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17 septembre 2008

Revue de presse Palestine/Israël

Tzipi Livni se voit en nouvelle Dame de fer israélienne, Le Figaro
Elle naît dans une famille éminente de la droite révisionniste. Son père, Eitan Livni, fut le chef des opérations de l'Irgoun, organisation clandestine juive qui forme le fer de lance de la lutte contre les Britanniques, qui perpétra notamment l'attentat contre l'hôtel King David en 1946. Proche de Menahem Begin, qui deviendra plus tard le chef du nouveau parti de droite, le Likoud, Eitan Livni est un fidèle de la pensée de Zeev Jabotinsky, qui revendique les deux rives du Jourdain. Ses parents sont l'un des premiers couples à se marier dans le nouvel État d'Israël, le lendemain de sa création le 15 mai 1948. Tzipi Livni est une sabra, née en Israël, au pedigree impeccable de fille de héros, même si son père appartient à un courant politique longtemps marginalisé par le fondateur de l'État, David Ben Gourion, et le tout-puissant Parti travailliste de l'époque.

Elle sert au Mossad entre 1980 et 1984, notamment à Paris, dans un poste dont les détails sont encore classifiés, mais où son sang-froid et son intelligence furent appréciés. Elle quitte pourtant cette carrière pour devenir avocate d'affaires, et se marie.

Le coma d'Ariel Sharon a laissé pendante la question de la profondeur de son revirement politique. Chez Tzipi Livni, le cheminement vers le centre est plus clair.

Elle a choisi : plutôt que s'obstiner à dessiner les frontières du Grand Israël biblique, mieux vaut accepter de céder une partie de la terre revendiquée par la droite sioniste, si c'est pour sauvegarder ce qui est à ses yeux l'essentiel : un État juif et démocratique.


Tzipi Livni, favorite pour prendre la tête de Kadima, Libération
Tzipi Livni et Shaul Mofaz sont tous les deux issus du Likoud, mais alors que la ministre des Affaires étrangères est considérée comme une pragmatique, l’ancien chef d’état-major s’est forgé une réputation d’adepte de la manière forte, notamment avec les Palestiniens. Il a ainsi écrasé la deuxième Intifada en lançant notamment l’opération «Rempart» en Cisjordanie, en 2002. Sa campagne pour les primaires était axée sur le thème de la sécurité et ses positions politiques sont souvent considérées comme très proches de celles du Likoud. Tzipi Livni, en revanche, née dans une famille de droite nationaliste, est passée du rêve du «Grand Israël» à la défense de la création d’un Etat palestinien, au nom du réalisme politique, tout en prônant la poursuite de la lutte antiterroriste et l’isolement du Hamas.


Tzipi Livni, femme de tête, Le JDD
Avant de rejoindre le parti centriste Kadima, créé par et pour Ariel Sharon, qui a sombré dans le coma en janvier 2006, Livni était elle aussi membre du Likoud et avait l'oreille de Sharon. Elle n'a pas hésité à le suivre en 2005. Fidèle à Olmert au moment où lui aussi franchissait le pas vers Kadima, elle s'est désolidarisée de l'ancien maire de Jérusalem à l'occasion de la "deuxième guerre du Liban" à l'été 2006.

Tzipi Livni a grandi dans une famille de sionistes purs et durs. Son père, Eitan, a été l'un des dirigeants de l'Irgoun, un mouvement armé clandestin hostile au partage de la Palestine. Après avoir épousé la cause, elle a renoncé à cette vision. "Je suis arrivée à la conclusion douloureuse que s'il me fallait choisir entre un Grand Israël et un Israël qui continue d'être juif et démocratique, je devrais choisir cette dernière option", a-t-elle expliqué. Mariée et mère de deux enfants, Tzipi Livni n'a embrassé la carrière politique qu'il y a dix ans. Auparavant, elle a travaillé pour les services secrets israéliens. Officiellement en tant que conseillère juridique, officieusement comme "traqueuse" d'activistes palestiniens en dehors de frontières de l'Etat hébreu. Elle s'est ensuite consacrée à une carrière de juriste spécialisée en droit des affaires. Elle est dorénavant la potentielle 14e chef du gouvernement de l'Etat hébreu et la deuxième femme à accéder à cette fonction. A moins que des élections anticipées, où le leader du Likoud Benjamin Netanyahu fait figure de grand favori, ne vienne briser le rêve de Livni.

19 septembre 2008

Revue de presse Palestine/Israël

Tzipi Livni : le nouveau visage d'Israël

Source : IRIS - Dailymotion


Biographie Tzipi Livni :
  • Wikipédia
  • La République des Lettres
  • Rue89

    Tzipi Livni, le «parler vrai» à la tête du parti Kadima, Libération
    Livni a introduit «un régime strict et sans compromis. Ce régime est l’antithèse de la politique israélienne traditionnelle, chargée de symboles et d’images illusoires, de déclarations à l’emporte-pièce, de fausses promesses et d’engagements immédiatement bafoués», écrivait ainsi récemment Avirama Golan dans le quotidien Haaretz. Sur le dossier des négociations avec les Palestiniens, dont elle a fait une de ses priorités, Livni tient ainsi un discours réaliste. L’établissement d’un Etat palestinien est, pour Israël, une question de survie : c’est le seul moyen d’éviter, à terme, la dissolution de l’Etat juif dans un Etat binational. Elle s’est également fréquemment prononcée pour une amélioration des conditions de vie des Palestiniens en Cisjordanie occupée, tout en poursuivant l’isolement des islamistes du Hamas dans la bande de Gaza tant qu’ils refuseront de reconnaître Israël.


    Israël-Palestine : Tzipi Livni peut-elle favoriser la paix ?, Rue89
    La ministre des Affaires étrangères a remporté les primaires de Kadima (« En avant » en hébreu), le parti centriste leader de la coalition gouvernementale israélienne. Après une course en tête contre son principal adversaire, l’ancien ministre de la Défense Shaul Mofaz, à côté duquel elle apparaît comme une modérée, un souffle nouveau semble nécessaire à un gouvernement entaché par les accusations de corruption portées à l’encontre d’Ehoud Olmert. Et les défis qui attendent la probable future Première ministre sont aussi motivants que délicats.


    Alain Dieckhoff : "Tzipi Livni aura une faible marge de manoeuvre", LCI
    La future Premier ministre sera confrontée à deux problèmes majeurs en raison de son succès étriqué.
    D'un côté, elle est affaiblie à l'intérieur de Kadima, le parti majoritaire. De l'autre, le parti religieux Shass va tenter de faire monter les enchères pour participer au gouvernement.
  • 16 septembre 2008

    Revue de presse Palestine/Israël

    Le long chemin de Tzipi Livni, Cyberpresse
    Eitan Livni était le chef des opérations de l'Irgoun. Il était aussi le père de Tzipi Livni, l'actuelle ministre israélienne des Affaires étrangères, favorite des primaires que tiendra demain le parti Kadima.

    Ses parents furent le premier couple juif marié dans l'État d'Israël, le 16 mai 1948, au lendemain de l'indépendance. Sa mère, Sarah, était aussi membre de l'Irgoun, prenant part à «des opérations qu'on pourrait qualifier aujourd'hui de terrorisme», dit Gil Hoffman, analyste politique au Jerusalem Post. «Tzipi Livni a été élevée à Tel-Aviv dans une famille très, très à droite.»

    Une famille où les discours sur le compromis territorial avec les Palestiniens n'avaient aucune place. Comme ses parents, Tzipi Livni a longtemps cru au Grand Israël. Mais comme la majorité de ses compatriotes aujourd'hui, elle a fini par se rendre à l'évidence: Israël ne pourra être un État à la fois juif et démocratique s'il ne cède pas de territoires aux Palestiniens, dont la population est en pleine croissance.

    19 septembre 2008

    Revue de presse Palestine/Israël

    Revue de presse européenne, euro|topics
    Après son élection à la tête du parti Kadima au pouvoir, Tzipi Livni, la ministre israélienne des Affaires étrangères, a annoncer vouloir former rapidement une nouvelle coalition gouvernementale. Elle a de bonnes chances de succéder à l'actuel Premier ministre Ehoud Olmert qui a démissionné suite à une affaire de corruption. Quelles répercussions cette élection aura-t-elle sur le processus de paix au Proche-Orient ?


    Tzipi Livni: «Réunir et non diviser», Le Temps
    «Le problème avec cette femme, c'est qu'elle a changé à plusieurs reprises de discours et qu'au cours de ces dernières années elle a tout dit et son contraire en fonction des auditoires auxquels elle s'adresse. Quiconque suit la politique israélienne au jour le jour a donc beaucoup de mal à savoir ce qu'elle pense vraiment», affirme le journaliste du quotidien Haaretz Guidon Lévy.

    Considérée comme une pragmatique, la nouvelle cheffe de Kadima poursuivra sans doute les négociations de paix avec les Palestiniens et les «contacts informels» avec les Syriens entamés par Ehoud Olmert. La différence, c'est qu'elle le fera sans appétit. «Si elle veut aboutir à un accord avec les Palestiniens, ce n'est pas parce qu'elle aspire à la paix. Mais plutôt parce qu'elle redoute de voir la majorité juive d'Israël se transformer en minorité», poursuit Guidon Lévy. «Je ne pense pas que la nouvelle présidente de Kadima nous entraîne sur le chemin de la paix au Proche-Orient. Elle le fera d'autant moins qu'elle sera prisonnière de la coalition qui la soutient et que celle-ci ne peut pas ne pas pencher à droite.»


    Israël : Que fera Tzipi Livni de sa victoire ?, AFPS
    L’actuelle ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, va succéder à Ehoud Olmert à la tête du parti centriste, au pouvoir, Kadima. Quelle est sa marge de manœuvre, tant pour réformer le parti que pour accéder au poste de Premier ministre ? Revue de presse dans Courrier international.


    LURÇAT Pierre, De Shalom Akhchav à Kadima : la politique du ressentiment, UPJF
    Nous proposons d'interpréter le phénomène Kadima comme la victoire de l'idéologie pacifiste, représentée par le mouvement Shalom Akhchav ("La Paix Maintenant"), né au lendemain de la guerre de Kippour. Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter plus de trente ans en arrière, jusqu'au traumatisme qui a suivi la guerre de Kippour. Kadima est en effet, comme Shalom Akhchav, un phénomène sociologique tout autant qu'un mouvement politique.

    Kadima, de la même façon, exprime le ressentiment des élites laïques occidentalisées face à la montée des religieux. Car, comme le fait remarquer Yitshak Adda, « le seuil des 50% d'enfants inscrits dans des écoles primaires religieuses devrait être franchi d'ici la fin de la décennie... C'est la perspective de ce basculement démographique interne qui explique le culte soudain de la classe politique pour Ariel Sharon et l'émergence de Kadima au centre de la scène politique. »

    Cette "menace démographique" interne qui devrait, à terme, assurer une majorité au public juif religieux en Israël explique la précipitation avec laquelle les dirigeants du parti Kadima au pouvoir veulent fixer définitivement les frontières et surtout le caractère de l'Etat d'Israël, pour éviter « la transformation de l'Etat des Juifs en Etat juif » (Y. Adda).

    22 septembre 2008

    Revue de presse Palestine/Israël

    L'héritage inachevé d'Ehoud Olmert, Le Figaro
    Olmert considère que le temps presse et que le salut d'Israël en tant qu'État juif démocratique passe par le retrait des territoires occupés et la création d'un État palestinien, avant que la croissance démographique arabe ne remette en cause cette solution. Il est partisan de la création d'un État palestinien, comme seule solution pour sauvegarder l'idéal sioniste, quitte à sacrifier une partie de la terre revendiquée par les partisans du Grand Israël.


    Tzipi Livni saura-t-elle se montrer à la hauteur ?, RIA Novosti
    Concernant les négociations avec les Palestiniens, la position d'Israël diffère guère de celle des Etats-Unis jusqu'à présent, et elle restera sans doute la même. Il s'agit de soutenir l'idée de créer un Etat palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Tzipi Livni est prête à dialoguer uniquement avec l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas et refuse catégoriquement tout contact avec le Hamas.

    Les perspectives de paix en matière de négociations avec les Palestiniens restent extrêmement floues même avec un nouveau premier ministre. Il en va de même pour les Syriens. Il est peu probable que Tzipi Livni parvienne à convaincre la société israélienne de rendre à Damas les hauteurs du Golan, occupées par Israël depuis la guerre de 1967.


    L'ombre de Golda Meir sur la politique israélienne, CCIPPP
    Kadima ne disposant que d’un quart des sièges à la Knesset, elle devra composer avec le Parti travailliste d’Ehoud Barak sur sa gauche et les partis religieux sur sa droite pour former un nouveau gouvernement et prendre le poste laissé vacant par Ehoud Olmert éclaboussé par des soupçons de corruption. Parmi les défis figurent « les menaces extérieures » sur la sécurité d’Israël, la nécessité d’« exploiter les chances » de faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens et les « incertitudes économiques », dues aux retombées de la crise mondiale.

    Autant de raisons qui font dire à de nombreux observateurs que Tzipi Livni aura bien du mal à éviter l’organisation d’élections anticipées, sauf à céder aux volontés des uns et des autres. Elle-même n’étant pas vraiment une colombe (elle dirige les négociations avec les Palestiniens, sans avancées réelles), c’est peu dire, dans ces conditions, que l’élection d’une nouvelle dirigeante à la tête de Kadima et peut-être du pays ne permet pas d’espérer une quelconque embellie sur le front de l’occupation pas plus que dans la perspective de création d’un État palestinien. Les références à Golda Meir, première femme israélienne premier ministre, ne sont pas non plus pour rassurer !


    Entretien avec Gilles Kraemer : ''Ce n'est pas rendre service à Israël que de refuser de dire les choses'', Nonfiction
    Un professeur d’université de Birzeit m’a apostrophé un jour : "Qu'auriez vous dit si, pendant l'occupation nazie de la France, on vous avait encouragé à collaborer entre Français et Allemands ?" Il voulait protester contre la façon qu’ont les Européens et les Occidentaux à toujours "forcer" les Palestiniens et les Israéliens à se serrer la main alors que sur le terrain il n’y a aucun accord ni aucune amélioration. Cette phrase reflétait un état d’esprit que j’ai rencontré plusieurs fois, et il m’a semblé important de ne pas la censurer, au nom de je ne sais quel tabou.

    Ce n’est pas rendre service à Israël que de refuser de dire les choses. D’ailleurs les journaux israéliens écrivent avec beaucoup plus de liberté que nous. Ils rapportent et utilisent des termes que personne en France n’oserait écrire.

    Je pense qu’il faut dire les choses, parce qu’il y a quelque chose de maladif dans ce conflit. Israël ne sera un pays normal que quand la Palestine existera. C’est ce que j’ai compris au cours de mes trois ans en territoires palestiniens. C’est ce que je veux dire au travers d’une parole sans interdits.

    18 janvier 2009

    Choses vues de La Haye

    "Les dirigeants d’Israël paieront pour ce bain de sang" [1]

    Quand les canons se tairont finalement, le temps des questions et des enquêtes sera venu. Les nuages de fumée et de poussière se dissiperont dans le ciel noir de Gaza ; la ferveur pour soutenir la guerre et la désensibilisation des masses seront à jamais oubliées et nous pourrions peut-être avoir une image claire de la bande de Gaza dans toute la réalité de la guerre qu’elle a subie. Ensuite, nous verrons l’étendue des tueries et des destructions, les cimetières surchargées et les hôpitaux débordés, les milliers de blessés et les handicapés physiques, les maisons détruites qui restent pour témoigner de cette guerre.

    Les questions qui doivent être posées avec autant de précautions que possible sont de savoir qui est coupable et qui est responsable. Le volonté exagérée du Monde à pardonner à Israël est susceptible de se fissurer à ce moment-là. Les pilotes et les artilleurs, les équipes de tanks et les soldats de l’infanterie, les généraux et les milliers personnes engagées dans cette guerre chacun selon son zèle apprendront l’ampleur du mal et le caractère aveugle des frappes militaires. Ils n’auront peut-être pas à payer n’importe quel prix. Ils sont allés au combat mais d’autres les ont envoyés.

    Un examen public, moral et judiciaire sera appliqué à deux hommes et une femme d’Etat israélien qui ont envoyé les Forces israéliennes en guerre contre une population impuissante, qui n’a même pas un endroit où se réfugier, dans la seule guerre peut-être dans l’histoire contre une bande de terre délimitée par une clôture.


    Source : Vigile.net


    Ehud Olmert, Ehud Barak et Tzipi Livni se tiendront dans le box des accusés. Le premier est déjà mis sous examen pénal et les deux autres sont candidats pour le poste de premier ministre.

    Il serait inconcevable de ne pas leur demander de rendre compte du bain de sang à Gaza.

    Olmert est le seul Premier ministre israélien qui a envoyé son armée en guerre par deux fois au cours de son bref mandat. L’homme qui a fait un certain nombre de déclarations courageuses sur la paix à la fin de son mandat, a orchestré pas moins de deux guerres. Parler de paix et de guerre, le « modéré » et l’« éclairé » Premier ministre s’est révélé comme l’un de nos plus grands fomentiers de guerre. En comparaison de cela, ses corruptions ("cash enveloppes" et les passe-droits "Rishon Tours") le feront apparaître blanc comme neige.

    Barak, le chef du parti de la gauche doit rendre compte des crimes des forces armées sous sa direction. Sa responsabilité est entière dans les bombardements et les tirs d’obus sur les centres de population, dans les centaines de morts et de blessés parmi les femmes et les enfants, dans le nombreux tirs sur les équipes médicales, dans l’utilisation des bombes au phosphore employées contre des zones civiles, dans le bombardement de l’école de l’ONU qui a servi de refuge à des résidents qui ont saigné à mort pendant des jours parce que les forces armées empêchaient leur évacuation en leur tirant dessus et en leur lançant des obus. Il doit porter la responsabilité même du siège imposé à Gaza pendant un an et demi et dont les implications sont effroyables dans la guerre d’aujourd’hui. Tout cela va compter comme crimes de guerre.

    Livni, la ministre des Affaires étrangères et chef du parti centriste, restera dans les mémoires comme celle qui a poussé et légitimé le silence sur tous ces événements. La femme qui a promis « une autre forme de politique » y est totalement impliquée. Cela ne doit pas être oublié.

    Contrairement à ce qui a été affirmé, nous sommes autorisés à croire que ces trois leaders ne se sont pas lancés dans la guerre pour des considérations électorales. N’importe quel moment est bon en Israël pour faire la guerre. Nous avons engagé la précédente guerre, trois mois après les élections, non pas deux mois avant. Israël va-t-il les juger sévèrement à la lumière des images provenant de la bande de Gaza ? Peu probable. Barak et Livni sont effectivement en hausse dans les sondages. L’épreuve qui les attend n’est pas une affaire locale. Il est vrai que certains hommes d’État étrangers ont cyniquement applaudi aux bombardements israéliens. Il est vrai que les USA ont gardé le silence, que l’Europe est restée muette, que l’Égypte a soutenu l’agression mais d’autres voix vont sortir des crépitements du combat.

    Les premiers échos peuvent déjà être entendus. Ce week-end, l’ONU et la Commission des droits de l’Homme à Genève, ont demandé une enquête sur les crimes de guerre qui auraient été perpétrés par Israël. Dans un monde où les dirigeants bosniaques et leurs homologues du Rwanda ont déjà été mis en examen, une demande similaire est susceptible de porter sur les fomentiers de cette guerre. Les basketteurs israéliens ne seront pas les seuls à avoir honte dans les arènes sportives, et les hauts dirigeants qui ont enclenché cette guerre ne seront pas les seuls contraints de se cacher dans les avions d’El Al de peur qu’ils ne soient arrêtés.

    Cette fois, nos plus hauts responsables d’Etat, les membres du cabinet de guerre seront susceptibles de payer un prix personnel et national.

    Je n’écris pas ces mots avec plaisir mais avec tristesse et une profonde honte... en dépit de la tolérance internationale envers Israël, le Monde pourrait voir les choses autrement cette fois-ci. Si nous continuons ainsi, peut-être qu’un jour un nouveau tribunal spécial sera créé à La Haye.

    Gideon Levy
    12/01/2009
    Publié par Info-Palestine.



    [1] Choses vues de La Haye est ma traduction du titre original Things one sees from The Hague.

    26 septembre 2008

    Revue de presse Palestine/Israël

    Dossier d'actualité Israël-Palestine, Yahoo! Actualités
    Bush aurait rejeté l'idée d'une frappe israélienne en Iran, Reuters - Yahoo! Actualités
    Le journal cite des sources diplomatiques haut placées dans l'entourage du chef d'un gouvernement européen.
    Le Guardian précise que le chef de gouvernement européen pour lequel travaillent ses sources a rencontré Olmert peu de temps après cet entretien et qu'aucun tiers n'y a assisté.


    Israël a envisagé de bombarder l'Iran, NouvelObs
    Israël a sérieusement pensé à bombarder les sites nucléaires de l'Iran courant 2008, mais le président américain George W. Bush a refusé d'apporter sa caution à de telles frappes, rapporte le quotidien britanniqueThe Guardian dans son édition de vendredi 26 septembre.


    SIEFFERT Denis, Tzipi Livni : L'héritière d'Ariel Sharon, Politis - CCIPPP
    Ainsi va Israël : Tzipi Livni, qui, voici quelques années, aurait figuré très à droite sur l’échiquier politique de son pays, est aujourd’hui classée au centre. « Une colombe », dit-on même. En réalité, la femme qui doit succéder ces jours-ci à Ehud Olmert au poste de Premier ministre est une héritière politique d’Ariel Sharon.

    Aujourd’hui promue aux plus hautes responsabilités, Tzipi Livni s’inscrira sans aucun doute dans la continuité d’Ariel Sharon. Sa stratégie : gagner du temps pour poursuivre la colonisation – n’a-t-elle pas récemment affirmé devant Condoleezza Rice que « l’activité de colonisation ne mettait pas en péril le plan de paix » ? – tout en ayant conscience qu’il faudra bien céder quelque chose un jour. Le plus tard sera le mieux, surtout si la politique du fait accompli ruine par avance toute chance de véritable négociation.

    3 février 2009

    Montée de l'extrême droite en Israël

    "Où va la société israélienne ?" interrogeait Jean-Yves Camus le 16 Juin 2008 (Allocution prononcée dans le cadre du colloque organisé par la Fondation Res Publica sous la présidence de Jean-Pierre Chevènement). Tous les observateurs, en Israël ou à l'étranger, signalent une montée de la droite et de l'extrême droite raciste après la guerre de Gaza.
    Israël : ''la montée de figures extrêmistes et racistes telles qu'Avigdor Lieberman risque d'alimenter les critiques contre Israël à travers le monde'' a estimé mardi le ministre des Affaires sociales Itzhak Herzog lors du colloque de Herzliya. Des propos tenus au lendemain de la publication d'un sondage créditant d'un score record le parti de la droite radicale Israël Beitenou.
    Publié par Guysen International.


    19/01/2009, La trêve enclenche une féroce bataille électorale en Israël, AFPS.
    Avant le cessez-le-feu, tous les sondages donnaient comme grand favori le Likoud mené par Benjamin Netanyahu, un ancien Premier ministre. Ce parti qui dispose de 12 députés sur 120 devrait plus que doubler le nombre de ses parlementaires. Les sondages prévoient également une percée du parti d’extrême droite, Israël Beitenou, dirigé par le député d’opposition Avigdor Lieberman, partisan déclaré de la manière forte. « Le peuple est fort, les habitants du sud d’Israël ont fait preuve de leur résistance aux tirs de roquettes, seul le gouvernement empêche l’armée d’achever le travail », a affirmé M. Lieberman. Le Shass, le principal parti ultraorthodoxe, membre de la coalition actuelle, qui est prêt à nouer une alliance avec le Likoud, a également adopté une ligne « dure ». Son représentant au cabinet de sécurité, Eli Yishaï, ministre du Commerce et de l’Industrie, a ainsi voté contre le cessez-le-feu.


    21/01/2009, Avigdor Lieberman, le gagnant de l’opération Plomb durci ?, Affaires-strategiques.
    Mais au final, le vrai vainqueur des événements récents pourrait bien être le dirigeant de Israel Betainu, Avigdor Liberman ; dont la formation devrait sortir très renforcée du prochain scrutin. Libermann, à droite, donne l’impression d’être un homme de conviction. Il est à l’origine de l’interdiction faite à deux partis arabes de participer aux prochaines élections, décision populaire dans l’électorat juif parce qu’elle apparaît comme une sanction du manque de loyauté des députés arabes envers l’Etat. Il est crédité d’une constance unique dans les appels qu’il fait depuis longtemps pour appeler à l’emploi de la « manière forte » contre le Hamas, ce qui lui vaut d’avoir gagné en popularité dans la zone sud-ouest du pays, là où tombent les roquettes du Hamas. Enfin, il semble avoir réussi à élargir son audience au-delà du public des immigrants russes qui constituait sa cible originelle.


    21/01/2009, Raam Tal et et Balad au coeur de la polémique, Guysen International.
    Alors que la classe politique israélienne a officiellement lancé la campagne des législatives, un recours en justice déposé contre la participation de certains partis arabes occupe la Une de tous les médias. Ram Tal et Balad seraient accusés d’encourager et de soutenir des discours de haine à l’encontre des intérêts israéliens.
    [...]
    La Commission Centrale Electorale de la Knesset, composée notamment d’Avigdor Lieberman, le leader de la droite russophone Israël Beitenou, a interdit à ces partis de se présenter au scrutin du 10 février. Raison invoquée : le soutien des discours de haine prôné par les groupes terroristes. Depuis, la Cour Suprême a été saisie du dossier.

    « La question est de savoir si ces partis soutiennent le terrorisme, et j’espère que la Cour suprême respectera la décision prise par la commission électorale, ces organisations terroristes doivent être mises dehors » a indiqué Avigdor Lieberman.

    « C’est un paradoxe qu’AvigdorLieberman qui représente la droite ultra-nationaliste et qui déverse quotidiennement sa haine peut se présenter au Parlement alors que nous demandons l’égalité pour tous les citoyens. Mais ceci n’est pas une vraie démocratie, on nous empêche de se présenter au Parlement » a déclaré Jamal Zahalka, du Parti Balad.


    23/01/2009, Israël: l'opposition de droite récolte les fruits de l'offensive à Gaza, AFP-Yahoo! Actualités.
    Israël Beitenou, créé par des originaires d'ex-URSS et dirigé par le député Avigdor Lieberman, partisan déclaré de la manière forte, est crédité d'une quinzaine de sièges contre 11 dans la présente législature. Kadima est crédité de 25 sièges contre 29. Les travaillistes (centre-gauche) obtiendraient environ 16 mandats contre 19 actuellement. Les médias ont d'ores et déjà intronisé M. Netanyahu Premier ministre. "Vers un gouvernement Netanyahu-Lieberman" titrait ainsi le Maariv alors que le Yediot affirmait qu'Israël "serre les rangs à droite".


    26/01/2009, La guerre de Gaza profite à Nétanyahou et à la droite, Libération.
    Le retour des questions de sécurité au premier plan, suite à l’opération «Plomb durci» contre le Hamas dans la bande de Gaza, bénéficie au Likoud de Nétanyahou, en tête dans les sondages depuis plusieurs mois, et à la formation d’extrême droite Israël Beitenou (Israël notre maison) d’Avigdor Lieberman. Ces deux partis accusent le Premier ministre sortant, Ehud Olmert, le ministre de la Défense, Ehud Barak, candidat des travaillistes, et la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, candidate du parti centriste Kadima, de ne pas avoir «fini le travail à Gaza». Ils dénoncent «l’arrêt prématuré» de l’opération Plomb durci qui s’est soldée selon eux par un semi-échec car elle n’a pas fait chuter le Hamas.
    [...]
    Les médias ont d’ores et déjà intronisé Nétanyahou Premier ministre. «Vers un gouvernement Nétanyahou-Lieberman», titrait ainsi le week-end dernier Maariv, alors que Yédiot Aharonot affirmait qu’Israël «serre les rangs à droite».


    29/01/2009, Israël/ le Parti travailliste relégué en quatrième position, selon un sondage, AP-Yahoo! Actualités.
    A moins de deux semaines des élections générales en Israël, un sondage publié jeudi a fait l'effet d'un coup de tonnerre: le Parti travailliste, longtemps pilier du paysage politique, était relégué en quatrième position dans les intentions de vote, derrière le Likoud (droite), Kadima (centre) et un parti anti-arabe.

    En vue du scrutin du 10 février, le Likoud (opposition de droite) de Benyamin Nétanyahou était crédité de 28 sièges à la Knesset (Parlement israélien) et devançait le parti au pouvoir, Kadima (centre), de la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, crédité de 25 sièges.

    La surprise est venue du parti Yisrael Beitenu, dirigé par Avigdor Lieberman, homme politique connu pour ses positions anti-arabes. Cette formation radicale décrocherait 15 sièges, juste devant le Parti travailliste du ministre de la Défense Ehoud Barak, en quatrième position avec seulement 14 sièges (contre 19 actuellement).


    02/02/2009,La colonisation israélienne se poursuit, quels que soient les gouvernements [Benyamin Nétanyahou], Le Monde.
    Le quotidien Haaretz a révélé, dimanche 1er février, que 200 millions de shekels (40 millions d'euros) ont été investis au cours des deux dernières années pour viabiliser une partie de la zone E1 d'une superficie de 12 hectares. Il s'agit d'opérer la jonction entre la colonie de Maale Adumim (35 000 habitants) et Jérusalem et d'empêcher toute partition de la ville. Près de 200 000 colons ont déjà élu domicile dans le chapelet d'implantations qui entourent l'est de Jérusalem.

    Depuis un rapport officiel de 2005 sur les colonies "sauvages" et la nécessité d'y mettre un terme, il était déjà connu que la plupart d'entre elles étaient établies sur des terres palestiniennes. Aujourd'hui, on apprend qu'environ 75 % des 120 implantations de Cisjordanie "ont été construites sans aucun permis ou en violation totale de ceux qui ont été délivrés et que dans plus de trente d'entre elles, bon nombre de bâtiments ont été édifiés sur des terres privées appartenant à des Palestiniens".

    Ce constat émane d'un autre rapport officiel rédigé par le général Baruch Spiegel, après une longue enquête, à la demande du ministre de la défense de l'époque, Shaul Mofaz. Son contenu, considéré comme de la "dynamite politique", est resté secret. Ehoud Barak, actuel ministre de la défense, a refusé de le publier, estimant qu'il pouvait "représenter un danger pour la sécurité de l'Etat et causer du tort aux relations internationales d'Israël". Révélé, vendredi 30 janvier, par le quotidien Haaretz, ce rapport démontre "qu'il y a eu une violation systématique des lois internationales et du droit de propriété des Palestiniens", affirme Michael Sfard, avocat de Yesh Din, une organisation israélienne de défense des droits de l'homme.

    Il estime qu'à partir de ces données officielles, les personnes spoliées pourront désormais saisir la justice nationale, voire les tribunaux internationaux, pour faire valoir leurs droits. Ce document officiel "jette une lumière crue sur les déclarations pacifiques d'Israël et sur la position officielle selon laquelle les colonies ont été créées en accord avec les normes internationales et dans le respect de la propriété privée", écrit Haaretz dans un éditorial.


    02/02/2009, Israël : l'extrême droite au plus haut, AFP-Le Figaro.
    Le parti israélien d'extrême-droite Israël Beitenou, dirigé par le député d'opposition Avigdor Lieberman, est crédité d'un score record par un sondage rendu public aujourd'hui, à huit jours des élections législatives.

    Israël Beitenou obtiendrait 18 députés sur 120 contre 11 dans le parlement sortant et deviendrait ainsi le troisième parti du pays, selon ce sondage de la télévision publique. Lors d'un précédent sondage rendu public la semaine dernière par la télévision publique, le parti d'Avigdor Lieberman était crédité de 16 mandats.

    Le Likoud, le grand parti de l'opposition de droite mené par Benjamin Netanyahu, qui a déjà été Premier ministre entre 1996 et 1999, se maintient à 28 mandats contre 12.
    Le parti de centre droit au pouvoir Kadima, dirigé par la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, obtiendrait 23 sièges contre 29 actuellement.

    Les travaillistes, conduits par le ministre de la Défense Ehud Barak, devraient se contenter de 17 députés contre 19 actuellement.


    02/02/2009, En Israël, la droite monte et les coups bas pleuvent, Libération.
    «Il n’y a pas de débats d’idées, tout tourne autour de la personnalité des candidats», commente Gideon Doron, professeur de sciences politiques à Tel-Aviv. «De toute façon, les Israéliens n’ont pas la tête à cette campagne. Ils pensaient que Livni parviendrait à former une coalition après la démission d’Olmert, pas qu’on aurait des élections anticipées. Ensuite il y a eu Gaza : avec des problèmes de sécurité de cette envergure, tout le reste passe au second plan. La seule question devient : qui est le plus à même de me protéger ? C’est la préoccupation actuelle des Israéliens, pas les élections», ajoute-t-il.


    03/02/2009, Un parti ultranationaliste israélien perce dans les sondages [Avigdor Lieberman], Le Monde.
    Est-ce une conséquence de la guerre contre le Hamas ou la traduction d'un courant radical de droite au sein de la société israélienne ? Toujours est-il qu'un nom est sur toutes les lèvres à moins d'une semaine du scrutin du 10 février : celui d'Avigdor Lieberman. A tel point que, selon les sondages, son parti, Israel Beitenou ("Israël, notre maison"), pourrait devenir la troisième formation de l'Etat juif, devançant les travaillistes. "Si cela continue, ce sera la plus grosse surprise des élections", prédit Rafti Smith, directeur de l'institut de sondages du même nom. Fort de seulement trois députés en 2005, puis onze lors de la dernière législature, Israel Beitenou pourrait conquérir au moins seize sièges et devenir un allié exigeant du Likoud en cas de victoire de Benyamin Nétanyahou, le favori de cette consultation.


    03/02/2009, Le russophone Avigdor Lieberman devient un joueur incontournable en Israël, AgoraVox - Yahoo! Actualités.
    L'intervention musclée à Gaza aura laissé sur le carreau les membres du gouvernement qui briguent les suffrages de la prochaine élection. Le Kadima (centre droit) de la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, accuse un retard. Le parti travailliste d’Ehud Barak peine à se détacher dans les sondages. L’ancien ministre des Finances, Benjamin Netanyahu, chef du Likoud, serait celui qui récolterait les fruits de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza.


    03/02/2009, Scrutin à haut risque à Umm al Fahm, Affaires-strategiques.
    Voilà une provocation inutile autant que dangereuse : l’homme le plus à droite de l’échiquier politique israélien, Baruch Marzel, disciple de feu le rabbin Meir Kahane, sera chargé de la supervision du dépouillement des bulletins de vote, dans un bureau de la ville arabe de Umm al Fahm, bastion des fondamentalistes du Mouvement Islamique du Nord.


    Lire aussi :
    • La politique israélienne, ça marche comment ?, Guysen International.
    • Élections 2009, Guysen International.
    • Observatoire des élections israéliennes, Affaires-strategiques.

    14 janvier 2009

    "Israël est le seul responsable de la situation à Gaza"

    Secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, une formation qui se veut une alternative aux factions existantes, Moustapha Al-Barghouthi analyse la crise actuelle dans la bande de Gaza et évoque les perspectives d’avenir.

    « Israël est le seul responsable de la situation à Gaza »

    Al-ahram hebdo : Comment qualifiez-vous l’attaque militaire sans précédent menée par Israël contre la bande de Gaza ?

    Moustapha Al-Barghouthi : Ce qui se passe à Gaza peut être un véritable génocide contre notre peuple, un acte sauvage, barbare qui va à l’encontre de toutes les lois internationales. Israël est une force d’occupation de Gaza, qui est en train d’anéantir sa population par des attaques aériennes. Gaza, un territoire ayant la plus grande densité démographique au monde, est aujourd’hui victime des attaques aériennes et terrestres israéliennes, alors qu’elle se trouve sous occupation. Le nombre de martyrs et de blessés est le plus élevé depuis 1967. Devant l’opinion internationale, Israël prétend avoir l’intention de s’attaquer uniquement aux éléments du Hamas. Il a même prétendu auparavant posséder une technologie qui lui permet d’effectuer des opérations presque « chirurgicales » sur le terrain.

    — L’Etat hébreu affirme pourtant avoir pour seul objectif de détruire le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) ...

    — Toutes les allégations d’Israël ne sont rien d’autre que des mensonges. En réalité, la guerre n’est pas dirigée contre le Hamas, mais plutôt contre tout le peuple palestinien. L’objectif réel des Israéliens est de briser la volonté palestinienne, de mettre les Palestiniens à genoux et de les obliger d’accepter un règlement injuste, en rayant, par exemple, le droit d’avoir Jérusalem pour capitale, ou le refus du droit au retour des réfugiés. Les Israéliens veulent obliger les Palestiniens d’accepter le règlement qu’ils ont essayé de leur imposer à la conférence d’Annapolis (novembre 2007), mais ont échoué.

    Ce qui se passe en ce moment est très dangereux, car en s’attaquant de cette manière si féroce à notre population, Israël veut détruire la volonté et la résistance du peuple palestinien et nous imposer ses propres règles par la force.

    En effet, Israël ne s’attaque pas uniquement au Hamas. Il a comme principale cible, la démocratie palestinienne. C’était très clair : les attaques israéliennes ont détruit le siège du Parlement palestinien et l’Etat juif a arrêté 45 de nos parlementaires. Les Israéliens se sont attaqués au gouvernement d’Unité nationale qui représentait 95 % des électeurs palestiniens et ont fortement contribué à l’effondrement de ce gouvernement. Et lorsque ceci a eu lieu, ils ont commencé à propager l’idée que les Palestiniens étaient responsables de leurs divisions internes. Tout cela n’était qu’un jeu dont le but était de briser la volonté politique palestinienne et l’attachement de notre peuple à son droit légitime à la résistance. Un autre mensonge qu’Israël tente de faire passer dans les médias américains et européens est celui que la trêve a été rompue par le Hamas, alors qu’en réalité, c’est Israël qui l’a rompue, en novembre dernier, un mois avant ces attaques.

    Le troisième mensonge qu’Israël essaye de propager est celui que les Israéliens sont les « victimes » et que les Palestiniens sont les « attaquants ». Or, on constate que de leur côté, ils n’ont eu qu’une seule victime, alors que du côté palestinien nous avons perdu plus de 500 martyrs, jusqu’à dimanche dernier.

    Les observateurs sont unanimes à expliquer les attaques israéliennes contre la population de Gaza par la course électorale en Israël. Tzipi Livni et le parti Kadima ne veulent pas paraître faibles face à leurs opposants de la ligne dure du Likoud ou du parti du Travail.

    — Quelles sont les différences entre les trois candidats aux prochaines élections israéliennes ? Est-ce que vous pourriez imaginer un scénario particulier pour chaque candidat ?

    — Il n’y a aucune différence entre eux. Aussi bien Livni que Netanyahu ou Olmert, ils sont tous originaires du Likoud. Quand à Barak, il n’a rien à envier aux autres en matière de férocité et de racisme. Ce qui est désolant, c’est qu’Israël est devenu, dans sa totalité, une nation raciste au sens propre du terme. Ils ont créé un système d’apartheid et de barrières racistes. Ils ne veulent pas qu’un seul Palestinien puisse lever la tête. Peu importe qui va gagner les élections, s’il n’y aura pas de différence dans leur position vis-à-vis des Palestiniens. Ils adoptent et suivent tous la même vision politique sioniste qui refuse l’existence d’un Etat palestinien indépendant, que Jérusalem soit la capitale de la Palestine et que le droit au retour des réfugiés se fasse. Livni a bien dit qu’aucun réfugié ne serait accepté par Israël. Alors quelle différence y a-t-il entre elle et Netanyahu ? Cette guerre est faite juste pour que chacun d’entre eux puisse montrer ses muscles et le prix de cela est le sang des Palestiniens. Et le pire de tout, c’est que malgré toute la férocité démontrée par le gouvernement d’Israël contre les Palestiniens, le Likoud se renforce de plus en plus dans les sondages.

    — Que pensez-vous de la stratégie du Hamas dans sa gestion de la résistance militaire ? Y aurait-il eu une erreur stratégique ou de calcul de leur part en tirant les roquettes contre le sud d’Israël ?

    — Il n’y a pas du tout eu d’erreur commise par Hamas. Jusqu’au mois de novembre dernier, le Hamas avait arrêté les tirs de roquettes, et même empêché toute sorte d’attaque venant de Gaza. Celui qui a rompu l’accalmie était Israël. Les Israéliens sont entrés, attaqué et abattu 6 Palestiniens. C’est à ce moment que les roquettes ont commencé à être lancées depuis Gaza. En réalité, c’était le Hamas qui se défendait en tirant des roquettes sur Israël. Et nous savons tous que ces roquettes n’ont pas d’importante capacité de destruction. Mais il s’agissait d’une manière symbolique de se défendre contre les attaques des forces d’occupation. Nous ne pouvons pas jeter la responsabilité sur les victimes alors que les véritables agresseurs sont les Israéliens.

    Tout cela a été soigneusement planifié. Au cours des derniers mois, l’on pouvait lire dans les journaux israéliens qu’Israël avait besoin de quelques mois d’accalmie afin de préparer son armée à une attaque majeure. Et cela est exactement ce qui se produit maintenant.

    — Y a-t-il aujourd’hui une possibilité de rétablir la réconciliation palestinienne ?

    — Le seul chemin cohérent à suivre, à mon avis, est celui de la reconstitution d’une administration politique unifiée en Palestine, et la formation d’un gouvernement d’unité nationale. Par la suite, nous devrons avoir des élections auxquelles prendront part tous les représentants des tendances palestiniennes, sans exception ou discrimination. Ces élections devront être transparentes et crédibles et avoir lieu dans l’ensemble des territoires occupés. Et, enfin, il faut absolument qu’il y ait des garanties que l’on acceptera inconditionnellement ses résultats.

    — Pensez-vous que l’élection de Barack Obama aux Etats-Unis apportera du changement dans la position de Washington dans le conflit israélo-palestinien ?

    — C’est sûr que nous avons l’espoir d’un changement dans la politique étrangère américaine, mais je ne veux pas me faire des illusions. Nous espérons que le président Obama aura au moins une meilleure compréhension de la situation dans cette région. Contrairement à George Bush, le président Obama est sensé être plus sensible aux causes justes comme c’est le cas de la nôtre. Mais la question que nous nous posons est la suivante : est-ce qu’il pourra affronter le lobby israélien aux Etats-Unis ? Nous attendons pour voir comment il agira.

    Mais ce que nous notons maintenant, c’est que l’administration Bush fait tout, jusqu’au dernier moment, pour qu’en arrivant, le président Obama retrouve une situation intenable et pour qu’il soit dans l’impossibilité d’opérer des changements dans la politique américaine vis-à-vis de cette région. L’administration Bush, conjointement avec Israël, est en train de construire trois murs qu’Obama pourra difficilement franchir en vue d’avoir des influences positives sur ce conflit. Le premier de ces murs est celui des engagements assumés par Bush vis-à-vis d’Israël où il a réduit, à travers une résolution du Conseil de sécurité, le processus de paix d’Annapolis. Le deuxième mur, ou entrave à l’action future d’Obama, est le feu vert donné par l’administration Bush à ce massacre des Palestiniens. Et le troisième point, qui est le plus important, c’est qu’à travers la tension produite par cette confrontation et ce massacre des Palestiniens, elle tente de détruire le plan annoncé par Obama d’entamer un dialogue avec la Syrie, l’Iran et toutes les forces de la région.

    Propos recueillis par Randa Achmawi
    Publié par Al-Ahram hebdo Semaine du 7 au 13 janvier 2009, numéro 748 (Invité).

    20 septembre 2008

    Revue de presse Palestine/Israël

    "L’idée du rêve du Grand Israël est terminée", AgoraVox
    Dans un discours qualifié d’historique et d’adieu, le premier ministre israélien Ehud Olmert déclare :
    « L’idée du rêve du Grand Israël est terminée »
    « Depuis 40 ans (depuis la guerre de 1967), nous avons inventé des prétextes et des arguments afin de justifier notre politique de négligence de pas vers la paix selon le principe [deux peuples, deux états]. Notre politique n’a pas été dans l’intérêt d’Israël, car en refusant le principe de [deux peuples, deux états], nous sommes restés [un état pour deux peuples].»
    « Beaucoup de palestiniens, désespérés par les négociations, ont commencé à penser à cette solution [un état pour deux peuples] et même nos amis en Europe et aux Etats-Unis ont aussi à leur tour réfléchi à cette solution. En effet, nous avons refusé de voir la réalité, nous avons refusé de lire la feuille de route qui nous dit clairement que le temps ne tourne pas en notre faveur…. »
    « Je croyais que la terre entre la méditerranée et la rivière de la Jourdan est à nous, à nous seuls, les juifs. Je croyais que nous disposions d’un droit historique….Mais en fin de compte, et après beaucoup de réflexion et d’hésitation, je suis arrivée à une conviction : nous devons partager la terre, nous ne voulons pas un [état pour deux peuples]. »


    Commentaires : Cette information a été peu reprise par les médias dominants et surtout elle n'a pas été mise en contexte (nous y reviendrons). Curieusement, l'abandon du rêve sioniste du Grand Israël est repris par tous les commentateurs à propos de Tzipi Livni.

    12/09/2008, Trois ans après, l’échec du retrait de Gaza hypothèque tout départ des Territoires, Libération
    C’est un péril d’une toute autre nature qui inquiète le reste de la classe politique israélienne, des centristes de Kadima à l’extrême gauche. Celle de voir la poursuite de la colonisation empêcher la création d’un Etat palestinien. «La partition est en train de devenir impossible», constate mi-lucide, mi-navré un éditorialiste de Haaretz. Dès lors, l’avènement d’un Etat binational deviendrait inéluctable et, compte tenu de la démographie, les juifs pourraient rapidement y devenir minoritaires. Cauchemardesque pour la plupart des Israéliens, cette option séduit une partie de l’élite palestinienne convaincue qu’un retour aux lignes de 1967 est désormais exclu.


    14/09/2008, Cisjordanie : un plan d'indemnisation des colons présenté au cabinet, AFP - Romandie News
    Le Premier ministre Ehud Olmert a soutenu le plan lors de la réunion du cabinet et demandé à M.Ramon de présenter un projet de loi au gouvernement estimant que le maintien de l'occupation de la Cisjordanie risquait à terme de mettre en péril le caractère juif d'Israël en le transformant en un Etat "pour deux peuples".
    "L'idée du Grand Israël a disparu. Celui qui soutient autre chose trompe les Israéliens", a déclaré M. Olmert ajoutant que ce débat "est aussi un moyen de préparer le public aux nécessaires compromis qui devront être faits dans le futur".


    14/09/2008, Olmert dresse son bilan, Aroutz7
    Olmert a profité de cette occasion pour présenter son bilan, estimant notamment qu'il fallait renoncer définitivement au "rêve du grand Israël" et prétendant que ceux qui y croyaient encore "se berçaient d'illusions". Il a encore déclaré que 40 ans après la Guerre des Six-Jours, les dirigeants israéliens s'étaient montrés plutôt créatifs alors que dans l'autre camp, on semblait de plus en plus obstiné. Il a ajouté que le temps "ne travaillait pas pour Israël".
     
    Et d'admettre : "Je n'ai pas toujours adopté de telles positions, et j'avais même dit à l'époque à Ehoud Barak que les concessions territoriales qu'il était prêt à accepter à Camp David étaient excessives. Mais finalement, après un processus douloureux, je suis arrivé à la conclusion que nous devons partager avec nos partenaires si nous ne voulons pas devenir un Etat binational".


    14/09/2008, Abbas / Olmert : « Cherche paix désespérément », Guysen News
    Ce matin, lors du conseil hebdomadaire des ministres, Ehoud Olmert a déclaré que « l'idée du Grand Israël est terminée et celui qui persiste à croire en cette idée se berne lui-même ».

    « Lors des discussions de Camp David je pensais que les concessions accordées par Ehoud Barak étaient excessives et que tout nous appartenait, du Jourdain à la mer méditerranée, mais après une période douloureuse je me suis résigné à penser que nous étions forcés de partager cette terre si nous ne voulons pas devenir un Etat binational » a-t-il ajouté.


    15/09/2008, Revue de la Presse israélienne de l'Ambassade de France en Israël, UPJF
    Olmert : la notion de « Grand Israël » a perdu toute pertinence
    Hier, lors de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, le Premier ministre, Ehud Olmert, bientôt démissionnaire, a exposé l’essentiel de son credo politique, qu’il n’a finalement pas pu réaliser, écrit Haaretz. « La notion de grand Israël n’est plus valable. Elle n’existe plus. Ceux qui emploient ce terme se font des illusions », a déclaré le Premier ministre.

    M. Olmert s’est prononcé lors du premier débat au conseil de ministres, consacré au projet de loi proposé par le vice-Premier ministre, Haïm Ramon, et intitulé « évacuation-compensation ». Ce projet de loi prévoit de mettre en place un dispositif qui versera des indemnités à des colons habitant à l’est de la barrière de séparation, en échange de leur bonne volonté à quitter leurs maisons pour se réinstaller en Israël.
    Selon les données présentées par H. Ramon, environ 62.000 colons vivent à l’est de la barrière dont 18% (11.000) sont désormais prêts à déménager en Israël, en échange d’indemnités. Selon son projet, l’Etat versera 1.1 million de NIS à chaque famille qui sera d’accord pour évacuer, avec une prime de 15% à 25% pour les familles souhaitant s’installer dans le Néguev ou en Galilée. Le coût du projet s’élève à 2.5 milliards de NIS. Ce plan n’a pas été voté hier par le gouvernement, mais le vice-Premier ministre a annoncé qu’il le soumettrait à l’approbation du nouveau gouvernement qui sera formé après les primaires à Kadima.

    Le journal note qu’au cours de la réunion d’hier, les ministres Tzipi Livni et Shaoul Mofaz, candidats favoris à la tête de Kadima, se sont prononcés contre le projet de Haïm Ramon. Selon Mme Livni, il est trop tôt pour aborder la question de l’évacuation, car cela pourrait compromette les positions israéliennes dans le cadre des négociations avec les Palestiniens sur les frontières permanentes. M. Mofaz, quant à lui, a soutenu que la promotion de ce projet avant la signature d’un accord permanent ne ferait que renforcer les revendications palestiniennes envers Israël. Les deux autres candidats à la tête de Kadima, les ministres Avi Dichter et Meïr Shitrit, ont exprimé, eux aussi, leurs objections à ce projet.


    16/09/2008, Olmert formule ses dernières volontés politiques, Le Figaro
    À défaut, Ehoud Olmert a tiré les conclusions de ses deux années et demie de pouvoir : «L'idée du Grand Israël est finie, ceux qui l'évoquent encore se font des illusions.» Si le constat n'est pas nouveau, il marque la différence avec le Likoud et l'opposition de droite menée par Benyamin Nétanyahou.

    Histoire de bien marquer les points sur les «i», Ehoud Olmert déplore que «depuis quarante ans nous n'avons cessé de multiplier les arguments pour ne faire aucune concession aux Palestiniens» et de confesser qu'«après bien des tourments et des hésitations, je suis arrivé à la conclusion que nous devons partager avec ceux qui vivent à nos côtés (les Palestiniens)». Le premier ministre ajoute avec une certaine amertume : «Nous refusons de voir la réalité alors que le temps ne joue pas en notre faveur.»


    17/09/2008, Nassrallah : "Nous avons liquidé la super-puissance israélienne", DesInfos
    Rappelons qu’en début de semaine, le Premier ministre, Ehud Olmert, avait affirmé que « la communauté internationale est en train de changer de perspective concernant la transformation de l’Etat juif en un Etat binational », ce qui selon lui doit inciter Israël à « prouver que ses dirigeants ont toujours été plus inventifs et pris davantage d’initiatives diplomatiques que ceux du camp adverse, lesquels ont trop longtemps persisté dans leur intransigeance ».


    17/09/2008, Le legs d'Ehoud Olmert : impasses diplomatiques et fiasco militaire, Le Monde
    Mais il est désormais trop tard pour cet homme qui reconnaît aujourd'hui qu'"il fut un temps où il s'est battu contre ces idées". Au cours de son mandat, il n'a cessé de dire que la création d'un Etat palestinien était une nécessité pour éviter la perte d'identité juive dans un Etat binational. Il a toujours reconnu que le rêve du Grand Israël était une notion dépassée et qu'il fallait faire de la place aux voisins palestiniens. Mais il n'a pas réussi à traduire ces idées en réalités.


    Lire aussi :
    "Grand Israël", Google - Actualités Google

    27/05/2007, Le Processus de Paix, à quand le réveil ?, SaphirNews
    Pour l’Ambassadeur israélien, la plus belle occasion de « couloir ou porte ouverte » a été 1947, avec la résolution de partage. Mais « l’offre » s’est détériorée avec le temps. Et la violence, l’insécurité, la souffrance des peuples ont mis le processus en berne.
    Avec Réalisme, Daniel Sheck ajoutera « … qu’il est temps de part et d’autre, d’ôter certains tabous, pour laisser ses rêves dehors ». Pour le diplomate israélien, il faut arriver à un véritable sens du compromis. Les israéliens ont appris à accepter une réalité : celle de la construction d’un Etat palestinien. Ce qui est une grande avancée en soi, « … car le Grand Israël au sens biblique, n’est plus … ». Même si ajoute-t-il, une certaine minorité, y croit encore.

    Mais la ligne dure sans langue de bois se trouvera dans le dernier panel, réunissant Marek Halter, romancier et essayiste et Ivan Levaï, Directeur de la publication La Tribune Juive, qui reviennent à la thèse du grand Israël. Un discours plus modéré s’est ensuivi avec Noël Bouttier, directeur de la publication témoignage chrétien qui rappelle à la nécessité de solutions justes et équitables pour le peuple palestinien et israélien.


    Commentaires : Les sionistes sont plus intégristes en France qu'en Israël !

    11 novembre 2008

    Le sionisme est-il un obstacle à une paix juste ?

    La guerre entre Israéliens et Palestiniens a commencé il y a un siècle avec le début de la colonisation sioniste et avec la dépossession des Palestiniens de leur terre. Cette guerre a connu des périodes très différentes : le colonialisme britannique, l’arrivée massive de nouveaux immigrants juifs après 1945, la Nakba avec l’expulsion de 800000 Palestiniens de leur propre pays, la deuxième conquête sioniste en 1967, l’Intifada, les accords d’Oslo, l’échec total de ce processus, la division de la Palestine en « bantoustans » …

    La question centrale

    Cette guerre dure inexorablement. D’autres diront bien mieux qu’un membre de l’Ujfp l’insupportable situation du peuple palestinien : des gens et leurs descendants qui sont des réfugiés depuis plusieurs générations. Des millions de personnes qui vivent quotidiennement l’occupation, l’enfermement, la pénurie organisée, les assassinats dits « ciblés », les arrestations arbitraires (plus de 600000 prisonniers en 40 ans), les check points, les humiliations, les souffrances, une annexion qui n’est même plus rampante, une confiscation incessante, un pillage de l’eau et de la terre, l’impossibilité de vivre normalement… Sans oublier ceux qu’on appelle improprement les Arabes Israéliens ou les Bédouins du Néguev réduits à l’état de sous-citoyens dans un « Etat Juif » qui ignore ouvertement toute idée de citoyenneté.

    Je limiterai mon propos à donner le point de vue d’un Juif Français ayant une histoire personnelle « classique » (celle de l’antisémitisme et du génocide nazi que les sionistes instrumentalisent pour justifier leur fuite en avant).

    Pourquoi n’y a-t-il pas de paix juste à brève échéance ?

    Qu’on le veuille ou non, d’un point de vue juif, la question centrale, c’est le sionisme. Les Israéliens forment aujourd’hui un peuple. La Nakba a été un crime et il faudra que ce soit reconnu. Mais on ne reviendra pas en arrière. Il n’y a pas d’autre solution qu’une paix entre Palestiniens et Israéliens. Il ne peut pas y avoir de paix sans une égalité totale des droits et avec le sionisme, c’est impossible. D’un côté, le sionisme a engendré (et on doit considérer que c’était inéluctable) un courant (laïque ou religieux) prônant la « purification ethnique » et le « transfert » des Palestiniens au-delà du Jourdain. Mais ceux qui feignent de croire qu’il existe un « sionisme à visage humain » sont incapables d’expliquer pourquoi Oslo a échoué et pourquoi il y a aujourd’hui 4 fois plus de colons qu’au moment de la signature de ces accords.

    Le sionisme a engendré un monstre : une société « autiste » qui s’est convaincue qu’elle a tous les droits et que c’est elle la victime. Il n’y aura pas de paix sans une rupture de la société israélienne avec le projet sioniste ou sans un dépassement du sionisme, un passage au « post-sionisme », une « sécularisation » de la société israélienne. Sans un tel processus, les aventures militaristes ou colonialistes et les crimes contre les Palestiniens se poursuivront.



    Un programme ininterrompu de destruction de la Palestine

    Il est symptomatique de voir que les prochaines élections israéliennes se sont d’abord jouées à l’intérieur d’un parti (Kadima) que l’on ose qualifier de « centriste ». C’est une ancienne du Mossad (Tzipi Livni qui a probablement du sang sur les mains) qui l’a emporté sur un dirigeant de l’armée (Shaul Mofaz poursuivi pour crimes de guerre). Toute la classe politique est corrompue ou poursuivie pour délits sexuels. L’élection se jouera donc désormais entre Livni et Nétanyahou, dont les programmes d’annexion et de démembrement de la Palestine ne diffèrent que sur des détails : la quantité de territoires annexés.

    Au moment de la signature des accords d’Oslo, la direction palestinienne a fait un compromis incroyable : entériner la décision prise dès 1988 à Alger en limitant le futur Etat Palestinien à 22% de la Palestine historique. Dans l’esprit des signataires palestiniens, les dirigeants israéliens allaient accepter l’idée de « la paix contre les territoires » et se retirer. Ce processus est aujourd’hui totalement enterré. Pourquoi ? À cause du sionisme. Rabin, lui-même avant son assassinat a installé 60000 nouveaux colons. Aujourd’hui, il y a 500000 Israéliens qui vivent dans les territoires conquis en 1967. La moitié sont dans le « grand Jérusalem » qui couvre 4% de la Cisjordanie entre Ramallah et Bethléem et rend totalement non viable toute idée d’Etat palestinien. La première chose qui frappe quand on visite la région, c’est « où est la frontière » ? Elle a disparu : les routes de contournement, les nouvelles banlieues installées sur des terres palestiniennes, les colonies dites « légales » ou illégales sont omniprésentes. Aucune carte n’indique la « ligne verte », c’est-à-dire la frontière d’avant 1967.

    Manque de chance ? Occasion loupée ? Non. Dans le projet sioniste, les Palestiniens sont des étrangers dans leur propre pays. Autrefois, ils n’existaient même pas, on disait « les Arabes ». Les délires sur « Jérusalem capitale unifiée » ou sur le Grand Israël sont partagés par la majorité de la société israélienne. La propagande israélienne présente de façon permanente le Palestinien comme un terroriste qui rêve d’achever le génocide hitlérien, ce qui permet aux dirigeants de prétendre « nous n’avons pas de partenaire pour la paix » .

    Tous les courants du sionisme, de droite ou dits « de gauche » ont perpétré des crimes contre les Palestiniens. La droite, héritière de Jabotinsky et Begin, n’a jamais rompu avec les méthodes expéditives. Elle prône ouvertement le « transfert » (au-delà du Jourdain) au nom de théories ouvertement racistes. Mais la « gauche », celle des héritiers de Ben Gourion ou de Golda Meïr a toujours utilisé les mêmes méthodes avec un discours présentant les Israéliens comme des victimes. Cette gauche a programmé l’expulsion du peuple Palestinien au moment de la Nakba. Elle a prémédité et réalisé les conquêtes et les annexions de 1967. Elle est à l’origine de la décision politique de coloniser en 1967, même si elle a dû faire appel au courant National-Religieux pour réaliser cette colonisation. Elle était au pouvoir quand Barak et Clinton ont sommé Arafat de capituler. Et c’est encore un ministre travailliste qui est à l’origine de la construction du Mur de l’Apartheid. Le sionisme a gommé les différences idéologiques et il n’y a que des nuances entre ses courants. Même la gauche sioniste qui a signé les accords d’Oslo et l’initiative de Genève n’a jamais considéré les Palestiniens comme des égaux. Pour elle, il y a une priorité absolue : sauver le projet sioniste et elle exige des Palestiniens qu’ils se soumettent à cette exigence.

    Un projet multiforme

    Il est difficile de réduire le sionisme en le comparant à d’autres idéologies. Aujourd’hui Israël est incontestablement un pion avancé de l’Occident et de l’impérialisme américain au Moyen-Orient. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Plus de 60 ans après, les Palestiniens continuent de payer pour un crime qu’ils n’ont pas commis : l’antisémitisme européen et le génocide nazi. Mais en 1948, il y avait un consensus incluant l’URSS et ses satellites pour la création de l’Etat d’Israël et sa victoire militaire. Aujourd’hui, la direction israélienne, même si elle est très dépendante de l’énorme aide militaire et financière américaine, a une autonomie certaine. Aucun dirigeant américain, Obama compris, n’est en situation de s’opposer à une décision qui ferait consensus en Israël. Le pays est devenu un exportateur d’armes sophistiquées, de « villes sécurisées » et de divers produits utilisés par les armées, les polices et les milices. Il y a des conseillers militaires israéliens un peu partout et le gouvernement israélien joue un rôle actif (attesté par la guerre contre le Liban) pour le maintien des troupes occidentales en Irak et en Afghanistan ou pour déclencher une agression contre l’Iran. Il est fortement aidé par un courant millénariste et antisémite (les « Chrétiens Sionistes ») dont les fidèles ont déversé des milliards de dollars pour la colonisation. Bref, Israël est en mesure d’empêcher toute rupture avec l’idéologie du « choc des civilisations » et de la « guerre du bien contre le mal » si chère à l’ancien président Bush.

    Le sionisme est bien sûr une forme de colonialisme. L’acquisition des terres dès la fin du XIXe siècle, l’expulsion progressive des Palestiniens, la confiscation du pays et de ses richesses, l’enfermement de la population indigène dans des camps, la séparation (Apartheid) rigoureuse entre les nouveaux arrivants et la population autochtone, tout ceci rappelle fort des phénomènes semblables à ce qu’a connu l’Algérie avec la colonisation française ou plus généralement l’Afrique. Mais le colonialisme sioniste a une grande spécificité. Sauf peut-être pendant une courte parenthèse entre 1970 et 1990, il ne vise pas à asservir le peuple autochtone en le transformant en peuple de travailleurs bon marché ayant pour seul avenir le statut d’auxiliaire du projet colonial. Le sionisme vise à expulser le peuple autochtone et à le remplacer. Les sionistes ont rêvé du crime parfait, celui réussi aux Etats-Unis ou en Australie où la population autochtone n’est plus en mesure d’exiger ses droits. Sur ce plan, les sionistes ont échoué.

    Le sionisme a triomphé à cause du génocide nazi (en exploitant la mauvaise conscience occidentale) et il a toujours prétendu être LA réponse à la persécution séculaire des Juifs. Il y a là une propagande insidieuse et hélas efficace qu’il faut contrer. D’abord, pour les Juifs Orientaux venus du monde arabo-musulman, c’est exactement l’inverse. Il n’y a pas eu de persécution des Juifs avant l’avènement du sionisme. C’est essentiellement l’apparition de cette idéologie (née en Europe), l’appel de la direction sioniste à l’émigration des Juifs et l’expulsion des Palestiniens qui a rompu une cohabitation millénaire, certes loin d’être parfaite, mais en tout cas exempte des drames que les Juifs ont connus en Europe. Pour les Juifs européens, on est en plein paradoxe : le sionisme, minoritaire jusqu’à 1945, a partagé assez largement les mêmes thèmes que les antisémites. Il a affirmé que les Juifs ne peuvent ni s’émanciper, ni se mélanger, ni s’assimiler, qu’ils ne peuvent vivre qu’entre eux, que l’antisémitisme est inéluctable et qu’il est vain de vouloir le combattre, bref que la seule solution est la disparition des Juifs disséminés et leur regroupement en Israël.

    L’Europe a été ravie de se débarrasser de la « question juive » (sur le dos du peuple palestinien). Il est symptomatique de constater l’absence des sionistes dans l’engagement massif des Juifs dans tous les combats émancipateurs du XXe siècle (résistances diverses, citoyenneté, mouvements révolutionnaires ou anticolonialistes …). Il est symptomatique de voir leur connivence avec des antisémites avérés pour favoriser le départ des Juifs vers le Proche-Orient et la création de leur Etat Juif.

    Israël n’est pas un « havre de paix » pour les Juifs, il faut le dire avec force : la politique israélienne n’est pas seulement criminelle pour les Palestiniens, elle est aussi suicidaire pour les Juifs. Comment imaginer que les crimes incessants perpétués depuis des décennies seront sans conséquence ? Alors que les Juifs américains ou européens ne subissent aucune forme de discrimination, s’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il en sera ainsi tant que durera la tentative d’écraser la Palestine. La politique israélienne provoque dans le monde entier un « antiisraélisme » (pour reprendre une formule d’Edgar Morin) parfaitement justifié. Quand la propagande sioniste mélange sciemment et délibérément juif, sioniste et israélien, elle met en péril le « judaïsme » dans sa totalité, laïque ou religieux.

    Comment le sionisme a inventé une nouvelle « identité » juive ?

    Il n’y a pas de différence fondamentale entre le colon fanatique qui affirme que Dieu a donné cette terre au peuple juif et l’Israélien moyen, élevé avec le complexe de Massada, que l’on a dressé dans « la peur de ne plus avoir peur ». Tous sont le fruit d’une réécriture de l’histoire et d’une identité falsifiée.

    Le sionisme n’est pas un nationalisme comme les autres. Il puise ses sources dans le terreau de l’explosion de tous les nationalismes européens, ceux qui propagent l’idée simple et incroyablement dangereuse : 1 peuple= 1 Etat. Il reprend les théories raciales en vigueur à l’époque (les Aryens, les Sémites …) aussi fausses que dangereuses en imaginant qu’il y a une race juive descendante des Hébreux.

    Tous les nationalismes ont fabriqué des « histoires politiquement correctes ». L’enseignement en France a inventé des actes fondateurs (le sacre de Clovis, Roland de Roncevaux, le chêne de Saint-Louis, Jeanne d’Arc…) dans le but évident de donner une raison d’être à une certaine conception de la nation. Il n’y a pas si longtemps, on ne pouvait pas avoir son certificat d’études sans connaître toutes les dates des guerres contre l’ennemi héréditaire allemand.

    Les sionistes ont été confrontés à la nature même des communautés juives dispersées. Une communauté de destin liée à la situation de minorité religieuse, mais des langues, des cultures et des situations sociales très différentes. Les sionistes ont fait une construction intellectuelle. Pour l’historien Shlomo Sand, ils ont inventé la notion de peuple juif. Cette idée fait débat dans l’Ujfp. Personnellement, elle me paraît pertinente.

    Alors que dans l’Europe des années 1900, la croyance religieuse est en très forte diminution, les sionistes (même les non-croyants) reprennent comme vérité historique le récit biblique. S’il y a encore aujourd’hui des discussions de détail dans la communauté des archéologues et des historiens, il est avéré que l’épisode d’Abraham (l’arrivée des Hébreux depuis la Mésopotamie), celui de Moïse (une entrée puis une sortie d’Egypte), celui de Josué (la conquête sanglante de Canaan) et celui du royaume unifié de David et Salomon sont des légendes. À l’époque présumée de Salomon, Jérusalem était un village et les royaumes d’Israël et de Juda ont probablement toujours été des entités distinctes. On se trouve dans une situation ahurissante. Prenons l’exemple du créationnisme. Certes, cette croyance a un pouvoir de nuisance énorme. Ses adeptes parviennent à s’infiltrer un peu partout. Mais scientifiques ou dirigeants conviennent qu’il est impossible ou dangereux de mettre sur le même pied créationnisme et Darwinisme. Prenons l’exemple de l’Iliade et l’Odyssée. Ce texte est magnifique et fondateur, mais tout le monde sait que ce qu’il raconte est très largement légendaire. Dans le cas de la Bible, le texte est pris pour argent comptant. Il est enseigné comme une vérité dans les manuels scolaires. Il sert à justifier le nouveau royaume unifié (l’Etat d’Israël), l’expulsion des Palestiniens sur le mode de la conquête de Josué et la colonisation. Il est à la base du projet sioniste dans toutes ses versions, laïque ou religieuse. Pourtant il est avéré que ce texte est très largement légendaire.

    Shlomo Sand va plus loin. Il explique qu’il n’y a pas eu d’exil et qu’il n’y a donc pas de retour. Bref, il met par terre tout ce qui est au centre du projet sioniste. Qu’on accepte ou non la notion de peuple juif, il rappelle une vérité largement connue des historiens : il n’y a pas eu d’exil. L’existence de communautés juives à Babylone, Alexandrie ou Rome est antérieure à la guerre menée par Titus. Ce n’est pas le peuple juif qui est parti avec la conquête romaine, ce sont les élites religieuses. Les Romains n’ont pas chassé les peuples qu’ils occupaient et ils n’avaient pas les moyens de déporter toute une population. C’est la religion qui s’est dispersée.

    Pendant des siècles, le judaïsme a été prosélyte et en concurrence avec d’autres religions. Les descendants des Hébreux de l’Antiquité sont donc en grande partie les Palestiniens et les Juifs d’aujourd’hui sont assez largement les descendants de populations converties de l’Empire Romain. Si on peut parler de peuples séfarade, judéo-berbère, yiddish ou falasha (peuples qui étaient souvent en relation entre eux), selon Sand il n’y a pas de peuple juif. Cette construction intellectuelle a été le résultat de la persécution des Juifs d’Europe.

    Les sionistes se sont acharnés à présenter la diaspora comme une parenthèse, alors qu’elle est l’essence du judaïsme. Ils se sont acharnés à détruire tout ce qui évoquait la diaspora. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu tuer le Juif, le cosmopolite, l’universel, le minoritaire luttant pour l’égalité des droits. Il a fallu détruire les langues, les cultures, les mémoires, les histoires et les identités juives. À la place, on a créé un peuple artificiel sans passé, militariste et colonialiste.

    Tous les Israéliens, de gauche comme de droite, s’imaginent être les descendants d’une histoire illustre, unique, extraordinaire. Tous s’imaginent avoir survécu à une suite ininterrompue de persécutions, achevée avec le retour du peuple élu en terre promise. Belle histoire, mais c’est tout faux. On a appris aux Israéliens que personne n’aimait les Juifs, que tout le monde voulait les détruire, qu’ils ne pouvaient vivre qu’entre eux et qu’ils devaient tous venir en Israël. On les a élevés dans la peur de l’anéantissement et dans l’ignorance totale de « l’autre », le Palestinien assimilé aux pogromistes. Dans cette histoire-là, il n’y a pas de place pour deux peuples dans la région et la fuite en avant criminelle ne peut que continuer.

    Il ne faut pas confondre sionisme et religion. Dans la conception juive religieuse, l’exil est symbolique, il ne suppose à aucun moment un quelconque « retour ». D’ailleurs au cours des siècles, les Juifs ont eu de nombreuses occasions d’émigrer en Palestine et ils ont en général fait d’autres choix. Il y a eu chez les religieux comme chez les laïques une réécriture rendue nécessaire pour justifier le projet sioniste et la colonisation.

    Une rupture du « front intérieur » ?

    Soutenir le peuple palestinien, c’est bien sûr lutter contre son étouffement (en particulier à Gaza) et son isolement. C’est aller là-bas pour témoigner et apporter une solidarité concrète. C’est populariser la cause palestinienne. C’est aider à renverser le rapport de force politique et militaire. C’est exiger de nos gouvernants et de l’Europe la fin de l’impunité de l’occupant. C’est exiger des sanctions politiques, économiques et culturelles contre Israël (et donc le boycott) tant que durera l’occupation. C’est exiger le désinvestissement, par exemple celui d’Alstom Véolia qui viole le droit international en construisant le tramway entre Jérusalem et la colonie de Pisgat Zeev. C’est affirmer la primauté du droit international et de l’égalité contre toutes les arguties qui visent à justifier l’injustifiable.

    Pour l’instant, rien ne bouge. En Israël, la petite minorité anticolonialiste qui avait réussi à enclencher un mouvement de masse contre la première guerre du Liban (1982) n’arrive pas à remuer l’opinion. La société israélienne ne souffre pas des crimes commis en son nom. Certes, le libéralisme a entraîné une explosion de la pauvreté, mais la majorité des citoyens vit avec le train de vie des classes moyennes occidentales. Les Israéliens peuvent savoir sans problème ce que leur armée ou les colons font et ils s’en moquent. C’est le résultat de « l’homme juif nouveau » que les sionistes ont réussi à fabriquer. Les Israéliens se vivent en victimes, pas en bourreaux.

    Le terrain de la lutte idéologique contre le sionisme a été en partie déserté et les Palestiniens en subissent les conséquences. On a trop facilement laissé les sionistes parler au nom du judaïsme et utiliser l’antisémitisme et le génocide comme bouclier. La société israélienne vit une forme de névrose ou de psychose collective. Rares sont celles et ceux qui s’attaquent à cette mise en condition de masse.

    Parmi ceux qui participent (souvent consciemment) à la propagande israélienne, certains croient faire œuvre de philosémitisme en voulant interdire toute critique d’Israël ou en assimilant antisémitisme et antisionisme (voir Philippe Val, Alain Finkielkraut, BHL …). C’est tout aussi stupide que de croire (pour prendre l’exemple français) que pour soutenir les Pieds Noirs, il fallait soutenir l’OAS. En soutenant une politique criminelle et en laissant ses instigateurs parler au nom du judaïsme, on met en danger tous les Juifs et on fait acte d’antisémitisme.

    Pour une paix juste fondée sur l’égalité des droits, il faudra une « rupture du front intérieur » en Israël et dans les « communautés juives organisées » à l’image de la rupture qui a accompagné la chute de l’Apartheid sud-africain quand la direction politique des Blancs a compris que cette rupture était obligatoire pour assurer le maintien sur place de la population blanche comme composante du peuple sud-africain. Pour l’instant on est loin d’un dépassement du sionisme ou d’une rupture, mais rien n’interdit une modification brutale du contexte.

    Pierre Stambul
    9 novembre 2008
    Pourquoi la paix au Proche-orient est-elle si difficile ?
    Le sionisme est-il un obstacle à une paix juste ?
    Intervention de Pierre Stambul, membre du Bureau National de l’UJFP à Rochefort Samson (Drôme) le 9 novembre 2008.
    Publié par UJPF.

    7 novembre 2008

    Irak, Afghanistan, Pakistan, Iran, Palestine/Israël...

    Afghanistan, Irak, Iran... Des défis d'une ampleur inédite attendent Obama, AFP - Yahoo! Actualités
    Guerres en Irak et en Afghanistan, Pakistan instable, Iran menaçant... Barack Obama va hériter à la Maison Blanche d'une série de défis internationaux d'une ampleur inédite pour un nouveau président, qu'il compte gérer en se démarquant de son impopulaire prédécesseur.


    Obama et le général Petraeus le 21 juillet 2008 à Bagdad

    Source : Yahoo! Actualités


    Le président iranien Ahmadinejad félicite Obama pour sa victoire, AFP - Yahoo! Actualités
    Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a félicité jeudi Barack Obama pour son élection à la présidence des Etats-Unis, mais en lui demandant un changement radical de la politique des Etats-Unis, a rapporté l'agence de presse officielle Irna.


    Tzipi Livni met en garde Barack Obama contre des négociations avec l'Iran, AFP - Yahoo! Actualités
    La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a déclaré jeudi que Barack Obama ne devrait pas ouvrir des négociations avec l'Iran dans l'immédiat, estimant que cette volonté de dialogue pourrait être interprétée par le régime de Mahmoud Ahmadinejad comme un signe de "faiblesse".


    Rice de nouveau au Proche-Orient avant de léguer le dossier à Obama, AFP - Yahoo! Actualités
    La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a admis implicitement jeudi l'impossibilité d'un accord de paix entre Israël et les Palestiniens en 2008, appelant à consigner les progrès accomplis avant de léguer le dossier à l'administration de Barack Obama.


    Moscou – Washington : vers une épreuve de force ?, RFI
    C’est une véritable salve d’artillerie qui a salué, à Moscou, l’élection de Barack Obama. Mais le but n’était pas vraiment de le féliciter. Dans son discours à la nation, Dmitri Medvedev a tiré contre les Etats-Unis avec une intention manifeste d’avertir, voire de causer des dégâts.

    [...]
    Le ton est donné. Qu’est-ce qu’il signifie ?
    [...]
    Il s’agit sans doute d’au moins trois objectifs. Le premier, à court terme, paraît très direct et immédiat : intimider les alliés des Américains dans le voisinage de la Russie et les décourager de faire de nouvelles concessions à Washington dans le domaine militaire.
    [...]
    Le deuxième objectif – tactique, à moyen terme – découle d’un constat, bien exprimé dans le quotidien Viedomosti par un autre spécialiste, Boris Chmielov : « La Russie ne croit pas en l’avenir de relations russo-américaines et estime que la nouvelle administration continuera la ligne de celle de George W.Bush, visant à déployer des éléments du bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque ».
    [...]
    Le troisième objectif est stratégique et vise le long terme. Il découle du regard que la Russie porte sur la situation globale dans le monde. Qu’est-ce que l’on voit de Moscou, en termes de rapports de forces ? Eh bien, les Russes voient d’abord que les Etats-Unis sont très affaiblis par la crise financière, par les interventions en Irak et en Afghanistan et par la période transitoire au sommet de l’Etat. Les spécialistes moscovites risquent de l’analyser très froidement. Pour eux, cet affaiblissement constitue un cadeau inespéré à tous ceux qui rêvent de priver l’Amérique de son leadership dans le monde.


    Projet de déploiement de missiles Iskander : Medvedev met Obama à l'épreuve, RIA Novosti
    En évoquant la possibilité de déployer des missiles Iskander dans l'ouest du pays, le président russe Dmitri Medvedev a sans doute décidé de mettre son homologue américain Barack Obama à l'épreuve, estime l'analyste politique grec Constantinos Filis, directeur du centre Russie-Eurasie à Athènes.

    [...]

    "Tout président doit savoir adopter une attitude réaliste envers les problèmes qui se posent. Les Etats-Unis mènent actuellement une campagne militaire en Afghanistan et ils n'ont pas d'interlocuteur valable au Pakistan. Ils sont également obligés de tenir compte de l'Iran avec son programme nucléaire et son influence grandissante au Proche-Orient. Enfin, l'Irak où il faudra définir les conditions et les délais de retrait des troupes américaines", a affirmé M. Filis.


    Sous Obama, Washington aura un besoin accru de coopération avec Pékin, AFP - Yahoo! Actualitése
    La relation entre Washington et Pékin, après le triomphe de Barack Obama, devrait être relativement sereine au moment où Washington aura un besoin accru d'une coopération, notamment sur le front économique, avec une Chine de plus en plus puissante, estiment des experts.


    La Chine prête à oeuvrer avec les Etats-Unis au renforcement de leurs relations bilatérales, Xinhua - Le Quotidien du Peuple
    "La Chine est prête à travailler avec les Etats-Unis, pour renforcer encore davantage le dialogue, les échanges et la coopération dans tous les domaines et approfondir la compréhension mutuelle et la confiance réciproque sur la base des trois Communiqués conjoints sino-américains. Ceci, pour bâtir les relations constructives et une meilleure coopération dont profiteront nos deux pays et le reste du monde," a ajouté le porte-parole [Qin Gang].


    L'élection d'Obama vue par la presse kényane, NouvelObs
    L'élection d'Obama vue par la presse du Proche-Orient, NouvelObs
    L'élection d'Obama vue par la presse russe, NouvelObs
    L'élection d'Obama vue par la presse allemande, NouvelObs
    L'élection d'Obama vue par la presse britannique, NouvelObs
    L'élection d'Obama vue par la presse japonaise, NouvelObs
    L'élection d'Obama vue par la presse française, NouvelObs

    Obama : les cinq raisons de la victoire, Boulevard Exterieur
    Aux Etats-Unis, les urnes ont produit un tournant historique. C’est la fin de 232 années de gouvernement par les Blancs, 24 années de domination des idées conservatrices (y compris sous Bill Clinton) et 25 années de prospérité pratiquement ininterrompue. Au-delà de la personnalité et du charisme de Barack Obama, cinq raisons expliquent son succès.
    • Le ’’facteur Bush’’
    • La crise du conservatisme
    • La guerre en Irak
    • La crise économique
    • Le facteur McCain


    Les hommes de Barack Obama, RFI - Diaporama L'Express
    Ce trio est composé de John Podesta, ancien secrétaire général de la Maison Blanche entre 1998 et 2001, à l'époque de Bill Clinton. John Podesta dirige aujourd'hui un centre de réflexion, de centre gauche. Autres nominations, celle de Valérie Jarrett, une proche du président élu et Peter Rouse, qui était le chef de cabinet d'Obama au Sénat.


    Un israélien à un poste-clé dans la future équipe d’Obama, Info-Palestine
    Apparemment, le futur président compte bien s’entourer des anciens de l’ère Clinton mais aussi de républicains.Premier nom à être annoncé : celui de Rahm Emanuel. Un israélien d’origine.
    [...]
    Le quotidien israélien Yediot Aharonot rapporte d’un des proches de Rham, que ce dernier n’aurait pas accepté ce poste, s’il n’était pas convaincu qu’Obama est l’homme d’Israël. Tandis que le quotidien Maariv révèle que le futur secrétaire générale du président Obama s’était porté bénévole pour combattre avec l’armée israélienne sur le front nord d’Israël au cours de la première guerre du Golfe.
     
    Lire aussi : Bruits de cabinet, Dedefensa.

    L’enthousiasme fou du désespoir, Dedefensa
    L’enthousiasme a déferlé sur les USA avec l’élection d’Obama, après être monté dans les derniers jours de la campagne. Cet enthousiasme est nettement marqué d’affectivité et d’émotivité et caractérise une montée, – ou bien certains pourrait suggérer une plongée comme dans une ivresse, après tout, – dans une représentation idéale de l’homme (Obama), de la situation et des possibilités de cette situation.

    [...]

    Contrairement à la description lyrique, mais justifiée pour le domaine psychologique, qu’Engelhardt fait de la campagne, cette campagne n’a pas eu lieu. Entendons-nous: la tension de cette campagne qui explose avec l’élection d’Obama était ailleurs pendant une phase importante en durée et en intensité de cette campagne. Du 15 septembre au 20 octobre (cette dernière date approximative, pour fixer les idées), cette tension était réservée à la “terreur” soudaine éprouvée par les citoyens, électeurs et consommateurs, devant la crise financière et ce que cette crise amenait de déstabilisation au terme d'une période très déstabilisée elle-même. La dernière séquence (disons 20-octobre-4 novembre) a vu un formidable transfert de cette tension, et sa couleur est passée de la terreur et du désespoir à l’exubérance et à l’enthousiasme. Ce transfert d’un extrême à l’autre a été vécu comme un intense soulagement. Ainsi sommes-nous passés, en un laps de temps incroyablement court, de la réalité (le crise, la déstructuration) à laquelle est confrontée l’affirmation originelle de l’Amérique à cette affirmation originelle réaffirmée avec tous les moyens formidables de la communication, avec toute la puissance d’une psychologie collective s’appréciant soudain comme libérée du carcan de la crise.

    [...]

    Obama a été élu comme un outil, un instrument de réaffirmation désespérée de l’Amérique originelle, encore plus que comme un symbole. Il a peut-être été plus manipulé par les événements qu’il ne les a manipulés, – nous dirions même “sans doute”, sinon “sans aucun doute”. C’est une ambiguïté grosse d’évaluations erronées. Notre sentiment est qu’Obama sera accaparé bien plus qu’on ne croit par la situation intérieure des USA, à commencer par leur situation psychologique. Jamais la psychologie n’a été autant celle des extrêmes, jamais l’enthousiasme n’a été plus proche du désespoir, pour en être né avec une gestation comptée en jours, par conséquent menacé d’y retomber aussitôt.


    Obama : Une Amérique post-raciale ?, Cri du Peuple 1871
    Avant même d'avoir pris la moindre initiative, Barack Obama est assuré de laisser son nom dans les livres d'histoire comme l'homme qui a fait sauter, 143 ans après l'abolition de l'esclavage, la dernière chaîne qui limitait encore, symboliquement du moins, la progression des Américains de couleur. Le 20 janvier prochain, il entrera en maître des lieux dans une Maison-Blanche où la présence du dirigeant noir Booker T.Washington, invité par le président (républicain) Theodore Roosevelt, avait fait scandale, il y a un siècle. Le 4 novembre 2008 restera assurément comme la troisième grande date de l'histoire de l'intégration des Africains Américains, après le 22 septembre 1862 et la signature de la Proclamation d'Émancipation par Abraham Lincoln, et le 28 août 1963 et la marche pour les Droits civiques durant laquelle Martin Luther King a proclamé son "rêve".