A l'ombre terrifiante et burlesque de la pandémie, la ville de Mexico, comme un monstre qu'il s'agit de charmer et d'apaiser, respire, hésite, doute, éclate d'humour et de rire sans joie. Cité réelle ou cité métaphorique ? Celle des habitants de la ville ou la nôtre ? Imaginons que nous avons construit une cellule de crise, comme une bouteille de verre dans les flots furieux d'un océan primordial, à l'heure d'un changement de monde ou du passage d'un monde à un autre. Ce sont les quinze heures de l'émission. Ici s'expriment au passé, au présent et au futur des personnes, hommes et femmes de la ville de Mexico et du Mexique, les plus divers, célèbres et inconnus, riches et pauvres, malades ou en bonne santé, de tel ou tel parti politique, et nous-mêmes qui les écoutons, qui participons à leur discours. Tous sincères à leur manière propre.
vendredi 28 août 2009, Culture :
Dans un monde en crise, dans un Mexique politiquement et socialement déchiré, la culture considérée dans toute son ampleur contribue à donner aujourd’hui aux Mexicains leur identité, à affirmer leur créativité et leur originalité, leur confiance en la vie. Les œuvres du cinéma, de la littérature, des arts plastiques permettent d’exprimer les délires et les raisons d’un désastre toujours annoncé, mais qui n’en finit jamais d’arriver et qui n’arrive pas. Pas encore. Car au Mexique, à Mexico, entre deux, à l’ombre de la pandémie, on vit et on meurt en même temps, on vit plusieurs vies, grâce au désastre annoncé et jamais arrivé.
Grandes traversées, France Culture :
• 09:00-10:00 Archives - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 10:00-11:00 Débats - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 11:00-12:30 Documentaires - RSS Podcast - Installer dans iTunes
28 août 2009
27 août 2009
Une bombe silencieuse
Peu d’entre vous se souviennent sans doute que Laura Bush joua à la féministe extrême quand elle plaida pour la guerre en Afghanistan pour en terminer avec "l’oppression des femmes" sous les talibans. Il y eut toute une campagne internationale préalable en faveur des droits bafoués des femmes afghanes et leur "libération" a été un des arguments avancés par les USA et leurs alliés pour envahir l’Afghanistan le 7 octobre 2001. Comme on le sait, le régime taliban fut renversé en novembre, et en décembre fut mis en place un gouvernement de transition dirigé par Hamid Karzaï, élu président par le vote populaire en 2004 et peut-être réélu aux élections de jeudi dernier.
Le statut des femmes était plus que dur et humiliant sous le régime taliban. Dès l’âge de 8 ans il leur était interdit d’entrer en contact avec un homme qui ne soit pas de leur famille. Les femmes ne devaient pas marcher seules dans la rues ni parler à voix haute en public ni ne pouvaient se pencher au balcon de leur maison, ni étudier, ni travailler, ni aller en bicyclette ou en motocyclette ou dans un taxi à visage découvert, elles devaient porter la burqa et de fait vivaient aux arrêts domiciliaires. Le châtiment pour celles qui violaient ces normes était public et cruel. Presque huit ans après le renversement du système, les choses ne se sont pas beaucoup améliorées.
Bien sûr quelques femmes occupent des sièges au Parlement afghan et des millions de filles vont maintenant à l’école primaire. Mais les restrictions augmentent pour les études secondaires : seulement 4 pour cent d’entre elles les terminent. "La violence contre les femmes est endémique, elles sont menacées en public et plusieurs ont été assassinées" (The Washington Post du 18/08/09). Le "démocrate" Karzaï a aggravé cette situation.
Le 27 juillet dernier, profitant peut-être du fracas de la guerre, il a placé une bombe silencieuse : la loi du statut personnel chiite, qui permet aux hommes chiites de priver leur femme de nourriture et de soutien si elles se refusent à leurs exigences sexuelles quand ils les manifestent. Les droits de garde des enfants restent aux mains des pères et des grands-parents et elles doivent demander la permission à leurs maris pour travailler. Cette loi est en vigueur pour la minorité chiite du pays et viole l’article 22 de la nouvelle Constitution afghane qui stipule qu’hommes et femmes "ont les mêmes droits et obligations devant la loi". Elle transgresse aussi la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes, dont l’Afghanistan est signataire. Et plus, en clair : elle réimpose un régime familial que les talibans applaudiraient.
Karzaï avait fait une première tentative de promulguer ces règlements début avril de cette année, mais la protestation internationale l’obligea à promettre des modifications et quelques corrections furent effectivement introduites. Plutôt dans sa rédaction : "Des experts de la loi islamique et des militants des droits humains déclarent que, bien que le texte de la loi ait été changé, bien des dispositions qui avaient alarmé les groupes pour les droits des femmes sont conservées " (The Guardian du 15/08/09). Par exemple, celle du tamkin - signalée plus haut - qui qualifie de "désobéissante" la femme qui ne montre pas de promptitude à satisfaire le désir sexuel de son mari et qui reçoit en conséquence la pénalité suivante : pas de sexe, pas de nourriture.
Le président afghan a pris cette mesure dans le but de gagner l’appui électoral des chiites face à l’augmentation alarmante de la popularité de son principal adversaire, Abdullah Abdullah, qui est passé en deux mois de 7 à 26 pour cent des intentions de vote. En dépit de ses promesses d’améliorer la situation des Afghanes, Karzaï a choisi de satisfaire ceux qui pensent encore que la femme est un objet jetable. Durant la campagne électorale il a courtisé l’ayatollah Mohseni qui se considère lui-même comme le leader des chiites du pays, et d’autres dirigeants musulmans de ligne dure. La conséquence serait cette loi.
« Karzaï a conclu le traité impensable de vente des femmes afghanes en échange de l’appui des fondamentalistes aux élections du 20 août », souligne Brad Adams, directeur pour l’Asie de Human Rights Watch (Reuters du 14/08/09). « On supposait que ce genre de loi barbare », ajoute t-il, « avait été reléguée au passé avec le renversement des talibans en 2001. » Beaucoup de détracteurs de la loi ont reçu des menaces de mort, qui ont été exécutées dans le cas de Sitara Achakzai, une éminente défenseuse des droits de la femme qui a été assassinée par balles à Kandahar (Human Rights Watch du 15/04/09). Mais l’Occident n’a pas encore réagi devant les nouvelles dispositions. Peut-être parce qu’Obama a souligné que la guerre en Afghanistan est non seulement juste, mais encore nécessaire.
Juan GELMAN
23/08/2009
Página 12
Traduit par Gérard Jugant pour Tlaxcala
Liens ajoutés par Monde en Question
Lire aussi :
• Malalai JOYA, Don't be fooled by this democratic façade – the people are betrayed, The Independent
• Dossier documentaire & Bibliographie Elections 2009 Afghanistan , Monde en Question
• Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question
Mexico entre délires et raisons 4/5
A l'ombre terrifiante et burlesque de la pandémie, la ville de Mexico, comme un monstre qu'il s'agit de charmer et d'apaiser, respire, hésite, doute, éclate d'humour et de rire sans joie. Cité réelle ou cité métaphorique ? Celle des habitants de la ville ou la nôtre ? Imaginons que nous avons construit une cellule de crise, comme une bouteille de verre dans les flots furieux d'un océan primordial, à l'heure d'un changement de monde ou du passage d'un monde à un autre. Ce sont les quinze heures de l'émission. Ici s'expriment au passé, au présent et au futur des personnes, hommes et femmes de la ville de Mexico et du Mexique, les plus divers, célèbres et inconnus, riches et pauvres, malades ou en bonne santé, de tel ou tel parti politique, et nous-mêmes qui les écoutons, qui participons à leur discours. Tous sincères à leur manière propre.
jeudi 27 août 2009, Sensibilités religieuses :
Les sensibilités religieuses sont diverses dans ce pays qui a été l’un des plus farouchement attachés à la laïcité dans une histoire récente. Si la laïcité est toujours revendiquée au nom de la lutte contre l’obscurantisme et contre l’arbitraire religieux et moral de l’Eglise, des attachements à de nouvelles expressions des croyances se font jour ; les sectes se développent dans les quartiers de Mexico et dans les régions du Mexique les plus défavorisés, les pratiques de chamanisme sont importantes mais en général gardées secrètes, les communautés de base chrétiennes permettent de nouvelles appropriations et interprétations du christianisme.
Grandes traversées, France Culture :
• 09:00-10:00 Archives - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 10:00-11:00 Débats - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 11:00-12:30 Documentaires - RSS Podcast - Installer dans iTunes
jeudi 27 août 2009, Sensibilités religieuses :
Les sensibilités religieuses sont diverses dans ce pays qui a été l’un des plus farouchement attachés à la laïcité dans une histoire récente. Si la laïcité est toujours revendiquée au nom de la lutte contre l’obscurantisme et contre l’arbitraire religieux et moral de l’Eglise, des attachements à de nouvelles expressions des croyances se font jour ; les sectes se développent dans les quartiers de Mexico et dans les régions du Mexique les plus défavorisés, les pratiques de chamanisme sont importantes mais en général gardées secrètes, les communautés de base chrétiennes permettent de nouvelles appropriations et interprétations du christianisme.
Grandes traversées, France Culture :
• 09:00-10:00 Archives - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 10:00-11:00 Débats - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 11:00-12:30 Documentaires - RSS Podcast - Installer dans iTunes
26 août 2009
Fraudes électorales en Afghanistan
300 000 militaires sont mobilisés pour déjouer les plan des talibans qui tentent à tout prix de perturber la réélection du président Hamid Karzaï.
Le journal de 12h du 20 août 2009, LCI (Voir la vidéo - Télécharger la vidéo)
Commentaires : Pour la communauté internationale la réélection du président Hamid Karzaï est donc assurée avant même les élections. Dont acte.
Le cirque post-éléectoral continue :
• La Commission électorale, mise en place par les États-Unis, annoncent la réélection du président Hamid Karzaï alors que les résultats partiels portent sur 17% des bulletins de vote déclarés valides et que l'on ignore toujours le taux de participation [AP-Yahoo! Actualités].
• Le secrétaire général de l'OTAN exhorte l'ensemble des parties en Afghanistan à respecter l'issue du processus électoral, c'est-à-dire à respecter le choix fait d'avance par les forces d'occupation [AP-Yahoo! Actualités].
• Comme le résume The Nation, "l’un des éléments les plus cruciaux de ce scrutin est l’appartenance ethnique". Le fait que les talibans aient empêché un grand nombre d’électeurs des régions du Sud, majoritairement pachtounes, de se rendre aux urnes par peur des représailles devrait affecter la légitimité du scrutin. Il est probable que les Pachtounes ne se sentent pas représentés par le nouveau gouvernement, dont Hamid Karzai ne serait que le "masque pachtoune". "Bien que les talibans n’aient pas été en mesure de troubler les élections par la violence, ils ont néanmoins joué la carte de l’ethnicité pendant le suffrage et, même maintenant, un second tour entre le président Karzai et M. Abdullah entraînerait une explosion des tensions ethniques, ce que les soutiens étrangers de l’Afghanistan ne souhaitent pas." [The Nation].
Lire aussi : Dossier Élections 2009
Mexico entre délires et raisons 3/5
A l'ombre terrifiante et burlesque de la pandémie, la ville de Mexico, comme un monstre qu'il s'agit de charmer et d'apaiser, respire, hésite, doute, éclate d'humour et de rire sans joie. Cité réelle ou cité métaphorique ? Celle des habitants de la ville ou la nôtre ? Imaginons que nous avons construit une cellule de crise, comme une bouteille de verre dans les flots furieux d'un océan primordial, à l'heure d'un changement de monde ou du passage d'un monde à un autre. Ce sont les quinze heures de l'émission. Ici s'expriment au passé, au présent et au futur des personnes, hommes et femmes de la ville de Mexico et du Mexique, les plus divers, célèbres et inconnus, riches et pauvres, malades ou en bonne santé, de tel ou tel parti politique, et nous-mêmes qui les écoutons, qui participons à leur discours. Tous sincères à leur manière propre.
mercredi 26 août 2009, La question sociale :
La question sociale. Si le Mexique fait partie des pays membres de l’OCDE, c’est aussi un pays dont les réalités sociales sont souvent bien éloignées de celles des autres pays membres de l’OCDE. La fracture sociale est considérable et ne cesse de se creuser. La progressive réduction des classes moyennes est renforcée par la crise qui tend à aggraver dans le monde entier les inégalités, au risque de mettre le monde en feu. La question de la corruption, la question de l’éducation, la question de l’accès aux soins de santé, la question indigène, la question des minorités sexuelles sont parmi les questions sociales les plus graves, sans oublier le droit à un travail décent, le droit à une juste rémunération.
Grandes traversées, France Culture :
• 09:00-10:00 Archives - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 10:00-11:00 Débats - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 11:00-12:30 Documentaires - RSS Podcast - Installer dans iTunes
mercredi 26 août 2009, La question sociale :
La question sociale. Si le Mexique fait partie des pays membres de l’OCDE, c’est aussi un pays dont les réalités sociales sont souvent bien éloignées de celles des autres pays membres de l’OCDE. La fracture sociale est considérable et ne cesse de se creuser. La progressive réduction des classes moyennes est renforcée par la crise qui tend à aggraver dans le monde entier les inégalités, au risque de mettre le monde en feu. La question de la corruption, la question de l’éducation, la question de l’accès aux soins de santé, la question indigène, la question des minorités sexuelles sont parmi les questions sociales les plus graves, sans oublier le droit à un travail décent, le droit à une juste rémunération.
Grandes traversées, France Culture :
• 09:00-10:00 Archives - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 10:00-11:00 Débats - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 11:00-12:30 Documentaires - RSS Podcast - Installer dans iTunes
25 août 2009
Fraudes électorales en Afghanistan
300 000 militaires sont mobilisés pour déjouer les plan des talibans qui tentent à tout prix de perturber la réélection du président Hamid Karzaï.
Le journal de 12h du 20 août 2009, LCI (Voir la vidéo - Télécharger la vidéo)
Commentaires : Pour la communauté internationale la réélection du président Hamid Karzaï est donc assurée avant même les élections. Dont acte.
• 25/08/2009, Afghanistan : six candidats à la présidentielle mettent en garde contre les conséquences de fraudes électorales, AP-Yahoo! Actualités
La faible participation électorale et les allégations d'irrégularités ont jeté une ombre sur la présidentielle et les élections provinciales organisées jeudi en Afghanistan.
Les six candidats, dont l'ancien ministre des Finances Ashraf Ghani, notent dans leur déclaration que des dizaines de plaintes ont été déposées, qui pourraient affecter l'issue du scrutin, au point que "nombre s'interrogent sérieusement sur la légitimité et la crédibilité des résultats".
Une fraude électorale pourrait aboutir "à des violences et des tensions accrues", ajoutent les candidats, estimant que la commission électorale et les observateurs internationaux doivent répondre à leurs interrogations.
• 25/08/2009, Présidentielle afghane : Un début de résultat, Radio-Canada
La Commission électorale afghane a dévoilé mardi de premiers résultats de la présidentielle tenue jeudi dernier. Après dépouillement de 10 % des bulletins de vote, le président sortant Hamid Karzaï est crédité de 40,6 % des voix contre 38,6 % pour son ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah.
La commission des plaintes électorales, que préside le Canadien Grant Kippen, a reçu jusqu'ici plus de 800 plaintes. Elle juge que 54 d'entre elles sont de nature à modifier les résultats du scrutin. Ces plaintes doivent normalement être résolues avant que le résultat du scrutin ne soit officialisé.
L'envoyé spécial des Nations unies en Afghanistan, Kai Eide, a reconnu lundi que le scrutin présidentiel avait été entaché d'irrégularités.
La légitimité du scrutin afghan est mise à mal, non seulement en raison de ces cas de fraudes reconnus par l'ONU, mais aussi en raison des nombreuses attaques perpétrées par les insurgées le jour du scrutin.
• 25/08/2009, Revue de presse internationale, France 24
Selon le Washington Post, le ministre des finances affirme que le Président sortant Amid Karzaï obtiendrait 68% des suffrages. Si ce chiffre était confirmé cela impliquerait qu’il n’y ait pas besoin de second tour selon le Washington Post. L’opposant Abdullah Abdullah principal adversaire de Karzaï a déjà réfuté des chiffres. Ils dénoncent depuis plusieurs déjà des fraudes. Cette large victoire de Karzaï laisse aussi perplexes les experts. Avec les violences incessantes le Président était au plus bas dans les sondages. Et le Washington Post rappelle qu’en 2004 alors qu’il disposait du soutien populaire il n’avait remporté l’élection qu’avec 55% des voix. Si ce chiffre étrangement haut se confirme cela pourrait entrainer une vague de violences dans un contexte déjà très tendu.
Lire aussi : Dossier Élections 2009
Mexico entre délires et raisons 2/5
A l'ombre terrifiante et burlesque de la pandémie, la ville de Mexico, comme un monstre qu'il s'agit de charmer et d'apaiser, respire, hésite, doute, éclate d'humour et de rire sans joie. Cité réelle ou cité métaphorique ? Celle des habitants de la ville ou la nôtre ? Imaginons que nous avons construit une cellule de crise, comme une bouteille de verre dans les flots furieux d'un océan primordial, à l'heure d'un changement de monde ou du passage d'un monde à un autre. Ce sont les quinze heures de l'émission. Ici s'expriment au passé, au présent et au futur des personnes, hommes et femmes de la ville de Mexico et du Mexique, les plus divers, célèbres et inconnus, riches et pauvres, malades ou en bonne santé, de tel ou tel parti politique, et nous-mêmes qui les écoutons, qui participons à leur discours. Tous sincères à leur manière propre.
mardi 25 août 2009, Perspectives de géopolitique :
Perspectives de géopolitique. Mexico, au Mexique, par rapport aux États-Unis, par rapport à l’Amérique Latine, dans le monde, s’éprouve au quotidien entre Nord et Sud, richesse et misère, tolérance et violence extrême. L’État mexicain sort-il véritablement grandi de la crise qui vient de le frapper, alors qu’on parlait uniquement jusqu’à présent de son incapacité à lutter contre la corruption ou contre le crime organisé ? Le Mexique est un État frontière, aux points de vue politique, économique, culturel, humain ; un État entre deux, un État où la transgression - ou passage - est structurellement pratiquée.
Grandes traversées, France Culture :
• 09:00-10:00 Archives - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 10:00-11:00 Débats - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 11:00-12:30 Documentaires - RSS Podcast - Installer dans iTunes
mardi 25 août 2009, Perspectives de géopolitique :
Perspectives de géopolitique. Mexico, au Mexique, par rapport aux États-Unis, par rapport à l’Amérique Latine, dans le monde, s’éprouve au quotidien entre Nord et Sud, richesse et misère, tolérance et violence extrême. L’État mexicain sort-il véritablement grandi de la crise qui vient de le frapper, alors qu’on parlait uniquement jusqu’à présent de son incapacité à lutter contre la corruption ou contre le crime organisé ? Le Mexique est un État frontière, aux points de vue politique, économique, culturel, humain ; un État entre deux, un État où la transgression - ou passage - est structurellement pratiquée.
Grandes traversées, France Culture :
• 09:00-10:00 Archives - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 10:00-11:00 Débats - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 11:00-12:30 Documentaires - RSS Podcast - Installer dans iTunes
24 août 2009
Mexico entre délires et raisons 1/5
A l'ombre terrifiante et burlesque de la pandémie, la ville de Mexico, comme un monstre qu'il s'agit de charmer et d'apaiser, respire, hésite, doute, éclate d'humour et de rire sans joie. Cité réelle ou cité métaphorique ? Celle des habitants de la ville ou la nôtre ? Imaginons que nous avons construit une cellule de crise, comme une bouteille de verre dans les flots furieux d'un océan primordial, à l'heure d'un changement de monde ou du passage d'un monde à un autre. Ce sont les quinze heures de l'émission. Ici s'expriment au passé, au présent et au futur des personnes, hommes et femmes de la ville de Mexico et du Mexique, les plus divers, célèbres et inconnus, riches et pauvres, malades ou en bonne santé, de tel ou tel parti politique, et nous-mêmes qui les écoutons, qui participons à leur discours. Tous sincères à leur manière propre.
lundi 24 août 2009, La mégalopole de Mexico :
La mégalopole de Mexico, fondée sur l’ancienne Tenochtitlan dans une cuenca endoréique à environ 2200m d’altitude, entre des volcans qui culminent à plus de 4000m, a perdu ses lacs et ses rivières. A la fois urbaine et rurale, elle est aujourd’hui peuplée de presque 24 millions d’habitants. Ses sols s’enfoncent, les tremblements de terre qui la secouent presque quotidiennement sont toujours plus importants, son air s’est raréfié et corrompu. Ses vergers et ses potagers, ses champs de céréales et de nopals sont irrigués d’eau empoisonnée et elle est submergée d’ordures liquides et solides, ce qui met en grave péril la vie des habitants. Elle est au bord d’un désastre annoncé.
Grandes traversées, France Culture :
• 09:00-10:00 Archives - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 10:00-11:00 Débats - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 11:00-12:30 Documentaires - RSS Podcast - Installer dans iTunes
lundi 24 août 2009, La mégalopole de Mexico :
La mégalopole de Mexico, fondée sur l’ancienne Tenochtitlan dans une cuenca endoréique à environ 2200m d’altitude, entre des volcans qui culminent à plus de 4000m, a perdu ses lacs et ses rivières. A la fois urbaine et rurale, elle est aujourd’hui peuplée de presque 24 millions d’habitants. Ses sols s’enfoncent, les tremblements de terre qui la secouent presque quotidiennement sont toujours plus importants, son air s’est raréfié et corrompu. Ses vergers et ses potagers, ses champs de céréales et de nopals sont irrigués d’eau empoisonnée et elle est submergée d’ordures liquides et solides, ce qui met en grave péril la vie des habitants. Elle est au bord d’un désastre annoncé.
Grandes traversées, France Culture :
• 09:00-10:00 Archives - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 10:00-11:00 Débats - RSS Podcast - Installer dans iTunes
• 11:00-12:30 Documentaires - RSS Podcast - Installer dans iTunes
CIA et Jihad
Un documentaire de François-Xavier Trégan et Yassine Bouzar - Rediffusion de l'émission du 16 février 2009.
La fermeture programmée de Guantanamo scelle un scandale mais soulève, dans son sillage, des questions difficiles. Celles, notamment, de l'accueil et de la "réacclimatation" de ceux des détenus qui seront libérés. Après la décision du président Obama, la plupart des pays susceptibles de les recevoir affichaient leur hésitation tandis que le Pentagone indiquait que, sur cinq cent vingt détenus déjà transférés puis libérés à l'époque Bush, soixante-et-un étaient soupçonnés d'avoir repris le jihad à leur sortie.
L'itinéraire qu'affiche le yéménite Naser al Bahri, 36 ans, se veut tout différent. Il a été façonné par les jihad en Bosnie, en Somalie, au Tadjikistan, en Afghanistan enfin, où il préfère les talibans à Massoud. C’est à Jalalabad qu’il rencontre Oussama Ben Laden dont il deviendra le garde du corps. Ben Laden lui explique la guerre qu’il vient de déclarer aux Etats-Unis : « Abu Jandal, tu dois comprendre mon combat » lui murmure celui que Jandal appellera désormais le Cheikh. Débute une formation de sept mois dans les camps d’entrainement. Mais le Yéménite est plus assidu aux lectures qu’au maniement des armes à feu. Le responsable d’Al Qaida évolue lui-même au milieu d’une bibliothèque de « 3000 ouvrages », précise Nasser.... de quoi nourrir les discussions, et forger la confiance. Abu Jandal le garde du corps, le chargé des relations publiques, intègre le centre névralgique du mouvement. Aujourd’hui encore il répète les yeux fermés chaque mot du serment d’allégeance prêté devant l’Emir neuf ans plus tôt, la Baïa.
En fait, Abu Jandal n’est d’aucune des grandes opérations terroristes. A l’été 2000, il est fait prisonnier à Sanaa. Trois agents du FBI tentent de le faire parler après le 11 septembre 2001. Mais le Yémen préfère le libérer 21 mois plus tard en échange d’une totale renonciation à la violence armée. L’homme signe le document. Il moque dorénavant les opportunistes qui « au Yémen, à coup de feuilles de qat et de cassettes vidéo, vendent aux plus démunis et aux plus ignorants le sacrifice en Iraq ou en Afghanistan ». Ses critiques ne lui attirent pas que des sympathies dans les milieux islamistes de la capitale, qui le taxent « d’infidèle ». Au point de le cantonner à la sphère étroite d’un appartement situé à quelques pas de l’Ambassade américaine. Sans travail, le jihadiste pointe tous les mois au poste de police.
Il consacre tout son temps à la création d’un centre de réflexion dédié au jihadisme. Avec comme perspective affichée de remettre dans le « droit chemin » tous ces égarés croisés sur les terrains de guerre, les paumés venus du monde musulman et d’Europe, aveuglément embrigadés.
Les autorités yéménites soutiennent discrètement le principe de son centre baptisé « Al Jiâl » (« générations »), un laboratoire des expériences passées et à venir, annoncé pour le début de cette année. Mais pas question pour les officiels d’y mettre un seul riyal, de peur de crisper l’ami américain ou d’être démenti par l’avenir.
Sur les docks, France Culture - RSS Podcast
Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie 11 septembre 2001, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question.
La fermeture programmée de Guantanamo scelle un scandale mais soulève, dans son sillage, des questions difficiles. Celles, notamment, de l'accueil et de la "réacclimatation" de ceux des détenus qui seront libérés. Après la décision du président Obama, la plupart des pays susceptibles de les recevoir affichaient leur hésitation tandis que le Pentagone indiquait que, sur cinq cent vingt détenus déjà transférés puis libérés à l'époque Bush, soixante-et-un étaient soupçonnés d'avoir repris le jihad à leur sortie.
L'itinéraire qu'affiche le yéménite Naser al Bahri, 36 ans, se veut tout différent. Il a été façonné par les jihad en Bosnie, en Somalie, au Tadjikistan, en Afghanistan enfin, où il préfère les talibans à Massoud. C’est à Jalalabad qu’il rencontre Oussama Ben Laden dont il deviendra le garde du corps. Ben Laden lui explique la guerre qu’il vient de déclarer aux Etats-Unis : « Abu Jandal, tu dois comprendre mon combat » lui murmure celui que Jandal appellera désormais le Cheikh. Débute une formation de sept mois dans les camps d’entrainement. Mais le Yéménite est plus assidu aux lectures qu’au maniement des armes à feu. Le responsable d’Al Qaida évolue lui-même au milieu d’une bibliothèque de « 3000 ouvrages », précise Nasser.... de quoi nourrir les discussions, et forger la confiance. Abu Jandal le garde du corps, le chargé des relations publiques, intègre le centre névralgique du mouvement. Aujourd’hui encore il répète les yeux fermés chaque mot du serment d’allégeance prêté devant l’Emir neuf ans plus tôt, la Baïa.
En fait, Abu Jandal n’est d’aucune des grandes opérations terroristes. A l’été 2000, il est fait prisonnier à Sanaa. Trois agents du FBI tentent de le faire parler après le 11 septembre 2001. Mais le Yémen préfère le libérer 21 mois plus tard en échange d’une totale renonciation à la violence armée. L’homme signe le document. Il moque dorénavant les opportunistes qui « au Yémen, à coup de feuilles de qat et de cassettes vidéo, vendent aux plus démunis et aux plus ignorants le sacrifice en Iraq ou en Afghanistan ». Ses critiques ne lui attirent pas que des sympathies dans les milieux islamistes de la capitale, qui le taxent « d’infidèle ». Au point de le cantonner à la sphère étroite d’un appartement situé à quelques pas de l’Ambassade américaine. Sans travail, le jihadiste pointe tous les mois au poste de police.
Il consacre tout son temps à la création d’un centre de réflexion dédié au jihadisme. Avec comme perspective affichée de remettre dans le « droit chemin » tous ces égarés croisés sur les terrains de guerre, les paumés venus du monde musulman et d’Europe, aveuglément embrigadés.
Les autorités yéménites soutiennent discrètement le principe de son centre baptisé « Al Jiâl » (« générations »), un laboratoire des expériences passées et à venir, annoncé pour le début de cette année. Mais pas question pour les officiels d’y mettre un seul riyal, de peur de crisper l’ami américain ou d’être démenti par l’avenir.
Sur les docks, France Culture - RSS Podcast
Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie 11 septembre 2001, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question.
22 août 2009
Fraudes électorales en Afghanistan
300 000 militaires sont mobilisés pour déjouer les plan des talibans qui tentent à tout prix de perturber la réélection du président Hamid Karzaï.
Le journal de 12h du 20 août 2009, LCI (Voir la vidéo - Télécharger la vidéo)
• 22/08/2009, Des observateurs font état de violences et de fraudes, Canoe
Les observateurs de Nader Nadery ont remarqué que des assesseurs avaient manqué d'impartialité et avaient fait pression sur des électeurs pour qu'ils votent pour certains candidats, un problème très répandu selon lui. Beaucoup de mineurs ont voté alors qu'ils n'étaient pas en âge de le faire.
Samedi, l'un des petits candidats, le parlementaire Mirwais Yasini, a également dénoncé des fraudes. Il a montré des bulletins de vote déchirés qui, selon lui, avaient été jetés par des assesseurs soutenant Hamid Karzaï.
Les partisans de Mirwais Yasini ont découvert ces bulletins, mis au rebut, à l'extérieur de la ville de Spin Boldak, dans la province de Kandahar. Ceux qu'ils a montrés à la presse portaient le tampon de la Commission électorale indépendante, qui n'est apposé que sur les bulletins qui viennent d'être utilisés pour voter. «Des milliers d'autres ont été brûlés», a accusé le parlementaire.
La Fondation d'Afghanistan pour des élections libres et justes [FEFA] était présente dans les 34 provinces, ce qui n'était pas le cas des observateurs internationaux.
L'Institut national démocratique, basé à Washington, n'a couvert que 19 provinces, évitant le sud et l'est du pays, trop violents. Ses observateurs ont déploré l'absence de listes électorales, ce qui favorise les fraudes. Ils ont regretté aussi que les assesseurs aient été nommés par l'exécutif sortant, ce qui laisse redouter une certaine partialité.
L'Union européenne, qui n'a couvert que 17 provinces, a de son côté pris «note avec préoccupation de rapports faisant état d'irrégularités et de fraude», selon un communiqué publié samedi par la présidence suédoise de l'UE.
• 22/08/2009, Présidentielle en Afghanistan : l'Union européenne préoccupée, Libération
La FEFA (Free and Fair Election Foundation of Afghanistan), principale organisation indépendante afghane d'observateurs électoraux, se montre nettement plus directe dans ses conclusions: selon elle, des fraudes multiples ont entaché les élections, comme «des électeurs munis de plusieurs cartes et votant au nom de femmes», des votes de non adultes, «des fraudes» dont «quelques cas de bourrage des urnes». Et, «dans certains endroits, des hommes armés ont malmené le personnel de la Commission électorale et tenu eux-mêmes les bureaux de vote».
La FEFA, qui avait déployé 6.968 observateurs, dont 2.488 femmes, dans les quelque 6.200 bureaux de vote, relève également que certains bureaux de vote n'ont pas ouvert ou fermé aux heures officielles, voire sont restés fermés dans certaines provinces - l'Oruzgan par exemple, où seulement six sites sur 36 ont ouvert -. D’autre part, «environ 650 bureaux réservés aux femmes sont restés fermés».
Chargée de l'organisation et l'annonce des résultats, la Commission électorale, dont plusieurs observateurs ont dénoncé la partialité en faveur d'Hamid Karzaï, est aussi largement critiquée par la FEFA. «Dans certaines régions, la Commission électorale a profité de l'illettrisme des électeurs pour détourner leurs votes au profit de certains candidats», accuse l’organisation.
• 21/08/2009, Les camps de Karzaï et d'Abdullah revendiquent la victoire, Reuters-Yahoo! Actualités
Un groupe afghan indépendant, le FEFA, a publié un communiqué où il se dit préoccupé par les conditions de déroulement des élections, ses observateurs disséminés dans le pays ayant fait état de fraudes et d'ingérences de la part de responsables électoraux.
Le groupe rapporte aussi que le nombre de bureaux de vote réservés aux femmes ouverts était inférieur à ce qui était prévu. Ses observateurs ont signalé enfin des cas où des hommes votaient au nom d'une femme. Ces informations font l'objet de vérifications, précise le Fefa.
• 21/08/2009, Go tell the world about our fake election, RAWA
• 21/08/2009, Soupçons de fraudes au lendemain du scrutin, France 24
Les invités de ce Focus sont Claire Billet, correspondante de FRANCE 24 en Afghanistan [journaliste embedded], et Mariam Abou-Zahab, chercheur et spécialiste de l’Afghanistan au CERI, à Sciences Po.
Lire aussi : Dossier Élections 2009
Inscription à :
Articles (Atom)