14 juillet 2009

Tout (ou presque) sur le Xinjiang

À l'heure où les médias dominants martèlent la même propagande contre la Chine et en faveur des révoltes des provinces chinoises du Tibet et du Xinjiang, il est utile de lire d'autres sources pour comprendre la nature réelle des événements en cours et la complexité de leurs enjeux géopolitiques.

Tout (ou presque) sur le Xinjiang et les Ouïghours dans les revues

Synthèses actuelles (ordre chronologique) :

Frédérique-Jeanne BESSON et Françoise AUBIN (sous la direction de), Les Ouïgours au vingtième siècle, Cahiers d'Études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien n°25, 1998, Cemoti.
Le Xinjiang au bord de l'embrasement", "Le dragon chinois gronde chez les Ouïgours" titre la presse française. Les émeutes qui ont agité la ville de Yining, ou Kouldja, au mois de février 1997, la vague de répression qui les a suivies, les trois attentats à la bombe à Pékin qui paraissent y répondre, bref l'ensemble des événements de cette dernière année au Xinjiang ont été largement couverts et répercutés par les médias occidentaux. Suivis de près par une agitation de même nature au Tibet, ces événements ont placé au coeur de l'actualité la province séparatiste de l'Ouest. Survenus au moment de la mort de Deng Xiaoping, ils ont alimenté la tendance qui, en Chine comme à l'extérieur, cherche à prédire l'éclatement de l'Empire. Les événements de Tian-an-men en 1989, la fragilisation du centre par rapport aux riches provinces côtières, la fin de l'URSS analysée comme le glas des empires, la mutation entamée sous l'effet de l'économie de marché et enfin la mort du dirigeant sont des éléments invoqués à l'appui d'un scénario de désintégration de la Chine, qui complèterait ce bouleversement radical que le continent eurasiatique a connu dans les dernières années du XXe siècle. Dans la mesure où l'hypothèse du « séparatisme économique » des provinces côtières du Sud-Est semble avoir fait long feu, surtout depuis le retour de Hong Kong dans le giron chinois, l'attention se porte tout à coup sur les trois provinces frondeuses du limes, la Mongolie, le Tibet et le Xinjiang/Turkestan Oriental.

Rémi Castets, « Le nationalisme ouïghour au Xinjiang : expressions identitaires et politiques d’un mal-être. », Perspectives chinoises, n°78, 2003, Perspectives chinoises.
Au cours des vingt dernières années, les troubles au Xinjiang se sont multipliés et le sentiment national ouïghour s’est renforcé. Cette étude se propose de mettre en évidence les causes et les formes de la montée du nationalisme ouïghour. Nous soulignerons l’impact déterminant d’un contexte sociopolitique largement sous tendu par des logiques coloniales pour expliquer le renforcement de cette idéologie visant à redonner aux Ouïghours, ou plus largement aux populations turcophones du Xinjiang, les rênes du pouvoir politique que ce soit au sein d’une entité véritablement autonome ou indépendante. Nous soulignerons aussi le rôle joué par les inflexions récentes du contexte politique en Chine et en Asie centrale.

Elisabeth Allès, « Iredale Robyn, Bilik Naran et Guo Fei (éds.), China’s Minorities on the Move. Selected Case Studies / Godement François (dir.), « La Chine et son Occident. China and its Western Frontier », Les Cahiers d'Asie », Perspectives chinoises, n°81, 2004, Perspectives chinoises.
Les disparités régionales, entraînées par les réformes entreprises depuis ces vingt dernières années, ont accentué la situation parfois désastreuse des populations de la moitié ouest de la Chine. Retard de développement économique, migrations Han renforçant les tensions politiques en particulier au Xinjiang et au Tibet, et grands projets gouvernementaux ont incité les chercheurs chinois et occidentaux à porter une attention plus soutenue à ces régions sensibles en raison de leur position stratégique de zones frontières. Le premier ouvrage présenté ici traite d’un thème encore peu abordé, la migration des minorités ; le second, plus politique, analyse les stratégies en œuvre dans les provinces occidentales de la République populaire de Chine (RPC).

Guillemette Pincent, « Les empreintes spatiales de la sinisation dans les petites et moyennes villes du Xinjiang », Géocarrefour, volume 84-1-2/2009, Géocarrefour.
Le Xinjiang est une région autonome située à l’ouest de la Chine. Sa population se compose de 41% de Han et de près de 45% d’Ouïgours, musulmans et turcophones qui réclament depuis des décennies leur indépendance. Le gouvernement chinois tente alors de contrôler fortement ce territoire. Cet article analyse les marques spatiales de la sinisation en cours dans les villes petites et moyennes du Xinjiang. L’emprise du pouvoir central sur ces espaces urbains se caractérise par la fragmentation des cités historiques ouïgoures et par la folklorisation de l’héritage bâti traditionnel. La ville devient un espace de pouvoir, elle symbolise les tensions politiques entre populations locales et État chinois.

Alain Cariou, « Introduction au dossier « L’Asie centrale » », EchoGéo, Numéro 9 | juin 2009 / août 2009, EchoGéo.

Alain Cariou, « Le nouveau Xinjiang : intégration et recompositions territoriales d’une périphérie chinoise », EchoGéo, Numéro 9 | juin 2009 / août 2009, EchoGéo.
Le Xinjiang est généralement présenté comme l’archétype de la périphérie chinoise en raison de son enclavement, de son retard de développement et de son peuplement constitué de minorités nationales. Pourtant, depuis peu, cette périphérie présente le paradoxe d’un développement accéléré qui la singularise des autres provinces intérieures de la Chine par son premier rand pour son IDH et son PIB. Cette évolution s’explique par son rôle géostratégique dû à sa richesse en ressources naturelles et à sa position frontalière ce qui lui confère la fonction de « tête de pont » commerciale de la Chine en Asie centrale. L’achèvement du réseau routier et ferroviaire transcontinental porteur de migrations Han participe de la politique nationale de sécurisation et d’intégration économique et culturelle du Xinjiang ce que traduit le rapide déclin des minorités nationales.

Pour aller plus loin (ordre chronologique) :

Jean Chesneaux, Reconstruction et réorientation dans la vie économique de la Chine nouvelle, Annales de Géographie, Année 1951, Volume 60, Numéro 319, pp. 88-109, Persée.

Alfred Sauvy, La population de la Chine. Nouvelles données et nouvelle politique, Population, Année 1957, Volume 12, Numéro 4, pp. 695-706, Persée.

Owen Lattimore, Frontières russo-chinoises, Politique étrangère, Année 1958, Volume 23, Numéro 4, pp. 365-375, Persée.

Stuart R. Schram, La politique de la Chine, Revue française de science politique, Année 1966, Volume 16, Numéro 6, pp. 1162-1173, Persée.

Jean-Paul Roux, Les astres chez les Turcs et les Mongols, Revue de l'histoire des religions, Année 1979, Volume 195, Numéro 195-2, pp. 153-192, Persée.

Jean-Paul Roux, Les religions dans les sociétés turco-mongoles, Revue de l'histoire des religions, Année 1984, Volume 201, Numéro 201-4, pp. 393-420, Persée.

Jean Tricart, Où en est l'agriculture chinoise ?, Annales de Géographie, Année 1985, Volume 94, Numéro 525, pp. 569-586, Persée.

Liu Chang Hong, Jean-Claude Chesnais, Mariage et régulation démographique : le cas de la Chine, Population, Année 1986, Volume 41, Numéro 6, pp. 979-1004, Persée.

Jean-Paul Roux, La tolérance religieuse dans les Empires turco-mongols, Revue de l'histoire des religions, Année 1986, Volume 203, Numéro 203-2, pp. 131-168 , Persée.

Jean-Paul Roux, Sacerdoce et empires universels chez les Turco-Mongols, Revue de l'histoire des religions, Année 1987, Volume 204, Numéro 204-2, pp. 151-174, Persée.

Marcel Bazin, Identité ethnique et identité régionale en Iran et en Asie centrale, Revue du monde musulman et de la Méditerranée, Année 1991, Volume 59, Numéro 59-60, pp. 101-116, Persée.

Iris Choi-Bellanger, Le transfert de technologie en Chine, Revue internationale de droit comparé, Année 1994, Volume 46, Numéro 3, pp. 845-888, Persée.

Thierry Pairault, Les régions chinoises : industrialisation inégale et développements divergents, Tiers-Monde, Année 1996, Volume 37, Numéro 147, pp. 549-568, Persée.

Jean-Luc Domenach, Réflexions sur l'avenir du système politique chinois, Tiers-Monde, Année 1996, Volume 37, Numéro 147, pp. 713-724, Persée.

Jacques Lemoine, Dialectique des ethnicités et des identités en Chine, L'Homme, Année 1998, Volume 38, Numéro 148, pp. 231-249, Persée.

Elisabeth Allés, Des oulémas femmes : le cas des mosquées féminines en Chine, Revue du monde musulman et de la Méditerranée, Année 1999, Volume 85, Numéro 85-86, pp. 215-236, Persée.

I. Attané, a fécondité chinoise à l'aube du XXIe siècle : constats et incertitudes, Population, Année 2000, Volume 55, Numéro 2, pp. 233-264, Persée.

Geneviève Boyreau-Debray, Politique économique locale et inflation en Chine, Revue économique, Année 2000, Volume 51, Numéro 3, pp. 713-724, Persée.

Pierre-Arnaud Chouvy, « Les Chinois d'outre-mer des Tchou à Deng Xiaoping : des origines historiques et géographiques d'un phénomène migratoire plus que millénaire », Cybergeo, Espace, Société, Territoire, article 128, 2000, Cybergeo.

John Lagerwey, « Jun Jing, The Table of Memories. History, Power and Morality in a Chinese Village », L’Homme, 156 | octobre-décembre 2000, L’Homme.

Rémi Castets, « Michael Dillon, Xinjiang-China’s Muslim Far North West », Perspectives chinoises, n°89, 2005, Perspectives chinoises.

Catherine Mayeur-Jaouen, « Papas Alexandre, Soufisme et politique entre Chine, Tibet et Turkestan, Librairie d'Amérique et d'Orient, Jean Maisonneuve, 2005, 291 p. », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, REMMM.

Rémi Castets, « S. Frederick Starr (éd.), Xinjiang. China's Muslim Borderland », Perspectives chinoises, n°94, 2006>, Perspectives chinoises.

Hugues Bissot, « Lothaire Fanny, La Chine et ses minorités : Les Ouïghours entre incorporation et répression, Paris, L’Harmattan, 2006, 196 p. », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, REMMM.

Abdulla Arslan, « Aspects de la langue ouïgoure au Xinjiang », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques, 139 | 2008, , EPHE.

Sebastian Veg, « Les intellectuels chinois et le problème du Xinjiang », Perspectives chinoises, n°2008/3, 2008, Perspectives chinoises.

Dominique Simard, « La Chine au bord du gouffre, la désertification gagne du terrain », VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement, Regards sur le monde, 2008, VertigO.

Dossier documentaire & Bibliographie Xinjiang :
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13 juillet 2009

Palestine en chiffres

Un nouveau rapport du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) décrit un tableau de la vie dans la Bande de Gaza très sombre : des logements en nombre insuffisant, des infrastructures détruites, un accès limité à l’eau potable et une mer polluée par le rejet des eaux non traitées.

Le rapport identifie les restrictions de mouvement imposées aux personnes et aux biens au cours des deux dernières années comme l’une des principales causes de la crise à Gaza.

« Israël a le droit de protéger sa population contre les attaques », a dit Antoine Grand, chef de la sous-délégation du CICR à Gaza, dans un communiqué. « Mais est-ce que cela signifie que 1,5 million de personnes à Gaza n’ont pas le droit de mener une vie normale ? »

IRIN a compilé des statistiques comparatives entre Israël et les Territoires palestiniens occupés (TPO) – Cisjordanie et Bande de Gaza combinées - pour replacer le rapport du CICR dans le contexte.


IRIN

Javier Solana, haut représentant de la diplomatie européenne, suggère que le Conseil de sécurité des Nations unies reconnaisse la Palestine dans un délai donné, même si Israël et les Palestiniens ne sont pas parvenus à un accord.

"Passé une échéance donnée, une résolution du Conseil de sécurité devrait proclamer l'adoption d'une solution à deux Etats", a-t-il déclaré samedi lors d'une conférence à Londres.

Le JDD

Les âmes de Verdun

GRASSET Philippe (avec des photographies de Bernard Plossu et Michel Castermans), Les âmes de Verdun, Editions Mols, 2008.


Véritable album photographique, «Les âmes de Verdun» contient une centaine de photos de Bernard Plossu et de Michel Castermans en arrière-plan et en accompagnement du texte de Philippe Grasset.

Cet album propose une nouvelle appréciation de la bataille de Verdun, à l’occasion de visites faites sur le site de la bataille.

Cette appréciation inédite et non conventionnelle fait de la bataille un événement d'une très grande signification, à la fois dans la Grande Guerre elle-même et dans l'histoire de notre temps, celui qui débordant la Grande Guerre, va jusqu'à notre époque.

Pour les auteurs, la bataille de Verdun est, au-delà des conditions de la guerre, un affrontement entre l'homme et le machinisme, représenté par la technologie guerrière la plus avancée. De ce point de vue, la bataille de Verdun illustre la crise de la modernité dont nous vivons aujourd’hui encore un épisode paroxystique et peut-être ultime. Le paroxysme de Verdun rejoint le paroxysme de ce début du XXIe siècle.

La présentation en album contenant une étude photographique du lieu de la bataille, tel qu’il existe aujourd’hui, permet de renforcer décisivement cette interprétation. La dimension artistique exceptionnelle des photographies restitue le caractère unique de cet événement, sa puissante et poignante dimension humaine.

Lire aussi :
Les âmes de Verdun
• Verdun et les 3 cercles de l’enfer, Dedefensa
• Critique, Europe Solidaire
• Entretien, La Vieille Europe sur Radio Courtoisie
• GRASSET Philippe, Le monde malade de l'Amérique - La doctrine américaine des origines à nos jours, Chronique sociale, 1999 et 2003
• GRASSET Philippe, Chronique de l'ébranlement - Des tours de Manhattan aux jardins de l'Elysée, Editions Factuel, 2003 et Editions Mols, 2004
• Maudite soit la guerre, Monde en Question

12 juillet 2009

Yoghourts ou Ouïghours

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, invité de France Info mercredi, confond les Ouïghours du Xinjiang et les yoghourts...

La "belle-sœur" dévoilée interdite

Rue69 nous raconte, en partenariat avec Aujourd'hui l'Inde, les mésaventures de la bande dessinée en ligne Savita Bhabhi interdite en Inde.


Savita Bhabhi est un savant mélange de traditions et de valeurs transgressées. Le personnage principal est une femme mariée. Elle porte le sari (habit traditionnel), le sindur (petit trait vermillon à la racine des cheveux qui est le signe des femmes mariées), le bindi (point rouge entre les yeux) et le mangalsutra (pendentif en or qui est l'équivalent de l'alliance). Son mari est souvent absent alors, pour tromper l'ennui, elle couche avec des hommes de passage. Et pour cette Bhabhi (qui signifie "belle-sœur"), rien n'est tabou, même pas l'inceste.

Une page de ce feuilleton explosif est publiée chaque jour et traduite dans les neuf langues nationales. C'est un énorme succès sur le Net : 30 000 personnes se sont déjà abonnées aux aventures de la belle-sœur indienne, qui attire particulièrement les jeunes de la classe moyenne, moins puritains semble-t-il, que leurs aînés.

Un succès qui n'est pas du goût des puritains car le ministère des Technologies et de l'information a interdit le site le 30 juin dernier et en a bloqué l'accès à partir de l'Inde. Sans procès ni explication.

Commentaires de Renuka Renuka Singh, sociologue de l'université de Jawaharlal Nehru de New Delhi :
Utiliser une Bhabhi comme personnage principal est très provocant. En même temps, ce choix force les gens à se poser des questions sur les apparences. Plus de 70 % des Indiens sont encore aujourd'hui très attachés aux traditions. Mais l'image qu'ils donnent n'est pas toujours représentative de leur façon de vivre... Vous pouvez porter le sari et avoir une image classique, tout en ayant une vie sexuelle très active, voire libertine. Et c'est ce que Savita Bhabhi illustre d'une certaine façon. Ce qui se passe derrière les portes closes est très différent des apparences sociales. Les gens le savent bien, et ils l'ont toujours su, mais n'en parlent pas. Et je ne pense pas que notre société soit prête pour cela. Même si la jeune génération est un peu plus directe, parler de sexe ouvertement reste tabou.

Savita Bhabhi est une bande dessinée. C'est une histoire inventée, racontée au travers de dessins. En cela, elle ne viole pas notre réalité culturelle. Mettre en scène des personnages en chair et en os serait bien plus agressif pour nos traditions. Mais d'un autre côté, bien qu'il ne s'agisse "que" d'une bande dessinée, elle peut quand même avoir des conséquences négatives sur les valeurs traditionnelles indiennes. La confiance est très importante dans notre société. Les couples sont fondés sur cette confiance. En faisant le portrait d'une femme mariée qui couche avec tout le monde, Savita Bhabhi pourrait briser cette confiance. En outre, elle enseigne aux hommes une fausse idée en leur faisant croire que ce n'est pas grave de réduire la femme à un objet sexuel.

Commentaires de Arnab Das, producteur pour une chaîne d'information indienne :
C'est la première fois que nous voyons des bandes dessinées pornographiques en Inde. Le sexe n'est plus un sujet tabou ici. Le câble, les DVD et Internet ont rendu le porno facile d'accès à tous. "Savita Bhabhi" désigne la femme du frère aîné. Le choix du personnage est judicieux car beaucoup de pornos indiens exploitent le sujet de l'inceste et de plus en plus de sites web X utilisent ce personnage de bhabhi comme icône. Difficile d'expliquer pourquoi. Les psychologues s'insurgent contre la prolifération de ce genre de sites. Ils expliquent qu'un tel portrait de la bhabhi pourrait avoir un impact négatif sur la façon dont les hommes indiens conçoivent les valeurs familiales. C'est peut-être vrai, mais seulement jusqu'à un certain point.

Je ne pense pas que ce genre de littérature porno engendre un changement majeur de nos mentalités. L'inceste est un sujet aussi commun en Inde qu'il peut l'être dans le reste du monde. Il suffit de se souvenir de Kay Parker, grande star porno des années 80 réputée pour ses rôles incestueux, ou encore d'aller surfer sur les sites pornos du reste du monde pour se rendre compte que l'inceste fait parti du deal. Je n'essaie pas de justifier l'inceste, mais ce sont des faits. En ce qui me concerne, je ne suis pas choqué par cette bande dessinée. Chacun a le droit d'être excité par ce qu'il veut. La morale est une notion personnelle. Cependant, d'un point de vue juridique, les auteurs risquent d'être inculpés pour distribution de pornographie. Les lois indiennes sur Internet sont de plus en plus strictes.

Lire aussi :
• Sexe en Chine, Aujourd'hui la Chine
• Sexe en Corée, Aujourd'hui la Corée
• Sexe en Inde, Aujourd'hui l'Inde
• Sexe en Japon, Aujourd'hui le Japon

11 juillet 2009

Révolte sociale au Xinjiang

Les médias dominants se répètent inlassablement dès qu'il s'agit de la Chine. Ils plaquent la même analyse idéologique sur les révoltes des provinces chinoises du Tibet ou du Xinjiang. Cet amalgame ne permet pas de comprendre la nature réelle des événements et encore moins leurs enjeux.


Contrairement aux anciens maoïstes (Libération et Rue89) qui brûlent l'idole qu'ils ont adorée ou aux anciens trotskystes (Mediapart) qui sont devenus des maccarthystes, Martine Bulard rappellent opportunément que :

1) Avec une célérité inhabituelle, le gouvernement chinois a rendu publiques les images de manifestations violentes qui se sont déroulées dimanche 5 juillet à Urumqi, la capitale de la province du Xinjiang.
2) Visiblement [...], les manifestants ouïgours ont attaqué et parfois même lynché les Han, ethnie majoritaire en Chine et minoritaire au Xinjiang, qui se trouvaient sur leur passage.
3) Il est impossible de savoir qui a allumé l’incendie à Urumqi.
4) La fracture s’avère plus sociale et ethnique que religieuse. [1]
Les blogs du Diplo

Les questions sociales sont aujourd'hui totalement escamotées du discours médiatique au profit des questions ethniques ou religieuses. Présenter les événements sous cet angle relève d'une propagande idéologique - la même que celle du gouvernement chinois - pour ne pas parler des discriminations sociales au Tibet, au Xinjiang ou ailleurs dans le monde.

Les médias dominants parlent de violentes émeutes ethniques qui ont opposé Ouïghours, musulmans turcophones, et Hans, l'ethnie majoritaire en Chine alors que les émeutes ont éclaté dimanche, en marge d'une manifestation de 1.000 à 3.000 musulmans ouïghours qui demandaient justice pour deux membres de leur communauté [AP - Yahoo! Actualités].

Les médias dominants soutiennent sans réserves les moines tibétains et, plus curieusement, les musulmans ouïghours. Mais peu de médias rappellent que tout au long des années 90, l'Arabie saoudite a investi dans des écoles coraniques et payé des équipements publics au Xinjiang [2].

11/07/2009
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Turkestan Oriental ou le Xinjiang entre Ouïgour, sunnisme et pétrole, Seriatim article bien documenté [lien mort].
Xinjiang : l'énergie attise le conflit, Usine nouvelle article utile pour les données chiffrés.
Dossier documentaire & Bibliographie Xinjiang, Monde en Question.

Notes et références

[1] En fait, la fracture s’avère plus sociale que ethnique ou religieuse.
[2] Le Xinjiang n'est pas le Tibet, Slate.

Dérapage sémantique de Nétanyahou

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré, lundi 6 juillet, au ministre des affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, qu'arrêter la colonisation en Cisjordanie en ferait un territoire "judenrein", le terme nazi pour "nettoyé des juifs", a raconté vendredi un proche du premier ministre. "Il n'est pas légitime de faire de la Judée-Samarie [Cisjordanie] un territoire judenrein", a déclaré M. Nétanyahou à son interlocuteur, qui s'est contenté de hocher de la tête, selon cette source.

C'est la première fois qu'un premier ministre israélien use de ce terme, qui établit un parallèle entre l'exigence d'un démantèlement des colonies de peuplement juives et l'antisémitisme génocidaire nazi. Selon le quotidien israélien Ha'aretz, M. Nétanyahou aurait encouragé ses collègues à utiliser ce terme dans leurs argumentaires sur la défense de la colonisation en Cisjordanie et la nécessité de la reconnaissance par les Palestiniens d'Israël comme un État juif.

[...]

Le Monde

Lire aussi :
Bibi en mode parano-turbo, Dedefensa.
• HAZAN Éric, LQR la propagande du quotidien, Raisons d'Agir, 2006.
• KLEMPERER Victor, LTI - La langue du IIIe Reich, Albin Michel, [1975] 1996.

10 juillet 2009

Bercy soutient la finance islamique


La ministre de l'Economie Christine Lagarde a annoncé jeudi qu'une réforme législative destinée à permettre les émissions de "sukuk" (obligations islamiques) serait mise en place à l'automne.

A la différence d'une obligation, le sukuk est adossé à un actif permettant de rémunérer le placement en contournant le principe de l'intérêt.

En outre, le ministère des Finances "publiera d'ici la fin du mois une nouvelle instruction fiscale pour permettre le développement de nouveaux produits Ijarah et Istinah", a indiqué Mme Lagarde dans une intervention vidéo diffusée dans le cadre du forum financier Paris Europlace. La ministre accompagnait en effet le Premier ministre pour une visite en Irak.

Depuis deux ans, la ministre n'a pas ménagé ses efforts pour développer la finance islamique en France. Des adaptations de la fiscalité et du régime de la fiducie ont notamment été réalisées pour éviter que les montages financiers conformes à la loi islamique ne génèrent des surcoûts qui les rendent inattractifs.

L'enjeu est notamment d'attirer les investisseurs du Golfe, plutôt tournés vers Londres, afin qu'ils contribuent au financement de l'économie française.

L'"Ijara" s'apparente au crédit-bail. L'acheteur qui souhaite acquérir un bien le loue, s'acquitte d'un loyer, et le rachète éventuellement au terme du contrat. L'"Istinah" consiste à faire financer la production d'un bien par l'acheteur. L'acheteur fournit le capital, le vendeur produit le bien et le livre à une date ultérieure.

Malgré ces aménagements, la création de deux diplômes de finance islamique, à Strasbourg et Paris (Université Paris-Dauphine) et le relatif discrédit de la finance conventionnelle en cette période de crise, la finance islamique peine à décoller en France, les montants investis selon les principes de la charia restant marginaux.

Le seul fonds de placement islamique de France qui existait en France, créé il y a un an à la Réunion par la Banque française commerciale, une filiale de la Société Générale, a même été fermé début avril et ses souscripteurs remboursés en raison d'un rendement insuffisant.

AFP-Les Echos

Assassinée parce qu'elle portait un voile


Le 1er juillet, une jeune Egyptienne a été assassinée dans un tribunal de Dresde par un homme qui l'avait précédemment insultée. En Egypte, cet assassinat scandalise. Mais en Allemagne, les réactions ont été rares, regrette la Tageszeitung.

Marwa el-Sherbini a-t-elle été la première victime de l'islamophobie en Allemagne ? Le 1er juillet, cette Egyptienne a été poignardée à mort dans l'enceinte d'un tribunal de Dresde par Axel W., un homme qui l'avait traitée de terroriste islamiste en raison de son foulard et dont le cas était alors en cours de jugement.

Il aura fallu attendre près d'une semaine avant que le gouvernement allemand ne condamne et regrette officiellement cet incident. Il doit accepter de se voir reprocher d’avoir attendu l'indignation créée par cette affaire en Egypte et dans d'autres médias étrangers pour réagir.

Les autorités auraient-elles gardé un tel silence si un juif avait été poignardé dans un tribunal allemand après avoir été insulté par un antisémite? Axel W. est peut-être un cas isolé mais n'a-t-il pas été contaminé par le sentiment anti-musulman croissant en Allemagne ?

Quand survient un attentat impliquant un fanatique musulman, les dirigeants politiques allemands n’ont de cesse de demander à la communauté musulmane de se démarquer de cet individu, afin d'éviter tout risque d'amalgame. A présent, les Allemands sont unanimement soupçonnés d'islamophobie, du moins en Egypte.

Où se cachaient donc la semaine dernière tous ceux qui condamnent aujourd'hui l'incident de Dresde ? Ils étaient tous introuvables. A l'exception d'un homme. "Il n'est pas besoin d'être musulman pour s'insurger contre l'islamophobie, pas plus qu'il n'est besoin d'être juif pour lutter contre l'antisémitisme", a déclaré Stephan Kramer, secrétaire du Conseil central des juifs d’Allemagne. Nous le remercions ici pour ses paroles claires et sans ambiguïté. La semaine dernière, les responsables politiques allemands ont superbement ignoré ce message pourtant évident.

Presseurop

Lire aussi :
• Marwa El-Sherbini, Wikipédia
• Marwa el-Sherbini, Google Actualités
• 06/07/2009, Une femme égyptienne tuée dans un tribunal allemand à cause de son voile, Global Voices
• 07/07/2009, Marwa assassinée parce qu'elle portait un voile, Oumma
• 08/07/2009, La colère de l'Egypte pour la «martyre voilée», Slate
• 09/07/2009, Meurtre xénophobe en Allemagne, Le Monde diplomatique

Appel à une interdiction de la LDJ

Des associations et des partis politiques demandent au gouvernement français d'interdire la Ligue de défense juive, qu'ils accusent d'avoir mené une série d'actions violentes ces dernières années.

Ce collectif, qui rassemble des associations de défense des droits de l'homme ou de soutien aux Palestiniens, les Verts et le Nouveau parti anticapitaliste, appelle à manifester mercredi devant une librairie parisienne, qui, dit-il, a été attaquée par des membres de cette organisation vendredi dernier.

Dans un communiqué, il accuse la LDJ d'avoir perpétré des violences répétées et "demande fermement l'interdiction de la Ligue de défense juive et la traduction en justice de ses nervis". La LDJ, ajoute-t-il, est interdite en Israël et aux Etats-Unis.

Dans un précédent communiqué, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) avait détaillé ces accusations, écrivant que la LDJ avait attaqué des lycéens le 8 janvier à Paris et plus récemment des militants du Centre international de culture populaire (CICP) et la mairie de Vitry.

"Le Mrap réitère donc au gouvernement français sa demande pressante du 8 avril 2002 de dissoudre la dite Ligue de défense juive, à la suite de quatre agressions du siège national du Mrap, de ceux de la Fondation Danielle Mitterrand, de la Cimade et du CICP, de violences à Orly contre des militants pacifistes et de menaces de mort contre le président de l'Union des juifs français pour la paix", poursuit le texte.

Chez les Verts, on précise que la décision de demander la dissolution de la LDJ n'a pas encore été prise en conseil exécutif. "Mais étant donné que cette association est condamnée en Israël et aux Etats-Unis, qu'elle est reconnue pour être un groupuscule paramilitaire et fascisant, nous n'avons aucun état d'âme à appuyer ceux qui demandent sa dissolution", a déclaré Djamila Sonzogni, porte-parole nationale du parti écologiste.

L'Express
Pétition en ligne

9 juillet 2009

"Stop à l'expansion arabe"

Ariel Attias, le ministre Shas de la Construction et du Logement a confirmé mercredi ses déclarations de la semaine dernière dans lesquelles il affirmait qu'il fallait construire de façon urgente en Galilée pour stopper « l'expansion illégale arabe ».

« Ce que j'ai dit est acceptable, du moins de mon point de vue », a t-il estimé lors d'une session plénière de la Knesset. Puis, se tournant vers le député Ibrahim Sarsour (UAL Taal) il a ajouté « je suppose que vous pensez différemment ».

« Je ne suis pas certain que lorsque vous me demandez de construire dans le secteur arabe, vous pensiez à la ville d'Herzliyya. Vous pensez que le secteur arabe, qui a sa propre culture, ses propres habitudes, doit vivre pleinement sa culture », a t-il poursuivi.

« Cet État est un État Juif. Je pense que c'est ce qu'il doit être. Il y a bien sûr de la place pour les Arabes, ils ont les mêmes droits, nous devons construire des logements pour eux, mais Israël est un État Juif. Nous ne sommes pas gênés de le dire».

« C'est notre pays, c'est ici que nous voulons vivre, nous l'avons attendu des années durant, et nous espérons pouvoir faire la paix avec les autres populations, y compris avec les Arabes. » Mais il a souligné qu'il « croit que nous devrions vivre séparément, et pas que nous devons vivre séparément. C'est ce que je crois. Vous pouvez ne pas être d'accord».

« Les gens pensent que l'égalité viendra en disant des mots agréables. Selon moi, l'égalité viendra quand les gens auront la possibilité de vivre leur propre culture ».

« Personne ne pense que je suis opposé aux haredim, que j'éprouve du racisme à leur encontre. Et pourtant, j'ai dit la même chose : la communauté haredi vit bien mieux quand elle vit séparément ».

Le Jerusalem Post

Commentaires : L'État d'Israël possède 93% des terres à l'intérieur de la ligne verte, seule frontière internationalement reconnue. Ces terres, volées aux Palestiniens en 1948, ne peuvent être achetées par les Palestiniens citoyens de l'État d'Israël.
• DIECKHOFF Alain (sous la direction de), L'État d'Israël, Fayard, 2008
• LOUËR Laurence, Les citoyens arabes d'Israël, Balland, 2003
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël

Les Juifs iraniens préfèrent Ahmadinejad

Malgré les troubles et la violence qui ont suivi les élections présidentielles en Iran, de nombreux Juifs iraniens d'Israël ou de l'étranger estiment que la vie en République Islamique est meilleure sous le président Mahmoud Ahmadinejad qu'elle ne l'aurait été sous son rival Mir Hossein Moussavi.

Lors d'une conférence de Juifs iraniens à Jérusalem lundi, des leaders de la communauté juive Mashadi ont déclaré que malgré les allégations anti-israéliennes d'Ahmadinejad, l'Iran est un pays dans lequel les Juifs peuvent pratiquer leur religion en sécurité.

« Ahmadinejad fait des déclarations regrettables à propos des Juifs, mais il est préférable à Moussavi », estime Shlomo Zabihi, rabbin Mashadi. Le gouvernement actuel est relativement stable et fournit un environnement sûr pour les Juifs, a t-il poursuivi.

La réunion de lundi était le premier rassemblement de la Fédération des Juifs Mashadi, une organisation qui vise à préserver l'identité religieuse et culturelle des Juifs de Mashad, la seconde plus grande ville iranienne, avec une population de 2,5 millions d'habitants.

Durant la Révolution Islamique de 1979, de nombreux Juifs Mashadi ont fuit vers les États-Unis, essentiellement vers New York, où 6 000 Juifs ayant des liens avec Mashad vivent actuellement. Il n'y a presque plus de Juifs à Mashad aujourd'hui, mais environ 25 000 Mashadi vivent en Iran, et sont concentrés à Téhéran.

Bahman Kamali, le fondateur de l'organisation, a déclaré que les appels à la destruction d'Israël lancés par Ahmadinejad n'ont rien à voir avec l'incitation à la violence envers les Juifs de la Diaspora. « Il y a une différence, car les Iraniens respectent les religions du livre : christianisme, judaïsme » a ajouté Kamali. Les Juifs peuvent donc aller à la synagogue et prier sans rencontrer de problèmes, affirme t-il.

Le Jerusalem Post

L'Histoire commence à Sumer


Samuel Noah KRAMER, spécialiste de l'assyriologie, serait certainement inconnu du grand public s'il n'avait écrit L'Histoire commence à Sumer, Champs Flammarion, [1957] 1993 [Persée].
Il y a plus de trente ans, l'auteur de ce livre, savant de notoriété internationale, révélait au grand public la civilisation sumérienne, née en Mésopotamie, le sud de l'actuel Irak, voici quelque cinq mille ans. Le miracle grec avait un précédent. Dès le troisième millénaire avant Jésus-Christ, les Sumériens avaient inventé l'écriture, fondé les premières cités-États, formulé les premiers codes de lois, donné leur première expression littéraire au mythe et à l'épopée.

La première partie contient une introduction à la civilisation sumérienne, berceau des civilisations occidentales - un scandale aujourd'hui pour certains.
La seconde partie, la plus importante, contient la traduction de tablettes cunéiformes qui abordent tous les thèmes de la vie quotidienne y compris les relations hommes-femmes et l'éducation des enfants.
Ce petit livre, facile à lire, est fascinant car on constate que, si les sociétés se sont développées techniquement grâce il faut le souligner à la colonisation, l'humanité n'a guère progressé depuis plus de 5000 ans...

Lire aussi :
• Irak, berceau des civilisations, L'Internaute
• Sumer, Wikipédia
• Sumer & Akkad, Clio
• Le récit du déluge, Université Caen
• La naissance du droit, de la finance et de la comptabilité, IRGO
• Brève chronologie de l'histoire des mathématiques en Mésopotamie, CNRS
• Pierre-Louis Viollet, L'hydraulique dans les civilisations anciennes - 5000 ans d'histoire, Presses des Ponts, 2005 [BooksGoogle]

Marche internationale pour rompre le siège de Gaza


Un ensemble de militants appartenant à diverses associations de solidarité avec les Palestiniens sont en train de préparer une marche internationale vers Gaza, dans l'intention de mettre fin au blocus du territoire. Cet événement a pour objectif d'amener des milliers de manifestants du monde entier à marcher aux côtés des Gazaouis et d'ouvrir une brèche dans le blocus imposé à la population depuis l'élection du Hamas en 2006.

« Cette marche s'inspire du Mahatma Gandhi » indiquait un projet de déclaration des principes et des finalités rédigé par la "Coalition pour mettre fin au siège illégal de Gaza", document que s'est procuré le Daily Star. « Ceux d'entre nous qui résident aux Etats-Unis s'inspirent aussi du mouvement des Droits civiques », ajoutait-il.

La déclaration esquisse également des plans pour la marche, qui se tiendra le 1er Janvier 2010. « Nous parcourerons le Long Mille à travers le poste de contrôle d'Erez aux côtés du peuple de Gaza dans une démonstration non violente qui rompt le blocus illégal » ; il ajoute : « Nous concevons cette marche comme le premier pas d'une campagne durable et non violente… Si nous amenons des milliers de gens à Gaza, et des millions d'autres à travers le monde à suivre la marche sur internet, nous pouvons mettre fin au siège sans qu'une goutte de sang soit versée ».

Le Professeur Norman Finkelstein, analyste politique et auteur de plusieurs ouvrages sur le conflit israélo-palestinien, est l'un des organisateurs de la marche. « Nous voulons envoyer là-bas plusieurs milliers de gens du monde entier, pour marcher aux côtés de plusieurs centaines de milliers de Gazaouis », a-t-il déclaré au Daily Star.

Finkelstein espère que de grands nombres de militants internationaux et de dirigeants prendront part à la marche, avec pour résultat d'empêcher une riposte violente des autorités israéliennes. « Si des personnalités telles que Jimmy Carter, Noam Chomsky, l'évêque Desmond Tutu et Nelson Mandela se trouvent en tête de la marche s'ils sont suivis des étudiants portant haut les emblèmes des écoles au nom desquelles ils saluent – Harvard, Yale, Princeton, Oxford, Cambridge ; si derrière eux se trouvent les malades et les handicapés, les jeunes et les innocents de Gaza ; si derrière eux encore d'autres suivent par centaines de milliers, sans armes et sans peur, dans le seul désir de faire respecter la loi ; si, à travers le monde, des centaines de milliers de gens regardent sur internet ce qui se passe – alors Israël ne peut pas tirer » dit-il.

« La première réunion organisationnelle de la coalition est fixée au 13 juillet », ajoute Finkelstein. « Nous espérons à cette occasion mettre en place une formule d'entente sur un comité de pilotage. Pour le moment, le groupe de travail est constitué de personnes appartenant à des associations, telle que CodePink, qui ont été actives autour du conflit israélo-palestinien ».

En préparation de la marche, des membres de la coalition contactent maintenant à travers le monde des groupes de solidarité avec les Palestiniens.

Richard Hall
1er juillet 2009
The Daily Star
EuroPalestine

Lire aussi :
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

8 juillet 2009

Agression contre la librairie Résistances

Ce n'est pas la première fois que leur librairie fait l'objet d'une attaque. Celle-ci serait apparemment du fait de la Ligue de défense juive, autorisée en France, mais interdite aux Etats-Unis [Sur son site, la LDJ nie toute responsabilité dans cet incident, ndlr]. Cette même organisation qui, se serait livrée à une attaque dans le hall de l'hôtel de ville d'Ivry, dont la municipalité s'était rendue coupable d'avoir fait de Marwan Barghouti un citoyen d'honneur de la ville.

Il faut bien sûr employer le conditionnel, mais malheureusement on peut craindre que l'enquête ne permette pas d'identifier les responsables. Tous les moyens seront-ils mis en oeuvre pour le savoir ? Seront-ils arrêtés et jugés ?

Comment expliquer que la Tribu Ka ait été dissoute pour avoir fait preuve de démonstration de force et tenu des propos inacceptables, sans avoir toutefois employé la violence physique tandis que la Ligue de défense ne l'est pas ?

Imaginons que le hall de la mairie du 16e arrondissement fasse l'objet du même type d'action que celle d'Ivry, est-ce que les auteurs pourraient encore courir librement ? Si une librairie pro-israélienne avait fait l'objet d'une attaque comparable à celle de la librairie Résistances, est-ce que les autorités et la presse auraient fait preuve du même silence ? Que répondre à ceux, nombreux mêmes s'ils n'ont pas accès aux médias, qui posent cette question ?

Notons qu'il s'agit d'une agression antisémite, qui n'est toutefois pas traitée comme les autres agressions de ce genre. Comment expliquer cela ?

Comment expliquer que les « Voltairiens maccarthistes » de service, toujours prompts à proclamer la liberté d'expression lorsqu'il s'agit de défendre des gens qui ont critiqué l'Islam ou les musulmans, mais reprenant les méthodes de McCarthy dans d'autres circonstances, fassent preuve d'un tel silence assourdissant aujourd'hui ?

Les responsables politiques ou la presse se taisent-ils parce qu'ils ne veulent pas jeter d'huile sur le feu sur un sujet sensible et éviter de créer des tensions dites inter-communautaires ? C'est exactement l'inverse qui va se produire. L'absence d'informations crée nécessairement la rumeur, et dans ce cas des rumeurs malsaines. Ce silence de la presse et des autorités va alimenter les préjugés antisémites, non le combattre.

En ne traitant pas des éléments comparables de la même façon, on n'apaise pas les tensions, on crée un sentiment de double standard qui peut nourrir les pires fantasmes, sur lesquels les théories du complot vont connaître un nouvel essor.

Pascal Boniface
07/07/2009
Rue89 - IRIS

Lire aussi :
• 4 Jews suspected of attacking Palestinian store, Yedioth Ahronoth
• "L'impunité de la Ligue de défense juive, ça suffit", Rue89

Corps en prison


Documentaire à cheval entre photojournalisme et reportage radio sur la place du corps dans les prisons. Les photos défilent sur fond de témoignage sonore.

Hugo, Hafed, Hélène et Djemel, témoignent à travers cinq chapitres (le corps fouillé, le corps de l'autre, le corps malade, le corps retrouvé, le corps libéré), de leurs conditions de vie en détention.

Trois interviews avec Arnaud Gaillard (le sexe en prison), Laurent Gras (le sport en prison) et Christiane de Beaurepaire (les automutilations en prison).

Bibliographie et liens.

Le Monde