28 juillet 2009

Storytelling


Christian SALMON, Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, La Découverte, 2007 [Dossiers du Net - Extraits - Fabula - France Culture (mp3) - Rue89 (vidéos) - Télérama]
Christian Salmon signe un ouvrage de propagande contre la propagande, aussi hasardeux que faux, qui a aveuglé nombre de journalistes français. Ou le succès inattendu d’une storytelling à la française.
[...]
Le premier problème du livre, c’est qu’il méconnaît assez largement l’histoire qu’il prétend écrire et, déjà, passe sous silence la longue tradition de cet "art de raconter des histoires". Un tel concentré d’inculture sur les États-Unis est d’autant plus frappant que cette histoire que Salmon découvre avec au moins un siècle de retard, est bien connue.
[...]
Tout au long de son essai bâclé, Salmon dénonce un journalisme qui "favorise une version anecdotique des évènements, une représentation en noir et blanc de l’actualité, et contribue comme jamais à brouiller la frontière entre la réalité et la fiction" - et on croirait qu’il parle de son propre livre !
[...]
Enfin, l’ouvrage produit ce qu’il dénonce. Ce n’est pas le moindre de ses paradoxes. Salmon est tellement peu sûr de lui et de son hypothèse "story-tellisée" qu’il la rappelle à chaque page comme par mauvaise conscience alors qu’il se sait dans le mensonge ; à chaque page comme pour se rassurer, Salmon vend sa marque "storytelling" - il l’utilise à tout bout de champ, sans aucune rigueur scientifique. Mais il y a plus grave encore, c’est qu’en chemin, Salmon s’est mis à croire à sa propre histoire.
Frédéric MARTEL, Une storytelling à la française, Nonfiction

L'auteur n’emporte pas la conviction quand il décrit l’avènement "d’un nouvel ordre narratif" qui "va au-delà de la création d’une novlangue médiatique engluant la pensée : le sujet qu’il veut formater est un individu envoûté, immergé dans un univers fictif qui filtre les perceptions, stimule les affects, encadre les comportements et les idées…".
[...]
À y regarder de plus prés, aucune de ces techniques de communication n’est nouvelle. Ronald Reagan, en son temps, fit un usage extensif des "stories" édifiantes dans ses discours officiels : des "success stories" destinées à illustrer le "rêve américain". "Deux siècles d’histoire de l’Amérique devraient nous avoir appris que rien n’est impossible.
[...]
Est-il légitime pour autant de regrouper sous la notion unifiante de "storytelling" des techniques de communication et des procédés rhétoriques qui opèrent sur des registres de nature très différentes : évocation du "grand récit" américain à travers des "success stories" édifiantes, "dramatisation" des enjeux à travers leur déplacement sur une scène morale (le bien et le mal), "scénarisation" de la figure présidentielle en "saga", optimisation de l’impact visuel par la mise en scène soignée des appararitions télévisées… ?
Maurice RONAI, Quand on a un marteau, tout ressemble à un clou, Nonfiction

Christian Salmon enfonce des portes ouvertes et redécouvre une roue qui tourne depuis des siècles... Le storytelling est une très ancienne technique d'auto-célébration du pouvoir. Il y a plus de 3700 ans, Hammurabi faisait graver dans la pierre le récit de son très long règne. Les journalistes ont succédé aux hagiographes royaux, mais ils utilisent les mêmes procédés narratifs.

L'auteur de Storytelling fait partie de ces intellectuels qui, faute de critiquer le tournant idéologique de la gauche en 1982 en faveur du néo-libéralisme et d'analyser ses échecs depuis, utilisent la rhétorique médiatique du pouvoir pour inscrire leurs noms dans la marge d'une histoire qui se fait sans eux.

Dans un article, publié par Le Monde, il joue les analystes de la "médiasphère" en participant à la "feuilletonnisation" de la vie politique qu'il prétend dénoncer [1].

Serge LEFORT
28/07/2009

Lire aussi :
• Christian SALMON, Une machine à fabriquer des histoires, Le Monde diplomatique, Novembre 2006.
• Christian SALMON, Le magicien de la Maison Blanche, Le Monde diplomatique, Décembre 2007.
• Christian SALMON, Nicolas Sarkozy et les sarkologues, Le Monde, 15/02/2008.
• Christian SALMON, Malaise de Nicolas Sarkozy : "La médiasphère s'est emballée", Le Monde, 27/07/2009.

• Mona CHOLLET, Rêver contre soi-même, Périphéries, 28 mai 2007.
• Mona CHOLLET, Rêves de droite - Défaire l’imaginaire sarkozyste, La Découverte, 2008 [Périphéries - Zones].
• Mona CHOLLET déconstruit le "Storytelling" à la sauce Sarkozy, Rue89, 08/03/2008.

• Jean-François HUYGHE, Storytelling, Huyghe, 2 décembre 2007.
• Nathalie BORDEAU, Storytelling et communication politique en France, Libéralisme ou démocratie, 14 mars 2008.
• Patrick LEVIEUX, "Sarkozy je te vois" : le protagoniste de l'affaire raconte son happening citoyen, Le Monde, 04/07/2009.
• Patrick LEVIEUX, L'affaire "Sarkozy je te vois" : le récit, l'Humanité, 07/07/2009.
• Patrick LEVIEUX, L'affaire « Sarkozy, je te vois ! » : un storytelling citoyen, l'Humanité, 07/07/2009.
• FAVILLA, Storytelling, Les Echos, 23/07/2009.

• Storytelling, Wikipédia
• Dossier Storytelling, Manager GO
• Dossier documentaire & Bibliographie Médias, Monde en Question
• Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question

[1] Il pratique le storytelling de ses chroniques publiées dans Le Monde : Christian SALMON, Storytelling saison 1. Chroniques du monde contemporain, Les Prairies ordinaires, 2009 [Fabula].
• Christian SALMON, Autodafé, la revue du Parlement international des écrivains, remue.net.
• Christian SALMON, Tombeau de la fiction, Denoël [Périphéries].

27 juillet 2009

La fabrique de l'opinion

Le Monde diplomatique a publié une brève sur le financement de sondages :
Un rapport de la Cour des comptes a révélé l’existence d’une convention, signée le 1er juin 2007, entre la présidence de la République et un cabinet d’études chargé de commander des sondages à l’institut Opinion Way « pour un coût avoisinant 1,5 million d’euros ». Sur les trente-cinq études facturées en 2008, au moins quinze, payées 400 000 euros par l’Elysée, ont aussi été publiées par Le Figaro — dirigé par M. Etienne Mougeotte, ancien PDG de TF1 — et LCI. Connu pour produire des sondages particulièrement complaisants à l’égard du chef de l’Etat, Opinion Way réalise ses « enquêtes » en ligne, ce qui fait encore chuter le crédit déjà très limité qu’on pouvait leur accorder.

Le cabinet en cause, Publifact, est dirigé par M. Patrick Buisson, proche conseiller de M. Nicolas Sarkozy. En 2008, Publifact a encaissé pour cette activité de conseil 10 000 euros d’honoraires mensuels. Directeur de la chaîne Histoire, M. Buisson est aussi l’ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute.

Cette brève est tournée de manière à dire beaucoup de choses, mais pas l'essentiel. Les liens du président de la République avec l'extrême droite comme le financement d'études bidons ne sont pas un scoop. La gauche avait les mêmes pratiques quand elle était au pouvoir.

Sous couvert de dénoncer des pratiques scandaleuses, Le Monde diplomatique fait preuve d'une naïveté suspecte sur les sondages. En écrivant "Opinion Way réalise ses « enquêtes » en ligne, ce qui fait encore chuter le crédit déjà très limité qu’on pouvait leur accorder", il accrédite la croyance que les sondages seraient autre chose que la construction d'une opinion et donc la manipulation de l'opinion.

Serge LEFORT
27/07/2009

Lire aussi :
• Serge LEFORT, Pour en finir avec les sondages (1), Monde en Question
• Serge LEFORT, Pour en finir avec les sondages (2), Monde en Question
• Revue de presse Sondages, Politique-stream
• Dossier documentaire & Bibliographie, Statistiques & Sondages

26 juillet 2009

Mort le 21 avril 2002

Il a échappé à beaucoup de commentateurs que le PS était mort le 21 avril 2002, même si son cadavre bouge encore comme hier celui du PCF.

Beaucoup s'interrogent. C'est le cas, par exemple, de Jean Vinatier, de Gérard Grunberg et du Monde diplomatique.

Question récurrente pour Gérard Grunberg comme pour tous ceux qui n'ont pas encore tirer les leçons du 21 avril 2002.

Au Mexique aussi, les commentateurs n'ont pas encore pris la mesure, en 2009, de la déroute de la gauche en 2006.

En France, tout ce bruit autour de la chronique d'une mort annoncée fait le jeu de Marie-Ségolène Royal, la démagogue nationale...

Serge LEFORT
26/07/2009

Lire aussi :
• Tous les articles sur Marie-Ségolène Royal
• La génération 21 avril veut une grande lessive
Nous assistons depuis le 21 avril 2002, date de notre premier vote, à l’enlisement de la gauche. Le dernier scrutin des européennes l’a confirmé : nombre d’entre nous ne se retrouvent pas dans le programme du Parti socialiste et ne se sentent plus liés par l’impérieuse nécessité de «voter utile». Nous savons que sans changement majeur, il en sera de même en 2012. Et que la gauche perdra l’élection présidentielle si elle persiste à présenter autant de candidats que de chapelles, dans le seul espoir de se compter.
Lire la suite Libération

25 juillet 2009

Hegel, Sarkozy et la burqa

Stuart Jeffries critique les attaques de Nicolas Sarkozy contre la burqa, le voile islamique recouvrant l'ensemble du corps, qui "priverait les femmes de toute identité".


Sarkozy aurait mieux fait de tenir sa langue et de réfléchir à ce passage de La philosophie du droit, dans lequel Hegel fait la différence entre liberté abstraite et liberté concrète.

La première signifie de pouvoir toujours faire ce que l'on veut et constitue la base de la civilisation occidentale. C'est ce qui permet de choisir entre 23 variétés de café différentes dans son café habituel, ou entre 32 sortes de chaussures à talon, qui seront sexy cet été d'après les magazines, même si elles sont toutes inconfortables.

C'est la liberté du capitalisme tardif, qui s'efforce de nous priver systématiquement d'une identité que nous pourrions construire pour nous-mêmes. Pour Hegel, ceci n'est pas une vraie liberté parce que nos souhaits et nos désirs sont déterminés par la société.

À la lumière de ces considérations, une femme occidentale, victime de la mode, est tout autant prisonnière qu'une femme en burqa.

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Vêtement
• Dossier documentaire & Bibliographie Voile

24 juillet 2009

Guerre idéologique

Les Palestiniens d’Israël, otages de l’extrême droite
A la fin mars, le dirigeant d’extrême droite Avigdor Lieberman a accédé aux postes de vice-premier ministre et de ministre des affaires étrangères d’Israël. Lorsque Jörg Haider et ses amis du Parti libéral (FPÖ) entrèrent, en 2000, dans le gouvernement autrichien, l’Europe protesta quasi unanimement. Ce que, curieusement, elle n’a pas fait cette fois. Pourtant, conformément à la ligne de son parti, Israël Beitenou (« Israël, notre maison »), le leader d’origine russe a multiplié, tout au long de la campagne électorale, les déclarations racistes envers les Palestiniens d’Israël. On aura surtout retenu, en Occident, les premières déclarations du nouveau chef de la diplomatie jetant aux orties tous les accords signés précédemment par son pays, y compris la conférence purement médiatique d’Annapolis. De fait, elles ont provoqué un premier clash avec l’administration de M. Barack Obama, en quête de détente au Proche-Orient. Mais, en matière de politique intérieure, la remise en cause par M. Lieberman de la citoyenneté des Palestiniens d’Israël et sa proposition de les « transférer » à terme risquent d’alimenter d’autres clashs, sanglants ceux-là, entre citoyens juifs et arabes.

Lire la suite Le Monde diplomatique

"Nakba" disparaîtra des manuels scolaires pour Arabes israéliens, Reuters-Yahoo! Actualités.
Le ministère israélien de l'Éducation annonce la suppression du terme "Nakba" - "Grande Catastrophe" - utilisé pour désigner la création de l'État juif en 1948 dans les manuels scolaires à destination des Arabes israéliens.

Alors qu'il était encore il y a deux ans le chef du Likoud, principal parti de l'opposition de droite, l'actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu avait promis de prendre une telle initiative, assurant que l'utilisation même du terme revenait à se prêter à la propagande arabe.

Absent des programmes d'histoire destinés à la communauté juive, le mot "Nakba" avait été introduit en 2007 dans les ouvrages destinés aux écoliers arabes de huit à neuf ans par le ministre travailliste de l'Éducation de l'époque, Yuli Tamir.

Il s'agit du vocable par lequel les militants nationalistes palestiniens désignent la fondation de l'État d'Israël au terme d'un conflit qui a contraint quelque 700.000 Arabes de Palestine à fuir leurs foyers.

Ceux qui sont restés et leur descendants représentent aujourd'hui un cinquième des sept millions d'habitants d'Israël et en possèdent la nationalité mais ils se plaignent d'être traités comme des citoyens de seconde zone par l'État juif.

Un porte-parole du ministre de l'Éducation Gideon Saar, a estimé "inconcevable" que les manuels destinés aux Arabes israéliens déclarent à propos du conflit de 1948: "Les Arabes qualifient la guerre de Nakba - une guerre de catastrophe, de pertes et d'humiliations - et les Juifs l'appellent la guerre d'indépendance."

Djafar Farrah, directeur du groupe de rapprochement israélo-arabe Mossawa, a déclaré que cette décision ne ferait que "compliquer les choses" en tronquant la vérité et en alimentant le ressentiment de la population arabe israélienne.

Lire aussi :
• GRUZINSKI Serge, La colonisation de l'imaginaire : Sociétés indigènes et occidentalisation dans le Mexique espagnol XVIe-XVIIIe siècle, Gallimard, 1988
• GRUZINSKI Serge, La guerre des images - De Christophe Colomb à "Blade Runner" (1492-2019), Fayard, 1990

Des colons juifs mettent le feu à des champs appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie, AP-Yahoo! Actualités.
Plus de trente colons juifs, certains à cheval, ont mis le feu à des champs et à des oliviers et ont caillassé lundi des véhicules appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie. Deux Palestiniens ont été légèrement blessés lors de cette action visant à protester contre l'enlèvement par l'armée d'un avant-poste d'une implantation non autorisé dans la région.

Israël: Netanyahu refuse d'abattre le mur, Le JDD.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a exclu mercredi de démanteler dans un avenir prévisible le "mur" de sécurité érigé le long de la frontière avec la Cisjordanie pour prémunir l'État juif des attentats palestiniens. "J'entends dire ici ou là qu'il est possible d'abattre la clôture parce le calme règne. C'est l'inverse qui est vrai, mes amis. C'est calme parce que la barrière est là", a déclaré le chef du Likoud à la Knesset. Tout en reconnaissant "une certaine amélioration dans le fonctionnement des forces des sécurité palestiniennes" en Cisjordanie, Benjamin Netanyahu a affirmé: "La barrière de séparation restera en place et ne sera pas démantelée".

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël

23 juillet 2009

La crise est une guerre sociale

Une guerre qui fait des morts :
Depuis la fin du mois de mars, des salariées du groupe de transport Kuehne-Nagel, un ancien prestataire de Renault, ne touchent plus un centime de salaire. Leur employeur refuse de les licencier, et ni son successeur, SDV Logistique International, ni Renault, n'acceptent de les reprendre. Cet imbroglio juridique n'est toujours pas dénoué.
Ces neuf femmes travaillaient sur le site Renault de Grand-Couronne, en Seine-Maritime, depuis plusieurs décennies pour certaines d'entre elles. Le 26 mars, elles ont été « expulsées » de l'usine, raconte Zahra Rosa, qui fait office de porte-parole du groupe.

Leur employeur, Kuehne-Nagel, un des leaders mondiaux du transport maritime, venait de dénoncer son contrat de prestation avec le constructeur automobile. Il a été remplacé par son concurrent SDV, une filiale du groupe Bolloré. La direction de Kuehne-Nagel considère qu'en vertu de l'article L1224-1 du code du travail, ses salariées auraient dû être transférées « automatiquement » à SDV ou à Renault.

Lire la suite sur Eco89

Une guerre idéologique :
Le film « Home », réalisé par Yann Arthus-Bertrand avec le soutien ostensible du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR), n'est-il pas une pierre supplémentaire apportée à la création d'un « au-delà de la politique » ? Il nous propose une sorte d'union sacrée pour sauver la planète, fondée sur le partage et l'amour de son prochain.
« Du plus riche au plus pauvre, nous pouvons tous agir ! », nous dit le réalisateur à la fin du film… Plus question de clivage gauche-droite, de partage de la richesse, d'inégalités… Une tâche autrement plus exaltante nous attend : « Sauver la planète » !

On ne va pas s'embarrasser avec des détails… et surtout pas se demander pourquoi le riche est toujours plus riche et le pauvre toujours plus pauvre.

Lire la suite sur Rue89

Une guerre de résistance :
Élisée Reclus, Du Sentiment de la nature dans les sociétés modernes, La revue des ressources.
Jean Jacques Élisée Reclus (1830-1905), est un géographe, militant et penseur de l’anarchisme français.


Voilà presque deux ans que L’Autre-ment circule dans l’espace public, du côté du 93 et au-delà… Parti de l’initiative d’étudiants des universités de Paris 13 Villetaneuse et de Paris 8 Saint-Denis, ce journal s’inscrit dans une dynamique locale de résistance globale. Modestement mais sûrement, nous nous attachons à diffuser une autre information, et à analyser l’actualité d’en bas, celle de ceux qui luttent, qui valorisent la solidarité, dont on parle peu ou mal dans les grands médias…
Zone d’autonomie par principe, ce canard s’est construit avec des étudiants, des non-étudiants, des travailleurs, des chômeurs, des sans-papiers, des lycéens, et reste ouvert à tous ceux qui souhaitent investir cet espace de contestation et de réappropriation de l’information. N’hésitez pas à nous transmettre suggestions, informations, et autres contributions afin de pouvoir poursuivre l’aventure de ce média libre, indépendant, et avant tout alternatif !

L’Autre-ment
L’Autre-ment n°9 en PDF

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie Crise sociale

22 juillet 2009

Enjeux politiques de l'histoire coloniale


Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Enjeux politiques de l'histoire coloniale, Agone, 2009
Cette analyse de Catherine Coquery-Vidrovitch tend à faire comprendre la profonde crise qui sévit en France quant à la question controversée de notre histoire "nationale" : a-t-elle ou n'a-t-elle pas à inclure l'histoire de la colonisation et de l'esclavage colonial français dans notre patrimoine historique et culturel commun ? La réponse est oui, de toute évidence pour l'auteure, spécialiste de l'histoire de la colonisation et de l'Afrique. Mais cette réaction de bon sens n'est pas partagée par tous, sans doute parce qu'il ne vient pas à l'esprit de beaucoup que notre culture nationale héritée n'est pas seulement une culture hexagonale. Or la culture française (ce que d'aucuns appellent "l'identité nationale") résulte de tous les héritages qui se sont mêlés dans le passé complexe et cosmopolite où le fait colonial a joué et continue de jouer son rôle.

Critiques, LDH-Toulon - l'Humanité
Biographie, Africultures

Articles :
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Robert Cornevin, Histoire de l'Afrique, tome I : Des origines au XVIe siècle, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, Année 1964, Volume 19, Numéro 2, pp. 382-384
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, L'histoire vivante, Cahiers d'études africaines, Année 1976, Volume 16, Numéro 61-62, pp. 67-73
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Les débats actuels en histoire de la colonisation, Tiers-Monde, Année 1987, Volume 28, Numéro 112, pp. 777-792
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH (sous la direction de), Femmes d'Afrique, Clio, n°6-1997 [BooksGoogle]
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Plaidoyer pour l'histoire du monde dans l'université française, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Année 1999, Volume 61, Numéro 61, pp. 111-125
• Collectif, L'anticolonialisme (cinquante ans après), Afrique & histoire, 2003
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, De la périodisation en histoire africaine - Peut-on l'envisager ? À quoi sert-elle ?, Afrique & histoire, 2004
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, De la ville en Afrique noire, Annales, 2006
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH et all., L'écriture de l'histoire de la colonisation en France depuis 1960, Afrique & histoire, 2006
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, « Nouschi, André. – Les armes retournées. Colonisation et décolonisation françaises », Cahiers d'études africaines n°185, 2007

Livres :
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH et FOREST Alain, Décolonisations et nouvelles dépendances - Modèles et contre-modèles idéologiques et culturels dans le Tiers-Monde, Presses Universitaires de Lille, 1986. [BooksGoogle]
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Les Africaines - Histoire des femmes d'Afrique noire du XIXe au XXe siècle, Desjonquères, 1992 [Annales - Cahiers d'études africaines - Clio]
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH (sous la direction de), L'Afrique occidentale au temps des Français - Colonisateurs et colonisés (1860-1960), La Découverte, 1992 [Journal des africanistes]
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Afrique noire - Permanences et ruptures, L'Harmattan, 1993 [Annales - Politique étrangère - Tiers-Monde]
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Histoire des villes d'Afrique noire - Des origines à la colonisations, Albin Michel, 1993. [Tiers-Monde - Vingtième Siècle]
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH et all., Des historiens africains en Afrique - L'histoire d'hier et d'aujourd'hui : logiques du passé et dynamiques actuelles, L'Harmattan, 1998 [Cahiers d'études africaines]
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Être étranger et migrant en Afrique au XXe siècle - Enjeux identitaires et modes d'insertion Volume I : Politiques migratoires et construction des identités, L'Harmattan, 2003.
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Être étranger et migrant en Afrique au XXe siècle - Enjeux identitaires et modes d'insertion Volume II : Dynamiques migratoires, modalités d'insertion urbaine et jeux d'acteurs, L'Harmattan, 2003.
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH et MONIOT Henri, L'Afrique noire de 1800 à nos jours, PUF, 2005 [Amazon - Annales - Tiers-Monde]
• Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Des victimes oubliées du nazisme - Les Noirs et l'Allemagne dans la première moitié du XXe siècle, Le Cherche Midi, 2007 [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Histobiblio]

Lire aussi :
Cahiers d’Études africaines
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme
• Dossier documentaire & Bibliographie Immigration
• Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme
• Dossier documentaire & Bibliographie Racisme