22 mars 2011

Les égarements de Wallerstein (I)


Le dernier commentaire d'Immanuel Wallerstein traite de la Lybie et la gauche mondiale. Il s'aventure à faire des prévisions qui, deux jours plus tard, se révèlent totalement erronées.
[...] il n'y aura pas d'engagement militaire majeur du monde occidental en Libye. Leurs déclarations publiques ne sont que des rodomontades destinées à impressionner leurs opinions. Il n'y aura pas de résolution du Conseil de sécurité car la Russie et la Chine ne suivront pas. Il n'y aura pas de résolution de l'OTAN car l'Allemagne et quelques autres ne suivront pas. Même la position anti-Kadhafi militante de Sarkozy rencontre des résistances en France.
Et par-dessus tout, l'opposition aux États-Unis à une action militaire vient de l'opinion publique et, plus important, de l'armée.
Que de naïveté et que d'informations erronées de la part de celui qui est tant admiré pour la perspicacité de ses analyses par le microcosme altermondialiste !

Le pire est dans le fait que Wallerstein considère Hugo Chavez comme un représentant de la gauche en Amérique latine qu'il oppose aux "porte-paroles de la gauche mondiale au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique, en Europe et même en Amérique du Nord". Il se garde bien d'expliciter qui sont, pour lui, ces mystérieux représentants de la gauche mondiale et surtout d'expliciter ce que signifie la gauche mondiale. On nage dans la confusion !

Le message d'Immanuel Wallerstein est clair : la gauche mondiale, dont il fait parti, est prête à appuyer la rébellion armée contre le colonel Khadafi au nom des droits de l'homme ! C'est exactement ce qui a eu lieu. L'histoire de la gauche est l'histoire de trahisons réalisées au nom de l'Union sacrée par des intellectuels aussi inconsistants politiquement que Immanuel Wallerstein.

20/03/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie Immanuel WALLERSTEIN, Monde en Question.

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