23 septembre 2011

Vérités et mythologies du 11 septembre


On a tout dit sur le 11 septembre 2001. Tout et n'importe quoi ! Un festival d'idées reçues, d'amalgames et d'approximations.
Ce petit livre ramasse au contraire l'essentiel : l'incapacité des États-Unis à maîtriser le personnage d'Oussama Ben Laden qu'ils ont tant contribué à créer au travers de leur alliance stratégique avec l'Arabie saoudite, Ben Laden qui a fini par leur échapper et dont ils ont ensuite fabriqué l'image d' "ennemi public numéro 1".
Richard LABÉVIÈRE, Vérités et mythologies du 11 septembre - Modeste contribution aux cérémonies officielles du Xe anniversaire, Nouveau Monde Éditions, 2011.
Derrière ce rideau de fumée et de poussière qui s'est levé dans l'effondrement des tours du World Trade Center, ce qui intéresse vraiment Richard Labévière c'est le paradoxe américano-saoudien. L'Arabie Saoudite a financé et finance encore le terrorisme djihadiste au nom du wahhabisme, version rétrograde et radicale d'un islam gouvernant la Cité. Le rôle du prince Turki al-Fayçal [1], patron des services secrets saoudiens dans la transformation de l'héritier jetseter ben Laden en combattant du jihad international, constitue le coeur du livre. Ainsi que le pacte de Quincy scellant l'alliance des États-Unis avec la monarchie des Saoud au sortir de la Deuxième guerre mondiale, faisant de l'Arabie saoudite "un intérêt vital des États-Unis". Ce pacte formera le bouclier qui protègera les financiers et soutiens saoudiens et émiratis de ce nouveau terrorisme. Malgré les victimes du 11 septembre pleurées par l'Amérique.
Source : Ça va mieux en le lisant

Ce livre décortique pour nous cette étrange relation qu'entretenaient les Etats-Unis avec Oussama ben Laden et met en exergue leur incapacité à maîtriser ce personnage qu'ils ont tant contribué à créer au travers de leur alliance stratégique avec l'Arabie saoudite, qui a fini par leur échapper en 1990 au moment de la première guerre du Golfe ("Notre pays est devenu une colonie des Américains " déclarera-t-il) et qu'ils ont ensuite transformé en "ennemi public numéro 1". Il nous met aussi en garde sur ce qui se joue aujourd'hui dans le monde arabo-islamique, dans ce contexte nouveau crée par les "Printemps arabes", l'échec de l'islam-politique n'allant pas forcement de pair avec la disparition physique d'Oussama ben Laden et l'attentat meurtrier commis le 28 avril 2011 sur la place Jemaa-el-fna, en plein centre de Marrakech pouvant avoir valeur de rappel à l'ordre.
Un livre-boussole pour comprendre hier et anticiper un avenir. Qui, tant que les Etats-Unis continueront derrière la scène de jouer la carte des Frères musulmans, comme ils l'ont toujours fait depuis la signature, à la fin de la deuxième guerre mondiale, du Pacte du Quincy avec la monarchie des Saoud, est loin d'être rose, qu'on se le dise...
Source : Livres-a-lire
Lire aussi :
• Richard LABÉVIÈRE, La conspiration des autres…, L'Humanité, 12/09/2011.
• En 2010, des fonds secrets de la CIA ont servi par erreur à financer Al-Qaida, Le Monde, 15/03/2015. La mention "par erreur" signifie en clair que la CIA avoue avoir financé Al-Qaida.
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Richard LABEVIÈRE, Monde en Question.

[1] Lire :
• Turki AL-FAISAL, Failed favoritism toward Israel, The Washington Post, 10/06/2011.
President Obama gave a rousing call to action in his controversial speech last month, admonishing Arab governments to embrace democracy and provide freedom to their populations. We in Saudi Arabia, although not cited, took his call seriously. We noted, however, that he conspicuously failed to demand the same rights to self-determination for Palestinians - despite the occupation of their territory by the region's strongest military power.
Soon after, Obama again called into question America's claim to be a beacon of human rights by allowing Israeli Prime Minister Binyamin Netanyahu to set the terms of the agenda on the Israeli-Palestinian peace process. Even more depressing than the sight of Congress applauding the denial of basic human rights to the Palestinian people was America turning its back on its stated ideals.
As the main political and financial supporter of the Palestinian quest for self-determination, Saudi Arabia holds an especially strong position. The kingdom's wealth, steady growth and stability have made it the bulwark of the Middle East. As the cradle of Islam, it is able to symbolically unite most Muslims worldwide. In September, the kingdom will use its considerable diplomatic might to support the Palestinians in their quest for international recognition. American leaders have long called Israel an "indispensable" ally. They will soon learn that there are other players in the region - not least the Arab street - who are as, if not more, "indispensable." The game of favoritism toward Israel has not proven wise for Washington, and soon it will be shown to be an even greater folly.
• Turki AL-FAISAL, Veto a State, Lose an Ally, The New York Times, 11/09/2011.
The United States must support the Palestinian bid for statehood at the United Nations this month or risk losing the little credibility it has in the Arab world. If it does not, American influence will decline further, Israeli security will be undermined and Iran will be empowered, increasing the chances of another war in the region.
Moreover, Saudi Arabia would no longer be able to cooperate with America in the same way it historically has. With most of the Arab world in upheaval, the "special relationship" between Saudi Arabia and the United States would increasingly be seen as toxic by the vast majority of Arabs and Muslims, who demand justice for the Palestinian people.

19 septembre 2011

Chasse aux immigrés retraités


Un bon arabe est un arabe mort ou un arabe qui lèche la main qui le pille...
Le collectif « Justice pour les chibani-i-as » et les associations signataires dénoncent l'acharnement croissant de certaines caisses de retraite, caisses d'allocations familiales et administrations fiscales vis-à-vis des vieux migrants démunis. Sous prétexte de lutte contre la fraude, la chasse aux vieux immigrés pauvres habitant les foyers semble avoir commencé.
GISTI
Revue de presse :
• Le collectif Justice et dignité pour les chibanis et TV-Bruits devant le juge, Les Indigènes de la république, 05/06/2011.
• Les migrants à la retraite présumés coupables de fraudes, Basta !, 01/07/2011.
• Les chibanis ne sont pas des fraudeurs !, LDH-Toulon, 09/07/2011.
• De trop gentils Chibanis, CQFD, 24/08/2011.
• "Chibanis en sursis", ces vieux immigrés que l'Etat ne veut plus voir, Le Magazine de la rédaction, 16/09/2011.

16/09/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde


Lire aussi :
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

16 septembre 2011

Portraits de communards 3/3


Eugène POTTIER (1816-1887) "Debout ! Les damnés de la terre ! Debout ! Les forçats de la faim !" (41), L'Humanité

François JOURDE (1843-1893) Financier des sans-le-sou, comptable de l'espérance (42), L'Humanité

Cheikh El MOKRANI (1815-1871) Le chef de la Commune kabyle, en guerre contre la colonisation (43), L'Humanité

Émile DIGEON (1822-1894) Chef révolutionnaire de la Commune de Narbonne (44), L'Humanité

Zéphyrin CAMÉLINAT (1840-1932) Un long chemin, de la commune au communisme (45), L'Humanité

Paul LAFARGUE (1842-1911) Pas de dieu, mais un maître… (46), L'Humanité

Karl MARX (1818-1883) Un contemporain actif, vigilant et totalement engagé... (47), L'Humanité

Lire aussi :
• Portraits de communards, L'Humanité.
• Prosper-Olivier LISSAGARAY, Histoire de la Commune de 1871, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Commune de Paris 1871, Monde en Question.

14 septembre 2011

La fabrication de l'ennemi


"Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d'ennemi !", avait prédit en 1989 Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev. L'ennemi soviétique avait toutes les qualités d'un "bon" ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l'Occident et rendu plus vaine sa puissance.

Pour contrer le chômage technique qui a suivi la chute du Mur, les États (démocratiques ou pas), les think tanks stratégiques, les services de renseignements et autres faiseurs d'opinion ont consciencieusement "fabriqué de l'ennemi" et décrit un monde constitué de menaces, de risques et de défis.

L'ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. On peut dresser une typologie des ennemis de ces vingt dernières années : ennemi proche (conflits frontaliers : Inde-Pakistan, Grèce-Turquie, Pérou-Équateur), rival planétaire (Chine), ennemi intime (guerres civiles : Yougoslavie, Rwanda), ennemi caché (théorie du complot : juifs, communistes), Mal absolu (extrémisme religieux), ennemi conceptuel, médiatique...

Comment advient ce moment "anormal" ou l'homme tue en toute bonne conscience ? Avec une finesse d'analyse et une force de conviction peu communes, Pierre Conesa explique de quelle manière se crée le rapport d'hostilité, comment la belligérance trouve ses racines dans des réalités, mais aussi dans des constructions idéologiques, des perceptions ou des incompréhensions. Car si certains ennemis sont bien réels, d'autres, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels.

Quelle conséquence tirer de tout cela ? Si l'ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une cause politique. Moins d'une affaire de calibre que d'une question d'hommes.

Pierre CONESA, La fabrication de l'ennemi ou Comment tuer avec sa conscience pour soi, Laffont, 2011 [Extraits - Du Grain à moudre - Le Point - RFI].

Lire aussi :
• Pierre CONESA, Géopolitique du renseignement - La fin d'une époque, Diploweb, Novembre 2006.
• Pierre CONESA, Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?, Le Monde diplomatique, Avril 2008.
• Pierre CONESA, La France devrait occuper un siège à l'OCI, Le Monde, 22/12/2009.
• Pierre CONESA, Vies multiples d’Al-Qaida, Le Monde diplomatique, Février 2010.
• Pierre CONESA, Afghanistan : "L'outil militaire ne peut résoudre des crises", Marianne, 15 Juillet 2011.
• Publications de Pierre CONESA, Cairn.info - IRIS.
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Géopolitique, Monde en Question.
• L'actualité des livres
- Centre National du Livre
- Veille littéraire CNL

13 septembre 2011

Revue de presse 11 Septembre 2001


11/09/2011, Anastassia TSOUKALA, Au nom du 11 Septembre - La presse face au terrorisme en France et en Grande-Bretagne, Les mots sont importants : Première partie - Deuxième partie
Depuis les années 1990, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, les états-Unis et les états de l'Union européenne ont multiplié les initiatives censées "répondre aux menaces du terrorisme islamiste" : durcissement des législations, renforcement de la coopération antiterroriste internationale, actions ouvertes ou clandestines violant souvent le droit international. Les effets de sidération produits par des attentats spectaculaires et meurtriers ont largement inhibé l'attention critique des citoyens face aux autres menaces que beaucoup de ces initiatives font peser sur les démocraties. C'est de ce constat qu'est né il y a deux ans un important livre collectif, plus que jamais d'actualité : Au nom du 11 septembre. Coordonné par Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe, il analyse la centralité de cet "antiterrorisme" dans la nouvelle géopolitique mondiale et son impact sur la vie politique des états démocratiques : opérations militaires, surveillance généralisée, pratiques d'exception et de désinformation... Extrait de ce livre, le texte qui suit analyse, à travers l'étude comparative de la presse écrite française et britannique, l'évolution des discours publics sur la sécurité des pays occidentaux.
11/09/2011, Michel CHOSSUDOVSKY, Qui était Oussama ben Laden ? La vérité derrière le 11 septembre 2001, Mondialisation Article publié en anglais par Global Research le 12 septembre 2001
Quelques heures après les attaques terroristes du 11 septembre au World Trade Center et au Pentagone, l'administration Bush concluait, sans preuve à l'appui, qu'Oussama ben Laden et son organisation, Al-Qaeda, étaient les suspects les plus probables. Le directeur de la CIA, George Tenet, déclarait que ben Laden "a la capacité de planifier plusieurs attaques sans avertissement". Le secrétaire d'état Colin Powell qualifiait de son côté les attaques à Washington et à New York de "déclaration de guerre", ce que George Bush confirmait dans son discours à la nation le soir même en affirmant qu'il ne "fera aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les ont soutenu". L'ancien directeur de la CIA James Woolsey insinuait pour sa part la complicité de un ou plusieurs gouvernments étrangers. Et l'ancien conseiller à la sécurité nationale Lawrence Eagelberger déclarait dans une entrevue télévisée : "Je crois que nous allons démontrer que, lorsque nous sommes attaqués de cette façon, nous pouvons réagir d'une manière brutale avec force et détermination" ("we are terrible in our strength and in our retribution").
Suite aux déclarations officelles, les médias occidentaux n'ont pas tardé (sans preuves à l'appui) à approuver le déclenchement d'actions punitives contre des cibles civiles au Moyen-Orient et en Asie centrale. William Saffire écrivait à ce propos dans le New York Times : "Lors que nous aurons raisonnablement pu déterminer la localisation des bases et des camps de nos attaquants, nous devrons les pulvériser - en minimisant mais également en acceptant les risques de dommages collatéraux. Nous devrons agir par des opérations [militaires] directes mais également par des actions en sous-main [de nos services de renseignement], afin de déstabiliser les états hôtes de la terreur."
Le texte ci-dessous a pour object d'analyser l'histoire d'Oussama ben Laden et des liens entre la Jihad islamique et la politique étrangère des états-Unis depuis la Guerre froide.
11/09/2011, Jean-Claude PAYE, Le 11 septembre 2001 et la fabrique du consentement, L'Humanité
Les lois antiterroristes offrent à l'exécutif la capacité d'annuler toute forme d'opposition et de rejeter toute différenciation, même celle distinguant l'acte de sa simple éventualité. La loi n'est plus codification, cran d'arrêt face à l'arbitraire. Au contraire, elle inscrit dans le droit qu'il n'y a plus de limite à l'exercice du pouvoir.
Dans tous les pays européens, les droits de la défense sont affaiblis. Aux états-Unis, ils sont complètement supprimés pour les étrangers désignés comme terroristes par l'exécutif. Des deux côtés de l'Atlantique, les citoyens sont soumis à des mesures de surveillance qui, autrefois, étaient réservées au contre-espionnage. Les civils peuvent être soumis à des mesures de privation de liberté plus contraignantes que celles appliquées aux prisonniers de guerre.
La mutation juridique et politique est profonde puisqu'elle renverse les relations établies entre les populations et leur gouvernement, le rapport entre l'instituant et l'institué. Ce ne sont plus les populations qui instituent le pouvoir, mais ce dernier qui détermine, parmi ses ressortissants, qui est un citoyen et qui est un ennemi, qui doit être exclu de la société. La transformation est telle que l'ordre symbolique de la société est touché.
Toute question, toute référence aux objets, relève de la théorie du grand complot, car leur matérialité s'oppose à ce qui est donné à voir. Elle fait écran au regard du pouvoir, à sa capacité de donner un sens sans avoir besoin de passer par les choses. L'icône du 11?septembre donne directement à voir l'invisible. Tel le regard de la Gorgone, elle se saisit de nous et nous aveugle, car nous regardons sans voir. Le réel nous est imposé sans la médiation de la raison, sans l'interposition du bouclier de Persée, de cet écran qui permet de voir, tout en étant protégé du feu du regard.
09/09/2011, Carlos RIVERA LUGO, La barbarie de los 11 de septiembre, Rebelión
¿Qué tenemos que ver los habitantes de Nuestra América con el 11 de septiembre? En todo caso, mi memoria histórica acerca de esa fecha no empieza con el ataque terrorista en el 2001 contra las torres gemelas del "World Trade Center", sino con el criminal asalto militar de 1973 contra La Moneda, la casa presidencial chilena. Poco más de tres mil vidas inocentes fue el "daño colateral" de la primera, anunciada por sus perpetradores como "el golpe de Dios Omnipotente" contra uno de los órganos vitales del "mal". Mientras, el saldo brutal de la segunda fue sobre 30,000 vidas, incluyendo la de su heroico presidente Salvador Allende, víctimas también de otra cruzada fundamentalista: el anticomunismo.
Sin embargo, mi memoria histórica sigue resistiéndose a los simplismos ideológicos. Me trae a la mente esos otros "11 de septiembre" que han marcado mi consciencia, por lo menos en el último medio siglo. Los bombardeos criminales de Estados Unidos sobre Hanoi y todo el territorio vietnamita, incluyendo el uso de armas químicas de destrucción masiva. Murieron sobre 3 millones de vietnamitas, de los cuales 2 millones eran civiles. Igualmente recuerdo la aniquilación en 1989 -con, entre otras cosas, el bárbaro napalm usado en Viet Nam- del barrio Chorillos de la Ciudad de Panamá, donde murieron 10,000 civiles panameños como resultado de la ilegal invasión militar estadounidense.
Las guerras de Estados Unidos en Irak y Afganistán, y la no declarada en Pakistán, han dejado igualmente cientos de miles de muertos, en su mayoría civiles. Continúa operando, con absoluta impunidad, el campo de concentración estadounidense en Guantánamo. La Corte Penal Internacional saca pecho para investigar y condenar los delitos de los "malos", mientras condona los crímenes de los "buenos". Bush y su vicepresidente Cheney admiten y defienden públicamente sus crímenes y nadie su inmuta. Quien sumisamente le ha dado continuidad a las políticas criminales de éstos, el presidente Barack Obama, la Academia Sueca le otorga el Premio Nobel de la Paz. Y con ese premio en mano, ha agredido a Libia y producido allí, junto a sus aliados europeos, otro violento e ilegal "cambio de régimen", con su secuela abismal de muertos.
09/09/2011, Tom ENGELHARDT, Let's Cancel 9/11, Antiwar
Let's just can it all. Shut down Ground Zero. Lock out the tourists. Close "Reflecting Absence," the memorial built in the "footprints" of the former towers with its grove of trees, giant pools, and multiple waterfalls before it can be unveiled this Sunday. Discontinue work on the underground National September 11 Museum due to open in 2012. Tear down the Freedom Tower (redubbed 1 World Trade Center after our "freedom" wars went awry), 102 stories of "the most expensive skyscraper ever constructed in the United States." (Estimated price tag: $3.3 billion.) Eliminate that still-being-constructed, hubris-filled 1,776 feet of building, planned in the heyday of George W. Bush and soaring into the Manhattan sky like a nyaah-nyaah invitation to future terrorists. Dismantle the other three office towers being built there as part of an $11 billion government-sponsored construction program. Let's get rid of it all. If we had wanted a memorial to 9/11, it would have been more appropriate to leave one of the giant shards of broken tower there untouched.
09/09/2011, Des 11 septembre à la pelle et à grande échelle, Le Grand Soir
Liste partielle des interventions de l'armée états-unienne depuis 1890.
09/09/2011, Roy ARUNDHATI, Ben Laden, secret de famille de l'Amérique, Le Monde Tribune publiée dans Le Monde du 15 octobre 2001
Pour des raisons stratégiques, militaires et économiques, George W. Bush doit à tout prix persuader l'opinion publique que ce sont les valeurs nationales de la liberté et de la démocratie qui sont visées, ainsi que le mode de vie américain. Message facile à colporter dans l'atmosphère de chagrin, d'indignation et de colère qui règne actuellement. Cependant, à supposer que le contenu en soit vrai, on peut légitimement se demander pourquoi ce sont les symboles de la suprématie économique et militaire américaine (le World Trade Center et le Pentagone) qui ont été pris pour cibles. Pourquoi pas la statue de la Liberté ? Ne peut-on alors émettre l'hypothèse que la sombre colère à l'origine des attentats n'a pas pour source la liberté et la démocratie américaines, mais le soutien et l'engagement exceptionnel des Américains pour des causes radicalement opposées : pour le terrorisme militaire et économique, l'insurrection, la dictature armée, le fanatisme religieux, le génocide impensable (hors des frontières du pays) ?
En 1996, interrogée par Leslie Stahl sur sa réaction devant la mort de 500 000 enfants irakiens après les sanctions économiques américaines, Madeleine Albright, alors ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, répondait sur CBS que c'était "un choix très difficile" mais que, tout compte fait, "nous pensons que le prix en vaut la peine". A-t-elle été renvoyée de son poste pour avoir tenu pareils propos ? Pas du tout. Elle a continué à parcourir le monde, à représenter les opinions et les aspirations du gouvernement américain. Plus grave encore, dans les circonstances actuelles : les sanctions contre l'Irak n'ont pas été levées. Des enfants continuent à mourir. Nous y voilà. Un distinguo peu subtil oppose la civilisation et la sauvagerie, le "massacre d'innocents" (ou, si l'on préfère, "le heurt des civilisations" ) et les "dommages de guerre". Pure sophistique, délicate algèbre de la "justice sans limites" ! Combien faudra-t-il de morts irakiens pour améliorer le monde ? Combien de morts afghans pour un seul mort américain ? Combien d'enfants morts pour un seul homme mort ? Combien de cadavres de moudjahidins pour le cadavre d'un seul banquier d'affaires ?
La coalition des superpuissances mondiales resserre son étau sur l'Afghanistan, l'un des pays les plus pauvres qui soient, l'un des plus sinistrés, des plus déchirés par la guerre. Les talibans au pouvoir y offrent un abri à Oussama Ben Laden, tenu pour responsable des attentats du 11 septembre. Faut-il décimer l'ensemble de la population en guise de réparation ? L'économie est chamboulée. Et le problème qui se pose à une armée d'envahisseurs, c'est en réalité que le pays ne possède aucun des signes ou des repères conventionnels à pointer sur la carte : ni bases militaires, ni complexes industriels, ni usines de traitement de l'eau. Les exploitations agricoles se sont transformées en charniers, la campagne est jonchée de mines antipersonnel - au nombre de 10 millions, selon les estimations les plus récentes. L'armée américaine devrait donc commencer par déminer le terrain et par construire des routes pour frayer une voie à ses soldats.
En 1979, après l'invasion soviétique de l'Afghanistan, la CIA et l'ISI (InterServices Intelligence : les services de renseignement pakistanais) ont lancé la plus grande opération indirecte de la CIA depuis la guerre du Vietnam. Leur but ? Canaliser l'énergie de la résistance afghane et l'enrôler dans une guerre sainte, un djihad islamique qui dresserait contre le régime communiste les pays musulmans de l'Union soviétique et finirait par l'ébranler.
Au fil des ans, par l'intermédiaire de l'ISI, la CIA a financé et recruté, dans quarante pays musulmans, des dizaines de milliers de moudjahidins extrémistes qui ont servi de soldats dans cette guerre que livrait l'Amérique par pays interposés. La grande masse d'entre eux ne savaient pas qu'ils se battaient pour l'Oncle Sam. (Mais l'ironie veut que l'Amérique n'ait pas su non plus qu'elle finançait une future guerre contre elle-même.)
09/09/2011, Alain GRESH, 11-Septembre, qu'est-ce qui a changé ?, Le Monde diplomatique
Dix ans après, "la guerre contre le terrorisme", qui visait à éradiquer toute menace, y compris celle des Etats dénoncés comme "voyous", est un échec, et la rhétorique belliciste de Washington s'est atténuée. Les Etats-Unis devraient se retirer d'Irak d'ici à la fin de l'année, laissant derrière eux un pays détruit, avec un gouvernement divisé et corrompu, qui sera plus proche de Téhéran que de Washington. En Afghanistan, malgré les déclarations lénifiantes, la montée en puissance des talibans apparaît irrésistible, tandis que le Pakistan s'enfonce dans la crise. Quant à Al-Qaida, si son chef Oussama Ben Laden et nombre de ses hauts dirigeants ont été tués, elle a essaimé au Maghreb, au Yémen, au Nigeria, etc.
Le prix de ces guerres, avant tout payé par les peuples qui en ont été les victimes, pèse aussi sur les Etats-Unis et plus largement sur l'Occident, de deux manières. Elles ont permis une remise en cause des libertés au nom de la lutte contre le terrorisme, légalisé la torture, les enlèvements, les écoutes illégales, les assassinats ciblés, etc., pratiques qui se sont étendues malgré l'élection du président Barack Obama, comme le montre le maintien du bagne de Guantanamo ou l'utilisation sans restriction de drones.
Le terrorisme est devenu un concept attrape-tout permettant aux Etats de justifier leur politique de répression.
09/09/2011, Il faut combattre les causes du terrorisme, Renmin Ribao
Les attaques du 11 septembre ont laissé des traces profondes, pas seulement par rapport aux mesures de sécurité renforcées mises en place dans les pays occidentaux, qui ont empiété sur la vie privée et même les droits de l'homme ; elles ont aussi provoqué une escalade de l'animosité entre le monde musulman et l'Occident.
Les guerres menées en Irak et en Afghanistan par les Etats-Unis et présentées comme une partie de leur guerre contre le terrorisme, ont provoqué d'énormes pertes en vies humaines et n'ont seulement réussi qu'à exacerber la fracture entre les musulmans et l'Occident.
Tout en se souvenant des victimes des attaques du 11 septembre, le monde devrait aussi réfléchir sur les vies perdues du fait de ces actions militaires et d'autres attaques terroristes, et songer au fait que la force militaire seule a peu de chances de mettre fin au terrorisme. Les conflits et les troubles sont le lit du terrorisme. Et la pauvreté et l'arriération en sont son terreau.
Pour extirper les racines du terrorisme, la communauté internationale devrait faire des efforts conjoints pour soulager les tensions régionales et mondiales, éradiquer la pauvreté et promouvoir la coopération et la réconciliation. Il faudra pour cela des mesures économiques, sociales et politiques coordonnées.
09/09/2011, Deux poids et deux mesures obstruent les efforts anti-terrorisme, Xinhua
Un grand défi aux efforts anti-terrorisme du monde est le manque d'un standard commun. En particulier, les Etats-Unis et ses alliés occidentaux ont utilisé à maintes reprises deux poids et deux mesures sur les question anti-terrorisme, qui ont obstrué le progrès des efforts globaux.
Après les attentats du 11 septembre, Washington a lancé une "guerre contre le terrorisme" soit-disante en Afghanistan et en Irak, menant au meurtre des milliers des civils inoncents et au déplacement des milliers d'habitants.
Souvent, les Etats-Unis ont fermé les yeux sur les dégâts et les menaces causés par les extrémistes dans la République Tchetchène de Russie, et ont adopté deux poids et deux mesures sur la question des forces séparatistes dans la région de Xinjiang de Chine, rejetant la demande de Chine d'expulser les membres du "Mouvement islamique du Turkestan oriental", qui a une relation étroite avec al Qaîda.
Par ailleur, le mot "anti-terrorisme" a parfois servi d'un outil politique pour promouvoir les intérêts nationaux occidentaux et les objectifs idéologiques, et est même utilisé comme une excuse facile pour intervenir dans les affaires intérieures d'autres pays.
07/09/2011, Il y a 10 ans, le 11 septembre 2001 : les attentats suicides contre les tours du World Trade Center, Lutte Ouvrière
Mais si cet attentat ignoble illustrait la vulnérabilité des états-Unis, principale puissance impérialiste qui domine le monde, il a contribué en réalité à renforcer l'impérialisme américain.
Car le gouvernement Bush et le patronat américain se sont immédiatement servis de l'émotion provoquée pour amener la population à serrer les rangs derrière eux, à accepter de nouvelles aventures militaires et des sacrifices économiques considérables au nom de "la guerre contre le terrorisme".
Une semaine après les attentats, le Congrès était déjà saisi d'un projet de loi de 350 pages renforçant les pouvoirs de répression de la police et du FBI. Appelé "USA Patriot Act", ce projet de loi, manifestement en chantier avant les attentats, n'attendait qu'une occasion pour sortir des cartons. Des dizaines de lois, décrets, règlements répressifs furent adoptés dans la foulée. L'appareil d'état retrouva pratiquement tous les pouvoirs qu'il avait du temps du Maccarthysme et qui avaient été rognés dans les années 1960 et 1970 par le mouvement pour les droits civiques, la révolte noire, la lutte contre la guerre du Vietnam.
Le 11-Septembre a permis de légaliser à nouveau des pratiques qui étaient devenues illégales et ne pouvaient être utilisées au grand jour, comme l'espionnage sans mandat d'étrangers ou de citoyens américains, leur mise sur écoute, l'accès à tous leurs comptes, données médicales, etc. Les étrangers peuvent être légalement détenus indéfiniment sans motif. Et puis n'importe qui peut être taxé de terrorisme, pour participer à un piquet de grève, pour critiquer le président, etc.
Les tribunaux militaires jugent sans appel les étrangers accusés de terrorisme. Ils peuvent ne pas produire leurs preuves, juger à huis clos, sans la présence de l'avocat et même sans l'accusé. Un présumé terroriste peut aussi rester indéfiniment en prison sans jugement. La torture des prisonniers lors d'interrogatoires est légalisée.
Les rafles massives opérées par la police dans les jours qui ont suivi le 11-Septembre furent ainsi légalisées. De nombreux détenus sont restés sans motif en prison et, dix ans après, il y a encore des détenus qui n'ont pas été jugés.
Cela n'a pas empêché Bush puis Obama de prétendre œuvrer pour la défense de la démocratie américaine.
07/09/2011, 2001-2011, d'un effondrement à l'autre, Le Billet politique d'Hubert Huertas
Dix ans après la destruction des tours de New-York on assiste à un autre effondrement. Une certaine économie n'en finit pas de s'affaisser, à deux pas de Ground zéro, à Wall Street, et dans les places financières du monde entier.
Quel rapport entre les avions fonçant sur les tours, et les cours de la bourse qui décrochent : aucun, et cette absence de cause à effet, entre ces deux moments majeurs, distants de seulement dix ans, est sans doute le fait marquant de cet anniversaire. Le 11 septembre 2011, c'est quasiment le contraire de celui de 2001.
Il y a dix ans, l'Amérique, donc le monde occidental, a été attaqué par un agresseur extérieur. Une idée s'est alors répandue. Celle d'une guerre du mal contre le bien, une espèce de der des ders, le mal étant délimité à une zone géographique précise, et aux dérives d'une religion. La guerre, en ce temps là pouvait être préventive, puisque l'ennemi était localisé. Il suffirait d'un sale type abattu pour sauver la prospérité.
Que reste-t-il de cette ancienne utopie ?
Pas grand chose. L'Irak a été envahie, Saddam, qui n'était pas complice des attentats de New-York, a été pendu, aucune arme de destruction massive n'a été retrouvée, Kaboul est tombée, Ben Laden est mort, tout devait être terminé, mais tout bouillonne encore dans le même secteur de la planète.
Le monde selon dabeulyou Bush n'est pas métamorphosé. Il chauffe toujours là où il brûlait déjà.
La nouveauté c'est qu'il est dépassé. Ni le bien ni le mal ne sont géographiques. Les révolutions arabes ont démenti l'idée d'un bloc musulman que seuls des dictateurs pouvait empêcher de basculer dans l'islamisme. Après avoir honoré les despotes, la France se flatte d'ailleurs de les combattre, et le dernier acte terroriste en date est bel et bien l'œuvre d'un fondamentaliste, mais il est blanc, chrétien, et norvégien.
La grande peur ne vient plus, ou plus seulement, d'un agresseur barbu. L'ennemi n'a plus de visage. On lui donne des tas de noms, finance, spéculation, subprimes, dettes, déficit, état-providence, faillite des états, gabegie, fonctionnaires, milliardaires, magouilleurs grecs, indignados, agences de notation, une mêlée de cinq cent millions d'acteur pour une guerre intérieure.
Bien sûr, l'effondrement des bourses est moins télégénique que celui des deux tours. Il n'est pas sûr que dans dix ans, pourtant, les conséquences en soient moins radicales.
05/09/2011, La dure leçon du "smart power", Renmin Ribao
Mais il y a une leçon plus grande encore que le 11 septembre nous enseigne, celle du rôle de la puissance douce et du récit à l'âge de l'information. A l'âge de l'information, les résultats sont aussi influencés par celui qui a la meilleure histoire. La concurrence dans le récit est importante, et le terrorisme, c'est aussi un drame politique et narratif.
Une leçon-clé du 11 septembre est que la puissance militaire est certes essentielle pour contrer le terrorisme, mais que la puissance douce des idées et la légitimité sont essentielles pour gagner les coeurs et les esprits des populations musulmanes, là où Al Qaida souhaite recruter. Une stratégie du "smart power" ne saurait ignorer les outils de la puissance douce.
Mais, au moins pour les Etats-Unis, la leçon la plus importante du 11 septembre est que la politique étrangère des Etats-Unis devrait suivre le conseil que l'ancien Président Dwight Eisenhower a formulé il y a un demi-siècle : Ne soyez pas impliqué dans des guerres d'occupation, et concentrez vous sur le maintien de la puissance de l'économie américaine.
02/09/2011, David Ray GRIFFIN, Un autre regard sur le 11 septembre - 10 ans après Le Nouveau Pearl Harbor-2, Demi Lune
Deux guerres et des centaines de milliers de morts plus tard, sans oublier les populations déplacées et les réfugiés qui se comptent par millions, il convient de se demander en toute lucidité : à qui profite le crime du 11-Septembre sinon au complexe militaro-industriel, aux compagnies de mercenaires et de sécurité, aux pétroliers ?
Lire aussi : Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.

Revue de presse 11 Septembre 1973


11/09/2011, Au Chili, la jeunesse se souvient de l'autre 11 septembre, Regards
Le Chili connaît ses plus grandes manifestations populaires depuis la chute de la dictature Pinochet en 1990. Née dans une démocratie néolibérale où les inégalités se creusent, la jeunesse chilienne réclame une éducation publique, gratuite et de qualité. Au-delà du gouvernement, elle s'en prend à l'héritage de la dictature, et renoue symboliquement avec la séquence Allende. Cette année, le 11 septembre a un goût amer pour la classe politique chilienne.
09/09/2011, Carlos RIVERA LUGO, La barbarie de los 11 de septiembre, Rebelión
¿Qué tenemos que ver los habitantes de Nuestra América con el 11 de septiembre? En todo caso, mi memoria histórica acerca de esa fecha no empieza con el ataque terrorista en el 2001 contra las torres gemelas del "World Trade Center", sino con el criminal asalto militar de 1973 contra La Moneda, la casa presidencial chilena. Poco más de tres mil vidas inocentes fue el "daño colateral" de la primera, anunciada por sus perpetradores como "el golpe de Dios Omnipotente" contra uno de los órganos vitales del "mal". Mientras, el saldo brutal de la segunda fue sobre 30,000 vidas, incluyendo la de su heroico presidente Salvador Allende, víctimas también de otra cruzada fundamentalista: el anticomunismo.
Sin embargo, mi memoria histórica sigue resistiéndose a los simplismos ideológicos. Me trae a la mente esos otros "11 de septiembre" que han marcado mi consciencia, por lo menos en el último medio siglo. Los bombardeos criminales de Estados Unidos sobre Hanoi y todo el territorio vietnamita, incluyendo el uso de armas químicas de destrucción masiva. Murieron sobre 3 millones de vietnamitas, de los cuales 2 millones eran civiles. Igualmente recuerdo la aniquilación en 1989 -con, entre otras cosas, el bárbaro napalm usado en Viet Nam- del barrio Chorillos de la Ciudad de Panamá, donde murieron 10,000 civiles panameños como resultado de la ilegal invasión militar estadounidense.
Las guerras de Estados Unidos en Irak y Afganistán, y la no declarada en Pakistán, han dejado igualmente cientos de miles de muertos, en su mayoría civiles. Continúa operando, con absoluta impunidad, el campo de concentración estadounidense en Guantánamo. La Corte Penal Internacional saca pecho para investigar y condenar los delitos de los "malos", mientras condona los crímenes de los "buenos". Bush y su vicepresidente Cheney admiten y defienden públicamente sus crímenes y nadie su inmuta. Quien sumisamente le ha dado continuidad a las políticas criminales de éstos, el presidente Barack Obama, la Academia Sueca le otorga el Premio Nobel de la Paz. Y con ese premio en mano, ha agredido a Libia y producido allí, junto a sus aliados europeos, otro violento e ilegal "cambio de régimen", con su secuela abismal de muertos.
08/09/2011, Alvaro CUADRA, 11 septembre 1973, coup d'Etat au Chili, Investig'Action
Difficile de faire allusion aux événements du 11 septembre 1973 en laissant de côté ses propres passions. Car ils ont été traumatisants pour une grande majorité de Chiliens et les conséquences se font toujours sentir aujourd'hui : le coup d'Etat d'il y a plus de trente ans n'est pas enterré. Au contraire, le présent économique, politique et culturel du Chili ne s'explique pas sans lui.
Lire aussi : Dossier documentaire 11 septembre 1973, Monde en Question.

Revue de presse Libye 12/09/2011


12/09/2011, La ville fantôme de Kadhafi après le retrait des loyalistes, Info-Palestine
Jusqu'au mois dernier, la ville de Tawergha abritait 10 000 civils. Mais à l'heure du crépuscule la semaine dernière, les immeubles d'habitation s'étirent noirs et morts, au loin, et les seuls êtres à se mouvoir sont des moutons.
Ce secteur pro-Kadhafi a été vidé de sa population, vandalisé et partiellement incendié par les forces rebelles. Le Sunday Telegraph a été le premier à visiter les lieux de ce qui semble avoir été les premières représailles majeures contre des partisans de l'ancien régime.
Pour la première fois dans [la couverture médiatique de] la révolution libyenne, nous avons pu voir un grand nombre de maisons et pratiquement chaque boutique, systématiquement saccagés, pillés ou incendiés.
Même l'hôpital local a été saccagé. Les lits ont été tirés hors des chambres et lacérés. Les vitres des fenêtres et des portes ont été cassées. Les médicaments, les ordonnanciers et les feuilles d'imprimante ont été éparpillés dans les couloirs, et les médecins et les infirmières ont disparu avec tous les autres.
Au bord de la route qui mène à Tawergha, la brigade de Misurata a peint un slogan qui dit "la brigade de nettoyage des esclaves [et] des peaux noires".
Et ce n'est pas la première fois que des civils pro-Kadhafi ont souffert de représailles. En juillet, alors que les rebelles quadrillaient les montagnes du Nefousa, le village de Gawalish a subi un sort tout à fait similaire. Beaucoup de ses habitants, des retraités et de jeunes enfants ne pouvaient tout simplement pas avoir participé à une quelconque action militaire pour le régime.
09/09/2011, Libye : les secrets de Kadhafi, France Inter
L'ONG Human Rights Watch a découvert des document dans les locaux du renseignement de l'ancien régime libyen qui montrent que les services secrets occidentaux collaboraient avec Tripoli.
08/09/2011, 9/11 dans les sables libyens, Dedefensa
On parle de la situation politico-militaire, étrange, à la fois prévisible et imprévisible, qui s'est installée. La question centrale, qui envahit désormais la scène de la communication à propos de cette affaire libyenne, c'est celle des islamistes. Elle est tellement brûlante que les Israéliens, ou dans tous les cas certains d'entre eux dans les milieux de la sécurité nationale, jugent que la Libye est devenue l'une des “menaces les plus graves” qu'a à craindre Israël, parce qu'elle est d'ores et déjà aux mains des islamistes.
[...] la scène est bien campée pour que les islamistes tiennent un rôle majeur dans l'avenir de la Libye, ce qui ne correspondrait pas vraiment, sur le fond des choses et dans les circonstances qu'on décrit, à la planification américaniste-occidentaliste mais qui, par contre, constitue une potentialité particulièrement intéressante, et hautement symbolique à l'approche du dixième anniversaire de l'attaque du 11 septembre 2001.
L'étonnant miracle de l'affaire libyenne, avec ces islamistes qui pullulent, proches de prendre le pouvoir à Tripoli, et qui seront naturellement baptisés “démocrates” s'ils y parviennent puisque les robots congénitaux qui nous dirigent ne peuvent imagine de se dédire, c'est bien que la mouvance islamiste est en train de retourner contre le bloc BAO sa méthodologie de “métaphysique de la force”. Cette position prééminente des islamistes est en effet une complète inversion de l'essence frelatée de la politique de force justifiée et inspirée par 9/11. L'affaire libyenne est en train d'opérer une inversion d'un processus qui constituait lui-même une subversion de la politique extérieure et des relations internationales.
07/09/2011, Le marché de la reconstruction en Libye nous donne une idée de l'ampleur des destructions infligées par l'armée française et ses consoeurs humanitaires, Mounadil al Djazaïri
400 chefs d'entreprise français viennent de se réunir à Paris, au siège du MEDEF (le patronat français) en présence de Pierre Lellouche, le secrétaire d'Etat au commerce extérieur.
Cette réunion qui rassemblait la fine fleur de l'industrie française, dont Total, Alcatel et Bouygues avait pour thème le marché de la reconstruction en Libye.
Pour avoir une idée de l'ampleur des destructions infligées à la Libye par les forces de l'OTAN et les monarchies démocratiques du Moyen Orient, il suffit de savoir à combien est estimé le marché de la reconstruction de la Libye: 200 milliards de dollars selon l'organisation patronale française.
06/09/2011, Hier allié, aujourd'hui voyou, ou les intrigues autour de Kadhafi : les cables diplomatiques US wikifuités apportent un éclairage utile, Tlaxcala
La transformation du Président libyen Mouammar Kadhafi de voyou en allié puis en dictateur que selon les besoins du jour l'on bombarde, encense ou met hors jeu au moyen d'une guerre d'agression témoigne des intrigues stratégiques tissées par les USA et leurs alliés. Soutenir et subventionner ou diaboliser et renverser par les armes des États, des gouvernements ou des fractions sociétales relève des opportunités qui s'offrent aux puissances en place. Se servir de régimes répressifs précisément en raison de leur capacité à s'imposer par la force ou les mettre hors-la-loi pour exactement la même raison n'a rien à voir avec des normes telles que liberté, démocratie ou droits humains, qu'on peut à son gré ignorer ou utiliser comme prétexte à sanctions.
06/09/2011, Les problèmes auxquels fait face la Libye, Renmin Ribao
Le détonateur qui a conduit aux troubles sociaux en Libye et dans d'autres pays arabes est le fort taux de chômage dans la jeunesse. La forte proportion de la jeunesse dans la population du pays n'est pas devenue un "dividende démographique" pour la vitalité économique et sociale. Au lieu de cela, elle est devenue une source d'instabilité. Le fort taux de chômage, dans une grande mesure, peut être attribué à la croissance désordonnée de la population, à la structure économique déraisonnable de la Libye et à la prédominance du pétrole, du gaz et des autres industries de ressources, qui n'étaient pas propices à la création de suffisamment d'emplois pour une force de travail nouvelle et importante.
Pour rétablir la stabilité politique dès que possible, la nouvelle direction Libyenne doit éviter une épuration politique extrême, et évaluer de manière objective les mérites et les erreurs du régime Kadhafi. Car après tout, c'est Kadhafi qui a fait de la Libye un pays moderne. C'est Kadhafi qui a nationalisé les ressources qui étaient auparavant contrôlées par les compagnies pétrolières occidentales. D'autres pays arabes, ainsi que l'Iran et les pays exportateurs de pétrole d'Amérique du Sud ont suivu l'exemple de la Libye, qui a fait que les compagnies pétrolières occidentales ont dû donner plus de 50% -contre 5% auparavant- des revenus, enrichissant les pays arabes, et autres, producteurs de pétrole.
Les principaux chefs rebelles comme Abdel Jalil et le chef de l'exécutif du CNT Mahmoud Jibril sont d'anciens fonctionnaires du Gouvernement de Kadhafi. Si la nouvelle direction lance une épuration politique aggressive, cela pourrait porter préjudice aux deux nouveaux dirigeants. Quant à Ali Tarhouni, autre leader potentiel, responsable du pétrole et des affaires financières, et qui bénéficie du soutien américain, il pourrait ne pas avoir de bases solides en Libye du fait de ses 38 années d'exil aux Etats-Unis.
05/09/2011, Pseudo-al Qaïda versus tortureurs de la CIA : cela se plaide…, Dedefensa
Tout le monde connaît désormais le “général” Abdul Hakim Belhadj, commandant des forces armées rebelles, dans tous les cas à Tripoli, maître d'œuvre de la prise de Tripoli, homme fort manifestement des forces armées ex-rebelles et libyennes officielles de la Libye new age… Qui plus est et particulièrement, ex-proche d'al Qaïda, sinon al Qaïda lui-même dans le temps, et torturé dans les années 2004-2006 par la CIA, avec des interférences du MI6 britannique et des services secrets et également tortureurs du colonel Kadhafi.
Le désordre libyen est bien, semble-t-il, d'abord et avant tout, l'extraordinaire bordel américaniste-occidentaliste, entre terroristes et non-terroristes, les uns et les autres se mélangeant, dictateurs diaboliques et quasi-hitlériens et loyaux et vertueux alliés de l'Occident et de sa civilisation, l'un et l'autre se mélangeant, entre services de renseignement, torture et coopération, trahisons et retournements de veste. Il y a beau temps qu'il ne s'agit plus de renseignement, ni même d'“espionnage”, ni même d'agent double ou d'agent triple, mais de désordre absolu dans ces activités parallèles, qui sont menées par le bout du nez par les écarts et les soubresauts extraordinaires d'une “politique” anti-terroriste définie selon les analyses des services de communication liées aux directions politiques et influencées de main de maître par des stratèges de l'école-BHL. Il n'y a plus aucune logique de renseignement dans ces changements de côté et ces retournements de veste, mais bien le renseignement mis au service des caprices d'une évaluation “politique” uniquement et exclusivement faite, désormais, en fonction des impacts de communication par rapport aux dirigeants politiques, sans plus rien de haute politique et de vision élargie aux réalités du monde.
05/09/2011, Pierre KHALAF, Le projet occidental pour l'Orient : des régimes parlementaires sous protectorat, Réseau Voltaire
Ce qui se passe en Libye constitue le modèle que réserve au monde arabe une alliance politique composée des Frères musulmans, des milieux de la bourgeoisie libérale et de certains mouvements de la gauche. Avec quelques nuances imposées par les nombreuses spécificités entre un pays et un autre, l'exemple libyen offre un échantillon du projet politique vers lequel sont entrainées les sociétés arabes, qui bâtissent les illusions de leur salut sur l'idée de l'intervention étrangère pour répandre la démocratie et se débarrasser du joug despotisme et de la tyrannie.
Dans le cas libyen, nous assistons à un renouvellement de l'hégémonie coloniale sur le pays et sur ses richesses pétrolières, basé sur un partage de l'influence et du butin entre les puissances occidentales. L'élément nouveau est l'entrée en jeu de la France en tant que partenaire principal, après que le Conseil national de transition (CNT) se soit engagé à accorder aux compagnies françaises 35 % du pétrole, comme l'a révélé un haut responsable du CNT au Parisien. La présence états-unienne, britannique et italienne est préservée, tandis que les influences chinoises et russes sont en voie de liquidation, non pas à cause des positions de ces deux pays dans la crise libyenne mais parce que ces influences sont considérées comme des vestiges de la Guerre froide qu'il faut absolument éliminer.
Sur le plan interne, le système qui est concocté sous la férule de l'Occident colonial et triomphateur est un régime républicain, parlementaire sous l'intitulé de démocratie. Rien de nouveau car il s'agit d'un calque des régimes que les puissances mandataires avaient installés dans les années 20 du siècle dernier : des élites qui se partageaient des Parlements dans le cadre d'élections et d'une vie politique, le tout sous la stricte surveillance d'un haut commissaire. Tout ce monde évoluait sous un plafond fixé par la puissance mandataire, qui disposait d'un mandat "légal" délivré par l'ancêtre des Nations unies, la Société des nations (SDN). C'est pratiquement le même système qui est en train d'être mis en place aujourd'hui, avec certainement plus de subtilité, vu que les temps ont changé.
Il y a un siècle, les pays arabes vivaient sous des monarchies constitutionnelles, ou des régimes parlementaires, avec des partis politiques qui "remportaient" des élections et "formaient" des gouvernements, l'ensemble du processus étant réglé, régi et dirigé par la puissance coloniale.
L'histoire se répète avec des acteurs nouveaux, le plus important étant la Confrérie des Frères musulmans, qui, après 60 ans d'exclusion des cercles du pouvoir, n'a pas trouvé de meilleur cheval que celui de l'Occident pour accéder aux plus hautes sphères de la société.
Le drame est que cette alliance ne propose aucun projet politique ou vision économique pour sortir les sociétés arabes du sous-développement. Prendre le pouvoir est son but et tous les moyens sont bons pour y parvenir. Tout le reste n'a plus aucune importance, pas même la cause de la Palestine, que ces nouvelles élites dirigeantes excluent de leur discours politique. La réussite de ce projet risque de plonger les pays arabes dans un siècle d'obscurantisme et de livrer les richesses au pillage par de l'Occident qui ne laissera que les miettes à ceux qu'il aura aidé à arracher le pouvoir aux despotes pour le monopoliser à leur tour.
04/09/2011, Pepe ESCOBAR, C'est une guerre [de] TOTAL, Monsieur, Questions Critiques
Les gagnants de cette chose "cinétique" en Afrique du Nord (l'administration Obama jure qu'il ne s'agit pas d'une guerre) - qui se décrivent collectivement comme the "Friends Of Libya" (FOL) ["les amis de la Libye"] - étaient d'humeur enjouée lorsqu'ils se sont réunis à Paris jeudi, sans air-conditionné mais avec des odeurs puissantes de brie et de roquefort, pour se réjouir de leur "opération" de changement de régime en Libye, mise en oeuvre par l'Otan et autorisée par les Nations-Unies.
04/09/2011, Bienvenue dans la "nouvelle Libye démocratique", Solidarité Ouvrière
Les premiers éléments publiés par la presse sur le nouveau régime du CNT en Libye montrent à quel point, la chute d'un dictateur ne signifie en rien la fin d'un régime dictatorial.
04/09/2011, Libye : le piège, Le Quotidien d'Oran
Il fallait s'y attendre: la prise de Tripoli a aiguisé les appétits de l'OTAN envers d'autres pays arabes.
Dans les pays arabes, dont l'Algérie, elle a redonné vigueur aux partisans de l'ingérence occidentale. Ayant craint, un moment, l'enlisement de l'OTAN en Libye, ils manifestent d'autant plus leur joie à cet évènement. Ils y voient la confirmation de la justesse de leurs thèses sur «le bien fondé de cette ingérence du moment qu'elle débarrasse la Libye d'un tyran».
Mais peut-on s'en réjouir. Comment ne pas tenir compte que l'entrée des insurgés à Tripoli s'est faite sous les bombardements de l'OTAN. Rien ne ressemble moins à l'entrée triomphale d'une révolution populaire. Comment ne pas voir que ceux qui applaudissent à l'intervention de l'OTAN applaudissent les forces militaires des mêmes pays qui bombardent et massacrent en Afghanistan et en Irak, qui protègent le colonialisme israélien, et qui soutenaient, il y a quelques mois à peine, les dictatures arabes. Comment ne pas dire que cette joie est mauvaise lorsqu'ils la partagent par exemple avec une personnalité islamophobe et arabophobe comme Bernard Henry Levy qui applaudit aux bombardements sur la Libye comme il l'avait fait pour ceux sur Gaza et le Liban.
La perversité de la politique occidentale actuelle est qu'elle arrivée à construire, notamment par une campagne médiatique de propagande d'une violence intense, un faux dilemme, qui est celui ci: ou le droit d'ingérence et donc la démocratie sous protectorat occidental, où la dictature et la tyrannie. Beaucoup parmi les élites politiques arabes tombent dans le piège. Outre, évidemment, celles d'entre elles traditionnellement liées à l'Occident, cette propagande trouvent un écho chez des forces politiques et sociales plus larges, soient qu'elles ont peu d'influence et de forces dans la société, et ne voient pas donc d'autre solution pour se débarrasser de la dictature que dans une «alliance même avec le diable» , soient qu'elles sont impatientes ou fatiguées par une longue opposition, Du coup la société désormais se divise sur la question de la démocratie, car il lui est substitué une autre question, celle de l'attitude par rapport à l'intervention étrangère. Les cartes s'en trouvent alors faussées. On croit toujours parler de démocratie mais c'est la question nationale qui ressurgit, et avec elle celle de la souveraineté, celle de l'indépendance du pays, celle de l'unité nationale. Les ex-puissances coloniales reviennent pour proposer de protéger les aspirations démocratiques arabes et ce protectorat réactive alors le protectorat colonial. Ceci explique que du même coup se trouvent relancés des débats qu'on croyait dépassés et qui déchiraient les différentes tendances du mouvement national à la veille des luttes pour l'indépendance: en 1936, l'illusion que la libération allait arriver du Front populaire de la gauche française, en 1942-43, les espoirs mis par Ferhat Abbas dans la Charte atlantique, et plus généralement la position du courant assimilationniste qui attendait le progrès et la civilisation de la France.
04/09/2011, Libye, de l'audace à la lucidité, actualité de l'été 2011, Canal Académie - mp3
Thierry de Montbrial et François d'Orcival, de l'Académie des Sciences morales et politiques, reviennent sur la campagne de Libye remportée par les troupes de la coalition internationale et la chute de Kadhafi.
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Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Revue de presse Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.

9 septembre 2011

Réinventer la politique après Marx


La pensée politique semble être aujourd'hui dans une impasse. L'épuisement de la tradition marxiste et de toute forme de pensée radicale ainsi que la domination d'une pensée libérale dont les principes sont presque unanimement acceptés sont autant de phénomènes qui traduisent l'essoufflement d'une philosophie politique qui n'est plus articulée à un projet émancipateur.

Parmi les pensées faisant exception à cette tendance générale, l'une des plus fortes est sans nul doute celle de Cornelius Castoriadis. Cet ouvrage se propose ainsi d'éclairer l'intérêt de cette pensée, de montrer en quoi elle permet de répondre aux grandes questions de la philosophie politique et d'offrir une alternative à l'imaginaire dominant en réaffirmant la valeur du projet d'autonomie - à l'origine aussi bien de la philosophie que de notre tradition démocratique.

Arnaud TOMÈS, Philippe CAUMIÈRES, Cornelius Castoriadis - Réinventer la politique après Marx, PUF, 2011 [Le journal de la philosophie].

Lire aussi :
Dossier documentaire Socialisme ou Barbarie, Monde en Question.
• L'actualité des livres
- Centre National du Livre
- Veille littéraire CNL

8 septembre 2011

La fabrique de l'homme endetté


La dette, tant privée que publique, semble aujourd'hui une préoccupation majeure des "responsables" économiques et politiques. Dans La fabrique de l'homme endetté, Maurizio Lazzarato montre cependant que, loin d'être une menace pour l'économie capitaliste, elle se situe au cœur même du projet néolibéral. À travers la lecture d'un texte méconnu de Marx, mais aussi à travers la relecture d'écrits de Nietzsche, Deleuze, Guattari ou encore Foucault, l'auteur démontre que la dette, loin de n'être qu'une réalité économique, est avant tout une construction politique, et que la relation créancier/débiteur est le rapport social fondamental de nos sociétés.

La dette n'est pas d'abord un dispositif économique, mais une technique sécuritaire de gouvernement et de contrôle des subjectivités individuelles et collectives, visant à réduire l'incertitude du temps et des comportements des gouvernés. Selon la logique "folle" du néolibéralisme – qui prétend substituer le crédit aux salaires et aux droits sociaux, avec les effets désastreux que la crise des subprimes a illustrés de façon dramatique –, nous devenons toujours davantage les débiteurs de l'État, des assurances privées et, plus généralement, des entreprises, et nous sommes incités et contraints, pour honorer nos engagements, à devenir les "entrepreneurs" de nos vies, de notre "capital humain" ; c'est ainsi tout notre horizon matériel, mental et affectif qui se trouve reconfiguré et bouleversé.

Comment sortir de cette situation impossible ? Comment échapper à la condition néolibérale de l'homme endetté ? Si l'on suit Maurizio Lazzarato dans ses analyses, selon lesquelles la dette est avant tout un instrument de contrôle politique et l'expression de rapports de pouvoir, force est de reconnaître qu'il n'y pas d'issues simplement techniques, économiques ou financières. Il nous faut remettre en question radicalement le rapport social fondamental qui structure le capitalisme : le système de la dette.

Maurizio LAZZARATO, La fabrique de l'homme endetté - Essai sur la condition néolibérale, Amsterdam, 2011 [Le journal de la philosophie].

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
• L'actualité des livres
- Centre National du Livre
- Veille littéraire CNL

4 septembre 2011

Revue de presse Libye 03/09/2011

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03/09/2011, Quand la CIA écrivait un discours pour Kadhafi, Dedefensa
Effectivement, c'étaient en quelque sorte “les temps bénis des colonies”, du temps de la coopération intense, voire parfois amicale, entre deux des principaux services du bloc BAO, la CIA américaniste et le MI6 britannique, et le régime libyen du colonel Kadhafi… Un long article du New York Times du 2 septembre 2011 détaille le contenu d'un certain nombre de documents découverts dans les bureaux de la direction des services de renseignement libyens.
02/09/2011, Le gros gâteau, Presseurop

02/09/2011, Rencontre du chef islamique de Tripoli, et ami de l'OTAN…, Dedefensa
David Cockburn a rencontré Abdulhakim Belhadj, chef militaire de Tripoli pour les rebelles libyens (The Independent du 2 septembre 2011). Belhadj est l'objet de bien des spéculations et hypothèses, à cause de son passé de militant islamiste, ancien combattant islamiste anti-soviétique en Afghanistan, dans les années 1980 (Voir le 27 août 2011 et le 28 août 2011).
D'une façon générale, Belhadj confirme la version soft (façon de dire) des hypothèses à son égard : certes, entraîné en Afghanistan, certes torturé par la CIA puis par les services de Kadhafi quand Kadhafi était le meilleur ami de la CIA et de l'OTAN ; mais nullement d'accord avec al Qaïda, aujourd'hui acharné à œuvrer pour l'unité tranquille et modéré de la Libye et ainsi de suite… Belhadj admet tout de même qu'il lui est assez difficile d'oublier le traitement que lui a fait subir la CIA.
02/09/2011, Libye : la conférence de Paris laisse bon nombre de questions sans réponse, Xinhua
La France et la Grande-Bretagne, qui soutiennent la prise de mesures militaires pour évincer le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, ont mis l'accent sur l'importance d'une présence continuelle de l'OTAN dans le pays afin de protéger les Libyens.
Les Etats-Unis ont exigé le bon usage des avoirs libyens dégelés et ont mis en garde contre l'extrémisme et le terrorisme.
La conférence de Paris "est d'assez mauvais signe", car "commencer un processus de construction étatique et national par une conférence internationale qui donne le rôle principal aux puissances occidentales [..] rendra probablement encore plus difficile la mise en place d'un régime consensuel et accepté par la population" libyenne, a confié à l'agence Xinhua Bertrand Badie, expert en relations internationales de l'université SciencesPo de Paris.
La rébellion libyenne est "formée de courants politiques très contradictoires puisqu'on y trouve des démocrates, des libéraux mais aussi des islamistes", a souligné M. Badie, avant d'ajouter qu'ainsi il s'agit d'abord de savoir "qui va l'emporter à l'intérieur de cette coalition très mystérieuse [du CNT] et dans quelle mesure ceux qui vont l'emporter vont imposer leur volonté à ceux qui auront connu la défaite".
Concernant le poids des puissances étrangères dans la Libye post-Kadhafi, M. Badie a constaté que ce pays pétrolier riche et stratégique, en tant que "trait d'union entre le Moyen-Orient et le Maghreb, entre le monde arabe et l'Afrique" et "lieu de transit pour l'immigration", intéresse beaucoup "tant la communauté internationale que les communautés régionales notamment la Ligue arabe et l'Union africaine)".
Appelant au dégel des avoirs libyens, les puissances occidentales, notamment la Grande-Bretagne et la France, sont suspectées d'avoir signé des accords secrets pour obtenir une partie des ressources pétrolières riches de la Libye. Le quotidien français Libération rapporte que le CNT a signé un accord avec la France, promettant plus d'un tier du pétrole libyen aux entreprises françaises en échange de son soutien.
Outre les puissances occidentales, le Qatar, la monarchie du Golfe qui a participé à l'opération de l'OTAN, et l'Algérie, voisin de la Libye abritant les memblres de la famille du colonel Kadhafi, cherchent également à promouvoir leurs propres intérêts dans la transition politique libyenne.
02/09/2011, Serge LEFORT, Washington-Tripoli, une vieille histoire, Monde en Question

01/09/2011, Grand entretien : Edgar Morin, en partenariat avec le magazine Books, Du Grain à moudre
Edgar Morin tombe dans le travers pointé dans l'article Actualité, savoir se taire.
01/09/2011, Les États-Unis avaient programmé d'intervenir en Irak, Syrie, Libye, Somalie, Soudan, Iran, dès septembre 2001, Silvia Cattori
Le général Wesley Clark affirme, dans un enregistrement daté de 2007, que le Pentagone avait programmé d'intervenir militairement en Irak et en Libye, -ainsi qu'au Liban, en Syrie, en Somalie, au Soudan, en Iran- dix jours après les attentats du 11 septembre 2001.
01/09/2011, Dmitri KOSSYREV, Le sort de l'argent débloqué pour la nouvelle Libye, RIA Novosti
Les nouvelles des fronts libyens cèdent peu à peu la place à un tout autre problème, à savoir qui donnera l'argent libyen "dégelé", selon quelles modalités, quels en seront les bénéficiaires et à quoi ces sommes seront-t-elles utilisées. La Grande-Bretagne débloquera 1 milliard de livres, un demi-milliard de dollars sera alloué par l'ONU… Actuellement, le jeu diplomatique mondial se déroule autour de ce sujet.
01/09/2011, Libye : après la guerre, les affaires, Presseurop
Derrière l'entente affichée par les participants à la conférence de Paris sur la “Libye nouvelle” se cache la guerre souterraine que la France, l'Italie et le Royaume-Uni ont déjà entamée pour l'exploitation des ressources du pays, ainsi que le racontent les journaux français, italiens et britanniques.
01/09/2011, Donnant-donnant, Presseurop

01/09/2011, L'UE et son ancienne realpolitik libyenne, EurActiv
La conférence internationale convoquée à Paris pour discuter de l'avenir de la « Libye nouvelle » succède à une période, pas si lointaine, où l'Union européenne, comme les États, traitait d'égal à égal avec Kadhafi.
01/09/2011, À qui profitera la conférence des "amis de la Libye" ?, France 24
• La France et le Royaume-Uni :
Ce sont les deux grands gagnants du conflit libyen. Locomotives de l'intervention armée, initiateurs de la résolution 1973 ayant autorisé le recours à la force contre les troupes de Kadhafi, ils sont à l'initiative de cette première conférence chargée d'orchestrer la transition démocratique du pays.
Leur soutien inconditionnel au Conseil national de transition (CNT) devrait - sans surprise - leur permettre d'avoir une longueur d'avance dans la course aux contrats pétroliers et gaziers qui s'annonce…
• Les pays du Golfe :1. Qatar et Émirats arabes unis
Le Qatar et les Émirats ont été les seuls pays arabes à participer aux opérations militaires engagées en Libye dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU. Ils ont aussi été parmi les premiers à reconnaître le CNT comme autorité légitime en Libye.
2.   Arabie saoudite (présence à confirmer)
"Quoi qu'il en soit, l'Arabie saoudite est un peu perdante aujourd'hui. C'est un pays qui a toujours été réticent aux changements qui ont eu lieu dans les pays arabes, relève Pierre Vermeren. Elle perd surtout un allié de poids dans l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).
• La Chine et la Russie :
Ces deux pays vont devoir batailler ferme pour se relancer dans la course aux contrats pétroliers. Pourtant, partenaires de premier plan de la Libye avant la guerre, "Pékin et Moscou pourraient bien avoir perdu la course à l'or noir, du moins pour le moment", souligne Pierre Vermeren.
01/09/2011, Les puissances occidentales ne doivent pas profiter injustement de la reconstruction dans la Libye post-Kadhafi, Xinhua
La conférence de Paris doit être considérée comme une plate-forme permettant de réunir les forces internationales afin d'aider à accélérer la reconstruction de la Libye post-Kadhafi ; elle ne doit pas ressembler à une conférence du type de celle qui a débouché sur le traité de Versailles, avec des puissances occidentales s'efforçant avant tout de promouvoir leurs intérêts dans un pays meurtri par la guerre.
Depuis le début, les puissances occidentales ont pris la tête des opérations dans l'intervention militaire en Libye, et certaines compagnies occidentales, telles que le géant pétrolier français Total, préparent désormais activement leur retour dans le pays à travers des contacts étroits avec le Conseil national de transition (CNT).
Actuellement, certaines puissances occidentales sont davantage axées sur leurs intérêts commerciaux, avec notamment une visée sur les riches ressources pétrolières libyennes, que sur le processus de reconstruction qu'appelle de ses voeux la population du pays.
Etant donné cette situation, le Conseil de sécurité de l'ONU, généralement considéré comme un organe représentatif de la communauté internationale, et dont l'expérience, accumulée au fil des ans, en matière de gestion de la reconstruction dans les pays déchirés par la guerre, est reconnue, devra s'affirmer pour jouer le rôle qui lui revient dans la Libye post-Kadhafi sans se laisser marginalisé.
De plus, les organisations régionales de poids telles que l'Union africaine et la Ligue arabe doivent contribuer à la reconstruction globale en Libye.
Enfin, les opinions des différentes composantes de la nation libyenne devront être respectées afin d'assurer une reconstruction incluant tous les acteurs.
01/09/2011, Les preuves se multiplient sur les atrocités commises par les "rebelles" libyens, WSWS
Une série de reportages réalisés à Tripoli ont montré que les forces appuyées par l'OTAN avaient commis un massacre dans la guerre civile libyenne. Ces reportages, publiés dans des journaux largement en faveur de l'intervention des États-Unis et de l'OTAN pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi, viennent une fois de plus exposer le mensonge que la guerre impérialiste contre la Libye est motivée par des visées humanitaires et la volonté de protéger les civils.
Une image effrayante émerge du nouveau régime qui est en train d'être consolidé à Tripoli. Il est consolidé dans le sang, tandis que se déroulent des massacres de civils pro-Kadhafi ainsi que des pogroms contre les travailleurs africains immigrants. Tout cela se passe sous la direction d'un allié d'Al-Qaïda qui reçoit ses ordres des quartiers généraux de l'OTAN et de la Maison-Blanche.
31/08/2011, Libye : des femmes immigrées africaines victimes de viols, Info-Palestine
Des travailleurs migrants vivant dans un bidonville en dehors de Tripoli ont affirmé que plus d'une vingtaine de femmes du camp ont été violées il y a deux semaines par les forces de l'opposition qui ont lancé leur assaut final contre la capitale.
Comme des centaines d'autres migrants en provenance du Nigeria, du Tchad, du Sénégal et d'autres pays africains, elles avaient fui vers ce camp pour échapper aux bombardements de l'OTAN et les batailles de rue imminentes.
Dans la nuit du 19 août, des hommes armés sont entrés dans le camp du port. Ils ont tiré en l'air, en criant "Dieu est grand". Cette nuit-là, disent Johnson et Ikibueka , elles ont été violées sous la menace des armes.
Johnson, Ikibueka et plusieurs hommes parmi les réfugiés ont dit que les assaillants étaient des rebelles et qu'ils criaient des insultes contre Kadhafi. Au moment des viols, le camp était dans une zone contestée.
Mais Ogiexeri dit qu'il ne pouvait assurer qui avait mené les attaques. Il est possible que les forces des deux côtés, ou même des hommes armés sans affiliation, puissent avoir pris d'assaut le camp de port.
31/08/2011, L'Algérie et les "rebelles" de l'OTAN en Libye, Mounadil al Djazaïri
La cause humanitaire progresse en Libye grâce à l'action concertée des médecins de l'OTAN et de leurs infirmiers fondamentalistes, ceux qu'on appelle "rebelles".
Je vous ai parlé sur ce blog des exactions que ces gens commettent, les uns par les bombardements de leur aviation sur des infrastructures civiles, les autres par des massacres perpétrés contre des innocents, avec une nette prédilection pour les personnes d'origine subsaharienne.
Ces terroristes, sûrs de l'impunité que leur confère leur alliance avec les "démocraties" occidentales, se permettent tout, non seulement en Libye mais dans les relations avec l'Algérie qui a une longue frontière commune avec ce pays.
31/08/2011, Jean-Jacques LAMY, Libye : comment les puissances impérialistes préparent l'après-Kadhafi, Lutte Ouvrière
Avant même la fin de la guerre, et alors que Kadhafi continue à échapper à ses poursuivants, ce sont désormais les problèmes de l'après-Kadhafi qui passent au premier plan, pour les Sarkozy, Cameron et Hillary Clinton comme pour les dirigeants du CNT. Officiellement, il s'agit de planifier la reconstruction de l'économie du pays, dévasté par la guerre, et de soutenir « les efforts menés par le CNT pour assurer la transition vers un régime démocratique ». En fait, il s'agit surtout, dans une situation où des groupes d'insurgés armés incontrôlés occupent le terrain abandonné par les troupes de Kadhafi, d'essayer d'éviter « d'être confrontés à un scénario d'anarchie à l'irakienne ». Une crainte relayée désormais en France par toute la presse.
Quand les premiers représentants du CNT ont rejoint Tripoli, après la bataille, la ville était contrôlée par le groupe armé originaire pour l'essentiel de la ville de Misrata, placé sous les ordres de son chef, Abdelhakim Belhadj, promu gouverneur militaire de fait de Tripoli.
Djihadiste bien connu des services secrets américains, qui selon la presse avait participé à des stages d'entraînement en Irak et en Afghanistan, fondateur il y a une dizaine d'années du Groupe islamique combattant de Libye (GICL) proche d'Al-Qaïda, Abdelhakim Belhadj fut arrêté par la CIA en 2004, puis interné par Kadhafi, avant d'être relâché après avoir renoncé officiellement à la guerre sainte. Après l'assassinat, dans des conditions restées obscures, le 28 juillet dernier du général Youness, ancien haut responsable de l'armée de Kadhafi passé à la rébellion anti-Kadhafi, il s'est imposé comme l'un des principaux chefs militaires des insurgés.
31/08/2011, Pepe ESCOBAR, Comment Al-Qaeda est arrivé à régner sur Tripoli, Le Grand Soir
Abdelhakim Belhaj, alias Abu Abdallah al-Sadek, est un djihadiste libyen. Né en mai 1966, il a fait ses premières armes avec les moudjahidin lors du djihad anti-soviétique en Afghanistan dans les années 80.
Il est le fondateur du Groupe islamique combattant en Libye et de facto son émir - avec Khaled Chrif et Sami Saadi comme adjoints. Après la prise de pouvoir par les Taliban à Kaboul en 1996, le GICL a maintenu deux camps d'entraînement en Afghanistan ; un de ces camps, à 30 km au nord de Kaboul et dirigé par Abu Yahya, est strictement réservé aux djihadistes proches ou appartenant à Al-Qaeda.
Après le 11/9, Belhaj s'est installé au Pakistan et aussi en Irak, où il s'est lié d'amitié avec ni plus ni moins que l'ultra radical AbuMusab al-Zarqawi – tout ceci avant qu'Al-Qaeda en Irak ne prête allégeance à Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri et ne renforce radicalement ses actions.
Le GICL a été sous la surveillance de la CIA depuis le 11/9. En 2003, Belahj a été finalement arrêté en Malaisie puis transféré, dans le plus pur style "rendition" dans une prison secrète à Bangkok où il était torturé quotidiennement.
En 2004, les Américains ont décidé d'en faire cadeau aux services secrets Libyens – jusqu'à sa libération par le régime de Kadhafi en mars 2010, en compagnie de 211 autres "terroristes", une opération publicitaire annoncée en grande fanfare.
Puis en 2007, Zawahiri, le numéro 2 d'Al-Qaeda à l'époque, annonça officiellement la fusion entre la GICL et Al-Qaeda du Maghreb Islamique (AQMI). Depuis, GICL et AQMI sont la même organisation et Balhaj était et est le chef (émir).
Venons-en à février 2011, Belahj, en homme libre, décide de retourner à ses activités djihadistes et d'engager ses hommes dans le soulèvement planifié de la Cyrénaïque.
Tous les services de renseignement des Etats-Unis, de l'Europe et du Monde arabe savent qui il est. Il a déjà fait savoir que lui et ses hommes ne se contenteront de rien de moins que l'application de la charia en Libye.
On aura beau chercher partout et se raconter des histories, il n'y a rien de "démocratique" chez lui. Mais l'OTAN n'a pas voulu s'en séparer sous prétexte qu'il n'aimait pas beaucoup les "infidèles".
L'assassinat fin juillet du commandant militaire rebelle, le général Abdel Fattah Younis, par les rebelles eux-mêmes semble être l'oeuvre de Balhaj ou de gens très proches de lui.
Il est important de savoir que Younis – avant de se retourner contre le régime – avait dirigé les forces spéciales libyennes qui combattaient férocement le GICL dans la Cyrénaïque entre 1990 et 1995.
L'auteur accrédite le mythe de la survivance d'Al-Qaïda après 2002. Lire : Serge LEFORT, Washington-Tripoli, une vieille histoire, Monde en Question.
31/08/2011, Alexandre LATSA, Révoltes arabes : diplomatie 2.0 ?, RIA Novosti
Il faut remarquer que les révolutions qui ont eu lieu en Tunisie et en Egypte  ont rapidement débouché sur des problèmes économiques importants et n'ont pas encore livré de résultats clairs en matière de gains démocratiques. Mais les évènements en Libye ou en Syrie n'ont plus rien à voir avec ces mécanismes de tentatives de révoltes non violentes. Il s'agit de rebellions organisées, militarisées (par plusieurs puissances occidentales dans le cas de la Libye), et  basées sur des oppositions tribales, ethniques, ou  religieuses.
Bien sur la personnalité du guide Libyen, indéfendable sur la scène internationale a surement incité les états qui étaient opposés à l'intervention militaire, comme la Russie ou la Chine, à ne pas prendre position plus fermement. [...] les représentants de l'opposition libyenne viennent d'affirmer qu'ils envisageaient de coopérer avec les pays industrialisés, y compris la Russie et la Chine, au nom de la renaissance et du redressement de la Libye.
31/08/2011, Libye : une « victoire pleine d'incertitudes », selon un expert français en relations internationales, Xinhua
Selon M. Badie, trois incertitudes sont à souligner : la grande diversité quasi-conflictuelle qui règne au sein du Conseil national de transition ou CNT (organe politique de l'opposition libyenne), la difficulté de mettre en place un nouveau régime politique et, enfin, le rôle que joueront les puissances étrangères dans cette nouvelle Libye.
Par ailleurs, pour cet expert en relations internationales, la Conférence des amis de la Libye, évènement international qui doit se tenir jeudi à Paris, à l'initiative du président français, Nicolas Sarkozy, et du premier ministre britannique, David Cameron, « est d'assez mauvais signe ».
« Commencer un processus de construction étatique et national par une conférence internationale qui donne le rôle principal aux puissances occidentales (..) rendra probablement encore plus difficile la mise en place d'un régime consensuel et accepté par la population (libyenne) », a-t-il expliqué.
31/08/2011, Il est encore trop tôt pour que les entreprises chinoises relancent leurs investissements en Libye, Renmin Ribao
Bien qu'un nombre croissant de pays reconnaissent le CNT (Conseil national de transition) comme le nouveau gouvernement de la Libye, et que certaines entreprises chinoises montrent une volonté de se relancer dans le pays, pour le ministère chinois du Commerce, il est encore trop dangereux d'investir ou d'augmenter les investissements en Libye.
« Pour l'heure, nous essayons de prendre contact avec le CNT et de fournir des aides humanitaires au peuple libyen », a déclaré Mme Xie.La Chine sait aussi parler en novlangue.
30/08/2011, Pierre KHALAF, Renaissance du projet colonial en Libye, Silvia Cattori
La chute inattendue de Tripoli avec la participation d'unités d'élite occidentales et de groupes de mercenaires acheminés de pays où les Israéliens sont très actifs, a focalisé l'attention de l'opinion publique et des observateurs.
La rébellion libyenne est confrontée à un défi de taille et porte le fardeau d'une responsabilité historique : construire la Libye de demain, libre, réellement indépendante, et prospère. Mais l'évolution des événements ces cinq derniers mois montre à quel point elle doit sa victoire à l'Occident. Dans ce contexte, il est peu probable que le Conseil national de transition (CNT) dispose d'une volonté politique assez autonome et solide pour pouvoir résister aux pressions occidentales et faire échouer les plans néocoloniaux américains et européens. Sans compter le fait que de nombreuses personnalités du CNT sont des acteurs de ce plan depuis longtemps.
30/08/2011, L'étrange triangle Paris-Tripoli-Alger, à l'ombre du “printemps arabe”, Dedefensa
La principale leçon étant que l'affaire libyenne et le “printemps arabe” ne cessent de nous réserver bien des surprises, dans le cours desquelles il est difficile de se retrouver. Un analyste politique bien informé se demanderait qui est le plus infréquentable, en termes de morale politique, d'intelligence diplomatique, de psychologie politique, entre le régime déchu du colonel Kadfhafi, les rebelles libyens, le régime algérien, le président français si agité. Il aurait du mal à trancher. L'Algérie pourrait se dire qu'une bonne crise avec la Libye new age qu'elle déteste avant même qu'elle n'existe, serait une bonne façon de ressouder une unité nationale si perturbée par le “printemps arabe” suivant des décennies de dictature corrompue et gérontocratique du parti évidemment unique et révolutionnaire. Il n'est pas assuré que l'OTAN ait des plans préparés pour l'invasion de l'Algérie. Il n'est pas assuré non plus que l'Algérie ne songe pas à prêter main forte à ce qu'il reste du colonel Kadhafi et de ses troupes.
30/08/2011, Dmitri BABITCH, Libye : l'optimisme sapé des "intervenants", RIA Novosti
Tous les pays responsables, y compris la Russie, sont unanimes pour condamner le colonel Kadhafi. Fin mars 2011 le président russe Dmitri Medvedev a déclaré que le colonel devrait répondre de ses crimes. Mais il y a une différence entre la condamnation d'un dictateur et l'invasion du territoire d'un pays indépendant pour le soutien militaire de l'un des camps en conflit.
Le principal instigateur de l'ingérence est le "philosophe" Bernard-Henri Lévy. Ce dernier a appelé début mars Sarkozy sur son portable et lui a dit familièrement: "Tu dois rencontrer les Massouds libyens" – c'est ainsi que BHL a qualifié le CNT en l'honneur du chef des moujahids afghans (Ahmad Shah Massoud). Sarkozy a accepté, et le surlendemain, le 10 mars 2011, le CNT était reconnu par la France.
Il convient d'ajouter que la population afghane est loin de partager l'admiration de BHL d'Ahmad Shah Massoud et le considère comme un chef de guerre. C'est ainsi que Massoud a été qualifié par Malalai Joya, une militante afghane pour les droits de l'homme, lauréate du Anna Politkovskaya Award de journalisme d'investigation en 2008, ainsi que d'autres récompenses.
Hélas, il est tout à fait possible que la paix dans la Libye de demain soit confrontée à la vengeance, au terrorisme et à l'islam radical. Il sera alors temps de parler de la responsabilité de Sarkozy: comment peut-on écouter des individus qui ont prouvé à maintes reprises qu'ils ne savent pas de quoi ils parlent ?
30/08/2011, Akram BELKAID, A propos de la Libye, l'Otan et l'Algérie, Le Quotidien d'Oran
Dans ce pays [Algérie], comme ailleurs dans le monde arabe, on n'a peut-être pas pris la mesure de ce qui s'est passé au Soudan puis en Libye. Dans le premier cas, on réalise que les frontières héritées de la période coloniale ne sont plus un tabou. Dirigé par un dictateur soudain honni ? pour une raison ou pour une autre ? par la communauté international, un pays, arabe ou africain, peut désormais être découpé en tranches au nom de la défense d'une minorité qu'elle soit religieuse, ethnique ou même linguistique. La naissance du Sud-Soudan est donc un précédent majeur dont il serait temps de méditer les raisons et les conséquences futures.
Dans le second cas, la crise libyenne a montré que l'Otan peut très bien intervenir en Afrique du nord. En Libye aujourd'hui, en Algérie demain : plus rien n'est impossible. Durant des années, la diplomatie occidentale s'est attelée à rassurer les pays maghrébins en leur expliquant que la période de la canonnière coloniale était révolue à jamais. On voit bien que l'Histoire peut très bien se répéter. Se croire à l'abri grâce à sa fortune pétrolière, à ses liens supposés privilégiés avec tel ou tel service étranger ou grâce à la puissance supposée de son armée serait une erreur tragique. Tout peut partir d'un simple incident. Un village qui se soulève, une région qui s'embrase et réclame son autonomie, une autre qui revendique un meilleur partage des richesses, et les avions de l'Otan pointeront leur bec. Les Algériens passeront alors d'une servitude à une autre.
Cette conclusion de l'auteur, qui écrit depuis Paris, est en contradiction avec son soutien à la guerre contre la Libye menée par les puissanes coloniales.
30/08/2011, La Libye, un modèle pour la redivision du Moyen-Orient, WSWS
Une rubrique de Philip Zelikow, intitulée « La chute de Kadhafi renouvellera le printemps arabe, » et publiée lundi sur le site Internet du Financial Times, donne un aperçu des objectifs ambitieux poursuivis par Washington et les autres principales puissances impérialistes dans leur soi-disant intervention « humanitaire » en Libye.
La guerre, écrit-il, a été lancée en raison de « l'histoire particulière [de la Libye]et d'une géographie du pays qui ont dûment justifié des calculs pragmatiques de la part des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de bien d'autres pays, selon lesquels il fallait saisir cette occasion pour aider les rebelles à se débarrasser de ce régime tout particulièrement dément. »
Comme le fait bien comprendre l'ancien responsable du Conseil de sécurité nationale (NSC) au Département d'Etat, ce processus ne s'arrêtera pas à la Libye. La guerre libyenne, dit-il, « renouvellera une dynamique. » Il poursuit en disant : « Le combat en Syrie, en s'intensifiant lentement, passera davantage encore au premier plan. »
« Une grande partie de la poussée de la politique du printemps arabe provient actuellement des Etats du Golfe persique, tels l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis (EAU) et le Qatar, » écrit-il. « C'est leur heure. Le gouvernement saoudien joue un rôle crucial dans l'isolement actuel de la Syrie par la diplomatie arabe. Les EAU, avec les Saoudiens, ont trouvé les fonds nécessaires qui ont permis aux dirigeants intérimaires de l'Egypte de ne pas se soumettre aux aides proposées sous conditions par les institutions financières internationales. Le gouvernement qatari a joué un rôle vital dans la révolution libyenne. »
La Libye n'est que le début d'une poussée impérialiste visant à réorganiser l'ensemble du Moyen-Orient. Compte tenu des intérêts conflictuels entre les principales puissances impérialistes même, ce processus risque de provoquer des affrontements bien plus sanglants dans un avenir proche.
29/08/2011, Dmitri BABITCH, La guerre libyenne de Sarkozy et de ses conseillers, RIA Novosti
L'une des principales questions après la cessation inévitable du conflit en Libye concerne l'avenir politique des initiateurs de l'ingérence occidentale: avant tout de Nicolas Sarkozy et de certains de ses conseillers. Ces gens vont-ils recueillir les lauriers de la victoire ou seront-ils tenus pour responsables de cet interminable conflit? Actuellement, cette question est soulevée en Europe: l'aviation française a tout de même lancé l'opération à laquelle les autres pays membres de l'OTAN se sont joints progressivement.
L'expérience tchétchène des initiateurs de l'ingérence en Libye ne parle pas en faveur de leur objectivité. Hélas, il est tout à fait possible que la paix dans la Libye de demain soit confrontée à la vengeance, au terrorisme et à l'islam radical. Et il serait alors très difficile de parler de victoire pour Sarkozy.
29/08/2011, Rabeh SEBAA, L'imposture libyenne, Le Quotidien d'Oran
Jusqu'à la mise à prix de la tête du fugitif en dollars, et non en monnaie locale, et la photo du même fugitif frappée d'un wanted diagonal, tous les ingrédients d'un feuilleton yankee sont réunis. Le reste de la série qui se déroule en permanence, en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan et bientôt en Syrie est déjà devenu d'une saisissante banalité. Mais le cas libyen permet d'observer, de façon frappante, et effrontément cynique, la voracité empressée des puissances occidentales, en l'occurrence les Etats-Unis et l'Union Européenne, à l'endroit des territoires à conquérir, aux fins d'une mainmise sur leurs ressources stratégiques. Cette voracité non déguisée, baptisée par l'euphémisme burlesque de printemps arabe, et curieusement relayé par l'ensemble des médias de la « bien pensance », a eu pour théâtre originel la Tunisie, l'Egypte puis le Yémen et ensuite la Libye et la Syrie, devient ouvertement insatiable. Elle compte bien s'étendre à d'autres pays dont le travail de fragilisation ou de déstabilisation à déjà commencé. Et tous les prétextes sont bons pour déclencher la sale besogne. C'est dans ce but, et seulement dans ce but, que les États-Unis et l'Union européenne introduisirent, soudainement dans leur vocabulaire idéologique la nouvelle panacée, comme variante droithommienne : la sacro-sainte Protection des Populations Civiles (PPC). Une protection à coups de bombes, dont ces mêmes populations sont, tout naturellement, les premières victimes. Etrange conception de la protection.
29/08/2011, L'occident n'a pas renoncé à son intention de déterminer l'orientation du développement du Moyen-Orient, Renmin Ribao
L'Occident n'a toujours pas renoncé à son intention de déterminer l'orientation du développement de l'Asie de l'Ouest et de l'Afrique du Nord. Cela est lié avec les intérêts économiques. Les fumées de la guerre en Libye ne sont pas encore dissipées que la dispute entre des compagnies pétrolières occidentales y a déjà commencé.
L'Occident tient encore à propager ses idées politiques et intervient directement dans la mise en place du régime politique des pays de la région. Des chercheurs estiment que les changements survenus dans la région d'Asie de l'Ouest et d'Afrique du Nord sont la conséquence de la stratégie géo-politique occidentale. En fait, c'est le résultat inévitable de la longue domination occidentale de l'ordre politique et économique mondial. Depuis des années, du fait que l'Occident est reconnu puissant sur le plan économique, beaucoup de choses portant l'empreinte occidentale sont devenues « universelles » et « obligatoires », surtout le « système démocratique » occidental.
- "Nous, on vous a libérés du joug de Kadhafi. Vous, vous allez bien nous donner un petit quelque chose en échange, n'est-ce pas ?"
- "Oui, Monsieur, Merci"

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Revue de presse Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.