5 décembre 2009

Misère du "débat" sur l'identité nationale (2)

Le débat sur l'identité nationale est-il légitime ?, Du grain à moudre - France Culture.
Ce n'était sans doute pas ce qui était prévu : le débat sur l'identité nationale est en passe de devenir lui-même l'objet du débat. A la question «Qu'est-ce qu'être français» s'en est substitué une autre dans ces tout derniers jours : «faut-il ou non se prêter à la discussion ?». Mis en ligne sur le site d'information Médiapart, le texte «nous ne débattrons pas» a rassemblé les signatures de Dominique de Villepin, de Claude Lanzmann, de Stéphane Hessel, Edouard Glissant ou Patrick Braouzec qui est notre invité ce soir. Fait nouveau : y compris au sein de la majorité, on commence à émettre des doutes sur la pertinence de la question.

Mais au fond, qu'est-ce qui dérange ? Est-ce la question qui est taboue ? Mais alors pourquoi certaines revues ont-elles pu s'en saisir, par le passé, sans provoquer le même tollé ? Après tout, l'identité nationale, le sentiment d'appartenance, et son caractère assez mystérieux nourrissent depuis des générations des travaux universitaires savants, d'anthropologues, d'historiens, de philosophes. Est-ce le fait, alors, que ce soit l'Etat à l'initiative du débat ? La Commission Marceau Long en son temps avait gagné le respect de tous.

Est-ce l'époque qui a changé, la manœuvre électorale qui est trop évidente ? Est-ce une histoire de contexte ou un sujet illégitime en soi ?

Avec :
- Malika Sorel. Essayiste, Membre du Haut Conseil à l'intégration.
Elle se présente comme "française, issue de l'immigration" pour défendre les vertus patriotiques du racisme politique et social et virer du côté d'un Le Pen en compagnie d'Alain Finkielkraut.
Malika Sorel : «Ces gens ne sont pas français», François Desouche [site d'extrême droite].
«Hé bien non. Je regrette. On ne devient pas français en naissant sur le sol français, de la même manière qu’un petit de Français de souche ne naitra pas chinois en naissant sur le territoire de la Chine.»
Sites qui promeuvent les idées racistes de Malika Sorel :
Causeur
Études-coloniales
François Desouche
La Luette
Marianne
Observatoire du communautarisme
Répliques - France Culture [26 septembre 2009, Liberté, Egalité, Diversité : une nouvelle devise républicaine ?]
Riposte Laïque

- Patrick Braouezec. Député de Seine Saint Denis (groupe Gauche Démocrate et Républicaine), Président de la Communauté d'agglomération Plaine Commune.

- Sami Naïr (au téléphone). Ancien député européen, Conseiller d'état

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme, Monde en Question.

Victoire de Le Pen... en Europe (1)

03/12/2009, 46% des Français pour l'interdiction des minarets, selon l'Ifop, Le Grand Journal du Mexique.
Une forte proportion de Français se prononce pour l'interdiction de la construction de minarets et même de mosquées en France, selon un sondage Ifop pour Le Figaro.
Concernant les minarets, 46% des personnes interrogées sont pour l'interdiction, 40% sont pour leur construction et 14% ne se prononcent pas, précise cette enquête.
Pour l'édification de mosquées, 41% des personnes interrogées y sont opposées, 19% y sont favorables, 36% se disent indifférents et 4% ne se prononcent pas.

04/12/2009, Le débat artificiel des minarets en France, L'édito politique - France Inter.


04/12/2009, L'interdiction des minarets continue de faire des vagues, euro|topics.
Le débat sur le référendum suisse contre les minarets se poursuit. Les médias condamnent des traditions antilibérales et l'absence de sentiment communautaire en Europe.
Commentaires : Les médias dominants esquivent le débat sur le racisme post-colonial qui gangrène la société "occidentale".

01/12/2009, La démocratie au détriment de la liberté de religion, euro|topics.
L'interdiction des minarets en Suisse a suscité de vives critiques dans toute l'Europe. Quelques politiques populistes de droite ont en revanche salué ce vote. Les médias débattent de la liberté de religion, les référendums et le rapport de l'Europe à l'islam.
Commentaires : Les médias dominants nous enferment dans un faux débat sur "la liberté de religion" et sur l'islam.

30/11/2009, Les Suisses contre les minarets, euro|topics.
Avec une majorité de 57,5 pour cent des voix, les Suisses se sont prononcés dimanche contre la construction de nouveaux minarets. Les partis conservateurs de l'Union démocratique du centre et de l'Union démocratique fédérale sont à l'origine du référendum. Ce résultat trouble la paix des religions, estime la presse.
Commentaires : Les médias dominants passent sous silence le racisme politique et social illustré par les résultats du référendum en Suisse.

Lire aussi :
• La Nouvelle Inquisition, Des bassines et du zèle - Traduction du texte de Laila LALAMI, The New Inquisition, The Nation.
Laila LALAMI analyse les clichés et contre-vérités véhiculés sur les musulmans installés en Europe, en particulier à travers un livre publié en juillet dernier, Reflections on the Revolution in Europe - Immigration, Islam, and the West écrit par Christopher Caldwell, journaliste américain.
- Laila Lalami, Blog
- Laila Lalami, Wikipédia
- Articles, Bladi
- Articles, Los Angeles Times
- Articles, The Boston Globe
- Articles, The Guardian
- Articles, The Nation
- Articles, The New York Times
- Des écrivains américains d'origine arabe parlent de thèmes universels, America.gov
- Livres, Google
- Vidéos, Google

• Chappatte : "Je renvoie au Suisse une image peu reluisante de lui-même", Le Monde.
• L'interdiction des minarets, Google Actualités.
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.

Le complexe de Massada

«Dans cette guerre, le problème c'est le sionisme. Les Israéliens ont peur un jour de ne plus avoir peur». Ces propos sont ceux d'un universitaire palestinien de Jérusalem qui a participé à plusieurs séances de négociations avec les Israéliens. Ils font écho à un film du cinéaste israélien Avi Mograbi (Pour un seul de mes deux yeux) où un enfant est incité à crier depuis la citadelle de Massada qui domine la Mer Morte : «Romain, tu ne m'auras pas, je préfère la mort à la reddition».

Une présentation de l'histoire où le Palestinien n'existe pas

L'Etat d'Israël s'est construit sur un récit, sur la fabrication d'une nouvelle identité. Le peuple juif aurait été en exil pendant 2000 ans et, grâce au sionisme, il aurait fait son retour sur la terre de ses ancêtres. Être sioniste, c'est en quelque sorte trouver totalement légitime l'appropriation de la Palestine en 1948, la création d'Israël et l'expulsion des Palestiniens. Cette théorie de l'exil et du retour est aujourd'hui remise en question, notamment par le livre de l'historien Shlomo Sand (Comment le peuple juif fut inventé).

Dans l'éducation en Israël, l'histoire des Juifs est une longue suite de persécutions dont Auschwitz est l'aboutissement. Et la création d'Israël est présentée comme une forme de rédemption. L'opinion israélienne a une sensibilité très grande vis-à-vis de toute forme d'antisémitisme ou de négationnisme du génocide nazi.

Du coup, l'existence du peuple palestinien est un véritable problème pour l'historiographie israélienne. Depuis des décennies, il y a une tentative continue de minimiser, de travestir ou carrément de nier cette existence et d'essayer de confirmer ainsi que la Palestine était «une terre sans peuple pour un peuple sans terre».

Ancienne ministre de l'Education dans le gouvernement d'Ariel Sharon, Limor Livnat a perpétué cette conception idéologique de l'histoire. Selon elle, les Juifs auraient vécu sans interruption depuis des milliers d'années en Palestine et seraient majoritaires à Jérusalem depuis 1840. Les Palestiniens ne seraient pas vraiment un peuple mais un mélange de populations diverses amenées là par les Ottomans et peu importants numériquement. Dans l'éducation donnée en Israël, la légitimité est totalement du côté des Israéliens, les intrus étant «les Arabes».

En 1918, Ben Gourion écrivait (à juste titre) que les fellahs qui vivaient en Palestine étaient probablement les descendants des Hébreux. Il en concluait qu'on pourrait les intégrer au projet sioniste. Quelques années plus tard, c'est la première grande révolte palestinienne à Hébron, que les Israéliens qualifient de «pogrom» et Ben Gourion se rallie à l'idée de créer par la force l'Etat Juif.

La plupart des colonialismes ont vu le peuple autochtone avec un incroyable complexe de supériorité et une ignorance délibérée. Les sionistes n'ont pas fait exception. Pourtant l'histoire palestinienne existe. Les minorités chrétienne ou juive y vivaient plutôt en bonne intelligence avec la majorité musulmane. Les Juifs formaient en Palestine avant l'arrivée des sionistes une minorité comparable en importance à ce qu'ils représentaient dans d'autres pays de la région (Egypte, Irak …). D'ailleurs le premier assassinat politique commis par les sionistes, c'est en 1924 contre un Juif palestinien, Jacob De Haan, qui partait à Londres pour demander aux Anglais d'abroger la déclaration Balfour.

C'est Jabotinsky, le fondateur et l'idéologue du courant «révisionniste» du sionisme, celui qui inspire tous les dirigeants actuels israéliens qui définira la politique à mener contre les Palestiniens. Il constate que la société palestinienne est développée, structurée et décidée à résister. Les révoltes palestiniennes, l'existence d'une élite intellectuelle, d'un parti communiste fondé en 1919 ou de syndicats capables de mener de très longues grèves comme en 1936, le poussent à avancer l'idée du «transfert» des Palestiniens, c'est-à-dire leur expulsion au-delà du Jourdain.

Dans l'histoire officielle d'Israël, le caractère délibéré de l'expulsion de la grande majorité des Palestiniens en 1948 est nié. Les «Arabes» seraient partis d'eux-mêmes. L'idée communément admise, c'est que 1948 a finalement été un échange de population et que le monde arabe doit absorber et intégrer ceux qui sont partis et leurs descendants. Le mot «palestinien» est absent du vocabulaire. L'espoir est que, à l'image des Indiens d'Amérique du Nord ou des Aborigènes d'Australie, les Palestiniens acceptent le fait accompli et disparaissent en tant que peuple capable de réclamer ses droits.

De Golda Meïr à Menachem Begin, tous les dirigeants israéliens chercheront des rapports privilégiés avec des dirigeants arabes (le roi Husseïn, le président Sadate) pour ne jamais s'adresser aux Palestiniens.

L'échec d'Oslo et ses conséquences

En 1988, l'OLP reconnaît, à Alger, Israël dans ses frontières de 1949 et accepte de limiter le futur Etat Palestinien à 22% de la Palestine historique. À la même époque, un puissant mouvement pacifiste existe en Israël et il a été capable de faire descendre dans la rue quelques années auparavant des centaines de milliers de manifestants contre l'invasion du Liban et les massacres de Sabra et Chatila.

Ce virage de la direction palestinienne aboutit 5 ans plus tard à la signature des accords d'Oslo. Ce qui est vraiment neuf chez les dirigeants israéliens, c'est que, pour la première fois, ils signent un texte où figure le mot «palestinien» (qui remplace l'ancien terme «arabe») et qu'ils reconnaissent l'OLP comme représentante des Palestiniens.

Mais à aucun moment, ils ne reconnaissent ce que les négociateurs palestiniens considéraient comme l'issue logique du processus : un Etat Palestinien sur l'ensemble des territoires occupés depuis 1967. Aucune des questions fondamentales (la colonisation, les frontières, la souveraineté …) n'est conclue à Oslo. Entre cette signature et l'assassinat de Rabin un an et demi plus tard, 60000 nouveaux colons sont installés.

La magnifique occasion pour Israël d'accepter un compromis qui légitimerait son existence au Proche-Orient a été dédaigneusement refusée par les dirigeants et l'opinion publique israéliens. L'idée d'une dilution des Palestiniens dans le monde arabe et donc d'une reconnaissance des faits accomplis de 1948 et 1967 est restée hégémonique.

Le consensus dans la société israélienne est là. Personne, sauf la petite minorité qui combat le colonialisme et le sionisme, n'imagine une paix fondée sur l'égalité des droits et l'égale dignité des deux peuples. Pour les sionistes «de gauche», ceux qui sont à l'origine des accords d'Oslo, la légitimité d'Israël et la défense de l'Etat Juif sont non négociables, mais il s'agit d'examiner ce qu'on peut concéder dans ce cadre aux Palestiniens. D'où le fait que le premier point discuté à Oslo a été la sécurité de l'occupant. La différence avec la «droite» sioniste dont le programme est simple («achever la guerre de 1948», c'est-à-dire réaliser le «transfert»), est faible. Le sionisme a gommé les différences idéologiques. Il a aussi produit une insensibilité totale aux humiliations et à la souffrance de l'autre. Pour les Israéliens, les victimes ont été, sont et seront toujours les Juifs.

Pendant longtemps la majorité de l'opinion israélienne est restée hostile aux colons, les considérant comme des fanatiques religieux. Mais quand on examine en détail les sondages, on constate qu'une nette majorité veut garder pour Israël le «grand Jérusalem», un territoire décuplé depuis l'annexion de 1967 qui couvre 4% du territoire de la Cisjordanie de Ramallah à Bethléem et qui, en coupant en deux la Cisjordanie, rend non-viable tout Etat Palestinien. Par la même occasion, une bonne partie de l'opinion veut garder Ariel, Maale Adoumim, les blocs de colonies et la vallée du Jourdain.

L'opinion israélienne veut la paix, mais cela a souvent pour sens «laissez-nous en paix». L'idée que cette paix passe par l'égalité des droits reste très minoritaire parce que les Israéliens ont été éduqués dans l'idée que leur légitimité est indiscutable et que les Palestiniens sont, au mieux des intrus, et plus souvent ceux qui poursuivent l'œuvre des Nazis.

«Nous n'avons pas de partenaires pour la paix»

Pourquoi ces propos d'Ehud Barak sont-ils devenus la certitude de la plupart des Israéliens, même dans la partie de l'opinion qui n'est pas raciste ? C'est le complexe de Massada. C'est ce qu'on apprend à l'école. «Les Palestiniens veulent jeter les Juifs à la mer». «Arafat est un nouvel Hitler». «Tout le monde nous hait, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes». Pour l'opinion israélienne, toute paix repose sur un déséquilibre total des forces, sur une domination politique, économique et militaire d'Israël. Chaque fois que les Israéliens ont eu en face d'eux des négociateurs palestiniens laïques, parlant hébreu et comprenant parfaitement l'importance pour les Israéliens de la mémoire du génocide nazi, ils n'ont fait aucune concession. Il y a un consensus en Israël sur le fait qu'une partie importante des ministres, des députés et des maires palestiniens soient en prison, toutes tendances confondues. Si l'opinion israélienne avait voulu une paix avec le Fatah, réputé plus conciliant que le Hamas, pour aboutir à la création d'un Etat Palestinien, il aurait suffi par exemple de libérer Marwan Barghouti. Il faut donc admettre que l'opinion israélienne ne veut, ni d'une Palestine unie, ni d'un partenaire pour la paix. Et aujourd'hui cette opinion utilise le Hamas et le Hezbollah comme des épouvantails justifiant le fait qu'on ne peut pas négocier et donc qu'il faut amplifier la colonisation et continuer la politique du fait accompli et des annexions successives.

Les seules divergences entre les dirigeants politiques israéliens qui sont tous plus ou moins des descendants idéologiques de Jabotinsky portent sur des nuances. Avigdor Lieberman s'appuie sur la fraction la plus raciste de l'opinion et met en question la présence des Palestiniens d'Israël. Benyamin Nétanyahou s'oppose à tout Etat palestinien et veut amplifier la colonisation. Tzipi Livni accepte un Etat palestinien réduit à quelques cantons. Et Ehud Barak est prêt à s'allier à tous les partis qui lui permettront de rester au pouvoir.

La fraction de l'opinion considérée comme pacifiste, représentée par le courant «La Paix Maintenant» et par plusieurs grands écrivains israéliens (Amos Oz, Avraham Yehoshua, David Grossman) a intériorisé l'idée qu'il n'y a pas de partenaire et elle a approuvé la guerre du Liban (2006) et l'invasion de Gaza (décembre 2008).

Reste la petite minorité d'Israéliens, principalement intellectuels, qui ont choisi de se battre contre l'occupation aux côtés des Palestiniens. Ils sont peu nombreux et très divers. Ce sont des noms célèbres, Michel Warschawski, Amira Hass, Gidéon Lévy, Nurit Peled, Ilan Pappé, Uri Avnéry… Ce sont des petits groupes : femmes en noir, refuzniks, anarchistes contre le mur… Ce sont aussi 3 partis représentés au Parlement (dont le parti communiste Hadash) qui ont eu la très grande majorité des suffrages des Palestiniens d'Israël. Cette force, non sioniste ou antisioniste, est bien sûr très minoritaire. Mais cela pourrait changer : quelques mois avant l'attaque contre Gaza, la liste conduite par un candidat communiste, antisioniste et refuznik (Dov Khenin [Knesset - Wikipedia]) avait obtenu 35% des voix aux élections municipales à Tel-Aviv.

19 novembre 2009
Pierre Stambul
UJFP

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Pierre STAMBUL, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël - Résistance Palestine, Monde en Question.

4 décembre 2009

MurMure


Pièce théâtrale librement inspirée des récits et dialogues de la journaliste israëlienne Amira Hass avec le prisonnier palestinien Mahmoud Al Safadi, Murmure invite le public à rire, avec lucidité, de l’arbitraire qui sépare les deux protagonistes. Une pièce à découvrir à Confluences (Paris 20e) jusqu’au 13 décembre [Dossier presse].
Paris.fr
La boite à sorties

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Amira HASS, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël - Résistance Palestine, Monde en Question.

Hommage à Amira HASS

L'israélienne, Amira Hass reçoit le "Prix du Courage en Journalisme 2009", JSS.
Amira Hass, née en 1956 à Jérusalem, a étudié l'histoire à Jérusalem et à Tel-Aviv. Après avoir enseigné, elle a commencé à exercer la profession de journaliste en 1989 à la rédaction de Ha'aretz. Elle est une journaliste et auteur très connue pour ses colonnes dans le quotidien Ha'aretz. Elle vit en Judée Samarie après avoir habité à Gaza et elle rapporte les événements du conflit israélo-palestinien depuis ces territoires disputés. Elle a débuté sa carrière à Ha'aretz en 1989, et a commencé à informer depuis les territoires en 1991. En 2003, elle était la seule journaliste israélienne juive à vivre parmi les Palestiniens, à Gaza depuis 1993 et à Ramallah depuis 1997. Deux ouvrages ont été tirés ses expériences successives : l'essai Boire la mer à Gaza et Correspondante à Ramallah, une compilation de ses articles depuis la Judée Samarie [traduction sioniste de la Cisjordanie], tous deux parus en France aux éditions La Fabrique.

Ses reportages tentent de rendre compte d'une manière qu'elle qualifie elle-même de non objective la vie quotidienne de la population palestinienne et est généralement critique à l'encontre de son pays. Elle ne manque toutefois de faire quelquefois des critiques envers les responsables palestiniens. Durant les années d'Intifada, elle a par exemple publié plusieurs articles sur le chaos et le désordre provoqués par les milices associées au parti Fatah de Yasser Arafat et la guerre sanglante entre factions palestiniennes à Naplouse au sujet desquelles elle ne mâche pas ses mots.. Elle a reçu différents prix de presse, dont le Prix mondial de la liberté de la presse décerné par l'UNESCO en 2003. Et ce mardi c'est la Fondation internationale des femmes dans les médias (IWMF) qui lui attribue le "Prix du Courage en Journalisme 2009".

Beaucoup voient, aujourd'hui, Amira Hass comme une journaliste qui a montré un engagement professionnel et une indépendance exceptionnels, ainsi qu'un véritable courage, tout au long de la décennie écoulée. Oliver Clarke, Président de Gleaner Company Limited, a déclaré que : « Ces dix dernières années, Amira Hass a fait preuve d'un courage et d'un professionnalisme exemplaires alors que son travail de recherche de la vérité lui valait d'être soumise à de fortes pressions». Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, affirmait même en 2003, que « Si la paix s'établit entre Israéliens et Palestiniens, ce sera grâce à des personnes comme Madame Hass, qui sont capables de regarder les faits et de les comprendre, sans préjugé. ». En raison de ses reportages de faits et d'opinions contraires aux positions officielles israélienne et palestinienne, elle a réussie à avoir une sorte de notoriété unique à elle [1].

Amira HASS, Discours de remerciement pour la remise du Prix du Courage en journalisme 2009, Tlaxcala.

Speech of Amira Hass, International Women's Media Foundation.

Interview of Amira Hass, Democracy Now !, 1/3 - 2/3 - 3/3.

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Amira HASS, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël - Résistance Palestine, Monde en Question.

[1] Michel Warschawski, La liberté de la presse en Israël, Siné hebdo - AFPS.

3 décembre 2009

2 décembre 2009

Palestiniens chassés méthodiquement de Jérusalem

En 2008, des milliers de Palestiniens ont perdu leur droit de résidence à Jérusalem, Ma'an News Agency - Info-Palestine.
L'an dernier, le ministère israélien de l'intérieur a privé 4577 Palestiniens de leur droit de vivre à Jérusalem-Est, un record absolu en 42 ans d'occupation.

Le journal israélien Haaretz a rendu les chiffres publics ce mercredi. Le total de l'année dernière représente 21 fois la moyenne des 40 années précédentes.

Au cours des 40 années d'occupation israélienne, Israël a révoqué les droits de résidence de 8558 Palestiniens, soit à peu près le double du nombre de personnes qui ont perdu leurs cartes d'identité l'année dernière seulement.

Le ministère de l'intérieur a déclaré à Haaretz que l'augmentation est le produit d'une décision de 2008 par le précédent gouvernement israélien de mener des enquêtes sur le statut juridique de milliers de Palestiniens de Jérusalem-Est.

Le procureur Yotam Ben-Hillel du Hamoked [Centre pour la Défense de l'Individu] a déclaré que les 250000 résidents palestiniens de Jérusalem-Est ont le même statut juridique que les personnes qui ont immigré en Israël en toute légalité, mais sans avoir droit à la citoyenneté.

« Ils sont traités comme s'ils étaient des immigrants en Israël, en dépit du fait que c'est Israël qui s'est imposé à eux en 1967 », a-t-il dit.

Israël a occupé Jérusalem-Est avec le reste de la Cisjordanie en 1967, et annexé un secteur important de la Cisjordanie comme faisant partie de la ville, qu'il a déclarée sa capitale. Les Palestiniens dans le territoire annexé refusent la citoyenneté israélienne. Comme la communauté internationale, ils ne reconnaissent pas la légitimité du contrôle israélien sur leur terre.

L'avocat jérusalémite Oussama Al-Halabi a déclaré dans une récente interview avec Ma'an que « les Palestiniens avec une carte d'identité israélienne n'ont en fait aucun droit réel à vivre dans Jérusalem. Israël peut retirer leur carte d"identité à tout moment. »

En raison de leur statut de résidents non-citoyens, les Palestiniens de Jérusalem peuvent facilement perdre leur carte d'identité. Selon les avocats qui se sont exprimés devant Ma'an, simplement une absence de cinq ans ou l'obtention de la résidence ou de la citoyenneté dans un autre pays peut mettre en péril les droits d'un résident de Jérusalem.

Les Arabes seraient chassés méthodiquement de Jérusalem, Reuters-Yahoo! Actualités.
Le nombre de Palestiniens privés de leur statut de résidents à Jérusalem a atteint l'an dernier le chiffre record de 4.577, annonce une ONG israélienne, sur la foi de statistiques obtenues du ministère de l'Intérieur grâce à la législation sur la liberté d'information.

Le phénomène a "atteint des proportions effrayantes", a souligné Dalia Kerstein, directrice exécutive du Centre HaMoked pour la défense de l'individu, précisant que le chiffre pour 2008 représentait plus de la moitié du total des permis de résidence révoqués depuis plus de 40 ans.

La politique suivie par Israël depuis la conquête et l'annexion de la partie orientale de Jérusalem, lors du conflit israélo-arabe de 1967, est dénoncée avec constance par les Etats-Unis, l'Union européenne et les Nations unies.

Cette politique consiste notamment à démolir les habitations bâties sans permis de construire israéliens, à évincer les Palestiniens des logements dont il ne peuvent pas prouver qu'ils sont propriétaires et à développer les logements pour les Juifs à Jérusalem-Est.

Pour les Palestiniens, l'objectif est de chasser le maximum de résidents arabes de la ville et de réduire leur présence à sa périphérie afin de ruiner leur espoir de voir Jérusalem-Est devenir la capitale d'une future Palestine indépendante.

"La campagne 2008 du ministère de l'Intérieur s'inscrit dans le cadre plus général d'une politique dont le but est de limiter la population palestinienne et de maintenir une majorité juive à Jérusalem, alors que son avenir est censé être déterminée par des négociations", a estimé Kerstein.

OBJECTIF STRATÉGIQUE

"Ces Palestiniens sont originaires de cette ville, ce ne sont pas des résidents qui s'y sont récemment installés", a-t-elle fait valoir. A l'heure actuelle, 250.000 Arabes vivent encore à Jérusalem-Est et dans sa banlieue, contre 200.000 Juifs.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exclu explicitement que la ville, proclamée "capitale réunifiée d'Israël pour l'éternité", soit une nouvelle fois divisée, voire seulement partagée, dans le cadre d'un futur accord de paix.

Aux yeux de l'Onu comme des puissances occidentales, le futur statut de la ville fait partie intégrante des questions centrales qui doivent être réglées dans le cadre du processus de paix, actuellement en panne et peu susceptible de reprendre dans un avenir immédiat.

Selon un document interne à l'Union européenne cité mercredi par le quotidien Haaretz, l'Etat d'Israël pousse les activistes nationalistes juifs à mettre en oeuvre son "objectif stratégique" de basculement démographique à Jérusalem et dénie aux Palestiniens les permis de construire qu'ils sollicitent.

Dans le même temps, selon ce même document européen, la municipalité de Jérusalem ne consacre que 10% de son budget à ses 35% d'administrés arabes, qui ne bénéficient pas des mêmes prestations que les habitants juifs, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation.

Le consulat de Suède, pays qui assure actuellement la présidence tournante de l'UE, a confirmé l'existence du document mentionné par Haaretz, mais a refusé d'en fournir une copie à Reuters. Un responsable palestinien qui l'a en sa possession s'est également refusé à le divulguer.

Selon les statistiques obtenues du ministère israélien de l'Intérieur par HaMoked, et qui portent sur la période courant de 1967 à 2008 - à l'exception de l'année 2002 -, un total de 8.269 Palestiniens se sont vu retirer leur statut de résidents à Jérusalem. Aucun chiffre n'est disponible pour l'année en cours.

Israël met en garde l'UE contre une reconnaissance de Jérusalem-Est comme capitale palestinienne, AFP-Yahoo! Actualités.
Israël a sèchement mis en garde l'Union européenne mardi contre une reconnaissance de Jérusalem-Est comme capitale d'un futur Etat palestinien, avertissant qu'une telle initiative mettrait à mal la crédibilité de l'UE en tant que médiateur dans le conflit du Proche-Orient.

La Suède, qui assure actuellement la présidence de l'UE, envisage une initiative reconnaissant Jérusalem-Est comme capitale d'un futur Etat palestinien. Dans son édition de mardi, le quotidien israélien "Haaretz" a rapporté que Stockholm souhaiterait voir cette proposition adoptée par les ministres des Affaires étrangères européens la semaine prochaine à Bruxelles.

Le gouvernement suédois s'est refusé à tout commentaire, mais, à Bruxelles, des diplomates ont confirmé que la Suède souhaitait voir son texte soumis au débat.

Le projet suédois, cité par "Haaretz" fait référence à "une solution à deux Etats, avec un Etat palestinien indépendant, démocratique (...) et viable, comprenant la Cisjordanie et la Bande de Gaza avec Jérusalem-Est comme capitale, vivant côte à côte, en paix et dans la sécurité avec l'Etat d'Israël".

Le ministère israélien a enjoint mardi dans des termes forts l'UE de ne pas donner suite à la proposition suédoise. "Le projet conduit par la Suède nuit à la capacité de l'Union européenne de jouer un rôle et d'être un facteur significatif dans les négociations entre Israël et les Palestiniens", a-t-il réagi dans un communiqué.

La proposition suédoise a toutefois peu de chances d'être adoptée, l'UE ayant de longue date estimé que Jérusalem devrait être une capitale partagée et qu'Israéliens et Palestiniens devaient s'entendre sur cette question.

La question de Jérusalem est l'un des principaux points de désaccord entre Israël et les Palestiniens. La ville a été annexée lors de la guerre des Six Jours en 1967 par l'Etat hébreu, qui la considère comme sa capitale éternelle. Mais cette annexion n'a pas été reconnue par la communauté internationale, et les Palestiniens veulent faire de la ville la capitale d'un futur Etat.

4 577 Palestiniens en moins à Jérusalem-Est en 2008, Guerre ou paix - Blog Le Monde.
Voilà qui donnera à réfléchir aux Européens qui examineront le 7 décembre une proposition de résolution stipulant que Jérusalem-Est sera la capitale de l'Etat palestinien que les Vingt-Sept appellent de leurs voeux. En 2008, selon le Haaretz , le ministère de l'intérieur israélien a privé de statut de résident 4 577 Palestiniens . Au cours des quarante années précédentes, 8 558 Palestiniens au total avaient perdu ce statut. Soit une augmentation exponentielle.

J'ai été expulsée d'Israël parce que mariée à un Palestinien, Yahoo! Actualités.
Dimanche 22 novembre 2009 à 5h00 du matin, j'ai été expulsée du territoire israélien. Anthropologue, Française, je devais intervenir à une conférence à Jérusalem à l'invitation du Consulat général de France. Le problème pour les Israéliens, c'est que je suis mariée avec un Palestinien.

Je viens d'achever une thèse sur le patrimoine et l'identité locale à Naplouse, en Cisjordanie. Depuis 2004, j'y ai effectué des séjours de plusieurs mois, puis je revenais en France où je donne des cours à l'université.

Comme il est impossible de se rendre dans les Territoires occupés sans passer par Israël, qui en contrôle toutes les frontières, aériennes (l'aéroport Ben Gourion) ou terrestres (le pont Allenby), c'est auprès de l'Etat israélien qu'il me fallait solliciter un visa de tourisme de trois mois pour aller à Naplouse poursuivre mes recherches et rejoindre mon mari.

Depuis 2006, à chacun de mes passages, j'indiquais que je suis mariée avec un Palestinien, fournissant à la demande de la police son numéro de carte d'identité. J'ai souvent attendu des heures ; mais j'ai toujours obtenu un visa.

« Pourquoi est-ce que vous entrez et sortez tout le temps ? »

Samedi 21 novembre 2009, j'arrive par l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv vers 15 heures. En réponse à la question : « Quel est le motif de votre séjour en Israël ? », je présente ma lettre de mission. Quelques minutes plus tard, une policière arrive.

Elle prend mon passeport et m'intime de me rendre au centre de police, où je m'assieds face à une autre policière. Celle-ci tient à la main un feuillet qui comporte les dates de mes entrées et sorties du territoire israélien depuis 2005. « Pourquoi est-ce que vous entrez et sortez tout le temps ? », me demande-t-elle sèchement.

J'explique que je poursuis des recherches universitaires sur la région de Naplouse et que, par ailleurs, je suis mariée avec un Palestinien qui y habite. J'ajoute que ma visite a cette fois-ci des raisons professionnelles, même si je vais bien sûr voir mon mari.

Je tends une nouvelle fois ma lettre de mission. Oui, j'ai le numéro de téléphone de l'attaché culturel, oui, j'ai le numéro de carte d'identité de mon mari, oui, je reprends l'avion cinq jours plus tard, voilà le billet.

Lire la suite... Rue89

Lire aussi :
• 2008, Rapport des chefs de mission de l'Union Européenne sur Jérusalem-Est - Responsables de mission à Jérusalem et Ramallah, ISM.
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Le mariage

Le mariage, 2000 ans d'histoire - France Inter, 1ère partie - 2ème partie.
Le défaut de cette série est de rendre incompréhensible l'histoire du mariage par simplification des faits en confondant, par exemple, le mariage (lien social) et l'amour (lien personnel).
Histoire du mariage, La Fabrique de l'Histoire - France Culture, 1/4 - 2/4 - 3/4 - 4/4.
À partir du même ouvrage, l'épisode 3 de cette série rend mieux compte de la complexité de l'histoire du mariage .
Lire aussi :
• Spermatozoïdes : faut il s’inquiéter d’une crise de production ?, Du grain à moudre - France Culture.
• Dossier documentaire & Bibliographie Mariage, Monde en Question.

1 décembre 2009

Les crises du capitalisme


Karl MARX, Les crises du capitalisme, Demopolis, 2009 [préface de Daniel Bensaïd].
Pourquoi la crise actuelle du capitalisme s'est elle produite et comment en sortir ?

Selon Karl Marx, la recherche incessante du profit et de la valorisation du capital, incite à produire toujours plus alors que la consommation reste limitée. Lorsque la surproduction apparaît, il faut réduire la production et donc imposer le chômage partiel et des licenciements. Des entreprises font faillite, les actions chutent en bourse, le chômage explose et la surproduction s'étend. Les plans de relance et les aides de l'État ne font que limiter la casse car les crises résultent des contradictions inhérentes au capitalisme.

Lire aussi :
• Dubaï au bord de la faillite, La Chronique Agora.
[...] le jeu de massacre a commencé dès le printemps dernier pour les malheureux emprunteurs qui se sont lancés au sommet de la bulle fin 1996/début 1997. Ceci explique que le taux de défaillance sur des prêts hypothécaire aménagés ait doublé en un an pour atteindre le taux vertigineux de 15% !
Et ce n'est qu'un début : l'année 2010 est sans exagération celle de tous les dangers !

• MEIKSINS WOOD Ellen, L'origine du capitalisme, Lux, 2009 [Chapitre 5].
Personne ne niera que le capitalisme a permis à l'humanité d'accomplir des avancées notables sur le plan matériel. Mais il est devenu aujourd'hui manifeste que les lois du marché ne pourront faire prospérer le capital qu'au prix d'une détérioration des conditions de vie d'une multitude d'individus et d'une dégradation de l'environnement partout dans le monde. Il importe donc plus que jamais de savoir que le capitalisme n'est pas la conséquence inévitable des échanges commerciaux et marchands que l'on retrouve dans presque toutes les sociétés humaines. Le capitalisme a une histoire très singulière et un lieu de naissance bien précis : les campagnes anglaises du XVIIe siècle. En rappelant cette origine, essentiellement politique, Ellen Meiksins Wood propose une définition limpide des mécanismes et des contraintes qui font la spécificité du capitalisme.

• KOUVÉLAKIS Stathis (sous la direction de), Y a-t-il une vie après le capitalisme ?, Le temps des cerises, 2008 [Après le capitalisme, la vie ! - Demande éducation émancipatrice
pour société nouvelle…
].
Y a-t-il une vie après le capitalisme ? De nos jours, la réponse quasiment spontanée est négative. L'histoire est « finie », au sens où elle a atteint sa finalité interne, car, après la fin des régimes dits « communistes » de l'Est européen, le capitalisme est son horizon ultime. Voilà pourquoi il est devenu aujourd'hui plus facile d'imaginer la fin du monde qu'une modification bien moins cataclysmique, celle du mode de production actuellement dominant. Il existe pourtant une réponse contraire, même si elle est minoritaire, qui consiste à dire : bien sûr que oui, le capitalisme n'est pas éternel, il n'est pas le dernier mot de l'histoire, car l'histoire ne connaît pas de dernier mot (ce en quoi elle diffère justement des récits théologiques). L'échec de ces régimes ne signifie pas la fin de la perspective socialiste, mais la fin d'un cycle du mouvement révolutionnaire, celui du « court vingtième siècle », dont il s'agit de faire un bilan et de tirer les nécessaires leçons.
C'est cette réponse qui est déclinée de diverses façons dans les contributions de ce recueil. Sont ainsi repris, questionnés et développés, les thèmes essentiels d'un avenir d'après le capitalisme : le nécessaire dépassement du marché, l'essor de pratiques autogestionnaires, la transformation de la vie quotidienne et de l'ensemble des rapports sociaux.

• Dossier documentaire & Bibliographie Économie crise, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Marxisme, Monde en Question.

"l'histoire-géographie ne sert à rien"

Dominique Paillé : "l'histoire-géographie ne sert à rien", Brave Patrie.
Le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé a soutenu la proposition du ministre de l'Education de supprimer l'enseignement de l'histoire-géographie en fin de filière scientifique. Interrogé sur les éventuelles répercussions en France de l'initiative suisse sur les minarets, il a en effet prouvé qu'il ne servait à rien de connaître l'une ou l'autre pour prétendre construire l'avenir de son pays.

[...]

[Dominique Paillé] a aussi merveilleusement résumé en une simple phrase la politique de civilisation de l'UMP, ce noble plus grand commun dénominateur dans lequel tous les Français sont invités à communier : l'ignorance est une arme, taïaut !


L'ignorance affirme ou nie, la science doute.
Voltaire

Lire aussi :
• Frédéric Juignet, La chute du mur et la mémoire du socialisme, ContreInfo.
Face à l’unanimisme des commémorations de la chute du mur de Berlin, le militant communiste Frédéric Juignet revendique une autre mémoire historique, et rappelle la dette que nous avons envers le peuple Russe pour ses immenses sacrifices dans la guerre contre le fascisme, sans lesquels les alliés occidentaux n’auraient sans doute pas été victorieux. De Gaulle avait en son temps voulu que la France prenne part à ce combat mené à l’est contre les nazis. Mais qui se souvient aujourd’hui de l’escadrille Normandie Niemen ou connait l’existence de la gigantesque offensive «Bagration», lancée en juin 1944, qui a paralysé toute tentative de contre offensive sur les plages du débarquement en infligeant aux troupes allemandes leur plus grande défaite de tout le conflit ?

• Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.

30 novembre 2009

France-Algérie : 130 ans de colonisation

Chroniques du bidonville, 1959-1962 : archives sonores inédites et entretien avec Monique Hervo, La Fabrique de l'Histoire - France Culture, 1/2 - 2/2.

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.

Misère du "débat" sur l'identité nationale

Ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale (et du développement solidaire)
Misère du prétendu «grand débat sur l’identité nationale», Claris

Lire aussi :
Revue Claris.
Blog Claris.
• Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme, Monde en Question.

29 novembre 2009

La simplexité


Comment la nature surmonte la complexité ?, Science publique - France Culture.
Les espèces vivantes sont toutes confrontées à cette complexité de notre univers sur laquelle les scientifiques butent souvent aujourd'hui. Ainsi, l'évolution révèle les solutions que la nature a retenu sous l'effet de la sélection naturelle. Ces solutions recèlent des stratégies subtiles qui permettent souvent de contourner les obstacles de la complexité sans, pour autant, l'ignorer. Dans son dernier ouvrage, Alain Berthoz définit un nouveau concept pour désigner ces réponses de la nature : la simplexité. Il s'agit là d'une capacité de simplification dont l'efficacité réside dans une réelle prise en compte de la complexité. Les méthodes ainsi sélectionnées par l'évolution ouvrent des pistes d'investigation passionnantes pour découvrir de nouveaux modes de résolution des problèmes posés par la complexité. Les scientifiques pourraient ainsi dépasser les limites du formalisme pour explorer des voies plus empiriques. Comment s'inspirer du vivant pour résoudre des problèmes de prise de décision, de réparation du corps humain ou de comportement dans la société ?


Alain BERTHOZ, La simplexité, Odile Jacob, 2009 [RFI - Science.gouv.fr].
«La simplexité, telle que je l'entends, est l'ensemble des solutions trouvées par les organismes vivants pour que, malgré la complexité des processus naturels, le cerveau puisse préparer l'acte et en projeter les conséquences. Ces solutions sont des principes simplificateurs qui permettent de traiter des informations ou des situations, en tenant compte de l'expérience passée et en anticipant l'avenir. Ce ne sont ni des caricatures, ni des raccourcis ou des résumés. Ce sont de nouvelles façons de poser les problèmes, parfois au prix de quelques détours, pour arriver à des actions plus rapides, plus élégantes, plus efficaces.»

Comme le démontre Alain Berthoz dans ce livre profondément original, faire simple n'est jamais facile ; cela demande d'inhiber, de sélectionner, de lier, d'imaginer pour pouvoir ensuite agir au mieux.

Écouter aussi :
• Alain BERTHOZ, La manipulation mentale des points de vue : un des fondements de la tolérance, Canal-U.
• Conférences Alain BERTHOZ, ENS.
• Conférences Alain BERTHOZ, Canal-U.

Lire aussi :
Alain BERTHOZ, La décision, Odile Jacob, 2003 [Decisio.info - Sciences Humaines].
Fidèle à sa conception du cerveau, non pas calculateur ni compilateur mais simulateur d'action, Alain Berthoz renouvelle dans ce livre toute la théorie psychologique de la décision. Au lieu de considérer la décision comme un processus rationnel, fondé sur des outils logiques, il en fait la propriété fondamentale du système nerveux, dont la fonction est de préparer, de commander et de réguler l'action. C'est dans ce cadre qu'il décrit les pathologies de la décision (agnosie, aphasie, simultanagnosie, obsessions, etc.)
La première décision - capturer ou fuir - est vitale : elle définit tout être vivant, à la fois prédateur et proie. Cette décision met en jeu le corps, comme d'autres, ainsi l'équilibre et la marche. Et dans un chapitre qui bouleverse bien des idées reçues, il démontre l'existence d'un double en chacun de nous (héautoscopie) qui apparaît souvent dans les rêves mais que nous ne cessons de prendre à témoin, notamment pour nous encourager ou nous stimuler.
Il montre comment la perception est essentiellement une décision. Percevoir, ce n'est pas seulement combiner, pondérer, c'est sélectionner, c'est décider. C'est, dans la masse des informations disponibles, choisir celles qui sont pertinentes par rapport à l'action envisagée. C'est, en outre, lever des ambiguïtés, c'est choisir entre des formes rivales, c'est trancher dans des conflits sensoriels. Il propose enfin une « physiologie de la préférence ». Non seulement la perception est décision, mais la mémoire l'est tout autant. Mémoriser c'est toujours faire un choix, l'oubli est toujours sélectif.
Avec ce livre, Alain Berthoz poursuit son enquête sur le cerveau parieur, ou comment décider, c'est prédire.

• Alain BERTHOZ et NAUD Didier (sous la direction de), Décider, collaborer et apprendre, Démos, 2009.
• Alain BERTHOZ, Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l'Action.
• Alain BERTHOZ, Odile Jacob.
• BOURGINE Paul, CHAVALARIA David et COHEN-BOULAKIA (sous la direction de), Déterminismes et complexités : du physique à l'éthique - Autour d'Henri Atlan, La Découverte, 2008.

La sérendipité

La sérendipité ou l'importance de l'inattendu, Continent Sciences - France Culture
La sérendipité est un phénomène complexe. C'est l'art de découvrir, inventer et créer ce à quoi on ne s'attend pas. Il signifie que l'on trouve quelque chose que l'on n'avait pas cherché, à partir d'une observation surprenante, que l'on a pu expliquer correctement. Ce mot est plus instructif que «hasard heureux». Ce qu'on apprend généralement à l'université, c'est l'inverse, la «non-sérendipité», c'est-à-dire trouver ce que l'on cherche, alors que l'art crucial de trouver le non-cherché joue un rôle très important dans la science, ou la technique. Dans les disciplines expérimentales, comme la chimie, la physique, la géologie, la médecine, l'astronomie, la technique et les arts, les exemples de sérendipité sont fréquents. Dans ces domaines, il est plus facile de voir et de tester si on a découvert quelque chose que l'on ne cherchait pas.