéliennes de sécurité, [...] parvenir à une solution prévoyant l'existence d'un État palestinien démilitarisé aux côtés de l'État juif.

Commentaires :

L'argument de Benyamin Netanyahou, comme de tous les gouvernements israéliens avant lui, est la sécurité d'Israël. On pourrait le comprendre si la politique sécuritaire ne se substituait pas la politique économique et sociale. La même politique, menée en France, est d'ailleurs taxée de lepéniste.
Mais surtout de quel droit un gouvernement pourrait interdire à un autre État de se préoccuper de la sécurité de ses propres citoyens ? C'est ce que prétend cyniquement Benyamin Netanyahou : au nom de la sécurité d'Israël l'État est interdit d'assurer la sienne.

Plus absurde encore, Benyamin Netanyahou exige que les Palestiniens assurent bénévolement la sécurité d'Israël en contrôlant par exemple «le trafic d'armes sur le territoire». Mais comment ?
Le mystère reste entier et ferait rire tout le monde s'il ne s'agissait d'un État qui utilise massivement ses forces militaires - aériennes, maritimes et terrestres - contre une population civile ; s'il ne s'agissait d'un État qui n'a respecté aucune résolution de l'ONU le concernant depuis 1948 ; s'il ne s'agissait d'un État qui viole ses propres règles morales.

En lisant dans le détail le texte du discours de Benyamin Netanyahou, on se rend compte qu'il dénie tout droit à l'hypothétique État palestinien : pas de contrôle - aérien, maritime et terrestre - de son territoire, pas de relations avec les pays désignés comme ennemis d'Israël, pas de maîtrise de son économie qui serait en concurrence avec celle d'Israël, pas le droit d'élire démocratiquement des représentants qui ne plaisent à Israël, etc.
Cette mascarade s'appelle un État croupion à la solde de l'occupant comme le fut le régime de Vichy pendant la Seconde guerre mondiale. Un régime qui se préoccupera de la sécurité d'Israël en arrêtant préventivement - de préférence dès la naissance - tous les supposés résistants.
3) Qu'aucun réfugié palestinien n'ait droit au retour.
Car il est clair que toute exigence de retour des réfugiés palestiniens en Israël constitue un danger pour l'existence d'Israël en tant que État du peuple juif.

Commentaires :

Le droit que reconnaît l'État d'Israël aux Juifs du monde entier d'émigrer en Israël et d'acquérir automatiquement la nationalité, ce droit est dénié aux Palestiniens qui ont été chassé de leur terre en 1948 par l'armée israélienne.
Benyamin Netanyahou ne reconnaît aucun droit aux Palestiniens et surtout pas celui de retrouver leur maison et leur terre, volées par les groupes terroristes Irgoun Stern et Haganah en 1948 et par Tsahal depuis.

Cette politique du deux poids, deux mesures est constante et elle révèle le racisme colonial qui imprègne la classe dirigeante en Israël. Un racisme qui gangrène toute la société au point que beaucoup d'Israéliens ont perdu aujourd'hui toute compassion et tout sentiment humain face à la détresse des Palestiniens.
4) Que Jérusalem soit la capitale indivisible d'Israël.
Israël a besoin de frontières sûres et défendables, Jérusalem doit rester la capitale unifiée d'Israël où la liberté de toutes les religions sera respectée.

Commentaires :

Benyamin Netanyahou a eu recours à un vocabulaire ethnico-religieux et certains passages de son discours ont un simple copier-coller de la Déclaration d'indépendance. Ainsi, il reprend le mythe religieux de la Terre d'Israël [Eretz Israel], don de YHWH au peuple juif. L'histoire de la Palestine montre que, avant la sédentarisation de population semi-nomade (proto-Israélites selon les archéologues) vers -1200, fleurissait la civilisation cananéenne notamment sur le site de Jérusalem.

Jérusalem est absent de la Déclaration d'indépendance de 1948. La ville passe sous administration israélienne après la guerre coloniale des Six Jours en 1967. En 1980, la loi fondamentale israélienne entérine le statut de la ville en capitale «éternelle et indivisible». Mais la résolution 476 et la résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations unies annulent cette loi en droit international.
5) Que l'Autorité palestinienne reprenne Gaza au Hamas.
L'Autorité palestinienne devra faire régner la loi à Gaza et triompher du Hamas.

Commentaires :

Benyamin Netanyahou en Ubu colonial, aussi grotesque que son modèle, exige que l'Autorité palestinienne (ignorée du temps d'Arafat), fasse un véritable coup d'État à Gaza pour prendre par la force le pouvoir que le Hamas (instrumentalisé par Benyamin Netanyahou et Ariel Sharon) a gagné dans les urnes.

Exigence grotesque car on se demande comment l'Autorité palestinienne, totalement désarmée, pourrait «reprendre Gaza au Hamas». Exigence méprisante pour la démocratie palestinienne. Le Hamas, que cela lui plaise ou non, a gagné les élections législatives à Gaza en 2006.
6) Que la colonisation continue.
[...] nous n'avons l'intention ni d'établir de nouvelles colonies, ni d'exproprier d'autres terrains au profit des colonies existantes.
Toutefois, nous devons permettre aux habitants de mener une vie normale, aux mères et aux pères d'élever leurs enfants comme partout ailleurs.

Commentaires :

Le diable est dans les détails. À lire le paragraphe sur la colonisation, on pourrait croire que Benyamin Netanyahou n'a pas «l'intention d'établir de nouvelles colonies», mais il a bien l'intention d'étendre les colonies existantes.
Nous allons y revenir, mais remarquons d'abord comment il présente l'extension naturelle des colonies : «nous devons permettre aux habitants de mener une vie normale, aux mères et aux pères d'élever leurs enfants comme partout ailleurs». Les habitants en question sont des colons israéliens qui vivent sur des terres volées aux Palestiniens grâce à la protection de milices et de l'armée en violation du droit international et de toutes les résolutions de l'ONU.

Pour comprendre les véritables intentions de l'Ubu colonial, il faut relire les paragraphes antérieurs dans lesquels il justifie longuement le droit du peuple juif sur la Terre d'Israël [Eretz Israel], «sa patrie historique» car don de YHWH au peuple juif. Il répète inlassablement le mythe sioniste «une terre sans peuple pour un peuple sans terre» et nie les travaux de tous les historiens, notamment israéliens.
Il revendique fièrement son négationnisme de l'expulsion des Palestiniens en 1948 organisée selon le Plan Daleth, de la destruction des maisons et du vol des terres palestiniennes après 1948, de l'occupation coloniale de Gaza et de la Cisjordanie depuis 1967 et de l'extension des colonies selon un plan qui émiette les territoires palestiniens en banthoustans.

Le problème fondamentale est que Israël n'a jamais reconnu les frontières internationales de son État. Ses frontières sont sans cesse repoussées plus loin par la guerre et l'occupation militaire et coloniale. Benyamin Netanyahou n'a donc logiquement rien dit des frontières d'un hypothétique État palestinien. Il évoque vaguement «le territoire sous contrôle palestinien», au singulier car il exclut Gaza qui est, selon lui, un Hamastan.
Benyamin Netanyahou reprend le rêve sionniste, abandonné par Ehud Olmert, du Grand Israël. S'il ne prononce pas le mot, il y fait explicitement référence dans la partie qui traite des «principes fondamentaux» [3].
Pour conclure sur une note optimiste, Benyamin Netanyahou, empêtré dans les contradictions d'un «gouvernement d'unité nationale», a fait un aveu de taille :
Ces deux réalités - notre attachement à la Terre d'Israël [Eretz Israel] d'une part, et la présence d'une population palestinienne parmi nous de l'autre - ont suscité de profondes controverses dans la société israélienne.
Ces controverse ont porté sur la remise en cause par l'extrême droite du statut des Arabes israéliens. Or la poursuite du statu quo, c'est-à-dire de l'occupation et de la colonisation qui détruisent la perspective d'un État palestinien viable, aboutira un jour ou l'autre à la reconnaissance d'un État pour deux peuples comme en Afrique du Sud ou au nettoyage ethnique de tous les Palestiniens dans le Grand Israël.

Serge LEFORT
16/06/2009

Sources :
• Address by Benjamin Netanyahu, Ministry of Foreign Affairs version anglaise officielle.
• Discours de Benyamin Netanyahou, Ambassade d'Israël en France version française officielle revue et corrigée par Monde en Question.
settlements = colonies [implantations en novlangue politiquement correcte] et non localités
settlers = colons et non habitants de ces localités
Israel = Israël et non État d'Israël
Jewish state = État juif et non Israël
land of Israel = Terre d'Israël [Eretz Israel] et non patrie
Holocaust = Holocauste et non Shoah
Lire aussi :
• Analyse du discours de Barack Obama
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Sélection biblographique :
• COHEN Mitchell, Du rêve sioniste à la réalité israélienne, La Découverte, 1990
• DEBIÉ Franck et FOUET Sylvie, La paix en miettes - Israël et Palestine (1993-2000) [stratégie territoriale], PUF, 2001
• DIECKHOFF Alain, Les espaces d'Israël - Essai sur la stratégie territoriale d'Israël, Fondation pour les études de défense nationale, 1987
• DIECKHOFF Alain (sous la direction de), L'État d'Israël, Fayard, 2008
• ENDERLIN Charles, Par le feu et par le sang - Le combat clandestin pour l’indépendance d’Israël 1936-1948, Albin Michel, 2008
• FINKELSTEIN Norman G., L'industrie de l'Holocauste - Réflexions sur l'exploitation de la souffrance des Juifs, La Fabrique, 2001
• KLEIN Claude, Israël - État en quête d'identité, Casterman, 1999
• LOUËR Laurence, Les citoyens arabes d'Israël, Balland, 2003
• MARDAM-FEY Farouk et SANBAR Elias (textes réunis par), Le droit au retour - Le problème des réfugiés palestiniens, Actes Sud, 2002
• MORRIS Benny, Victimes - Histoires revisitée du conflit arabo-sioniste, Complexe, 2003
• PAPPÉ Ilan, Le nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard, 2008
• REINHART Tanya, Détruire la palestine, ou comment terminer la guerre de 1948, La Fabrique, 2002
• REINHART Tanya, L’héritage de Sharon - Détruire la Palestine suite, La Fabrique, 2006
• WARSCHAMSKI Michel (Textes téunis et présentés par), La révolution sioniste est morte - Voix israéliennes contre l’occupation, 1967-2007, La Fabrique, 2007

[1] Moshe Ya'alon, Wikipedia - Un écho d'Israël
Documents sur l'Iran, 2006 et 2009
[2] • Pureté : Selon la Thora, une femme ne peut avoir aucun contact charnel avec son époux pendant une période allant jusqu'à deux semaines après la fin de son cycle.
Cinéma Méditerranéen
Dailymotion - Pureté 1
Dailymotion - Pureté 2
Dailymotion - Pureté 3
Femmes en résistance
Condamnée au mariage : Une épouse juive est la propriété de son mari. Par le mariage, il l'acquiert et il est le seul à pouvoir lui accorder un divorce. La loi rabbinique permet même à un mari ayant refusé le divorce à son épouse, de vivre avec une autre femme et avoir des enfants avec elle, mais la loi interdit à une femme mariée dont le mari refuse le divorce, de vivre avec un autre homme et de porter ses enfants.
Cinéma Méditerranéen
France 5
L'Internaute
Mediapart
TSR
[3] «principes fondamentaux» du sionisme :
Permettez-moi de rappeler tout d'abord que les liens noués par le peuple juif avec la Terre d'Israël [Eretz Israel] remontent à plus de 3500 ans. La Judée et la Samarie, ces lieux où vécurent Abraham, Isaac, Jacob, David, Salomon, Isaïe et Jérémie, ne nous sont pas étrangers. Ils s'inscrivent dans la terre de nos ancêtres.

Le droit du peuple juif à un État en Terre d'Israël [Eretz Israel] n'est pas la conséquence des catastrophes qui ont frappé notre peuple. Certes, pendant 2000 ans, les Juifs ont enduré des expulsions, des pogroms, des accusations de meurtre rituel et des massacres dont le paroxysme, sans précédent dans l'histoire de l'humanité, a été atteint pendant l'Holocauste. Certains prétendent que sans l'Holocauste l'État d'Israël n'aurait pas vu le jour. Pour ma part j'affirme que si l'État d'Israël avait été établi plus tôt, l'Holocauste ne se serait pas produit.

Cette tragique histoire d'impuissance explique pourquoi le peuple juif doit posséder son pouvoir souverain d'autodéfense. Toutefois, notre droit d'édifier ici, en Terre d'Israël [Eretz Israel], un pays souverain, procède d'un fait simple : cette terre est la patrie du peuple juif, celle où s'est forgée notre identité.

Comme le proclama dans la Déclaration d'Indépendance le Premier ministre David Ben-Gurion : "Le peuple juif est né en Terre d'Israël [Eretz Israel]. C'est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C'est là qu'il réalisa son indépendance, créa une culture à la fois nationale et universelle, et fit don de la Bible au monde entier".

16 juin 2009

L'agence palestinienne Wafa

L'agence de presse officielle palestinienne Wafa [en arabe] a lancé lundi un service de nouvelles en hébreu visant à fournir à l'opinion publique, à la classe politique israéliennes et aux médias israéliens une vision palestinienne non édulcorée de l'actualité.

Le site de Wafa en hébreu traite de l'actualité sous toutes ses formes - politique, économie, culture.
Wafa enverra aussi par internet une lettre d'information quotidienne aux députés de la Knesset, aux ministères et aux médias israéliens.

Ce lancement intervient au lendemain d'un grand discours de Benjamin Netanyahu qui a déçu les Palestiniens et dans lequel le Premier ministre israélien a mis des conditions draconiennes à la création d'un État palestinien.

Le directeur de Wafa, Riyad al Hassan, a indiqué que le fil en hébreu de son agence était également destiné aux Palestiniens qui sont citoyens israéliens et qui constituent 20% de la population de l'État d'Israël.

"Wafa s'attachera à respecter les valeurs de crédibilité et d'objectivité, sans ingérence et avec la volonté d'interagir de manière objective avec son lectorat", a-t-il assuré.

Wafa a vu le jour en 1972 au Liban pour couvrir initialement en arabe les activités de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de son président, Yasser Arafat. Elle dispose déjà de fils en anglais et en français.

Lire aussi :
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

15 juin 2009

Réactions au discours de Netanyahou

• Address by Benjamin Netanyahu at Bar-Ilan University, Ministry of Foreign Affairs version anglaise officielle.
• Discours de Benyamin Netanyahou, Ambassade d'Israël en France version française officielle revue et corrigée par Monde en Question.

Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a déclaré que "Ce discours reflète l'idéologie raciste et extrémiste de Netanyahou et fait fi de tous les droits du peuple palestinien". (Déclaration à l'AFP dimanche 14 juin)
"Ce discours reflète l'idéologie raciste et extrémiste de Netanyahou et fait fi de tous les droits du peuple palestinien", a déclaré à l'AFP le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum.
"Il propose un État (palestinien) sans identité, ni souveraineté, ni Jérusalem, ni droit au retour, ni armée, ni armes et insiste sur le maintien des colonies", a ajouté M. Barhoum.
AFP-Romandie

Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé que "ce discours torpille toutes les initiatives de paix dans la région". "Il entrave les efforts visant à sauver les processus de paix dans un clair défi à l'administration américaine". (Déclaration à l'AFP dimanche 14 juin)

Un proche collaborateur de Mahmoud Abbas, Yasser Abed Rabbo, a violemment critiqué Benjamin Netanyahou en déclarant qu'"il a parlé d'un État palestinien en le vidant de sa substance en excluant un gel de la colonisation. En exigeant la reconnaissance du caractère juif d'Israël, il veut que les Palestiniens fassent partie du mouvement sioniste mondial".
"Il a employé les mots «État palestinien» mais en fait il veut un protectorat israélien", a-t-il ajouté. (Déclaration à l'AFP dimanche 14 juin)

"Après le discours de Netanyahou, il devient clair que nous sommes en présence d'un gouvernement israélien que refuse en réalité une solution à deux États, l'arrêt de la colonisation et la reprise des négociations du point où elles s'étaient arrêtées" fin 2008, a affirmé à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat. [...] Selon lui, la direction palestinienne est entrée en contact "dès dimanche soir" avec l'administration américaine et des pays européens et arabes "pour expliquer que Netanyahou n'a fait qu'émettre cinq «non»". "Il a dit non à une solution à deux États, non au gel de la colonisation, non à la vision du président Barack Obama pour un nouveau Proche-Orient, non à la reprise des négociations au point où elles s'étaient arrêtées et non à l'Initiative de paix arabe" proposant une normalisation avec Israël en échange de son retrait des territoires occupés, a-t-il estimé.
[...]
Soumis à de fortes pressions internationales, notamment de Washington, M. Netanyahou, qui dirige un cabinet de droite, a accepté dans son discours le principe d'un État palestinien tout en posant une série de conditions draconiennes. Il a notamment exigé la démilitarisation de cet État et la reconnaissance par la direction palestinienne d'Israël comme État du peuple juif. Il a aussi exclu un gel de la colonisation juive, un retour des réfugiés palestiniens poussés à l'exode lors de la création d'Israël en 1948, ou un retrait de la partie arabe occupée d'Al-Qods.
Le Matin

Le porte-parole du front populaire [FPLP] a dit dans un communiqué dont le Centre Palestinien d'Information a reçu une copie, que la condition de Netanyahou de reconnaître l'État juif, sa négligence des droits palestiniens dont le retour des réfugiés palestiniens, son attachement à la ville occupée d'Al-Qods comme capitale éternelle de l'État de l'occupation ainsi que son refus du retrait aux frontières de 1967 et sa volonté d'un État palestinien désarmé et sans souveraineté transforment la paix proposée aux Palestiniens et aux Arabes en une "paix d'esclaves", et l'État palestinien en un protectorat sioniste.
ISM

Le Conseil des implantations de Judée Samarie (Cisjordanie) a déclaré : "Nous déplorons que le Premier ministre ait donné son accord à la constitution d'un État palestinien démilitarisé alors que plus que quiconque Netanyahou a expliqué au fil des années quelle menace constituerait pour Israël un tel État, même démilitarisé". (Communiqué du dimanche 14 juin)

Le comité des colonies du nord de la Cisjordanie a dénoncé les propos du Premier ministre affirmant que "la Terre d'Israël ne constitue pas une monnaie d'échange dont tel ou tel gouvernement passager disposerait à sa guise", en référence à la Cisjordanie. (Communiqué du dimanche 14 juin)

Aryeh Eldad (Union nationale) a accusé Netanyahou de violer ses propres promesses. "Avec l'expression« État palestinien démilitarisé, «Netanyahou tente de manger un cochon dans une boucherie casher», at-il ajouté. «Il n'ya pas de telle chose comme un État démilitarisé, Nétanyahou sait très bien qu'aucune force politique sur la terre ne peuvent empêcher un pays de l'armement militaire elle-même ou à la signature de traités comme n'importe quel autre pays."
Ha'aretz

Akiva ELDAR
Le discours du Premier ministre, hier soir, a renvoyé le Moyen-Orient à l'époque de l'"axe du mal" de George W. Bush. Benyamin Netanyahou a fait un discours patriarcal, colonialiste dans la meilleure tradition néoconservatrice. Les Arabes sont les méchants ou, au mieux, des terroristes ingrats. Les Juifs, bien sûr, sont les bons, des gens rationnels qui veulent élever et s'occuper de leurs enfants.
[...]
Il est difficile de croire qu'on puisse trouver un seul dirigeant palestinien qui achète la marchandise défectueuse que Netanyahou a présenté la nuit dernière.
Ha'aretz

Gideon LEVY
Pourquoi le discours de Netanyahou nous donne un motif de joie demande Gideon Levy. Un leader d'extrême-droite a déclaré qu'il soutient l'État palestinien.
[...]
Netanyahou a adopté la langue d'avant-hier. Pas de peuple palestinien, mais une "population palestinienne" qui vit en Judée et en Samarie. Il a invoqué le fameux lexique de Golda Meir, pas d'occupation mais de «présence israélienne" en Cisjordanie.
[...]
Il y a aussi l'omission des frontières définitives, le manque de référence, même superficielle, à la feuille de route, la répétition de "Jérusalem indivisible", la répétition de la plainte "ils ont commencé" et la ridicule, excessive, demande que les Palestiniens reconnaissent l'État juif par celui qui ne reconnaît pas les Palestiniens comme peuple.
Ha'aretz

Mise à jour du 18/06/2009 :
• Le discours de Netanyahou vu d'Israël, AFPS
• Le discours de Netanyahou vu de Palestine, AFPS
• Israël - Netanyahou accepte... un non-État palestinien, Lutte Ouvrière

Lire aussi :
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Le combat solitaire de Ha'aretz

Depuis des mois, les dirigeants du pays, Mme Tzipi Livni (Kadima) et M. Ehoud Barak (le faux travailliste), annonçaient leur objectif à Gaza : anéantir le Hamas et donner une « leçon inoubliable » à l’adversaire, fût-ce au prix de destructions massives et de lourdes pertes humaines. Les médias ont continué à soutenir cette stratégie après le déclenchement de l’attaque, alors même que les terribles images de destruction étaient projetées sur le petit écran à travers le monde — mais pas sur ceux de la télévision israélienne. Chaque justification des porte-parole de l’armée était reprise sans critique, comme lorsqu’ils prétendaient que les bombardements des mosquées, des écoles et des hôpitaux étaient dus à l’existence d’armes dans leurs enceintes ou au tir de francs-tireurs palestiniens...

Cette attitude des médias israéliens n’est pas nouvelle. Lorsqu’un accord est violé, c’est toujours l’adversaire arabe qui en est responsable. Ainsi, lors des pourparlers indirects organisés par l’Egypte entre le Hamas et Israël pour établir une « accalmie » (tahdia, en arabe — que l’on traduit, en général, par cessez-le-feu ou trêve) —, les journalistes ont vivement critiqué ces contacts, proclamant que les « terroristes viole[raie]nt tout accord » et que le seul moyen de mettre fin à leurs activités était militaire. Pourtant, le bon sens a triomphé et le cessez-le-feu fut instauré le 19 juin 2008.

Cinq jours plus tard, le Djihad islamique tirait deux Qassam sur la ville de Sderot (sans causer de victimes). Les médias israéliens ont aussitôt dénoncé à l’unisson le Djihad, alors qu’un communiqué de cette organisation expliquait qu’il s’agissait d’un acte de représailles à l’exécution sommaire, à Naplouse, par une unité spéciale de l’armée, de deux de ses militants, dont un haut commandant, Tareq Abou Ghali. Le quotidien Ha'aretz, consacrant seulement quelques lignes à l’opération israélienne, expliquait, le 25 juin, que « l’establishment militaire avait prévu cette vengeance palestinienne ». Pourtant, ce journal, considéré comme sérieux et qui cherche, souvent seul, à donner une image complète et équilibrée du conflit, titrait tout comme les autres organes de presse : « Le Djihad a violé la trêve à Gaza ». Finalement, le cessez-le-feu a tenu, le Hamas en ayant respecté les termes et les ayant imposés aux autres organisations palestiniennes ; c’est une opération militaire israélienne à Gaza, le 4 novembre, qui marqua le début de l’escalade et ouvrit la voie à la guerre.

[...]

La rédaction de Ha'aretz compte Gideon Levy, sans aucun doute, avec Amira Hass, le meilleur des spécialistes des territoires occupés. Il publie, presque seul dans les médias israéliens, au moins un long article par semaine sur les malheurs et la misère du peuple palestinien sous l’occupation. Presque seul aussi, il a condamné la guerre israélienne contre Gaza et a répondu vertement à une lettre de l’écrivain Abraham B. Yehoshua, et à travers lui au camp de la paix qui avait approuvé l’opération à Gaza : « Vous, très estimé auteur, êtes victime de la vague sauvage qui a submergé, paralysé et lavé notre cerveau. Vous justifiez la guerre la plus brutale qu’Israël ait jamais entreprise et, ainsi, vous acceptez indirectement l’idée que l’occupation de Gaza est terminée. (...) Vous jugez un peuple sans défense, à qui l’on refuse un gouvernement et une armée — qui comprend un mouvement qui use de moyens impropres pour une juste cause, la fin de l’occupation —, avec les mêmes critères que vous jugez une puissance régionale qui se considère comme humaine et démocratique mais qui s’est révélée un conquérant brutal et cruel. Comme Israélien, je ne peux pas chapitrer les dirigeants palestiniens alors que nos mains sont couvertes de sang... »

Amnon Kapeliouk
Mars 2009
Le Monde diplomatique

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Israéliens contre Netanyahou


Netanyahu, Mideast peace and a return to the Axis of Evil

The prime minister's speech last night returned the Middle East to the days of George W. Bush's "axis of evil." Benjamin Netanyahu delivered a patriarchal, colonialist address in the best neoconservative tradition: The Arabs are the bad guys, or at best ungrateful terrorists; the Jews, of course, are the good guys, rational people who need to raise and care for their children. In the West Bank settlement of Itamar, they're even building a nursery school.

No empathy for the refugees from Jaffa who lost their entire world, not a word for the Muslim connection to Jerusalem neither a fragment of a quote from the Koran, nor a line of Arabic poetry.

Netanyahu's provincial remarks were not intended to penetrate the hearts of the hundreds of millions of Al Jazeera viewers in the Muslim world. Instead, he sought to appease Tzipi Hotovely, the settler Likud lawmaker, and make it possible to live peaceably with the settler foreign minister Avigdor Lieberman. Netanyahu's demand that Palestinians recognize Israel as the state of the Jewish people didn't even leave him an opening for forging reconciliation with the Arab citizens in the country.

The prime minister's declaration that Jerusalem will remain he "undivided capital" of Israel - only Israel - slammed the door before the entire Muslim world. And his Hebron is solely the city of the Jewish patriarchs; the Arabs have no such rights at all. The Palestinians can have a state, but only if those foreign invaders show us they know how to eat with a fork and knife. Actually, without a knife.

The demilitarization of the Palestinian state was mentioned in the Clinton guidelines, the Taba understandings and the Geneva accord, as was the right of return to Palestine, not Israel. The difference between these documents and the Bar-Ilan address is not only that the former recognized the Palestinians' full rights to the West Bank and East Jerusalem. The real difference lies in the tone - in the degrading and disrespectful nature of Netanyahu's remarks. That's not how one brings down a wall of enmity between two nations, that's not how trust is built.

It's hard to believe that a single Palestinian leader will be found who will buy the defective merchandise Netanyahu presented last night.

Akiva Eldar
15/06/2009
Ha'aretz
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